La fouteuse de merde |
mardi 12 juin 2012
Le tweet de Valérie Trierweiler met le feu aux poudres de la classe politique
Sur Twitter, la compagne de François
Hollande souhaite du "courage" au candidat PS dissident de
Charente-Maritime, qui "n'a pas démérité" à La Rochelle, selon elle.
Ségolène Royal répond se concentrer sur ses électeurs. Olivier Falorni
la remercie. Martine Aubry et Marine Le Pen ont également réagi.
15h00 : Le député PS des
Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco, proche de Ségolène Royal, a
réagi au message de soutien de la compagne de François Hollande à
Olivier Falorni, candidat socialiste dissident face à l'ex-candidate
socialiste à la présidentielle. Jean-Louis Bianco souligne avoir "travaillé avec Danielle Mitterrand qui était une grande dame."
"Nous
n'avons pas élu Valérie Trierweiler, nous avons élu François Hollande,
donc je demande : 'De quoi se mêle-t-elle ?' Je trouve ça purement et
simplement indigne."
Le tweet a déjà été repris une cinquantaine de fois en quelques minutes... Sur son compte Twitter, Valérie Trierweiler assure de son soutien Olivier Falorni, candidat PS dissident opposé à Ségolène Royal à La Rochelle. Elle souhaite "courage" à celui qui "n'a pas démérité" et "se bat aux côtés des rochelais depuis tant d'années dans un engagement désintéressé". La
journaliste, qui tweete assez rarement (son tweet précédent remontait
au 30 mai), a confirmé à l'AFP son soutien à Olivier Falorni.
Selon le tweet d'une journaliste de Libération, Ségolène
Royal n'aurait pas souhaité faire de commentaires et aurait répondu se
concentrer sur ses électeurs en vue du second tour : "pas de commentaire, toute mon énergie, toutes mes pensées, tout mon combat politique difficile vont vers les électeurs".
La réaction d'Olivier Falorni ne s'est pas fait attendre : le dissident PS s'est dit heureux et touché du "message d'amitié" de Valérie Trierweiler, comme le rapporte un tweet d'une journaliste politique du Figaro. Selon elle, Falorni assure qu'il ne savait pas que Valérie Trierweiler allait lui témoigner son soutien sur Twitter.
"La seule chose qui importe c'est le soutien de Hollande à Royal : il est clair et il est net", a déclaré Martine Aubry selon Laure Bretton, journaliste politique à Libération, qui rapporte les paroles de la Première secrétaire du PS sur Twitter.
Quant à Marine Le Pen, qui a également posté un commentaire sur Twitter, elle trouve l'affaire "pitoyable" : "Mme
Trierweiler réglant ses comptes avec l'ex de son compagnon,
accessoirement Président de la République. Juste pitoyable... Ça
promet..." .
Quelle majorité pour François Hollande ?
Les droites, majoritaires dans le pays mais divisées, ont
perdu les législatives tandis que les gauches, surtout le PS, les ont
quasiment gagnées. François Hollande disposera d'une majorité ; reste à
savoir exactement laquelle. Mais on va vers une Assemblée rose et
bleue : les alliances autour du PS et de l'UMP dominent au détriment
des petits partis, et notamment des centristes volatilisés.
La majorité bénéficie d'une division de la droite, d'un effet
Hollande - on le voit au score des ministres - et de l'alliance PS -
écologistes - radicaux. Alors que les Verts espèrent un groupe à
l'Assemblée, le Front de gauche, isolé, régresse et Jean-Luc Mélenchon
doit renoncer. Écrasés, le MoDem et François Bayrou sont en péril.
La gauche ne peut toutefois pas ignorer trois fragilités.
La première : l'abstention, classique dans toute législative qui suit une présidentielle, est la plus forte de la Ve République. Elle traduit une adhésion modérée de l'opinion, un peu saturée de politique, à la majorité présidentielle. Les députés, déjà taxés de bien des maux, vont avoir fort à faire pour redorer leur blason au moment de redresser le pays.
La seconde : le PS aura du mal à constituer une majorité à lui seul. À cause de l'abstention et de dissidences - ce n'est pas gagné pour Ségolène Royal - François Hollande réunira moins de députés que François Mitterrand ne le fit en 1981, avec un score présidentiel comparable. Il lui faudra composer avec ses alliés Verts et Radicaux (ce qui, à défaut d'être simple, est gérable), voire obtenir la bienveillance du Parti de gauche ou de centristes, pour éviter d'être mis en minorité.
La troisième : si la gauche gagne dimanche, elle le devra d'abord à sa poussée dans une demi-France, celle de l'Ouest et du Centre, spécialement des villes comme Rennes ou celle du Premier ministre, Nantes. À l'opposé, la droite domine la moitié Est du pays, notamment le Sud-Est. Cette coupure, à la fois géographique et politique, s'accroît à chaque scrutin, posant de lourdes questions aux deux camps.
La droite, elle, a d'abord perdu à cause de ses divisions. Comme pour le PS, le mode de scrutin avantage relativement l'UMP qui sauve les meubles, mais qui perd dix points par rapport à 2007 tandis que le FN en gagne autant. Le parti sarkozyste résiste mieux que prévu, Jean-François Copé frôle l'élection au premier tour, mais sans éviter une double difficulté.
D'une part, même si le seuil pour accéder au second tour, combiné à une faible participation, limite à 25 ou 30 le nombre des triangulaires, le FN, à défaut d'avoir des élus en proportion de son audience, s'enracine et renforce sa capacité de nuisance. Plusieurs ténors, comme Nadine Morano, sont en difficulté.
D'autre part, il se confirme, dans l'Ouest en particulier, que la disparition d'un centre structuré et distinct de l'UMP continue de favoriser le PS.
L'UMP est ainsi confrontée à un grand écart, très acrobatique : d'un côté, il lui faudrait mettre en avant des thèses modérées pour retrouver le terrain perdu au centre droit ; et de l'autre, durcir le ton pour éviter d'en perdre sur sa droite. Cette question est posée dès ce matin à Jean-François Copé et à l'état-major du parti qui, après le désistement républicain promis par le PS, arrêtera sa consigne en cas de duel gauche-FN.
La gauche ne peut toutefois pas ignorer trois fragilités.
La première : l'abstention, classique dans toute législative qui suit une présidentielle, est la plus forte de la Ve République. Elle traduit une adhésion modérée de l'opinion, un peu saturée de politique, à la majorité présidentielle. Les députés, déjà taxés de bien des maux, vont avoir fort à faire pour redorer leur blason au moment de redresser le pays.
La seconde : le PS aura du mal à constituer une majorité à lui seul. À cause de l'abstention et de dissidences - ce n'est pas gagné pour Ségolène Royal - François Hollande réunira moins de députés que François Mitterrand ne le fit en 1981, avec un score présidentiel comparable. Il lui faudra composer avec ses alliés Verts et Radicaux (ce qui, à défaut d'être simple, est gérable), voire obtenir la bienveillance du Parti de gauche ou de centristes, pour éviter d'être mis en minorité.
La troisième : si la gauche gagne dimanche, elle le devra d'abord à sa poussée dans une demi-France, celle de l'Ouest et du Centre, spécialement des villes comme Rennes ou celle du Premier ministre, Nantes. À l'opposé, la droite domine la moitié Est du pays, notamment le Sud-Est. Cette coupure, à la fois géographique et politique, s'accroît à chaque scrutin, posant de lourdes questions aux deux camps.
La droite, elle, a d'abord perdu à cause de ses divisions. Comme pour le PS, le mode de scrutin avantage relativement l'UMP qui sauve les meubles, mais qui perd dix points par rapport à 2007 tandis que le FN en gagne autant. Le parti sarkozyste résiste mieux que prévu, Jean-François Copé frôle l'élection au premier tour, mais sans éviter une double difficulté.
D'une part, même si le seuil pour accéder au second tour, combiné à une faible participation, limite à 25 ou 30 le nombre des triangulaires, le FN, à défaut d'avoir des élus en proportion de son audience, s'enracine et renforce sa capacité de nuisance. Plusieurs ténors, comme Nadine Morano, sont en difficulté.
D'autre part, il se confirme, dans l'Ouest en particulier, que la disparition d'un centre structuré et distinct de l'UMP continue de favoriser le PS.
L'UMP est ainsi confrontée à un grand écart, très acrobatique : d'un côté, il lui faudrait mettre en avant des thèses modérées pour retrouver le terrain perdu au centre droit ; et de l'autre, durcir le ton pour éviter d'en perdre sur sa droite. Cette question est posée dès ce matin à Jean-François Copé et à l'état-major du parti qui, après le désistement républicain promis par le PS, arrêtera sa consigne en cas de duel gauche-FN.
Boxe
La politique est un noble combat d’idées, bien sûr. Et une
histoire d’hommes, où il est recommandé de toujours taper le premier.
Une histoire de femmes, aussi, de plus en plus souvent, et il faut être
aveuglé par l’éternel féminin pour imaginer que cela la rendrait moins
brutale… Voyez Ségolène Royal, engagée à La Rochelle en un duel féroce
contre un autre socialiste, Olivier Falorni : vu de loin, c’est la
Madone des sondages contre le plouc charentais. Vu de près, c’est du
Simenon, un concentré de vieilles haines et d’intimités trahies qui
soudain se libèrent. On voit notre Président lâcher son ami Falorni pour
secourir sa mie d’hier, Ségolène. Sa rivale Martine accourir la
soutenir, tandis que le retraité de l’île de Ré, Lionel Jospin, serait
derrière son adversaire. Même la droite s’en mêle, pressée d’achever
Ségolène… La politique est décidément un noble combat – comme la boxe.
Législatives : le «cas Royal» inquiète le PS
Martine Aubry et Cécile Duflot se rendront à La Rochelle mardi pour
soutenir l'ancienne candidate à la présidentielle, en difficulté en
Charente-Maritime.
Comment sauver le soldat Royal? La direction du PS a déclenché un
«plan Orsec» pour venir en aide à la présidente de la région
Poitou-Charentes, en danger dans la 1re circonscription de
Charente-Maritime, où elle affrontera au deuxième tour un candidat
dissident, exclu du PS, Olivier Falorni. Dès dimanche soir, François
Hollande et Jean-Marc Ayrault ont appelé Ségolène Royal, pour la soutenir. Et Martine Aubry a bousculé son agenda pour se rendre à La Rochelle mardi, avec la ministre Cécile Duflot.
Le
«cas Royal» est une épine dans le pied pour le PS. L'ex-candidate de
2007, qui rêve de la présidence de l'Assemblée, est confrontée au pire
des scénarios. En début de soirée, dimanche, une triangulaire réunissant
les deux candidats de gauche et celle de l'UMP, Sally Chadjaa, était
encore possible. Mais les résultats définitifs ont douché les espoirs de
Royal, qui est pourtant arrivée en tête (32,03 %), devant son rival
(28,91 %). Au PS, on redoute qu'une partie des électeurs de droite
votent pour Falorni pour faire barrage à l'ex-candidate de 2007. Le
président du conseil général de Charente-Maritime, Dominique Bussereau, a
déjà appelé à voter Falorni: «Entre Royal, qui a un comportement humain
détestable, et Falorni, qui n'a pas nos idées mais un comportement
correct, on ne se pose pas la question», explique l'ancien ministre. Son
ami Jean-Pierre Raffarin a appelé à ne pas prendre parti entre deux socialistes.
Mais le mal est fait, estime-t-on rue de Solferino, où l'on se dit
persuadé que de nombreux électeurs de droite ont voté Falorni dès le
premier tour.
Pour Français Hollande, le cas est délicat.
Il peut difficilement intervenir publiquement pour défendre son
ex-compagne. «Il a fait ce qu'il a pu, confie un ténor du PS. Tout ce
qui pouvait être fait pour dissuader Falorni de se présenter l'a été.»
Dans l'entourage du président, on reconnaît que ce dernier est
«préoccupé» par cette affaire. Mais on botte en touche: «C'est un
problème humain, pas un problème politique, glisse un conseiller. Il
faut voir si on peut ramener Falorni à la raison. Mais peut-être
pense-t-il que c'est lui qui a raison.» Claude Bartolone ne dit pas
autre chose: «Ségolène est dans une équation très personnelle. Ce
scrutin devient un référendum pour ou contre Royal. Elle suscite la
vénération chez certains mais un rejet fort chez d'autres. Si elle perd,
ce sera un échec personnel.»
Ex-soutien de Royal en 2007, Malek Boutih se dit persuadé que «des forces s'articulent pour la faire éliminer du paysage politique». «Elle doit être défendue au mieux», ajoute-t-il. En attendant, Royal poursuit sa campagne, tambour battant. «Elle va se battre comme une lionne, poursuit Boutih. Mais ça sera très, très serré.»
Celle qui faut éliminer ! |
«Un problème humain»
Lundi, Aubry a appelé en vain Falorni à retirer sa candidature, rappelant la règle de désistement au profit du candidat le mieux placé. «Il se trouve que Ségolène Royal n'est pas n'importe qui (...), a-t-elle ajouté. On ne peut pas être un candidat de gauche et faire battre une candidate de gauche avec les voix de la droite.» Le candidat dissident fait fi des pressions: «J'irai jusqu'au bout», martèle Falorni, qui a déposé sa candidature à la préfecture. «Royal veut être candidate unique au second tour. Ça, c'était du temps de l'URSS!», a-t-il lancé sur Europe 1, en ajoutant que les Rochelais voulaient d'un «député ancré, pas d'une candidature parachutée et imposée».Pour que Royal ne s'installe pas au perchoir... |
Ex-soutien de Royal en 2007, Malek Boutih se dit persuadé que «des forces s'articulent pour la faire éliminer du paysage politique». «Elle doit être défendue au mieux», ajoute-t-il. En attendant, Royal poursuit sa campagne, tambour battant. «Elle va se battre comme une lionne, poursuit Boutih. Mais ça sera très, très serré.»
Le paradoxe du régime
Jamais, je crois, dans toute l’histoire de France, nous n’avions eu
un Président de la République en apparence aussi puissant. Autrefois, on
apprenait aux étudiants en science politique que le système français
était « semi présidentiel », le chef de l’Etat partageant le pouvoir
avec un Premier ministre appuyé sur un Parlement détenteur lui aussi de
la légitimité démocratique. Aujourd’hui, le régime est entièrement
présidentiel. Avec le système du quinquennat, c’est l’élection du
Président qui compte seule, nous l’avons bien vu, l’élection de
l’Assemblée nationale, n’étant plus qu’un sous produit de celle du chef
de l’Etat. Jadis, le Premier ministre tirait sa force du fait qu’il
était responsable devant l’Assemblée, contrairement au Président. Cette
logique a volé en éclat. De fait, l’Assemblée ne représente plus
grand-chose et donc le Premier ministre non plus. Le chef de
l’Etat semble seul aux commandes avec tous les pouvoirs entre ses
mains.
Or, la toute puissance présidentielle relève en grande partie de
l’illusion. Lui non plus ne peut pas faire grand-chose car l’essentiel
des compétences ont été transférées à Bruxelles. Il faut lire Verbatim
de Jacques Attali, un précieux témoignage sur la vie politique
française de 1981 à 1991. Les grands débats de politique monétaire, sur
la question de la dévaluation du franc – sortir ou rester dans le SME* –
étaient toujours, in fine arbitrés par le chef de l’Etat. Avec l’euro,
la politique monétaire échappe désormais entièrement au niveau national
donc au Président. Il n’est plus question non plus d’appliquer une
politique interventionniste pour aider l’industrie, Bruxelles
l’interdirait. Compte tenu des règles européennes et du poids des
dépenses publiques, les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement
sont désormais infimes. De Gaulle, parlant des présidents de la IIIe et de la IVe
République, affirmait « Ils n’ont qu’un seul pouvoir, celui de commuer
la peine de mort ». Aujourd’hui, le président n’a même pas cette
responsabilité puisque la peine de mort a été (heureusement) abolie !
Les autorités nationales gardent, en gros, la possibilité d’augmenter
et de baisser les impôts, mais cela ne suffit pas pour piloter une
nation dans la tempête…
D’où la fuite en avant dans la communication. A cet égard, François
Hollande ne fait pas autre chose que Nicolas Sarkozy, même si son style
est à l’opposé (“le président des bisous”). Dès lors, un gouffre s’ouvre
sur l’avenir, un abîme entre l’attente des Français et ce qui sortira
de la politique du chef de l’Etat. Le danger est de nourrir le dégoût du
politique, l’abstention ou la fuite vers les extrêmes irresponsables.
C’est pourquoi, il me paraît indispensable de dire la vérité aux
Français sur les limites à attendre de l’action gouvernementale et de
donner la priorité à la reconquête de marges d’action politique
nationales. Je ne sais pas, franchement, si la nouvelle opposition,
aveuglée par l’idéologie bruxelliste, est en état de comprendre ce
phénomène. Si personne n’en prend conscience, on restera dans une
logique infernale d’alternances toutes aussi impuissantes, stériles et
décalées du réel les unes que les autres, engendrant un malaise toujours
plus grand de déception en déception et une coupure qui ne cessera de
grandir entre la nation et ses élites, nourrissant le rejet du politique
et l’extrémisme sans issue.
*Système monétaire européen
Mais où est donc le bien commun ?
Mensonges médiatiques en direct et oubli de l’essentiel : c’est ainsi
que l’on pourrait résumer la soirée électorale du premier tour des
législatives. Mensonge énorme, éhonté : c’est celui qui n’a cessé
d’annoncer une « large victoire » de la gauche et plus particulièrement
du PS.
Vu les découpages, les duels et triangulaires à venir et le cordon
sanitaire qui en interdisant l’alliance avec le Front national annonce
la défaite-suicide de la droite, il est en effet plus que probable que
François Hollande obtienne la majorité à l’Assemblée nationale ; il est
même possible que le PS obtienne la majorité absolue pour instaurer un
véritable Etat-PS.
Mais pour ce qui est des rapports de force, le PS avec ses soutiens
communistes et extrémistes de gauche n’atteint pas le score combiné de
l’UMP et de ses alliés et du FN . Les chaînes de télévision dans leur ensemble ont
ouvert leurs journaux sur les projections de répartitions de sièges à
l’Assemblée, avec une majorité confortable au PS et ses alliés. Les
résultats nationaux, formation par formation, il fallait les chercher à
la loupe.
Malgré la dynamique de la présidentielle, malgré la lassitude
d’électeurs qui ont massivement estimé qu’il ne servait à rien d’aller
voter, on ne peut pas dire que la France ait basculé à gauche ni que
François Hollande ait reçu un blanc-seing pour sa politique.
Que le Front national, avec 13,7 % des voix, puisse n’avoir aucun
élu – les médias lui en promettent au maximum trois – alors que le Front
de gauche de Mélenchon pourrait en obtenir entre 13 et 18 avec deux
fois moins de voix, cela ne sembler émouvoir personne.
Quant au taux d’abstention, à 42,77 %, il apporte à lui seul la
preuve que la « démocratie est gravement malade » comme il faut le dire
si l’on croit en ce mode de gouvernement comme en une religion. On n’y
croit pas, on n’y croit plus ; plus de quatre électeurs sur dix restent
indifférents devant les décisions qui seront prises demain par
l’Assemblée nationale. A leur décharge, le mode de scrutin n’y est pas
pour rien. Comment se sentir représenté dans un système conçu pour
éliminer les petits et les gêneurs ?
Le drame de l’affaire, c’est que, la prime aux gros partis couplée
au refus de s’allier avec le Front national, le plus important a été
perdu de vue. Les points non négociables – respect de la vie, de la
famille et des droits de celle-ci sur l’éducation – ne parviennent
souvent pas à faciliter les accords ni à provoquer une tactique commune,
alors que justement ce sont des préalables à une société, à un
gouvernement et à une politique justes sur lesquels l’entente pourrait
se faire, laissant libre l’appréciation et les propositions pour les
autres sujets.
Que Christian Vanneste ait été battu, c’est de ce point de vue
dramatique. Que Jacques Bompard soit en deuxième position dans sa
circonscription avec quelque 22 %, c’est dommage. Que Dominique Souchet
ait été éliminé en Vendée, c’est encore le jeu de cette politique de
l’intérêt partisan placé plus haut que le bien commun.
Il n’y a plus, maintenant, qu’à tenter de minimiser les dégâts.
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