TOUT EST DIT

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jeudi 3 février 2011

Les journalistes étrangers, cibles des partisans de Moubarak

Peu inquiétés lors de la chute du régime de Ben Ali en Tunisie, les journalistes étrangers sont a contrario devenus des cibles en Egypte, victimes de graves violences, voire de "lynchages", de la part des partisans du président Moubarak qui les accusent de déstabiliser le régime.

Mercredi, alors que la situation commençait à devenir extrêmement tendue au Caire, des équipes de France 2 et de BFM TV, notamment, ont été violemment prises à partie. Depuis, toutes les rédactions ont demandé à leurs équipes de redoubler de vigilance et de ne sortir de leur hôtel qu'en cas de nécessité.

"La télévision publique éqyptienne a désigné les journalistes étrangers comme responsables de ce qui se passe, c'est une sorte d'appel au lynchage, non déguisé", témoigne Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions.

"Ils sont des témoins gênants, on assiste à un tabassage systématique des journalistes étrangers", insiste-t-il, ajoutant: "La consigne c'est l'extrême prudence tout en souhaitant qu'on puisse faire notre boulot".A BFM TV, trois journalistes qui tournaient dans un marché "ont été tabassés pendant un quart d'heure, à coups de bâton, de poings, de pieds", assure Guillaume Dubois, directeur général de la chaîne info.

"Ils ont été exfiltrés par un convoi de l'armée qui passait par là, puis ils ont passé neuf heures dans une caserne avant d'être reconduits à leur hôtel. Ils ont été vraiment choqués", poursuit-il. Ces trois journalistes devaient rentrer en France jeudi, une autre équipe de BFM demeurant sur place. "On réfléchit, en fonction de l'évolution de la situation, à renvoyer une nouvelle équipe", a précisé Guillaume Dubois.

A France 24, trois journalistes ont été interpellés mercredi et étaient toujours retenus par la police militaire jeudi midi.

"Je pense que l'affaire sera réglée dans les heures qui viennent. Ils ont été pris à partie par des manifestants, l'un a été tabassé à coups de barre de fer et secouru par un passant alors qu'il était sur le point d'être lynché", explique Jean Lesieur, directeur de la rédaction. Selon lui, les pro-Moubarak "ont clairement décidé de cibler les journalistes".

"En Tunisie, souligne-t-il, la situation s'était débloquée très vite. On pourrait plus comparer l'Egypte avec la Côte d'Ivoire, où il y avait eu des intimidations visant les journalistes".

A i-Télé, les envoyés spéciaux ont été "menacés, insultés, mais il n'y pas eu d'acte de violence physique", relève Albert Ripamonti, directeur de la rédaction. "Un de nos journalistes a raconté que, même sans caméra, le seul fait d'être occidental suffisait pour être pris à partie".

"J'ai été attaqué par des citoyens normaux qui faisaient la queue devant un distributeur de billets, j'ai dû me débarrasser de deux cartes pour sauver ma peau et celle du chauffeur. Un policier présent sur les lieux a réussi à calmer les gens", témoigne en écho un photographe de l'AFP.

Du côté des journaux, il y a manifestement eu moins de problèmes.

Un journaliste de Libération qui n'avait pu regagner son hôtel mercredi soir a cependant été interpellé jeudi matin par un comité de quartier après avoir dormi chez des Egyptiens. "Les gens du comité l'ont remis, ainsi qu'un photographe, à l'armée qui les a relâchés peu après sans violence", assure François Sergent, directeur adjoint de "Libé".

"Les trois envoyés spéciaux du Figaro ne rencontrent pas de problèmes particuliers à ce jour", relève Philippe Gelie, chef du service étranger du journal.

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