TOUT EST DIT

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jeudi 7 janvier 2010

Philippe Séguin, l'obsédé de la dette

Depuis 2004, le premier président de la Cour des Comptes, décédé ce jeudi, n'a eu de cesse de mettre les gouvernements en garde contre la dérive des finances publiques. C'était le dernier combat de Philippe Séguin.

Philippe Séguin, mort ce jeudi matin, était un obsédé de la dette. Depuis sa nomination comme premier président de la Cour des Comptes en juillet 2004, il n'avait eu de cesse d'alerter les gouvernements sur la lente dérive des comptes publics de la France. En juin 2005 il avait ainsi taclé l'équipe Raffarin : "la croissance pouvait offrir l'occasion d'une action plus en profondeur sur les dépenses, donc sur les déficits et sur la dette", mais sans réforme structurelle, "il y a lieu de craindre que l'amélioration de 2004 ne soit que passagère".

Un peu pessimiste pour le coup : les déficits ont tout de même été réduits pendant trois années consécutives, de 3,6% du PIB en 2004 à 2,3% en 2006. Et la dette avait été contenue, de 64,9% en 2004 à 63,7% en 2006. Sans doute pas suffisamment, pourtant. En 2006, dans un entretien à L'Express, le grizzly martèle sa philosophie : "le problème est probablement plus qualitatif que quantitatif. Si la dette résulte d'un effort d'investissement, bravo! Si, en revanche, elle n'est que le cumul de gestions dispendieuses, elle est à la fois inquiétante en elle-même et un indicateur de ladite mauvaise gestion". Et de poursuivre : "Il ne faut pas se tromper de thérapeutique. Comme dans un régime amaigrissant, le problème n'est pas simplement de résorber l'excès pondéral, mais de trouver les pratiques alimentaires qui empêchent de regrossir".

Avocat des réformes structurelles, Philippe Séguin n'aura eu de cesse de dénoncer les niches sociales et fiscales, qui font perdre chaque année des dizaines de milliards d'euros à l'Etat, et de déplorer les résultats insuffisants de la LOLF, cette réforme budgétaire qui devait permettre de frendre la dépense publique plus efficace. Malgré l'amélioration de la conjoncture, Philippe Séguin reprend donc son bâton de pèlerin en 2007 pour adresser un message aux candidats à l'Elysée, les appelant "à ne pas perdre de vue que la réduction du déficit et de la dette exige un effort durable" et à "amplifier" cet effort.

Il ne sera pas entendu. Avant même que la crise n'éclate, la dérive reprend : même si la dette se stabilise, fin 2007, le déficit gagne 0,4 point, et représente 2,7% du PIB. Dès lors, Philippe Séguin hausse le ton. En 2008, il menace de ne pas certifier les comptes de l'Etat et fustige l'isolement de la France au sein de l'Union européenne. "Il est difficile d'atteindre le soutien de nos voisins si nous sommes les seuls à ne pas nous plier à la discipline commune", prévient-il. Et même s'il défend l'idée d'un plan de relance, rendu nécessaire par la crise du siècle, il persiste et signe en janvier 2009 : "nous ne renoncerons pas à notre message fondamental sur les dangers de la croissance de la dette". Pour lui, la crise n'explique que la moitié du déficit. L'autre partie ? La baisse des impôts et l'incapacité à enrayer la dépense publique comme il le faudrait. Et de prévenir: "Si la maîtrise des dépenses s'avérait insuffisante, une hausse des prélèvements obligatoires serait inévitable". A l'heure où le déficit atteint 8% du PIB et la dette quelque 75%, mais où le gouvernement refuse l'idée même d'augmenter les impôts, les politiques savent quel serait le meilleur hommage à rendre à Philippe Séguin.

QUE RESTE-T 'IL DE SEGUIN ?

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Nicolas Sarkozy : "L'amour de la République de Séguin était inséparable de son amour de la France"

Nicolas Sarkozy a réagi, jeudi matin, à la disparition de Philippe Séguin , en marge d'un colloque.

"Philippe Séguin a occupé pendant trente ans une place centrale dans notre République. Il était le pur produit de cette République du mérite, qu'il chérissait. Son amour de la République était inséparable de son amour de la France. Le gaullisme avait gardé quelque chose de vivant avec lui. Le mot lui allait comme une évidence. Rien de ce qu'il entreprenait n'était médiocre. Il avait des convictions, de la hauteur de vue, du talent. Il était mon ami, un ami très proche. Il va nous manquer, beaucoup."

Plus tôt, l'Élysée a diffusé un communiqué, dont voici les principaux extraits :

"C'est avec une très grande tristesse et une très vive émotion que le président de la République vient d'apprendre la disparition soudaine de Philippe Séguin. Il tient à exprimer à sa famille sa sympathie la plus attristée et la part qu'il prend à son chagrin. Tous ceux qui l'ont connu et l'ont côtoyé, ses proches, ses amis, ses collaborateurs, garderont le souvenir d'un homme particulièrement attachant, d'un homme à l'intelligence rare, d'un homme au tempérament chaleureux et généreux, d'un homme entier et absolument passionné. (...) Philippe Séguin n'était pas homme à transiger avec ses convictions. Chacun a en mémoire son combat homérique lors de la campagne du référendum sur le traité de Maastricht, où il déploya ses remarquables capacités d'orateur pour défendre sa vision de la souveraineté du peuple français. Son élection à la présidence de l'Assemblée nationale, en 1995, sa désignation, en 2004, quelques années plus tard, comme premier président de la Cour des comptes, ont achevé de faire de lui l'une des grandes figures et l'une des grandes voix de notre vie nationale. Elles nous manqueront."

Séguin:"le football pleure l'un des siens"

"Le football français pleure l'un des siens" après la mort de Philippe Séguin, président de la Cour des Comptes, a dit jeudi la Fédération française (FFF) dans un communiqué, la Ligue (LFP) saluant de son côté "un vrai passionné de football". "La disparition brutale de Philippe Séguin frappe très douloureusement la grande famille du football français qui pleure l’un des siens", écrit la FFF.

"Philippe Séguin était un vrai et fin connaisseur du football. (...) Il était un spectateur assidu des matches de l’équipe de France. On le voyait aussi sur tous les stades de l’Hexagone, quels que soient l’affiche et le niveau de la compétition", ajoute la FFF.
"Il en était surtout un acteur respecté", ajoute la Fédération, rappelant son engagement dès 1973 par la rédaction d'un rapport qui "avait jeté les bases de toute l’organisation actuelle du football professionnel".

"En 2007, il a présidé la Commission Grands Stades, qui a permis de lancer le processus de candidature de la France à l’organisation de l’Euro 2016. Simultanément, il a accepté de prendre la présidence de la Fondation du football", ajoute la FFF.

"Philippe Séguin était un vrai passionné de football, attentif et exigeant, écrit le président de la LFP, Frédéric Thiriez. Je me souviens encore avec quelle énergie il défendait devant les instances les intérêts de son club lorsqu'il était maire d'Epinal !"
"Le plus bel hommage que le football français pourrait lui rendre serait que la France obtienne" l'Euro-2016, conclut M. Thiriez.

Itinéraire d'une figure du gaullisme

Philippe Séguin s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi . lepoint.fr vous propose de redécouvrir l'itinéraire de cette figure de la droite française au travers des grandes dates qui ont marqué sa vie.

21 avril 1943. Philippe Séguin voit le jour à Tunis. La Tunisie est alors un protectorat français.

1944. Son père, Robert Séguin, meurt en oeuvrant pour la libération de la France. Philippe Séguin a plus d'un an. Sa mère, Denyse Daniele Séguin, demeure en Tunisie jusqu'à l'indépendance, en 1956.

1965 . Il s'inscrit à l'UNR (Union pour la nouvelle République) pour soutenir la candidature du général de Gaulle à l'élection présidentielle

1968. Diplômé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence, il entre à l'ENA, promotion Robespierre.

1970. Philippe Séguin entre à la Cour des comptes.

1973. Sous Georges Pompidou, il est chargé de mission au secrétariat général de la présidence de la République. L'année suivante, il devient adjoint au directeur de l'éducation physique et des sports auprès du secrétaire d'État auprès du ministre de la Qualité de vie.

1975. Philippe Séguin réintègre la Cour des comptes, où il est promu conseiller référendaire en 1977.

1977. Il est chargé de mission au cabinet du Premier ministre Raymond Barre jusqu'à l'année suivante.

1978. À 24 ans, il est élu député RPR des Vosges et le restera jusqu'en 1986, puis de 1988 à 2002.

1981. Il fonde, avec Michel Noir, Charles Millon et François d'Aubert, le Centre d'études et de recherches constitutionnelles, législatives et sociales (CERCLES) qui se donne pour mission de réveiller "l'apathie des appareils de leurs partis".

1983. Il devient maire de la ville d'Épinal, toujours dans les Vosges. Il n'abandonnera ce mandat qu'en 1997 pour se consacrer à son parti, le RPR.

1986. Philippe Séguin fait son entrée dans le gouvernement de Jacques Chirac, en pleine cohabitation. Il est nommé ministre des Affaires sociales et de l'Emploi et le reste jusqu'en 1988.

1990. Il défend une motion, lors du congrès du RPR, qui recueille 31 % des voix. Il réclame alors avec Charles Pasqua la fondation d'un nouveau rassemblement pour "régénérer le RPR" en s'inspirant du "message du général de Gaulle".

1991. Il fonde avec Charles Pasqua l'association Demain la France, "un lieu où l'on puisse développer ses idées en dehors de tout enjeu de pouvoir".

1992. Philippe Séguin prend position contre le traité de Maastricht.

1993. Il devient président de l'Assemblée nationale jusqu'en 1997.

1997. Philippe Séguin est élu président du RPR, dont il démissionnera avec fracas, le 16 avril 1999, en raison d'un "désaccord politique profond" avec le président Jacques Chirac sur la place du parti en temps de cohabitation.

2001. Il est président du groupe RPR au Conseil de Paris, mais après son échec aux élections municipales dans la capitale, marquées par la candidature dissidente du maire sortant Jean Tibéri, il choisit de se retirer de la vie politique.

2004. Il devient le premier président de la Cour des comptes.

2007. Il est nommé président du comité des commissaires aux comptes de l'ONU, puis de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI).

2008. Il devient également commissaire aux comptes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Il est également président de la commission "Grands Stades Euro 2016".

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Fillon: avec la mort de Séguin la France "perd l'un de ses plus grands serviteurs"

François Fillon a affirmé jeudi qu'avec la mort de Philippe Séguin, l'un de ses mentors politiques, il perdait "un ami" et que la France perdait "l'un de ses plus grands serviteurs" et "l'une de ses plus belles voix politiques", "toujours féconde, parfois tourmentée"."Aujourd'hui je perds un ami et la France perd l'un de ses plus grands serviteurs et l'une de ses plus belles voix politiques. Une voix tonitruante, profonde, toujours féconde, une voix aussi parfois tourmentée", a déclaré le Premier ministre dans une déclaration solennelle à Matignon.

Philippe Séguin, avec lequel François Fillon a partagé une partie de sa vie politique, "avait la passion de la France (...) une passion dévorante, tenace, ombrageuse qui le conduisit de son non au traité de Maastricht à sa démission fracassante de la présidence du Rassemblement pour la République, à agir de façon frondeuse", a-t-il affirmé.

"Philippe était fier et inclassable mais il était fidèle aux valeurs du gaullisme comme on est fidèle à une épopée qui exige de tout donner", a aussi dit le chef du gouvernement, qui se décrit souvent comme "un gaulliste social" dans la lignée de M. Séguin, faisant part de "sa profonde tristesse".

Pour le chef du gouvernement qui fut notamment aux côtés de Philippe Séguin dans son combat contre le traité de Maastricht en 1992 et lorsqu'il prit la tête du RPR, "cette disparition brutale est une déchirure avec des années de complicité politique mais surtout personnelle".

Retraçant son parcours, le chef du gouvernement a célébré "un maire exceptionnel" d'Epinal (Vosges), "un grand ministre des affaires sociales et de l'emploi" et qui restera aussi "comme l'un des présidents de l'Assemblée nationale parmi les plus brillants et les plus respectés".

A la Cour des Comptes que présidait avant son décès M. Séguin, "il était encore et toujours l'homme que l'on écoute".

"Par delà les partis et par delà les clivages politiques et idéologiques, l'aura et la culture de Philippe Séguin s'imposaient à tous. Son autorité et son rayonnement intellectuel ne laissaient personne indifférents", a jugé M. Fillon. "La République était le fil de la vie de Philippe Séguin. Ce matin ce fil s'est rompu et je pense avec émotion à sa famille", a aussi dit M. Fillon, un sanglot dans la voix.

"Chacun pressentait que dans son patriotisme ombrageux il y avait en quelque sorte une part de notre histoire nationale", a-t-il ajouté.

"Hier matin il était ici même et je voyais encore dans ses yeux cette ironie tendre qu'il me réservait en me voyant assumer mes fonctions de Premier ministre lui qui me regardait toujours comme le jeune parlementaire qu'il avait choisi de prendre sous son aile", s'est souvenu M. Fillon.

Les larmes de François Fillon pour la disparition de Philippe Séguin

François Fillon a rendu un vibrant hommage à Philippe Séguin, qui fut son mentor en politique. Le Premier ministre a terminé en larmes sa courte allocution retransmise en direct depuis Matignon.

"Hier matin, il était ici même, et je voyais encore dans ses yeux cette ironie tendre qu'il me réservait en me voyant assumer mes fonctions de Premier ministre, lui qui me regardait toujours comme le jeune parlementaire qu'il avait choisi de prendre sous son aile. Aujourd'hui, je perds un ami, et la France perd l'un de ses plus grands serviteurs et l'une de ses plus belles voix politiques. Une voix tonitruante, profonde, toujours féconde, une voix aussi parfois tourmentée. Philippe Séguin avait la passion de la France, née dans le souvenir d'un père qui avait donné sa vie pour elle. Une passion dévorante, tenace, ombrageuse, qui le conduisit, de son "non" au traité de Maastricht à sa démission fracassante de la présidence du Rassemblement pour la République (RPR, ndlr), à agir de façon frondeuse.

Philippe était fier et inclassable, mais il était fidèle aux valeurs du gaullisme comme on est fidèle à une épopée qui exige de tout donner. Philippe Séguin fut à Épinal un maire exceptionnel, lui qui était né dans la lumière de Tunis. L'ancien élève de l'École normale d'instituteurs du Var fut à l'Assemblée nationale un parlementaire dont l'éloquence imprégnera longtemps encore les murs du Parlement. Il fut un grand ministre des Affaires sociales et de l'Emploi. Il restera comme l'un des présidents de l'Assemblée nationale parmi les plus brillants et les plus respectés.

Par-delà les partis et par-delà les clivages politiques et idéologiques, l'aura et la culture de Philippe Séguin s'imposaient à tous. Son autorité et son rayonnement intellectuel ne laissaient personne indifférent. Chacun pressentait que dans son patriotisme ombrageux, il y avait en quelque sorte une part de notre histoire nationale. Après avoir tellement donné à la politique, il se voua totalement et avec la même intensité à la Cour des comptes, qu'il présidait depuis 2004. Dans cette charge, il était encore et toujours l'homme que l'on écoute. La République était le fil de la vie de Philippe Séguin. Ce matin, ce fil s'est rompu... et je pense avec émotion à sa famille."

Quelques événements du 7 JANVIER

7 janvier 1489
Invasion du duché de Bretagne par l'ost de Charles VIII. C'est le début d'une guerre appelée Guerre folle en raison de l'imprudence des seigneurs qui s'attaquaient au pouvoir royal.

7 janvier 1496
Débordement de la Seine, qui monte jusque sur le quai de la Mégisserie. Ce débordement fait époque entre les grandes inondations.

7 janvier 1499
Mariage de Louis XII avec Anne de Bretagne. La destinée de cette princesse fut singulière. Elle fut femme de Charles VIII, roi de France, en faisant une espèce de divorce avec Maximilien qu'elle avait épousé par procuration, et elle ne se maria avec Louis XII qu'après un autre divorce de ce prince avec Jeanne, sa première femme. Louis XII, à la mort de Charles VIII, demanda au pape que son mariage fût déclaré nul, et sur le serment qu'il fit, de n'avoir eu aucun commerce avec Jeanne, la nullité fut prononcée. Nul droit, hors le droit naturel, ne pouvait autoriser ce divorce ; mais le dégoût et la politique le rendaient nécessaire. Anne de Bretagne et Louis XII conservaient l'inclination qu'ils avaient anciennement eue l'un pour l'autre. Il était d'ailleurs porté par le traité conclu avec les états de Bretagne, en 1491, que le successeur de Charles VIII épouserait sa veuve, et si Louis XII ne l'épousait pas, le Bretagne échappait à la France. Jeanne supporta sa disgrace avec beaucoup de courage. Quand on l'interrogea sur les moyens de cassation allégués par Louis XII, elle répondit que « quant au défaut de consommation, l'honnêteté ne lui permettait pas de s'expliquer nettement, mais que sa conscience l'empêchait d'en demeurer d'accord. » Elle se retira à Bourges, où elle fonda l'odre de l'Annonciation. Le pape Alexandre VI, pour la consoler, confirma cet institut.

7 janvier 1610
Découverte par Galilée de trois étoiles, près de Jupiter.

7 janvier 1689
Arrivée de Jacques II à Saint-Germain. La reine sa femme y était arrivée la veille. Ils trouvèrent dans leur appartement tout ce qui sert à la commodité et au luxe, des présents de toute espèce en vaisselle, en bijoux, en étoffes, et une bourse de dix mille louis d'or. En arrivant à Paris, Jacques était descendu chez les Jésuites, dans la rue Saint-Antoine : il était Jésuite lui-même, s'étant fait associer à l'ordre par quatre Jésuites Anglais, lorsqu'il n'était encore que duc d'York. Chassé d'Angleterre, il était l'objet des railleries de ses sujets, et on le chansonnait en France, témoin ce couplet :
Quand je veux rimer à Guillaume,
Je trouve aussitôt un royaume
Qu'il a su ranger sous ses lois ;
Mais quand je veux rimer à Jacques,
J'ai beau rêver cent et cent fois,
Je trouve... qu'il a fait ses pâques.
Ce fut un spectacle digne de quelque attention, de voir Jacques toucher les écrouelles au couvent des Anglaises, en vertu de son titre de roi de France. C'était cependant ce même prince qui, n'étant que duc d'York, avait remporté plusieurs victoires à la tête des flottes anglais. Il passa pour avoir inventé, ou du moins perfectionné l'art des signaux.

7 janvier 1709
Ce jour-là commença l'un des plus terribles froids dont on a gardé le souvenir, un hiver, comme le dit Saint-Simon, qui « fut de deux mois au-delà de tout souvenir ». On pouvait aller à pied du Danemark en Suède. Le Zuyderzee fut totalement gelé et même, ce qui ne s'était produit qu'en 1234, tous les canaux et la lagune de Venise furent pris par les glaces. Le mardi 8 janvier 1709, le marquis de Dangeau notait dans son Journal : « Le roi n'a point voulu aujourd'hui aller à Trianon, parce qu'il vit hier, en allant à Marly, que ses gardes et les officiers qui le suivaient souffraient trop du froid excessif qu'il fait, car pour lui, ni le froid ni le chaud, quelque temps qu'il fasse, ne l'incommode jamais. »
Le 26 janvier, on put voire sur le Grand-Canal des boeufs tirer des traîneaux contenant des approvisionnements. Dans toutes les forêts d'Europe, les cerfs et les sangliers mouraient par milliers. Les courriers répétaient comme un leitmotiv : « On ne se souvient pas d'avoir ressenti un froid pareil. » Cependant, le froid prit une telle ampleur que Louis XIV, qui avait alors plus de soixante-dix ans, demeura confiné chez Mme de Maintenon. La température était atroce. « L'eau de la reine de Hongrie, les élixirs les plus forts et les liqueurs les plus spiritueuses cassèrent les bouteilles dans les armoires de chambres à feu et environnées de tuyaux de cheminées, dans plusieurs appartements de Versailles. »
Un magistrat parisien nous rapporte que « le pain gelait sur la table à mesure qu'on le mangeait. Le vin même gelait dans la cave. La bouteille de vin de Champagne se trouva toute gelée à l'exception d'un demi-verre qui était resté dans le centre de la bouteille, qui était tout l'esprit du vin et qui se trouva plus fort que de l'eau-de-vie. »
Toujours au cours de cet effarant mois de janvier 1709, le copiste de la marquise d'Huxelles dut interrompre son travail au milieu d'une lettre : l'encre de son encrier était gelée. Un incendie se déclara à Paris : lorsqu'on voulut sonner le tocsin, les cloches cassèrent ! Toutes les rivières de France étaient prises ; les moulins ne pouvaient tourner et les boulangers n'eurent plus de farine. Des centaines de personnes furent trouvées mortes de froid dans leur lit. Les oiseaux, gelés, tombaient en plein vol.

7 janvier 1785
L'américain John Jeffries et le Français Jean Pierre Blanchard accomplissent la première traversée maritime en ballon. Partis de Douvres en Angleterre, ils se posent près de Calais. Le ballon de ces aéronautes était gonflé à l'hydrogène.

7 janvier 1807
Les échecs répétés des Français en Espagne ont permis aux Anglais de reprendre pied sur le continent. Ils en profitent pour bloquer les ports de France et décrètent le blocus de ses colonies.

Philippe Seguin est mort

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi 7 janvier 2010 d'une crise cardiaque, à l'âge de 66 ans.

L'ancien président de l'Assemblée nationale, ancien président du RPR, est décédé à son domicile à Paris, dans le XVe arrondissement de Paris, d'une crise cardiaque, a-t-on appris de source policière et auprès d'un de ses proches. Les pompiers appelés sur place ont constaté son décès vers 7H20 jeudi 7 janvier 2010, a-t-on ajouté. Philippe Seguin, qui exerçait les fonctions de premier président de la Cour des comptes, avait 66 ans.

Aussitôt connu, le décès de Philippe Séguin, grand pourfendeur du traité de Maastricht et gaulliste convaincu, a provoqué de nombreuses réactions.

"C'est évidemment une nouvelle qui me bouleverse parce que Philippe Séguin était un ami très cher, un homme passionné aimant son pays" et "pour la France c'est une grand perte", a déclaré sur RTL l'ancien ministre de l'Intérieur, Charles Pasqua, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, qui était très proche de Philippe Séguin. "Il était profondément pénétré par l'idée de la nation, de la République, c'était un grand républicain, un grand gaulliste", a-t-il dit saluant sa personnalité "passionnée".

La mort de Philippe Séguin "sonne comme un coup de tonnerre", a déclaré le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre saluant "un homme droit et passionnné qui a consacré toute son énergie au service des autres".

"C'était un homme à caractère exceptionnel, il n'avait peur de personne, il résistait à tout, il avait de fortes convictions et beaucoup de courage, beaucoup d'audace", a déclaré l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, sur Radio Classique. "Non seulement c'était un orateur, mais il avait ce trait de caractère qui faisait de lui une personnalité à fort rayonnement dont le vide marquera la vie politique pendant des années", a-t-il ajouté.

Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, s'est dit "ému" et "admiratif de l'homme et de son parcours", et a fait part de "l'immense tristesse des parlementaires". "Il s'agit, a-t-il dit, avec Philippe Séguin d'une personnalité politique de première importance". "Il a contribué à la vie démocratique avec un talent incomparable, des convictions extrêmement fortes et un caratère extrêmement attachant même si ce caractère était l'objet de courroux aussi brusques qu'inattendus". Il a salué "un très grand président" de l'Assemblée nationale, ajoutant: "C'est une très, très grande perte pour notre pays et notre démocratie".

Philippe Séguin, la voix qui disait «non» s'est tue

Le parcours d'un franc-tireur...
Philippe Séguin, c’est d’abord une voix. Grave et ténébreuse. Le Premier président de la Cour des comptes, né le 21 avril 1943 à Tunis (Tunisie), a toujours su la faire entendre au sein de la droite française. C'est aussi une stature, imposante, qui a fréquenté avec la même assiduité les bancs de l'Assemblée nationale, dont il a été président entre 1993 et 1997, que les gradins du Parc des Princes, en grand amateur de football, et très fin technicien des stratégies des joueurs sur le terrain.

Ceux qui ont connu l'ancien député des Vosges décrivent un personnage attachant et sympathique mais aussi une forte personnalité, qui n’a jamais hésité à marquer son désaccord au besoin. Comme en 1992, lorsqu’il s'engage pour le «non» au traité de Maastricht. Histoire de ne pas renier sa fidélité au Général de Gaulle.

Une enfance dans le Sud

Son enfance se passe en Tunisie et dans le Sud de la France. Philippe Séguin est adolescent lorsqu'il regagne la France avec sa mère. Il obtient son baccalauréat à Nîmes (Gard), avant d'entamer des études de lettres et de sciences politiques à Aix-en-Provence dans les années 1960.

Philippe Séguin rentre ensuite à l'ENA (Ecole nationale d'administration) en 1968 et commence sa carrière là où il l'a terminé, à la Cour des comptes. Il y effectuera ses classes de 1970 à 1973.

Mauvais points

En 2008, il épingle les mauvais comptes de l'Etat. Rappelant à l'époque «les trois ambitions» de sa fonction: «éclairer le Parlement dans sa fonction de contrôle du gouvernement», «apporter au gouvernement une expertise et des conseils au service de la modernisation de l'administration», et «donner au citoyen un information précise, argumentée et solide».

«La Cour reste volontairement besogneuse, elle s'appesantit, approfondit, vérifie et s'entête», avait-il estimé à l'époque. Une façon de parler de lui en décrivant sa fonction? Philippe Seguin laisse vacante la présidence de la commission Grands stades Euro 2016, qu'il occupait depuis janvier 2008. Il aura fallu une attaque cardiaque, survenue dans la nuit du 6 au 7 janvier, pour faire taire sa célèbre voix.

Philippe Séguin est mort

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 66 ans. Cette information de RTL jeudi matin a été confirmée par l'UMP sans aucune précision. On apprenait de source policière et auprès d'un de ses proches, que M. Séguin est mort à son domicile à Paris, dans le 15e arrondissement, d'une crise cardiaque. Les pompiers appelés sur place ont constaté son décès vers 7 h 20.

Né le 21 avril 1943 à Tunis, Philippe Séguin fut notamment ministre des affaires sociales et de l'emploi dans le gouvernement de Jacques Chirac entre 1986 et 1988, puis président de l'Assemblée nationale de 1993 à 1997. En 1992, à rebours du RPR, ce gaulliste convaincu s'était engagé pour le "non" au traité de Maastricht, acceptant de débattre face au président socialiste François Mitterrand, partisan du "oui".

Philippe Séguin avait été l'une des chevilles ouvrières de la victoire présidentielle de Jacques Chirac, en 1995, avant de présider le RPR et de se présenter à la mairie de Paris face au socialiste Bertrand Delanoë, en 2001. Il était premier président de la Cour des comptes depuis juillet 2004.

Philippe Séguin est mort

Ancien ministre et président de l'Assemblée nationale, le premier président de la Cour des comptes est décédé dans la nuit d'une crise cardiaque. Il avait 66 ans.

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes depuis 2004, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi. L'information révélée par RTL a été confirmée au Figaro par les services du premier ministre. Il a succombé à une crise cardiaque à son domicile du XVe arrondissement parisien. Les pompiers appelés sur place ont constaté son décès vers 7h20, a-t-on ajouté. Philippe Séguin avait 66 ans. Aussitôt connu, son décès a provoqué de nombreuses réactions.

Né le 21 avril 1943 à Tunis, Philippe Séguin a été député des Vosges de 1978 à 1986 et maire d'Epinal (1983-1997). Il fut également ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le gouvernement de Jacques Chirac entre 1986 et 1988. Philippe Séguin occupera la présidence de l'Assemblée nationale de 1993 à 1997.

L'un des principaux faits d'arme de la carrière politique de ce gaulliste convaincu avait été son opposition, en 1992, au traité européen de Maastricht (Voir sa réaction au lendemain du scrutin). Il avait notamment défendu sa position dans un discours à l'Assemblée nationale en mai 1992 concluant par ces mots : «Oui, nous voulons l'Europe, mais debout, parce que c'est debout qu'on écrit l'histoire !».

Philippe Séguin a été le président du Rassemblement pour la République (RPR) de 1997 à 1999, date à laquelle il en claque la porte. Il avait été candidat à la mairie de Paris, battu par Bertrand Delanoë en 2001.

Grand amateur de football, Philippe Séguin était le président de la Commission «Grands stades Euro-2016» qui préparait la candidature de la France à l'organisation du Championnat d'Europe de football en 2016.

Le ministre de la culture reçoit les conclusions de la mission Zelnik

La mission Zelnik a remis, mercredi 6 janvier, un rapport à Frédéric Mitterrand sur l'avenir de la création sur Internet. Le ministre de la culture et de la communication avait chargé de cette mission le PDG de la maison de disques indépendante Naïve, l'ancien ministre Jacques Toubon et Guillaume Cerutti, président de Sotheby's France. Ils avaient entendus plus de cent personnes, acteurs économiques du secteur, pour formuler un certain nombre de propositions.
Rappelant que cette mission est complémentaire du vote de la loi Hadopi 2 sur le téléchargement illégal, M. Mitterand a salué une "approche panoramique et anticipatrice", englobant la musique mais aussi le domaine du livre et la chronologie de publication des œuvres audiovisuelles – le délai entre la sortie d'un film en salle et sa commercialisation en DVD. "Mes services se mettent à l'étude approfondie de ce document", a poursuivi le ministre, qui ne s'est pas prononcé plus avant.

Le rapport contient au total vingt-deux propositions, dont certaines ont été décrites par les membres de la mission. "Le secteur de la musique est celui où les enjeux d'Internet sont les plus forts", souligne Guillaume Cerutti, de Sotheby's. "Hadopi est nécessaire mais non suffisant", ajoute Patrick Zelnik.

"LICENCE LÉGALE"

Dans le domaine musical, la mesure la plus saillante concerne la négociation des droits dans l'univers numérique. "Pour la radio sur Internet, nous proposons l'alignement sur le système qui fonctionne avec la radio hertzienne, avec l'instauration d'une licence légale", explique M. Cerutti. L'objectif est de mettre fin au "morcellement des acteurs", avec des sites de streaming tels que Deezer, devant négocier avec chaque maison de disque pour diffuser ses catalogues. La mission préconise un délai d'un an pour que cette gestion collective soit intégrée de manière volontaire.

Le collège appelle également à la mise en place, au bénéfice des jeunes internautes, d'une carte numérique permettant d'accéder à une offre légale de musique en ligne, que ce soit en streaming ou en téléchargement. L'Etat devrait contribuer à hauteur de 50 % à la mise en place de ce dispositif. Les membres de la mission prônent aussi le renforcement de dispositions existantes, tel le crédit d'impôt, avec un élargissement de son assiette.

Dressant un panorama de la situation du cinéma, Jacques Toubon a estimé que ce média était dans une "situation intermédiaire". Forte de ce constat, la mission Zelnik préconise que l'offre payante de la vidéo à la demande (VOD) soit mieux placée dans la chronologie des médias. Elle invite aussi à ce qu'une loi fixe un principe d'accès non discriminatoire de la VOD, afin que les fournisseurs d'accès à Internet puissent proposer à leurs abonnés une offre plus exhaustive. Dans le domaine de l'édition, la mission évoque enfin l'instauration d'un prix unique du livre numérique.

INSTAURATION D'UNE "TAXE GOOGLE" ?

"Nous avons reçu plusieurs pistes de financement", note Jacques Toubon. Lors des phases de consultation, la Sacem et l'Adami, les deux principaux organismes qui gèrent les droits des musiciens en France, s'étaient accordées pour demander la création d'une nouvelle "contribution" prélevée sur les abonnements à Internet et censée compenser les pertes subies par l'industrie musicale – estimées à 750 millions d'euros depuis 2003 – en fonction du chiffre d'affaires des fournisseurs d'accès à Internet et modulable en fonction du volume global des échanges non autorisés.

Mais les membres de la mission ont plutôt opté pour deux autres types de dispositif. Le premier est la création d'un prélèvement obligatoire sur les revenus de la publicité en ligne, une sorte de "taxe Google". En révisant à la baisse la quote-part d'application de la TVA, réduite à 5,5 % chez les fournisseurs d'accès à Internet, la mission espère également trouver une autre ressource. A l'occasion des vœux aux personnels de la culture, le président Nicolas Sarkozy devrait, jeudi 7 janvier, donner son avis sur ces propositions.
Laurent Checola

TAXE ! LA FRANCE N'A QUE CE MOT A LA BOUCHE !!!

L'offensive anti-Parisot en trois questions

Trois semaines après le départ fracassant de la fédération agro-alimentaire, c'est au tour de Jean-Charles Simon, un des directeurs généraux du Medef, de claquer la porte. Déterminée à briguer un second mandat, la patronne des patrons est de plus en plus marginalisée.

Que se passe-t-il au Medef ?

Un des deux directeurs généraux délégués du Medef, Jean-Charles Simon, a démissionné de ses fonctions mardi. Un désaveu de plus pour Laurence Parisot, à peine trois semaines après que l'ANIA, la fédération de l'agroalimentaire, a claqué la porte de l'association patronale. Le départ de Jean-Charles Simon représente la troisième défection en trois ans, après celle de Jacques Creyssel, licencié pour "faute grave", et de son remplaçant, Pierre Henri Ricaud, parti au bout de trois mois sans fournir d'explication. Jean-Charles Simon l'avait remplacé en novembre 2008, en binôme avec Hélène Molinari - qui, elle, reste en poste.

Que reproche-t-on à Laurence Parisot ?

Jean-Charles Simon évoque des défaillances "en matière de prise de décision, de management, d'organisation des rôles". Il n'est pas le seul. "Il y a beaucoup de gens qui ont du mal à travailler avec Laurence", glisse un haut responsable du Medef sous couvert d'anonymat. Jean-René Buisson, le président de l'ANIA, trouvait lui aussi qu'elle "régnait de manière trop personnelle, ne lui parlait de rien et préférait consulter des conseillers non élus extérieurs, notamment de l'IFOP, qu'elle dirigeait auparavant", avait confié à l'Expansion.comGuillaume Delacroix, auteur d'une "Enquête sur le patronat".

A cela s'ajoute une orientation sociétale des débats qui n'est pas du goût des patrons. Développement durable, lutte contre les discriminations, passerelles avec le monde de l'université, des arts, de la magistrature... les thèmes privilégiés par Laurence Parisot et sa conseillère Rosine Lapresle sont loin des préoccupations financières des chefs d'entreprise, surtout en temps de crise. "Alors que son prédécesseur, Ernest-Antoine Seillière, était très apprécié en tant qu'homme de terrain, selon Guillaume Delacroix, Laurence Parisot est vue comme faisant avant tout de la com'."

Des critiques relayées par Alain Minc. Très proche des milieux patronaux, le conseiller officieux du président Nicolas Sarkozy a jugé fin décembre que le Medef avait été "aux abonnés absents" dans la gestion de la crise, tandis que les syndicats l'ont "cogérée" avec l'Etat. "S'il y avait un dixième du talent de l'état-major de la CGT au Medef, les choses iraient mieux", a-t-il lancé dans un réquisitoire sans appel à l'encontre de la hiérarchie patronale.

Mais la présidente assume et défend son bilan. "Pas question d'abandonner" le terrain sociétal, affirme-t-elle dans une interview au Figaro.

Un deuxième mandat fin juin est-il compromis ?

En 2005, la dirigeante de l'institut de sondages Ifop avait été soutenue par le Groupement des professions de services (GPS), nombre de banquiers, mais aussi par certaines fédérations industrielles, comme l'ANIA. Cela lui avait permis de damer le pion au candidat de l'Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Yvon Jacob - une première dans les annales patronales. Cette année, elle ne pourra plus compter sur l'agroalimentaire.

Pour l'instant, Laurence Parisot est quasiment seule en lice. A part Thibault Lanxade, un jeune patron de PME qualifié de "trublion inoffensif" par le journaliste du Figaro Marc Landré, sur son blog, aucun concurrent ne s'est encore officiellement présenté. Toutefois, des noms commencent à circuler. A commencer par celui de Denis Kessler, le PDG du réassureur français Scor et ancien numéro 2 du Medef, institution qu'il a fondée avec Seillière en 1998. Redouté pour ses accès de colère et son libéralisme exacerbé, l'ex-poulain de Dominique Strauss-Kahn ne manque pas d'atouts: grand négociateur, respecté des syndicats, homme de conviction, expert des retraites... Et contrairement à Laurence Parisot, dont l'entreprise de portes coulissantes, Optimum, a subi de lourdes pertes avant d'être cédée en 2006, Denis Kessler a largement fait ses preuves dans le monde des affaires. En sept ans, il a restauré la croissance du groupe Scor, qu'il a hissé à la cinquième place mondiale de la réassurance.

Son seul défaut, du moins au yeux du "clan" des industriels : son appartenance, comme Laurence Parisot, au monde des services. L'UIMM, dont l'appui est indispensable, pourrait donc choisir de soutenir plutôt un candidat industriel.

Parmi les concurrents potentiels répondants à ce profil, il y a notamment Yvon Jacob, qui termine bientôt son mandat à la tête du Groupe des fédérations industrielles (GFI). Le nom de Xavier Fontanet, PDG d'Essilor et membre du comité d'éthique du Medef est également souvent cité, tout comme celui de Geoffroy Roux de Bézieux, président de Virgin Mobil et de l'Unedic... Enfin, il n'est pas exclu que le président de l'UIMM lui même, Frédéric Saint Geours, se présente le moment venu.

Bruxelles attaque sur le salaire des fonctionnaires de l'UE

La Commission européenne a décidé d'attaquer les pays de l'UE, pour annuler leur décision de diviser par deux la hausse salariale légale des fonctionnaires des institutions européennes.


La Commission européenne a décidé à l'unanimité, mercredi 6 janvier, d'attaquer les pays de l'Union européenne devant la Cour européenne de justice, pour annuler leur décision de diviser par deux la hausse salariale légale des fonctionnaires des institutions européennes.
En décembre, le Conseil des 27 Etats européens avait décidé à l'unanimité d'une revalorisation salariale brute de 1,85% pour les quelque 50.000 fonctionnaires et contractuels des institutions européennes, quand Bruxelles avançait le chiffre de 3,7%.
Calculée sur l'évolution des salaires de 8 Etats

La revalorisation salariale annuelle des fonctionnaires, proposée par la Commission européenne, est régie par une méthode gravée dans la loi, au moins jusqu'en 2012. Elle est calculée mécaniquement sur l'évolution des salaires de la Fonction publique de huit Etats (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni, représentant 76% du PIB de l'UE), durant l'année précédente, ainsi que sur l'inflation à Bruxelles.
La Commission a donc estimé que la décision des pays de l'UE n'est pas en conformité avec la loi.
Nombre de pays ont refusé avec véhémence la hausse prévue, en pleine crise économique. Certains ont en effet récemment réduit les salaires de leur Fonction publique pour réduire leur déficit.
Une fois saisie, la Cour de Luxembourg met en moyenne 16 mois pour rendre une décision. En attendant, les fonctionnaires obtiendront seulement la hausse réduite à 1,85%.
En 1972 déjà, la Cour avait tranché une affaire identique en faveur des fonctionnaires européens. "Les chances sont grandes pour que le recours passe", a souligné mercredi Günther Lorenz, un représentant syndical des fonctionnaires du Conseil qui ont observé deux arrêts de travail en décembre. Au Parlement européen, un front syndical de six organisations va maintenant demander au président de l'institution Jerzy Buzek de s'associer officiellement à la plainte de Bruxelles devant la Cour de justice. Dans le cas contraire, les syndicats du Parlement mèneront "une protestation de masse", lundi, devant la salle où aura lieu l'audition de la nouvelle diplomate en chef de l'UE Catherine Ashton.
Barroso gagne 304.000 euros nets par an

L'affaire est délicate pour Bruxelles qui n'hésite pas à jouer le rôle de la gardienne du temple puisque les commissaires européens et la soixantaine de juges de la Cour européenne de justice -les fonctionnaires les mieux payés de l'UE avec des salaires mensuels de base d'environ 17.000 euros- sont directement concernés par la revalorisation salariale. En bas de l'échelle, les salaires débutent à 2.550 euros mensuels bruts au sein des institutions. Il faut y ajouter diverses allocations dont une prime d'expatriation, puis déduire des cotisations sociales, un impôt sur le revenu payé au budget de l'UE et un prélèvement spécial de crise.
Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le nouveau président du Conseil européen Herman Van Rompuy naviguent dans les hautes sphères et bénéficient chacun d'un salaire de 304.000 euros nets par an (hors indemnités de résidence et de représentation). Selon le centre de réflexion eurosceptique britannique "Open Europe", c'est plus qu'aucun autre dirigeant du monde occidental, le président des Etats-Unis Barack Obama compris.
L'exécutif européen avait été déjà critiqué l'année dernière à propos du système de rémunération de ses commissaires qui leur octroie une indemnité de jusqu'à 65% de leur salaire pendant les trois ans suivant leur départ.
L'argument avancé est de faciliter leur "réinsertion professionnelle", puisque certains postes dans le privé leur sont fermés pour éviter des conflits d'intérêt. Comme si le pantouflage n'était pas une pratique en vogue à Bruxelles.

Rocard veut une taxe carbone européenne

Alors que le Conseil constitutionnel vient de censurer la taxe carbone, le président de la conférence sur la taxe carbone se prononce pour la suppression du système de marché de quotas européens de CO2.
Le président de la conférence sur la taxe carbone, Michel Rocard, souhaite la suppression du système de marché de quotas européens et son remplacement par une taxe carbone européenne.
Dans un entretien aux Echos du mercredi 6 janvier, l'ancien Premier ministre considère qu'il est "impossible de régler le problème soulevé par le Conseil constitutionnel sur la taxe carbone et sa cohabitation avec le système des quotas dans un délai aussi court, sans courir le risque d'être censuré une seconde fois". Il préconise "un report après les élections régionales du débat parlementaire sur le texte juridique".
La non-reconduction des quotas

"Mon avis de citoyen, dans le contexte de l'échec des négociations de Copenhague, est qu'il faut en profiter pour supprimer le système de marché de quotas européen et le remplacer par une taxe carbone générale appliquée à l'ensemble des pays européens", poursuit Michel Rocard. Il indique que l'absence de nouveau protocole mondial fait que le marché de quotas au niveau mondial n'est pas reconduit formellement après la première période d'engagement du protocole de Kyoto qui prend fin en 2012. Il remarque également que, dans sa décision, "le Conseil constitutionnel a considéré comme nul et non avenu le principe même du marché de quotas de CO2".
13 euros actuellement

Le remplacement des quotas par une taxe "règlerait d'un seul coup l'ensemble des problèmes d'équité fiscale qui pourraient se poser à l'intérieur des pays européens", selon Michel Rocard. "Cela donnerait de la prévisibilité aux acteurs économiques, alors que le marché est aujourd'hui très spéculatif", dit-il. La tonne de CO2, qui se négociait à 17 euros sur le marché l'été dernier, a chuté ensuite à 9 euros avant de remonter à 13 actuellement.
"La présidence suédoise (de l'UE, ndlr) a d'ailleurs fait cette proposition de taxe carbone générale à l'Union européenne". A l'Espagne, nouveau président de l'UE d'en reprendre le flambeau.