TOUT EST DIT

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mercredi 11 novembre 2009

Lune de miel Sarkozy-Merkel au pied de l'Arc de Triomphe

Le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel ne se quittent plus depuis trois jours. Leur rapprochement pourrait déboucher au début 2010 sur de nouvelles initiatives du couple franco-allemand.

Deux jours après avoir célébré à Berlin les vingt ans de la chute du Mur, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rétrouvés mercredi matin à Paris pour fêter la fin de la Grande guerre, lors d'une cérémonie inédite conçue comme un nouvel épisode de l'amitié franco-allemande.

C'est la première fois qu'un chef du gouvernement allemand participe aux côtés d'un président français à la commémoration de l'armistice de la guerre de 1914-1918, qui marque la défaite de l'armée allemande.

Le 22 septembre 1984, Helmut Kohl s'était déplacé à l'ossuaire de Douaumont (Meuse) bâti en hommage aux morts de la bataille de Verdun, un événement immortalisé par des images désormais célèbres du chancelier allemand donnant la main au président François Mitterrand.

Le "trésor" de l'amitié franco-allemande

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont rendu à 11 heures au pied de l'Arc de Triomphe pour raviver, au milieu d'un détachement de la brigade franco-allemande et d'élèves-officiers des deux armées, la flamme du tombeau du soldat inconnu et y prononcer une courte allocation.
Après la mort l'an dernier du dernier "poilu" français Lazare Ponticelli à l'âge de 110 ans, Nicolas Sarkozy a souhaité faire du 11 novembre 2009 "une journée de réconciliation franco-allemande, pour bâtir un avenir partagé".

"Alors que nos amis Allemands célèbrent les vingt ans de leur réunification", a plaidé le chef de l'Etat dans un message rendu public par l'Elysée, "il m'a semblé que le temps était venu de nous retrouver aujourd'hui avec Angela Merkel à Paris pour nous souvenir ensemble de ces souffrances, pour honorer la mémoire des combattants et célébrer la paix à laquelle ils rêvaient au fond de leur tranchée".

Nicolas Sarkozy a préconisé mercredi, place de l'Etoile à Paris, devant Angela Merkel, une "association de plus en plus étroite" des politiques de la France et l'Allemagne, dont l'amitié est un "trésor".

"Nous partageons les mêmes valeurs, la même ambition pour l'Europe, la même monnaie", a lancé le chef de l'Etat français lors de la cérémonie inédite de commémoration de l'armistice de la Grande Guerre en présence de la chancelière allemande.

"Dès lors, il est naturel que s'organise l'association de plus en plus étroite de nos politiques", a poursuivi le président. "L'amitié de l'Allemagne et de la France est un trésor. Nous devons à nos parents qui ont tant souffert de tout faire pour préserver et faire fructifier ce trésor".

"Nous le devons à tous les peuples du monde", a poursuivi Nicolas Sarkozy.

La chancelière allemande a ensuite pris la parole pour un discours tout aussi politique.

La force de la réconciliation

"Ensemble nous faisons face à notre histoire. Cette histoire, depuis des siècles, nous unit, les Allemands et les Français, que ce soit dans les épisodes heureux ou malheureux", a dit la chancelière, au côté de Nicolas Sarkozy.

"Je sais que ce qui s'est passé ne peut pas être effacé. Cependant il y a une force, une force qui nous aide, qui peut nous aider à supporter ce qui s'est passé. Cette force, c'est la réconciliation", a-t-elle déclaré.

"Cette force de la réconciliation nous permet d'affronter de nouveaux défis et vraiment d'assumer nos responsabilités", a-t-elle ajouté, citant des défis tels que la crise économique, la nouvelle économie, l'ordre social, la protection de l'environnement, le combat contre la pauvreté.

"La réconciliation et l'amitié franco-allemandes sont un cadeau, la liberté sur le continent européen est un miracle, et nous savons très bien combien cela a coûté", a-t-elle encore affirmé, prononçant quelques paroles en français dont un "vive l'amitié franco-allemande".

Sarkozy plaide pour une association plus étroite avec l'Allemagne

Nicolas Sarkozy préconise, mercredi 11 novembre, place de l'Etoile à Paris, devant Angela Merkel, une "association de plus en plus étroite" des politiques de la France et l'Allemagne.

"Nous partageons les mêmes valeurs, la même ambition pour l'Europe, la même monnaie", a lancé le chef de l'Etat français lors de la cérémonie de commémoration de l'armistice de la Grande Guerre en présence de la chancelière allemande. "Dès lors, il est naturel que s'organise l'association de plus en plus étroite de nos politiques", a poursuivi le président. "L'amitié de l'Allemagne et de la France est un trésor. Nous devons à nos parents qui ont tant souffert de tout faire pour préserver et faire fructifier ce trésor". "Nous le devons à tous les peuples du monde", a poursuivi Nicolas Sarkozy.
Le président français et la chancelière ont déposé ensemble une gerbe sur la tombe du soldat inconnu, dont ils ont ranimé la flamme, sous l'Arc de triomphe, où l'hymne national allemand a retenti après La Marseillaise. "En ce 11 novembre nous ne commémorons pas la victoire d'un peuple contre un autre mais une épreuve qui fut aussi terrible pour l'un comme pour l'autre", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Angela Merkel a pour sa part déclaré que le 11 novembre était aujourd'hui "une journée de la paix en Europe", tandis que le jour de la chute du Mur était "le symbole de la liberté. Nous devons défendre nos valeurs - la démocratie, les droits de l'homme, la solidarité européenne et le partenariat transatlantique. Voici notre mission".

"L'Allemagne et la France sont prêtes à mener cette mission à bien ensemble", a ajouté la chancelière. "C'est ensemble que nous arriverons à relever les défis d'aujourd'hui et de demain […]. Je crois que la coopération doit être de plus en plus étroite de façon à pouvoir relever tous ces défis."

Bernard Laporte règle ses comptes politiques 2

Dans son livre "Un bleu en politique" (Presses de la Cité), l'ex-secrétaire d'Etat aux Sports raconte ses vingt mois au sein d'un gouvernement où il fut, un peu trop à son goût, "le collègue qui distribue des places" de foot ou de rugby. Extraits.

Laure et le président

"La première sportive à franchir la porte de mon bureau, c'est Laure Manaudou. Didier Poulmaire, son agent et avocat, l'accompagne. On est fin 2007. La jeune championne, titrée aux Jeux d'Athènes 2004 sur 400 mètres nage libre, a le visage des mauvais jours : tête basse, regard désabusé, elle semble perdue.

De fait, elle l'est. Après avoir quitté, au printemps précédent, son entraîneur de toujours, Philippe Lucas, et le club du Canet-en-Roussillon pour vivre sa romance avec Luca Marin à Turin, Laure est rentrée en France au cours de l'été. Déterminée à y rester, elle doit aussi assumer ses obligations contractuelles. L'imbroglio fait les choux gras de la presse française et transalpine. Empêtrée dans ce bourbier médiatico-économico-sportif, elle semble écoeurée par les événements [...] L'idée me vient d'appeler le président de la République, qui adore les sportifs et aura à coeur de lui remonter le moral. Nicolas Sarkozy décroche.

— Tu es avec Laure ? Passe-la-moi, je vais lui dire deux mots pour qu'elle sache que je suis de tout coeur avec elle.

Et, pour la première fois depuis le début de l'entretien, le visage de Laure s'illumine d'un sourire. Je ne sais pas quels propos lui a tenus le chef de l'Etat, mais ça l'a regonflée.

"Je ne suis pas le père... "

"Complices, nous l'étions. Rachida Dati aimait mon humour et je la trouvais attachante. Notre amitié –car c'est bien d'amitié qu'il s'agissait – était instinctive. Générationnelle, aussi : je suis d'un an seulement son aîné. Elle se confiait volontiers à moi, je l'écoutais, je savais que c'était dur. Professionnellement, bien sûr : elle a été attaquée de toutes parts, tantôt sur ses diplômes qu'elle n'avait prétendument pas obtenus, tantôt sur ses compétences au ministère de la Justice. Mais aussi sentimentalement : célibataire à plus de 40 ans, ce n'est pas toujours simple.

Nous ne nous voyions pas souvent. Nous nous croisions dans les réceptions officielles ou au Conseil des ministres. Et il nous arrivait de nous retrouver à 7 heures du matin pour un footing avec Eric Besson, alors secrétaire d'Etat chargé de la Prospective et de l'Evaluation des politiques publiques, et nos escortes de sécurité. Nous chaussions nos baskets au pied de la tour Eiffel pour nous défouler sur le Champ-de-Mars. Elle court bien, Rachida. Elle a du souffle. Et de l'allant. Mais notre amitié se fracasse sur la rumeur.

Le dimanche 5 octobre 2008, c'est la fête européenne du sport. Les animations se déclinent dans toute la France, mais la ­manifestation la plus importante a lieu sur le Champ-de-Mars, en présence de la plupart des médaillés olympiques de ­Pékin. Avant de m'y rendre, je fais un crochet par le VIIe arrondissement de Paris. La maire, c'est Rachida Dati. Nous nous asseyons côte à côte. Dans quelques minutes, je vais prendre la parole. Je ne veux pas la surprendre, alors je lui glisse à l'oreille:

— Je vais dire que je ne suis pas le père de ton enfant.

En rigolant, elle me met au défi.

— T'es pas cap !

Elle sait que je vais le faire. Droit dans mon costume, cravate soigneusement nouée, je prononce mon discours sur le sport, "langage universel, vecteur d'amitié et de solidarité". Le discours terminé, je dis enfin ce qui me brûle les lèvres :

— Non, je ne suis pas le père de l'enfant que porte Rachida Dati.

L'ambiance est sympathique et tout le monde rit, Rachida la première. Il n'y a dans cette annonce aucune animosité à son encontre. [...]

Le pire, hélas, reste à venir. Onze jours plus tard, le 16 octobre, Arlette Chabot reçoit ­Rachida Dati dans son émission, A vous de juger. Elle lui demande :

— Qu'est-ce que ça mérite ? Un sourire ? Une gifle ? Il est drôle ou il est franchement grossier, Bernard Laporte ?

Elle répond, cinglante:

— Ça ne mérite aucun commentaire.

Alors que j'ai toujours pris sa défense, j'ai été déçu : à ce moment précis, je l'ai trouvée fausse. Elle a manqué de solidarité à mon égard. Mais, quoi qu'il arrive, je la défendrai toujours. Et je lui souhaite bonne chance dans sa carrière politique.

Mais mon démenti, loin de calmer la tempête, a déclenché les passions. Après Rachida Dati, c'est Bernard-Henri Lévy qui sonne la charge. Invité du Grand Journal de Canal +, le pseudo-philosophe ne mâche pas ses mots.

– Cette bande de petits mâles et de porcs qui défilent pour faire des communiqués de presse, pour dire qu'ils ne sont pas le père de l'enfant de Rachida Dati, c'est absolument immonde ! Mais enfin, un gentleman ne dit rien, si tant est qu'il soit suspecté, vitupère-t-il.

[Bernard Laporte appelle alors BHL.] Culotté, il me soutient qu'il y a un malentendu, que ce ne sont pas les propos qu'il a tenus.

– Ce n'est pas possible, je n'ai pas pu dire cela, m'affirme-t-il.

Je rétorque:

– Mais j'ai le script entre les mains !

Décontenancé, il me demande s'il peut me rappeler ; il veut d'abord revoir l'émission. Un peu plus tard, il revient vers moi. Contrit et penaud, il s'excuse platement. Il m'explique qu'il n'aime pas José Maria Aznar, que son commentaire visait le Premier ministre espagnol, pas moi.

Il m'y aurait malencontreusement associé, emporté dans son élan. Je fulmine. Je n'en ai rien à faire, de ses excuses. [...]

– De quel droit vous permettez-vous de juger ? Que ce soit lui ou moi, peu importe, vous n'avez pas à jouer au donneur de leçons avec nous ! Vous ne savez même pas ce qui s'est passé et vous donnez votre avis. Je crois que vous vous êtes trompé, Monsieur, c'est vous, le porc. "

L'affaire de la Marseillaise

[Le 14 octobre 2008, l'hymne national est sifflé au Stade de France avant le match France-Tunisie.]

"A dire vrai, ces huées ne sont pas une surprise. Un peu plus tôt dans l'après-midi, les Renseignements généraux m'avaient informé qu'il fallait s'y attendre.

Mon directeur de ­cabinet, Hugues Moutouh, a alors pensé réussir un "coup" politique. Il a mis en place une stratégie réactive: il m'a conseillé de quitter la tribune présidentielle dès lors que le public siffle l'hymne national, de me draper dans ma dignité de secrétaire d'Etat et de m'indigner devant les micros tendus et sous les caméras. Nous étions convenus que je devais sortir au bout de quelques minutes.

Seulement voilà, quand la chanteuse Lââm entonne les premières mesures de La Marseillaise sous les huées du public parisien, je n'ai pas le courage de me lever. Le politique que je suis devenu devrait sortir, mais le sportif que je suis encore ne se sent pas capable d'abandonner "ses" mecs sifflés de toutes parts. Je ne pourrais pas me regarder dans un miroir, j'aurais l'impression de les avoir trahis, d'avoir été lâche. De ne plus être un homme. Je décide alors de rester, conforté en cela par Eric Besson, assis à côté de moi."

Kouchner: jamais un bonjour

"Je le croisais une à deux fois par mois en Conseil des ministres ou sur les bancs de l'Assemblée, jamais il ne m'a serré la main pour me dire bonjour. Sa condescendance ne m'est toutefois pas réservée. Lorsque j'ai raconté cela à mes parents, dont la culture socialiste n'est plus à louer, ils sont tombés des nues.

Mon père avait hissé Bernard Kouchner sur un piédestal, il partageait ses valeurs humanistes et de gauche. Kouchner était l'un de ses modèles, un homme respectable et respecté, un homme de gouvernement, aux convictions solides et au coeur généreux. En arrachant le masque, je lui ai fait de la peine. Les politiciens ne sont pas tous aussi estimables qu'il le pense."
Un bleu en politique, Presses de la Cité, 206 p., 19 €.

11 novembre. L’amitié franco-allemande est « un trésor » selon Sarkozy

Les cérémonies du 11 novembre se sont déroulées ce matin au pied de l’arc de Triomphe, en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel. L’occasion pour le président français Nicolas Sarkozy de saluer l’amitié entre les deux pays.

Le chef de l’Etat a préconisé, devant Angela Merkel, une « association de plus en plus étroite » des politiques de la France et l'Allemagne.
« L'amitié de l'Allemagne et de la France est un trésor. Nous devons à nos parents qui ont tant souffert de tout faire pour préserver et faire fructifier ce trésor », a-t-il encoré.

Une première

Avant cette cérémonie, Nicolas Sarkozy avait embrassé Angela Merkel sur le perron du palais présidentiel, deux jours après avoir célébré l’anniversaire de la chute du Mur de Berlin en sa compagnie.

C'est la première fois qu'un chef du gouvernement allemand participait au côté d'un président français à la commémoration de l'armistice de la guerre de 1914-1918, qui marque la défaite de l'armée allemande.

Le 22 septembre 1984, Helmut Kohl s'était toutefois déplacé à l'ossuaire de Douaumont (Meuse), bâti en hommage aux morts de la bataille de Verdun.

Fait exceptionnel, l'hymne allemand a retenti ce matin sous l'Arc de Triomphel. Après la Marseillaise, le Choeur de l'Armée française a entonné le Deutschlandlied (Chant d'Allemagne), alors que le président français et la Chancelière allemande se recueillaient devant le tombeau du soldat inconnu.

L'argent des sondages embarrasse l'Élysée

Profitant d'une nouvelle prérogative, les députés PS demandent une commission d'enquête sur une pratique sensible et coûteuse. Le président UMP de l'Assemblée a donné son accord.
Les faits. Le 16 juillet, la Cour des comptes s'étonne du contenu très succinct du contrat entre l'Élysée et des cabinets de communication. Des études, parfois reprises par LCI ou Le Figaro, sont commandées sans mise en concurrence. Le 23 juillet, les socialistes demandent une commission d'enquête.

Le 13 octobre, Christian Frémont, directeur de cabinet du président de la République, révèle que les sondages (Publifact, OpinionWay, Giacometti, Ipsos) ont coûté 3,28 millions d'euros en 2008 et 1,98 million en 2009.

Hier, le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a donné son feu vert à la commission d'enquête. La commission des Lois va pouvoir examiner « l'opportunité » ou non de cette commission d'enquête.

Les reproches du PS. Le montant des sommes ; la volonté « de manipuler l'opinion », selon Jean-Marc Ayrault, en testant, avec l'argent du contribuable, les thèmes qui auraient le meilleur impact politique ; le « non-respect des règles des marchés publics » ; les rapports de l'Élysée « avec certains médias ».

Réponse de l'Élysée : tous les présidents l'ont fait ; et c'est un comble de nous le reprocher, alors que nous faisons oeuvre de transparence.

Le débat. Jean-François Copé (UMP) est « profondément opposé ». François Sauvadet (Nouveau Centre) parle « d'inquisition de la part de la gauche ». La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, et l'Élysée font état de « problèmes institutionnels ». Pour eux, le pouvoir de contrôle du Parlement s'exerce sur l'action du gouvernement, pas sur celle de la présidence.

Rappelant que la présidence fait bien partie de l'exécutif, Jean-Marc Ayrault et Martine Aubry ironisent : « Alors, il faudrait arrêter tout rapport sur les comptes de l'Élysée ! » François Goulard (UMP, villepiniste) plaide le bon sens : « Refuser une commission d'enquête, ce serait une sorte d'aveu qu'il y a quelque chose à cacher. Puisqu'on prône la transparence, allons jusqu'au bout. »

Boomerang constitutionnel. La réforme constitutionnelle a donné des droits nouveaux à l'opposition. Dont un « droit de tirage » qui lui permet de déclencher une commission d'enquête, une fois par session, sauf opposition des 3/5 des députés.

Nicolas Sarkozy est donc victime, sur un sujet sensible, du renforcement du Parlement qu'il a lui-même voulu.

Interdire cette commission d'enquête remettrait en cause l'esprit même de la Constitution réformée. Pour Bernard Accoyer, dont la rigueur est saluée par les socialistes, ce serait « priver l'initiative parlementaire de tout sens ».

Premières baisses d'impôts en Allemagne

Le nouveau gouvernement allemand a adopté, lundi 9 novembre, un programme d'allègements fiscaux de 8,5 milliards d'euros par an, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Cette "loi d'accélération de la croissance" de la coalition de centre-droit, en place depuis un mois, doit encore être approuvée par les deux Chambres du Parlement.
La loi prévoit, entre autres, l'application du taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 7 % à l'hôtellerie et la restauration, une réforme des frais de succession qui doit faliciter la transmission des PME familiales, ou encore des réductions ciblées de l'imposition des sociétés. Le programme doit profiter en priorité aux entreprises, mais les familles percevront aussi 20 euros par mois et par enfant d'allocations familiales en plus.

Ces mesures seront "effectives rapidement" et constitueront "une impulsion positive à long terme pour la croissance", selon le ministère des finances. La nouvelle équipe gouvernementale a décidé de laisser filer les déficits au profit du soutien de la croissance, en dépit de la conjoncture économique. Très touchée par la crise, l'Allemagne devrait voir son économie se contracter de quelque 5 % cette année.

SCEPTICISME DES ÉCONOMISTES

L'augmentation des allocations familiales relève de "la démagogie pure", déclare à l'édition en ligne du quotidien Handelsblatt, Michael Hüther, chef de l'institut de recherche IW, et "n'est pas prioritaire pour le moment", où il conviendrait plutôt de soutenir les entreprises, et notamment de leur faciliter l'accès au crédit.

D'autres économistes affichent également le même scepticisme. De toute façon, commente Klaus Zimmermann de l'institut DIW, "les familles profiteraient plus d'une amélioration des offres de garde d'enfant". Pour lui, le programme décidé lundi "n'aura pratiquement pas d'effets sur la conjoncture, et surtout pas sur la croissance à long terme". L'économiste en chef de la banque Dekabank, Ulrich Kater, juge quant à lui les mesures "pas suffisantes pour créer une dynamique de croissance".

Outre les points décidés lundi, le programme de gouvernement des conservateurs de la chancelière Angela Merkel prévoit aussi une réforme structurelle de la fiscalité, qui doit se traduire par des allègements de 24 milliards d'euros par an à partir de 2011. Mais le gouvernement, sous le feu des critiques pour son intention de creuser encore plus les déficits, est de plus en plus discret.

Déficit : Paris prêt au bras de fer avec Bruxelles

La France juge impossible de revenir sous la barre des 3% de déficit en 2013, préférant s'en tenir à 2014.

Sur la question des déficits, le couple franco-allemand ne parle pas tout à fait d'une seule voix. Alors que l'Allemagne adopte une attitude vertueuse face aux injonctions de Bruxelles, la France se dirige vers un bras de fer en contestant les dates butoirs fixées par la Commission pour restaurer ses finances publiques.

Dans un document attendu ce mercredi, la Commission européenne s'apprête en effet à demander aux deux pays de ramener d'ici à 2013 leurs déficits dans la limite des 3% du PIB prévus par le pacte de stabilité. Réponse immédiate de Wolfgang Schäuble : «Réduire les déficits entre 2011 et 2013 correspond exactement à nos idées.» Le nouveau ministre allemand des Finances s'est attiré les louanges du commissaire aux affaires économiques Joaquin Almunia, qui a salué lundi son «réel engagement pour le pacte de stabilité».

Côté français, la réaction a été beaucoup plus fraîche, avec un tir groupé ce mardi pour contester le calendrier de Bruxelles. Passer sous la barre des 3% dès 2013 ? «Très difficile» pour le ministre du Budget Éric Woerth, «fort peu réaliste» selon sa collègue de l'économie Christine Lagarde.

La France est actuellement «en discussions» avec la Commission et comme le gouvernement refuse d'augmenter les impôts, «il me semble difficile d'arriver en 2013 en dessous de 3%», a ajouté la ministre française. L'objectif français, tel que fixé par le premier ministre François Fillon la semaine dernière, est bien de revenir sous la barre des 3%, mais en 2014 seulement. Certes, les deux pays ne partent pas du même niveau : même si l'Allemagne a connu une récession plus sévère, elle accusait avant la crise une dette publique moins lourde que la France ; et son déficit ne devrait atteindre «que» 5% du PIB en 2010, contre plus de 8% en France, selon les prévisions de la Commission.

Délai d'un an

Le bras de fer qui se profile côté français risque de prodigieusement agacer à Bruxelles, qui accorde déjà un délai d'un an à Paris en reportant à 2013 la date butoir pour revenir dans les clous de Maastricht. D'autant plus que ce sujet se greffe sur un autre potentiellement délicat, en l'occurrence le grand emprunt, qui pourrait avoisiner les 35 milliards d'euros selon les déclarations d'Alain Juppé, l'un des deux coprésidents de la commission chargée de réfléchir aux dépenses d'avenir qui seront financées par cet emprunt.

Justement, côté français, on fait valoir que les capitaux levés financeront des projets d'investissement et que l'emprunt pourrait être structuré de façon à ne pas alourdir la dette au sens des critères de Maastricht. Mais, de son côté, la Commission y voit avec inquiétude un autre facteur potentiel de dégradation budgétaire.

Or, laisser filer les finances publiques n'est pas anodin, avertit-on de source européenne, en soulignant que la charge de la dette phagocyte déjà en France l'équivalent des recettes de l'impôt sur le revenu et qu'elle risque de peser plus que l'éducation dans le budget 2011.

La France est pour l'instant la seule à contester le calendrier posé par Bruxelles. La crainte est que d'autres pays ne s'engouffrent dans la brèche - un casse-tête, alors que 20 des 27 États membres de l'UE font déjà l'objet d'une procédure de déficits excessifs et que la Commission juge nécessaire que chacun commence à remettre de l'ordre dans ses finances en 2011 au plus tard.

Sois riche et dépense

Sauf si vous êtes britannique et vous appelez Ben Southall, vous avez raté le meilleur job du monde – souvenez-vous : un CDD de six mois passés à se balader sur une île australienne paradisiaque – proposé par le gouvernement australien. Tout n'est pas perdu, puisqu'un site de commerce en ligne s'offre un coup de pub en proposant ce qu'il qualifie de "deuxième meilleur job du monde".
Le principe : être payé environ 3 500 euros nets pour dépenser les 10 000 euros alloués en shopping pendant un mois dans sept grandes villes du monde, le tout logé dans des hôtels de luxe et transporté en classe affaires. De Paris à New York en passant par Londres, de Milan à Berlin en passant par Tokyo ou Hongkong, le candidat retenu devra "trouver les meilleurs plans, comparer les cultures shopping" et raconter le tout sur un blog.

Les candidats, âgés de plus de 18 ans, peuvent se faire connaître jusqu'au 14 décembre. Ils doivent parler français, anglais ou allemand, remplir un quiz du niveau du "Juste prix" sur le site du comparateur de prix, réaliser une vidéo de 60 secondes et déposer un CV. Alors que les candidatures sont ouvertes depuis une semaine, 3 000 personnes ont franchi au moins une des étapes requises dans les trois pays concernés : France, Angleterre et Allemagne.

Parmi les vidéos déposées par les candidats, certaines sont des lettres de motivation animées, comme celle de Vahiana, des CV vidéo comme le clip de Marie-Paola, relèvent de la méthode Coué, comme pour Daniel, ou vous mettront juste de bonne humeur comme celle de Marie-Julie.

La Suède convoque un sommet extraordinaire de l'UE pour le 19 novembre

L'Union européenne tiendra, le 19 novembre, un sommet extraordinaire à Bruxelles pour désigner son président et son haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, annonce mercredi la présidence suédoise de l'UE. "Après une série de consultations préalables avec ses collègues chefs d'Etat et de gouvernement, le premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt, a décidé de réunir un sommet informel extraordinaire le 19 novembre", déclare Roberta Alenius, la porte-parole du premier ministre suédois.
Dans une interview accordée au Financial Times, Fredrik Reinfeldt, déclare que le premier président du Conseil européen, élu pour deux ans et demi, sera très certainement un ancien chef de gouvernement ou un dirigeant en exercice."Mes discussions montrent qu'il est important d'avoir un bon équilibre dans le choix des postes", ajoute Fredrik Reinfeldt dans une interview au quotidien suédois Dagens Nyheter."L'équilibre gauche-droite est très important pour beaucoup, mais aussi entre grands et petits pays, entre Nord et Sud, hommes et femmes", ajoute-t-il. Plusieurs pays européens, dont la France, espéraient pouvoir boucler les négociations dès cette semaine.

Le choix des postes de président et de chef de la diplomatie de l'UE s'annonce plus compliqué à boucler que prévu, aucun nom ne faisant encore consensus alors que Londres continue à soutenir mordicus son ancien premier ministre, Tony Blair. Le favori pour le poste de président du Conseil européen reste le chef du gouvernement belge, le chrétien-démocrate Herman Van Rompuy, soutenu par Paris et Berlin, selon des diplomates. Les autres noms évoqués pour la présidence de l'UE sont le Néerlandais Jan Peter Balkenende, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker et la Lettone Vaira Vike-Freiberga. Pour la fonction de haut représentant, l'ancien premier ministre italien de gauche Massimo D'Alema est cité comme alternative possible.

Bernard Laporte vide son sac

INFO LEFIGARO.FR -Dans «Un Bleu en politique» - son autobiographie qui paraît jeudi aux Presses de la cité et que Lefigaro.fr a pu se procurer -, L'ancien secrétaire d'Etat aux Sports critique les députés et tacle à nouveau Bernard Kouchner et Rachida Dati.

Bernard Kouchner, Rachida Dati et quelques autres en reprendront bien un peu pour leur grade. Dans «Un Bleu en politique» - son autobiographie qui paraît jeudi aux Presses de la cité et que Lefigaro.fr a pu se procurer -, Bernard Laporte tacle à nouveau ceux qu'il avait déjà écorchés lors de son éviction du gouvernement, en juin dernier, lors d'un remaniement dont il a fait les frais.

Au sujet du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner : «Réfractaire au nouveau venu (...), jamais il ne m'a serré la main pour me dire bonjour. Sa condescendance ne m'est toutefois pas réservée». Et Laporte de poursuivre : «Aux yeux de Bernard Kouchner comme à d'autres, je passe pour un bouseux, un rustre, un bouffon même, n'ayons pas peur des mots. (...) Je suis l'homme lige de Nicolas Sarkozy, celui à qui l'on donne un ministère sans qu'il ait rien demandé. En un mot, je n'ai aucun mérite.»

A propos de Rachida Dati et du «buzz» provoqué à l'époque de l'annonce de la grossesse de l'ex-garde des Sceaux, il se dit d'abord «complice» d'elle. «Notre amitié - car c'est d'amitié qu'il s'agissait - était instinctive», écrit Bernard Laporte. «Mais notre amitié se fracasse sur la rumeur.» Et l'ancien secrétaire d'Etat de regretter l'attitude qu'a eue Rachida Dati sur le plateau de France 2, le 16 octobre 2008, répondant sèchement que le démenti de Bernard Laporte ne «méritait aucun commentaire». «Alors que j'ai toujours pris sa défense, j'ai été déçu : à ce moment précis, je l'ai trouvée fausse. Elle a manqué de solidarité à mon égard», tranche Laporte.

Il revient aussi sur une «passe d'armes» avec le philosophe Bernard Henri-Lévy, dont il avait dit en juin dernier qu'il était «quelqu'un que je ne voudrais plus jamais croiser», avant de s'en prendre longuement à Marie-George Buffet, ministre des Sports sous le gouvernement Jospin. «Qu'a-t-elle fait, pendant ses cinq longues années, sinon promouvoir sa propre carrière politique ?», s'interroge-t-il notamment à propos de celle qui a «éructé contre [s]a politique dans l'hémicycle».

«Des coups bas, fumants et nauséabonds...»

L'hémicycle de l'Assemblée, c'est justement ce que Bernard Laporte semble avoir le moins apprécié de sa mission. «L'Assemblée nationale, c'est un cirque. Les députés beuglent à qui le mieux, le brouhaha est tel qu'on ne parvient jamais à déterminer d'où partent les coups. Ce sont des coups bas. Fumants et nauséabonds. Je suis choqué par ce que je vois, ce que j'entends (....), je suis outré. Ecoeuré.» Et d'enfoncer le clou : «Les hommes politiques sont censés avoir de la tenue, sinon de la classe, et je découvre là l'envers du décor. Il n'y a aucune élégance dans les propos qui fusent des bancs de l'opposition. Rien que de la lâcheté».

Réaffirmant en revanche toute son admiration à l'égard de Nicolas Sarkozy, Bernard Laporte précise en outre : «mes convictions ne reposent pas sur des idées (...) : ce sont les hommes qui me font vibrer». Rien ou presque, en revanche, sur son avenir en politique. L'ancien secrétaire d'Etat rapporte simplement d'un entretien avec Nicolas Sarkozy que celui-ci «souhaite que je continue en politique, en m'appuyant sur ma notoriété et ma popularité. Il évoque les régionales 2010, prochaine échéance électorale». Mais le week-end dernier, Xavier Darcos, tête de liste en Aquitaine, a affirmé que Bernard Laporte ne sera pas candidat dans sa région, justifiant que celui-ci «a d'autres projets en région parisienne».

Mme Merkel veut soutenir la croissance, "quelles que soient les résistances"

La détermination. C'était le maître mot du premier grand discours d'Angela Merkel devant les députés allemands du Bundestag depuis son investiture le 28 octobre. Lors de cette allocution, prononcée mardi 10 novembre, la chancelière chrétienne démocrate, encore auréolée du succès des cérémonies d'anniversaire des vingt ans de la chute du mur, a défendu avec une vigueur rare les projets de son gouvernement CDU-FDP.
Mme Merkel, toute vêtue de noir, a voulu montrer qu'elle est investie d'une mission particulière dans cette période de sortie de crise. "L'Allemagne est confrontée à un test comme elle n'en a pas vécu depuis la réunification", a-t-elle annoncé dès le début de son intervention.

Pour répondre aux difficultés économiques qui "vont d'abord augmenter" et "donner une nouvelle force à l'Allemagne", elle a fixé cinq priorités pour les quatre années à venir : surmonter les conséquences de la crise, restaurer la confiance des citoyens dans l'Etat, répondre au défi du vieillissement démographique, définir un cadre pour la gestion des ressources naturelles, définir un nouvel équilibre entre la sécurité et la liberté.

Mesure phare de son programme, le choix controversé de baisser les impôts et de laisser filer les déficits budgétaires : "Nous avons choisi une autre voie, nous devons tout faire pour créer une croissance nouvelle et forte", a-t-elle asséné. Pour mieux prouver sa détermination, la chancelière assure qu'elle maintiendra ce cap "quelles que soient les résistances". Outre les partis d'opposition, plusieurs ministres présidents de son camp protestent contre ces projets.

Elle s'est montrée tout aussi ferme sur la question des systèmes sociaux. Si la retraite à 67 ans constitue "un premier pas", d'autres mesures "durables" doivent être prises.

De même, la chancelière a plaidé avec véhémence pour une réforme de l'assurance maladie et de l'assurance dépendance. Le nouveau gouvernement souhaite introduire des cotisations santé indépendantes des revenus des assurés et compléter l'assurance dépendance avec des éléments de capitalisation. "Il n'y a pas d'alternative à cette voie", résume t-elle.

Sur le sujet sensible du nucléaire, Mme Merkel a redit qu'elle était prête à rallonger la durée d'activité des centrales. "C'est une partie indispensable de notre concept énergétique", a-t-elle déclaré sous les huées des députés verts.

Elle n'a pas oublié de soigner son image sociale, en s'engageant à respecter l'autonomie des partenaires sociaux et à faire interdire les salaires immoraux.

PREMIER PAQUET DE MESURES

Pour montrer que sa nouvelle coalition de centre droit agit rapidement, la chancelière avait fait adopter en conseil des ministres, dès lundi 9 novembre, un premier paquet de mesures en faveur d'allègements fiscaux d'un montant de 8,5 milliards d'euros à partir de 2010. Au menu, une hausse du rabais fiscal pour les familles et des allocations familiales, une baisse de la TVA pour le secteur de l'hôtellerie et quelques modifications dans le système de taxation des entreprises.

En 2011, elle veut aller plus loin en réformant le système fiscal de manière à ce que les revenus des classes moyennes soient moins ponctionnés et que les familles voient leurs avantages fiscaux revalorisés.

En revanche, les députés sont restés sur leur faim en ce qui concerne l'application concrète des projets de réforme ou le financement des baisses d'impôts. Seules annonces précises : le gouvernement va prolonger le système du chômage partiel et veut faciliter les contrats à durée déterminée.

Lors du débat parlementaire qui a suivi, les partis d'opposition n'ont pas ménagé la chancelière. "Ce n'est pas un discours gouvernemental, c'est une énigme gouvernementale et vous n'avez même pas la solution", a fustigé le nouveau chef du groupe parlementaire SPD, Frank-Walter Steinmeier, qui faisait partie du gouvernement précédent de coalition en qualité de ministre des affaires étrangères avant de se retrouver dans l'opposition après les élections du 27 septembre.
Cécila Calla

En grande distribution, le bio beaucoup plus cher que le conventionnel

Les produits bio vendus en grandes surfaces coûtent 72 % plus cher que les produits conventionnels correspondants, selon une enquête menée par le magazine spécialisé Linéaires dans son édition de novembre.
Le magazine, qui rappelle que le marché du bio a connu une croissance officiellement mesurée à 25 % en 2008, pour un chiffre d'affaires estimé à 1 milliard d'euros en grandes et moyennes surfaces, a comparé les prix de plus de six cents "produits conventionnels et bio strictement comparables en termes de marque, de recette, et de format/conditionnement" dans quatre enseignes : Leclerc, Carrefour, Intermarché et Géant Casino, parmi "les plus impliquées dans la vente de bio", notamment via leur offre de produits de marques de distributeurs.

PRÈS D'UN PRODUIT SUR TROIS DÉPASSE LES 90 % DE DIFFÉRENTIEL

"Manger bio coûte en moyenne 72 % plus cher", conclut l'enquête qui dénonce le discours officiel prétendant que la différence de prix se situe autour de 20 %. De son côté, la directrice de l'Agence Bio, Elisabeth Mercier, interrogée par le magazine, explique : "Entre 20 et 30 % plus cher, c'est bien ce que me disent les responsables des enseignes à chaque fois que je les rencontre." Mais près d'un produit sur trois "dépasse les 90 % de différentiel", précise Linéaires.

Par catégories de produit, la charcuterie et le traiteur bio coûtent 95 % de plus, les fruits et légumes 90 %, l'épicerie sucrée 74 %, l'épicerie salée 73 % et la crémerie 57 %. Selon Yves Marin, fondateur du cabinet de conseil en distribution Dashkoma interrogé par Linéaires, la différence de prix s'explique de plusieurs manières : "Les enseignes positionnent l'offre bio en se posant la question : 'Quel prix le client est-il prêt à payer ?' Et en l'occurrence le bio touche une clientèle urbaine, âgée et CSP+, qui n'est pas très regardante sur les étiquettes", estime-t-il.

ALLEZ DONC CHEZ AUCHAN OU LE CLERC, ILS NOUS PRENNENT TOUJOURS POUR DES PIGEONS, MON ÉPICIER, MON LÉGUMIER, MON BOUCHER, NON. POURQUOI ?PARCE QU'ILS ME CONNAISSENT PARDI !

COMMENTAIRE POLITIQUE DE C. BARBIER

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Identité nationale : le PS refuse le débat

Fini les atermoiements et les propos hésitants ! Le porte-parole du Parti socialiste l’a promis, l’a juré : son mouvement ne participera pas au débat national lancé par le ministre Eric Besson. L’ennui, c’est qu’il n’est pas sûr que tous les élus socialistes l’entendent de cette oreille.

Est-ce parce qu’il cultive son opposition systématique depuis que son porte-parole, Benoît Hamon, se plaît à fustiger haut et fort le bilan « le plus catastrophique d’un président de la Ve République à mi-mandat » et à dénoncer un pays « en pleine régression » ? Est-ce parce qu’il craint de se faire « déborder » sur un thème qui l’embarrasse ? Ou bien est-ce parce qu’il se sent affaibli au point de devoir privilégier les positions de repli ?

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que « le Parti socialiste ne participera pas au débat sur l’identité nationale ». Benoît Hamon l’a clairement promis lors d’un « point de presse », assurant même que les élus socialistes laisseront sans réponse les convocations des préfets aux réunions qui se tiendront jusqu’au 31 janvier.
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A ses yeux, « aujourd’hui le mirage Nicolas Sarkozy ne fonctionne plus ». « On ne croit pas à ses déclarations répétées » et à « ce gouvernement de la gesticulation », précise-t-il, avant de faire valoir que la « pleine régression » de la France ne se traduit pas seulement en matière économique et social, mais encore sur les plans « éthique, de la démocratie et des libertés publiques ».

Pas question donc, selon lui, de débattre sur l’identité nationale dès lors qu’il y a une « asphyxie de tous les contre-pouvoirs – partenaires sociaux, presse, justice » et qu’au Parlement le patron des députés UMP, Jean-François Copé, « finit toujours couché » devant le chef de l’Etat… Par-delà ces récriminations générales, le porte-parole du PS invoque une raison particulière pour justifier le « non » définitif du PS : le changement de statut de La Poste. « L’UMP devrait commencer par respecter le service public qu’est La Poste, assène-t-il. C’est aussi un élément de notre identité nationale ! »

Un discours qui s’inscrit dans le droit-fil de propos récemment tenus par Martine Aubry. « Le problème de l’identité de la France, avait estimé la première secrétaire du PS sur RTL, c’est qu’aujourd’hui on casse ce à quoi nous tenons : notre modèle social, les services publics, la France des droits de l’homme, la France des libertés… » Martine Aubry avait alors jugé « malsain » le débat sur l’identité nationale proposé par le ministre de l’Immigration Eric Besson et prévenu que le PS n’y participerait pas.
Profonde division

Cependant, parmi les socialistes, les avis sont loin d’être consensuels et les positions « anticonformistes » démontrent, s’il en était encore besoin, la profonde division du parti. Ainsi, le député maire PS d’Evry, Manuel Valls, considère que « la gauche doit se réapproprier » la « question » de l’identité nationale. « Il ne faut pas refuser le débat par principe », a-t-il également souligné dans un entretien accordé à la revue Valeurs actuelles, après avoir fait valoir la nécessité de « trouver une nouvelle voie entre le raidissement de la droite et le discours traditionnel de la gauche compassionnelle qui pense qu’en étant seulement généreux on résout les problèmes ».

Enfin, Ségolène Royal a vivement exhorté la gauche à « ne pas rejeter » le débat et à « reconquérir les valeurs de la nation ». Mieux encore : elle a manifesté sa volonté de participer. A l’évidence, n’en déplaise à son porte-parole et à sa première secrétaire, le PS paraît toujours avoir de sérieuses difficultés d’ordre… identitaire.

QUEL DROLE DE PARTI POLITIQUE QUE CE PS QUI REFUSE TOUT DIALOGUE ?

Identité nationale - Le guide officiel “pour la conduite des débats locaux”

Dans sa circulaire envoyée aux préfets, le ministre de l’Immigration Eric Besson a défini les modalités de l’organisation du débat sur l’identité nationale, qui se déroulera jusqu’au 31 janvier. Avec en annexe un « guide pour la conduite des débats locaux ».

S’agissant du débat sur l’identité nationale, Eric Besson et ses services ont tout prévu. Non seulement la circulaire qui explique les « modalités pratiques » et enjoint chaque préfet de « prendre l’initiative d’organiser au moins une réunion par arrondissement ». Mais encore, en annexe, un « guide pour la conduite des réunions », destiné à faciliter la tenue des débats locaux, « ouverts au public dans toute la mesure du possible » (« aux Français comme aux étrangers »).

Voici quelques-unes des nombreuses questions fournies sous forme de listes non limitatives et destinées à amorcer les discussions

Pour vous, qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ?

Pourquoi nous sentons-nous proches des autres Français, même sans les connaître ?

Quels sont les éléments de l’identité nationale ?
Nos valeurs ? Notre universalisme ? Notre histoire ? Notre patrimoine ? Notre langue ? Notre culture ? Notre territoire ? Nos paysages ? Notre agriculture ? Notre art culinaire ? Notre vin ? Notre art de vivre ? Notre architecture ? Nos églises et nos cathédrales ? Notre industrie ? Nos hautes technologies ? Ce que nous avons fait ensemble ? Ce que nous voulons faire ensemble ?

Quels sont les symboles de l’identité nationale ?
Le drapeau bleu blanc rouge ? L’hymne national : La Marseillaise ? Marianne ?

Pourquoi intégrer les ressortissants étrangers accueillis dans notre République, puis dans notre communauté nationale ?

La cohabitation entre communautés vivant séparément est-elle possible dans notre République ? La cohabitation entre communautés vivant séparément est-elle possible dans notre nation ? Notre République est-elle multiculturelle ? Faut-il imposer un niveau minimal de pratique de la langue française pour entrer dans notre République ? Faut-il imposer un niveau minimal de pratique de la langue française pour accéder à notre communauté nationale ? Faut-il imposer un niveau minimal de connaissance des valeurs de la République pour entrer dans notre République ? Faut-il imposer un niveau minimal de connaissance des valeurs de la République pour accéder à notre communauté nationale ?

Quelques événements du 11 NOVEMBRE

11 novembre 711
Bataille de Xérès. Elle eut lieu, en réalité, au sud de Cadix et allait avoir une importance primordiale sur la civilisation occidentale. Ce jour-là, les Maures, victorieux des Wisigoths, allaient prendre pied en Espagne et occuper la péninsule durant près de huit siècles.

11 novembre 1500
Traité de Grenade, scellant le partage du royaume de Naples entre les rois Louis XII et Ferdinand d'Aragon.

11 novembre 1729
Naissance du navigateur français Louis-Antoine de Bougainville. D'abord avocat au Parlement de Paris, il sera ensuite envoyé en tant qu'aide de camp au Canada pour soutenir Montcalm en 1756 dans la guerre contre les Anglais. Il deviendra colonel d'un régiment d'élite avant de revenir en France où il sera nommé aide de camp de Choiseul. Avec l'accord du roi de France, il tentera de créer avec des commerçants de Saint-Malo un établissement dans les Iles Malouines, mais devra renoncer à son projet devant la résistance des Espagnols qui convoitent ces îles. Louis XVI le chargera alors de mener une expédition scientifique et lui donnera le commandement de la frégate La Boudeuse et de L'Etoile. Bougainville quittera Saint-Malo le 15 novembre 1766 pour revenir le 16 mars 1769, après avoir méticuleusement exploré de nombreuses côtes, et notamment découvert dans le Pacifique un groupe d'îles s'étendant sur plus de 500 kilomètres qu'il baptisera Archipel Dangereux. Il projettera un second voyage de découverte au Pôle Nord qu'il ne pourra réaliser, et publiera alors le récit de son premier voyage qui sera accueilli avec enthousiasme. Il éclairera ainsi scientifiquement la géographie de l'Océan Pacifique et les moeurs et coutumes des populations rencontrées lors de ce long périple.

11 novembre 1821
Naissance de Dostoïevski à Moscou. Ecrivain, il deviendra membre d'un mouvement révolutionnaire en 1849, puis sera condamné à mort, avant d'être gracié et exilé en Sibérie.

Sarkozy et Merkel posent pour l’amitié franco-allemande

Le président Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel commémorent ensemble aujourd’hui la fin de la Première Guerre mondiale, en pleine lune de miel franco-allemande.
Un chancelier allemand et un président français côte à côte se recueillant sur la tombe du Soldat inconnu. C’est l’image symbole de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 aujourd’hui (mercredi) sous l’Arc de Triomphe. Deux jours après avoir participé au 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, le président français veut faire de cet événement un nouveau temps fort de l’amitié franco-allemande.

C’est la première fois qu’un chancelier allemand participe aux cérémonies du 11 Novembre, alors que le dernier « poilu » français, Lazare Ponticelli, est mort l’an dernier à l’âge de 110 ans. Pour Nicolas Sarkozy, « le temps (est) venu de nous retrouver avec Angela Merkel à Paris pour nous souvenir ensemble de ces souffrances, pour honorer la mémoire des combattants et célébrer la paix à laquelle ils rêvaient au fond de leurs tranchées ». Le chef de l’Etat offrira à cette occasion à la chancelière une monnaie commémorative de l’événement. En argent pur, cette pièce de collection d’une valeur de 500 euros représente, sur une face, la déesse Europa, symbole de la construction européenne, et célèbre, sur son revers, la chute du mur de Berlin.
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Gare toutefois aux fausses notes. Car la signature de l’armistice de 1918 marque aussi la défaite de l’armée allemande. Le déroulé de la cérémonie a donc été étudié de près afin de ne froisser la susceptibilité de personne.
Ce n’est qu’après avoir honoré, entre Français, la mémoire du « Père la Victoire », Georges Clemenceau, que le président français retrouvera ce matin son invitée sous l’Arc de Triomphe pour y raviver ensemble la flamme du tombeau du Soldat inconnu. Tous deux prononceront ensuite une courte allocution.
« Retour aux fondamentaux »

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L’image rappellera sans nul doute celle du président François Mitterrand et du chancelier Helmut Kohl main dans la main sur le site de la bataille de Verdun, le 22 septembre 1984. Vingt-cinq ans plus tard, Nicolas Sarkozy n’a pas connu l’occupation allemande, et la chancelière a grandi et vécu le début de son âge adulte en l’Allemagne de l’Est. Mais le couple franco-allemand, en dépit des ratés, reste le moteur principal de la construction européenne.

Souvent décrite comme difficile, la relation entre les deux dirigeants semble même connaître depuis quelques mois une véritable « lune de miel ». Ils multiplient les initiatives communes, de la régulation financière à la lutte contre le réchauffement climatique, et font assaut d’amabilités. L’Allemande a ainsi inauguré il y a quelques jours son nouveau mandat de chancelière à Paris, rendant la politesse au Français, qui s’était rendu à Berlin juste après son investiture en 2007.

« C’est vrai qu’au début de son mandat Sarkozy a semblé vouloir s’appuyer un peu plus sur la Grande-Bretagne, mais la crise a tout effacé, note un ministre français. Aujourd’hui, c’est le retour aux fondamentaux, et les fondamentaux en Europe, c’est le couple franco-allemand. »

Le geste symbolique du 11 Novembre pourrait être le prélude à un nouveau renforcement des relations franco-allemandes. Selon le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, un poste de ministre franco-allemand, siégeant dans les gouvernements des deux côtés du Rhin, pourrait voir le jour en janvier.

LE RÉCHAUFFEMENT PAR LE SUD

Plusieurs études confirment que les pays pauvres seront les premières victimes du changement climatique, alors même que, faibles émetteurs de gaz à effet de serre, ils en sont les moins responsables. Une étude publiée début septembre 2009 par Maplecroft, un cabinet britannique d'expertise des risques globaux, montre que les pays les plus vulnérables au réchauffement sont la Somalie, Haïti, l'Afghanistan et la Sierra Leone. Des vingt-huit pays exposés à un "?risque extrême ", vingt-deux sont situés en Afrique subsaharienne.A Manille, au même moment, la Banque asiatique de développement présentait les résultats d'une enquête concluant que la fonte des glaciers de l'Himalaya menace la sécurité alimentaire et la disponibilité en eau des 1,6 milliard d'habitants d'Asie du Sud. A New York, Rob Vos, directeur du département des affaires économiques et sociales de l'ONU, a jugé que, "?si l'on ne réduit pas les émissions de GES de façon significative, les dommages causés à l'économie des pays pauvres seront dix fois supérieurs à ceux enregistrés dans les pays développés?". M. Vos commentait le rapport publié par son département. Selon les conclusions, il faudrait investir chaque année, dans l'atténuation du changement climatique et l'adaptation à ses effets, de l'ordre de 1?% du produit intérieur brut (PIB) mondial, soit plus de 500 milliards de dollars.

Quelques mois plus tôt, en mai 2009, l'ONU avait publié un rapport issu de la Stratégie internationale de réduction des risques, lancée en 2000. Le document opère la première synthèse des connaissances sur les désastres naturels qui se sont produits entre 1975 et 2008. S'il reconnaît ne pas être exhaustif, le texte n'en représente pas moins une masse de connaissances unique.

Entre 1975 et 2008, il dénombre 8?866 désastres ayant tué 2?284?000 personnes. Concernant les inondations, le risque mortel a augmenté de 13?% entre 1990 et 2007. Le tableau n'est pas, si l'on ose dire, uniformément catastrophique. Certes, le nombre absolu des pertes humaines ou économiques augmente sur l'ensemble de la période, mais il reste proportionnellement stable, du fait de l'augmentation démographique et de celle du PIB mondial.

Mais, selon les experts de l'ONU, la situation devrait se dégrader, en raison du changement climatique et de la dégradation des écosystèmes. Celle-ci est un facteur trop ignoré. Or ces derniers parviennent à amortir l'impact des catastrophes d'origine naturelle. Quant au changement climatique, il va augmenter le risque des désastres. La vulnérabilité des populations est l'un des autres facteurs qui accentuent les risques. L'action des pouvoirs publics (normes antisismiques, etc.) devient cruciale?: le Japon et les Philippines subissent à peu près le même nombre de typhons, mais ceux-ci provoquent 17?fois plus de morts aux Philippines qu'au Japon.
Hervé Kempf

FO : "La RATP fait tout pour faire pourrir les négociations"

Les conducteurs RATP et SNCF de la ligne B du RER ont annoncé, mardi, la reconduction de leur grève pour la journée du mercredi 11 novembre. Didier Larrigaldie, ancien mécanicien d'entretien à la RATP et aujourd'hui délégué général de RATP-FO, explique pourquoi le dialogue social est paralysé.
En cause, notamment, les conditions du passage à l'interopérabilité. Auparavant, les chauffeurs de la RATP conduisaient les RER sur les parties exploitées par la RATP jusqu'à gare du Nord, où les cheminots de la SNCF prenaient le relais sur le reste de la rame. Jugé trop long et inefficace, ce système a été supprimé au profit d'un même conducteur – RATP ou SNCF – sur toute la ligne.

Autour de quelles revendications le conflit se cristallise-t-il ?

Le passage à l'interopérabilité a été source de tensions, les deux entreprises n'ayant pas négocié les mêmes avantages pour les agents RATP et pour les cheminots. Aujourd'hui, les conducteurs de RER de la RATP reçoivent une prime mais on souhaiterait que cette prime soit incluse dans nos salaires, pour qu'une fois retraités, celle-ci augmente un peu nos revenus. A ce problème spécifique à la ligne B, viennent s'ajouter des revendications concernant nos conditions de travail : des plannings de plus en plus serrés, pas d'embauche de nouveaux conducteurs, probablement aucune augmentation des salaires sur 2009, et un sentiment général de ras-le-bol de la part des syndicats qui ont le sentiment de ne pas être pris au sérieux.

Pourquoi le dialogue avec la direction est-il si difficile à mettre en place ?

On constate déjà un gros problème à ce sujet sur les lignes A et B du RER depuis maintenant plusieurs années. On a connu, en trois ans, trois directeurs de la branche RER, ce qui n'aide pas au dialogue. La directrice générale adjointe de la RATP, également directrice des ressources humaines, est partie début octobre et n'a toujours pas été remplacée : le directeur de la RATP, M. Mongin, est tout seul. On a le sentiment qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion. L'entreprise essaie de colmater les brèches, mais dans le processus de négociations, on enchaîne les petites réunions insignifiantes, et au final rien n'avance. La RATP fait tout pour faire pourrir les négociations. Les syndicats, face au "laisser-faire" de la direction, ne peuvent qu'avoir recours à la grève pour être pris au sérieux.

Quelles solutions peuvent-être envisagées?

Il faut qu'une réelle discussion s'instaure, à la place de ce dialogue de sourds. Les syndicats se battent pour obtenir des réunions en ce moment, la direction fait semblant d'écouter mais ne s'en émeut pas plus que ça. Les réunions se poursuivent mercredi, et nous verrons quelle en sera l'issue. Aujourd'hui, on veut que le métier soit reconsidéré : un certain nombre d'aménagements ne coûterait rien et ne demande qu'un peu de volonté pour être mis en place.
Propos recueillis par Célia Héron

IL Y A DES CHÔMEURS EN FRANCE QUI CHERCHENT UN JOB, MÊME SANS PRIME, POURQUOI NE PAS LES FORMER À CE "DUR" MÉTIER D'AGENT DE LA RATP ?

11-Novembre: Merkel, première

Pour la première fois de l'Histoire, un dirigeant allemand, Angela Merkel, prendra part, sur les Champs-Elysées, aux cérémonies du 11-Novembre, aux côtés du président français, Nicolas Sarkozy.
Le couple-franco allemand marche dans les pas de l'Histoire cette semaine. Deux jours après les commémorations du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, conduites sans fausse note par Angela Merkel dans la capitale allemande en présence de Nicolas Sarkozy, la chancelière franchit le Rhin mercredi pour retrouver le président français sur les Champs-Elysées. Pour la première fois, un chancelier allemand a été convié à prendre part aux célébrations de l'armistice du 11-Novembre, 91 ans après la fin de la Grande guerre.

Les deux dirigeants déposeront ensemble une gerbe sur la tombe du Soldat inconnu, sous l'Arc de Triomphe, deux ans après la mort de Lazare Ponticelli, le dernier "poilu", et vingt-cinq ans après l'image hautement symbolique de François Mitterrand et Helmut Kohl, main dans la main, le 22 septembre 1984, sur le site de l'épouvantable bataille de Verdun. Le temps faisant son œuvre, les deux anciens pays ennemis sont aujourd'hui prêts à commémorer ensemble la "der des ders". Selon son entourage, Nicolas Sarkozy - qui, comme Angela Merkel est né après la Seconde guerre mondiale - aurait même l'intention de faire du 11-Novembre "une journée (…) de l'entente franco-allemande".
Un ministre franco-allemand?

Dans un message diffusé à l'occasion des célébrations qui auront lieu mercredi matin, le chef de l'Etat explique que "le temps était venu de nous retrouver aujourd'hui avec Angela Merkel à Paris pour nous souvenir ensemble de ces souffrances, pour honorer la mémoire des combattants et célébrer la paix à laquelle ils rêvaient au fond de leur tranchée". "Se souvenir des conflits passés, c'est aussi consolider le présent et préparer l'avenir", ajoute le chef de l'Etat, qui, lundi, avait,devant la porte de Brandebourg, tenu à achever son discours dans la langue de Goethe.

Si, depuis 2007, le tumultueux Nicolas Sarkozy entretient des relations douces-amères avec la placide Angela Merkel, les dernières séquences diplomatiques entre le Français et l'Allemande se sont déroulées sans accroc. Dernier exemple en date, les deux pays devraient s'entendre sur un même nom concernant le futur président de l'Union européenne, introduit par le traité de Lisbonne. On est loin du "La France travaille, l'Allemagne réfléchit", formule prononcée par le locataire de l'Elysée le 24 novembre 2008 et qui avait provoqué l'indignation outre-Rhin.

De là à penser que les cérémonies du 11-Novembre ouvriront un nouveau chapitre dans les relations franco-allemandes, il n'y a qu'un pas aisément franchissable. Interrogé par Europe 1 vendredi dernier, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Pierre Lellouche avait déclaré que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel annonceront en janvier "un certain nombre d'initiatives". La plus spectaculaire d'entre elles pourrait être la nomination d'un ministre franco-allemand, siégeant à la fois dans le gouvernement des deux pays. Ce que des deux côtés du Rhin, on se garde bien de confirmer, l'heure étant d'abord au rendez-vous historique, mercredi, entre le président français et la chancelière allemande sur la plus belle avenue du monde.

Bruxelles met la France sous pression concernant les déficits

La Commission européenne compte mettre la pression sur la France afin qu'elle réduise son déficit public gonflé par la crise économique plus vite que ce que prévoit aujourd'hui Paris, en revenant dans les clous de l'UE dès 2013.

Bruxelles va lui donner mercredi seulement "un an de plus" pour ramener son déficit public sous la limite autorisée de 3% du Produit intérieur brut, ont indiqué des sources européennes à l'AFP. Soit 2013 au lieu de 2012 comme demandé au printemps, lors du lancement de la procédure pour déficit excessif contre la France.

Mais cette nouvelle date ne satisfait pas la France, qui table sur un plus long délai. Le Premier ministre français François Fillon a indiqué la semaine dernière qu'il prévoyait de ramener le déficit budgétaire "en dessous" de 3% "à l'horizon 2014" seulement.

Une nouvelle échéance déjà plus ambitieuse que celle inscrite dans le budget français pour 2010. Le gouvernement prévoyait jusqu'ici de ramener le déficit public du niveau record de 8,5% du PIB attendu l'an prochain à 5% en 2013.

"La France n'est pas d'accord" avec la recommandation prévue par la Commission, a indiqué clairement à l'AFP une source européenne.

"Il faut que ce soit réaliste pour que ce soit crédible", a insisté de son côté la ministre française des Finances Christine Lagarde, à l'issue d'une réunion lundi soir avec ses homologues de la zone euro. Une manière de signifier que la date de 2013 n'est guère tenable.

Pour ne rien arranger, la Commission veut par ailleurs prendre en compte le projet de grand emprunt français dans l'évaluation de la situation de déficit du pays. Alors que la France, qui n'y est pas favorable, fait valoir que sa "taille, sa finalité et sa gestion" ne sont pas encore définies.

Leur réservant le même traitement qu'à la France, la Commission a également décidé de "prolonger d'un an" le délai donné à l'Espagne, à 2013, ainsi que celui de l'Irlande, à 2014, et du Royaume-Uni, à avril 2015, en raison de "la détérioration de la situation économique", a indiqué une autre source européenne.

Pour la Grèce, la Commission, qui a demandé à Athènes de réduire son déficit dès 2010, a décidé d'enclencher la phase suivante de la procédure, progressant ainsi vers de possibles sanctions.

La France aurait pu se voir réserver le même sort que la Grèce si Bruxelles avait estimé qu'elle n'avait pas fait les efforts budgétaires demandés.

Quant à l'Allemagne, à laquelle la Commission donnera pour la première fois un délai mercredi: Berlin va se voir accorder jusqu'en 2013, comme la France, pour revenir sous les 3% de déficit.

Ces différentes échéances devront ensuite être entérinées par les ministres des Finances européens.

Ceux-ci restent encore prudents sur la date de démarrage de la réduction de leurs déficits. Ils prévoient de commencer en 2011 au plus tard, si le contexte économique le permet. Un objectif auquel a adhéré aussi la France, même si elle ne s'est pas montré la plus allante.

Paris est en revanche en pointe pour demander l'arrêt rapide des mesures de soutien public au secteur bancaire, compte tenu des gros profits de nouveau réalisés par les banques. Ou pour exiger à défaut que le prix à payer pour en bénéficier soit accru, selon un diplomate français.

Ce sujet sera discuté mardi par les ministres des Finances de l'UE, lors d'une réunion à Bruxelles.

La France a déjà annoncé la fin de la garantie exceptionnelle de l'Etat envers le secteur financier en 2010.