TOUT EST DIT

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dimanche 21 novembre 2010

Mélenchon : «Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas»

Ca sonne à l'oreille comme une chanson de ... Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche (PG), a déclaré dimanche qu'il était «le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas», se campant une fois de plus, devant ses partisans réunis en congrès au parc des expositions du Mans (Sarthe) en aiguillon de la vie politique. 

Ainsi a-t-il souligné que le Front de gauche n'était pas un «supplétif de circonstance» du . Il l'a dit dans un discours d'une heure et demi, clôturant la troisième journée de débat du PG : son parti peut espérer un score «à deux chiffres» à la présidentielle de 2012. Et fort de ce score, il «ne participera à aucune coalition contre nature». D'autant que l'eurodéputé est «capable d'emmener le peuple français mieux que ne le fera jamais le directeur général du FMI», a lancé Jean-Luc Mélenchon dans une nouvelle pique à Dominique Strauss-Kahn.
S'en prenant à la politique de Nicolas Sarkozy et aux soupçons de rétrocommissions dans l'affaire Karachi qui «empuantissent l'atmosphère», il a par ailleurs plaidé pour «le partage» en «prenant tout ce qui dépasse au dessus d'une certaine somme» pour la nationalisation de «l'eau et l'énergie». «Je suis le bruit et la fureur, le tumulte et le fracas», a-t-il lancé.
Puis revenant sur le «populisme» -début novembre, le secrétaire général du PCF Pierre Laurent avait mis en garde Mélenchon contre une campagne aux accents populistes en vue de la présidentielle- qu'il avait assumé il y a quelques semaines, il a assuré «regarder cette injure avec gratitude», clamant: «je ne suis pas avec le peuple, je suis du peuple !».

ENFIN ! UN DIGNE SUCCESSEUR À GEORGES MARCHAIS, LA BÊTISE EN PLUS.

La force des mythes


L'air est connu, la France est un pays de râleurs, de protestataires et de grévistes. Tous les prétextes y sont bons pour brandir le drapeau rouge et battre le pavé. La récente réforme des retraites, dont la loi vient tout juste d'être promulguée, nous en aurait offert un exemple qui se passerait de démonstration. Pendant les quelques mois où le mouvement a battu son plein, voilà le genre de vérités qui nous ont été assénées jusqu'à plus soif. La presse anglo-saxonne s'en est particulièrement délectée. Et certains de conclure de façon péremptoire que la France est un pays ingouvernable. On serait même justifié de se demander si, au fond, ce fameux modèle français — et tant qu'à y être européen — est viable.

Les excentricités du salon du luxe à Vienne




La France championne de l'infidélité ?



Le plateau de Saclay, un défi pour l'avenir

En regroupant de 15 à 20 % de la recherche française, ce site de la région parisienne va-t-il devenir un pôle d'innovation d'envergure mondiale ? L'Elysée a relancé ce projet à 4 milliards d'euros. Et la communauté scientifique semble prête à suivre.

Ce 24 septembre, le plateau de Saclay est en ébullition. Nicolas Sarkozy a décidé de s'inviter une nouvelle fois pour réaffirmer, lors d'une visite éclair, toute l'importance qu'il accorde à la création d'un campus de classe mondiale sur ces vastes terres agricoles situées à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Un projet élevé au rang de "chantier présidentiel" et suivi de près, à l'Elysée, par le secrétaire général, Claude Guéant, et le conseiller scientifique Bernard Belloc. "Ici se joue exactement une partie de l'avenir de la France", conclut solennellement - et à juste titre - Nicolas Sarkozy, après avoir officialisé l'arrivée de nouvelles grandes écoles, toutes plus prestigieuses les unes que les autres : Centrale, ENS Cachan, Mines-Télécoms, AgroParisTech, Ensae... Lesquelles rejoindraient le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), le CNRS, Polytechnique, Supélec, ou encore HEC... Excusez du peu! 
Faut-il enfin y croire? Voilà plus de cinquante ans que l'idée de faire émerger une cité scientifique à Saclay chemine en vain. Au fil des décennies, les velléités des différents gouvernements n'ont abouti qu'à des transferts au coup par coup - et dans la douleur ! - d'établissements certes illustres mais isolés les uns des autres. Si bien que le plateau demeure un étrange no man's land, occupé de-ci, de-là par des "bâtiments bunkers", des lotissements sinistres perdus dans un milieu hostile et repliés sur eux-mêmes. L'inverse des campus à l'anglo-saxonne, où il fait si bon vivre. 

Ni simple campus, ni Silicon Valley
Sur place, toutefois, les signes d'un frémissement apparaissent. Quelques grues ont fait leur apparition et deux nouveaux bâtiments sont presque achevés. C'est que, depuis dix-huit mois, l'Etat a fermement repris la main sur ce dossier. En mars 2009, un périmètre de 7700 hectares, situé à cheval sur les départements de l'Essonne et des Yvelines, a été défini et son aménagement confié à un établissement public.  
Surtout, il y a de l'argent à la clef. Beaucoup d'argent. Près de 3 milliards d'euros au total, entre la manne du plan campus de Valérie Pécresse, le "milliard Saclay" du grand emprunt, que le président de la République a directement fléché sur l'opération, et d'autres fonds qui seront attribués sur appels d'offres. Bref, toutes les bases d'un vrai départ. 
Autre élément favorable: le milieu de la recherche, longtemps connu pour ses cloisonnements, a amorcé sa mue. L'heure est à l'"interdisciplinarité", aux frottements entre disciplines jugées propices à l'innovation. Et les rapprochements s'opèrent. A Saclay, ce mouvement a conduit pas moins de 23 acteurs (2 universités, 10 grandes écoles, 6 organismes de recherche, 1 pôle de compétitivité, etc.) à se réunir au sein d'une Fondation de coopération scientifique. C'est elle qui a permis à ses membres de décrocher la plus grosse dotation du plan campus: 850 millions d'euros ! Et tous promettent de continuer à jouer collectif.

"L'intérêt prodigieux de Saclay, c'est que nous travaillons tous main dans la main", témoigne Paul Vialle, président de la fondation. Poussant plus avant la logique d'intégration, celle-ci prendra bientôt ses décisions à la majorité - et non plus à l'unanimité - avec pondération des voix selon le poids des acteurs. Une avancée majeure. 
Les conditions semblent donc réunies pour créer à Saclay un ensemble inédit en France... à tel point qu'on peine à le nommer ! Il ne s'agit ni d'un simple campus universitaire ni d'une Silicon Valley ; il s'agit plutôt d'un pôle d'excellence scientifique situé à la croisée des mondes de la formation, de la recherche et de l'innovation et ouvert sur son territoire. Une "cluster cité", tente Pierre Veltz, président de l'établissement public d'aménagement. D'ici à 2020, le plateau pourrait ainsi réunir de 15 à 20 % de la recherche française et exceller dans des domaines aussi variés que les sciences dures (physique, chimie, nanotechnologies), l'ingénierie, les technologies de l'information, la santé-biologie ou l'énergie et le climat. Une concentration exceptionnelle... qui effraie. 
Un culte à l'excès de l'excellence?
"Saclay, c'est un trou noir ! s'étrangle Isabelle This-Saint-Jean, vice-présidente (PS) du conseil régional d'Ile-de-France. Tout le monde s'y précipite sans aucune logique scientifique, juste parce qu'il y a de l'argent." L'ancienne présidente du collectif Sauvons la recherche met en cause cette "hyperconcentration", qui déséquilibre le paysage français de la recherche, et lui préfère de loin la "mise en réseau" des équipes. Le discours est semblable du côté de la ville de Paris, dépossédée de plusieurs de ses établissements de renom. 

"Saclay ne doit pas être un bunker qui se suffit à lui-même", avertit Jean-Louis Missika, adjoint (PS) au maire de Paris, chargé de l'innovation et de la recherche. Les dernières annonces présidentielles ont passablement irrité Bertrand Delanoë, qui assure avoir été mis devant le fait accompli. "Si, pour financer leur déménagement, les écoles en venaient à vendre leurs locaux à des promoteurs prompts à les convertir en spas ou en résidences de luxe, on serait alors chez Ubu roi !" alerte Jean-Louis Missika. L'hôtel de ville l'assure: il usera de tous les moyens en sa possession pour maintenir la vocation universitaire des bâtiments. 
Les détracteurs du projet Saclay avancent d'autres arguments. Selon eux, l'opération cultiverait à l'excès le culte de l'excellence au détriment du reste de la science et ferait la part trop belle à la valorisation économique. "L'Etat suit un raisonnement de court terme, martèle Isabelle This-Saint-Jean. Ce serait une grave erreur que d'abandonner une recherche fondamentale désintéressée." A demi-mot, certains pointent du doigt le CEA, qui ferait tout pour attirer à lui les jeunes thésards dont il a besoin, afin de négocier le grand virage des énergies alternatives au nucléaire. "Si nous sommes des forces de proposition, c'est au profit de l'intérêt collectif", se défend Yves Caristan, directeur du site de Saclay du CEA. 
Le point noir des transports
Sur un plan pratique, beaucoup s'interrogent sur les chances de succès de l'opération en l'absence d'un... réseau de transport adéquat. "Certains jours, des chercheurs internationaux de très haut niveau arrivent par le RER B, puis montent sur le plateau, leur valise à la main. Vous trouvez cela normal?" interroge Yves Caristan. Soit tout de même une "balade" de quinze minutes depuis la station Lozère et... 300 marches à gravir ! Pour améliorer la situation, les collectivités locales défendent de longue date le déploiement d'un réseau de bus en site propre (c'est-à-dire avec une voie réservée). Une solution insuffisante pour dissuader le recours massif à la voiture individuelle. 


Tous les espoirs se portent donc sur le fameux métro automatique à grande vitesse imaginé par l'ancien secrétaire d'Etat au Développement de la région capitale Christian Blanc, et repris à son compte par le président de la République. "On ne peut pas faire un campus moderne et être à plus d'une demi-heure du centre de Paris", a rappelé Nicolas Sarkozy lors de sa venue, en confirmant la réalisation de la boucle Versailles-Saclay-Massy du métro, la plus éloignée de la capitale. "C'est celle qui sautera la première !" pronostique Jean-Paul Huchon, président (PS) du conseil régional d'Ile-de-France. En cause : son coût (4,8 milliards d'euros pour 36 kilomètres) et la faiblesse estimée de son trafic (de 6 000 à 8 000 voyageurs seulement sur ce tronçon aux heures de pointe). Et quand bien même sa construction irait à son terme, l'inauguration ne pourrait intervenir avant... 2023. Soit de cinq à huit ans après l'arrivée des nouvelles écoles sur le plateau. 
Malgré tout, la petite équipe missionnée par l'Etat travaille d'arrache-pied. "La réussite du campus passe par son aménagement et le ménagement du territoire", indique joliment Pierre Veltz. Pour éviter les erreurs du passé, il faudra construire dense, mutualiser les espaces, mêler les fonctions universitaire, économique et urbaine, préserver l'environnement... Autrement dit, faire émerger un lieu de vie, avec des laboratoires, des entreprises, des facs, certes, mais aussi avec des bistrots et des terrasses. Un défi jamais relevé à cette échelle. C'est pour cette raison qu'il a été décidé d'y transférer la majeure partie de l'université Paris XI, avec ses 15 000 étudiants et ses 4 000 salariés. Un choix audacieux... et coûteux, puisque l'addition s'élève à plus de 1,1 milliard d'euros. 
On le voit : la feuille de route est redoutable. Mais l'enjeu est de taille. Diverses études ont montré que, mieux organisé et imbriqué avec le secteur privé, le potentiel scientifique et technologique rassemblé aujourd'hui à Saclay pourrait entraîner la création de dix fois plus d'emplois. Déjà, de nouvelles entreprises lorgnent du côté du plateau. EDF va y transférer sa direction de la recherche. Et Total finalise un projet d'implantation dans le domaine des cellules photovoltaïques à couches minces... A la Fondation de coopération scientifique, on espère susciter la création de 100 jeunes pousses par an à partir de 2015. 
Les collectivités locales ont claqué la porte
Reste que, pour boucler l'intégralité de l'opération, il faut réunir la bagatelle de 4,4 milliards d'euros. "Il en manque un, au bas mot", estime Guy Couarraze, président de Paris XI. Dans ces conditions, l'apport des collectivités locales (agglomérations, départements, région...) est indispensable. Or celles-ci, furieuses d'être considérées comme quantité négligeable, viennent de claquer la porte du conseil d'administration de l'Etablissement public. "Définir un schéma d'aménagement sans les élus qui se coltinent les habitants est tout simplement inimaginable, insiste François Lamy, député maire (PS) de Palaiseau (Essonne)." 
Si les collectivités locales finissaient par apporter, comme espéré, environ 400 millions d'euros, l'équilibre financier ne serait d'ailleurs toujours pas atteint. "Beaucoup d'écoles se bousculent au portillon, mais il va falloir faire des choix", reconnaît Pierre Veltz. Son espoir ? Engager suffisamment le mouvement pour créer une impulsion irréversible, afin de hisser le plateau parmi les 10 premiers campus du monde d'ici à 2020. Et imposer "Paris-Saclay" comme une marque mondiale, à l'image du MIT, d'Oxford ou de Stanford. Un sacré défi. 


1946 Le CNRS s'implante à Gif-sur-Yvette (Essonne). 
1952 Le CEA s'installe à Saclay (Essonne). 
1955 Premières implantations de la future université Paris XI en Essonne, à Orsay et à Bures-sur-Yvette. 
1964 HEC déménage à Jouy-en-Josas (Yvelines). 
1975 Supélec s'installe au Moulon (Essonne). 
1976 Polytechnique rejoint Palaiseau (Essonne). 
2010 Le plateau réunit 43 000 personnes, dont 9 200 chercheurs et enseignants, 4 000 doctorants et 17 500 étudiants. Soit 10% de la recherche française. 
2020 Le plateau devrait regrouper 68 000 personnes, dont 12 000 chercheurs et enseignants, et plus de 30 000 étudiants. Soit de 15 à 20% de la recherche française. 




Une défaite de l’État républicain


La délinquance en France est trois à cinq fois plus élevée que ne l’admet le ministère de l’Intérieur. Ce n’est pas un journal d’opposition qui fait le calcul, mais le très officiel Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, après une vaste enquête, au cours de laquelle plus de 16 500 personnes ont été interrogées, en liaison avec l’Insee. Pas moins de 4,7 millions de Français ont été victimes de vols, l’année dernière (7,5 % de la population !), et 1,2 million ont subi des violences physiques ou sexuelles. On est loin des chiffres brandis en début d’année (1,5 million de vols et 200 000 à 250 000 faits de violence) par Brice Hortefeux, qui se vantait à cette occasion d’une « baisse » de la délinquance ! Certes, tout le monde ne porte pas plainte, ce qui témoigne d’ailleurs d’un fatalisme trop souvent justifié. Mais ici, la distorsion dépasse tout ce que l’on imaginait. La validité des chiffres qui servent d’indicateurs au gouvernement est remise en cause dans sa globalité. Le même débat est ouvert depuis des années concernant les chiffres du chômage…


Plus d’un Français sur cinq se sent aujourd’hui en insécurité : la hausse est incessante depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant fait de ce thème l’un de ses grands chevaux de bataille, avec l’augmentation du pouvoir d’achat. Deux combats perdus jours après jour…


La défaite est d’abord celle de l’État républicain, de plus en plus directement visé dans ce qu’il représente : les policiers, les gendarmes les médecins, le personnel hospitalier, les arbitres de football, les pompiers, les inspecteurs du travail subissent une hausse régulière d’insultes, d’agressions, de blessures. Dernier incident en date : un policier a été volontairement percuté et grièvement blessé, vendredi, par un motard.


Avant son élection, Nicolas Sarkozy avait multiplié les défis aux voyous, sur la dalle d’Argenteuil contre la « racaille », à La Courneuve en brandissant le « Karcher ». Ces rodomontades n’ont eu aucun effet dissuasif, bien au contraire. Elles ne pouvaient d’ailleurs pas être mises en œuvre, puisque l’une des premières mesures de l’actuel chef de l’État a consisté à édicter le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, ce qui entraîne une baisse continue des effectifs de police. Malheureusement, il ne suffit pas d’injurier les délinquants pour leur faire peur.

La leçon afghane ?

Certes, il y a le langage diplomatique chargé de circonvolutions. Mais quand les Etats-Unis, leurs 27 alliés de l'Otan, plus les pays fournissant des contingents à l'ISAF au nom de l'ONU, annoncent le « retrait combattant » d'Afghanistan en 2014, c'est bien reconnaître l'échec d'une politique. Une politique militairement mal engagée avec des stratégies fluctuantes depuis 9 ans. Une politique qui semble avoir renforcé le terrorisme islamiste sur fond de corruption généralisée trop longtemps tolérée. Sans oublier l'argent de la drogue avec ces champs de pavot cultivés au vu et au sus des forces internationales.
Que l'Otan, maître d'œuvre en Afghanistan sous égide américaine, ait fait cette déclaration en conclusion du sommet de Lisbonne marque un changement de cap. L'Alliance abandonne progressivement son rôle de « gendarme du monde » autoproclamé. Le rapprochement avec la Russie dans une vraie coopération sur la question du bouclier antimissile signe aussi -côté occidental- la fin de l'esprit de la guerre froide qui a encore longtemps régné dans les états-majors, surtout outre-Atlantique. La ratification par Washington du nouveau traité START sur la réduction des vecteurs nucléaires américains et russes devrait concrétiser cette nouvelle ère. Mais il est vrai que, Barack Obama ayant perdu la majorité au Congrès, cette ratification s'inscrit désormais au chapitre de la politique intérieure américaine...
Malheureusement, le monde n'est pas devenu plus sûr pour autant. Le projet de bouclier antimissile qui n'englobe plus une éventuelle menace russe (selon l'arrière-pensée de George W. Bush) gagne toute légitimité face à des Etats affichant ouvertement leur agressivité : Nicolas Sarkozy a cité l'Iran. Et il y a toujours le terrorisme. L'Afghanistan a appris que les chars, les drones et les bombes ne l'éradiquent pas.
La nouvelle stratégie de l'Alliance atlantique sera plus fine, avec moins de gros bataillons et moins d'états-majors (au grand dam des galonnés et étoilés). Elle veut aussi se concentrer sur les cyberattaques avec, d'une certaine façon, Internet et ses « messages » pour champ de manœuvres. Tout en gardant le « credo » à l'origine de l'Otan : une agression contre un membre de l'Alliance est une agression contre tous.
Il est vrai que la crise économique avec ses coupes drastiques dans les budgets militaires est aussi passée par là...


Soupçons


C’est un soupçon qui s’insinue dans la République, que des Français sont morts à Karachi en mai 2002 par la faute de nos gouvernants, victimes d’une corruption qui aurait mal tourné. Il n’y a rien de pire que le soupçon, quand il transforme sans preuve des politiques en criminels malgré eux, quand il arrache le cœur des enfants des victimes (1), stupéfaits de ne trouver que l’évitement ou la lâcheté.

Vendredi, Michel Mercier, néo-garde des Sceaux et prétexte centriste, a apporté sa contribution à l’écœurement. Il n’interviendrait jamais dans une instruction judiciaire, bredouillait-il sur Europe 1, interrogé sur les demandes de levée du secret-défense réclamées par les familles des victimes. Ce formalisme masquait deux mensonges. 1. Le secret-défense, opposé aux enquêteurs de l’affaire de Karachi, ne dépend que de la volonté politique pour être modulé. 2. Le juge Van Ruymbeke, qui enquête sur d’éventuelles corruptions, y compris politiques, dans le contrat d’armement pakistanais, mène une instruction en sursis, sous la menace d’un appel du parquet. En refusant d’ordonner au parquet, dont il est le supérieur, de laisser Van Ruymbeke opérer, en refusant de souhaiter la levée du secret-défense, le ministre Mercier participe à l’étouffement. Ponce Pilate rembourse sa nomination.

Soyons précis. On ne sait pas si de l’argent opaque, né du contrat pakistanais, a nourri la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, dont Nicolas Sarkozy était le premier lieutenant ; on ne sait pas si Jacques Chirac et Dominique de Villepin, en asséchant après leur victoire les intermédiaires de ce contrat (par vertu ou par revanche politicienne), ont provoqué un attentat. On sait simplement que les enquêtes – sur la corruption possible, et sur ses conséquences – butent sur un Etat cadenassé. Paradoxe : les secrets et les dénégations n’empêchent pas des protagonistes d’accuser et leurs accusations de fuiter. Les piteuses défenses de l’Etat renforcent la vertu de quelques journalistes (2) et la rage des victimes, et forgeront peut-être la conviction populaire: tant de précautions doivent bien cacher quelque chose. Le pire?

C’est une affaire du sarkozysme, peut-être, que le Président a eu tort de qualifier un jour de "fable", même de bonne foi. La fable vit et le soupçon s’impose, faute d’enquête sans entrave. C’est une affaire française, nouvelle illustration de notre débilité démocratique. La France est un pays où l’Etat vend ou fait vendre des armes et s’en est sali les mains ; où le gouvernement contrôle une partie de la justice ; où les politiques entretiennent une conception hautaine d’un Etat hors de tout contrôle ; où un même pouvoir peut être à la source d’un scandale et superviser sa résolution. L’anomalie française n’est pas née de Nicolas Sarkozy. Mais par contraste, on se souvient qu’il portait l’espoir d’une république libérée. Fatalité ? Il ne reste, parfois, que le poison des doutes.
1. On nous appelle “les Karachi”, Magali Drouet et Sandrine Leclerc, Fleuve noir.
2. Le Contrat, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, Stock.

Quel est le propre de l'homme ?




<div class="alt"><a target="_blank" href="http://www.universcience.tv/media/1933/le-propre-de-l-homme.html" title="Le propre de l'homme">Le propre de l'homme <img src="http://universcience.brainsonic.com/csi-tv/20101013-105121/thumbnail_4_stretch.jpg" alt="Le propre de l'homme" border=0 /></a> <p>Pour Rabelais, le propre de l'homme c'est le rire ! Et pour le paléoanthropologue Pascal Picq, serait-ce l'amour, la guerre, l'outil, le langage, la morale ou la bipédie ? Petit cours d'éthologie au tableau blanc pour relativiser notre place dans l'évolution.</p><p>&#160;</p><p>Précédents épisodes de la série <em>Pascal Picq au tableau ! </em>dans MENU / Vidéos de la série.</p><p>&#160;</p><p>Réalisation : Roland Cros</p><p>&#160;</p><p>Production : Universcience 2010</p></div>

La France taxe-t-elle vraiment trop le travail?

Le poids des cotisations sociales supportées par les entreprises françaises est régulièrement pointé du doigt par le patronat comme facteur de moindre compétitivité vis-à-vis de nos principaux partenaires commerciaux. De fait, la France est le pays développé qui taxe le plus le travail, selon une étude réalisée par PwC en partenariat avec la Banque mondiale et la SFI. Mais l'attractivité fiscale d'un pays ne se résume pas seulement au taux global d'imposition.

 En France, le travail est taxé à 51,7%
C'est le taux d'imposition du travail (cotisations sociales supportées par les employeurs) le plus élevé de l'ensemble du classement réalisé par PwC en partenariat avec la Banque mondiale et la SFI, qui porte sur 183 pays. Grâce à un faible taux d'impôt sur les bénéfices (8,2%) et autres impôts (5,9%), la France n'est cependant pas dernière mais 163e sur le critère du taux d'imposition, avec 65,8%. Celui-ci ne résume cependant pas à lui seul l'attractivité fiscale d'un pays. Peu d'impôts à payer et temps passé en obligations déclaratives réduit : la France se classe respectivement 9e et 36e sur ces deux critères. Au final, la France a gagné quatre places par rapport à l'année passée et pointe à la 55e place du classement "Paying taxes 2011".