TOUT EST DIT

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mardi 1 mars 2011

Elle explore le plaisir féminin

Échographies du clitoris, cartographie du point G.,... Odile Buisson, gynécologue, veut dévoiler les mécanismes de l'orgasme. Et plaide pour une véritable médecine sexuelle féminine. 

On ne naît pas femme libérée, on le devient. Ou comment la quinquagénaire décomplexée qui dévoile les mystères de la sexualité féminine en appelant une "chatte" une "chatte" venge l’ex-gamine mal dans sa peau. "Dans mon milieu populaire, les filles valaient moins que les garçons. Ce n’est pas idéal pour l’estime de soi mais ça incite à se battre. En médecine, j’ai choisi la gynécologie parce que je n’étais pas à l’aise avec la féminité, la séduction. J’ai voulu aller voir ce qui me terrorisait."
Médecin depuis trente ans, Odile Buisson a réalisé en 2009 les premières échographies du clitoris et montré que le "bouton est en fait un vaste organe constitué d’une double arche, dont le sommet enserre le vagin". L’année suivante, nouvelle prouesse publiée dans la revue de référence de sa discipline : elle échographie un couple (des copains soignants) en plein coït. "La pénétration et les mouvements de va-et-vient stimulent le clitoris interne. Quand les femmes assurent avoir des sensations particulières sur la partie antérieure du vagin, qu’on appelle le point G, elles ne rêvent pas."

"La recherche est tellement androcentrée"

Ces jours-ci, Odile Buisson délaisse ses explorations anatomiques pour faire la promotion de son essai, Qui a peur du point G? Le plaisir féminin, une angoisse masculine (Ed. Jean-Claude Gawsewitch). Au cœur de cet ouvrage, un triste constat: "Contrairement aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne ou à l’Italie, la médecine sexuelle féminine n’existe pas en France." L’auteure, elle-même, s’est ouverte à la discipline sur le tard et par hasard. Dans son cabinet, en région parisienne, la gynécologue obstétricienne pratique des examens de routine: échographies fœtales et gynécologiques. "Je voyais des utérus, des ovaires, mais je ne faisais pas attention aux clitoris. J’étais victime d’une sorte d’excision psychique." Jusqu’au jour où l’urologue Pierre Foldès, pionnier de la chirurgie réparatrice des mutilations sexuelles, coauteur des publications scientifiques d’Odile Buisson et de son livre, lui suggère de se lancer dans l’échographie du clitoris. Un tandem professionnel d’explorateurs en marge de l’institution est né. "On passe pour des révolutionnaires alors qu’on essaie de comprendre le plaisir féminin! La recherche est tellement androcentrée…", se désole Pierre Foldès.
La récente controverse sur l’existence du point G, niée par une étude britannique, a déclenché l’écriture du bouquin. « J’ai réalisé qu’il était urgent de batailler pour que le plaisir féminin soit considéré comme un objet de recherche." Odile Buisson relate les moqueries de certains de ses collègues qui doutent de l’utilité de son travail. "Arrête avec ton point gogo, s’est-elle entendu dire récemment. Je peux te donner un orgasme en mettant ma langue dans ton oreille!" L’orgasme féminin, ultime tabou? "La sexualité est lestée de tous les préjugés et ce n’est pas un champ médical très exploré. Mais on connaît mieux les mécanismes de l’érection que celui de la jouissance féminine parce qu’on s’y intéresse plus", confirme Emmanuele Jannini, chercheur italien renommé. L’urologue lillois Jacques Buvat, président de la Société francophone de médecine sexuelle, rappelle que la discipline a longtemps été considérée comme "une médecine de rigolos": "L’arrivée du Viagra a stimulé la recherche. Le retard féminin s’explique aussi par le fait que les problèmes d’érection sont liés à la fonction de reproduction alors que les dysfonctions féminines ne l’affectent pas."

"Un enjeu de santé publique"

Tout au long du livre, Odile Buisson plaide pour que la sexualité humaine soit envisagée dans sa globalité, au sein d’unités hospitalières et de recherche mixtes: "Il faut que les médecins (gynécos, urologues, neurologues, psychiatres) et les sexologues (plus souvent psychologues que médecins) travaillent main dans la main." D’abord sceptique sur l’existence du point G, le professeur de gynécologie Israël Nisand confesse aujourd’hui son ignorance de l’anatomie et du plaisir féminins, ce "continent noir de la médecine". Le praticien féministe, qui a œuvré pour la reconnaissance du déni de grossesse et fait de l’éducation sexuelle auprès des lycéens, voit dans le développement de la médecine sexuelle féminine "un enjeu de santé publique": "En étudiant la fonction du clitoris pendant l’orgasme, on pourrait mieux comprendre la dysfonction orgastique qui ruine la vie de nombreux couples et de nombreuses femmes."
Des femmes déprimées quand leur libido flanche à l’âge de la ménopause, Odile Buisson en croise chaque semaine en consultation. Elle leur donne quelques conseils de médecin féministe pour booster leur ego en rêvant du jour où une petite pilule rose les aidera à traverser un cap parfois difficile. "Le Viagra féminin, ce n’est pas forcément le Graal. Mais il n’y a pas de raison a priori d’en priver les femmes."

1 commentaires:

Anonyme a dit…

Les gens qui ont inventé et a révélé le point G ont peur, parce que le point G n'existe pas: il s'agit d'une fraude scientifique?
Le point G est une hypothèse et il n’y a pas d’évidence anatomique de l’orgasme vaginal, qui a été inventé par Freud en 1905 sans aucune base scientifique. Grafenberg, en 1950, n’a pas découvert de G-spot et il n’a pas parlé d’orgasme des glandes intra urétrales, en plus il n’y a pas d’image échographique ou d’image anatomique du point G (et la prostate féminine n’a pas une structure anatomique qui peut être responsable d’un orgasme). La zone hypothétiquement appelée point G ne devrait pas être appelée avec le nom de Grafenberg. L’anatomie vulvaire et des organes érectiles (trigger de l’orgasme) est décrite dans les texts d’anatomie. La vulve est l’ensemble des grandes lèvres et du vestibule, avec son appareil érectile: clitoris (gland; corps; racines: les racines sont la partie cachée du clitoris), bulbes vestibulaires et corps spongiosum, petites lèvres; ces structures sont localisées au dessous du diaphragme urogénitale, en face de la symphyse pubienne et dans la région antérieure périnéale [1].
Dr Odile Buisson présente des hypothèses pour expliquer d’autres hypothèses, ses conclusions qui n’ont pas de base scientifique, le clitoris n'est pas le point G et il n’écrit pas combien de femmes seraient celles avec le point G. Les racines du clitoris sont attachées aux branches ischiopubiennes et sont couvertes par les muscles ischiocarverneux, pour cela ils ne peuvent pas être en contact avec la parois antérieure vaginale: le vagin n’a pas de relation anatomique avec le clitoris. L’urètre périnéale féminine, située devant la paroi vaginale antérieure, est d’environ un centimètre de longueur et la zone du point G est dans la paroi pelvienne de l’urètre (avec une échographie il n’est pas possible de visualiser les glandes qui forment la prostate féminine), le pénis masculin ne peut être en contact avec le plexus veineux de Kobelt ou avec les racines du clitoris (qui n’ont pas de récepteurs sensitifs ni de sensibilité érogène) pendant le rapport sexuelles [2,3].
En conclusion, le point G n’existe pas: orgasme Clitoridien/vaginal/utérin, le point G/A/C/U sont des termes qui ne devraient pas être utilisés par les sexologues, les femmes et les média. Les femmes ont droit au plaisir sexuel: l’orgasme féminin est possible avec une stimulation efficace chez toutes les femmes en bon état de santé. Pour les femmes la stimulation clitoridienne est importante pour atteindre l’orgasme [1,3]: le clitoris existe chez toutes les femmes (i.e. 100%!), donc pourquoi ne pas le stimuler simplement pendant le rapport sexuel avec pénétration pénienne, même avec le doigt?
Gynécologues et les sexologues doivent diffuser des informations scientifiques pour les femmes, pas que d’hypothèses.
RÉFÉRENCES
[1] Puppo V. Embryology and anatomy of the vulva: the female orgasm and women's sexual health. Eur J Obstet Gynecol 2011; 154: 3-8.
[2] Buisson O. Le point G ou l’absence de médecine sexuelle feminine. Gynecol Obstet Fertil 2010;38,781-84.
[3] Puppo V. Le point G n’existe pas. Réponse de V. Puppo à l’article “O. Buisson. Le point G ou l’absence de médecine sexuelle féminine. Gynecol Obstet Fertil 2010;38,781-84”. Gynecol Obstet Fertil, acceptée le 22/02/2011: article sous presse.
Dr. Vincenzo Puppo
Médecin - Sexologue
Centro Italiano di Sessuologia (CIS), Italie.