TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mardi 5 octobre 2010

La réponse du PDG de TF1 à Arnaud Montebourg

Nonce Paolini, PDG de TF1, a adressé mardi 5 octobre une réponse écrite à Arnaud Montebourg, député (PS) de Saône-et-Loire qui, la semaine dernière, dans une lettre envoyée à M. Paolini, avait accusé la Une d'être "une délinquante" et d'avoir "un long casier judiciaire, constitué de rappels à l'ordre et d'amendes pour violation des règles du pluralisme politique".

Dans son courrier M. Paolini reproche au député "ses déclarations consternantes (…) véritable acte d'accusation" à l'encontre de la société qu'il dirige. "Savez-vous que TF1 reçoit chaque année depuis sa privatisation un satisfecit du CSA pour le respect de ses obligations et de son cahier des charges ?" écrit le PDG de TF1.
"Savez vous que, depuis sa privatisation, TF1 a investi plus de 5 milliards d'euros dans la création française et 650 millions dans le cinéma français ? Qu'en 15 ans, ce sont 2 milliards d'euros de taxes en tous genres qui ont été acquittées par TF1, dont des dizaines de millions d'euros pour la presse, les radios associatives et France Télévisions ? ". Pour le pluralisme politique, M. Paolini rappelle que les journaux de la Une invitent chaque saison une cinquantaine de dirigeants politiques de tous bords.
Concernant la "télé fric" dénoncée par M. Montebourg, M. Paolini souligne que TF1 alloue 2 millions d'euros chaque année à diverses causes humanitaires, est partenaire de l'opération pièces jaunes et que par le biais de sa fondation, la Une donne sa chance à de nombreux jeunes des cités notamment en Seine-Saint-Denis, dont le Conseil Général est présidé par le socialiste Claude Bartolone.
M. Paolini défend aussi les programmes de TF1 qui, selon le député socialiste, appauvrissent le débat démocratique et favorise la montée de la violence. M. Paolini écrit : "Que nos programmes ne vous plaisent pas, j‘en conviens. Que votre engagement partisan transforme cette aversion en manifeste accusatoire sans fondement (…) choque tous nos collaborateurs. TF1 n'est pas une télé poubelle. C'est la chaine de tous les Français quelles que soient leur origine, leurs convictions, leurs situation sociale, la couleur de leur peau et ils sont 33 millions à la regarder chaque jour".
Il conclut : "En portant un fer aussi injustifié qu'injuste, vous jetez mépris et arrogance à la face des millions de téléspectateurs que je laisse seul juge de votre comportement".
Cette lettre a été adressée en copie aux salariés de TF1 ainsi qu'à Martine Aubry, première secrétaire du PS, Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication et Michel Boyon, président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel.
Daniel Psenny

Le budget de la Défense est-il vraiment à l'abri des coups de rabot ?

Officiellement, le ministère de la Défense a vu son budget épargné pour la période 2011-2013. Mais à y regarder de près, de nombreux aléas pèsent. Etat des lieux.

 
Epargné ? Le projet de budget du ministère de la Défense sur la période triennale 2011-2013, qui s'élève à 94,96 milliards d'euros hors pensions (31,19 milliards en 2011), dont 3,26 milliards de recettes exceptionnelles (1,02 milliard en 2011) l'est en tout cas dans sa présentation. En réalité, six aléas pèsent sur l'exécution de ce budget d'ores et déjà amputé de 3,6 milliards d'euros au titre des économies demandées par l'Elysée.

1/ Des recettes exceptionnelles... optimistes
Provenant de la vente d'actifs immobiliers, notamment à Paris (1 milliard d'euros) et de la cession par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (Arcep) de fréquences hertziennes (Rubis et Felin) ainsi que du système de télécoms militaires Syracuse (le tout pour plus de 2 milliards), elles sont attendues depuis plusieurs mois par le ministère. Jusqu'ici vainement en raison de la crise qui a fortement déstabilisé le marché immobilier en France et de l'échec de vendre tout l'immobilier parisien d'un bloc à un consortium. Avec l'aide de France Domaine, le ministère va vendre "au fil de l'eau", explique-t-on dans l'entourage du ministre. La rue Saint-Dominique s'est fait également surprendre par la lenteur des procédures de cessions des fréquences conduites par l'Arcep, en moyenne 18 mois. Une partie du produit de ces ventes était déjà attendue dans le budget 2009, puis 2010. Les Parlementaires, notamment le président de la commission de la défense de l'Assemblée nationale Guy Teissier, s'en sont émus. Au ministère, on compte engranger une partie du produit des cessions des fréquences à "l'été 2011".
Du coup, le ministère se retrouve avec un bonus de recettes exceptionnelles... dû au seul retard des cessions. Dans la Loi de programmation militaire (LPM), l'Hôtel de Brienne tablait sur la période 2011-2013 sur 900 millions d'euros. Finalement, ce sera 3,26 milliards d'euros. Soit un différentiel de 2,37 milliards. Un coup de chance pour les communicants du ministère de la Défense qui prétendent ainsi que le rabot budgétaire de 3,6 milliards d'euros est compensé en partie par le gain de 2,37 milliards de recettes exceptionnelles. Ils estiment "la perte de ressources nette de 1,3 milliard d'euro sur trois ans". Sauf qu'une partie de ces recettes extrabudgétaires étaient déjà programmées dans les budgets précédents. Donc la perte est bel et bien de 3,6 milliards quoi qu'il arrive. Construire un budget sur des recettes exceptionnelles, estime un observateur revient à faire "de la cavalerie budgétaire".

2/ Le Rafale qui se vend mal
Comme La Tribune le révélait en juillet (voir La Tribune du 19 juillet), une menace pèse sur le budget de la Défense. "Le risque principal concerne l'absence de vente de Rafale à l'étranger. Si nous devons commander onze Rafale pendant les deux années qui devaient être couvertes par l'export, il faudra trouver 1 milliard d'euros de plus", avait assuré le ministre de la défense Hervé Morin devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale. Au final, la note est moins salée : 800 millions d'euros pour faire tourner les usines de Dassault Aviation, qui a besoin pour maintenir sa chaîne d'avions de combat d'une cadence minimale de onze Rafale par an. Du coup, le budget devra supporter cette cadence alors qu'une partie devait alimenter des commandes obtenues à l'exportation. Sur onze appareils fabriqués, cinq à six devaient être destinés à l'export. C'est là l'une des difficultés actuelles du budget de la défense.
"Le Rafale ne fragilise pas le budget", explique-t-on à l'Hôtel de Brienne. Pour autant, la modernisation des Mirage 2000D est reportée. Ce qui n'a pu être fait en 2011, le sera peut-être un peu plus tard avec les ventes possibles au Brésil et aux Emirats arabe unis (EAU), qui pourraient aboutir l'an prochain.
Mais ce n'est pas tout. La vente de 60 Rafale aux Émirats arabes unis (EAU) risque de coûter très cher à la France... si la vente se concrétise. Selon des sources concordantes, le coût de développement de cet avion de combat modernisé pourrait atteindre entre 4 et 5 milliards d'euros. Dont un peu plus de 1 milliard pour le moteur qui doit passer de 7,5 à 9 tonnes de poussée, à la demande d'Abu Dhabi. Les Émiratis ne veulent sur aucun point des performances inférieures à celles du F16 Block 60 américain déjà en service. Une facture de plus pour la France car le client émirati "n'en paiera que la moitié au mieux", précise-t-on à La Tribune. Le ministère compte anticiper des développements prévus pour plus tard dans l'actuelle LPM et la prochaine en vue de moderniser le Rafale pour l'armée de l'air et l'aéronavale. "Certaines demandes des EAU correspondent à des développements faisant partie intégrante de la LPM. On ne fait qu'avancer un certain nombre de projets", explique-t-on au ministère. Ce qui étrangle le budget alors qu'il subit déjà une coupe de 3,6 milliards d'euros. Mais la filière aéronautique militaire française, important dans le dispositif de souveraineté nationale, a un réel besoin d'une vente à l'export du Rafale.

3/ Une coûteuse présence sur le terrain
La montée en puissance de l'armée française en Afghanistan, l'opération Pamir, a un coût de plus en plus lourd : 470 millions d'euros en 2010 pour 4.000 militaires français (gendarmerie comprise). Soit près de la moitié des surcoûts de 2010. En 2011, comme en 2010 et 2009, le financement résiduel des surcoûts OPEX (les opérations extérieures, ndr) ne reposera pas sur les crédits d'équipement de la défense mais sur la réserve de précaution interministérielle, précise le ministère. Une réserve alimentée en partie par le ministère de la Défense. En outre, la provision prévue au PLF 2011 financerait plus de 70 % de la dépense. Mais cette construction repose évidemment sur une stabilisation des effectifs. A voir.

4/ la facture de l'A400M 
Promis, juré, les 400 millions d'euros d'avances remboursables que la France a promis à EADS dans le cadre de la renégociation du contrat de l'avion de transport militaire européen A400M ne seront pas pris, selon l'Hôtel de Brienne, sur le budget de la défense mais sur des crédits interministériels. La vérité du jour sera-t-elle celle du lendemain alors que la France s'engage sur la voie de la rigueur ? A suivre.
5/ Un progiciel qui fait des siennes
Combien vont coûter les ratés du progiciel Chorus au ministère de la Défense ? Les problèmes rencontrés lors de la mise en place du progiciel Chorus, développé par la société allemande SAP afin de gérer les données budgétaires des différents ministères, ne seront pas sans conséquences pour les différents acteurs de l'industrie de la Défense, qui attendent que leurs factures soient réglées par la Direction générale de l'armement. Le total de la note encore non acquittée par l'Etat aux industriels de l'armement avait atteint, fin juin, environ 1,8 milliard d'euros. Au-delà des paiements des factures, se pose la question des indemnités dues aux entreprises pénalisées au titre de ces retards.
6/ Les rallonges inévitables pour l'entretien du matériel
Le budget de ce qu'on appelle dans le jargon militaire le Maintien en condition opérationnelle (MCO) est de l'ordre de 3 milliards d'euros. Problème, les militaires ont jusqu'ici toujours eu dû mal à maîtriser ce poste de défense. Y arriveront-ils pour le budget 2011 sans piocher dans celui des équipements, A voir.

Airbus annonce 379 commandes brutes et 380 livraisons sur neuf mois

Airbus a annoncé mardi avoir réalisé 379 commandes brutes en janvier-septembre, notamment grâce à celles engrangées au salon aéronautique de Farnborough en juillet.
La filiale d'EADS, qui affiche 328 commandes nettes ajustées des annulations, annonce avoir livré 380 appareils depuis le début de l'année, dont 14 très gros porteurs A380.


Le président exécutif d'EADS Louis Gallois avait déclaré début septembre lors d'un sommet organisé par Reuters qu'il était peu probable que la production d'A380 tombe à moins de 20 appareils en 2011, le seuil minimum fixé pour 2010, et avait réaffirmé la date de 2013 pour la livraison du premierA350.
Airbus a fait état mardi de 53 commandes nettes d'A350-900 sur la période janvier-septembre, en tenant compte de sept annulations.
Airbus avait moissonné les commandes en juillet au salon de Farnborough, en Grande-Bretagne, dont une de plus de trois milliards de dollars passée par la compagnie aérienne du magnat britannique Richard Branson.
Sur le seul mois de septembre, Airbus a enregistré 78 commandes nettes et 45 livraisons.
 

Pour le FMI, le secteur financier reste "le talon d'Achille de la reprise économique"

Dans son rapport semestriel sur la stabilité financière dans le monde publié mardi 5 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) conseille de maintenir le soutien des Etats au secteur financier mondial, qui "reste le talon d'Achille de la reprise économique".

L'institution a cependant abaissé son estimation des pertes qu'auront dû absorber, entre l'été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers. Ce coût de la crise est évalué désormais à 2 200 milliards de dollars, contre 2 300 milliards il y a six mois et 2 800 milliards il y a un an.
SELON LE FMI, LES AIDES AU SECTEUR DOIVENT ÊTRE MAINTENUES
"Le système financier mondial est toujours dans une période d'incertitude considérable et reste le talon d'Achille de la reprise économique", écrit le FMI. Le fonds a estimé que ce secteur financier était aujourd'hui en meilleure santé que lors du dernier rapport en avril, et que selon ses prévisions, il devrait continuer à guérir lentement.
Mais le risque existe toujours de voir les périls refaire surface. "Comme on l'a constaté à plusieurs occasions ces trois dernières années, la conjoncture que traverse le système financier mondial a maintenant le potentiel de passer très rapidement de propice à un mode de crise", a souligné le FMI. "La situation restant fragile, une partie du soutien public qui a été accordé aux banques ces derniers années devra être maintenu", a-t-il recommandé.

Le Royaume-Uni annonce une réforme "radicale" de l'Etat-providence

Le ministre des finances britannique, George Osborne, a annoncé lundi 4 octobre une réforme "radicale" de l'Etat-providence, comprenant notamment la fin des allocations familiales universelles, dans le cadre d'un programme d'austérité draconien dont les détails doivent être annoncés le 20 octobre.

Le budget de l'assurance sociale, qui atteint 194 milliards de livres (222 milliards d'euros), est une cible privilégiée de cette sévère cure d'austérité qu'a annoncée le grand argentier britannique le 22 juin dernier. "Ensemble, nous avons réussi là où personne à notre place n'avait jamais réussi : s'entendre sur un accord pour un Etat-providence radicalement nouveau", a déclaré le ministre devant les militants du parti conservateur réunis en congrès annuel à Birmingham (centre), leur premier au pouvoir depuis quatorze ans.
UN "ÉTAT-PROVIDENCE RADICALEMENT NOUVEAU"
Exposant "la profonde injustice" d'un système d'aides sociales qui "piège des millions de nos concitoyens dans la dépendance, tandis que des millions d'autres doivent en payer la facture", M. Osborne a annoncé qu'un plafond – estimé à 500 livres par semaine selon le Guardian – sera fixé aux aides sociales que peut recevoir un foyer. Cette mesure vise en effet, selon M. Osborne, à empêcher que "plus jamais" une famille où les deux parents sont sans emploi gagne autant ou davantage que le salaire d'une famille de classe moyenne grâce aux allocations sociales. Le Trésor britannique a estimé que ces limitations pourraient toucher quelque 50 000 familles sans emploi.
Par ailleurs, la réforme touchera à l'universalité des allocations familiales, établie en 1946, un principe cher au cœur des Britanniques. Ces aides sont actuellement accordées à tous les parents d'enfants âgés de moins de 16 ans, et jusqu'à 19 ans s'ils suivent une formation ou un cursus universitaire, quels que soient leurs revenus. Elles sont forfaitaires et s'élèvent à 20,30 livres (23,40 euros) par semaine pour le premier enfant et à 13,40 livres (15,50 euros) pour chacun des autres. En vertu du nouveau système, mis en place à partir de 2013, les allocations familiales seront supprimées si l'un des parents paie des impôts dans la tranche la plus élevée (44 000 livres – 51 000 euros – par an), ce qui concernera environ 15 % des familles.
CRAINTES POUR LA CROISSANCE BRITANNIQUE
Cette mesure, à la portée symbolique et qui ne fera économiser qu'un milliard de livres, devrait être contestée par les défenseurs de l'universalité du système, qui mettent en avant le fait que les allocations familiales sont l'un des rares bénéfices que retirent les familles les plus aisées des impôts qu'elles paient à l'Etat, constate The Independent. Yvette Cooper, une députée du Labour, a elle regretté sur la BBC qu'"au lieu d'encourager les emplois et la croissance, le gouvernement fait payer davantage aux familles avec enfants". Anne Longfield, la directrice exécutive de l'organisation 4Children, a également regretté que les coupures aux allocations familiales universelles, "longtemps reconnues comme un symbole de la valeur que notre société place en nos familles", vont "porter un coup préjudiciable aux familles qui ressentent déjà la pression".
Cette réforme est l'un des premiers actes concrets dans le cadre de la cure d'amaigrissement radicale que M. Osborne a annoncée le 22 juin dernier. Ce resserrement budgétaire sans précédent vise à éliminer en cinq ans la quasi-totalité du déficit budgétaire légué par le Labour (10,1 % du PIB en 2010).

UN PLAFOND AUX AIDES SOCIALES, VOILÀ UN EXEMPLE DONT LA FRANCE DEVRAIT S'INSPIRER, SI SON PEUPLE N'ÉTAIT PAS SI FAINÉANT.

UN PASSÉ QUI NE PASSE PAS




Bussereau, l’hiver en charentaises

Tandis que tout le monde s’accroche, en voilà un qui lâche prise. “Je quitterai le gouvernement lors du prochain remaniement ministériel” a promis hier Dominique Bussereau.

Le secrétaire d’État aux Transports, qui roule depuis plus de huit ans, veut rendre les clés du camion. Et même mettre les voiles, puisqu’il exprime un profond désir de se “re-ioder”. L’air océanique lui manque, ses poumons rétrécissent dans l’étouffante atmosphère de Matignon.

L’homme, à bout de souffle, aspire donc à redevenir simple député de la Charente-Maritime. L’Élysée, sans nul doute, va très vite lui donner satisfaction. Loin des orages du pouvoir, le candidat au départ passera ainsi l’hiver en charentaises. Tranquille, au coin du feu, à méditer sur les vaines agitations de Paris…

En attendant, il faut continuer le job qui impose d’épuisantes contorsions.

Prenez, par exemple, ce projet d’alléger les rigueurs du “permis à points”. Les parlementaires de l’UMP plaident pour, Nicolas Sarkozy s’y oppose fermement. Aie !

Pris entre deux fidélités, M. Bussereau se trouve bien embarrassé. D’un côté, il propose de “faire un geste” en direction des automobilistes. De l’autre, il refuse tout net “un assouplissement” contraire aux objectifs de sécurité routière…

Quand l’incertitude vous ronge à un tel degré, mieux vaut partir, en effet.

Eprouvettes 


On ne le sait que trop bien, le pire et le meilleur peuvent sortir des éprouvettes des savants, tous un peu descendants du Docteur Jekyll et Mister Hyde. Et qu'est-il sorti des éprouvettes du Docteur Edwards, le nouveau Prix Nobel de médecine ? Le meilleur assurément avec Louise Brown, premier bébé né in vitro, ou sous verre, aujourd'hui mère épanouie d'un enfant né selon la plus antique et naturelle des manières. Le meilleur encore avec quatre millions d'enfants éprouvette, pour autant de couples réconfortés. Mais le pire menace aussi, avec tous ces embryons en attente d'expérience. Et demain, la tentation de se fabriquer son bébé à soi, comme on choisirait un vêtement, en décidant du sexe, de la couleur des yeux, de la pigmentation de la peau… Ce ne serait pas la faute du Docteur Edwards, mais c'est bien la responsabilité de ses collègues de l'empêcher.

L'Europe à l'heure chinoise 

      Depuis hier à Bruxelles, l'Europe fait face à l'Asie, à 19 pays qui avec les 27 de l'UE forment l'ASEM (Asia-Europe Meeting) en représentant presque 60% de la population mondiale et un peu plus de 60% du commerce mondial. Avec des échanges très en défaveur des Européens puisque, entre importations et exportations, les déficits de l'UE ne cessent de se creuser pour se chiffrer désormais à près de 250 milliards €.
 Parmi ces partenaires, l'Inde, la Corée du Sud ou Singapour sont loin d'être négligeables. Mais qui dit Asie pense Japon et surtout Chine. Le Premier ministre de Pékin Wen Jiabao est d'ailleurs la vedette courtisée de ce sommet qui se poursuivra demain en rencontre bilatérale sino-européenne. L'UE plaidera une fois de plus pour une meilleure gouvernance monétaire à l'échelle de la planète (sous-entendu : le yuan est maintenu artificiellement trop bas), pour des ouvertures de marchés et obtiendra peut-être quelques résultats politiques au prix de douloureuses concessions dont la levée de l'embargo sur la livraison d'armes à Pékin.
 Mais sur l'essentiel, la Chine restera intransigeante. Elle dit déjà non aux Américains, pourquoi céderait-elle aux Européens ? A ces Européens qui absorbent le tiers des exportations chinoises grâce à l'euro, la seule monnaie forte alors que les Etats-Unis jouent la dévaluation compétitive en faisant fonctionner la planche à billets ? L'euro fort, de plus en plus fort dans le contexte actuel grâce à une inébranlable rigidité monétaire, est une aubaine pour la Chine encombrée de dollars dépréciés. Mieux, le gigantesque plan de relance de 440 milliards € mis en œuvre par Pékin permettra encore plus de croissance, donc de vendre encore plus aux Européens au détriment de leurs industries... A condition, il est vrai, que ce plan ne crée pas une nouvelle bulle spéculative suivie d'une nouvelle crise financière.
 Que dans ces conditions la Chine vole au secours d'Athènes en promettant de souscrire aux emprunts de l'Etat grec est tout bénéfice. D'une part, l'euro se raffermira et d'autre part, le fameux plan d'urgence de 750 milliards arrêté en mai dernier par l'UE - dans l'espoir que jamais il ne servira dans cette totalité - représente une assurance hors pair. La Chine fait ce que les Européens ont été incapables de faire. Demain, l'opération pourrait être répétée en faveur de l'Espagne, du Portugal ou de l'Irlande. Et le banquier providentiel prend pied dans l'UE...
 Les gouvernements européens semblent se féliciter. C'est plutôt le rouge de la honte qu'ils devraient afficher. En s'interrogeant dans l'urgence sur une autre gouvernance économique et monétaire.

LE COMMENTAIRE DE CHRISTOPHE BARBIER


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Pourquoi il faut remercier la Grèce et l’Irlande

On a parfois tendance à critiquer des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne et aujourd’hui l’Irlande, car on a l’impression que ce sont les maillons faibles de l’Union européenne et qu’ils sont un peu comparables à une sorte de boulet au pied de la zone euro. Eh bien non, on a tort de critiquer ces pays ! C’est en tout cas la thèse du journal économique français La Tribune. On devrait même remercier la Grèce et l’Irlande.

Bizarre, comme attitude ? Sans doute, mais le raisonnement est intéressant. En effet, sans les déficits publics de ces pays, sans leur endettement excessif, l’euro, qui a déjà repris du poil de la bête vis-à-vis du dollar, serait encore plus fort qu’il ne l’est aujourd’hui. Or, un euro fort signifie que nos exportateurs sont pénalisés. Comme l’exportation est le seul ressort économique qui fonctionne encore en Europe, un euro fort étoufferait la petite embellie économique que nous connaissons aujourd’hui.

Le raisonnement de La Tribune est plus subtil encore. Que font les marchés financiers depuis quelques mois ? Leur cœur balance, si je puis dire, entre les problèmes de certains pays européens et les gros problèmes des Etats-Unis. Si la Grèce et l’Irlande n’étaient pas là pour nous donner de temps en temps une petite frayeur, les marchés financiers se focaliseraient uniquement sur le seul et vrai problème actuel : la panne de la première économie mondiale.

Si vous parlez avec n’importe quel chef d’entreprise de retour des Etats-Unis, il vous décrira un pays ruiné par une guerre en Irak totalement inutile et étouffé par un chômage de masse inhabituel. Un chômage d’autant plus dangereux qu’il est culturellement rejeté aux Etats-Unis, où il n’existe presque pas de filet social comme en Europe. Au point que des études montrent qu’aux Etats-Unis, les jeunes entre 25 et 34 ans retardent leur mariage ou se marient de plus en plus tard à cause de la crise.

Pour faire redémarrer leur économie, les Etats-Unis se livrent aussi à une guerre monétaire. Afin d’éviter que notre devise soit trop chère, notre seul bouclier, aujourd’hui, c’est paradoxalement les PIGS, acronyme désobligeant inventé par les médias anglo-saxons pour désigner, par la première lettre de leur nom anglais, Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne. Comme quoi des cochons peuvent aussi servir de boucliers !

Dans la tête de Christine Lagarde

Le sujet. Ministre de l'Economie depuis trois ans et demi, révélée par sa gestion solide de la crise financière en 2008, souvent citée parmi les membres du gouvernement appelés à rester à leur poste, voire à être promue lors du prochain remaniement, Christine Lagarde est peu connue du grand public. Pudique et méfiante envers la politique spectacle, cette femme à laquelle son élégance donne une allure de grande bourgeoise, s'était jusque-là peu livrée. Dans leur biographie, les journalistes Cyrille Lachèvre et Marie Visot, dessinent un portrait riche, documenté, souvent émouvant, de celle qui est passée en une nuit de mai 2005 d'une lucrative carrière dans les affaires aux Etats-Unis à un destin politique en France.

La politique… qui faillit bien broyer dès son arrivée cette « Américaine » au franc-parler peu rompu aux tabous lexicaux de son pays d'origine. Aujourd'hui encore, elle n'ose plus prononcer ce mot de « rigueur » qui lui valut, en septembre 2007, un correctif humiliant de la part du secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant.

L'intérêt. L'une des nouveautés est dans le récit, méconnu, de ses années d'adolescence française et de jeunesse américaine. Il permet de comprendre la force de celle qui est partie vivre aux Etats-Unis à l'âge de dix-sept ans, peu après avoir perdu son père, décédé à quarante-et-un ans.

L'anecdote. Mercredi 31 mai 2005, premier Conseil des ministres du gouvernement Villepin. Nommée ministre du Commerce extérieur alors qu'elle présidait le comité stratégique de Baker & McKenzie, Christine Lagarde arrive directement de l'aéroport. « Dans la précipitation du départ, elle a oublié ses lunettes à Chicago et n'y voit presque rien. A la table du Conseil, elle ne cesse d'interroger sa voisine, la ministre aux Affaires européennes, Catherine Colonna, pour savoir qui sont les uns et les autres.


« Christine Lagarde », par Cyrille Lachèvre et Marie Visot, 330 pages, 17,90 euros, Michel Lafon.

Irremplaçable ISF


Les quelque 600.000 Français assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pourraient se prendre à rêver. En évoquant, dimanche soir, dans l'émission « Capital », sur M6, l'idée d'une suppression conjointe de l'ISF et du bouclier fiscal avant la présidentielle de 2012, le Premier ministre, François Fillon, fait sortir ce vieux projet de la droite du domaine du fantasme. C'est déjà considérable si l'on mesure l'ampleur de la « muraille de Chine » idéologique qui entoure cette malheureuse exception française de l'imposition sur la fortune. Transformer le rêve en réalité est toutefois une entreprise d'une redoutable difficulté.

Ce n'est pas le lien fait par le gouvernement entre suppression de l'ISF et retrait du bouclier fiscal qui rend l'opération complexe. Au contraire, cette condition préalable lui donne une cohérence, la perte d'un avantage important - le plafonnement de l'imposition globale directe à 50 % de ses revenus -devant être compensée par celle d'un inconvénient substantiel - la taxation de son patrimoine à des taux qui cessent vite d'être ridicules.

L'idée de cette abolition jumelle est d'autant plus rationnelle que les deux « populations cibles » sont assez proches : il s'agit des 1.000 à 2.000 Français les plus riches qui reçoivent du Trésor public des restitutions massives au titre du bouclier fiscal et qui lui versent des chèques plus astronomiques encore au titre de l'impôt de solidarité sur la fortune. Les 1.000 premiers bénéficiaires du bouclier touchent, en moyenne, près 340.000 euros chacun. Les 1.900 plus gros assujettis à l'ISF versent, en moyenne, 430.000 euros.

L'homothétie n'est pas parfaite, mais le bouclier fiscal, institué en 2006 par Dominique de Villepin alors Premier ministre, étendu en 2007 par Nicolas Sarkozy devenu président de la République, est bien devenu, en pratique, et pour l'essentiel, un plafonnement de l'impôt sur les gros patrimoines. Les 1.000 à 2.000 plus grosses fortunes de France absorberaient à elles seules entre 60 % et les deux tiers de l'ensemble des 600 millions d'euros restitués au titre du bouclier fiscal.

Au passage, ce constat donne la mesure des niveaux d'imposition exorbitants que supporteraient ces grands patrimoines en l'absence de plafonnement à 50 % de leurs revenus. Une suppression du bouclier fiscal offre donc une bonne voie d'approche pour revenir, enfin, sur l'ISF. Si seulement… Si seulement il était possible de lui trouver un remplaçant ! Or c'est là que le bât blesse. Car l'impôt sur la fortune n'est plus tout à fait le symbole qu'il a longtemps été.

Porté par l'appréciation des biens immobiliers, affecté dans une moindre proportion par la crise financière, modérément entamé par la possibilité de le convertir en investissement au capital d'une PME, l'ISF apporte, bon an mal an, depuis 2006, entre 3,5 milliards et 4,5 milliards d'euros de recettes à l'Etat. C'est à peu près la moitié de ce que rapportent les droits de mutation aux collectivités territoriales.

Aussi modeste soit-il, le poids financier de l'ISF est devenu, avec près de 8 % de déficit public, un frein à sa disparition. « Dans la situation financière qui est la nôtre, je n'accepterai jamais qu'on supprime une recette de 3 milliards d'euros », a d'ailleurs indiqué dimanche soir François Fillon, dont le calcul défalque le coût du bouclier fiscal. Pour contourner cette difficulté, le député Pierre Méhaignerie (UMP) et le sénateur centriste Jean Arthuis suggèrent de compenser cette perte soit par une tranche additive à l'impôt sur le revenu, soit par un relèvement du taux marginal supérieur, déjà passé de 40 % à 41 % dans le projet de loi de Finances 2011, pour contribuer à financer la réforme des retraites.

Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, doit remettre ses propres suggestions au premier trimestre 2011, dans un souci de convergence fiscale avec l'Allemagne. Mais la piste d'une majoration d'impôt sur les hauts revenus, en compensation de la double suppression ISF-bouclier, apparaît déjà comme une fausse bonne idée, en regard des objectifs poursuivis. Elle est séduisante, pour certains, car elle revient à « faire payer les riches » d'une autre manière. Sauf… que ce ne sont pas les mêmes riches et qu'un tel transfert aurait pour principal effet de déplacer les problèmes de surimposition, pas de les régler.

Toucher au taux marginal supérieur de l'impôt sur les revenus, c'est en effet frapper une population bien plus large que celle concernée par le bouclier et par les quatre plus hautes tranches de l'ISF. Le ministère du Budget dénombre 420.000 foyers fiscaux (sur 19,7 millions imposables) acquittant plus de 17.000 euros d'impôt net annuel sur le revenu. Ces 2 % de contribuables paient, à eux seuls, 40 % de ce qu'il rapporte à l'Etat.

Leur infliger une hausse d'impôt reviendrait à déséquilibrer plus encore la charge d'un impôt déjà anormalement concentré, et cela en pénalisant des ménages qui, pour gagner bien leur vie, sont loin d'être tous assujettis aujourd'hui à l'ISF. Au demeurant, ce genre de transfert fiscal massif appelle à se demander si, à tout prendre, il est économiquement plus efficace de surtaxer des hauts revenus plus mobiles, donc plus facilement délocalisables que des gros patrimoines.

Enfin, d'un impôt à l'autre, les ordres de grandeur diffèrent tant qu'ils rendent un transfert peu envisageable : porter le taux marginal supérieur de l'IR de 41 % à 45 % rapporterait moins de 1 milliard d'euros, à peine le tiers de ce qu'il faudrait. En l'état du déficit public, une suppression pure et simple de l'ISF supposerait de trouver d'autres compensations, sous forme, par exemple, d'impôt forfaitaire sur les revenus du capital, comme l'ont fait les Pays-Bas lorsqu'ils ont renoncé à leur ISF voici dix ans. Mais comme tout grand soir fiscal, une telle révolution ferait plus de mécontents que de satisfaits. D'un piège à l'autre, la droite y gagnerait-elle vraiment ?

La retraite pour les nuls

faites le test autour de vous. Posez la question suivante à vos proches et à vos collègues de travail : « La retraite à taux plein, à 65 ans aujourd'hui et 67 ans demain, est au coeur du débat politique. Mais qu'est-ce que cela veut dire précisément ? Quel est le montant exact de la décote par trimestre de cotisation manquant ? » Le plus probable est qu'un silence gêné vous répondra ou que votre interlocuteur fera fausse route en imaginant qu'à ces âges tous les compteurs se remettent à zéro quelle que soit la durée d'assurance. Vous lui expliquerez alors que ces bornes, dont peu de monde connaissait l'existence jusqu'à maintenant, suppriment seulement la décote (1,25 % par trimestre pour les personnes nées après 1952) mais ne permettent naturellement pas de récupérer ses trimestres.

Le problème est que ce qui est pardonnable chez tout un chacun l'est moins chez les responsables publics. Or, posée aux hommes et femmes politiques mais aussi aux syndicats, la question évoquée plus haut n'attire pas nécessairement une réponse exacte à 100 %. Et ce manque d'assurance peut se reproduire sur bien d'autres sujets : comment fonctionne vraiment le modèle allemand invoqué tant par le gouvernement que par ses opposants (pour la grande majorité des salariés, l'âge de départ minimal est de 63 ans et une décote s'applique jusqu'à 65) ? A quel âge pourra partir un policier en service actif au terme de la réforme (52 ans), ? Quel est le niveau de la bonification pour enfants (10 % pour trois enfants et plus) ? Quel est le profil des femmes qui liquident leur pension à 65 ans (elles ont pour la plupart arrêté de travailler depuis plus de vingt ans) ? Etc. Les discours publics et privés laissent parfois - pas toujours heureusement ! -pantois.

La mauvaise foi n'étant pas la seule cause des raccourcis et des simplifications, deux autres éléments sautent aux yeux. La complexité du système français est telle qu'il faut en être un véritable spécialiste pour s'y retrouver. Cela vaut pour les futurs retraités mais aussi pour les acteurs politiques et sociaux. Le second est que nous vivons dans une société de la défiance, où la parole publique et l'expertise sont suspectes, et la parole complexe presque interdite. Ce n'est pas le plus rassurant.