TOUT EST DIT

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mercredi 29 février 2012

IL S'EN FOUT !!!

Des images du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble (69 ans) jouant au sudoku sur son iPad en plein débat du Bundestag a fait couler beaucoup d'encre en Allemagne mercredi. Le doyen du gouvernement allemand, membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et personnage-clé des débats autour du sauvetage de la zone euro en crise, a été filmé par la chaîne de télévision publique ARD lundi en flagrant délit de gymnastique intellectuelle à la japonaise. Et ce pendant le débat à la chambre basse du Parlement sur le deuxième paquet d'aide à la Grèce.

L'image, diffusée lors du journal de 20 heures de la chaîne, figurait dans l'édition de «Bild» de mercredi. Le quotidien à grand tirage s'est étonné du fait que le ministre des Finances ait choisi d'aligner ses rangées de chiffres pile au moment où les députés débattaient sur une enveloppe supplémentaire de 130 milliards d'euros pour la Grèce.
Des images interdites de diffusion
Wolfgang Schäuble n'a toutefois donc rien fait de répréhensible, souligne le journal le plus lu d'Allemagne qui a dressé la liste de ce qui est autorisé ou interdit en séance plénière. Le «Bild» indique ainsi qu'il est interdit de boire, manger, fumer, utiliser un ordinateur portable, porter des shorts ou encore de se faire accompagner d’un animal hormis un chien d'aveugle. En revanche, il est permis d'envoyer des sms, d'utiliser une tablette comme un iPad ou encore d’allaiter son enfant avec toutefois l'autorisation préalable du président de séance.

Suite à la diffusion de ces images, la chaîne ARD a présenté des excuses, a déclaré mercredi lors d'un point de presse le porte-parole de Wolfgang Schäuble, Martin Kotthaus. Elle contrevenait en effet aux règles du Bundestag. Celles-ci interdisent de filmer ou photographier les documents consultés par les députés en séance. En outre, le ministre «s'est consacré à la Grèce, la crise et la zone euro sans interruption depuis lundi dernier», a-t-il fait valoir son porte-parole, cité par le site web du journal français «Le Point». «Je trouve normal qu’un ministre des Finances apprenne à compter et j’espère des résultats», a ironisé, pour sa part, Gregor Gysi, chef du groupe parlementaire de Die Linke.

La bataille des trois écoles

L'école est plus que jamais au coeur de la présidentielle. Après François Hollande qui se fait fort de recréer 60 000 postes d'enseignants, Nicolas Sarkozy a répliqué, hier soir, par une salve de projets qui libéreraient, selon lui, le système éducatif de ses carcans. Libéralisation du statut des enseignants. Autonomie des établissements. Libre choix de recrutement. Réaménagement du sacro-saint baccalauréat...

L'école est une grande cause, mais un sujet casse-pipe, car en chaque Français sommeille un pseudo-ministre de l'Éducation, nostalgique de l'école de jadis. En claironnant de grandes réformes scolaires, les candidats prennent le risque de froisser leur électorat, de chagriner les enseignants ou d'exaspérer les parents d'élèves. Mais la crise scolaire est suffisamment profonde ¯ avec notamment ces 150 000 élèves qui sortent chaque année du système éducatif sans diplôme ni qualification ¯ pour que cette fois, la présidentielle ne puisse faire l'impasse. L'école de la République flageole. Trop d'échecs. Trop d'enseignants déprimés. Trop de parents d'élèves inquiets. Trop de mauvais classements internationaux. Dans le brouhaha des tréteaux, on guette les signes d'espoir. Et trois programmes émergent.

L'école selon MM. Hollande, Sarkozy et Bayrou. Le premier parle de refondation, le second veut approfondir la transformation en cours, le troisième, fort de son expérience d'ex-ministre de l'Éducation, demande surtout que l'on « lâche les basques aux enseignants ». 

Depuis la défaite de Lionel Jospin, en 2002, le Parti socialiste cherche à renouer avec le monde enseignant, jadis bastion de la gauche, brutalement échaudé par les éruptives déclamations de Claude Allègre. François Bayrou, professeur de français, se sait homme du sérail et joue de sa proximité avec le monde enseignant. Quant à Nicolas Sarkozy, campé en guerrier terrassant la crise, il ne démord pas de son idée centrale : moins d'enseignants, mais mieux payés et la déprime des profs sera surmontée. Avec un traitement différencié : en primaire, on ne supprimerait plus de postes. 

On n'échappe pas à une querelle de chiffres. Hollande promet des postes. Bayrou réclame le statu quo. Sarkozy poursuit, en l'atténuant, la cure d'austérité. Dans le détail, ces trois politiques sont largement incompatibles. Trois projets opposés sur des points cruciaux : le nombre d'enseignants, leur formation, leur statut, la fin ou non du collège unique, le retour ou non de l'orientation dès l'âge de 14 ans... 

À gauche, on refuse les économies sur l'école. Ce ne sont pas des dépenses, ce sont des investissements sur l'avenir, assure Hollande. Au centre, Bayrou mise avant tout sur la qualité des enseignants et le retour aux fondamentaux. 50 % du temps scolaire devraient être consacrés à la maîtrise du français en primaire. À droite, tout passe par un changement de statut des enseignants. Sarkozy souhaite faire maigrir les effectifs, mais grossir le temps de présence des professeurs dans les établissements. Travailler plus pour gagner plus. 500 € nets par mois, promet-il. 

 La gauche redore le budget de l'éducation. Le centre mise sur la confiance retrouvée des enseignants. La droite s'avance en gestionnaire libérale, faisant sauter les verrous du système. Enjeux fondamentaux. C'est la modernisation et le redressement de l'école de la République qui se jouent. Ni plus ni moins : l'avenir du pays et de sa jeunesse.

L'oracle de Naxos résiste toujours

Manolis Glezos est un héros grec. Pas un demi-dieu de l'Antiquité, mais un homme bien vivant et toujours actif de 89 ans – "dont 75 ans de luttes" –, qui résume à lui seul l'histoire blessée de la Grèce moderne, de l'Occupation allemande au combat actuel contre la "troïka". 
L'homme qui a décroché le drapeau nazi de l'Acropole en 1941 conserve en lui une part de jeunesse. Il n'est pas très grand. Sa chevelure blanche ondule légèrement sur la nuque. Il a l'oeil vif et souriant. Sa moustache et ses sourcils fournis lui donnent une "gueule" qui porte sur elle toute la fierté de la Grèce. Et son humanité passe dans son regard clair.
Dimanche 12 février, alors qu'il était assis avec le musicien Mikis Theodorakis – son cadet en résistance, âgé de seulement 86 ans –, devant les députés qui s'apprêtaient à voter de nouvelles mesures d'austérité, un ministre s'est senti obligé de rendre hommage aux deux "monuments" présents ce soir-là. Les deux monuments en question venaient d'être atteints par des gaz lacrymogènes, alors qu'ils demandaient à entrer dans le Parlement, comme ils en ont le droit en tant qu'anciens députés, suivis par un cortège de 100 000 manifestants.
Quelqu'un a demandé au chef des MAT (les CRS grecs) pourquoi il ne voulait pas les laisser passer. "On ne va pas laisser les communistes occuper le Parlement", a répondu l'officier. Manolis Glezos éclate de rire en racontant cette histoire, qui lui rappelle bien des souvenirs. Les deux compères ont fini par entrer au Parlement, après avoir fait étape à l'infirmerie pour se faire soigner.
un documentaire sur la crise
"JE NE SUIS PAS UNE STATUE"
Dix jours après, Manolis Glezos prend encore des médicaments pour mieux respirer. Sur une feuille, il dessine. L'endroit où il se trouvait, place Syntagma, ce jour-là ; puis la tribune où ils siégeaient avec Theodorakis, à la gauche du président, face aux députés. "Nous n'avions pas le droit de parler, mais j'étais là pour transmettre l'angoisse du peuple grec devant les mesures qu'ils allaient voter." C'était un silence parlant.
"Toute ma vie, on a essayé de faire de moi un monument pour me faire taire. Je ne suis pas une statue ou un tableau, et je parle tout le temps." Il est infatigable pour parler du passé, du présent, du futur et de l'avènement d'une démocratie directe qu'il appelle de ses voeux.
Il n'y a qu'un sujet dont il ne souhaite plus parler : la nuit du 30 au 31 mai 1941, quand, à 18 ans, il est allé avec son ami Apostolos Santas, mort en avril 2011, décrocher le drapeau nazi qui flottait sur l'Acropole. Il bascule lentement la tête en arrière en disant dans un sourire "Oxi" ("non"). "Je ne suis pas une star. Ce serait ridicule de raconter toujours la même chose." Mais il veut bien expliquer leur geste : "Nous avions entendu qu'Hitler avait déclaré la victoire allemande en Europe. On s'est dit que, si tel était son avis, on allait lui montrer que la lutte ne faisait que commencer. Et nous sommes partis le lendemain vers l'Acropole."
Dans le documentaire sur Les Combattants de l'ombre, Apostolos Santas raconte cette nuit de clair de lune, les gardes allemands qui font la fête avec des femmes pour célébrer la victoire du Reich, leurs vaines tentatives pour grimper au mât glissant et le drapeau gigantesque qui finit par tomber. Ils découpent chacun un morceau de la croix gammée, avant de jeter le reste de l'enseigne dans un puits où, selon la mythologie, se tenait le serpent qui gardait l'Acropole. "A ce moment-là, explique Apostolos Santas, nous avons ressenti, Manolis et moi, une grande fierté. Nous étions au sommet de l'Acropole. Nous ne portions aucune arme et nous avions réussi à enlever le symbole des forces qui avaient traumatisé l'Europe entière."
Manolis Glezos n'a guère le temps de savourer son acte d'héroïsme, ni pendant ni après la guerre. Il a été condamné à mort trois fois, a subi neuf tentatives d'assassinat et passé seize ans de sa vie en prison. Victime des Allemands pendant la guerre ou, la plupart du temps, de son propre pays, qu'il a pourtant contribué à libérer.
Après la défaite allemande, les troupes anglaises combattent les résistants communistes qui ont gagné la guerre et refusent de désarmer. Le pays entre dans quatre années de guerre civile. En 1949, Manolis Glezos est condamné à mort pour trahison. Un dirigeant grec l'annonce à une presse incrédule, en leur affirmant que sa tombe est déjà prête. "Ma mère est allée voir mon tombeau", explique-t-il. Il se souvient de la radio grecque diffusant, le dimanche après sa condamnation, un extrait de la radio française, qui annonce : "Le général de Gaulle s'adresse au gouvernement grec pour qu'il n'exécute pas le premier résistant d'Europe.""Dans mon village, sur l'île de Naxos, tout le monde a signé en ma faveur, même le pope. Et ils n'étaient pas tous communistes", souligne-t-il.
"Le général de Gaulle a exagéré. Je ne suis pas le premier résistant d'Europe." Il se lève et sort de sa bibliothèque les deux gros volumes de son histoire de la Résistance ainsi que la photo en noir et blanc d'un jeune homme. "C'est lui le premier partisan." Il s'agit de Mathios Potagas. "Le 2 mai 1941, il s'est mis sur la route devant une colonne allemande pour leur demander d'arrêter et leur dire : "Vous n'avez pas gagné. Vous n'allez pas nous rendre esclaves, car notre âme est toujours libre. Je suis seul, mais derrière moi il y a tout le peuple grec." Il avait 17 ans. Ils lui ont écrasé la tête à coups de pierres."
Dans sa maison du quartier résidentiel de Neo Psychiko, dans le nord d'Athènes, le portrait d'un jeune homme fait face à l'entrée. C'est celui de son frère, exécuté à 19 ans par les Allemands. "C'est un peintre allemand qui l'a fait à partir d'une photo. Il est venu me l'apporter à Naxos." S'il milite, depuis bien avant la crise actuelle, pour que l'Allemagne rembourse l'argent que la Grèce a dû lui prêter pendant la guerre, Manolis Glezos s'est toujours défendu de tout antigermanisme, pourtant à la mode en ce moment dans le pays.
ATHÈNES, CAPITALE DE LA RÉSISTANCE
L'homme, emprisonné à nouveau sous le régime des colonels (1967-1974), a déserté les rangs communistes depuis longtemps. Il est aujourd'hui membre du Syriza, le parti d'extrême gauche parlementaire, farouchement opposé aux mémorandums signés avec la "troïka" û les représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) –, qui ont prêté 110 milliards d'euros à la Grèce en mai 2010 en échange de sévères mesures d'austérité ; et s'apprêtent à remettre au pot 130 milliards d'euros, contre des mesures encore plus sévères de baisse des salaires et des pensions de retraite.
"L'ancien président de l'Institut français d'Athènes, Roger Milliex, avait dit pendant la guerre que la capitale de la Résistance de l'Europe était Athènes. Cela redevient vrai aujourd'hui. Face à ces mouvements populaires, le gouvernement est en panique." Le 12 février, la police a lancé très tôt des gaz lacrymogènes pour disperser la manifestation et des bandes organisées en ont profité pour incendier plusieurs immeubles. Les pompiers ont eu du mal à intervenir dans la foule. Les gens qui fuyaient les gaz se heurtaient à ceux, nombreux, qui continuaient d'arriver, donnant une impression de chaos.
"Le gouvernement n'a pas de légitimité populaire, alors que les mesures qui sont prises vont engager la Grèce pendant plus de vingt ans", explique Manolis Glezos. En novembre 2011, Lucas Papadémos a remplacé le premier ministre Georges Papandréou, contraint à la démission. L'ancien vice-président de la BCE a alors formé un gouvernement de coalition avec les socialistes du Pasok, la droite de la Nouvelle Démocratie et l'extrême droite du Laos, qui a quitté le navire début février.
"Les gens sont en colère. La marche incontrôlable de cette colère peut nous entraîner dans un très grave conflit, explique le vieux militant. Il y a des suicides, des gens qui sont arrêtés parce qu'ils volent pour nourrir leurs enfants. Mais que va-t-il se passer quand les ressources des gens seront complètement épuisées ? Si cette colère ne se transforme pas en un acte politique, nous serons perdus. C'est pour ça qu'il faut des élections le plus vite possible. L'écart entre le peuple et le gouvernement devient trop important. Les députés n'osent pas apparaître en public."
Du haut de ses 70 années de résistance, il affirme : "On vit un changement historique, qui va bouleverser le monde entier, dans dix ans, vingt ans, quarante ans. Si nous ratons cette occasion, nous allons reculer." A près de 90 ans, il aspire à une démocratie directe, qu'il a mise en pratique pendant douze ans dans son village d'Apiranthos, sur l'île de Naxos. "C'est le seul village de 1 000 habitants avec cinq musées et trois bibliothèques. Aujourd'hui, les Constitutions des principaux pays sont les mêmes : le pouvoir vient du peuple et il est exercé en son nom. Il faut que le pouvoir soit exercé par le peuple. Il y a de plus en plus d'assemblées populaires, dans des entreprises ou des municipalités... Il suffit de quelques ministères - pour les affaires étrangères ou la défense - et, après de vrais débats, on organise des référendums pour les grandes décisions."
C'est le retour à la cité antique, la polis. Outre ses activités politiques, Manolis Glezos a publié des livres sur la géologie et la linguistique, deux sciences apprises, pour l'essentiel, à l'université de la prison. Le linguiste poursuit sa leçon. "Polis a donné polites, le citoyen, et politismos, la culture. Nous avons donné tout ça à l'Occident et qu'avons-nous reçu en échange ?" Il laisse passer un moment de silence et répond en français : "La police !" A ce moment-là, ses yeux pleins de malice ont l'air d'éclater de rire.

Silences trompeurs


Les fracassantes annonces électorales assourdissent de cruelles réalités qui, apparemment, n’inquiètent pas les candidats à la présidentielle. Pourtant, les évidences ne manquent pas. D’abord, avec l’euro, la France ne contrôle plus sa politique monétaire et – théoriquement – pas davantage sa politique budgétaire. Ensuite, il y a cette vérité rappelée par le G20 à Mexico et rabâchée par le FMI : la crise de l’euro est loin d’être terminée.

Une crise qui prend même une nouvelle ampleur politique. Ainsi, lundi, le Bundestag a ratifié grâce à l’opposition sociale-démocrate et « verte » le nouveau plan d’aide à la Grèce. Mais la chancelière n’a pas fait le plein des voix dans sa propre majorité. Ce n’est pas le seul revers subi par Angela Merkel : dans son arrêt d’hier, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe soumet désormais toute décision concernant la monnaie unique, donc tous les engagements de l’Allemagne, à l’assentiment préalable des députés. En d’autres termes, l’exécutif berlinois est paralysé. Or, depuis des mois, Paris navigue dans le sillage de Berlin, en fidèle second prônant la « Merkozy » à toute l’Europe...

Mais voilà : des élus allemands, le ministre Schäuble en tête, ont livré leurs calculs. Ainsi, les 110 milliards du premier plan d’aide à la Grèce, les 135 du deuxième (s’ils sont versés) et les quelque 100 milliards de désendettement « volontaire-forcé » ne suffiront pas ! Manqueraient encore 70 milliards dans un énième plan. Parce que la Grèce est à bout. En théorie, une faillite déclarée du pays – comme en Argentine en 2001 - serait la meilleure des solutions, pour les Grecs aussi.

Malheureusement interviendrait l’« effet domino » dans la zone euro, faute d’une vraie politique monétaire, sous une vraie Banque centrale, dont les partis conservateurs allemands au pouvoir ne veulent pas. Ce jusqu’au-boutisme idéologique est sidérant. Face aux surendettés grecs (et les autres...), les garants se comportent en « sur-créanciers », exigeant toujours plus de garanties pour ne pas avoir à réaliser leurs cautions (plusieurs dizaines de milliards pour les Allemands et les Français). 

Mais pour combien de temps encore ? La facture viendra pour toute la zone euro. La campagne électorale française ne dit pas comment la payer. Quant au sommet européen de demain, inutile d’en attendre une réponse...

Il rêve la Grèce en future «Apple de la Méditerranée»

Les plus grands groupes grecs ont financé une campagne pour changer l'image de leur pays auprès des Européens. L'auteur de la campagne n'est autre que celui qui a renouvelé l'image de la firme à la pomme en 1997.

La Grèce veut regagner la bataille des coeurs. Une vingtaine de grands groupes grecs, comme la compagnie aérienne Aegean ou Coca-Cola Hellenic, ont financé de pleines pages de publicité ces derniers jours dans les journaux français, allemands, néerlandais, belges et britanniques. Le message: «donnez sa chance à la Grèce».
Le public visé est large: la campagne a non seulement été diffusée dans les élitistes quotidiens financiers Wall Street Journal Europe et Financial Times, mais aussi dans le très populaire journal allemand Bild. Bien que financée sur des fonds privés, la publicité a également été relayée par les ambassades grecques en Europe. Au-delà du slogan, elle insiste sur les réalisations de la Grèce. Ainsi, le pays «a adopté le plan d'austérité le plus sévère de l'ère moderne», affirme-t-elle en se basant sur un constat de l'OCDE.
Cette campagne vient combler un vide: depuis le début de la crise, la Grèce n'a pas su mettre en avant ses avancées, estime un bon connaisseur du pays. Après avoir obtenu auprès des dirigeants de la zone euro et du FMI un second plan d'aide international de 130 milliards d'euros en échange d'un nouveau plan de rigueur, le pays l'assure: «la Grèce change».
Redresser l'image du pays s'annonce ardu. Particulièrement en Allemagne: selon un sondage publié dimanche, 53% des personnes interrogées outre-Rhin s'opposaient au versement d'une nouvelle aide à la Grèce, voté lundi par le Bundestag.
Le défi ne fait pas peur à Peter Economides. Ce Grec de la diaspora né en Afrique du sud a été mandaté pour réaliser la campagne. Il a l'expérience des clients désespérés: le publicitaire a participé au renouvellement de l'image d'Apple en 1997 en créant avec Steve Jobs le slogan «Think different» («Pensez autrement»). Il compare la Grèce actuelle à la firme à la pomme à la fin des années 90: «Il n'y avait aucun nouveau produit, les ordinateurs étaient lents, la société perdait des parts de marché. Nous nous sommes concentrés sur l'ADN d'Apple en montrant à quoi pourrait ressembler un futur fondé sur l'innovation.»
Le publicitaire veut faire de la Grèce «l'Apple de la Méditerranée». Il a lancé en 2011 une campagne personnelle en ce sens sur les réseaux sociaux, «rebranding Greece» (changer la marque Grèce). Ambitieux programme: s'adresser aux Grecs les plus talentueux et innovants pour leur redonner l'espoir et l'envie de rester dans leur pays. Malgré les faits. Le taux de chômage a atteint 20,9% en novembre, la récession pourrait se prolonger encore deux ans et la dette publique culminera toujours aux alentours de 120% du produit intérieur brut en 2020. «Il ne s'agit pas d'opposer les faits et l'espoir», répond Peter Economides. Et de paraphraser Obama: «Yes we can! Oui, nous pouvons sortir de la crise par le haut.»

Une France hollandaise

Qui, en Europe, connaît François Hollande ? Le candidat socialiste à l’élection présidentielle française est beaucoup plus discret que le président sortant Nicolas Sarkozy, et il a pour l’instant peu fréquenté la scène internationale. Mais le 6 mai au soir, il pourrait être le chef du deuxième Etat le plus influent de l’UE, le nouvel alter-ego de la chancelière Angela Merkel. Pour l’instant, les sondages le donnent gagnant avec jusqu’à 20 points d’écart sur Sarkozy. Il faut donc commencer à s’intéresser à ce personnage longtemps considéré comme un politicien d’appareil un peu falot.
En décembre, François Hollande a fait son entrée dans le débat européen en annonçant que s’il était élu, il renégocierait le pacte budgétaire signé par vingt-cinq Etats membres. "S’il n’y a pas une dimension de croissance, de soutien de l’activité et de l’emploi et une coordination efficace des politiques économiques, nous ne pouvons pas en l’état reprendre ce traité", a-til réaffirmé début février. Le moins que l’on puisse dire est que cette position, qualifiée d’irresponsable par Nicolas Sarkozy et ses ministres, a été accueillie à Berlin avec un certain scepticisme.
Venu à la politique avec François Mitterrand, longtemps proche de Jacques Delors, François Hollande est ce que les Français appellent “un Européen de raison” plutôt que de coeur. Un trait générationnel qu’il partage avec de nombreux dirigeants actuels. Mais il est le candidat d’un parti qui s’est profondément divisé lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, ce qui le pousse peut-être à une plus grande prudence sur les dossiers européens.
En témoigne le vote qui a eu lieu le 21 février à l’Assemblée nationale. Les députés français ont ratifié le Mécanisme européen de stabilité, la caisse de 500 milliards d’euros destinée à aider les Etats en difficulté. Pris entre sa promesse de renégocier le pacte budgétaire et la nécessité de ne pas bloquer une mesure essentielle pour garantir la stabilité de la zone euro, Hollande a prôné l’abstention des députés du Parti socialiste. Ce qui n’a pas empêché 20 élus de voter contre, démontrant ainsi que s’il accédait au pouvoir, le président Hollande pourrait être contesté par son camp politique lorsqu’il s’agit d’Europe.
Est-ce à dire qu’il serait impuissant ? Même s’il doit encore préciser sa vision européenne et lever les ambiguités de son parti, Hollande ne serait pas isolé. Certes l’Allemagne d’Angela Merkel, appuyée par des pays comme la Finlande et les Pays-Bas et par le Commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, maintient sa ligne de discipline budgétaire et de réduction des déficits. Mais comme l’a démontré la lettre signée cette semaine par 12 chefs de gouvernements, dont le Britannique David Cameron et l’Espagnol Mariano Rajoy, que l’on ne peut pas qualifier de dépensiers, l’idée d’une politique de croissance fait son chemin en Europe.
S’il est élu, François Hollande ne pourra certainement pas renégocier le pacte budgétaire, qui a pour l’instant apaisé la crise. Mais il sera une voix de plus pour infléchir la politique de rigueur actuelle. Dans la discrète compétition qui se joue entre la France et l’Italie de Mario Monti pour être le partenaire-contrepoids de l’Allemagne, ce que dira Hollande d’ici le 6 mai aura son importance. C’est pour cela que tous les Européens doivent être attentifs. Et c’est pour cela qu’il doit parler clairement.

Hollande va-t-il tuer l'assurance-vie?

En cas de victoire de François Hollande, l'assurance-vie perdrait la majeure partie de son attrait fiscal: les intérêts seraient soumis au barème de l'impôt sur le revenu, a déclaré le candidat socialiste. "Il n'y aura plus d'abattement", précise Michel Sapin, en charge du programme du candidat. Seul le régime spécifique de transmission serait maintenu.

L'annonce est passée quasiment inaperçue, lundi soir. Interrogé par Laurence Ferrari sur l'avenir de la fiscalité de l'assurance vie, s'il accède au pouvoir, François Hollande a précisé que celle-ci relèverait du régime commun. "Les revenus du capital doivent avoir le même traitement que ceux du travail", a-t-il répondu. Une réponse assez vague, pour laisser une place à l'ambiguïté sur le futur régime fiscal de ce placement fétiche des Français ? Pas le moins du monde. C'est ce que nous a indiqué mardi Michel Sapin, en charge du programme économique du candidat Hollande: "L'assurance-vie sera soumise au barème de l'impôt sur le revenu. Nous ne prévoyons pas de maintenir des abattements exonérant le fruit de ces placements. Par définition, les personnes disposant au total de faibles revenus (salaires ou pensions de retraites, plus fruit de l'épargne) continueront d'être non imposables. Les autres paieront comme tout le monde."
Des intérêts taxés jusqu'à... 75%
Autrement dit, les intérêts accumulés sur les contrats d'assurance vie seront taxés à 5,5% ou 14%, 30%, etc... jusqu'à 75%, selon le niveau de taxation atteint en fonction du montant global de revenu. En revanche, précise Michel Sapin, "la fiscalité de la transmission de l'assurance-vie restera inchangée". Autrement dit, les épargnants petits et moyens bénéficieront toujours d'un abattement lors de la transmission de ces contrats. Ce serait donc le dernier avantage qui serait associé à l'assurance-vie. Aujourd'hui, le taux d'imposition (hors prélèvements sociaux) sur les rachats de contrats s'établit à 35% pour les contrats détenus depuis moins de 4 ans, à 15% pour ceux souscrits depuis moins de 8 ans, et à 7,5% au-delà de 8 ans.
Michel Sapin sort son jocker
Retirer à l'assurance-vie son principal argument de vente et de détention, à savoir la baisse de la fiscalité en cas de rachat au bout de 8 ans, c'est tuer ce placement ultra-sensible à la fiscalité. L'assurance-vie est d'autant plus fragile aujourd'hui que de nombreux contrats arrivent à maturité. Un changement de régime fiscal pénaliserait donc de nombreux épargnants qui ont attendu 8 ans, voire davantage, avant de retirer leur argent : fin 2010, 64% des encours ont plus de 8 ans d'âge, un niveau historiquement élevé. Et à la question de savoir si ce changement de fiscalité toucherait les contrats toujours en cours de détention ou les seuls nouveaux contrats, Michel Sapin a répondu : « Joker ! Nous aurons à en discuter avec les professionnels ! ». Il est donc possible que cette réforme ne soit pas rétroactive et ne concerne que les futurs contrats...
17 millions de détenteurs de contrats
François Hollande n'est pas le premier à agiter le chiffon rouge de la taxation de l'assurance-vie. Déjà l'an dernier, ce support d'épargne était la cible d'une taxe dans le cadre de la réforme sur la fiscalité du patrimoine. Par un lobbying appuyé, le Landerneau de l'assurance avait fait en sorte que ce projet soit éventé. La Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) avait à l'époque dégainé des chiffres éloquents : en 2010, les trois quarts des détenteurs de contrats sont des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des cadres intermédiaires ou des retraités. Et les deux tiers des ménages détenteurs d'un contrat gagnent moins de 36.000 euros par an, soit 3.000 euros par mois. Au total, environ 17 millions de personnes disposent aujourd'hui d'un contrat d'assurance-vie et 24 millions de personnes en « profitent » (souscripteurs et bénéficiaires confondus).
Hors ISF et taxation des capitaux décès, la FFSA avait en outre chiffré à plus de 5 milliards d'euros par an les recettes fiscales et sociales générées par l'assurance-vie, dont 500 millions au titre de l'impôt sur le revenu et 4.6 milliards d'euros pour les prélèvements sociaux.
Changer de stratégie d'épargne en cas d'un durcissement de fiscalité
En avril dernier, pendant la période d'élaboration du projet de réforme sur la fiscalité du patrimoine, une enquête Ipsos/Logica avait été réalisée sur l'assurance-vie. Ses enseignements étaient sans appel : 59% des souscripteurs de contrats interrogés envisageaient de changer leur stratégie d'épargne dans le cas d'un durcissement du régime fiscal de l'assurance-vie, 35% en privilégiant d'autres supports d'épargne, 24% en fermant leur contrat. Et parmi les sondés interrogés sur les supports d'épargne à taxer pour que la réforme sur la fiscalité du patrimoine soit la plus juste possible, 8% d'entre eux répondaient l'assurance-vie, 72% les œuvres d'art et 71% les actions.
Toujours est-il que le retour d'un projet de taxation de l'assurance-vie, même dans le cas où il ne serait pas mis en oeuvre, nuit à l'image d'un placement qui n'a déjà pas besoin de mauvaise publicité. L'assurance-vie a en effet enregistré son sixième mois de collecte nette négative en janvier, c'est-à-dire que les épargnants ont retiré plus d'argent qu'ils n'en ont versé sur leurs contrats.

Quand Hollande fait du Roosevelt

En proposant lundi soir d'imposer à 75% les plus hauts revenus, François Hollande a pris une "mesure rooseveltienne", ont estimé mardi plusieurs responsables socialistes. Une référence à Franklin D. Roosevelt et sa politique du New Deal pratiquée aux Etats-Unis dans les années 1930. Une comparaison pertinente? Eléments de réponse. 

François Hollande a "voulu frapper fort." C'est ce qu'affirme mardi Jean-Marc Ayrault, le président des députés PS, à propos des déclarations du candidat socialiste, lundi soir sur TF1. Ce dernier a annoncé qu'il souhaitait, s'il est élu, imposer les revenus "au-dessus d'un million d'euros par an" à hauteur de 75%.

Sous Roosevelt, le taux d'imposition est passé de 25% à 91%

Pour le maire de Nantes, il s'agit d'une "mesure rooseveltienne". Allusion à la crise économique de 1929 et à la politique du New Deal menée ensuite par le président des Etats-Unis, Franklin Delano Roosevelt, élu en 1932. A l'époque, le démocrate avait également "frappé fort", à en croire Jean-Marc Ayrault, en demandant "un effort à tout son pays", ce que fait également, selon lui, le candidat socialiste aujourd'hui.
Lors de son arrivée au pouvoir, Roosevelt avait effectivement augmenté le taux d'imposition des revenus équivalents aujourd'hui à 770.000 euros. De 25%, il l'avait porté à 63% dès 1933 puis 79% en 1936 et 91% en 1941. "Quand il est arrivé au pouvoir, il a fait passer quinze grandes réformes en trois mois", explique l'économiste Pierre Larrouturou, qui s'est engagé au Parti socialiste puis à Europe Ecologie – Les Verts avant de quitter ce parti fin 2011. Il vient d'ailleurs de créer le collectif "Roosevelt 2012", qui propose quinze mesures inspirées de l'action de l'ancien président américain pour réformer la France.

"Le succès de Roosevelt est une rumeur"

"Il a rétabli la confiance dans le système bancaire. Bien sûr, certains ont été furieux qu'il augmente la fiscalité, mais il n'a provoqué aucune catastrophe. Ce qu'il a fait a donné 50 ans de stabilité aux Etats-Unis", affirme celui qui est également conseiller régional d'Ile-de-France au JDD.fr.Guillaume Duval, rédacteur en chef du magazine Alternatives économiques, rappelle que "le niveau des inégalités qui était très fort aux Etats-Unis avant 1929 a fortement baissé pendant trente ans". Pour lui, le New Deal de Roosevelt "n'a donc pas du tout freiné l'activité économique".
Un constat que réfute l'économiste libéral Jacques Garallo, professeur à l'Université Paul Cézanne Aix-Marseille III. "Le succès de Roosevelt est une rumeur. Le pic du chômage a été atteint en 1938, bien après son élection", affirme-t-il, ajoutant que le New Deal a été "la porte ouverte a tous les débordements". "Quand on augmente les impôts, on augmente la dette puisque ceux qui veulent entreprendre refusent de travailler plus", explique-t-il.

La décision de Hollande, "nécessaire" mais "symbolique"

Au contraire, pour Pierre Larrouturou, "le volontarisme" de Roosevelt et "l'idée de sa politique doivent inspirer" les gouvernements d'aujourd'hui. "Tout n'a pas marché. Si les Etats-Unis n'étaient pas entrés en guerre, le pays serait probablement retombé en récession économique. Il ne s'agit donc pas d'idéaliser sa politique, mais, au moins, il était libre par rapport aux lobbys", précise l'économiste.
Pour autant, la mesure prônée par François Hollande est encore loin de se rapprocher de la politique américaine des années 1930. Si l'ancien socialiste évoque "une décision nécessaire", elle reste avant tout "symbolique", au vu du peu de contribuables visés par cette annonce. "On peut aller plus loin et plus vite, mais c'est un premier pas."
Selon Jacques Garello, cette référence à la politique de Roosevelt n'est pas inédite : "Si François Hollande s'en inspire, soyons tout de même prudents. Pratiquement tous les candidats à l'Elysée, y compris le président actuel, sont plus ou moins keynésiens. Si on en est là aujourd'hui, c'est bien parce qu'on a creusé le déficit budgétaire depuis des décennies". Or, selon lui, il faudrait faire l'inverse, à savoir "diminuer la progressivité des impôts et réformer le modèle de la protection sociale". Ce qu'avait fait le gouvernement Reagan aux Etats-Unis à partir de 1980, mettant fin à l'héritage laissé par Franklin D. Roosevelt.

mardi 28 février 2012

AMATEUR !!! 


MR 75% 


Sortez 
du caniveau ! 


La « baston verbale », est une marque de la politique « made in France » à laquelle il serait dommage de renoncer au nom d’une quelconque modernité. Les petites phrases inamicales et les tweets vengeurs de cette campagne ne sont d’ailleurs qu’aimables chicaillas de cours de récré en comparaison à la violence (et au talent) des invectives d’un Clemenceau, aussi bien à l’égard du nationaliste Déroulède, convoqué épée à la main sur le pré, que du socialiste Jaurès traité de « couard ». Ces charges oratoires lui valurent le glorieux surnom de Tigre. Dans les années 1970, le ministre du Plan Alain Peyrefitte accusait Georges Marchais de préparer l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées. Le leader communiste répliquait en brandissant une photo du dit Peyrefitte aux côtés de Liliane Bettencourt (déjà) « portant un collier de diamants équivalent à 150 Smic ».
La différence avec la génération 2012, c’est que la méchanceté du propos servait une cause, un programme, un contenu. Clemenceau voulait la république contre Déroulède et la revanche sur l’Allemagne contre Jaurès. Marchais promettait la nationalisation de l’industrie et Peyrefite réclamait la libéralisation du rail et de l’électricité.
Le spectacle des mots, les petites phrases assassines mettent du piment dans une campagne quand elles servent la comparaison sur un fond solide, quand elles valorisent un programme crédible ou au contraire démontent non pas la personnalité d’un adversaire mais les projets et les propositions qu’il porte. Pour le moment, cette campagne n’existe que par cette mousse médiatique, amplifiée par le fameux buzz. L’invective, l’insulte, la parabole deviennent des finalités et non des outils au service d’idées. Il devient urgent de relever le niveau pour sortir du caniveau.

Cafouillage au PS autour de l'impôt pour les très riches

Invité sur France 2 juste après l'annonce par François Hollande d'une nouvelle tranche d'impôt à 75%, Jérôme Cahuzac, chargé du budget dans l'équipe de campagne socialiste, a semblé découvrir cette mesure.

Au moment de l'annoncer lundi soir sur TF1, François Hollande a eu l'air le premier surpris par sa proposition. «Au-dessus de 1 million d'euros par mois, eh bien le taux d'imposition devra être de 75 %», assène le candidat socialiste à la présidentielle.
Mais l'instant d'après, son regard se perd un peu et l'on perçoit un flottement dans sa voix. C'est que François Hollande s'est empêtré dans ses chiffres. Profitant de la question d'un journaliste pour y réfléchir, il se reprend dans la foulée: «Juste une rectification: c'est un million d'euros par an, par rapport à cette imposition de 75%, donc à peu près 100.000 euros par mois».
Au premier abord, l'épisode peut paraître insignifiant: tout le monde peut se tromper. Mais quelques minutes plus tard sur la chaîne d'en face, France 2, la curieuse réaction d'un proche du candidat achève de mettre la puce à l'oreille du téléspectateur: François Hollande aurait-il tout simplement improvisé son annonce? Interrogé lors de l'émission «Mots croisés» sur cette mesure, le député PS Jérôme Cahuzac se montre en effet très prudent, même «circonspect» selon ses propres mots: «Je ne sais trop que vous dire (...). Vous me permettrez d'être plus circonspect que vous ne semblez ne l'être (...). J'attends de voir un peu ce qu'il en est vraiment». Problème: dans l'équipe de campagne de François Hollande, Jérôme Cahuzac est justement chargé du budget.
Désolé, cette vidéo n'est pas disponible sur votre appareil.

L'UMP dénonce une «impréparation totale» «Vous m'interrogez sur une déclaration que pour ma part je n'ai pas entendue», plaide le député pour justifier son absence de réponse. Clairement placé en porte-à-faux, il se lance ensuite dans une tentative incertaine d'exégèse des propos de son candidat: «Je crois qu'il y a deux explications possibles…» Mais le développement qui s'ensuit ne dissipe guère la confusion. L'aveu surprenant de Jérôme Cahuzac n'a bien sûr pas échappé aux adversaires des socialistes. Sur le plateau de France 2, la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, pointe aussitôt les divisions au sein de l'équipe Hollande. Plus tard un communiqué de l'UMP, rédigé par son secrétaire national Geoffroy Didier, ironise sur le fait que le député «a carrément découvert la proposition de François Hollande (sur France 2), illustrant ainsi, une nouvelle fois, l'impréparation totale du programme économique du candidat». Mardi matin, Ségolène Royal a réfuté cet argument: «Ce n'est pas une improvisation, nous en avons débattu puisque nous nous voyons en conseil politique restreint tous les quinze jours. Notre candidat, au fur et à mesure de ses rencontres avec les Français prend la mesure du creusement des inégalités, qui est un des fléaux de la société française». Selon elle, l'annonce de François Hollande est «un signal fort supplémentaire qui est en cohérence avec son projet fiscal».



Un impôt de 75% sur les millionnaires

Lors de son passage dans l'émission Parole de candidat sur TF1, François Hollande a annoncé une nouvelle mesure dans son projet : une taxation de l'ordre de 75% des revenus annuels supérieurs à un million d'euros. Une annonce spectaculaire que son conseiller en fiscalité, le député Jérôme Cahuzac, a semblé découvrir le soir même. 

"C'est une déclaration que je n'ai pas vue." Lundi soir, sur le plateau de Mots croisés sur France 2, Jérôme Cahuzac, le conseiller budget, finances et fiscalité de François Hollande, a semblé à la peine, face à ses contradicteurs de droite comme de gauche, pour commenter une nouvelle mesure de son candidat faite une heure plus tôt. "Je comprends la gêne de Jérôme Cahuzac. Et qui ne le serait pas à sa place...!", s'est même amusée la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors du débat. Le député socialiste, président de la commission des finances de l'Assemblée, n'était pas au courant que François Hollande venait d'annoncer lors de l'émission Parole de candidat, sur TF1, qu'il créerait, s'il était élu président de la République, un taux d'imposition "à 75%" pour les revenus "au-dessus d'un million d'euros" par an.
Deuxième candidat à la présidentielle à participer à l'émission, après François Bayrou et Eva Joly la semaine dernière, François Hollande a répondu à un panel de téléspectateurs ainsi qu'à des journalistes. Il a détaillé son programme, connu depuis le meeting du Bourget en janvier. Et il a annoncé de nouvelles mesures. "J'ai considéré, j'en fais ici l'annonce, qu'au-dessus d'un million d'euros par mois, le taux d'imposition devrait être de 75%. Ce n'est pas possible d'avoir ces niveaux de rémunération", a-t-il dit face aux Français invités par TF1 à lui poser des questions pendant 1h45, avant de rectifier : "Un million d'euros par an, donc à peu près 100.000 euros par mois". "J'ai appris les progressions considérables des rémunérations des patrons du CAC 40, deux millions d'euros par (an) en moyenne. Comment l'accepter?", a-t-il dit après avoir rappelé son projet d'une tranche à 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros annuels. François Hollande a défendu "une règle simple : les revenus du capital doivent être taxés comme les revenus du travail".

Seulement 6.060 personnes concernées?

Une mesure pour le moins spectaculaire. Jusqu'en juillet dernier, avec le bouclier fiscal, supprimé par le gouvernement, les taux d'imposition des revenus étaient plafonnés à 50%. Là, le candidat socialiste veut crever le plafond. Toutefois, le nombre de millionnaires en revenus annuels reste très faible. Selon l'outil développé par l'économiste Thomas Piketty, proche du PS, seulement 6.060 personnes, sur les 20,2 millions de Français âgés de 18 ans et plus et travaillant à temps complet, gagne plus d'un million par an. Selon le député UMP Gilles Carrez, rapporteur de la commission des finances, 30.000 contribuables gagnent cette somme là chaque année. Il l'avait expliqué dans une proposition de loi visant à taxer les millionnaires, mais à hauteur de 1 à 2% supplémentaires (soit 41 ou 42%).
Cette annonce est peut-être aussi une main tendue aux autres candidats de gauche. Dans son programme, Europe Ecologie-Les Verts propose un taux d'imposition d'au moins 70% pour les très hauts revenus de l'ordre de trente fois le Smic, soit 500.000 euros annuels. Et le Front de gauche souhaite lui l'instauration d'un revenu maximum fixé à 360.000 euros. Au dessus, les personnes concernées seraient taxées à 100%, pour les revenus perçus au delà de cette limite.
Autre annonce, moins spectaculaire, du candidat socialiste : la création d'une "cotisation" pour financer la dépendance. "Il s'agira d'un pacte...c'est une contribution, oui, mais que toutes les personnes auront à payer", a-t-il répondu comme on lui demandait s'il s'agissait d'un impôt supplémentaire. "Si l'on commence très tôt, c'est un coût très faible", a-t-il affirmé. François Hollande a donc encore quelques mesures des impôts - en réserve.

POUR CE TRISTE SIRE LA SOLUTION EST DANS LES TAXES DIVERSES ET VARIÉES, ALORS QU"IL FAUT RÉDUIRE DRASTIQUEMENT LES DÉPENSES DE L' ÉTAT DLOUTON EN FONCTIONNAIRES ET AUTRES SÉNATEURS GRASSEMENT PAYÉS, ET LIBÉRER UN CAPITAL
PROPICE AUX INVESTISSEMENTS. 
CE MONSIEUR EST UN SOT, SINON UN INCAPABLE OU UN IMPOSTEUR !!!

lundi 27 février 2012

L'Allemagne réimprimerait des Marks, selon une ex-conseillère du Président Bush

La nouvelle devrait faire l'effet d'une bombe si cela est avéré : l'Allemagne réimprimerait des Marks, selon les affirmations du Dr Pippa Malmgren sur son blog. L’Américaine Pippa Malmgren, 49 ans, n’est pas n’importe qui, experte du monde politique et économique, ancienne conseillère économique du Président américain Georges W. Bush, elle a une connaissance pointue de la Deutsche Bank. 

Que nous apprend-elle sur son blog ?Selon elle, les Allemands auraient annoncé qu’ils comptent réintroduire le Deutsche Mark sur les marchés. Ils ont déjà commandé la nouvelle monnaie et ont même demandé à leurs imprimeurs de se dépêcher.

Le Vice-chancelier allemand, Philippe Roesler, a prononcé un discours en septembre dans lequel il dit qu’il n’y aura pas un sauvetage de plus d’un pays de la zone euro. Cette déclaration intervient alors que tout le monde sait qu’il faudra bientôt venir en aide à l’Italie et à l’Espagne. Cette déclaration est en totale cohérence avec la position du peuple Allemand qui selon un sondage récent est à 70 % opposé à transférer les richesses allemandes pour sauver les nations sur-endettées. L’Allemagne a annoncé également qu’elles soutiendra ou nationalisera une partie voire toutes ses banques pour les sauver mais seulement ses banques.


Ceci augmente donc le risque d’un défaut de paiement des pays de la zone euro qui sont affaiblis. Ce qui a amené Pippa Malmgren à ce constat c’est la déclaration récente de Christine Lagarde à Jackson Hole qui a reconnu que l’Allemagne ne pourra faire un « chèque » de renflouement pour aider les membres de la zone euro. Elle a dit "quelqu'un doit faire un chèque ou bien nous allons avoir des défaillances bancaires historiques multiples". Dans l’assistance tout le monde a bien entendu qu’il n’y avait aucun chèque à venir.

Pippa Malmgren ajoute qu’il y aurait bien une garantie, celle des réserves d’or mais ces réserves sont insuffisantes. L’autre solution est la remise de propriété de l’actif des nations industrielles ce qui revient à dire une nationalisation des industries par un pays et donc d’un gouvernement étranger. Il n’y a pas pour Pippa Malmgrem de véritables garanties significatives. Et même la Chine ne peut faire un chèque assez gros pour remplir le trou des dettes cumulées des pays de la zone euro. Donc l’Allemagne réimprime ses Deutsche Mark pour se prémunir de la disparition de l’euro, afin de rester souveraine… Qu’attend donc Nicolas Sarkozy pour réimprimer notre monnaie nationale, le franc, et sortir de ce système d’emprunt sur les marchés qui date de 1973 et qui nous a sur-endetté ? (Source Pippa Malmgren http://www.moneynews.com )

L'idéal démocratique passe par la paix 


Syrie, Russie, Sénégal. Les trois situations illustrent combien l'exercice et l'apprentissage de la démocratie se font dans la douleur. Combien de morts en France, en 1789 ? Et jusqu'en 1958 ? Le parallèle est osé, mais hier encore on a pu voir combien l'Homme, une fois enivré par le pouvoir, s'y accroche au mépris des règles élémentaires censées donner la vraie autorité au peuple. En Russie démarre une semaine cruciale avant l'élection présidentielle : hier des milliers d'opposants dénonçaient la candidature de Vladimir Poutine, ancien président et actuel chef du gouvernement. En Syrie, Bachar al Assad organisait hier un référendum censé ouvrir au pluralisme politique et… lui permettant de rester encore seize ans au pouvoir ! Ce, dans un contexte de guerre. Et au Sénégal, Abdoulaye Wade se présentait à sa propre succession alors que la constitution ne le permet pas ; et les soupçons de fraude électorale poussent pour la première fois ce pays, ami de la France et qui passe pour un modèle démocratique, au bord du chaos. Comment croire à ces simulacres de démocratie quand la population est opprimée, que les cartes d'électeurs ne sont pas correctement distribuées, voire que les urnes arrivent déjà pleines dans les bureaux de vote ? Aveuglés par le pouvoir, ces chefs d'État se donnent bonne conscience avec quelques isoloirs, des urnes et des scores à pleurer - de rire ? - flirtant avec les 100 % en leur faveur. Ils ne se rendent pas compte que leur crédibilité nationale et internationale passe d'abord par la paix. Enfin, si, ils le savent parfaitement, et c'est cynique, tragique, insupportable.

Ce que M. Hollande se prépare à garder de l'héritage Sarkozy

Que conserveront-ils de Nicolas Sarkozy? Du quinquennat qui s'achève, les socialistes n'entendent pas forcément faire table rase. Loin de se préparer à un effacement systématique des réformes de son prédécesseur, le candidat socialiste, si d'aventure il lui succédait, a opté pour leur remplacement, voire par un accommodement. 
Une philosophie dont Michel Sapin, responsable de son projet, résume les grandes lignes : "A quoi servirait-il de se lancer dans une bataille d'abrogation?", indique le député PS de l'Indre, qui précise qu'"il y a quelques lois emblématiques sur lesquelles il faudra revenir". Ainsi la "circulaire Guéant" sur les étudiants étrangers, les peines planchers ou la réforme territoriale.

Mais nombre de mesures symboliques, comme la création de Pôle emploi ou l'entrée dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, ne semblent pas devoir être remises en cause.
L'IMMIGRATION ET LA SÉCURITÉ
L'interdiction du port du voile intégral. Loi emblématique adoptée en septembre 2010, cette mesure fut érigée au rang de symbole par l'UMP. François Hollande, qui à l'époque avait fait part de son opposition au texte du gouvernement, ne l'a pas évoquée depuis.
L'Organisation de la sécurité. La création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui résulte de la fusion de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST), ne devrait pas être remise en cause.
Au-delà, concernant la multitude de lois de sécurité intérieure adoptées depuis l'installation de M. Sarkozy Place Beauvau, "l'idée n'est pas de supprimer tout ce qui a été fait, indique François Rebsamen, maire PS de Dijon et chargé du pôle sécurité dans l'équipe de M. Hollande. Sur les 28 lois prises depuis 2002, il faudra évaluer celles qui n'ont aucun impact, aucune efficacité et celles qui marchent".
LA JUSTICE
Les peines planchers. Introduites par la loi Dati de 2007, les "peines planchers" fixent le minimum que doit infliger un juge en cas de récidive d'un accusé ou pour certains crimes et délits. "Il faudra les supprimer", tranche M. Rebsamen.
La rétention de sûreté. Le PS se montre plus prudent quant à la rétention de sûreté, votée en 2008, qui permet de placer, à l'issue de leur peine, des prisonniers jugés dangereux dans des centres socio-judiciaires fermés. André Vallini, responsable du pôle justice dans l'équipe de campagne du candidat socialiste, estime que "si la rétention de sûreté consiste à maintenir en prison quelqu'un qui a purgé sa peine, c'est contraire au droit. Mais on ne peut relâcher dans la nature sans surveillance des gens considérés comme des malades".
Les jurés citoyens en correctionnelle. Mis en place par M. Sarkozy, les premiers ont siégé au printemps. C'est "une idée intéressante mais gâchée par excès de précipitation", indique M. Vallini, qui lui préfère le concept d'"échevinage, avec des citoyens volontaires associés au travail des magistrats".
La réforme de la carte judiciaire. La suppression de 17 tribunaux de grande instance avait déclenché une fronde dans le monde judiciaire. Interrogé sur une réinstallation de ces tribunaux, alors que les crédits manquent, M. Vallini préfère annoncer une "grande réforme de l'organisation judiciaire, qui remettrait notamment à plat la distinction entre tribunaux d'instance et de grande instance".
La réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et de la garde à vue. Le CSM, qui a désormais le pouvoir de nommer les procureurs, sera à nouveau réformé ; les procureurs seront nommés sur le modèle des juges du siège. Autre grande réforme, imposée par l'Europe, la présence d'un avocat lors des garde à vue. Il s'agit pour M. Vallini d'une "réforme minimale qu'il faudra poursuivre pour mettre [la France] au standard des pays européens".
La justice des mineurs. M. Sarkozy a en grande partie détricoté celle-ci en revisitant de nombreuses fois l'ordonnance de 1945. "Cela fait partie des réformes à abroger", assure M. Vallini, qui annonce un "retour au principe de l'ordonnance de 1945, la spécialisation des juridictions, l'atténuation de responsabilité et le primat de l'éducatif sur le répressif".
L'EDUCATION
La Loi LRU. Tantôt critiquée, tantôt saluée comme une réussite, la réforme des universités que M. Sarkozy ne cesse de mettre en avant semble embarrasser le PS. "Ce n'est pas pour nous le sujet majeur, même s'il est emblématique", estime Vincent Peillon, chargé du pôle éducation, qui voit dans la question de son abrogation "un faux débat". "Ce qui est important, c'est ce par quoi on remplace, en l'occurrence une loi-cadre qui interviendra assez rapidement après une courte consultation", plaide-t-il.
La suppression de la carte scolaire. Cette réforme fut combattue par la gauche. Elle n'a pourtant pas entraîné de révolution sur le terrain. Pas sûr que le PS revienne sur ce dispositif, M. Peillon estimant lui-même que "les modèles précédents n'étaient pas formidables".
La formation des enseignants. Le gouvernement de François Fillon a ouvert la voie à une suppression des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), au profit d'une formation en master des enseignants. Le PS annonce qu'il "reviendra entièrement sur la réforme de laformation des enseignants, qui a été détruite", selon M. Peillon.
LES INSTITUTIONS
La réforme constitutionnelle. Adoptée en 2008, elle limite à deux le nombre de mandats du chef de l'Etat, lui permet d'intervenir en Congrès, renforce le pouvoir du Parlement et instaure la possibilité d'une saisine du Conseil constitutionnel par les justiciables avec la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Le PS évoque certes de nouveaux aménagements institutionnels (une part de proportionnelle, la parité homme-femme), mais ne parle pas d'un retour en arrière.
La réforme territoriale. Votée en 2010, elle instaure le conseiller territorial, destiné à siéger à la fois au conseil régional et au conseil général. Le PS a promis de revenir sur cette réforme. Selon le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, "tout ou presque sera abrogé, à part peut être la partie intercommunalité". M. Bel se dit "favorable au maintien de tous les niveaux : commune, intercommmunalité, départements et régions". Quant à la suppression de la taxe professionnelle (TP), elle sera "plus difficile à défaire", concède M. Bel.
LA FONCTION PUBLIQUE
La Révision générale des politiques publiques (RGPP). Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux a permis de réduire de plus de 100 000 personnes les effectifs de l'Etat. Le PS et François Hollande promettent aujourd'hui "d'en finir avec la RGPP aveugle", mais demeurent flous sur les chiffres. Le candidat socialiste a promis des créations de postes, mais sans augmenter l'effectif de fonctionnaires. Cet effort devrait donc nécessiter la poursuite du non-remplacement.
La création de Pôle emploi. Issu de la fusion de l'ANPE et des Assedic, Pôle emploi a été créé en février 2008 afin de simplifier les démarches et le suivi des demandeurs d'emploi, tout en diminuant les coûts. Son bilan est mitigé. Le PS ne compte pourtant pas revenir sur cette création.
Le service minimum. Instaurée en 2007, la loi sur le service minimum ne sera pas modifiée, a déjà annoncé François Hollande, qui juge qu'elle est "entrée dans les mœurs".
LA SANTÉ ET LES RETRAITES
La carte hospitalière. Le gouvernement de François Fillon l'a réformée en fermant des établissements jugés non rentables ou trop petits. François Hollande s'est engagé à permettre un accès de chacun à un établissement d'urgence accessible en trente minutes, sans préciser toutefois quels seraient les centres hospitaliers ainsi rouverts ou créés.
La réforme des retraites. Votée en 2010, elle a fait passer l'âge minimum de départ à 62 ans et l'âge de départ à taux plein à 67 ans, et le nombre d'années de cotisation à 41 ans. M. Hollande a promis de permettre aux personnes à jour de cotisation de partir à la retraite avant l'âge légal, sans changer celui-ci.
LA CULTURE
La loi Hadopi. Ce texte réprimant le téléchargement illégal sur Internet, voté en 2008, fait l'objet d'une valse-hésitation du PS. M. Hollande promet désormais un "acte II de l'exception culturelle". Aurélie Filipetti, chargée de la culture dans l'équipe de campagne du candidat socialiste, évoque une offre légale, la lutte contre la contrefaçon commerciale et l'élargissement des sources de financement, mais sans licence globale, jugée trop incertaine.
L'INTERNATIONAL
L'Europe. Concernant le traité européen voulu par M. Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, M. Hollande, s'engage à le renégocier. Pour Pierre Moscovici, "la ratification, qui aura été interrompue par la période électorale, ne sera pas engagée s'il n'y a pas une réorientation de la construction européenne".
L'OTAN. M. Sarkozy avait choisi, dès 2007, le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, qu'elle avait quitté en 1966. La décision du chef de l'Etat avait alors été critiquée par la gauche. Mais selon M. Moscovici, le départ de la France n'est plus envisagé.
TIEN ! C'EST BIZARRE, D'APRÈS NOS CHERS SOCIALOS, LE BILAN DE SARKO EST UNE VÉRITABLE ABOMINATION, IL A DÉTRUIT LA FRANCE.....MAIS ILS GARDERAIENT L'ESSENTIEL DE SES RÉFORMES, SI PAR HASARD, CETTE BANDE DE BRANQUES ARRIVAIT AUX AFFAIRES.

Pourquoi ADP et Vinci bataillent en Turquie

Les deux groupes français se retrouvent en finale pour entrer au capital de TAV Holdings, le groupe aéroportuaire turc valorisé à 1,3 milliards d'euros. Doté d'un très riche portefeuille, l'aéroport d'Istanbul constitue une véritable pépite.

Vinci, Aéroports de Paris (ADP). Les deux groupes se détestent depuis 2008 quand le premier a fait irruption dans le capital du second en raflant 3 % des actions dans le but de se trouver en première ligne le jour où l'Etat privatisera le gestionnaire des aéroports parisiens. Une tactique qui avait payé pour les autoroutes ASF. Mais là, il n'en fut rien : l'Etat a certes réduit sa participation, mais reste majoritaire à 50,2 %. Mais Vinci ne s'est pas retiré et reste toujours à l'affût d'un éventuel désengagement de l'Etat pour cause de besoin de liquidités.

Ebidta en hausse de 257 millions d'euros
Les deux rivaux se retrouvent aujourd'hui en finale pour le contrôle de l'opérateur turc TAV Havalimanlari. Un gros morceau et une belle pépite. Le groupe, valorisé 3,2 milliards de livres à la Bourse d'Istanbul (1,35 milliard d'euros), appartient à des groupes turcs (Acsen notamment) qui se partagent quelque 60 % du capital (le flottant est d'environ 40 %). TAV possède plusieurs aéroports en Turquie (Istanbul, Ankara, Izmir, Antalya) mais aussi en Géorgie (Tbilisi, Batumi), en Tunisie (Monastir, Hammamet), en Macédoine, en Lituanie et en Arabie Saoudite. Au total, TAV pèse 881 millions d'euros de chiffre d'affaires (en 2011), en hausse de 12 %, et a dégagé un Ebitda de 257 millions (+ 21 %) et un résultat net de 52,8 millions. Sa dette avoisine tout de même 800 millions d'euros.

59 millions de passagers en 2020
L'aéroport Ataturk d'Istanbul est le véritable joyau de ce protefeuille. D'excellente qualité, il pointe au huitième rang des aéroports européens en termes de trafic (37,4 millions de passagers, + 16 % l'an dernier) et profite de l'époustouflante croissance de Turkish Airlines.
Selon nos informations, TAV prévoit 59 millions de passagers en 2020, une estimation exagérée pour faire monter les enchères, selon certains acteurs français. Surtout si une troisième piste n'était pas construite d'ici là.

Le prix contre l'expérience ?
Le verdict pourrait intervenir dans moins de trois semaines. Qui a le plus de chances ? "Tout dépend si les actionnaires turcs vont privilégier le prix ou le projet industriel", explique un analyste. "Si le prix est déterminant, Vinci l'emportera car le groupe a l'habitude d'être plus agressif sur ce point qu'ADP", assure t-il. A la tête de plusieurs aéroports régionaux (comme Nantes), le groupe de concessions veut à la fois grossir et utiliser son savoir faire français comme rampe de lancement à l'étranger où il gère seulement trois aéroports cambodgiens.
En face, Aéroports de Paris est forcément plus armé. A Paris, il gère déjà des aéroports de grande taille. Avec sa filiale ADPM (spécialisée dans la gestion aéroportuaire), il pilote déjà plusieurs aéroports à l'étranger. Même si sa stratégie à l'international, mise en avant depuis l'introduction en Bourse en 2006, n'a pas avancé d'un pouce depuis, le PDG d'ADP, Pierre Graff, cherche à se doter de leviers de croissance pour l'avenir.

Le G20 prêt à sauver l'euro

Divine surprise : au milieu des « bonnes » nouvelles qui ont permis à l’euro de dépasser la barre des 1.34 dollar, on apprenait aussi que selon le FMI, la récession se poursuivrait en Grèce jusqu'en 2013 avant d'être suivie d'un net rebond… Il n’en faut pas plus pour exciter le marché des changes qui peut s’attaquer au seuil de résistance de 1.3482 qui ouvre la porte à une étape de plus défavorable au billet vert. L'optimisme est également  soutenu par le fait que le Parlement grec a adopté un texte permettant d'effacer 107 milliards d'euros de la dette détenue par les créanciers privés du pays ; le lancement de l'offre d'échange devait intervenir dès vendredi afin de respecter les délais serrés et l'échéance des obligations de mars, expliquaient des analystes. Dimanche, les ministres des Finances du G20 réunis en sommet à Mexico, ont estimé dans leur communiqué que le renforcement du pare-feu européen est essentiel avant que les ressources du Fonds monétaire international soient renforcées. Les grands argentiers de la planète ont réfléchi ce week-end à la manière d'éviter une propagation de la crise de la dette souveraine, européenne à l'ensemble de l'économie mondiale, qui remettrait en question une croissance déjà fragile, rapportent les agences. En combinant les ressources existantes et de nouveaux financements, il est question de porter à près de 2.000 milliards de dollars le pare-feu entourant la zone euro. D’ailleurs, les pays de la zone euro ont prévu de se rencontrer en mars pour évoquer cette question. Certains pays, comme la Chine ou le Japon, ont estimé que la décision par la zone euro elle-même de mobiliser davantage de fonds serait "essentielle" avant qu'ils ne décident à leur tour d'offrir davantage de fonds au FMI. L'Allemagne et d'autres pays européens plaidaient pour que cette contribution soit qualifiée "d'importante". Le ministre des Finances britannique George Osborne a lui aussi fait preuve de fermeté. "Nous sommes prêts à réfléchir à un renforcement des ressources du FMI, mais seulement une fois que nous aurons vu la couleur de l'argent de la zone euro, et nous ne l'avons pas vue", a-t-il dit à Sky TV.
Lors de leur prochaine réunion, au mois d'avril, les pays du G20 entendent convenir d'un pare-feu financier de près de 2.000 milliards de dollars (1.487 milliards d'euros) afin d'empêcher la crise européenne de la dette de se propager et de menacer la reprise mondiale. Ceci constituerait l'effort le plus ambitieux depuis la crise financière de 2009, lorsque le G20 a dégagé 1.000 milliards de dollars pour sauver l'économie mondiale. Que d’eau, que d’eau pour éteindre ce feu, aurait dit Mac Mahon…


CHANGES. L’euro a commencé la semaine à 1.3442 dollar, en consolidant lundi  une phase de remontée qui l’a conduit à franchir la barre symbolique des 1,34 dollar pour la première fois de près de trois mois. Vers 12 heures vendredi, l'euro gagnait 1,12% à 1,3398 dollar et 1,07% à 107,9 yens. En revanche, l'euro perdait du terrain face au sterling britannique (- 0,16% à 0,8481) et restait stable contre le franc suisse (0% à 1,2050).  Depuis le début, les performances de l'euro calculées par Cerclefinance.com contre ces quatre devises sont les suivantes : +3,4%, +8,3%, +1,7% et +1%.

A SAVOIR. L'optimisme est soutenu par les dernières nouvelles provenant de Grèce : le Parlement grec a adopté un projet de loi qui définit les modalités permettant de procéder à l'effacement de 107 milliards d'euros de dette détenue par les créanciers privés du pays, rapportent les analystes d'Aurel BGC. Le lancement de l'offre d'échange devrait intervenir dès vendredi afin de respecter les délais serrés et l'échéance des obligations de mars, a annoncé M. Vénizelos, ajoutent-ils. Le bureau d'études du courtier rapporte également que selon le FMI, la récession se poursuivrait en Grèce jusqu'en 2013 avant d'être suivie d'un net rebond.
Certes, les questions en suspens à propos de la crise souveraine européenne restent nombreuses. La mise en place d'un « pare-feu » crédible est loin d'être faite en Europe. L'idée, désirée par tous les gouvernements européens sauf l'Allemagne, est de cumuler les capacités d'intervention du FESF (environ 250 milliards d'euros après l'aide au Portugal et à l'Irlande - 43,7 milliards d'euros - et le nouveau plan d'aide à la Grèce) et le futur MES (500 milliards d'euros) qui devrait être crée en juillet 2012,  indique encore Aurel BGC.
Pour de nombreux partenaires de la zone euro, il revient en effet d'abord aux dirigeants européens de mettre en place les moyens nécessaires pour maîtriser les risques de contagion de la crise de la dette, en combinant par exemple les capacités de prêts de ses deux mécanismes de stabilité financière, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité financière (MES).
Ceci porterait leur puissance de feu combinée à quelque 750 milliards d'euros. Les pays du G20 seraient alors plus enclins à répondre à l'appel du FMI, qui souhaite plus que doubler ses capacités d'intervention en levant 600 milliards de dollars de ressources supplémentaires. Additionnées, toutes ces mesures permettraient de créer un pare-feu financier mondial de l'ordre de 1.950 milliards de dollars. Un responsable gouvernemental allemand proche de la chancelière Angela Merkel a cependant estimé dimanche que le MES disposait déjà des fonds adéquats et que Berlin ne voyait pas l'utilité d'une combinaison du MES et du FESF.
Selon Reyters, à Mexico toutefois, les négociateurs présents au sommet du G20 ont laissé entendre un autre son de cloche, celui d'une Allemagne plus souple. "Tout le monde dans la zone euro et même dans l'union européenne est raisonnablement satisfait de voir une combinaison du MES et du FESF, même l'Allemagne, mais il est trop tôt pour dire qu'on en décidera au sommet européen de début mars", a déclaré Margrethe Vestager, ministre des Finances du Danemark, pays qui préside actuellement l'Union européenne.
A NOTER. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a estimé de son côté que l'économie européenne était en train de se stabiliser, avec "une certaine amélioration ici ou là".
Selon lui, "on peut voir qu'il y a un retour de la confiance des marchés financiers en général envers l'euro. Donc le sentiment général c'est que l'euro est maintenant un endroit plus sûr qu'il n'était au moment du sommet de Cannes" début novembre.
L'action de la BCE, qui s'est lancée en décembre dans des opérations inédites de prêts aux banques sur trois ans et sans plafond, a été saluée par le G20. Une nouvelle réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe aura lieu le 1er mars, lors de laquelle il sera notamment question de la Grèce. Chez CM-CIC, on insistait également  sur le sommet du G20 qui s'ouvrait samedi matin et où la question de l'Europe serait également abordée. Mais, indiquaient-ils, malgré les négociations autour d'une augmentation des ressources du FMI, aucune avancée majeure n'est attendue… L'Europe a accompli de nombreuses avancées pour mettre un terme à sa crise mais ses partenaires attendent des gestes plus forts pour lutter contre la crise de la dette avant d'apporter leur soutien, estiment les spécialistes. Quoi qu'il en soit, les problèmes liés à la Grèce semblent avoir reflué et les discussions actuelles dans les salles de marché portent plutôt sur le prochain programme à trois ans LTRO de la BCE et la remontée du pétrole, note Chris Weston, trader chez IG Markets.

ET AUSSI. Pour mémoire, rappelle encore CercleFinance, la BCE ouvrira exceptionnellement ses guichets le mercredi 29 février pour une seconde “méga-opération” de refinancement à trois ans, un programme de liquidité destiné à soutenir le système bancaire européen. En attendant, vendredi après-midi aux États-Unis, les cambistes auront pris connaissance de l'indice « Umich » ( pour Michigan)  de confiance des consommateurs et des ventes de logements neufs pour janvier, qui devaient ressortir en hausse à plus de 310.000 en rythme annualisé selon les analystes.

Horrible farce

 Jour ordinaire, hier, à Homs et dans d’autres villes de Syrie, sous l’habituel déluge d’obus avec, au moins, une cinquantaine de morts de plus dans le macabre décompte. Jour ordinaire, aussi, dans une allégeance forcée à Damas et dans les régions contrôlées par le parti Baas. Partout là où la population était instamment priée de plébisciter le «référendum constitutionnel» de Bachar el-Assad. Pour, paraît-il, introduire des «réformes démocratiques».

Quel cynisme! Le dictateur en place va être renouvelé pour deux fois 7 ans à partir de 2014. Arrivé aux affaires en 2000, il resterait donc au minimum 28 ans au pouvoir... deux ans de moins que son père Hafez el-Assad (1970-2000). Et toutes les décisions gouvernementales et législatives dépendront exclusivement du bon vouloir présidentiel. Même si le parti Baas devait perdre son rôle prédominant. Une horrible farce!

 Les oppositions ont certes appelé au boycott. Mais inutile de se faire des illusions. Dans une dictature, la fraude électorale est institutionnelle. Le résultat acquis d’avance sera sans importance. Plus étonnants et vraiment inquiétants sont les intitulés de ce pseudo référendum. Ainsi, les nouveaux textes précisent que le chef de l’Etat doit être «musulman» (sans appartenance définie, alaouite, chiite ou sunnite) et que le droit découlera de l’islam. Or, le parti Baas (co-fondé par Michel Aflak, un chrétien) se voulait à l’origine «socialiste» et «laïc». Que signifient ces corrections religieuses inscrites dans la nouvelle «Constitution»? Répondent-elles à des exigences du grand allié iranien de Damas? Ou doivent-elles calmer l’opposition sunnite et salafiste? Car la guerre civile syrienne est aussi une guerre de religion dont l’importante minorité chrétienne (presque 10% de la population) pourrait un jour subir les conséquences. Comme en Irak. 

 Évidemment, le vote d’hier ne changera rien au destin de la Syrie. Le régime Assad, qu’il soit soutenu ou non par Moscou et Pékin, est mourant. Malheureusement, l’agonie se prolonge dans de terribles convulsions. Parce qu’une sanglante dictature en place depuis presque un demi-siècle a ses obligés. En commençant par l’état-major d’une armée qui accapare 10% du budget national, premier poste avant l’Education...