TOUT EST DIT

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jeudi 18 juin 2009

LA BURKA EN FRANCE ?

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Rachida Dati soigne sa sortie et compte ses soutiens

La ministre de la Justice, élue députée européenne en Ile-de-France, est reçue jeudi à l'Élysée par Claude Guéant.

À moins d'une surprise, Rachida Dati devrait quitter le gouvernement en début de semaine prochaine. Mais c'est mercredi que la page s'est tournée pour la ministre de la Justice. La garde des Sceaux a assisté le matin à ce qui sera vraisemblablement son dernier Conseil des ministres. L'après-midi, elle a filé à Bruxelles pour participer à une réunion du PPE, le groupe des députés de la droite européenne.

Rachida Dati a-t-elle du vague à l'âme ? Son entourage jure que non : «Elle n'est pas une nostalgique. Elle est sereine. Lorsqu'elle a accepté d'être candidate aux européennes, elle savait qu'elle devrait quitter le gouvernement.» Mercredi, la ministre est sortie de l'Élysée avec le sourire espiègle de celle qui repart déjà au combat.

Rachida Dati a, il est vrai, soigneusement préparé sa sortie, semant les petits cailloux qui, espère-t-elle, lui permettront de revenir au premier plan. Ses projets ? Probablement pas les régionales de 2010 mais les législatives de 2012 et les municipales à Paris en 2014. Rachida Dati veut creuser son sillon dans la capitale. Tout en multipliant les réunions de quartier dans le VIIe arrondissement de Paris, dont elle est maire, la ministre a compté ses soutiens politiques ces dernières semaines. Au point d'agacer jusqu'à l'Élysée. Samedi dernier, à 8 heures du matin, c'est avec le patron des députés UMP Jean-François Copé et le très chiraquien Christian Jacob qu'elle a pris son petit dé­jeuner. Un des participants affirme sans ciller qu'il n'a été question que de Génération France, le club de Copé. Mais, à l'Élysée, on s'agace du rapprochement de la ministre avec le maire de Meaux. Le secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, doit d'ailleurs recevoir Rachida Dati jeudi pour évoquer le sujet avec elle.

Le livret de ses réformes

Plusieurs conseillers, pas toujours d'accord entre eux et pas toujours écoutés par la ministre, l'ont aussi aidée à bâtir une stratégie de communication cohérente vis-à-vis des parlementaires. «Son problème, c'était que les bottes Dior avaient éclipsé le travail de fond qu'elle a fait à la Chancellerie, résume l'un d'entre eux sous couvert d'anonymat. Il fallait qu'elle parle de ses réformes.» Oui, mais comment en parler ? À la télévision ? dans les journaux ? sur les radios ? Rachida Dati savait qu'elle serait toujours rattrapée par des questions sur ses relations avec le président, sa fille, ses erreurs de jugement.

Sans en informer ses équipes de la Chancellerie, elle a opté pour la publication d'un fascicule récapitulant toutes les réformes conduites à la Justice depuis son arrivée. Le titre de ce bilan en 102 pages ? «… Parce qu'il fallait réformer la justice de la France pour l'adapter au XXIe siècle…». Le livret a été envoyé ces derniers jours aux journalistes, aux parlementaires de la majorité et de l'opposition, aux 72 eurodéputés français qui partiront en juillet à Strasbourg, au conseil supérieur du notariat, à l'ordre des avocats, aux procureurs généraux, etc.

«Il a été tiré à 2 000 ou 3 000 exemplaires», affirme l'entourage de la ministre. Selon nos informations, 7 000 exemplaires auraient en fait été imprimés et 1 000 autres seraient en cours de réimpression. Quoi qu'il en soit, les parlementaires ont tous eu droit à une lettre d'accompagnement personnalisée. «Nous continuerons à travailler ensemble», assure la ministre dans ce courrier. La stratégie semble plutôt bien fonctionner. Rachida Dati a eu droit il y a une semaine à des applaudissements nourris des députés lors de la réunion du groupe UMP et mardi à un stylo offert par les sénateurs.

ESPERONS QU'ELLE FERA UN AUSSI BON TRAVAIL AU PARLEMENT EUROPEEN QU'A LA JUSTICE, CELA FERA BOUGER LES LIGNES.

François Fillon: "je suis un vrai geek"

François Fillon se définit comme "un vrai geek" (fan d'informatique et de nouvelles technologies) dans un entretien au magazine SVM à paraître jeudi, où l'on apprend qu'il est récemment "passé au Mac" et s'amuse à "essayer toutes les nouveautés", citations de marques à l'appui.

"Je suis un vrai +geek+. Je veux essayer toutes les nouveautés. En ce moment, j'utilise principalement un iPhone 3G, un Nokia, un iPod nano et, côté photo, un Nikon D700 et un Panasonic Lumix", rapporte le Premier ministre.

Côté informatique, la marque à la pomme a nettement sa préférence: "Après avoir épuisé plus de trente PC, je suis passé au Mac, il y a six mois. J'utilise deux MacBook Pro - un pour le travail et l'autre pour mes besoins privés - et un iMac".

Interrogé sur sa première "émotion numérique", il évoque son "premier PC portable, un Toshiba T2100" et "la découverte de l'internet en 1993".

Affirmant lire la presse à la fois en ligne et sur papier, François Fillon cite parmi ses sites préférés "les sites des grands journaux français, anglais et américains", "NetNewsWire pour les flux RSS et Technorati pour les commentaires des blogs", "Le Journal du Geek" et "Dailymotion".

Seul bémol dans cette débauche numérique, le Premier ministre affirme que "malheureusement" son plus jeune fils de 8 ans possède aussi des consoles de jeux. "DS, Playstation et Wii. Mon épouse tente de contrôler", précise-t-il.

Sarkozy est-il dépassé ?

Etat de disgrâce. Il se bat avec son punch habituel, mais la belle machine sarkozyenne semble se dérégler sous la tempête financière. Enquête.
Dans la tourmente, le capitaine maîtrise-t-il la situation ou est-il dépassé par les événements ? Nicolas Sarkozy, par moments, semble déstabilisé, voire décrédibilisé. Certes, on lui concède toujours toutes sortes de qualités : énergie, courage, audace, réflexe, intuition... Ses réactions lors de la crise financière ou pendant la présidence française de l'Europe ont été saluées par tous. Aujourd'hui encore, il se bat dos au mur avec son punch habituel. Et pourtant, quelque chose ne tourne plus rond, comme si le chef de l'Etat avait perdu la main, comme si la belle machine sarkozyenne était détraquée. Le wonder boy de la politique, qui, après une campagne menée à tombeau ouvert, était entré à l'Elysée au premier essai, suscitant un état de grâce magistral, avant de plonger puis de resurgir, fait désormais pâle figure. C'est entendu : la crise est passée par là, qui plombe son image et son action. Mais les conditions économiques n'expliquent pas tout. Les choix du président, sa méthode, son style suscitent le doute, quand ce n'est pas de l'irritation, jusque dans les rangs de la majorité. Ces derniers mois ont en effet jeté une lumière crue-et parfois cruelle-sur l'hôte de l'Elysée, mettant en évidence ses faiblesses spécifiques.

La casse des ministres

Avec la crise et l'impopularité, les réformes deviennent plus ardues à faire passer. Or, au lieu de conforter ses ministres en difficulté, il les déstabilise en les désavouant de manière plus ou moins explicite. Cela a commencé par Xavier Darcos et les lycées. Deux suppléants-Richard Descoings et Martin Hirsch-lui ont été adjoints pour régler-ou enterrer ?-le problème. Exit le chouchou Darcos comme pilier du gouvernement. Idem pour Valérie Pécresse, quasi dessaisie de son dossier, pour Fadela Amara, à qui on adjoint Yazid Sabeg, pour Yves Jégo, qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Christine Albanel a appris en même temps que la presse la suppression de la publicité à la télévision, Eric Woerth les dernières mesures fiscales, Rachida Dati la suppression du juge d'instruction. Les colères présidentielles contre les ministres, « tous des nuls » , minent leur autorité. Des membres de gouvernement si affaiblis ne peuvent constituer un bouclier efficace pour le président. Du coup, il prend de plein fouet l'impopularité de l'exécutif. A cela il rétorque : « Ne vous en faites pas. On fait le boulot. L'impopularité, on n'y succombe pas. On verra où on en est dans trois ans. » Un pari.

L'exercice solitaire du pouvoir

« Si je ne fais pas tout moi-même, ça mer... » Ainsi Nicolas Sarkozy résume-t-il son attitude vis-à-vis de tous ceux qui pourraient faire le travail à sa place. Il a un goût immodéré pour la mise en scène personnelle, s'exposant sur tous les sujets, du plus modeste au plus noble. Il décide de tout, réduisant Matignon à une antichambre humiliante, salle d'attente précédant les arbitrages de l'Elysée. Les nominations, les déplacements, les annonces se succèdent à un rythme effréné. « Il en est devenu anxiogène au lieu de rassurer » , dit un de ses amis. Sous la Ve République, tous les présidents ont en réalité détenu l'essentiel du pouvoir. Mais ils étaient moins « agités », comme aurait dit Giscard. Cet activisme de Sarkozy l'avait servi comme candidat. Il le dessert sans doute comme président. Lui le nie : « Les Français veulent me voir à la barre . » Quitte à tanguer dangereusement.

Trop de réformes tuent la réforme

A vouloir tout entreprendre en même temps-une stratégie mûrement réfléchie-, on prend le risque de tout faire plus ou moins échouer. Les nerfs des catégories concernées sont à cran, tout autant que ceux des parlementaires pressés par l'Elysée d'en finir au plus vite, pour pouvoir passer à autre chose. Au départ, l'opinion a vaguement le tournis, mais contemple le spectacle plutôt épatée. Après les premières rebuffades et des compromis peu glorieux, le jugement se retourne. N'en fait-il pas trop, trop vite ? D'autres ont su laisser du temps au temps. Bilan de cette précipitation : Sarkozy est contraint de laisser un espace de discussion plus long que prévu, que ce soit pour les lycées, l'université ou les DOM-TOM. Le président, pourtant, n'en démord pas : « Donner du temps au temps, c'est l'argument de ceux qui ont renoncé à tout. Il faut agir. Tout se construit sur la fulgurance. » Avec ses retours de bâton...

Le vrai-faux calmant de la dépense

La paix sociale se paie. L'addition commence à se faire lourde. Certains hommes d'affaires parmi ses proches estiment qu'il a déjà trop dépensé : « Vu les mois épouvantables qui sont devant nous, Nicolas aurait dû attendre avant de lâcher. Il a cédé trop vite aux revendications sociales. » Résultat, il ne contente vraiment personne : les plus démunis pour qui l'on n'en fait jamais assez, et les décideurs économiques qui sont affolés par le dérapage des déficits et de la dette (voir graphiques) . Lui pense qu'il a tenu les cordons de la bourse relativement serrés : « On ne distribue pas le pognon qu'on n'a pas. » Question de point de vue. Certains, dans les rangs de la droite, lui reprochent un début de laxisme, voire une « chiraquisation ». François Bayrou fait de la question de la dette un point clé de ses futures campagnes. Tout dépend du moment où la reprise s'annoncera enfin. A temps pour éponger les déficits les plus criants ?

Le contre-pied idéologique

Nicolas Sarkozy s'est fait élire sur des postulats positifs : la croissance permettrait de travailler plus pour gagner plus, sur fond de libération des énergies, de récompense du mérite et de modernisation libérale du système. Patatras ! La crise l'induit à se faire le héraut d'une société d'assistanat et de dépenses publiques à tout-va prodiguées par un Etat soudain réhabilité. Il a du mal à convaincre, tant sa conversion apparente a été brutale. Il peut même irriter au plus haut point ses meilleurs soutiens : « Son histoire des trois tiers [partage des dividendes entre salariés, actionnaires et investissement] a rendu les responsables d'entreprises furieux, explique un député UMP. Ils ont l'impression d'un changement de régime. » Une « trahison » qui trouble les siens, mais qui n'est qu'apparente. Signe qu'il n'est pas vraiment « converti » à des idées sociali- santes, il plaide en privé pour une nouvelle forme de titrisation : « Les subprimes ont été une catastrophe. Il ne faut pas recommencer cette expérience. Mais la titrisation est essentielle pour l'économie. Elle est au coeur du dispositif. Sans elle l'économie mondiale ne peut pas marcher. La surface de prêt des banques doit être décuplée. C'est pourquoi il faut réinventer une titrisation vertueuse. » Pour l'instant, il n'a pas trouvé la formule, et le système bancaire semble gelé. « Magic Sarko » n'a pas pu opérer.

Le coût du mépris

Sarkozy ne peut s'empêcher de montrer son peu de considération pour de nombreuses catégories sociales : les banquiers (qu'il a traités de tous les noms depuis la crise), les militaires, les enseignants, les théâtreux, les fonctionnaires, les écrivains, les journalistes, qu'il a assaisonnés au gré des événements, répandant le ressentiment. Sa hargne n'épargne pas son propre entourage, qui subit ses colères quotidiennes contre le « boulot mal fait » . Même Claude Guéant en prend sa part. Si les conseillers se sont habitués à être rabroués par le chef, certains lui en veulent secrètement. Ce ne sont pas les meilleurs avocats du président.

L'usure de la com'

Jusqu'il y a peu, Nicolas Sarkozy pouvait compter sur la magie de son verbe. Il parlait et tout s'arrangeait. Aujourd'hui, s'il suscite toujours assez d'intérêt pour réunir des audiences flatteuses (respectivement 15 et 17 millions de téléspectateurs lors de ses deux dernières émissions de télévision), il ne parvient pas à retourner l'opinion. Les sondages défavorables succèdent régulièrement aux prestations médiatiques. « Le risque, estime le député villepiniste Hervé Mariton, c'est qu'il finisse par provoquer l'indifférence. » D'autant que les formules choisies pour faire passer des messages au pays sont contestables et contestées : interviewers trop mous, prompteurs mal déchiffrés, absence de conférence de presse ou de toute confrontation directe-et risquée-avec la presse. D'où un certain ennui et une perte d'impact... Le président, lui, persiste et signe, pensant toujours qu'il est le meilleur avocat de sa propre cause. Au royaume des aveugles...

La culture de la provocation

On ne sait s'il le fait exprès ou non, si ce sont des gaffes ou des flèches, mais avec Sarkozy les mots fusent. Et font parfois beaucoup de mal, mettant en péril ses objectifs. La saillie la plus spectaculaire de ces dernières semaines a visé les enseignants-chercheurs. « A budget comparable, un chercheur français publie de 30 à 50 % de moins qu'un chercheur britannique dans certains secteurs. Evidemment, si l'on ne veut pas voir cela, je vous remercie d'être venus, il y a de la lumière, c'est chauffé... » Ces propos, tenus le 22 janvier à l'Elysée, ont ulcéré le milieu universitaire, qui s'est senti humilié. Cette provocation a coûté cher au chef de l'Etat : la réforme du statut des enseignants-chercheurs a soudain été rejetée en bloc, même par les présidents d'université à qui elle donnait le pouvoir. Mais le chef de l'Etat ne résiste pas à dire le fond de sa pensée. Comme si cela le soulageait de ne rien dissimuler. Ainsi a-t-il lancé des phrases imprudentes comme : « Désormais, quand il y a une grève, personne ne s'en aperçoit » (il a admis l'avoir regrettée) ou « J'écoute ce qu'on me dit mais je n'en tiens pas compte » (il a dû se contredire ensuite), ou encore « On dit omniprésident. Je préfère qu'on dise ça plutôt que roi fainéant : on a connu... » (mettant en fureur tous les chiraquiens et consternant ses propres amis par son indélicatesse). A un secrétaire national de l'UMP qui faisait remarquer à un proche collaborateur du président qu' « un changement de méthode est indispensable, sinon il sera obligé d'en rabattre sur le fond », il a été répondu : « Les aspérités font partie d'un ensemble qui va avec le volontarisme de Nicolas Sarkozy. » Il ne changera donc pas. A ses risques et périls.

Le mépris des codes

C'est aussi une marque de fabrique du chef de l'Etat. Il pense utile de bousculer les usages selon lui désuets, quitte à être à la limite de la correction. Là aussi, dernier exemple en date, sa déclaration sur la saisine de la Commission de déontologie au sujet de la nomination du secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol, à la tête du nouvel ensemble formé par la réunion des Caisses d'épargne et des Banques populaires. A Rome, lors du sommet franco-italien du 24 février, Nicolas Sarkozy déclare devant la presse : « La Commission de déontologie a donné son point de vue. Il sera rendu public et vous verrez qu'une fois de plus, c'est la différence entre une polémique et un problème. De problème, il n'y en a pas. » Le hic, c'est que la commission, formellement, n'a pas été réunie. Seul son président a donné un avis personnel. D'où une polémique, pour le coup, dont se sont emparés tous les adversaires du chef de l'Etat, PS et MoDem en tête, portant préjudice à François Pérol, dont la nomination est entachée d'un soupçon d'illégalité. Cette désinvolture de Sarkozy à l'égard de règles selon lui par trop contraignantes le fait apparaître comme un dirigeant non respectueux des lois de la démocratie. Lorsqu'il critique une décision du Conseil constitutionnel sur les récidivistes, lorsqu'il met en cause l'impartialité du CSA en dénonçant l'hypocrisie de ses décisions passées, lorsqu'il fait la leçon aux parlementaires chaque fois qu'il les reçoit, il secoue le cocotier institutionnel, se créant nombre d'ennemis au passage. Sa désinvolture ne se limite pas à ce genre de mise en cause. Il « oublie » de faire prévenir des députés de sa venue chez eux, il lance l'idée de supprimer la taxe professionnelle sans avoir étudié sérieusement son remplacement, il annonce la suppression de la pub à la télé sur un coup de dés un jour de voeux... Vogue la galère, et tant pis si les grincheux râlent.

Une ouverture à double tranchant

L'arrivée de personnalités de gauche au gouvernement a été mal ressentie par beaucoup de sarkozystes historiques, créant un malaise. La persistance de cet objectif, à l'heure de la crise, est encore plus mal vécue. D'autant que les postes disponibles ne sont pas légion et les postulants à un portefeuille avant la fin du quinquennat de plus en plus nombreux. Les déçus sont tentés de se rapprocher de Jean-François Copé, qui se fait fort d'accueillir les orphelins du sarkozysme, évidemment pas pour leur vanter les mérites du régime. Autre forme d'« ouverture » risquée, celle aux minorités visibles. Rachida Dati a explosé en vol, Rama Yade est en disgrâce, Fadela Amara est à la peine... Encore des places « volées » à des mâles blancs et de moins en moins dans la ligne....

L'arrogance vis-à-vis de l'étranger

Le couple franco-allemand est en froid, les Britanniques vexés par les propos de Sarkozy sur l'inutilité de la baisse de la TVA et l'anéantissement de l'industrie au Royaume-Uni, les Tchèques furieux que le président fustige les délocalisations chez eux... Le chef de l'Etat a marqué des points pendant la présidence française, mais en a reperdu depuis par sa manière cavalière de parler de ses voisins. Ceux-ci sont exaspérés par les prétentions de l'hôte de l'Elysée à régenter le destin européen à sa façon. Ce n'est pas toujours la meilleure méthode pour obtenir des compromis favorables à la France.

Malgré tout, Nicolas Sarkozy garde le moral. Au point de préparer sa réélection, quoi qu'il en dise. Lors de son émission de télévision du 5 février, il a parlé de son « premier mandat » ... Et il analyse ses 37 % d'opinions favorables dans notre dernier baromètre Ipsos comme étant moins un désaveu qu'un excellent score de premier tour au scrutin suprême. Il rencontre des obstacles, commet des maladresses, change d'idée sous prétexte de pragmatisme, plie mais ne rompt pas. La rupture ? C'était hier. Vivement demain ! Comme disait Talleyrand, « en politique, il n'y a pas de convictions, il n'y a que des circonstances » . Sarkozy le bonapartiste ne le renierait pas.

Le jour où l'opposition a implosé

Après son succès aux européennes, le président pousse son avantage.
Loin de se reposer sur ses lauriers, Nicolas Sarkozy pense déjà aux prochaines échéances : remaniement, réformes, régionales... Le président n’est pas homme à perdre du temps. « Votre boulot, a-t-il dit aux dirigeants de l’UMP dès le lendemain du scrutin, est de mobiliser nos amis. Le mien, c’est de démobiliser l’adversaire . » Sitôt les résultats des européennes connus, il met en branle un plan de bataille pour maximiser les effets du succès inespéré de l’UMP. Face à des oppositions pulvérisées, le président réagit en stratège dépassionné. Pas question d’afficher le moindre triomphalisme déplacé, telle fut sa consigne aux proches venus dès 18 heures le 7 juin à l’Elysée. « C’est un très beau succès, mais ne cédons pas au triomphalisme. Ce résultat nous donne encore plus de responsabilités », dit un Sarkozy heureux devant les chevilles ouvrières de la campagne, François Fillon, Brice Hortefeux, Xavier Bertrand, Michel Barnier, petit groupe auquel s’est jointe Carla Bruni-Sarkozy en fin de réunion, peu avant 19 heures, à l’Élysée. Le succès, estime le chef de l’État, impose des devoirs. Interpréter le message des Français qui se sont abstenus en masse ou ont indiqué leur tropisme pro-écologique a donc incité Nicolas Sarkozy à manifester immédiatement un signe de compréhension. Dès le mardi matin, il se rend en Savoie pour un déplacement qui porte sur le thème-tellement à la mode-des énergies renouvelables. Après s’être félicité devant ses troupes d’avoir « anticipé la préoccupation environnementale, cet enjeu majeur », le voilà à pied d’oeuvre.

Diable de Sarkozy ! Toujours en campagne. Intarissable défenseur de l’environnement, repeint en vert, le président épate ses interlocuteurs : « Pourquoi les gouvernements de droite comme de gauche n’ont-ils pas fait des énergies renouvelables une priorité ? Je vous le dis, la France sera le leader des énergies décarbonisées. On le fera, y compris quand ça me vaut des débats au sein de la majorité. »

Enfin seul... Nicolas Sarkozy n’a plus d’adversaire, seulement des électeurs verts à conquérir. Daniel Cohn-Bendit a déjà annoncé qu’il n’avait aucune ambition présidentielle. Les écolos sont une proie de choix que le chef de l’État va s’employer à séduire. Nul doute, par exemple, que ses Grenelle de l’environnement (1 et 2), toujours pas complètement votés, vont désormais passer fissa au Parlement. Pour le reste, la concurrence semble à terre.

Scepticisme profond

Le Parti socialiste n’en finit pas de payer ses divisions et son incurie. Quel que soit le sort de Martine Aubry (voir pages suivantes) , les différents leaders roses auront un mal de chien à s’imposer, tant le scepticisme sur la capacité des héritiers de Mitterrand est maintenant profond. Quant au MoDem... La grande peur créée ici ou là dans la majorité par la percée de François Bayrou semble évanouie. On ne se relève pas de si tôt d’une raclée pareille. On n’est jamais mort en politique, mais on peut être longtemps convalescent. Seul inconvénient, pour Sarkozy, de l’effacement du MoDem : il a dégagé du jeu un concurrent gênant pour le PS. En faisant vilipender un obsédé de la présidentielle trop oublieux de l’Europe, le chef de l’Etat aurait-il tué trop tôt l’élu de Pau ? Il aurait ainsi ouvert la voie à une alliance arithmétiquement non négligeable entre le Front de gauche, le PS, les Verts et les restes du centre. C’est pourquoi le président songe d’abord à renforcer son propre parti.

Pas question de perdre une seconde. Lundi matin, devant les dirigeants de l’UMP, Sarkozy masque à peine son impatience tandis que Xavier Bertrand, dans son propos liminaire, se congratule des résultats de son parti. Le chef de l’Etat, qui tapotait la table des doigts, en bras de chemise, pseudo-décontracté, prend alors la parole : « Voilà ce que l’on va faire . » Ses mots d’ordre : poursuivre l’ouverture- « Il faut absolument sortir du carcan UMP, y compris à l’intérieur de la majorité. Quand je pense à ces critiques qui reprochaient que l’on donne trois places au Nouveau Centre... » ; lancer une campagne d’adhésion de grande ampleur à l’UMP ; vérifier le financement du parti- « Il faut verrouiller les cotisations des élus » ; accentuer le renouvellement dans les fédérations- « Les mauvais, on les vire. » Au passage, il porte un jugement sur ses ministres issus de la diversité : « Rachida, c’est quand même une belle sortie. En Ile-de-France, ça s’est bien passé. Rama, si elle m’avait écouté... » Est abordé le cas Hortefeux, qui se retrouve élu malgré lui en Auvergne. Depuis la veille, le président, taquin, ne cesse de l’appeler « M. le député européen » , en le félicitant de son succès inespéré. Il sera convenu que son destin ministériel sera confirmé le jour du remaniement : « Tu ne dis rien pour l’instant, on fera un paquet global la semaine prochaine. »

Quelle revanche pour un Sarkozy qui avait atteint le fond aux européennes de 1999 en menant la liste de son parti au désastre ! Et pour un président à qui on promettait une élection intermédiaire aussi difficile que les dernières municipales. Il s’est interdit de savourer trop longtemps son plaisir, conscient que d’autres échéances, moins plaisantes, l’attendaient dans l’année. Ne serait-ce que les trois prochaines élections municipales partielles provoquées par des annulations de scrutin-à Aix, Carcassonne et Corbeil. Puis viendront les régionales, qui comportent deux tours de scrutin. 28 %, c’est bien lors d’une élection à un tour. Lorsqu’il faut rassembler au second, il importe de trouver des réserves pour l’instant pas évidentes. Aujourd’hui, l’addition UMP, Nouveau Centre et MPF est loin de constituer une majorité, même si le danger Bayrou est écarté : « Ce qu’a dit Corinne Lepage [NDLR : « Je n’aurai pas fait les mêmes choix que François » ], c’est le coup de pied de l’âne », s’est réjoui le président.

Reste à gérer la suite sans fausse note. A commencer par le remaniement, toujours annoncé, pas encore réalisé. Depuis des semaines, deux écoles se battent au sein de l’Élysée à ce sujet. L’une, maximaliste, qui souhaiterait un grand coup de balai pour revivifier une équipe usée. Carla serait de cet avis.

Erreur de casting

L’autre camp, dont fait partie Patrick Buisson, prône des changements minimalistes. Pour deux raisons : 1. le vrai changement devra se produire au moment des régionales, à mi-mandat. Il ne faut donc pas brûler des cartouches trop tôt ; 2. congédier des ministres deux ans à peine après les avoir nommés équivaudrait à admettre une erreur de casting. Ce serait se tirer une balle dans le pied. Cette seconde thèse semble l’avoir emporté peu avant le scrutin, qui n’a fait que la conforter après. Pourquoi bouleverser une équipe qui gagne ? L’idée-toujours soumise à des variations possibles de dernière minute-était donc de limiter les changements de ministres à quatre départs et quatre entrées, le reste relevant de rotations internes. On citait, en début de semaine, parmi les partants, outre les noms évidents de Michel Barnier et de Rachida Dati, ceux de Christine Boutin et de Roger Karoutchi. Mais, jusqu’à l’ultime moment, tout peut changer, tant Nicolas Sarkozy a horreur de tuer. Parmi les entrants, on cite l’UMP Christian Estrosi et le centriste (encore trésorier du MoDem !) Michel Mercier. Le chef de l’Etat tient aussi à honorer la diversité. Et des représentants de tendances écolo ou de gauche sont recherchés. L’ouverture est une marque de fabrique chez Sarkozy. Déjà, ministre du Budget, il avait conservé à ses côtés des fonctionnaires de gauche. Puis, à l’Intérieur, il avait donné des preuves de tolérance en plaidant contre la double peine ou en faveur de la publication de « Rose bonbon », ce livre si controversé. Depuis qu’il est à l’Elysée, il ne cesse de chercher de nouvelles prises de guerre. On ne sait si la nomination de Claude Allègre est définitivement compromise ou non par le score de Cohn-Bendit, mais la tentation de le promouvoir, sous une forme ou une autre, est toujours là chez le président.

Ce dernier voudrait donner un sens à ses nouvelles recrues : « Le nouveau gouvernement doit être la traduction d’un projet de relance politique », explique un conseiller élyséen. Même limité à quelques individus, le remaniement devrait donc traduire les priorités du moment. L’heure reste aux réformes, au volontarisme, à l’innovation sous toutes ses formes. Le président serait ainsi tenté de lancer le chantier de la ruralité (avec grosses annonces à la fin de l’année), au moment où il pousse les feux côté écologie. Sarkozy veut également faire aboutir des réformes de fond comme celles des collectivités locales, du Code pénal, du lycée, de la taxe climat. Le social reste dans ses préoccupations : en témoigne son rendez-vous avec les syndicats au lendemain des européennes. Nicolas Sarkozy règne peut-être dans un désert, mais il sait que la nature a horreur du vide. Il prend donc ses précautions avant que le désert ne se repeuple.

RTL en impesanteur !!!!!

Désertec : un projet solaire de 400 milliards d'euros

Une vingtaine de multinationales, surtout allemandes, veulent rapidement poser les jalons de la production et de la livraison de courant électrique solaire d'Afrique vers l'Europe pour couvrir 15% des besoins européens.

Sur le papier, le concept de Désertec est simple. Il s'agit de produire de l'électricité issue du solaire là où il y a du soleil à foison et ensuite l'exporter vers le Maghreb et l'Europe. Un réseau de supercentrales solaires (paraboles solaires et non panneaux photovoltaïques) serait implanté dans les pays de la ceinture saharienne. Le courant produit serait ensuite transporté par des lignes à haute tension posées au fond de la Méditerranée. Les experts du projet Désertec ont calculé qu'une surface de 300 km2 couverte de paraboles solaires, c'est-à-dire un timbre poste sur le globe terrestre, suffirait théoriquement à couvrir les besoins énergétiques mondiaux. Dans le cas de Désertec, il s'agirait de couvrir jusqu'à 15% des besoins de l'Europe à partir de 2025.

Torsten Jeworrek, membre de la direction du réassureur allemand Münchener Rück, n'est pas précisément un rêveur, mais il croit fermement à Désertec : « Ce n'est plus une vision lointaine, c'est technologiquement séduisant et en plus, réalisable. Nous voulons créer une initiative qui présentera des plans concrets de mise en oeuvre d'ici deux à trois ans », a-t-il annoncé à la presse allemande. Il a confirmé que la réunion de fondation d'un consortium, sous la houlette de Münchener Rück, voué à ce projet aura lieu le 13 juillet prochain. La liste complète des participants est encore tenue secrète. Mais l'on sait que la Deutsche Bank, Siemens, Schott-Solar mais aussi des entreprises espagnoles et italiennes ainsi que des représentants de la Ligue arabe et du gouvernement allemand devraient être de la partie.

Solar Millennium AG

Des paraboles solaires telles que celles qui pourraient être utilisées dans le projet Desertec.

Le projet Désertec, soutenu par le privé mais fortement encouragé par le gouvernement allemand, est à l'origine une idée lancée par le club de Rome, un groupe de réflexion sur l'environnement qui réuni des scientifiques, des industriels et des fonctionnaires de 53 pays. Elle s'inscrit dans l'initiative de Coopération Transméditerranéenne pour l'Énergie Renouvelable (TREC), un réseau de scientifiques et d'experts également soutenu par le Club de Rome. TREC produit des études portant sur la sécurité énergétique de l'Europe, du Maghreb et du Proche-Orient. Enfin, TREC et Désertec, déjà en pourparlers avec des pays comme l'Algérie, la Tunisie, le Maroc ou la Jordanie, collaborent avec le projet de « Plan Solaire Méditerranéen », projet phare de l'Union pour la Méditerranée, qui envisage, entre autres, de développer « des capacités additionnelles d'électricité bas carbone, et notamment solaire », pour une puissance totale de 20 mégawatts sur le poutour méditerranéen.

Ce gigantesque projet ne manque bien sûr pas de contradicteurs dotés de solides arguments. Pour une fois, les obstacles les plus importants semblent être avant tout d'ordre économique et politique plus que technique. En effet, les technologies nécessaires existent et fonctionnent déjà. En revanche, la construction d'un réseau d'approvisionnement traversant la Méditerranée et s'étendant sur au moins 2000 kilomètres demanderait près de 200 milliards d'euros d'investissements. L'ensemble du projet pouvant, selon les experts, monter jusqu'à 400 milliards d'euros sur plusieurs décennies.

Par ailleurs, même si il devrait être plus facile pour l'Union européenne de régler un conflit d'intérêt avec l'Algérie qu'avec la Russie, certains s'interrogent sur un projet qui, au bout du compte, ne diminue pas la dépendance énergétique de l'Union Européenne. Pour sa part, Hermann Scheer, député social-démocrate qui soutient activement le développement des énergies renouvelables, ne condamne pas le projet Désertec. Mais il estime que c'est encore un « projet futuriste plein d'incertitudes » qui demandera « une très longue phase de mise en route ».

Des députés s'inquiètent du port de la burqa en France

Des parlementaires de droite et de gauche réclament une commission d'enquête pour lutter contre l'expansion du port de ce voile qui recouvre entièrement les femmes.

La burqa, qui voile une femme de la tête aux pieds, pourrait-elle être interdite dans les espaces publics en France ? 58 députés de toute tendance ont cosigné une proposition de commission d'enquête parlementaire pour réfléchir à la question. André Gerin, député-maire PCF de Vénissieux à l'origine de cette proposition, l'a transmise mercredi au premier ministre. Parmi ces parlementaires, en majorité des députés de droite : 3 PCF, 7 PS, 43 UMP, 2 NC, 3 Non Inscrits. Si cette commission est créée, elle s'inscrirait dans la lignée de la commission Stasi, qui avait mené une réflexion sur la laïcité et le porte du voile à l'école en 2003.

«Nous sommes aujourd'hui confrontés, dans les quartiers de nos villes, au port par certaines femmes musulmanes de la burqa, voilant et enfermant intégralement le corps et la tête» écrit André Gerin, dans l'exposé des motifs du texte. « Il ne s'agit plus seulement d'une manifestation religieuse ostentatoire mais d'une atteinte à la dignité de la femme».

Député d'une circonscription où le port de la burqa est de plus en plus répandu, André Gerin explique que cette commission aurait pour but de «faire l'état des lieux de la situation, de comprendre pourquoi le phénomène progresse». Cette commission permettrait aussi de «définir des propositions afin de lutter contre l'expansion du port de la burqa, sans stigmatiser les personnes enfermées dans cette prison ambulante», précise-t-il au Figaro.fr. Quels pourraient être les moyens d'action à la suite de cette commission ? «Si l'on caractérise le port de la burqa comme une atteinte aux libertés des femmes, il y aurait alors possibilité de légiférer pour l'interdire dans les espaces publics» suggère-t-il.

«Panne d'intégration»

«La burqa n'est absolument pas une prescription du Coran», rappelle Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, interrogé par lefigaro.fr. Le port de la burqa existait déjà avant l'apparition de l'islam dans des pays comme l'Afghanistan». Le recteur soutient la démarche des députés, «à condition que la commission soit un moyen de dialoguer avec les responsables de l'islam». Il se dit cependant dubitatif sur une voie législative qui interdirait la burqa, au regard des libertés individuelles et religieuses. «La solution réside plutôt dans la compréhension des racines de ce problème», qui s'apparente à ses yeux à une «hyper affirmation identitaire et à une panne de l'intégration.»

«Il faut encourager le débat sur cette question, rendre visible la réalité et la dégradation de la condition des femmes» réagit Sihem Habchi, présidente de Ni putes, ni soumises (NPNS). Elle considère «La loi de 2004 sur la laïcité (interdisant les signes ostensibles d'appartenance religieuse dans les établissements scolaires, ndlr) « pas suffisante ». Il faut «rouvrir le débat», lance-t-elle.

Au contraire, pour le secrétaire général de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), Fouad Alaoui, cette proposition des députés est «une nouvelle manœuvre propre à encourager les amalgames». Il regrette cette démarche qui intervient «justement quand on parle de l'Iran» et se dit «triste qu'on en arrive à ce niveau».

Depuis le vote de la loi de 2004, le débat sur le voile s'est apaisé. Mais il reste un sujet de polémique entre les tenants de la laïcité et ceux invoquant la liberté de religion. La question du voile avait resurgi avec le discours du Caire du président Barack Obama. Celui-ci avait critiqué les pays occidentaux qui décident «des vêtements qu'une femme doit porter». «En France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C'est sa liberté», avait aussitôt réagi Nicolas Sarkozy. L'Elysée avait ensuite précisé que l'interdiction des signes religieux dans les écoles publiques, qui relève de la loi, n'était pas remise en question.