TOUT EST DIT

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mardi 1 février 2011

Moubarak renonce au pouvoir en septembre 2011

Alors que le remaniement gouvernemental effectué lundi, ainsi que la proposition de "dialogue" du pouvoir avec l'opposition, sont restés sans effet sur la détermination de la rue à faire tomber le régime d'Hosni Moubarak, plusieurs centaines de milliers d'Egyptiens vont, mardi, participer à une gigantesque manifestation au Caire: la "marche du million". Le tout sous le regard bienveillant de l'armée. 


21h58-22h08: Dans une allocution, Hosni Moubarak dit qu'il renoncera au pouvoir en septembre prochain

21h11: Un million de manifestants selon l'armée
Plus d'un million de personnes ont défilé mardi dans tout le pays, selon les forces de sécurité égyptiennes.
20h45: Fin de la manifestation dans le centre du Caire
La foule commence à se disperser dans une ambiance "bon enfant" au Caire, selon une journaliste de l'AFP. De nombreux manifestants rentrent chez eux par le pont Kasr el-Nil. Des groupes se sont de leur côté installés pour dîner et se préparent à passer la nuit sous les tentes, sur la place Tahrir. "On ne partira que lorsque Moubarak partira!", scandent la dizaine de milliers de manifestants qui attendent désormais l'intervention télévisuelle du chef d'Etat.
20h28: L'émissaire américain convoqué par Moubarak
Selon un membre de l'administration Obama, l'émissaire américain en Egypte, Frank Wisner, ancien ambassadeur au Caire, a évoqué la crise politique avec Hosni Moubarak. De son côté, le sénateur républicain Lyndsey Graham a estimé que l'armée égyptienne pourrait empêcher les islamistes radicaux de prendre le pouvoir en Egypte. Les Etats-Unis ne devaient donc pas avoir "honte" de soutenir cette armée, a-t-il ajouté.

19h40: Moubarak renoncerait à la présidence en septembre prochain

Toujours selon la chaîne Al-Arabiya, Hosni Moubarak renoncerait à se représenter à la présidence de l'Etat égyptien, à l'élection qui a lieu en septembre 2011. En revanche, il ne devrait pas quitter le pouvoir d'ici cette date. Pendant six mois, le chef d'Etat pourrait, selon plusieurs sources journalistiques, "répondre aux revendications des manifestants" et lancer une série de "réformes".
19h20: Moubarak va prononcer un discours
Le président égyptien Hosni Moubarak va prononcer un discours mardi soir, selon la chaîne d'information en continu en arabe Al-Arabiya. Cette dernière annonce également que le vice-président Omar Souleimane a entamé des consultations avec les représentants des partis politiques. Aucune de ces informations n'ont pas été confirmées de source officielle.
19h10: Londres envoie un avion pour rapatrier ses ressortissants
Le gouvernement britannique a décidé d'envoyer mercredi à titre de "précaution" un avion charter au Caire pour rapatrier ses ressortissants désireux de quitter l'Egypte. "J'estime qu'il est plus sûr et raisonnable de le faire et de ne pas s'en remettre au hasard", a déclaré le ministre des affaires étrangères William Hague au Parlement, soulignant que la Grande-Bretagne avait "la chance" d'avoir déjà de nombreux vols commerciaux pour l'Egypte. L'appareil repartira du Caire jeudi.
18h49: 3.000 Égyptiens manifestant au Qatar
A Doha, quelque 3.000 personnes ont appelé devant l'ambassade à la chute du régime de Moubarak, rapporte l'AFP. Au cours du rassemblement, à l'initiative de membres de la communauté égyptienne au Qatar, les protestataires, encadrés par les forces de sécurité qataries, ont répété un slogan devenu célèbre dans les rues du Caire: "Le peuple veut la chute du régime."

18h18: Les voyagistes français suspendent les départs

Les voyagistes français ont prolongé la suspension de tous les départs de vacanciers pour l'Egypte jusqu'à lundi inclus, a annoncé mardi à l'AFP le président de l'Association des tour-opérateurs (Ceto), René-Marc Chikli. Jusqu'à présent, la suspension des départs était prévue jusqu'à jeudi inclus. "Il n'y a quasiment plus de clients en Egypte en dehors du balnéaire", a précisé le patron du Ceto. "C'est terminé sur Le Caire et quasi terminé sur le Nil", a-t-il encore détaillé .
18h07: Manifestations de soutien au Liban et en Jordanie
Des manifestations ont eu lieu mardi devant les ambassades d'Egypte à Beyrouth et à Amman en signe de soutien au mouvement de contestation populaire sans précédent contre le président Hosni Moubarak. Dans la capitale jordanienne, près de 150 jeunes ont participé au rassemblement. A Beyrouth, ce sont quelque 200 personnes qui ont manifesté devant l'ambassade égyptienne au milieu d'un important dispositif de sécurité.
17h10: Le Modem s'étonne du silence de MAM
Le porte-parole du MoDem, Yann Wehrling, s'est étonné mardi du silence du chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, sur l'Egypte qu'il a qualifiée de ministre "étrangère à cette affaire". "Une fois de plus, la France est en retrait sur d'autres démocraties, comme les Etats-Unis", a-t-il déclaré. "L'Union européenne demande que des élections aient lieu rapidement, que la démocratie fasse son travail et mettre en place un gouvernement légitime, élu dans les règles. La France doit au minimum demander ces élections", a encore estimé le porte-parole du Modem.
16h15: Mohamed ElBaradei pense déjà à l'après-Moubarak
L'ambassadrice des Etats-Unis en Egypte, Margaret Scobey, s'est entretenue au téléphone avec Mohamed ElBaradei, opposant d'Hosni Moubarak. La discussion entre la diplomate et le prix Nobel de la paix est intervenue dans le cadre d'un ensemble de contacts avec les différents groupes d'opposition égyptiens, a indiqué un responsable américain. Mohamed ElBaradei a évoqué avec la représentante de Washington ses scénarios pour l'après-Moubarak. Il propose ainsi de confier au vice-président Omar Souleimane, nommé samedi, la charge d'assurer une présidence intérimaire. Cette période de transition permettrait de dissoudre les deux chambres du Parlement et de réviser la constitution en vue d'élections législatives et présidentielle. Dans un autre scénario, Mohamed ElBaradei propose de constituer un conseil présidentiel comprenant trois personnalités, un militaire et deux civils, pour gérer l'éventuelle transition.
15h15: Les Etats-Unis évacuent leur personnel
Les Etats-Unis ont ordonné départ du personnel non essentiel de leur ambassade du Caire, alors que des centaines de milliers d'Egyptiens exigeaient dans les rues le départ du président Hosni Moubarak. Les diplomates américains dans le pays étaient autorisés à quitter le pays s'ils le souhaitaient depuis dimanche. L'administration Obama avait aussi déjà recommandé aux ressortissants américains d'éviter de se rendre en Egypte.15h

15h00: Deux millions de personnes manifestent au Caire (Al-Jazira)

Selon la chaîne de télévision panarabe Al-Jazira, plus de deux millions d'égyptiens protestant contre le régime Moubarak manifestent place Tahrir. Les organisateurs souhaitaient en réunir un million. Le compte-rendu en images (et en anglais) d'


14h30: Leonetti (UMP) pour une "laïcité de tolérance"
Le vice-président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean Leonetti, a plaidé pour une "laïcité de tolérance" afin de contrecarrer "l'islamophobie" nourrie selon lui par les "situations de déstabilisation au Moyen-Orient". "Plutôt que d'afficher une laïcité d'exclusion comme certains le font, peut-être faut-il reprendre un débat sur la laïcité de tolérance et d'ouverture", a-t-il déclaré lors du point-presse hebdomadaire de l'UMP.
14h08: L'ayatollah iranien Ali Khamenei pourrait évoquer l'Egypte
Le guide de République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, mènera cette semaine la prière du vendredi à Téhéran pour la première fois depuis sept mois, et pourrait évoquer les questions internationales dont la révolte en Egypte, selon plusieurs médias iraniens. Le site internet du Guide suprême iranien a mis en ligne lundi une déclaration dans laquelle l'ayatollah Khamenei annonçait l'an dernier devant une délégation palestinienne sa certitude qu'un "nouveau Moyen-Orient va se former, et que ce Moyen-Orient sera un Moyen-Orient islamique". Une référence à la popularité des Frères musulmans, principale force d'opposition en Egypte mais aussi en Jordanie.
13h51: Plus de 50.000 personnes dans le centre d'Alexandrie
Plusieurs dizaines de milliers de personnes étaient rassemblées en début d'après-midi à Alexandrie. Environ 50.000 personnes étaient réunie devant la mosquée Qaëd Ibrahim et la gare ferroviaire, dans le centre de la deuxième ville d'Egypte. Les manifestants attendaient que d'autres les rejoignent pour marcher sur le front de mer, selon un organisateur.

13h38: Paris veut que "le sang s'arrête de couler"

La France insiste pour que "le sang s'arrête de couler" en Egypte, où 300 personnes seraient mortes depuis le début des manifestations selon l'Onu, a déclaré mardi le porte-parole du quai d'Orsay. Dans une déclaration commune effectuée mardi matin, la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, et son homologue du Bahrein, Cheikh Khalid bin Ahmad Al Khalifa, "ont notamment insisté sur l'importance qu'il convient d'accorder aux sociétés civiles et au dialogue qu'entretiennent celles-ci avec les gouvernements". Par ailleurs, une réunion de crise est prévu mardi après-midi au quai d'Orsay avec une quinzaine d'entreprises françaises implantées en Egypte.
13h00: Plusieurs usines suisses ont fermé leur portes
Le groupe d'ingénierie suisse ABB a annoncé l'arrêt "temporaire" de ses activités et la fermeture de certaines usines. Une décision de "précaution" selon le porte-parole du groupe. De son côté, l'Autriche a commencé à évacuer des centaines de ressortissants d'Egypte.
12h48: La Syrie entrevoit "l'après-Moubarak"
Le quotidien syrien al-Watan estime qu'il est possible de réinstaller un "régime national en Egypte". Le journal, proche du gouvernement, explique que les déclarations faites par les dirigeants occidentaux sont "une introduction à l'après-Moubarak", évoquant également dans un éditorial que "les Etats-Unis ont laissé tombé Moubarak non pas parce qu'il a exécuté leur politique en réprimant, affamant et appauvrissant son peuple, mais surtout parce qu'il a été incapable de le maîtriser et de l'assujettir".
12h33: L'opposition refuse de négocier avec le pouvoir avant le départ de Moubarak
Mohamed ElBaradei a parlé au nom du peuple égyptien, déclarant qu'ils" veulent en finir aujourd'hui, sinon vendredi au plus tard". Dans un communiqué commun, les forces de l'opposition égyptiennes ont déclaré qu'elles n'entameraient pas de négociations avant le départ du président Hosni Moubarak.

12h30: Un million de manifestants

Selon la chaîne de télévision Al-Jazira, plus d'un million de manifestants se trouvent sur la place Tahrir et autour. L'un des objectifs de cette journée de manifestation était en effet de rassembler un million de personnes.
12h09: L'Unesco appelle à la protection du patrimoine
La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a lancé un appel à la sauvegarde du patrimoine de l'Egypte, réclamant des mesures pour protéger "les trésors" et "tous les autres sites culturels ou historiques du pays", notamment au Caire où "les 120.000 pièces du Musée égyptien sont inestimables", a-t-elle déclaré dans un communiqué. Ces derniers jours, des pilleurs ont réussi, à deux reprises, à rentrer dans le Musée égyptien. Selon des témoins, ils cherchaient de l'or.

12h04: Quelque 300 morts estimés par l'ONU

Les événements auraient fait près de 300 morts, depuis le début du mouvement anti-gouvernemental en Egypte, selon un "rapport non-confirmé" de l'ONU, a tenu à préciser le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay.
11h24: La Turquie soutient la volonté des égyptiens
Le Premier ministre turque, Recep Tayyip Erdogan, appelle le régime égyptien à "satisfaire sans hésitations la volonté de changement" du peuple, affirmant vouloir "faire une recommandation, un avertissement sincère au président Moubarak" et que la solution aux problèmes politiques en Égypte se trouvait dans les urnes.
10h45: Une centaine de milliers de manifestants
La place Tahrir est noire de monde et les manifestants continuent à affluer, selon un journaliste de l'Agence France presse.Il y aurait plus d'une centaine de milliers de personnes, a rapporté la chaîne de télévision Al-Jazira.
10h35: Les accès au Caire et à d'autres villes sont fermés
L'autoroute reliant Alexandrie au Caire est bloquée à un kilomètre de la capitale par un barrage de l'armée, selon un journaliste de l'Agence France presse.Les sorties des villes de Mansoura, Suez et Fayyoum ont également été bloqués par l'armée.
9h46: Lagarde répond aux inquiétudes du FMI
"ll y a des réponses aussi" aux inquiétudes exprimées par le patron du FMI, a déclaré Christine Lagarde, ministre française de l'Économie. Dans le cas où le trafic pétrolier dans le canal de Suez était perturbé, "l'OPEP prendrait des mesures pour alimenter le marché", a-t-elle assuré.
8h50: Cinquante ONG appellent Moubarak à se retirer
Cinquante organisations égyptiennes de défense des droits l'Homme ont appelé dans un communiqué mardi le président Hosni Moubarak à "se retirer" du pouvoir pour "éviter un bain de sang", au 8ème jour d'une révolte populaire réclamant son départ et ayant fait au moins 125 morts.
8h37: Le FMI pret à aider
Le Fonds monétaire international (FMI) est prêt à aider l'Egypte à reconstruire son économie, a indiqué mardi le directeur général de l'institution Dominique Strauss-Kahn, inquiet de la situation.
07h29: Déjà 5.000 personnes au centre du Caire
Plus de 5.000 personnes étaient rassemblées mardi tôt dans la matinée dans le centre du Caire, pour une manifestation géante contre le président égyptien Hosni Moubarak prévue dans la journée, a constaté un journaliste de l'Agence France presse.
Al-Jazira à son JT de 14 heures: 




Sarkozy fait le service après-vente de ses réformes

En déplacement dans le Cher, le président de la République a fait la pédagogie de la réforme des retraites et, surtout, de celle des collectivités territoriales. Au nom du «bon sens» : «L'argent, il ne se fabrique pas».


 C'est désormais une habitude, presque un passage obligé, tant Nicolas Sarkozy s'applique, à l'approche de la présidentielle de 2012, à célébrer son « courage » politique. A chacun de ses déplacements sur le terrain ces dernières semaines, le chef de l'Etat loue la réforme des retraites. En visite dans le Cher, mardi 1er février, il n'a pas manqué d'en faire la pédagogie devant des salariés d'une entreprise de céramique, expliquant que c'était son « devoir » et prévenant que personne ne reviendrait dessus. Mais, cette fois, il a surtout fait le service après-vente de la réforme des collectivités territoriales et de la suppression de la taxe professionnelle, dont les conséquences continuent d'inquiéter les élus. « C'est une rationalisation considérable. Sur les principes, personne ne peut contester la pertinence de cette direction », a-t-il lancé à la tribune de l'Association des maires du Cher, réunie à Saint-Amand-Montrond, au sud de Bourges.

« L'immobilisme, c'est la mort »

Non content de promettre une « année utile », le chef de l'Etat veut s'assurer que les Français n'oublient pas les réformes déjà votées. « Mon devoir, c'est aussi de venir et de rendre compte. Nos choix sont cohérents », a-t-il affirmé. Qu'importe que la réforme des retraites ne règle pas, à terme, toute la question de leur financement. Qu'importe, aussi, que la réforme des collectivités territoriales soit loin, au final, des ambitions initialement affichées. « Est-ce que l'on pouvait continuer ? (...) Nous n'avons pas le choix. L'immobilisme, c'est la mort », a-t-il insisté, prévenant qu'« on ne peut pas revenir » sur le gel des dotations aux collectivités locales sur trois ans. « Je l'assume. Cela s'appelle le sérieux », a tranché Nicolas Sarkozy, qui a longuement justifié les efforts réclamés aux Français. « Plus de dépense ou moins de déficit, il faut choisir. J'ai choisi. L'argent, il ne se fabrique pas. Je n'accepterai pas l'idée qu'un jour la France fasse la manche [...]. Croyez-vous qu'un seul Français souhaite qu'il arrive à la France ce qu'il est arrivé à la Grèce, à l'Irlande ou au Portugal ? », a-t-il prévenu, jouant la dramatisation. Et d'insister : « Nous avons pris l'engagement de rétablir les finances de la France. Nous le tiendrons. »

Multiplier les déplacements en province

Même s'il se refuse à parler de la présidentielle, Nicolas Sarkozy laboure le terrain. Les sondages lui prédisent une lourde défaite au second tour du scrutin, mais lui veut croire en ses chances. Persuadé que les Français préféreront reconduire un président responsable et « pragmatique », au travail jusqu'à « la dernière minute » pour protéger la France et son modèle social, plutôt que se tourner vers un PS « divisé et sans projet » - comme il le répète à ses interlocuteurs. « Les Français nous seront reconnaissants [de notre travail] », a-t-il glissé mardi. Ses responsabilités, il compte donc les assumer jusqu'au bout, quitte à reporter à début 2012 sa déclaration de candidature. D'ici là, il poursuivra cette précampagne qui ne dit pas son nom. Et se démultipliera en province. Dès jeudi, il sera à Orléans, pour parler prévention de la délinquance.

Les chiffres du chômage, "une claque terrible" pour Sarkozy, selon Ayrault

Le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault a estimé mardi que la hausse des chiffres du chômage pour l'année 2010 était "une claque terrible" pour Nicolas Sarkozy, qui a été "élu sur le thème du travail" mais sera selon lui "battu" sur celui du chômage.
"Ces chiffres du chômage se succèdent mois après mois et sont une claque terrible pour Nicolas Sarkozy!", a commenté mercredi M. Ayrault au cours d'une conférence de presse à l'Assemblée.
"Sarkozy annonçait il y a peu de temps qu'on allait voir l'emploi s'améliorer, que la crise était derrière nous (...) et en un an la France a perdu 300.000 emplois supplémentaires!", a poursuivi le député-maire de Nantes.
"Si Nicolas Sarkozy a été élu sur le travail, il sera battu sur le chômage", a lancé M. Ayrault, qui considère que "la politique de l'emploi est devenue un vrai trou noir".
Ebranlée par la crise, la situation de l'emploi a continué de se dégrader en France en 2010, le nombre des demandeurs d'emploi grimpant au-dessus des quatre millions, une tendance que le gouvernement voudrait inverser cette année malgré une croissance poussive.
CE CONNARD N'EST MÊME PAS AU FAIT DES DONNÉES DU PAYS, ET IL SE PERMET D'OUVRIR SON CLAQUE MERDE !!
J'AIMERAIS LE VOIR AU POUVOIR CE MINUS !!!

Tunisie: le gouvernement de transition se penche sur la situation sécuritaire

Le gouvernement tunisien de transition s' est réuni mardi avec au programme la situation sécuritaire dans le pays. L'ONU a annoncé un bilan de 219 morts et 510 blessés durant les troubles qui ont fait tomber le régime Ben Ali.

Le gouvernement tunisien de transition se réunissait mardi avec au programme la situation sécuritaire dans le pays où les incidents se multiplient, alors que l’ONU a annoncé un bilan de 219 morts et 510 blessés durant les troubles qui ont fait tomber le régime Ben Ali.
Deux cents dix-neuf personnes sont mortes, dont 72 dans les prisons, et 510 ont été blessées durant ces cinq semaines de violences, a indiqué à Tunis Bacre Ndiaye, le chef d’une mission du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU à l’issue de cinq jours de visite de terrain.
"Selon les derniers chiffres retenus, il y a eu 147 personnes tuées et 510 blessées. Ces chiffres n’englobent pas les victimes dans les prisons", a-t-il déclaré, précisant que ces données étaient "provisoires".
Dans le même temps, le gouvernement de transition se réunissait pour la première fois depuis son remaniement dans la douleur le 27 janvier.
Loin de faire l'unanimité
Très contesté dans la rue pendant cinq jours par des manifestants qui campaient sous ses fenêtres malgré le couvre-feu, le premier ministre Mohammed Ghannouchi avait survécu et formé une équipe expurgée des caciques du régime du président Ben Ali, en fuite à l’étranger depuis le 14 janvier.
Selon une source gouvernementale qui a requis l’anonymat, ce conseil devait se centrer sur la question de la sécurité dans le pays, où plusieurs incidents ont été rapportés ces jours derniers.
Les plus inquiétants se sont déroulés lundi à Kasserine, principale ville du centre où la sous-préfecture a été pillée et saccagée par des centaines de jeunes.
Selon des sources syndicales sur place, la sous-préfecture, un lycée, un local associatif et un cabinet de médecin ont été attaqués sans que les forces de l’ordre n’interviennent.
Mardi, la situation restait tendue. Deux syndicalistes, Sadok Mahmoudi et Bechir Harakati, ont indiqué que la police était totalement absente, tandis que l’armée a dispersé dans la matinée un groupe d’un millier de jeunes dans le centre-ville.
Inquiétude de la communauté juive
Sur le littoral sud du pays, c’est dans la communauté juive que l’émoi grandissait.
Lundi soir, la synagogue d’El Hamma, près de Gabès (sud-ouest) a été incendiée par des inconnus, ont indiqué plusieurs responsables de la communauté juive qui ont demandé une protection accrue aux autorités.
"Des gens ont incendié la synagogue lundi soir et les rouleaux de la Torah ont été brûlés", a indiqué Trabelsi Perez, le chef de la communauté juive de l’île de Djerba, qui abrite l’essentiel des quelque 1600 juifs vivant encore en Tunisie.
On a par ailleurs appris mardi de source syndicale qu’un jeune chômeur avait tenté samedi de s’immoler par le feu près de Gafsa (sud) pour dénoncer sa "situation sociale déplorable". Aymen Ben Belgacem, 21 ans, a été hospitalisé dans un état critique à Tunis.
Dans la capitale, le ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi devait faire un point sur la sécurité, selon la même source gouvernementale, qui a estimé peu probable une levée du couvre-feu en vigueur depuis le 13 janvier car "la situation n’est pas encore stabilisée".
La gouvernement doit aussi faire face à une grogne de fonctionnaires de plusieurs ministères et aux revendications des policiers, un peu partout dans le pays.
Des policiers ont débrayé lundi à Kairouan (centre), Bizerte (nord) et Sousse (centre-ouest) pour revendiquer un syndicat et de meilleures conditions de travail.
Toutefois, selon une source policière, les policiers devaient reprendre le travail mardi après avoir reçu l’assurance d’une augmentation générale de 140 dinars (environ 73 euros).
Un avion privé appartenant à la famille de Ben Ali a par ailleurs été saisi par la justice française mardi matin à l’aéroport du Bourget près de Paris, ont indiqué des sources proches du dossier.

Syrie : un appel à manifester lancé sur Facebook

Au moment où les manifestations sans précédent en Egypte demandent le départ du président Hosni Moubarak, un appel à manifester vendredi 4 février après-midi contre la "monocratie, la corruption et la tyrannie" en Syrie a été lancé ces derniers jours sur Facebook, pourtant censuré.Un groupe, créé sur le célèbre réseau social Facebook et qui avait réuni plus de 7 800 membres mardi matin, a appelé à manifester sous le slogan de "la révolution syrienne 2011". Il invite les jeunes Syriens à descendre dans la rue, vendredi après la prière, pour "la première journée de la colère du peuple syrien et de rébellion civile dans toutes les villes syriennes".
"Vous ressemblez aux jeunes de Tunisie et d'Egypte. Nous ne voulons pas une révolution violente mais un soulèvement pacifique", indique le groupe dans un communiqué publié sur le site. "Il ne faut plus accepter l'injustice", insiste-t-il. "Nous ne sommes pas contre ta personne mais contre la monocratie, la corruption et la tyrannie, et le fait que ta famille et tes proches se soient accaparé des richesses", indique encore le texte, qui s'adresse au président syrien, Bachar Al-Assad.
SOLIDARITÉ
Le site Facebook est bloqué par les autorités syriennes, mais les internautes, grâce à certains programmes, peuvent contourner la censure. Un autre groupe Facebook a appelé à un sit-in, jeudi à 15 heures (14 heures, heure française) devant le Parlement à Damas, "en solidarité avec les étudiants, les employés, les chômeurs et les retraités désargentés".
Samedi après-midi, les forces de l'ordre avaient empêché un rassemblement de jeunes près de l'ambassade d'Egypte à Damas. L'appel à ce rassemblement de solidarité avec les manifestants avait été également lancé sur Facebook.

Le président du Yémen convoque le parlement mercredi

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, confronté à des protestations populaires, a convoqué le parlement et le conseil consultatif à une réunion ce mercredi, à la veille d'une manifestation prévue par l'opposition, a-t-on indiqué de source officielle. Le chef de l'Etat devrait s'exprimer au cours de cette réunion extraordinaire, a-t-on précisé de même source, sans donner d'information sur la teneur de son intervention. Des milliers de Yéménites, inspirés par la Tunisie et l'Egypte, avaient manifesté le 27 janvier à Sanaa à l'appel de l'opposition pour réclamer le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. 

Jordanie : le roi nomme un nouveau premier ministre

Afin d'apaiser les revendications du peuple jordanien, qui a manifesté à plusieurs reprises, mais dans le calme, depuis le début de l'année, le roi Abdallah de Jordanie a nommé, mardi 1er février, Marouf Bakhit, son ancien conseiller militaire, au poste de premier ministre. Celui-ci remplace Samir Rifaï, dont les manifestants réclamaient la démission.

Le roi a demandé à M. Bakhit, un ancien premier ministre (2005-2007), de "prendre des mesures rapides et claires pour des réformes politiques réelles qui reflètent notre vision pour des réformes générales modernes soutenant notre action en faveur de la démocratie". "Nous voulons des réformes qui ouvrent la voie à notre peuple vers de larges possibilités et une vie décente qu'il mérite", a ajouté le roi.
CONTAGION ?
La nomination de M. Bakhit, ex-ambassadeur en Turquie (2002) puis en Israël (2005), devrait calmer la rue en Jordanie, où il jouit d'une grande popularité. Le Front de l'action islamique (FAI), principal parti d'opposition en Jordanie, avait souligné lundi que, contrairement à l'Egypte, l'opposition n'appelle pas à un changement de régime dans le royaume, mais qu'elle demande des réformes politiques. Le FAI a critiqué mardi le choix de Maarouf Bakhit, estimant qu'il n'est "pas un réformateur".
A l'instar de la contestation qui a eu raison du régime de Ben Ali en Tunisie et fait vaciller Hosni Moubarak en Egypte, la Jordanie, aux prises avec l'une des pires récessions économiques de son histoire, traverse une période de tensions politiques. Samedi, quelque deux cents Jordaniens s'étaient rassemblés devant les bureaux du gouvernement pour exiger la démission de Samir Rifaï et des mesures contre la corruption.

Fichons-lui la paix !

Lorsque de loin j’ai vu le kiosque avec la grande photo qui occupait toute la une du JDD, j’ai cru que Jacques Chirac était mort, mais il s’agissait seulement de savoir si l’ancien chef de l’Etat était atteint de la maladie d’Alzheimer, le mot ayant été prétendument prononcé par Mme Chirac devant un proche, ce qu’elle a démenti hier sur Europe 1. Faut-il consacrer des pages à s’interroger sur la santé de Jacques Chirac ? Alors que l’on sait très bien qu’elle n’est pas excellente – à 78 ans et après un accident vasculaire cérébral –, que M. Chirac, très sourd, ne s’entend plus parler trop fort et qu’il a des pertes de mémoire qui ont compliqué la rédaction du deuxième tome de ses Mémoires.

Je crois sincèrement que l’on devrait laisser M. Chirac vivre tranquillement ses années de retraite même s’il est encore membre de droit du Conseil constitutionnel.

Autant l’on doit être exigeant sur la transparence de l’état de santé des hommes qui nous gouvernent pour éviter de revivre les dernières années des présidences Pompidou et Mitterrand, autant on doit respecter la vie personnelle de ceux qui ont servi le pays avec leurs ombres et leurs lumières. Certes il reste le procès à venir pour les emplois fictifs de la mairie de Paris il y a vingt ans : ce procès doit avoir lieu et Jacques Chirac souhaitait y assister. Est-il indispensable de voir à la barre ce guerrier fatigué et diminué ?

Le candidat socialiste aux primaires Arnaud Montebourg a raison de dire que « ça n’a pas de sens aujourd’hui de le juger ». Fichons-lui la paix !

Israël est bien la seule démocratie du Proche-Orient

The Economist Intelligence Unit publie son rapport annuel sur l’état des démocraties dans le monde. Selon l’indice démocratique établi par l’Economist Intelligence Unit (EIU) pour 2010, Israël est la seule démocratie au Moyen-Orient.
Israël est à la 37ème place, la France est à la 31ème.
L’indice démocratique 2010 se décompose selon 5 critères objectifs : le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et la politique culturelle. 167 pays sont recensés.

A partir de ces critères, l’indice propose 4 catégories destinées à affiner le classement (modération autour du niveau de confiance dans les partis politiques et le gouvernement, ou bien les traditions démocratiques…) : les démocraties intégrales, les démocraties défaillantes, les régimes hybrides et enfin les régimes autoritaires.
16 pays sont qualifiés de démocratie intégrale, soit 12% de la population mondiale parmi lesquels la Norvège (1er), les États-Unis (17), le Royaume Uni (19).
53 pays sont classés dans la catégorie de démocraties défaillantes : cela représente 37.2 % de la population mondiale. Parmi eux, Israël (37), la France (31), la Grèce (28), l’Italie (29). Ces pays ont des élections libres et les libertés civiles sont respectées. Toutefois, toujours selon les critères de l’EIU, ces régimes ont des faiblesses dans certains indices démocratiques tels que le sous-développement de la politique culturelle, la faible participation politique ou bien les problèmes de gouvernance.
33 pays sont considérés comme des « régimes hybrides », soit 14 % de la population mondiales, parmi eux l’Autorité Palestinienne (93), le Liban (86), l’Irak (111).
Enfin, la majorité, 55 pays sont classés dans la catégorie « régimes autoritaires », soit 32.9 % des pays à travers le monde.
Au Moyen Orient
Dans la région du Moyen Orient, sur les 20 pays, Israël est la seule démocratie. L’Irak, le Liban et l’Autorité Palestinienne sont classés sous la catégorie de régimes hybrides. Enfin, 16 des pays de la région sont classés dans les régimes autoritaires. Parmi ces pays l’Iran est à la 158ème place : le régime a selon les observations de l’EIU réprimé violement l’opposition suite aux élections de juin 2009. L’influence grandissante des gardiens de la révolution, proches d’Ahmadinejad, a contribué, en plus des sanctions économiques, à étendre la corruption et le favoritisme.
En outre, en 2010, Israël a renforcé sa position de démocratie occidentale en obtenant officiellement le statut d’économie développée : en effet, Israël est devenu membre de l’OCDE, intégrant ainsi le club des élites des économies les plus modernes. Israël se classe au 22ème rang des 31 pays membres.

Copé: "J'en ai marre" du silence de DSK

Le secrétaire général de l'UMP a vivement critiqué dans Le Parisien le patron du FMI. Il a par ailleurs relancé sa proposition de créer une TVA sociale.

Après son ami Christian Jacob, c'est au tour de Jean-François Copé de tacler le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Face aux lecteurs du quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France dans son édition de ce mardi, le secrétaire général de l'UMP étrille le socialiste favori des sondages pour la présidentielle
Comme on lui demande si une candidature de DSK peut changer la donne, Jean-François Copé répond: "J'aimerais bien qu'il parle. J'en ai marre de cette espèce de figure tutélaire, de statue de commandeur, d'oracle, de ce type dont on dit: il sait tout sur tout". 
"D'accord, mais qu'il le dise. Il ne parle plus, or il faut parler aux Français. Eh bien qu'il parle!", s'exclame le député-maire de Meaux. Ce dernier, interrogé sur les propos de Christian Jacob, qui avait dit que Dominique Strauss-Kahn "a[vait] peur", a répondu qu'"il devait y avoir un peu de ça". 
Le retour de la TVA sociale?
Par ailleurs, le patron de l'UMP propose de "baisser les cotisations sociales, qui ne sont payées que par quelques-uns" pour les transférer sur "la TVA, qui, elle, est payée par tout le monde". 
Le secrétaire général de l'UMP a fait valoir que "l'assiette de la TVA est extrêmement large et touche tous les Français". Un point supplémentaire de TVA, ça se voit à peine", a-t-il encore plaidé, reconnaissant qu'il y aurait "certes une augmentation" mais assurant que "tout le monde sera gagnant au final". 
Autrement dit, le retour de la "TVA sociale", même si Jean-François Copé n'emploie pas ce terme. Et pour cause: en 2007, entre les deux tours des élections législatives, l'UMP avait perdu de nombreux sièges après avoir évoqué cette "TVA sociale". 
Par ailleurs, questionné sur l'ISF (impôt sur la fortune), Jean-François Copé a réitéré sa volonté de "supprimer" cet impôt, et, "à la place", "augmenter la taxation des revenus du capital excepté la résidence principale".  
Enfin, sur la question de l'application des peines, qui "va devenir un grand débat" selon Jean-François Copé et ce après le drame de Pornic, le secrétaire général de l'UMP a déploré le manque de places en prison, évoquant le chiffre de "20 000" places manquante. 

Taxer les successions, solution simple et juste

Pardon, vous n'auriez pas 3 milliards d'euros ? Juste 3 petits milliards, c'est pour la bonne cause, pour supprimer un impôt devenu idiot et du coup neutralisé par un plafond devenu politiquement insupportable... La quête continue fiévreusement dans les couloirs du ministère des Finances et de l'Assemblée pour enfin trouver la cassette qui permettra de se débarrasser du don Quichotte-ISF et du Sancho Pança-bouclier fiscal guerroyant contre les moulins à vent du capital. Avec une contrainte majeure, imposée par l'Elysée : il faut trouver l'argent dans le capital et non dans le travail. Le naturel revenant au galop, les petits marquis de Bercy sont en train d'inventer une nouvelle machine à gaz, où l'on supprimerait le bouclier en maintenant un impôt de solidarité sur la fortune plafonné, tout en supprimant le plafonnement d'un autre plafonnement (rien n'est inventé, c'était dans « Les Echos » la semaine dernière). Il y a pourtant une mesure beaucoup plus simple. Elle consiste à taxer le citoyen quand il ne peut plus protester, quand il ne peut même plus voter : après sa mort. En bon Français, on parle d'impôt sur la succession. En jargon fiscal, admirez la subtilité, il s'agit de « droits de mutation à titre gratuit par décès ». Aujourd'hui, seulement un héritage sur dix est taxé. Et cet impôt sur le capital rapporte 7 milliards d'euros, auquel il convient de rajouter 1 petit milliard perçu sur les donations « entre vifs ». D'après les travaux de l'économiste Thomas Piketty, qui font référence en la matière, les héritages représentent chaque année l'équivalent de deux mois et demi de revenu des ménages contre un mois il y a cinquante ans (et trois mois à la fin du XIX e siècle). Il y a là une belle matière imposable.

Or l'impôt, ici, se justifie pleinement. La succession est une mécanique injuste. Elle vient d'une société à la fois monarchique et paysanne, où le rang déterminait l'existence. Elle favorise les uns et non les autres en vertu de la seule naissance - les hommes ne viennent donc pas au monde vraiment « libres et égaux en droits », contrairement à l'article premier de la Déclaration des droits de l'homme. C'est au nom de l'équité que des milliardaires américains comme Bill Gates ou Warren Buffett se battent aux Etats-Unis pour le maintien de la « death tax », qui frappera pourtant lourdement leurs enfants. Presque aussi grave, ou peut-être même encore plus, l'héritage est contraire à deux principes chers au président Nicolas Sarkozy : la primauté du mérite (l'héritier n'a aucun mérite) et le « travailler plus pour gagner plus » (celui qui touche un gros héritage gagne plus sans travailler davantage).

Pourquoi alors le gouvernement ne cueille-t-il pas ce qui ressemble à une belle poire pour la soif ? Ecartons d'emblée l'argument selon lequel le patrimoine d'un mort est constitué de l'accumulation de revenus déjà maintes fois taxés : avec un tel raisonnement, on ne taxerait plus rien. Venons-en à l'essentiel. D'abord, en France comme ailleurs, les électeurs ne veulent pas de la taxe sur les successions. La grande majorité des Français souhaite sa disparition complète (5 sur 6 en 2007, selon un sondage Harris). Les Italiens l'ont supprimée. Et le Congrès américain vient de la plafonner à 35 %. Ensuite, la taxation des successions pose un vrai problème pour les transmissions d'entreprises familiales, plus taxées en France qu'en Allemagne. Mais il serait naïf de croire que la fiscalité des héritages serait la seule cause du fossé qui sépare les PME françaises et les PME allemandes.

Enfin... Nicolas Sarkozy n'aime pas cet impôt ! Dans son ouvrage « Libre », publié en 2001, il s'en explique longuement et propose une mesure pour exonérer les deux tiers des héritages. En 2007, quand il arrive à l'Elysée, les deux tiers des successions échappent à l'impôt. Il va plus loin, exonérant de facto près des trois quarts des successions encore imposées. Il faudrait sans doute recourir à la psychanalyse pour comprendre l'amour antinomique du président pour le mérite et la succession. Sans être expert en art moderne, on a du mal à croire que l'envie d'hériter des toiles de son père, Pal, puisse expliquer la contradiction. Mais le président a prouvé qu'il savait revenir sur ses décisions symboliques du passé, comme on l'a vu avec le crédit d'impôt sur les intérêts des prêts immobiliers. Pourquoi pas avec l'impôt sur les successions ?

Arnaud Lagardère

Sa fréquentation assidue des courts de tennis lui a conservé l'air et l'allure juvéniles, mais le patron de Lagardère va tout de même fêter ses cinquante ans dans un mois et demi. Si l'on en juge à ses seuls changements de look, tantôt rasé de près comme un officier de marine en fin de permission, ou alors cheveux en boucles, façon acteur de cinéma en attente d'un rôle de séducteur dans une adaptation de Maupassant, l'homme, que même ses proches qualifient volontiers d'insaisissable, a du mal à couper tous les ponts avec les vertes années de l'adolescence. Précipité sur le devant de la scène par le brusque décès de son père, entouré par une étroite garde rapprochée, où figurent notamment l'incollable financier Dominique d'Hinnin et l'énigmatique porte-parole Ramzi Khiroun, Arnaud déconcerte par un management mariant le chaud et le froid, le charme de la conversation amicale qui abolit le temps, et les décisions couperets venues de loin par des chemins contournés face auxquelles même les initiés perdent leur latin. Le fils du légendaire Jean-Luc revendique cette imprévisibilité, lui qui n'a jamais été très bavard sur sa stratégie, au risque de se voir accusé par ses censeurs dans le monde des affaires de ne pas en avoir. Sur le plan politique aussi ses options intriguent, car le « frère » de Nicolas Sarkozy, selon ses propres mots, semble réserver ses plus récents coups de coeur aux amis de DSK. Les contours improbables du groupe que lui a légué « l'acrobate » le condamnent, huit ans après, à jouer encore les funambules.

"Les Egyptiens veulent en finir aujourd'hui" avec Moubarak

Ce mardi, une marche géante est organisée au Caire et à Alexandrie. Suivez cette huitième journée de contestation en direct

15h38 Sur leur site officiel, les Frères musulmans ont annoncé vouloir remplacer le président Moubarak par le président de la Cour constitutionnelle d'Egypte. 
15h27 "La communauté intellectuelle d'Egypte demande à Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe, et Sami Enan, chef des forces armées égyptiennes, d'agir en leaders de l'opposition. Nous ne voulons pas d'El-Baradei, il a passé trop de temps à l'étranger et ne sais rien de la réalité quotidienne du peuple égyptien. Il ne le représente pas", a déclare sur Facebook un professeur d'économie enseignant à l'Université Amércaine du Caire (AUC).

15h23 La chaine Al Jazeera continue de dénoncer la fermeture de ses locaux au Caire, par les autorités, bloquant ses employés à l'intérieur. 
15h15 Selon plusieurs sources sur Facebook, le gouvernement d'Arabie Saoudite aurait déclaré au sujet des manifestations en Egypte: "Ces manifestants sont des infidèles, des non-musulmans, parce qu'ils s'opposent à leurs dirigeants." La télévision d'Etat égyptienne aurait également affirmé que les manifestants étaient "des agents d'Israël ayant pour mission d'espionner le gouvernement égyptien." 
15h09 Les Etats-Unis ont ordonné ce mardi le départ du personnel non essentiel de leur ambassade au Caire, alors que des centaines de milliers d'Egyptiens exigeaient dans les rues le départ du président Hosni Moubarak. 
"Le département d'Etat a ordonné le départ d'Egypte de tous les employés non essentiels du gouvernement des Etats-Unis et de leurs familles en raison des événements récents", a annoncé dans un communiqué Philip Crowley, le porte-parole de la diplomatie américaine. 
Les diplomates américains dans le pays étaient autorisés à quitter le pays s'ils le souhaitaient depuis dimanche. L'administration Obama avait aussi déjà recommandé aux ressortissants américains d'éviter de se rendre en Egypte. 
14h42 Mohamed El-Baradei est arrivé sur la place Tahrir. Il vient d'accorder une interview à Al Arabyia. Les Egyptiens "veulent en finir aujourd'hui, sinon vendredi au plus tard", a déclaré le dissident, avant de se prononcer pour "une sortie honorable" du président sur la chaîne américaine Al-Hurra.
 14h31 Selon plusieurs sources sur les réseaux sociaux, une voiture contenant des armes automatiques aurait été arrêtée par de nombreux manifestants sur place Tahrir. Jusqu'à présent, les manifestations restent très pacifiques.

14h15 Les appels, venant de l'étranger, réclamant un apaisement se fait de plus en plus fort. Le Premier ministre turc, après ses déclarations (12h19), a annoncé se rendre en Egypte la semaine prochaine. De son côté, le Royaume-Uni se dit déçu par la formation du nouveau gouvernement ce lundi en Egypte. "Bon nombre des personnes nommées ce lundi ont servi dans les précédents gouvernements, ou ont des liens avec le régime actuel de Moubarak" a déclaré le porte-parole de David Cameron, Premier ministre britannique. Il a insisté sur la nécessité "d'écouter les aspirations du peuple." 
14h12 Al Jazeera chiffre à deux millions le nombre de manifestants au Caire. 
14h08 Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés socialistes, a estimé ce mardi que le président égyptien Hosni Moubarak allait "devoir partir", soulignant que "le mouvement populaire ne s'arrêterait pas tant que des changements politiques ne seront pas engagés". 
"On ne peut être que solidaires avec le mouvement populaire en Egypte (....) On ne peut pas avoir peur de l'aspiration à la démocratie et à la justice", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, il se passe quelque chose de très important dans le monde arabo-musulman: c'est quelque chose qui soulève un grand espoir, pas seulement pour ces peuples mais pour nous aussi ! Il ne faut pas ménager notre soutien", a-t-il dit. 
Le président du groupe PS a trouvé "particulièrement choquante" l'attitude de la France" sur l'Egypte "parce qu'elle est toujours dans une sorte de retenue", rappelant aussi que, "dans un premier temps, pour la Tunisie, la seule offre politique a été celle de Michèle Alliot-Marie", portant sur une aide policière au régime de Ben Ali. 
14h05 Des "fils barbelés" auraient été placés tout atour de la résidence du président Moubarak, située dans la banlieue du Caire, à Heliopolis, d'après des informations d'Al Jazeera. 
14h01 D'après la chaine Al Jazeera, des mabifestants commenceraient à descendre dans la rue dans la région du Sinaï. Dans le même temps, la BBC a annoncé un déploiement de forces militaires égyptiennes dans cette région, "une première depuis les accords de Camp David". 
13h56 Selon la chaine arabe Rassd News Network, près de 300 000 personnes seraient rassemblées à Suez, 250 000 à Mahalla, 250 000 à Mansoura, 500 000 à Alexandrie. Sur toute l'Egypte, le chiffre de 4 millions de manifestants est avancé
13h51 Depuis quelques jours, le site Avaaz.org publie une pétition, réclamant une transition démocratique en Egypte et la fin de la censure sur Internet. Cette pétition aurait déjà récolté plus de 400 000 signatures. 
13h31 Selon Al Jazeera, le million de personnes rassemblées place Tahrir (Caire) aurait été dépassé. De nombreuses personnes attendraient aussi aux abords de la place, ne pouvant pas y accéder. 
Outre le départ du président Moubarak, l'opposition demande également la révision de la consitution. 
13h30 Les voyageurs souhaitant quitter le pays ont envahi l'aéroport du Caire, rapporte un photographe de l'AFP. Selon des informations publiées par France24, une grande tente a été installée sur un parking. Des fonctionnaires des ambassades agitent des petits drapeaux de leur pays pour rassembler leurs ressortissants.  
13h27 L'Autriche a commencé à évacuer des centaines de ressortissants d'Egypte, théâtre de manifestations sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères. Un avion de la compagnie Austrian Airlines affrété par le ministère a atterri mardi peu après minuit à l'aéroport de Vienne avec 138 passagers à son bord. 
Un avion de transport militaire C-130 Hercules s'est quant à lui posé quelques heures plus tard avec 66 passagers à bord, la plupart non autrichiens. Parmi eux se trouvaient des Allemands, Français, Britanniques, Tchèques, un Chilien et un Suisse, a précisé l'armée. Lundi soir, un avion de ligne d'Austrian Airlines avait déjà rapatrié 182 personnes. 
13h15 Le président égyptien Hosni Moubarak doit quitter le pouvoir "d'ici vendredi", a déclaré ce mardi l'opposant Mohamed El-Baradei à la chaîne satellitaire Al Arabiya. Les Egyptiens, qui manifestent depuis une semaine pour le départ du président Moubarak, "veulent en finir aujourd'hui, sinon vendredi au plus tard", a déclaré El-Baradei. "Vendredi (prochain) a été baptisé 'jour du départ'", a-t-il ajouté.  
Interrogé sur l'offre de dialogue faite par le nouveau vice-président égyptien, Omar Souleimane, El-Baradei s'est dit favorable à "un dialogue national global" mais a posé des conditions, "et en premier lieu le départ du président Moubarak". 
12h25 Loin de considérer Mahomed El-Baradei comme l'homme providentiel pour l'Egypte, les puissances occidentales se montrent sceptiques face au prix Nobel de la paix, jugé trop déconnecté des réalités de son pays, estiment des experts. Mohamed El-Baradei a quitté le pays il y a une trentaine d'années et vit la plupart du temps à Vienne, où se trouve le siège de l'AIEA, qu'il dirigée douze ans. 
Il est "un personnage respecté mais aussi un homme très seul qui n'a pas de parti", souligne Denis Bauchard, ancien diplomate spécialiste du Moyen-Orient à l'Institut français des relations internationales (IFRI). "Ce qui lui manque c'est un relais populaire, c'est un soutien à la fois dans l'armée et dans la bourgeoisie du régime", renchérit un diplomate occidental sous couvert d'anonymat. 
12h19 Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a exhorté ce mardi le régime égyptien de Hosni Moubarak à "satisfaire sans hésitations la volonté de changement" de son peuple. "Ecoutez les cris du peuple et leurs revendications (...) Il vous faut satisfaire sans hésitations la volonté de changement provenant du peuple", a-t-il dit lors de son discours hebdomadaire devant les députés de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), réunis au Parlement. 
Expliquant vouloir "faire une recommandation, un avertissement sincère au président Moubarak", le Premier ministre Erdogan l'a appelé à être "le premier" à adopter les mesures nécessaires pour la paix, la sécurité et la stabilité de l'Egypte. Il espère que l'Egypte, "un pays de civilisations" pourra "satisfaire les revendications légitimes et compréhensibles" du peuple. 
 12h14 La Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme Navi Pillay a évoqué mardi le chiffre de 300 morts depuis le début du mouvement de contestation en Egypte, précisant qu'il s'agissait de "rapports non confirmés". 
12h10 Les chiffres varient entre les chaines arabes: place Tahrir, 500 000 personnes se seraient rassemblées, selon Al Jazeera Arabic, 200 000 selon Al Arabyia.  
12h06 Des juges ont été apperçus dans les manifestations place Tahrir, selon un reponsable de l'organisation Human Rights Watch. Un juge aurait pris la parole pour réclamer des élections libres sous contrôle judicaire complet, et la fin de l'état d'urgence: "Le ministre de l'Intérieur devra rendre des comptes." 
12h02 Selon des informations de l'AFP, le nouveau vice-président égyptien, Omar Souleimane, aurait orchestré des interrogatoires musclés de suspects dans le cadre de la lutte antiterroriste menée par l'ancien président américain George W. Bush et dénoncée par les ONG de défense des droits de l'homme. Pur produit de la relation privilégiée américano-égyptienne, il a suivi une formation à l'école des forces spéciales John F. Kennedy à Fort Bragg (Caroline du Nord) pendant les années 1980. 
Devenu chef des services secrets, le général Souleiman joue un rôle politique important depuis plusieurs années et est responsable de dossiers délicats de politique étrangère importants pour Washington, notamment celui du conflit israélo-palestinien. Il s'était également illustré par sa répression sans pitié des groupes islamistes locaux radicaux dans les années 1990, après une série d'attentats visant notamment des touristes étrangers. 
Et selon plusieurs livres et rapports parlementaires, il a activement participé au programme de détentions secrètes de la CIA américaine, s'appuyant notamment sur des prisons clandestines et les services secrets de pays tiers, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" lancée par le président George W. Bush. 
11h58 Ce mardi, l'acteur égyptien Omar Sharif a accordé une interview vidéo à la BBC. Il déclare que "c'est la première fois qu'il entend la population de son pays natal parler de démocratie. Je suis 100% derrière les manifestants, mais je crains un abandon du pays par les puissances occidentales si Moubarak devait démissionner." 
11h48 La police ne semble plus être un rempart contre la colère des manifestants. Néanmoins, au moins 125 personnes auraient été tuées depuis le début de la contestaion. Une photo, publiée sur le blog Arabist.net, risque d'apporter de nouveau du grain à moudre aux opposants au pouvoir de Moubarak.  
11h31 L'opposition aurait demandé au président Moubarak de transférer ses pouvoirs dans les mains de son vice-président Omar Suleiman.  
 11h22 Selon les chiffres de la chaine Al Jazeera, plus de 100 000 manifestants seraient actuellement place Tahrir, dans le centre du Caire. D'après leur envoyé spéciale sur place, l'armée "faciliterait" le bon déroulement de cette manifestation "d'un million de personnes", prévue ce mardi. Les militaires contrôlent cependant les cartes d'identité et les sacs des manifestants. 
11h15 D'après le correspondant de CNN sur place, les partisans du président Hosni Moubarak rassemblés à la contre-manifestation organisée sur la Corniche scandent "Non aux traîtres".  
11h11Selon @Jan25voices sur Twitter, la télévision d'État annonce que "les points de vente d'uniformes militaires ont été pillés" et que "la place Tahrir est remplie d'étrangers brandissant des pancartes anti-Moubarak" - des informations reprises sur le site France24. 
11h02 Le site France24 vient de publier une carte du trajet du cortège de la "grande marche" organisée ce mardi au Caire, depuis la place Tahrir. 



10h56 Cette journée de manifestation pourrait être décisive pour l'Egypte. La police, malgré un redéploiement ce lundi dans la soirée, est clairement affaiblie, et l'armée a annoncé ce matin qu'elle ne tirerait pas sur les manifestants, renforcant une fois de plus la thèse du rapprochement entre les militaires et la population, comme le montre cette vidéo datant de ce lundi. 
Danc cette vidéo datant du 29 janvier, la police est clairement mis en difficulté par les manifestants, qui tente de traverser le Nil par le Pont du 6 octobre. 
10h55 L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé mardi avoir abaissé la note souveraine de l'Egypte et envisage une nouvelle dégradation dans les trois mois, en raison de l'instabilité politique dans ce pays, au lendemain d'une décision similaire de l'agence Moody's. 
10h33 La révolte en Egypte va aider à créer "un Moyen-Orient islamique", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, cité mardi par la télévision d'Etat, dénonçant les ingérences américaines dans le mouvement populaire "en quête de liberté". 
"Compte tenu de ce que je sais du grand peuple révolutionnaire d'Egypte, qui est en train de faire l'Histoire, je suis sûr qu'ils vont jouer un rôle dans la création d'un Moyen-Orient islamique pour tous ceux en quête de liberté, de justice et d'indépendance", a déclaré M. Salehi, selon le site internet de la télévision d'Etat. La révolte en Egypte "montre le besoin de changement dans la région et la fin des régimes impopulaires", a-t-il insisté. "Malheureusement, nous observons l'ingérence directe (...) de quelques responsables américains", a-t-il dénoncé. 
10h22 La ministre de l'Economie Christine Lagarde a estimé ce mardi sur RTL qu'il n'était pas "utile" de "crier au loup", réagissant à une mise en garde du directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn contre les "déséquilibres (économiques) dangereux" entre pays développés et émergents.  
"Je ne pense pas que crier au loup à Singapour soit spécialement utile", a déclaré Mme Lagarde. Tout en disant "comprendre qu'il soit soucieux", la ministre de l'Economie a observé que c'était "une évidence qu'il y a un certain nombre de risques (...) dans une économie mondialisée" et qu'il "suffit qu'il y ait un conflit quelque part pour qu'il y ait des menaces". 
10h14 Depuis ce dimanche, la Chine bloque à son tour une partie de la Toile. Craignant une trop grande adhésion des milieux dissidents chinois vis-à-vis des manifestants égyptiens, le gouvernement chinois a bloqué la recherche de contenus Internet relatifs aux troubles en Egypte, sur des portails web tels que Sina.com ou Sohu.com, des sites comparables à Twitter. 
10h11 Le géant Google a mis en place un nouveau service de messagerie pour permettre aux Egyptiens sur place de contourner la censure d'Internet. Il suffit pour eux d'appeler un de ces trois numéros +16504194196, +390662207294, +97316199855 et de laisser un message sur la boite vocale. Leur message seront automatiquement retranscrit sur Twitter avec le hashtag #egypt.  
10h05 Le salon du livre du Caire, qui devait ouvrir ses portes le 28 janvier 2011, n'aura pas lieu. Suite aux évènements de ces sept derniers jours, le plus grand et le plus ancien salon du livre du monde arabe a été laissé à l'abandon par ses organisateurs. 
(en image, Omar Sharif montrant aux reporters grecs de Ethnos, la place Tahrir)
9h49 D'après Peter Bouckaert, un responsable de l'organisation Human Rights Watch, les routes et les lignes ferroviaires entre la capitale et Alexandrie ont été coupées par l'armée, pour éviter tout gonflement des cortèges des manifestations au Caire. Le trafic ferroviaire est suspendu depuis lundi, et la ligne de métro reliant le Caire à Choubra el-Kheima (20 km au nord) a été fermée. Selon un autre journaliste de l'AFP, les sorties des villes de Mansoura (delta), Suez (est) et Fayyoum (au sud du Caire) ont également été bloqués par l'armée. 
9h47 Selon le correspondant du Guardian, Jack Shenker, au Caire, des dizaines de milliers se rassemblent ce mardi matin place Tahrir, épicentre de la révolte égyptienne, à quelques heures du départ de la "grande marche", lancée par les partis d'opposition. Un "flot continu" de manifestants arrive sur la place. 
9h05 Le Fonds monétaire international (FMI) se dit prêt à aider l'Egypte à reconstruire son économie, comme l'indique le directeur général de l'institution, Dominique Strauss-Kahn. 
8h48 Dans une interview à The Independant, Mohamed El-Baradei tacle une nouvelle fois le président Moubarak: "Quand un régime oblige la police à se retirer des rues du Caire, en donnat l'impression que, sans Moubarak, le pays va dans le chaos, il s'agit d'actes criminels. Quelqu'un doit être responsable. Si Moubarak veut sauver sa peau, il ferait mieux de partir." 
8h15 Tous les touristes français encore présents en Egypte, environ 600, seront rentrés d'ici la fin de la semaine ou dirigés vers une autre destination de leur choix. C'est ce qu'a déclaré à Radio-Classique René-Marc Chikli, président du Ceto, l'association de tour-opérateurs français. Sur le plan financier et économique, cette situation a un "coût énorme pour les tour-opérateurs", a-t-il affirmé ajouté M. Chikli. Il cite le chiffre de 2 millions d'euros pour l'envoi de 30 avions à vide pour récupérer les touristes.
7h35Plus de 5000 personnes sont déjà rassemblées dans le centre du Caire pour une manifestation géante contre le président égyptien Hosni Moubarak prévue dans la journée. Ils lancent des slogans comme "Dehors Moubarak", et brandissent des affiches représentant le président pendu, ou sa photo avec la mention "ta tête va tomber". De nombreuses personnes ont passé la nuit sur la grande place Tahrir, épicentre depuis mardi dernier des manifestations qui ébranlent le régime. Des hélicoptères survolent régulièrement le centre du Caire, et l'armée contrôle de nombreux accès au centre ville.
 
7h05 Ce mardi pourrait marquer un tournant dans la mobilisation lancée il y a une semaine contre le pouvoir égyptien. L'opposition appelle à une "marche d'un million" de manifestants, au Caire et à Alexandrie. 
7hCe lundi, l'attention se concentrait sur l'attitude de l'armée vis-à-vis des manifestants. Sur des banderoles, on pouvait lire ce dimanche: "L'armée doit maintenant choisir entre l'Egypte ou Moubarak". Après plusieurs jours d'incertitude, les scènes de fraternisation correspondant d'abord à une démarche personnelle de soldats et d'officiers, l'état-major a fini par se prononcer, à la veille d'une marche géante ce mardi dans les grandes villes du pays.  
Jugeant les revendications du mouvement contestataire "légitimes", l'armée égyptienne exclut de tirer sur les manifestants. "La liberté d'expression de forme pacifique est garantie pour tous", commente-t-elle dans un communiqué officiel. Un cap pourrait donc être franchi, l'armée était un élément capital dans le rapport de force installé depuis une semaine entre la rue en colère et le président Hosni Moubarak. 
Joint dimanche par téléphone, notre correspondant en Egypte, Tangi Salaün expliquait le dilemme de l'armée face au mouvement de contestation. A écouter ci-dessous. 
 


"L'armée égyptienne ne veut pas aller contre le peuple"
envoyé par LEXPRESS. - L'info video en direct.

DSK, le chômage, l'inflation et les insurrections

Le directeur du FMI craint une montée du protectionnisme susceptible de générer instabilité sociale et politique.

L'économie mondiale commence à se redresser, mais le niveau élevé du chômage et la hausse des prix pourraient alimenter le protectionnisme, voire déboucher sur des insurrections, a estimé mardi le directeur général du Fonds monétaire international. La hausse des prix alimentaires, qui a atteint un record le mois dernier, et l'augmentation des prix de l'énergie sont l'un des facteurs derrière les manifestations contre le pouvoir en place en Égypte. En Tunisie, elles ont débouché sur le départ du président Ben Ali le mois dernier.
"Le schéma des déséquilibres mondiaux d'avant la crise est en train de ressurgir", a déclaré Dominique Strauss-Kahn lors d'un discours à Singapour. "La croissance des économies ayant d'importants déficits extérieurs, comme les États-Unis, reste menée par la demande intérieure. Et la croissance des économies ayant de larges excédents extérieurs, comme la Chine et l'Allemagne, reste alimentée par les exportations", a constaté le directeur général du FMI. "Alors que les tensions entre pays s'accroissent, on pourrait voir une montée du protectionnisme, en matière de commerce et de finance (...) et nous pourrions assister à une instabilité sociale et politique croissante au sein des pays, voire à la guerre", a-t-il ajouté.
Génération perdue
Un des défis à relever par les gouvernements sera sans doute le gonflement de la population active mondiale, a-t-il estimé. Elle pourrait augmenter de 400 millions de personnes lors de la prochaine décennie. "Nous sommes face à la perspective d'une génération perdue de jeunes, destinés à souffrir toute leur vie d'une détérioration des conditions sociales et du chômage. La création d'emplois doit être une priorité non seulement dans les économies avancées, mais aussi dans les pays plus pauvres." Le taux de chômage s'élève à 9,4 % de la population active aux États-Unis, tandis que de nombreux pays européens ne parviennent pas à sortir d'un chômage chronique à une époque où l'essentiel de la croissance provient des pays émergents. "Sans l'emploi et la sécurité des revenus, il ne peut y avoir rebond de la demande intérieure et, au final, pas de reprise durable", a déclaré l'ancien ministre français de l'Économie.
La croissance des pays développés ne devrait pas dépasser 2,5 % cette année, selon les estimations du FMI, a-t-il rappelé, alors que celle des pays en développement devrait atteindre 6,5 %, voire 8,5 % pour les pays asiatiques hors Japon. Dominique Strauss-Kahn a également souligné que les ajustements de taux de change avaient un rôle important à jouer pour résorber les déséquilibres mondiaux. Il a estimé que la Chine était dans la bonne direction en prenant des mesures pour soutenir la demande intérieure.

 

Dmitri Medvedev rend hommage à Boris Eltsine

Le président russe, Dmitri Medvedev, a rendu hommage à Boris Eltsine, un "dirigeant sincère" qui aimait son pays, alors que la Russie célébrait, mardi, le 80e anniversaire du défunt président russe. "La Russie doit être reconnaissante à Eltsine d'être resté sur la voie des changements et d'avoir procédé à d'importantes réformes dans une période très difficile", a déclaré M. Medvedev, cité par l'agence ITAR-TASS, en inaugurant un monument à Eltsine à Ekaterinbourg (Oural), ville natale du premier président russe.

"Si nous avons aujourd'hui un pays moderne, qui se développe, même si ce n'est pas sans problème, et qui va de l'avant, le mérite en revient à Eltsine et à ceux qui l'ont aidé à construire un nouvel Etat", a souligné le président Medvedev. Le monument en marbre blanc de 10 mètres de hauteur représente Eltsine sur fond de plusieurs blocs de marbre de même couleur. Il a été érigé dans une rue baptisée du nom de Boris Eltsine.

L’argent fou de l’industrie du luxe

Les ventes s’envolent, les dépenses publicitaires redécollent, les inaugurations de magasins somptueux ont repris… Bienvenue dans le secteur où la crise n’est déjà plus qu’un souvenir.

Lui-même se décrit comme un compétiteur-né qui «adore faire la course en tête». Alors, le 23 octobre dernier, Bernard Arnault, le champion du monde du luxe, propriétaire du groupe LVMH, a accéléré en s’emparant de 17,1% du capital d’Hermès, l’une des dernières maisons indépendantes du secteur, au nez et à la barbe de ses rivaux Richemont et Gucci.
Certes, la vénérable entreprise, contrôlée à 73,4% par la famille, a aussitôt claironné qu’elle ne céderait jamais à ces avances et les héritiers Puech, Dumas et Guerrand, une bonne soixantaine au total, ont annoncé la création d’une holding afin de mieux protéger leur trésor. «Mais le dogme de l’inviolabilité d’Hermès a volé en éclats, explique Serge Carreira, maître de conférences à Sciences po et spécialiste du luxe. Bernard Arnault rêve depuis des années d’accrocher ce joyau à son tableau de chasse.»
Cet assaut surprise mené avec un mégachèque de 1,45 milliard d’euros a mis le monde du luxe en ébullition. Le signal est fort et clair : fini, la crise, l’argent fou est de retour et, avec lui, les juteuses recettes pour le commerce extérieur français, dans un secteur où nos entreprises s’arrogent 40% du marché.
Dopées par des résultats record qui alimentent la hausse vertigineuse de leurs cours en Bourse, les grandes maisons se remettent à investir comme jamais. Dans le capital d’un concurrent, comme LVMH. Dans la pub et l’ouverture de nouvelles cathédrales du luxe sur les avenues les plus chics du monde. Et dans la conquête de la Chine, leur nouvel eldorado.
Pendant deux ans, les entreprises du secteur se sont découvertes vulnérables : pour la première fois, leur chiffre d’affaires global a chuté de 10%, à 153 milliards d’euros fin 2009. Un temps, au plus fort de la crise, il fut même de bon ton de remettre en cause le bling bling des années 2000. Pouvait-on décemment s’offrir une Rolex au nez de son voisin licencié ? Prudentes, les élégantes se mirent à exiger des sacs banalisés pour dissimuler leurs emplettes chez Chanel ou Tiffany.
Mais cette pudeur est déjà passée de mode. En 2010, les achats ont repris de plus belle. Résultat ? Des hausses de chiffre d’affaires record : + 17% pour LVMH, + 21% pour Burberry et + 23% pour Hermès au cours des six premiers mois de l’année. Fin décembre, le chiffre d’affaires du luxe mondial devrait culminer à son plus haut niveau historique, autour de 170 milliards d’euros. Et les experts de Bain & Company s’attendent à un nouveau record dès 2011.
En Bourse, alors que les indices industriels se traînent, la cavalcade du luxe est effrénée. Aucun autre secteur n’est aussi attractif. «Le luxe bénéficie à la fois de la démocratisation des prix, de la prolifération des boutiques et de l’essor d’une clientèle à hauts revenus dans les pays émergents», explique Joëlle de Montgolfier, chez Bain & Company.
Le secteur est largement dominé par les Français

Dans ce climat euphorique, la publicité est redevenue l’arme fatale des grandes maisons, qui investissent plus fortement que jamais pour peaufiner leur capital le plus précieux : l’image. Même si le ton a changé : fini, le porno chic et choc, place aux créations prestigieuses signées des plus grands noms du cinéma, comme Martin Scorsese pour Chanel ou David Lynch, qui a tourné un court-métrage de seize minutes avec Marion Cotillard pour Dior.
Exit aussi les top models, place aux actrices devenues les véritables égéries des marques. Au menu : glamour, célébrité et buzz. Le retour sur investissement ? Excellent : les ventes du dernier sac Lancel ont explosé quand Isabelle Adjani en est devenue l’emblème.
Pour alimenter la machine à rêve, les groupes mettent aussi la main sur les emplacements les plus coûteux afin d’y bâtir leurs nouvelles cathédrales. Aucun lieu n’est trop original ni trop cher pour ces vitrines extravagantes. Hermès vient ainsi d’ouvrir un espace de 1 470 mètres carrés dans l’ancienne piscine de l’hôtel Lutetia, au cœur du VIe arrondissement, l’un des plus chers de Paris. Coût estimé de cette réalisation ? Au moins 50 millions d’euros.
Seuls les leaders du secteur peuvent s’offrir ces hyper-vitrines qui leur donnent une visibilité exceptionnelle. «Ils raflent ainsi des parts de marché, au détriment des marques plus petites qui ne peuvent suivre cette course à la démesure», assure Serge Carreira. La rentabilité est elle aussi exceptionnelle. «En moyenne, on considère que ces magasins gagnent de l’argent au bout de trois ans. En Russie, il suffit même d’un an», estime Joëlle de Montgolfier, chez Bain & Company.
La Russie ? Comme le Brésil et l’Inde, c’est l’un des relais de croissance pour ces marques qui affolent les nouveaux riches. Mais la véritable bataille se déroule en Chine. Là-bas, Cartier, Hermès, Prada et consorts ont déjà ouvert plus de 500 boutiques pour s’accaparer un marché qui explose au rythme de 30% par an (lire page 51) et figure déjà au quatrième rang mondial.
La production des sacs, robes, montres et parures pourra-t-elle suivre la spectaculaire croissance du marché mondial ? Les grandes maisons, promptes à mettre en avant leur tradition artisanale, assurent qu’elles embauchent. Comme Louis Vuitton, qui inaugurera son douzième atelier en France en juin 2011.
Mais elles délocalisent aussi. Le même Vuitton vient d’ouvrir un troisième site de production en Espagne. D’autres multiplient les unités en Inde, en Roumanie, en Turquie (lire page 58). Sans s’en vanter. Sans baisser les prix non plus. «C’est le seul secteur dans lequel la délocalisation ne s’accompagne pas d’une révision des étiquettes», note un expert. De quoi préserver les marges en or du secteur.

 

Au volant, ces applis vont vous changer la vie

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ViaMichelin Trafic : éviter les bouchons
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La réalité augmentée restera-t-elle un gadget ?





La réalité augmentée restera-t-elle un gadget ?
envoyé par Capital. - Regardez plus de vidéos de science.



Essayer virtuellement sa prochaine paire de lunettes et demander l'avis de ses amis via les réseaux sociaux, intégrer des vidéos 3D dans les brochures publicitaires… la réalité augmentée a pris son essor en 2010. Mais cette technologie doit encore prouver son utilité si elle veut s'installer dans notre quotidien.

Haut débit : quels vantards, ces opérateurs !

Dans la rue comme à la maison, les connexions Internet rament. La faute à l’explosion de la demande, mais aussi aux fournisseurs d’accès, qui n’investissent pas assez.

Est-ce possible ? Même chez Dorcel, le roi du X, on manque de mégabits ! Alors qu’il avait enregistré des saynètes coquines en 3D à un débit Full HD de 50 mégabits par seconde (Mbits/s), le spécialiste du cinéma rose a dû dégrader leur qualité afin de pouvoir les diffuser, depuis novembre, sur le canal 171 de la Freebox. «Nous sommes tributaires de la taille des réseaux», regrette Ghislain Faribeault, le responsable des nouveaux médias chez l’éditeur. A 5,5 Mbits/s, l’image reste certes très potable. Mais elle ne rend pas toute la profondeur de jeu des soubrettes et des infirmières…

Dorcel n’est pas le seul à se sentir à l’étroit dans les tuyaux télécoms. Notre enquête le prouve : un peu partout en France, qu’il s’agisse des réseaux de l’Internet mobile 3G ou de ceux du fixe – ADSL et fibre – les opérateurs sont incapables de répondre à la demande et servent aux abonnés des débits très éloignés de leurs promesses commerciales.
Et comment la situation pourrait-elle s’arranger ? Les sapins de Noël seront envahis cet hiver de tablettes type iPad, de téléviseurs Full HD connectés, de boîtiers GPS affichant le trafic et même, on ne rit pas, de colliers à carte SIM pour localiser son chien en temps réel. Autant d’objets qui embouteilleront encore plus les autoroutes du World Wide Web. «Si la croissance du trafic continue de dépasser celle des investissements des opérateurs, le modèle économique explosera en 2014», prédit Ahmed Guetari, directeur technique chez l’équipementier Juniper Networks.
Les réseaux sont-ils à ce point congestionnés ? La réponse est malheureusement oui. Pardonnez l’avalanche de chiffres, mais il faut entrer dans le détail pour l’affirmer. Commençons par l’ADSL. D’après l’étude semestrielle du site DegroupTest, issue des tests des internautes, les 19,5 millions de foyers français connectés à l’Internet par ce biais doivent se contenter de 5 à 6 Mbits/s, alors qu’on leur en fait miroiter 20 à 28. La fibre offre évidemment des cadences plus élevées mais, là encore, très au-dessous des «100 méga» vantés dans les réclames, puisque Free, le meilleur, atteint seulement 52 Mbits/s, toujours selon DegroupTest.

Est-ce possible ? Même chez Dorcel, le roi du X, on manque de mégabits ! Alors qu’il avait enregistré des saynètes coquines en 3D à un débit Full HD de 50 mégabits par seconde (Mbits/s), le spécialiste du cinéma rose a dû dégrader leur qualité afin de pouvoir les diffuser, depuis novembre, sur le canal 171 de la Freebox. «Nous sommes tributaires de la taille des réseaux», regrette Ghislain Faribeault, le responsable des nouveaux médias chez l’éditeur. A 5,5 Mbits/s, l’image reste certes très potable. Mais elle ne rend pas toute la profondeur de jeu des soubrettes et des infirmières…
Dorcel n’est pas le seul à se sentir à l’étroit dans les tuyaux télécoms. Notre enquête le prouve : un peu partout en France, qu’il s’agisse des réseaux de l’Internet mobile 3G ou de ceux du fixe – ADSL et fibre – les opérateurs sont incapables de répondre à la demande et servent aux abonnés des débits très éloignés de leurs promesses commerciales.
Et comment la situation pourrait-elle s’arranger ? Les sapins de Noël seront envahis cet hiver de tablettes type iPad, de téléviseurs Full HD connectés, de boîtiers GPS affichant le trafic et même, on ne rit pas, de colliers à carte SIM pour localiser son chien en temps réel. Autant d’objets qui embouteilleront encore plus les autoroutes du World Wide Web. «Si la croissance du trafic continue de dépasser celle des investissements des opérateurs, le modèle économique explosera en 2014», prédit Ahmed Guetari, directeur technique chez l’équipementier Juniper Networks.
Les réseaux sont-ils à ce point congestionnés ? La réponse est malheureusement oui. Pardonnez l’avalanche de chiffres, mais il faut entrer dans le détail pour l’affirmer. Commençons par l’ADSL. D’après l’étude semestrielle du site DegroupTest, issue des tests des internautes, les 19,5 millions de foyers français connectés à l’Internet par ce biais doivent se contenter de 5 à 6 Mbits/s, alors qu’on leur en fait miroiter 20 à 28. La fibre offre évidemment des cadences plus élevées mais, là encore, très au-dessous des «100 méga» vantés dans les réclames, puisque Free, le meilleur, atteint seulement 52 Mbits/s, toujours selon DegroupTest.

Et que dire du mobile ! 41% des abonnés questionnés au printemps par l’UFC-Que choisir trouvent leur connexion insuffisante. Et pour cause : alors que la norme actuellement commercialisée, la 3G +, prévoit une vitesse de 3,6 Mbits/s et que certaines publicités osent évoquer du 7,2 Mbits/s, les habitants des douze plus grandes villes de France qui surfent sur leur smartphone naviguent entre 1,9 et 3,2 Mbits/s selon les mesures de l’Arcep, l’autorité de régulation des télécoms. Et encore, il ne s’agit que d’une moyenne. Fin novembre, la connexion de notre iPhone 4, testé au cœur du quartier d’affaires de la Défense, ne dépassait pas 0,4 Mbit/s. Nous étions pourtant au pied de la tour SFR, siège du second opérateur mobile du pays.
A ce train de sénateur, découvrir les photos de ses amis Facebook ou la dernière vidéo à succès de YouTube relève de l’exploit. «Les opérateurs télécoms ne devraient pas vendre de forfaits Internet lorsque les débits ne dépassent pas 0,5 Mbit/s dans les faits», s’agace Edouard Barreiro, responsable du numérique à l’UFC-Que choisir. Mais l’association de consommateurs n’a aucune arme juridique à sa disposition : tatillonnes sur la couverture du territoire, les licences 3G des opérateurs sont par contre très lacunaires sur le débit, puisqu’elles n’imposent que 0,14 Mbit/s. «Elles datent de 2001, se défend-on à l’Arcep, qui les a attribuées. C’était beaucoup pour l’époque.»
Devant cet Internet à faux débit, les opérateurs sont pointés du doigt. Tout n’est pourtant pas de leur faute. D’abord ils doivent composer avec des contraintes techniques indépendantes de leur volonté, comme dit la formule. Dans le mobile, ils ne peuvent ainsi garantir le débit que jusqu’à l’antenne 3G, qui les disperse alors vers les abonnés connectés à un instant t. C’est pour cela que votre connexion rame à la sortie des bureaux ou des lycées des zones très denses. Construire plus d’antennes pour augmenter la part de chacun, les opérateurs aimeraient bien. «Mais, avec toutes les autorisations nécessaires, il faut parfois attendre deux ans pour ouvrir un site», soupire Jean-Marie Culpin, le directeur du marketing mobile d’Orange.
Dans l’ADSL, les fournisseurs d’accès sont, cette fois, tributaires du vieux réseau de France Télécom. Le débit d’un abonné diminue en effet au fur à mesure qu’il s’éloigne du nœud de raccordement d’abonné (NRA), ces locaux techniques aménagés par l’opérateur historique un peu partout et d’où partent les lignes gérées par les différents opérateurs. Les Parisiens sont en moyenne à 1 500 mètres d’un NRA, les Marseillais à plus de 2 500. «Or, les 25 Mbits/s que l’on promet ne sont effectifs qu’à moins de 150 mètres du nœud», admet, mezza voce, un des acteurs du secteur. Augmenter le nombre de NRA pour les rapprocher du client serait très compliqué. Cela entraînerait des chantiers urbains colossaux, alors que l’avenir est à la fibre optique, qui ne passe pas par ces centres. Seul Numericable échappe à cette contrainte, grâce à son réseau propre. Il peut ainsi servir des débits en moyenne deux fois supérieurs. «Et, chez nous, le débit reste le même où que vous habitiez», insiste Jérôme Yomtov, le secrétaire général de l’ancien Noos.

Et ce n’est pas tout : la connexion est aussi ralentie par la mauvaise qualité de la ligne de cuivre où passe l’ADSL, par quelques navigateurs Internet – Internet Explorer (notamment sa version 7) est réputé moins rapide que Firefox et Chrome – ou par les capacités de diffusion limitées des éditeurs de sites. Certaines adresses sont inaccessibles aux heures de pointe, parce que leur créateur n’a pas acheté suffisamment de bande passante.
Nos géants des télécoms seraient-ils donc les victimes dans cette affaire ? Evidemment non. D’abord, à défaut de pouvoir atteindre la lune, ils pourraient au moins arrêter de la promettre. «Il faut de la transparence sur la qualité de la connexion», insiste Joëlle Toledano, membre du collège de l’Arcep. L’autorité a publié en novembre un modèle de contrat dans lequel le fournisseur d’accès annonce à son futur client le débit réel qu’il peut espérer. Déjà, les opérateurs mobiles ont accepté d’avouer que leurs offres 3G + illimité n’en sont pas vraiment, car ils brident le réseau pour que tout le monde soit servi. Ils précisent désormais dans leurs brochures à partir de quel seuil de mégabits téléchargés dans le mois ils diminuent le débit de la connexion. C’est encore écrit en tout petit, mais c’est déjà mieux.
Au-delà de cet effort de transparence, les opérateurs pourraient surtout investir beaucoup plus pour élargir leurs tuyaux. Ils en ont largement les moyens puisque leur marge opérationnelle moyenne, de 17,4%, est comparable à celle des géants du luxe Hermès et Dior. Malgré cela, Orange, le leader du secteur, a encore diminué ses investissements dans les réseaux de 6% en 2009. L’ancien France Télécom manque-t-il d’idées ?
Aidons-le un peu : dans le fixe, de petites astuces existent pour améliorer l’ordinaire de l’ADSL, en attendant la généralisation de la fibre optique, qui se déploie à la vitesse d’un escargot – elle n’a gagné que 11 000 clients au troisième trimestre 2010. Grâce à des ré­émetteurs de paquets de données, Free a accru le débit de ses clients de 7%. Quant à SFR, il a installé un outil de diagnostic très pointu sur 800 000 de ses 4,8 millions de lignes ADSL. Développé par la société californienne Assia, celui-ci ajuste la connexion aux besoins de chaque individu. «On peut gagner jusqu’à 30% de débit», assure Guillaume de Lavallade, directeur de la couverture et des solutions réseaux au sein de la filiale de Vivendi. Vivement que les autres s’y mettent !
Pour peu qu’ils s’en donnent les moyens, les opérateurs ont aussi largement de quoi booster nos connexions 3G. Les écolos bloquent les antennes sur les toits ? Pourquoi ne pas en installer des miniatures directement chez l’abonné ? C’est le principe des femtocells, des petits boîtiers malins qui, une fois branchés à votre box ADSL, émettent un champ 3G sur quelques dizaines de mètres. «Ils améliorent la couverture 3G à l’intérieur de votre résidence et, en plus, soulagent le réseau», explique André Méchaly, le responsable de la stratégie des réseaux mobiles chez Alcaltel-Lucent, qui en fabrique pour le compte de quatorze clients dans le monde. Malheureusement, les opérateurs français n’y croient pas : quand Vodafone les vend entre 30 et 60 euros au Royaume-Uni, SFR les commercialise au prix prohibitif de 199 euros. Quant à Orange et Bouygues, ils ne les proposent même pas.

Pour faciliter le surf mobile, les opérateurs pourraient aussi moderniser leurs antennes 3G actuelles. «Avec les cellules que nous proposons aujourd’hui, le débit maximal grimpe de 7,2 à 14,4 Mbits/s et, demain, il ira jusqu’à 42 Mbits/s», explique Alain Ferrasse-Pale, patron de Nokia Siemens Networks en France. Bien sûr, il s’agit de vitesses théoriques, atteignables par beau temps et seul sur son antenne… Un peu comme quand Peugeot ou BMW promettent une consommation de 5 litres aux 100, que l’on n’obtient en réalité que sur un circuit auto. Mais l’équipementier l’assure : «Le doublement du débit crête multiplie aussi par deux environ le débit réel de l’abonné.» Malheureusement, les opérateurs français traînent les pieds. Alors, n’allez même pas leur parler de 4G ! Plusieurs grands pays ont pourtant déjà adopté cette nouvelle norme, dite aussi LTE. Depuis un an, les abonnés de TeliaSonera, à Stockholm, surfent sur leur mobile à la cadence record de 33,4 Mbits/s, dix fois nos vitesses actuelles ! Et, aux Etats-Unis, Verizon propose depuis quelques jours des forfaits 4G à près de 110 millions d’Américains.
Pendant ce temps-là, les opérateurs français comptent leurs euros. «La 4G nécessite de très gros chantiers et de nouveaux équipements radio», prévient Cyrille Guetin, le directeur technique de Bouygues Telecom. Tout doux ! Ils n’auront pas tout à refaire. «Dès lors qu’on est dans la même bande de fréquence, les équipements 3G que l’on vend aujourd’hui ne nécessitent qu’une évolution logicielle pour passer au LTE», assure Alain Ferrasse-Pale, chez Nokia Siemens Networks. Au final, le surcoût de la 4G avoisine 500 millions d’euros par opérateur, selon les experts. Une somme en apparence élevée, mais qui ne représente jamais que six semaines de profits pour Orange ou huit pour SFR…
C’est encore trop pour Stéphane Richard, le patron de France Télécom, qui a annoncé en novembre vouloir faire payer Apple, Google et Facebook à proportion de leur usage du réseau. Son homologue chez Free, Xavier Niel, était sur la même ligne au printemps. On leur souhaite bien du courage !