TOUT EST DIT

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vendredi 4 mars 2011

Jouer les durs n’est pas sans risques

A quelques jours du sommet européen du 11 mars, qui s’annonce décisif pour l’avenir de la zone euro, Angela Merkel met la pression sur ses partenaires afin qu’ils acceptent le Pacte de compétitivité concocté avec Nicolas Sarkozy. 
En octobre dernier, le ministre portugais de l’Economie, Fernando Teixeira dos Santos déclarait que si les taux d’intérêts sur la dette dépassaient les 7 %, le Portugal serait candidat à un plan de sauvetage comme l’Irlande. Le pays avait alors une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Or depuis plusieurs semaines, les 7 % ont été dépassés.
Quand le même Teixeira s’est plaint le 15 février dernier après le dernier sommet des ministres de l’Economie et des Finances des "atermoiements et du manque de confiance" de ses partenaires — surtout côté allemand —concernant la demande d’une hausse de la capacité financière de l’actuel fond de sauvetage temporaire (FESF), il avait ses raisons. Le Portugal, comme la Grèce, a fait sa part en mettant en place un programme d’austérité. Et comme la Grèce, le pays paie très cher la lenteur de Berlin à prendre des décisions.
C’est une lenteur calculée. La chancelière allemande, Angela Merkel, a elle aussi ses raisons. Plusieurs échéances électorales approchent et le pays tout entier partage quasi unanimement cette vison ultra orthodoxe, pour ne pas dire nationaliste, de l’Union européenne : le salut passe uniquement par une réduction des déficits budgétaires et surtout pas par les euro-obligations ni par de nouveaux compromis communs… c’est pourquoi elle exige de ses partenaires européens un plan global, avec plus de contreparties pour sauver la monnaie unique : le Pacte de compétitivité.
Un "diktat" de Berlin et Paris?
Ce pacte en six points n’est pas une mauvaise chose. Mais il a été présenté le 4 février de manière peu diplomatique et perçu comme un diktat du duo Merkel-Sarkozy, suscitant un agacement légitime des partenaires européens. Le Président [du Conseil européen] Herman Van Rompuy a déjà arrondi les angles. Il a gommé l’aspect intergouvernemental du pacte, redonnant le rôle principal aux institutions, afin qu’il n’y ait pas que deux pays à décider du sort de l’Union. Et il s’est débarrassé de cette absurdité qu’il y aurait à inscrire dans les constitutions le déficit zéro.
En revanche les autres points — l’indexation des salaires sur la productivité, à condition de respecter le dialogue social ; la reconnaissance des diplômes ; une même base de calcul de l’impôt sur les sociétés ; l’allongement de l’âge des départs à la retraite : ou encore la mise en place d’un plan de résolution des futures crises bancaires — sont parfaitement nécessaires. Ils sont essentiels à la mise en place d’une véritable union économique.
Eviter la catastrophe en faisant payer les banques
Si ce plan se fraye un chemin, Berlin n’aura plus qu’à jouer sa partition. Comment ? Certains parient sur des tractations sous la table, des arrangements décisifs pour le prochain sommet. La capacité financière de l’actuel Fond de sauvetage pourrait alors monter à 500 milliards d’euros (avec l’aval des pays les plus solvables) et il pourrait soit émettre des euro-obligations (mais ne rêvons pas) ; ou bien acheter les titres de la dette des pays en difficulté (la plupart des Allemands, et pas seulement la chancelière, y sont hostiles) ; ou alors prêter de l’argent aux plus touchés afin qu’ils rachètent leurs obligations. Les effets économiques de ces deux dernières solutions équivalent  à l’émission d’euro-obligation.
Et en échange, Berlin obtiendrait ce dont elle rêve : qu’une partie de la facture du sauvetage soit payé par les banques. Comment ? En rachetant les obligations sur le marché secondaire, à un prix bien inférieur. Sans déclarer un pays en cessation de paiement, on parviendrait presque ainsi au même résultat : l’annulation de la dette. Ou quelque chose de semblable. Ou alors le calvaire recommencera avec, cette fois, une catastrophe à la clé.

Suivons l'exemple espagnol

Premier dirigeant européen à faire le voyage de Tunis, le 2 mars, le Premier ministre espagnol Zapatero a proposé 300 millions d'euros et une aide politique. Voilà ce que devrait être la politique de l'Europe dans les pays arabes qui se démocratisent, estime Le Monde. 
Le premier chef de gouvernement européen à s'être rendu dans la Tunisie post-Ben Ali a été José Luis Rodriguez Zapatero. Le président du gouvernement espagnol a voulu marquer, mercredi 2 mars, la solidarité de l'Espagne et de l'Europe avec le mouvement de démocratisation en cours dans le monde arabe. Il l'a fait sans forfanterie, prononçant les mots qu'il fallait : "Nous sommes là pour écouter et aider à construire un avenir fait de démocratie, de liberté et de dignité." Rien qui ressemble à de l'ingérence, à une vision angélique de l'avenir ou à une posture de donneur de leçons. Le ton et les mots adéquats.
Il faut remercier M. Zapatero, au nom de l'Europe. Il a comblé un vide. On peut comprendre que la France, qui avait salué la "progression de l'espace des libertés" dans la Tunisie de Ben Ali, n'ait pas été la première à célébrer sur place l'ère nouvelle qui s'annonce sur la rive sud de la Méditerranée.
Dès la mi-février, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, avait, c'est vrai, fait le voyage de Tunis pour assurer l'appui de l'Union au nouveau régime. Mais, sans vouloir jouer les esprits chagrins, le sentiment qui domine est tout de même celui d'une Europe peinant à être au rendez-vous d'une histoire majeure, et qui la concerne au premier chef – parce qu'elle se passe à sa frontière sud.
Ce n'est pas que l'Union ait mal fait en se préoccupant prioritairement d'un possible afflux massif de réfugiés à ses portes. Elle a raison. C'est une question effectivement prioritaire pour des pays comme l'Espagne, l'Italie et la France. Dans les conditions de contrainte budgétaire qui sont celles de la plupart des pays de l'UE, qui peut dire que la période est propice à l'accueil de milliers de migrants ?
M. Zapatero a annoncé le déblocage d'une enveloppe de 300 millions d'euros, par le biais des crédits de la Banque européenne d'investissement (BEI), au profit de la Tunisie. Pour aider les pays arabes qui font le pari de la démocratie, il propose de mobiliser le secteur privé.
Comme le président français, il suggère de redonner vie au projet d'Union pour la Méditerranée (UPM). Lancé en juillet 2008 par Nicolas Sarkozy, ce programme d'intensification des échanges entre l'Europe et sa rive sud n'a jamais décollé. Attendu cette semaine au Caire – bonne nouvelle -, Alain Juppé, le nouveau ministre des Affaires étrangères, veut, lui aussi, reprendre le dossier.
Tout cela est bien. Mais on eût souhaité, de la part de l'Europe, l'affichage d'un effort de solidarité politique à la hauteur de l'événement. On attend un geste qui marque la communauté de destin entre l'Europe et cet Orient si proche. On attend les mots qui diront que l'UE, pour être fidèle à ce qui la constitue, ne peut être indifférente à la nature des régimes qui l'entourent. Elle ne saurait donner des leçons ni ignorer tel ou tel pays. Mais, dans ses relations extérieures, il doit y avoir une "clause de la nation la plus favorisée" au profit des Etats les plus respectueux des droits de l'homme.

Ces universités qui font trembler les grandes écoles

Selon le classement SMBG des meilleurs masters, MS et MBA, publié ce samedi, plusieurs universités devancent ou talonnent les écoles de commerce prestigieuses dans certaines spécialités économiques et financières. Découvrez lesquelles...

 C'est un fait : les Français sont friands de classements mais ceux-ci, souvent critiqués, sont à interpréter avec prudence, ne serait-ce que par leurs différences de méthodologie. Publié par le cabinet de conseil en orientation SMBG-Eduniversal à l'occasion de son salon des meilleurs masters, mastères spécialisés et MBA qui se tient ce samedi 5 mars à la Villette à Paris (et en province du 12 mars au 9 avril), le classement SMBG, dont La Tribune publie en avant-première le top 10 de huit spécialités (Banque-finance, entrepreneuriat, fiscalité, gestion du patrimoine, gestion des risques, management de l'environnement et du développement durable, management de l'innovation et Droit des affaires et management), présente l'intérêt de comparer les diplômes de niveau bac + 5 / bac + 6 et MBA des grandes écoles et des universités (44% des 120 établissements représentés et 38% des 476 programmes classés concernant 52 spécialités de management, marketing, commerce, droit, gestion, ressources humaines, ingénierie, systèmes d'information...).
Trois critères ont prévalu pour l'enquête 2011 qui a interrogé 3.500 à 4.000 formations, 20.089 étudiants et un millier de professionnels RH : la notoriété de la formation, le salaire de sortie et le retour de satisfaction des étudiants. A noter que ce sont les formations qui sont classées (de 1 à 4 étoiles en fonction de la note finale obtenue entre 1 et 15) et non les établissements.
Paris-Dauphine et Panthéon-Assas toujours bien classées
Si les universités Paris-Dauphine (vingt-neuf masters classés en 2011) et Panthéon-Assas (vingt masters classés en 2011) figurent toujours dans ce classement depuis sa création en 2002, Marie-Anne Binet, responsable des classements et associée de SMBG-Eduniversal, note "une poussée des universités". Non que celles-ci étaient moins performantes auparavant, mais "les masters universitaires souhaitent de plus en plus entrer dans la compétition, ce qui passe par une logique de marque". Un mouvement amorcé avant même la loi LRU sur l'autonomie des universités de 2007, dû en grande partie à "une prise de conscience des enseignants et des directeurs d'UFR", la notoriété des masters relevant plus de leur directeur de programme que de l'institution elle-même dans le monde universitaire.
Mais avec l'autonomie des universités et la possibilité de créer des fondations, la création de pôles, l'opération campus et les projets d'excellence dans le cadre du grand emprunt, de nombreuses universités sont en train de mettre en place de véritables stratégies marketing. Pour Marie-Anne Binet, la LRU est aussi un atout pour gagner en compétitivité, même si "l'université française n'a pas eu besoin de la LRU pour dispenser de très bons programmes", puisque c'est là que l'on trouve "depuis toujours les meilleurs enseignants français".
Huit spécialités à la loupe
Ainsi, dans les huitspécialités publiées par La Tribune, les universités tiennent parfois la dragée haute aux grandes écoles, et s'immiscent sur de nouveaux territoires. Dans les top 10 des spécialités "Banque Finance" et "Fiscalité", disciplines traditionnellement universitaires, on retrouve ainsi respectivement 6 et 9 universités (dont un institut d'administration des entreprises). Dans le premier, Paris 1 Panthéon-Sorbonne pointe aux 1er et 5ème rangs, Assas (2ème rang) gagne même deux places et Dauphine (3ème et 6ème rang) une au détriment de l'ESCP Europe qui en perd deux (mais conserve ses 4 étoiles).
A l'inverse, l'"Entrepreneuriat" et la "Gestion de patrimoine" restent dominées par les écoles de commerce (ESCP Europe, EMLyon, HEC, BEM Bordeaux Management School...). Seule Dauphine figure dans la spécialité "Entrepreneuriat". Quant à la "Gestion de patrimoine", il est à noter la présence au 4ème rang de l'université d'Auvergne (Clermont 1), dont le master est historiquement réputé, mais aussi l'entrée en scène, à la 3ème place, de l'IAE de l'université Paris Est Créteil (Upec).
En "Gestion des risques", le top 5 n'est qu'exclusivement constitué d'écoles, l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en étant sorti au profit de Mines ParisTech. Mais l'université figure à la 9ème place de la spécialité "Management de l'environnement et du Développement durable", dominée par HEC (à noter là aussi la présence des IAE de l'Upec et de Valenciennes). En "Management de l'innovation", où l'EMLyon emporte la palme, l'université Paris 8 Vincennes Saint-Denis sort au profit de Dauphine, 6ème derrière l'IAE d'Aix-en-Provence.
Enfin, la spécialité "Droit des affaires et Management" est une "belle illustration de la poussée des universités, sur des spécialités habituellement réservées aux écoles de commerce", relève Marie-Anne Binet. Ainsi, le MBA-Master 2 de droit des affaires et management-gestion d'Assas, créé il y a seulement trois ans, est-il passé de la 5ème à la 1ère place. Les grandes écoles occupent certes les quatre rangs suivants (EMLyon, Essec, ESCP Europe, HEC) mais figurent à des places plus qu'honorables l'université Lyon 3 Jean Moulin (6ème) et l'université François Rabelais de Tours (10ème). Cette percée des universités, pousse d'ailleurs les écoles à "créer de plus en plus de programmes sur des domaines traditionnellement réservés aux universités" tels le droit ou la fiscalité, constate Marie-Anne Binet.
Notoriété grandissante
Reste à savoir si cette percée a des incidence sur le marché de l'emploi, alors dans le cadre de la loi LRU, les universités ont désormais des comptes à rendre en matière d'insertion professionnelle. Dans un contexte de crise, note Cécile Escape, directrice générale, associée de SMBG, les entreprises, qui peinent à se retrouver dans le maelstrom des formations universitaires, "se rassurent en privilégiant la marque des établissements même si la notoriété des programmes, révélée et développée par nos classements, est de plus en plus prise en compte par les recruteurs". De fait, les masters universitaires commencent à gagner leurs galons auprès des recruteurs avec le développement de réseaux d'anciens mais aussi de passerelles entre universités et écoles.

 Retrouvez l'intégralité du classement SMBG 2011 ce vendredi 4 mars à 20 heures sur www.meilleurs-masters.com

Pas de cure d'austérité pour les eurodéputés

D'un commun accord, les eurodéputés socialistes se sont alliés aux conservateurs afin de faire voter une «augmentation de 1.500 euros de l'enveloppe mensuelle destinée à payer leurs assistants», c'est ce que relate le journaliste de Libération, Jean Quatremer, sur son blog.

Réunis, le Parti Populaire européen et l'Alliance des socialistes et des démocrates pour l'Europe disposent d'une majorité absolue au sein du Parlement européen (449 sièges sur 736). Cette décision commune ne pouvait donc pas être contrariée par les autres partis européens.
Alors que leur enveloppe mensuelle s'élevait déjà à 19.709 euros par mois (voir le détail des revenus déclarés par Karima Delli sur Rue89 à titre d'exemple), le vote de cette augmentation est très mal perçu en cette période de «restriction budgétaire» dans la plupart des gouvernements européens. Pourtant ce n'est pas la première fois que les socialistes et les conservateurs tentaient l'opération comme l'explique Jean Quatremer:

«Ils avaient déjà essayé d’obtenir une augmentation de 3.000 euros il y a deux ans. Devant la fronde des autres groupes, ils avaient finalement accepté de couper la poire en deux en se contentant de 1.500 euros. Finalement, c’était reculé pour mieux sauter: l’enveloppe aura bien augmenté de 3.000 euros, mais en deux ans.»

Libye: Bombardements à Ras Lanouf

En Libye, les tensions ne s'apaisent pas, les mouvements pro et anti-Kadhafi se poursuivent depuis maintenant 17 jours. L'armée libyenne semble se renforcer à l'ouest de Brega ce vendredi et l'opposition a manifesté à Benghazi et à Tripoli. Quant au pont aérien mis en place jeudi pour rapatrier des milliers de travailleurs étrangers, il se poursuit, alors que la frontière entre la tunisienne est contrôlée par des forces pro-Kadhafi lourdement armées.
16h12: Zawiyah sous contrôle des pro-Kadhafi
Les forces de Kadhafi ont repris la ville de Zawiyah, à une soixantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli, selon la télévision libyenne.

16h00: Au moins 4 mort à Ras Lanouf

Au moins quatre personnes ont été tuées dans des affrontements entre les forces loyales de Kadhafi et les insurgés près du port stratégique de Ras Lanouf, fief pro-Kadhaf où les insurgés ont pris possession de l'aéroport, a rapporté l'un d'eux.

15h47: Au moins 13 morts à Zaouïah

Au moins treize personnes ont été tuées dans des affrontements à Zaouïah, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tripoli, rapporte la chaîne de télévision Al Arabia qui cite une source médicale.
15h37: Installations pétrolières en feu
Des installations pétrolières sont en feu à Zoueïtina, au sud de Benghazi, selon la chaîne de télévision Al Jazira, qui a diffusé les images d'une colonne de fumée noire s'élevant au-dessus des installations.
15h33: Londres étend le gel des avoirs libyens
La Grande-Bretagne a étendu le gel des avoirs à vingt autres membres de l'entourage du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi et touche désormais 26 personnes, a précisé le ministère britannique des Finances.
15h14: Castro pour la médiation vénézuelienne
Hugo Chavez "réalise un effort valeureux pour chercher une solution sans l'intervention de l'Otan en Libye", a affirmé Fidel Castro, ex-président de Cuba, dans la presse cubaine. "Ses chances de succès dépendent de sa capacité à créer un vaste mouvement d'opinion avant, et non après, cette intervention, afin qu'on ne voit pas se répéter l'atroce expérience de l'Irak", a-t-il ajouté.
15h09: Objectif Tripoli
Les insurgés lanceront une offensive sur Tripoli pour en chasser Mouammar Kadhafi "dès que la communauté internationale aura imposé une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen", a déclaré Abdallah al Mahdi, porte-parole du conseil militaire de l'insurrection sur la chaîne Al Jazira, précisant que c'est leur "prochain objectif".

15h07: Bombardements à Ras Lanouf

Des bombardements intenses et des tirs d'artillerie ont été entendus près de Ras Lanouf, contrôlé par les forces du dirigeant libyen, alors que des camions avec des insurgés se dirigeaient vers ce secteur, selon un journaliste de l'AFP.
14h42: Affrontements entre opposants et forces de l'ordre à Tripoli
Des affrontements entre opposants et la police anti-émeute ont eu lieu après la prière à Tadjoura, quartier est de Tripoli, selon un témoin.
14h38: Aide médicale française opérationnelle
L'aide médicale partie de France mardi pour la Libye et qui est arrivée à Benghazi jeudi soir après avoir transité par Le Caire, est "opérationnelle à l'hôpital central de la ville", a indiqué vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.
14h01: Heurts entre manifestants anti et pro-Kadhafi à Tripoli
Des dizaines de partisans et d'opposants au régime se sont battus sur la place Verte, à Tripoli, selon un témoin sur place, qui assure que les forces de l'ordre bouclaient le secteur mais qu'elles sont cependant restées en retrait sans intervenir, tirant simplement en l'air.
13h58: Le CICR demande une aide de 18 millions d'euros
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé un appel pour un montant de 24 millions de francs suisses (18,4 millions d'euros) afin d'aider plus de 200.000 personnes affectées par la crise en Libye. Le CICR aidera ces personnes pendant "les deux prochains mois", a-t-il indiqué dans un communiqué. Les fonds doivent servir à fournir des vivres, de l'eau, des soins médicaux et du matériel d'hygiène, pour environ 110.000 personnes à l'intérieur de la Libye et pour 100.000 autres ayant fui le pays.

13h53: Les manifestants dispersés à Tripoli

Les forces de sécurité libyennes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de manifestants anti-Kadhafi dans le quartier de Tadjoura à l'est de Tripoli, où des coups de feu ont été entendus, rapporte un journaliste sur place. "Elles ont tiré des grenades lacrymogènes et j'ai entendu des coups de feu. Les gens se sont enfuis dans toutes les directions", a-t-il indiqué.
13h44: Les Bangladais prennent la place des Egyptiens évacués
Des milliers de réfugiés originaire du Bangladesh ayant fui le chaos en Libye se trouvent entre le poste-frontière tunisien de Ras Jedir et le camp de réfugiés de Choucha, a constaté une journaliste de l'AFP. "Leur présence à la frontière pose des problèmes sanitaires. La majorité des Egyptiens étant partis du camp, ils vont prendre leur place", a expliqué l'adjudant Rachid Mijbri, de la protection civile tunisienne.

13h37: Saisie d'un bateau avec 117 millions d'euros destinés à la Libye

Un bateau contenant "des devises libyennes" d'une valeur de 117 millions d'euros, destinés à la Libye, a été intercepté mercredi par un navire britannique et "escorté dans le port de Harwich", au sud-est de l'Angleterre, a annoncé un porte-parole du ministère de l'Intérieur.
12h53: Les otages néerlandais toujours prisonniers
Des "négociations intensives" continuent d'être menées par les Pays-Bas pour obtenir la libération de trois soldats néerlandais, équipage d'un hélicoptère de la marine, prisonniers en Libye, a indiqué Otte Beeksma, un porte-parole du ministère néerlandais de la Défense.
12h50: Les rebelles avancent vers l'ouest
Les forces de l'opposition, qui s'attendent à une attaque, se sont avancées jusqu'à Uqayla, un petit village à 280 km au sud-ouest de leur fief de Benghazi et à une quinzaine de kilomètres à l'ouest de Brega, selon l'AFP.
12h30: Rome appelle Kadhafi à cesser les violences
Le colonel Kadhafi "doit cesser les actions militaires contre son propre peuple", a déclaré le président italien Giorgio Napolitano, devant le Conseil des droits de l'Homme des Nations Unies, axpliquant que l'Italie soutient l'appel du Conseil de Sécurité de l'ONU pour "une fin rapide de la tragédie libyenne". Les récents événements en Méditerranée "démontrent que l'Union européenne doit finir le travail inachevé d'établir un espace commun de liberté, de sécurité et de justice" en "fixant des règles sur les demandeurs d'asile et la protection des réfugiés", a-t-il poursuivit soulignant que "la mise en place d'une gestion plus efficace des frontières ne peut être laissée individuellement aux Etats membres". "Il ne s'agit pas de la frontière d'un pays, mais de la frontière de l'Europe", a-t-il affirmé.

11h34: Flotte américaine en Grèce

Deux bâtiments de guerre américains, l'USS Kearsarge et l'USS Ponce, sont arrivés dans la base militaire de Souda à la Canée, en Crète (Grèce), a indiqué par téléphone à l'AFP le porte-parole de la base, Paul Farley. "Dans le cadre d'un effort international pour aider à l'évacuation des personnes qui quittent la Libye, le ministère américain de la Défense sous les ordres du président, fournit des avions militaires pour aider les Egyptiens, qui avaient quitté l'Egypte pour la frontière avec la Tunisie à rentrer en Egypte", a-t-il également indiqué dans un communiqué.
10h51: Encore 12.500 personnes à évacuer
Quelque 12.500 personnes sont encore bloquées à la frontière tunisienne après avoir fui les violences en Libye et doivent encore être évacuées, a indiqué le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
10h51: Près de 100.000 personnes ont fui
Près de 100.000 personnes ont franchi la frontière tunisienne depuis le 20 février, a estimé le responsable régional du Croissant-Rouge tunisien.

10h50: Frontière tunisienne contrôlée par les fidèles de Kadhafi

La frontière entre la Tunisie et la Libye est contrôlée par des forces pro-Kadhafi lourdement armées, selon le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). "Le HCR craint que la situation sécuritaire en Libye empêche les personnes de traverser la frontière", a déclaré une porte-parole de l'agence onusienne, Melissa Fleming, lors d'un point de presse.
10h40: Des journalistes retenus à leur hôtel
Les autorités libyennes ont retenu des journalistes étrangers à l'hôtel Rixos de Tripoli pour les empêcher de couvrir les manifestations antigouvernementales prévues après la prière hebdomadaire. Leur présence en ville pourrait donner lieu à des violences, a déclaré un représentant du gouvernement, évoquant la menace d'extrémistes d'Al Qaïda. "Ce sont des circonstances exceptionnelles. Je sais que vous allez en parler et tourner ça comme vous voulez. Nous sommes prêts à prendre le risque de vous empêcher de travailler pour éviter que Tripoli ne devienne Bagdad", a ajouté le porte-parole.
10h22: Stockholm débloque 3,7 millions d'euros pour les réfugiés
La Suède a mis à disposition de l'ONU un avion de transport militaire C-130 Hercules pour procéder aux évacuations "de personnes en détresse à la frontière tunisienne" et a également débloqué 3,7 millions d'euros à destination du Comité international de la Croix-Rouge, du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés et de l'Unicef. a annoncé le ministère des Affaires étrangères suédois dans un communiqué. L'avion se trouve déjà à Malte où il a procédé ces derniers jours à des évacuations de ressortissants suédois en Libye.

9h44: Bombardements près de Ajdabiya

Un raid aérien des forces gouvernementales a visé une base militaire sous le contrôle des rebelles près d'Ajdabiya, dans l'est du pays. Il n'y aurait aucune victime ni dégât, selon des sources au sein de l'insurrection. Un journaliste de l'AFP a notamment vu de nombreuses caisses de munitions abandonnées dans la caserne mais n'a constaté aucun dommages.
9h00: L'est de la Libye, fief de l'opposition
L'armée libyenne semble se renforcer à l'ouest de Brega, ville contrôlée par les insurgés, au lendemain d'une contre-offensive apparemment infructueuse contre ce site pétrolier qui contrôle l'accès à Benghazi, fief de l'opposition.
L'opposition libyenne se prépare à des manifestations à Tripoli, alors que la rébellion est attaquée dans l'est du pays.
Le pont aérien mis en place jeudi par les pays européens pour rapatrier des milliers de travailleurs étrangers se poursuit.

Libye : des combats à Ras Lanouf

Pro et anti-Kadhafi continuent de combattre sans merci. Les forces loyales au chef d'Etat libyen n'hésitent pas à bombarder les villes aux mains des insurgés. La communauté internationale semble se diriger de plus en plus vers la solution d'une zone d'exclusion aérienne. Et les pays européens poursuivent leurs tentatives d'endiguer la crise humanitaire à la frontière Tunisie-Libye. Mouammar Kadhafi et ses proches sont visés par une enquête de la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes contre l'humanité". 


12h10 : Des combats à Ras Lanouf, dans l'Est libyen. Les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi et les insurgés s'affrontent pour le contrôle de ce terminal pétrolier, dans le golfe de Syrte, rapporte Al Djazira. La chaîne fait également état de combats à Zaouïah, à 50 km à l'ouest de Tripoli.
11h25 : Vienne gèle les avoirs d'un homme de confiance de Mouammar Kadhafi, Mustafa Zarti, qui s'est réfugié à Vienne et avait été entendu jeudi par la police antiterroriste autrichienne.
11h15 : Près de 100.000 personnes ont franchi la frontière tuniso-libyenne depuis le 20 février, a annoncé vendredi à l'AFP le responsable régional du Croissant-Rouge tunisien.
11h05 : 12.500 personnes sont encore bloquées à la frontière Libye-Tunisie, et doivent donc encore être évacuées, a indiqué le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
10h55 : La frontière entre Libye et Tunisie est contrôlée par des pro-Kadhafi, lourdement armées, a averti le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).
10h46 : Rome réticente à une intervention militaire. "Seuls ceux qui ne connaissent rien au monde arabe peuvent parler légèrement d'une action militaire occidentale au coeur du monde arabe", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini.
10h30 : Des journalistes retenus à leur hôtel de Tripoli. Les reporters ont été empêchés de sortir de l'hôtel Rixos où se trouve la plupart des correspondants, par les autorités libyennes. Leur présence en ville pourrait donner lieu à des violences, a justifié un représentant du gouvernement, évoquant la menace d'Al Qaïda.
9h45 : Un raid aérien près d'une base militaire à Ajdabiyah a été signalé par les insurgés, rapporte l'AFP. Ce bombardement des forces pro-Kadhafi, qui a visé une base militaire contrôlée par les rebelles, n'a fait selon ces derniers ni victime ni dégât.
Reportage de l'envoyé spécial d'Europe 1 à Brega, au lendemain d'un combat violent entre pro et anti-Kadhafi :

"La révolution a triomphé"
envoyé par Europe1fr. - L'info video en direct.
9h05 : Nouveaux bombardements à l'Est. Un avion de l'armée libyenne a bombardé les abords d'une base militaire aux mains des insurgés à Ajdabiyah, sans la toucher, ont annoncé des combattants de l'opposition.

8h30 : L'aviation libyenne bombarde un site proche d'un dépôt de munitions, aux mains des insurgés dans l'Est.

7h05 : Nouveaux bombardements sur Marsa el Brega. Cette ville pétrolière est de nouveau la cible des forces pro-Kadhafi, rapporte la chaîne de télévision Al Arabia.

Le commentaire politique de Christophe Barbier



Apple peut-il survivre sans Steve Jobs?

La présence de Steve Jobs sur scène pour présenter l'iPad 2 a créé l'événement. L'homme incarne plus qu'aucun autre patron l'image de son entreprise. Mais il n'est pas éternel... L'analyse de Jean-Marc Daniel, professeur à l'ESCP Europe.

Hermès affiche une "croissance exceptionnelle"

Le bénéfice net du groupe de luxe Hermès a bondi de 46 % en 2010 à 421,7 millions d'euros alors que sa rentabilité opérationnelle a atteint 27,8 % des ventes, "meilleure performance enregistrée par le groupe depuis son entrée en Bourse en 1993", indique la griffe vendredi 4 mars. La marge opérationnelle de la marque célèbre pour ses sacs et foulards, a gagné 3,6 points alors que le groupe affirmait s'attendre à une progression "sensiblement d'environ trois points" par rapport à 2009, contre un à deux points prévus initialement. Le résultat opérationnel s'envole également : + 44,3 % à 668,2 millions d'euros.
Hermès, qui parle de "croissance exceptionnelle des ventes et résultats", avait annoncé début février des ventes record de 2,4 milliards d'euros. Cette maison, comme LVMH, Richemont (Cartier, Montblanc…), Prada ou Tiffany, a tiré parti l'an dernier d'un net rebond de la demande, notamment en provenance d'Asie, mais profité aussi d'un bon dynamisme des marchés matures comme l'Europe et les Etats-Unis. "Ces résultats reflètent la qualité de notre modèle d'entreprise et l'efficacité des collaborateurs qui le mettent en œuvre", a commenté Patrick Thomas, gérant d'Hermès, qui a vu arriver dans son capital par surprise fin octobre et contre son gré le groupe de luxe LVMH.

Eric Clapton, un Guitar Hero aux enchères

Pour la troisième fois, le musicien anglais entend recueillir des fonds au profit de l'établissement de désintoxication qu'il a fondé en 1998. Sa dernière vente ?

Mais de combien de guitares dispose cet homme au juste? Pour la troisième fois en une douzaine d'années, la rock star Eric Clapton se sépare de sa collection personnelle au profit de Crossroads, le centre de désintoxication qu'il a fondé en 1998 dans les Caraïbes. La première vente, organisée en 1999, lui avait permis de recueillir 5 millions de dollars pour un total de 106 lots. La suivante, cinq ans plus tard (88 lots cette fois) avait atteint le chiffre impressionnant de plus de 7 millions.
Pièce maîtresse de sa collection, sa Fender des années 1950, surnommée Blackie sa guitare de scène principale entre 1973 et 1985 était alors partie pour près d'un million de dollars, un record absolu pour une guitare électrique. La chaîne américaine d'instruments de musique Guitar Center, qui la détient aujourd'hui, expose régulièrement cet instrument assemblé à partir de trois Stratocaster des années 1956-1957 dans ses différentes succursales.
Si les deux premières ventes avaient été organisées par la maison Sotheby's, celle du 9 mars se tiendra chez Bonham's, à New York. Moins historiques que les pièces proposées en 1999 et 2004, les 138 lots actuellement exposés contiennent pourtant plusieurs pépites. Ainsi, une Gibson demi-caisse de 1948, utilisée sur l'album From the Cradle (1994) et la tournée qui suivit, constitue une pièce de choix, avant même son association avec le Guitar Hero issu de la scène anglaise des années 1960.

Fervent adepte de la firme pendant cette décennie, le musicien est associé plus étroitement au concurrent historique, Fender, depuis la parution de son premier album solo, en 1970. Il bénéficie notamment d'une déclinaison de la Stratocaster portant son nom, diffusée par la marque californienne depuis la fin des années 1980. Plusieurs variations autour de ce modèle de prédilection sont aujourd'hui proposées par la maison de vente. Les plus notables sont celui de couleur noire utilisé lors des concerts de reformation de Cream, en 2005, et un modèle bleu dont jouait encore Eric Clapton lors de sa dernière tournée européenne.
Le catalogue dévoile la présence d'instruments plus insolites ou rares, avec lesquels Clapton s'est très rarement produit en public. Outre les prestigieux fabricants Fender, Gibson, Gretsch ou Martin, certaines pièces sont dues à des luthiers moins connus comme Danny Ferrington, Steven Kearney, Tony Zemaitis ou le Britannique Mike Lewis, basé à Vitry-sur-Seine.
«La dernière fois qu'il m'a acheté une guitare, c'était en mai dernier, explique ce dernier. C'est un honneur pour moi de vendre mes instruments au meilleur guitariste du monde. Il m'en a pris quatre en tout depuis 1995. Désormais, je connais ses goûts, et j'essaie de lui construire des guitares selon ceux-ci.»
Aux côtés de ses dizaines de six-cordes, de multiples amplificateurs sont proposés, dont certains remontent au début des années 1970. La prodigieuse source pourrait bien se tarir une fois cette vente passée.


Burqa : les nouvelles règles en vigueur dès le 11 avril

Dissimuler son visage dans l'espace public constituera une infraction passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 150 euros.


Qu'elles soient françaises ou touristes, Saoudiennes sur les Champs-Élysées ou immigrées: elles ne pourront plus porter le niqab dans la rue en France, à partir du 11 avril. Le compte à rebours vient d'être enclenché mercredi matin, par la publication au Journal officiel de «la circulaire d'application de la loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public». Le texte se veut sobre. «Car cette loi est un symbole fort, mais elle ne concerne qu'une minorité», rappelle-t-on à Matignon. Il n'y aura donc pas de traque aux quelque 2000 femmes portant la burqa.
Si une dame refuse de se découvrir dans un service public, on lui demandera de quitter les lieux. Si elle persiste, «la loi ne confère en aucun cas à un agent le pouvoir de contraindre une personne à se découvrir ou à sortir. L'exercice d'une telle contrainte constituerait une voie de fait et exposerait son auteur à des poursuites pénales. Elle est donc absolument proscrite», met en garde la circulaire, pour éviter les dérapages. «Les agents du service public doivent faire appel aux forces de l'ordre», rappelle-t-on à Matignon.
Concrètement, les policiers devront alors procéder à un contrôle d'identité de la personne entièrement voilée pour établir le «constat d'infraction». Si elle accepte de montrer son visage, alors elle recevra une convocation pour une audience devant un juge de proximité, chargé d'évaluer l'infraction. Il pourra proposer un simple stage de citoyenneté ou opter pour une amende allant jusqu'à 150 euros au maximum. Si la femme refuse d'ôter sa burqa lors du contrôle de ses papiers, alors elle sera emmenée au poste de police.
Les policiers que l'on dit réticents, craignant d'enflammer des quartiers déjà sous tension, «donneront la priorité à leurs missions urgentes. Mais s'ils croisent une femme entièrement voilée lors d'une patrouille, ils relèveront l'infraction, avec discernement», explique-t-on au cabinet du premier ministre.
Dans les commerces, les bars, les cinémas, les restaurants, les hôtels, chacun pourra décider de placarder les grands posters mis à disposition par l'État, qui rappellent que «La République se vit à visage découvert». Près de 100.000 affiches et 400.000 dépliants ont été imprimés, tandis qu'un site Internet fournit ce matériel à tous ceux qui le désirent.
Les gérants pourront demander aux clientes de se découvrir ou de quitter les lieux et recourir aux forces de l'ordre en cas de blocage… Tout comme ils pourront fermer les yeux. «Nous ne voulons mettre personne en difficulté et ce n'est pas aux citoyens de faire cesser cette infraction», explique-t-on au cabinet de François Fillon.
Rue, transports en commun, écoles et universités, commerces, cinémas, parcs, cafés… La circulaire détaille la notion nouvelle en droit «d'espace public». Les femmes en burqa pourront en revanche circuler dans des voitures privées, comme passagères. Il ne leur est pas interdit de conduire, à condition qu'elles puissent effectuer toutes les manœuvres rapidement et sans entrave… À Nantes, la conductrice en burqa avait contesté son amende et obtenu gain de cause… «mais il ne faut pas prendre cette décision pour une jurisprudence. En réalité, le procès-verbal de l'agent n'était pas assez précis», veut-on croire à Matignon. Il reviendra aux agents de juger de l'habilité d'éventuelles conductrices masquées, dans le respect du Code de la route. Enfin, dans les mosquées, la loi peut s'appliquer, «si des responsables du lieu le réclame», précise-t-on à Matignon.
En attendant les premiers cas, le ministère de la Ville est chargé d'une mission d'approche plus ciblée de ces femmes. Les préfets, sous-préfets à l'égalité des chances et délégués des préfets dans les quartiers, tout comme le réseau des femmes relais et les associations seront mobilisés pour aller au-devant des familles et relayer un message d'égalité homme-femme. Discrètement. Comme s'il ne fallait pas rallumer les braises du débat.

Le bouclier fiscal va sauter, l’impôt sur la fortune va toucher moins de monde

Matignon et Bercy ont levé le voile, hier, sur une réforme de la fiscalité du patrimoine, annonçant officiellement la mort du bouclier fiscal et la sortie de 300 000 foyers de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

  La fin du bouclier — dispositif qui plafonnait l’impôt des contribuables à 50 % de leurs revenus — était non seulement attendue, mais annoncée par le gouvernement qui y voyait lui-même un « symbole d’injustice ». Il était le « remède imparfait aux défauts de l’ISF » (Impôt de solidarité sur la fortune), a concédé le Premier ministre, qui ouvrait hier à Bercy un colloque réunissant parlementaires, économistes et chefs d’entreprises sur le thème « patrimoine et fiscalité ».
Selon M. Fillon, la réforme, que le gouvernement veut boucler pour mai, devrait aussi permettre à 300 000 foyers assujettis à l’ISF « depuis dix ans, essentiellement à cause de la flambée des prix de l’immobilier », d’échapper à cet impôt.
Cette décision, avait expliqué dès la mi-février le ministre du Budget François Baroin, reviendrait à relever le seuil d’entrée dans l’ISF de 790 000 euros à 1,3 million d’euros, pour un coût évalué à 900 millions d’euros.
Le manque à gagner serait compensé par la suppression du bouclier fiscal, qui coûte chaque année entre 700 et 900 millions d’euros à l’État.

« Pas question de toucher au livret A »

Autre principe acté par le Premier ministre : la réforme de la fiscalité du patrimoine ne « mettra en aucune façon à contribution » les foyers qui échappaient jusqu’à présent à l’ISF.
« Il n’est pas question de toucher au livret A, à l’assurance-vie du petit épargnant, ni à aucun des placements des ménages qui ne sont pas à l’ISF aujourd’hui », a insisté le Premier ministre.
De la même manière, a assuré M. Fillon, le gouvernement ne reviendra pas sur l’allègement des droits de succession décidé en 2007 et ne créera pas une nouvelle tranche d’impôt pour les plus aisés, ce qu’appelaient pourtant de leurs vœux plusieurs parlementaires de la majorité.
Résumant la philosophie de la réforme, M. Fillon a écarté l’idée d’une « révolution » ou d’un « grand soir fiscal », défendue selon lui par la gauche, pour s’en tenir aux « valeurs de (sa) famille politique ». « Nous ne voulons pas d’une France où les classes populaires ne pourraient plus rêver d’accéder au statut des classes moyennes, et les classes moyennes au statut des classes supérieures », a-t-il expliqué.
Deux scénarios sont envisagés par le gouvernement. Si tous deux prévoient la suppression du bouclier fiscal, l’un envisage la suppression pure et simple de l’ISF et l’autre sa « transformation en profondeur » (lire ci-contre, « le premier scénario »). Cette option n’a cependant pas les faveurs de nombreux parlementaires UMP qui redoutent une usine à gaz.
Dans l’autre cas (deuxième scénario ci-contre), l’ISF serait aménagé, avec un nombre de tranches et des taux réduits.

« Pas de décision à ce stade » sur l’ISF

« Le gouvernement n’a pas pris de décision à ce stade », a souligné François Baroin, le ministre du Budget, ce qui promet de nouveaux débats animés au sein d’une majorité divisée. D’autant que, comme l’a réaffirmé François Fillon, le gouvernement exclut de financer cette réforme par la dette.
Pour le PS, la suppression du bouclier fiscal constitue un « véritable aveu d’échec » du président Nicolas Sarkozy qui l’avait défendu bec et ongles autrefois. Quant à la réforme de l’ISF, elle est un « marché de dupes » qui profite aux Français les plus aisés.

Les mésaventures d’Astérix

Ce bouclier-là a plus exposé son chef aux périls des batailles politiques qu’il ne l’en a protégé. Nicolas Sarkozy l’avait imaginé comme une arme décisive contre la désertion des entrepreneurs vers la Suisse, la Belgique ou ailleurs. Il l’avait pensé comme un fétiche de l’argent décomplexé, un symbole de la liberté d’entreprendre, l’emblème d’une France nouvelle ou la réussite ne serait plus un gros mot. Les gagnants, les très-très riches, ne trembleraient plus à l’idée de devoir «travailler plus de la moitié de l’année pour l’État» (autre variante : «travailler un jour sur deux pour les impôts»).

Très vite, dès l’été 2007, la France montra qu’elle n’adhérait pas à cette logique qui bouleversait sa conception de l’égalité fiscale. Elle n’était pas prête à faire une croix sur l’idée, simple, d’une solidarité nationale, effectivement exigeante pour les revenus les plus hauts. Mais le chef de l’Élysée, sûr de l’efficacité de son fameux bouclier sur le dynamisme de la France d’après, considéra qu’il devait s’y accrocher vaille que vaille, fût-ce contre une large majorité de l’opinion . Il devait tenir, dût-il contrarier le peuple : c’était pour son bien...

Avec la crise, le bouclier devint carrément un boulet. Mais pas question de s’en débarrasser : c’eût été renoncer à un dogme de son quinquennat. Rompre avec la rupture. Céder au classicisme d’une France qui avait toujours délibérément préféré être moins attractive pour les moins fortunés mais rester en paix avec sa conscience sociale.

Seul contre tous, et notamment contre les députés de sa propre majorité UMP, Nicolas Sarkozy a presque tenu jusqu’au bout. La perspective d’une présidentielle beaucoup plus difficile que prévu, et surtout les efforts demandés au pays pour combler une dette abyssale, le fait changer d’avis à quatorze mois seulement de l’échéance.

L’Élysée s’est finalement résigné à remiser le bouclier magique aux effets durablement maléfiques sur les sondages. Le voilà affublé d’une définition révisée a minima : tout compte fait ce n’était qu’une mauvaise solution à un mauvais impôt, celui-là même qu’on pensait indestructible: l’impôt sur la fortune.

Comme un arbitre de football, épris d’un sentiment de culpabilité après avoir sifflé une faute, Bercy s’apprête donc à compenser la suppression du bouclier par celle de l’ISF ou, au minimum, par une modification conséquente. Avec le même risque, au final, de mécontenter tout le monde.

Exempter les «victimes» du relèvement des prix de l’immobilier d’une fiscalité disproportionnée pour se concentrer sur les revenus de la fortune est sans doute une démarche pertinente. Elle n’empêchera pas de considérer cette disposition, si elle était choisie, comme une largesse à l’égard des possédants, incongrue dans ces temps difficiles.

Un mur porteur s’écroule


Avec la disparition annoncée du bouclier fiscal, c’est un mur porteur de la maison Sarkozy qui s’écroule. Le chef de l’État avait fait de cette mesure un symbole. Il pensait avoir trouvé la formule magique en appelant au « bon sens » pour favoriser les plus riches : nul, selon lui, ne devait payer en impôts et en taxes plus de la moitié de ses revenus. Les efforts drastiques demandés aux Français pour sortir de la crise, et l’affaire Bettencourt, ont montré que ce raccourci de langage menait droit à l’injustice. Au nom du bouclier fiscal, la femme la plus riche de France s’est vu retourner un chèque de 30 millions d’euros financé par les contribuables, et les plus fortunés ont été exemptés de tout effort supplémentaire pour résorber l’abyssal déficit public, au moment où les niches fiscales étaient rabotées pour les classes moyennes.

En caressant les millionnaires dans le sens du poil, Nicolas Sarkozy espérait faire revenir les évadés fiscaux en France. Autant tenter d’attraper un écureuil en lui mettant du sel sur la queue : le bouclier n’a empêché ni la fraude, ni les expatriations. C’est un échec sur toute la ligne.

Malgré la nécessité, qu’il est le premier à proclamer, de résorber le déficit de l’État, le président de la République s’est accroché à cette mesure pendant quatre ans, au mépris de toute logique financière, sociale, économique… et politique. Son symbole ultralibéral, proche des cadeaux fiscaux offerts par George Bush aux classes supérieures américaines, a contribué à lui conférer une réputation de « président des riches » dont il aura d’autant plus de mal à se défaire qu’il insiste, aujourd’hui, pour maintenir d’autres privilèges. Le chef de l’État ne facilite pas la tâche du gouvernement en réclamant, à cor et à cri, la disparition de l’impôt de solidarité sur la fortune, sans accepter la création d’une nouvelle tranche supérieure de l’impôt sur le revenu. Les Allemands ont choisi cette solution quand ils ont supprimé leur ISF. Mais lorsqu’il s’agit de toucher aux plus fortunés, le chef de l’État ne veut plus entendre parler de « rapprochement des fiscalités ».

Les schémas présentés hier pour alléger l’imposition des hauts patrimoines sont tous déficitaires pour les finances publiques. Comme il est hors de question de réduire les recettes de l’État, il est facile de deviner que l’argent manquant sera compensé par les catégories sociales moins favorisées que celles qui sortiront de l’ISF.

Islam : les risques du débat

Faut-il, et comment, ouvrir un débat pour encadrer les pratiques de l'islam en France ?

Sans céder à une certaine psychose, encore moins fondée dans l'Ouest qu'en banlieue parisienne ou dans le Midi, il faut regarder la réalité en face. Il n'est pas normal de barrer une rue pour prier, de délivrer des prêches radicaux et en arabe, de mettre en cause la mixité des piscines, de refuser des soins hospitaliers pour cause de religion ou d'empêcher d'enseigner la Shoah.

Cela dit, le moment choisi pour en parler ne tient pas du hasard. Il coïncide avec un mouvement de fond : nous sommes entrés, à cause de la crise et de la mondialisation, dans un doute identitaire sans précédent. La peur du monde qui nous entoure prend de la consistance au fur et à mesure que les mosquées se remplissent, que les églises se vident et que s'accroît la visibilité de rituels religieux, de tenues vestimentaires et de pratiques culturelles vécus comme intrusifs.

Ce moment coïncide ensuite avec une actualité qui rend l'opinion encore plus réceptive. La menace d'une immigration maghrébine, pour l'instant très limitée, fournit le prétexte à une dramatisation politique.

La tenue d'une convention UMP sur « l'islam de France », avalisée par l'Élysée, a été précédée, hier, au Puy-en-Velay, d'un rappel présidentiel, factuel mais pas innocent, de l'importance de l'héritage chrétien du pays. Tout ceci le jour où paraît, au Journal officiel, la circulaire contre le port de la burqa.

L'approche de la présidentielle incite naturellement à consolider le socle traditionnel de la majorité. Mais ces messages, parce qu'ils sont concomitants et délivrés à ce moment particulier, contribuent à réduire l'islam, et les six millions de musulmans, à un problème. Comme pour le fameux débat sur l'identité nationale, il en résulte un tapage suspect autour d'une question dont les réponses exigeraient surtout une mise en oeuvre discrète et apaisée.

Car à force de désigner, on finit par encourager les réflexes communautaristes que l'on veut combattre et par aggraver la situation que l'on prétend régler à coup de joutes médiatiques. La défense de la laïcité doit, au contraire, chercher à concilier le droit individuel à une croyance et à une pratique religieuse avec le vivre ensemble.

Pour agir, il existe des outils. L'esprit de la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État, qui garantit le libre exercice du culte dans le respect d'autrui, ne justifierait-il pas que l'on construise des mosquées, que l'on ouvre des voies contrôlées de financement des lieux de culte et de la formation des imams ?

Les lois et arrêtés existants permettent d'intervenir partout où l'espace public est concerné. Enfin, mais on parle moins des réussites que des échecs, il existe des politiques urbaines où la mixité de l'habitat permet un meilleur mélange social, une dilution des pratiques et une sorte de laïcisation de l'islam.

En tout cas, il n'y aurait rien de pire que de multiplier des lois répressives et inappliquées rue Myrha, à Paris, ou sur le marché de Vénissieux. Rien de pire que d'occuper l'espace politique pour moins parler du chômage ou de la situation sociale des jeunes. Rien de pire, sauf pour l'extrême droite.

Miracle


Comme on aimerait le croire, Monsieur Fillon. Et comme on se prend à douter, pourtant, quand on entend cet homme raisonnable nous promettre la lune - ou plutôt, ce qui revient au même, un impôt indolore. Il est vrai que sa tâche n’est pas simple: on lui demande de remplir les caisses vides de l’Etat sans vider les poches des contribuables. Sans doute une forme de comptabilité miraculeuse, inspirée au Président par son pèlerinage à la cathédrale du Puy, et qui permettrait de changer la dette en gain et de multiplier les euros... Et quel serait cet impôt sans douleur, intelligent et juste, promis par Monsieur Fillon ? L’impôt sur le revenu de la fortune, à ne payer que si l’on s’est enfortuné au-delà de 1,3 million d’euros. Trop beau pour être vrai: Monsieur Fillon, vous pouvez nous jurer qu’il n’y aura pas de grand soir fiscal, nous craignons déjà des lendemains de gueule de bois.

Stephen King

L'écrivain américain à succès, qui publie en France un nouveau pavé intitulé le « Dôme », a atteint depuis longtemps les sommets de la popularité, puisqu'il a vendu 350 millions d'ouvrages dans le monde. Ce natif du Maine, resté fidèle à son Etat d'origine, a hérité de sa grand-mère le goût des romans policiers, avec pour habitude de les commencer par la fin. Enfant rondouillard, il a trouvé une échappatoire à ses complexes en écrivant dès douze ans ses premières histoires, qu'il ronéotait pour les vendre. S'il a vécu de petits boulots une fois achevées ses études de littérature, tout en habitant dans une caravane, l'écriture est demeurée sa passion. C'est son roman « Carrie », publié en 1974 après qu'il eut récupéré le début du manuscrit dans la poubelle où il l'avait jeté parce qu'il le trouvait mauvais, qui a marqué le commencement du succès. Cultivant le fantastique avec un sens aigu du détail et un talent consommé à brouiller les pistes, l'auteur de plus de 50 best-sellers a renoncé à son addiction pour l'alcool et la drogue. Si ses oeuvres ont inspiré des réalisateurs comme Brian De Palma ou David Cronenberg, il a jugé l'adaptation de « The Shining » par Stanley Kubrick trop éloignée de l'histoire originale. Il est vrai que ce père de 3 enfants, dont 2 sont écrivains, n'est pas du genre à faire des compromis. Fan de base-ball et de rock, il n'a pas hésité à fonder une radio exclusivement consacrée à ces deux thèmes. Et, quand il a été renversé par une camionnette alors qu'il marchait au bord d'une route, il a racheté le véhicule pour le détruire à coups de masse.

« pour changer de civilisation »


Dans un essai collectif intitulé « Pour changer de civilisation », signé par « 50 chercheurs et citoyens » et publié hier Martine Aubry évoque les lignes de force du futur projet socialiste pour 2012. La première secrétaire du PS notamment en « appelle à une société du respect », du « soin mutuel », face « à la société du mépris ». Elle revendique également une « démocratie du long terme contre la politique du spectacle ». Pour la maire de Lille « la conception même de la présidence de la République est affaissée... Il faut retrouver de nouveaux modes démocratiques », entre autres par des « institutions plus équilibrées ». Cet ouvrage est « l'analyse » de « l'environnement intellectuel », du « soubassement dans lequel on a travaillé pour faire les propositions » qui seront discutées au bureau national le 5 avril, a indiqué mercredi Martine Aubry devant la presse. 

ELLE SERA BIEN INSPIRÉE DE COMMENCER PAR RESPECTER SA PAROLE
SI ELLE PROMET LA LUNE AUX FRANÇAIS.

Renault : retour de bâton

On reproche parfois à juste titre aux journalistes de ne se fier qu'aux rumeurs. On pourrait adresser le même reproche aux patrons. Ce n'est pas parce qu'un fait semble probable qu'il l'est. Tout comme on ne devrait jamais se baser uniquement sur une hypothèse plausible pour rédiger un article, un dirigeant d'entreprise ne devrait pas se contenter d'être convaincu pour agir. Pour décider, il faut des faits. Des faits incontestables.

L'affaire d'espionnage qui secoue Renault le prouve. Même s'il est trop tôt pour dédouaner totalement les trois cadres mis en cause, tous les détails progressivement rendus publics tendent à affaiblir la position du constructeur automobile et à renforcer celle des accusés. La marque au losange n'a pas eu tort de s'inquiéter, mais elle donne rétrospectivement l'impression d'avoir agi à la fois trop vite et trop violemment. En cas de soupçons, il fallait enquêter, éventuellement mettre à pied. Pas forcément licencier pour faute lourde, en condamnant, ainsi, avant même d'avoir obtenu des preuves irréfutables.

En agissant dans ce qui s'apparente à de la précipitation et en manquant d'arguments face à ceux qui taxent le groupe d'amateurisme, Renault a pris des risques. Le principal est d'avoir fragilisé la direction du groupe, et donc l'entreprise elle même. Si les faits ne donnent pas très rapidement raison à Carlos Ghosn, le PDG, et Patrick Pélata, le DG, ceux-ci verront leur autorité s'affaiblir auprès de leur troupes. Or, une entreprise a ceci de commun avec une armée : pour avancer, elle doit faire confiance à ses chefs. Aujourd'hui, leur crédibilité est diminuée.

Au-delà de Renault, c'est même l'ensemble des entreprises qui pourraient se retrouver affaiblies. Car demain, dans une France si prompte à voler au secours des « faibles » contre les « forts », qui croira encore un patron accusant un salarié en cas de vol ou d'espionnage ? Même s'ils ne sont pas légion, les Kerviel existent. Le bénéfice du doute servira désormais leur cause.

Enfin, en accusant, même indirectement, la Chine d'être à l'origine de cet espionnage, Renault a peut-être joué contre les intérêts français dans ce pays qui fait figure de locomotive de l'économie mondiale.

A long terme, quelles que soient les conclusions de l'enquête, cette affaire ne devrait guère avoir d'impact sur les ventes de Renault. Si ses voitures sont bonnes, elles se vendront. L'évolution de l'image de ses dirigeants qui se sont exposés en montant en première ligne risque, elle, de souffrir beaucoup plus en fonction de l'issue de cette mauvaise histoire.

ISF : une réforme malgré tout

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a débuté avec le renforcement du bouclier fiscal et l'allégement des droits de succession. Il se terminera avec l'enterrement du même bouclier et la sortie de quelque 300.000 contribuables du champ de l'impôt de solidarité sur la fortune. Jusqu'au bout, le chef de l'Etat aura mis en oeuvre de vrais changements -c'est à mettre à son actif -mais sans totalement convaincre qu'il ne s'agit pas de demi-mesures ou qu'il s'agit des meilleures mesures.

La vérité est sans doute que si elle avait été décidée en début de mandat, la réforme esquissée hier mériterait beaucoup de réserves -cela vaut d'ailleurs pour les deux scénarios détaillés hier par François Baroin. ISF allégé ou nouvel IRF, impôt sur le revenu de la fortune s'y substituant, la France restera un pays où le patrimoine est globalement beaucoup plus taxé qu'en Allemagne et un peu plus qu'ailleurs.

Mais en fin de mandat, l'objectif est politique. De ce point de vue, il est clair qu'il est difficile d'aller plus loin. La gauche, qui s'apprête à tomber à bras raccourcis sur le dispositif quel qu'il soit, a manifestement oublié qu'elle a introduit le premier parapluie fiscal pour limiter les effets néfastes de l'ISF. C'était en 1989.

Economiquement, il ne faut pas demander trop à la réforme en préparation. Les effets contraires de la disparition du bouclier et de la refonte de l'impôt sur le capital sont difficiles à évaluer. Tout juste peut-on estimer que ceux qui resteront assujettis à l'ISF ou à l'IFR mais n'étaient pas concernés jusqu'à maintenant par le bouclier seront les autres gagnants de l'opération. Pour le reste, l'hypothèse d'une taxation de l'« enrichissement virtuel » suscite beaucoup d'interrogations de principe et pratiques.

Sur le plan politique et médiatique, la bataille sera de toute façon rude, ne serait-ce que parce que l'opinion au sens large n'estime pas cette question prioritaire, surtout en temps de crise. Mais la stratégie est limpide. En proposant une opération « blanche » -le recyclage de l'économie réalisée par l'abandon du bouclier sur les « petits » et « moyens » riches -, Nicolas Sarkozy concède un cadeau aux cadres aisés. Avec l'espoir qu'ils s'en souviendront. Le message aux grandes fortunes est, lui, implicite : il n'y a pas de renoncement au bouclier, il est simplement intégré dans une réforme plus vaste. Et ce sera pire si la gauche revient.

La dette américaine en folie

L'Amérique va se cogner la tête, ou plutôt la dette, dans le plafond. Car, au coeur de cette vraie démocratie parlementaire que sont les Etats-Unis, les élus du peuple, dans leur grande sagesse, fixent depuis 1917 un plafond à la dette publique. Depuis dix ans, ils l'ont rehaussé chaque année. Le dernier mouvement remonte au 12 février 2010. La limite a été relevée à 14.294 milliards de dollars. Or, lundi dernier, la dette était à moins de 100 milliards en dessous de cette limite. Mardi, les députés ont voté fissa une loi repoussant le choc qui aurait pu se produire dès aujourd'hui. Mercredi, les sénateurs ont suivi. Le problème a été provisoirement repoussé jusqu'au 18 mars. Même si l'administration Obama peut tirer sur des ficelles, elle ne pourra pas continuer longtemps dans ces conditions. D'ici au 31 mai, selon les calculs minutieux du Trésor, le Congrès devra avoir voté un nouveau plafond.

Sinon, ce sera l'apocalypse financière dans un pays où la raison d'Etat ne saurait l'emporter sur la puissance de la loi : des fonctionnaires à la rue, des pauvres et des retraités privés de prestations, et le premier défaut de l'Amérique sur sa dette en plus de deux siècles d'histoire. La bataille promet d'être acharnée entre des républicains qui entendent sabrer dans les dépenses publiques et les démocrates qui veulent préserver l'Etat providence.

Cette bataille du plafond pourrait relever du seul rituel politique américain, comme les flonflons des élections primaires ou le discours sur l'Etat de l'Union. Seulement voilà : il y a un vrai problème sur la dette publique américaine. Elle explose. Bien sûr, son niveau n'est pas très différent de celui de l'Europe - elle devrait dépasser 100 % du PIB l'an prochain, contre 88 % dans la zone euro (prévisions de la Commission européenne). Evidemment, elle a augmenté encore plus vite dans des petits pays durement frappés par la crise, comme la Grèce ou l'Irlande. Mais, quand on regarde des ensembles de taille équivalente, la différence saute aux yeux. En cinq ans, le poids de la dette publique dans le PIB aura progressé de 40 points aux Etats-Unis, deux fois plus que dans la zone euro. Ce n'est pas la faute à la crise. C'est la faute à la réaction à la crise. Dans les pays de l'euro, le déficit a culminé deux années durant à peine au-dessus de 6 % du PIB. Même en France, qui n'est pas un parangon de vertu budgétaire, le déficit est resté à moins de 8 % l'an dernier. En Amérique, au contraire, le déficit a dépassé 11 % du PIB en 2009 et 2010. Il devrait de nouveau approcher ce niveau en 2011. Le président Barack Obama a proposé un plan de réduction du déficit pour les dix ans à venir, en affichant un montant total d'économies de 400 milliards de dollars. Il n'a pas convaincu.

Cette prodigalité pourrait s'expliquer par un « policy mix », un réglage de la politique économique, différent des deux côtés de l'Atlantique : un budget contenu en Europe, pour laisser des taux d'intérêt très bas et ainsi permettre aux banques de se refaire une santé car elles ont des comptes moins reluisants que leurs consoeurs américaines, une politique budgétaire généreuse aux Etats-Unis, accompagnée d'une politique monétaire plus ferme. Mais ce n'est pas le cas. Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale des Etats-Unis, prête de l'argent à un taux d'intérêt plus bas que son collègue Jean-Claude Trichet, de la Banque centrale européenne. Et, surtout, il a relancé fin 2010 la machine à billets pour acheter des centaines de milliards de dollars d'obligations émises... par le Trésor américain. Autrement dit, trente mois après le paroxysme de la crise marqué par la chute de la banque Lehman Brothers, l'Europe relâche la pression alors que les Etats-Unis gardent le pied à fond sur l'accélérateur. Au risque de partir dans le décor budgétaire, comme l'ont signalé les agences de notation, pour la première fois de l'histoire.

D'où vient, alors, cette divergence sans précédent entre les deux côtés de l'Atlantique ? Il y a au moins sept explications, non exclusives les unes des autres. Un : la différence de diagnostic. Les dirigeants des Etats-Unis estiment qu'il faut une troisième année de gros déficit pour faire la soudure entre la crise et la reprise, ceux de l'Europe estiment que c'est inutile. Deux : l'Amérique, plus jeune que le Vieux Continent, met davantage l'accent sur la croissance. C'est évident quand on compare les politiques menées depuis deux décennies. Cette fois-ci, l'accélérateur américain semble cependant enrayé. L'Amérique est repartie plus vite que l'Europe après le choc financier, avec une croissance qui pourrait dépasser cette année toutes les prévisions. Mais le rebond a été acheté à crédit. Et le rendement est médiocre. Pour l'écart d'endettement public avec l'Europe, de 20 points entre 2007 à 2012, déjà évoqué, l'Amérique aura eu un écart cumulé de croissance sur la même période limité à 4 ou 5 %.

Trois : l'Europe manque d'audace. Mais, quand on voit les doutes des investisseurs sur la dette de certains pays, ce point de vue peut paraître téméraire. Quatre : chacun fait au mieux en fonction de ses contraintes. L'Amérique use et abuse du « pouvoir exorbitant » d'imprimer la monnaie mondiale ; la zone euro ne peut pas en faire autant. Cinq : l'économie des Etats-Unis va, en réalité, plus mal qu'on veut bien nous le dire, et il lui faut donc des remèdes de cheval. Six : les dirigeants américains sont inconscients des périls. Sept : ils n'ont pas la même mémoire que les Européens, qui ont connu la douloureuse hyperinflation (Allemagne des années 1920) ou le pénible enlisement dans l'impuissance budgétaire (France des années 1950).

Il est trop tôt pour savoir qui de l'Amérique ou de l'Europe a fait le bon choix. Mais il est clair que l'Amérique est sur une trajectoire insoutenable. Elle devra en changer. Si possible avant de se cogner la tête dans le mur.

DSK est-il de gauche ?

Selon un sondage BVA publié ce matin dans "Les Echos" sur la crédibilité des différents candidats à la primaire socialiste, Dominique Strauss-Kahn est le grand favori. Ce n’est pas une surprise. Et c’est même la crédibilité qui est la carte maîtresse du directeur général du FMI. 70% des Français pensent qu’il est le plus crédible pour réduire la dette et les déficits, contre 7% seulement qui répondent Martine Aubry. Lutter contre le chômage, favoriser la croissance, réformer la fiscalité, améliorer l’image de la France à l’étranger, lutter contre l’insécurité... DSK arrive en tête sur huit thèmes sur neuf.

Le neuvième thème est la réduction des inégalités sociales, thème central de la gauche s’il en est. Et chez les sympathisants de gauche, 40% pensent que Martine Aubry est la plus crédible, devant François Hollande, devant Ségolène Royal et devant Dominique Strauss-Kahn qui, sur cette question, est perçu à gauche comme étant le moins crédible.

Un thème sur neuf, ce n’est pas grand-chose, pourrait-on dire. Mais cette faiblesse sur la question des inégalités sociales, c’est le talon d’Achille de DSK. Nul doute que ses rivaux, François Hollande en tête, sauront exploiter cette faiblesse.

Autre faiblesse révélée par l’enquête BVA-Les Echos : quand on demande aux Français si les candidats socialistes feraient la même politique ou une politique différente de la droite, 67% disent que Martine Aubry ferait une politique vraiment différente de la droite et à gauche, ils sont 79%, à le penser. Pour Strauss-Kahn, 61% pensent qu’il ferait la même politique que la droite. Et même à gauche, les avis sont partagés, moitié-moitié.

La leçon est évidente. Oui, le patron du FMI est un candidat crédible. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force face à Nicolas Sarkozy. Mais il n’est pas vraiment perçu comme un homme de gauche. Cela complique son jeu au sein du PS et, surtout, apporte de l’eau au moulin de la gauche radicale, celle de Jean-Luc Mélenchon, ou à celui de Marine Le Pen, pour qui UMP et PS, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

Autre leçon du sondage, concernant Ségolène Royal : tous les vents lui sont contraires. En 2006, elle avait un déficit de crédibilité mais sa popularité personnelle l’avait sauvée. Aujourd’hui, les Français ne sont que 5% à croire qu’elle est la plus crédible pour favoriser la croissance, 11% la plus crédible pour défendre le modèle républicain. Parmi les seuls sympathisants de gauche, elle fait un peu mieux. Mais reste toujours derrière DSK, Aubry et Hollande.


Ségolène Royal est très en colère en ce moment contre tous les sondages dans lesquels elle voit une tentative de "manipuler" la primaire socialiste. Une expression qu’elle n’utilisait pas il y a cinq ans lorsque les sondages la servaient... La présidente de Poitou-Charente s’était alors déclarée candidate la première, avec l’espoir de reconquérir les électeurs. Cet espoir, pour l’instant, reste vain.

Le casse-tête du projet socialiste pour 2012

Martine Aubry dévoile, dans un ouvrage collectif publié hier, les grands axes du projet présidentiel du PS, qui fait actuellement l'objet d'intenses discussions en interne.
Le PS est attendu au tournant. Et il le sait. Davantage peut-être que les cantonales, la prochaine grande date pour les socialistes sera le 5 avril. C'est à cette date que le bureau national du parti devra se prononcer sur le texte du projet pour 2012. Cette synthèse des conventions thématiques et des forums qui se sont succédé depuis un an (économie, sécurité, international, éducation, santé...) sera soumise à un conseil national le 9 avril, puis au vote des militants le 19 mai. Avant d‘être formellement adoptée lors d'une « convention des conventions » le 28 mai. Le fabiusien Guillaume Bachelay, qui en est le rapporteur, aidé par plusieurs responsables du parti comme Alexis Dalem et Alain Bergounioux, « met en cohérence » actuellement l'ensemble de la « production » socialiste. L'objectif étant de parvenir à un document de 50 pages.

Guillaume Bachelay a présenté, début février, le « cadrage » du projet devant le conseil politique du PS, qui réunit les ténors du parti autour de Martine Aubry. Trois axes en ont émergé : le redressement économique (création d'emplois, restauration des comptes publics, « montée en puissance de l'appareil productif »), le « changement » ( « retour de la justice » en matière de fiscalité, de logement, de santé, d'éducation...) et le « rassemblement » au sein d'une France « réconciliée ». Des grandes lignes, plutôt consensuelles, que la maire de Lille évoque dans la préface d'un essai collectif publié hier (lire ci-dessous).
« Ne pas être trop explicite »

Mais, comme souvent, le diable est dans les détails. Quel sera le niveau de précision du texte ? « Il faut qu'il soit cohérent mais pas contraignant, estime un des lieutenants de Dominique Strauss-Kahn. Il doit, par avance, être compatible avec le programme du futur candidat. Mieux vaut donc ne pas être trop explicite. » Etre trop précis, ce serait « s'exposer aux attaques de la droite et mettre à jour des divergences », renchérit un autre dirigeant socialiste.

Guillaume Bachelay se veut rassurant : « C e projet n'est pas le programme de notre futur candidat, rédigé jusqu'aux décrets d'application ! » Et Martine Aubry a confié, en parallèle, à Laurent Fabius le soin de préparer un plan de travail gouvernemental pour la première année du prochain quinquennat si la gauche l'emporte en 2012. L'ancien Premier ministre « fera en sorte que le texte soit DSK-compatible ! » assure un élu strauss-kahnien. « Ce n'est pas le projet de la droite du parti contre la gauche du parti ! assure le porte-parole du PS, Benoît Hamon. Fiscalité, santé, éducation nationale, libre-échange : il y a un accord général sur la plupart des sujets. Le débat porte davantage sur le rythme des réformes. »
« Répartir la pénurie »

La question du « chiffrage » des mesures n'est pas réglée non plus. Le projet sera-t-il précisément chiffré pour de ne pas rassembler à un catalogue de promesses ? C'était la principale critique faite, notamment par François Hollande, Pierre Moscovici et Manuel Valls, à la « convention sur l'égalité réelle », qui s'est déroulée en fin d'année dernière. « Il y aura des chiffres ! assure Benoît Hamon. Mais de quelle situation hériterons-nous en 2012 ? Nous n'en savons rien. Le projet du PS ne se résume pas à "l'austérité autrement" ! Il ne laissera pas croire qu'une seule politique économique est possible et que, la différence entre la droite et nous, ce serait seulement le dosage ! »

Une réunion de « chiffrage » s'est déroulée la semaine dernière. « La contrainte économique est très forte, assure l'un des participants. Comment relancer l'économie ? Comment redistribuer les revenus ? Il doit y avoir un minimum de politique keynésienne. Les arbitrages ne sont pas rendus. Chiffrer, c'est difficile, car il faut répartir la pénurie. » Guillaume Bachelay doit, en fait, réussir la gageure de rédiger un texte suffisamment précis pour ne pas prêter le flanc à la critique, et assez flou cependant pour ne pas contraindre le futur candidat.

Zone euro : le calme avant Trafalgar ?

L'Europe entre dans sa dernière semaine de paix avec les marchés financiers. Après la création d'un fonds de sauvetage des pays endettés (Fonds européen de stabilité financière) et la perspective d'un « gouvernement économique », une sorte de trêve a été conclue. Les marchés ont pris acte de la volonté de l'Europe, tirée par le couple franco-allemand, de rebâtir sérieusement ses soubassements. Mais c'est vendredi 11 mars que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union se réunissent pour entériner ces avancées. Ou bien les Vingt-Sept sortent avec un compromis mou, ou bien ils s'entendent sur une percée réelle.

Si la première hypothèse l'emporte, si les responsables s'en tiennent comme trop souvent au plus petit dénominateur commun, les marchés financiers vont reprendre l'offensive. Des milliards de bombes spéculatives vont s'abattre sur le Portugal, l'Irlande, la Grèce. L'Espagne, qui est devenue « le verrou de l'euro », se retrouvera en première ligne.

Sommes-nous avant Trafalgar ? La bataille du « continent de l'euro » contre les marchés anglo-saxons va donc se livrer dans une semaine. Le sort dépend en fait du couple franco-allemand, de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel, qui malheureusement ont chacun la tête ailleurs : en Libye, puisque le même sommet va décider de mesures contre le colonel Kadhafi et surtout sur leur territoire électoral propre, où ils sont en mauvaise posture.

Tout cela est très dommageable car les nouvelles sont mauvaises. « La crise n'est pas réglée. Les marchés demeurent sceptiques sur la Grèce et sur l'état des banques », rappelle Jean Pisani-Ferry de Bruegel. Dans ce contexte explosif, le pacte franco-allemand est mis en péril par Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, à cause de la grogne des « petits » pays. Ce pacte pose pourtant les pierres d'une saine relance de la politique économique européenne. Laurence Boone de Barclays Capital résume : « L'Europe se dote d'une gouvernance pour que les pays évitent les déséquilibres précédents, ce qui consiste à assumer des réformes difficiles et, en échange de cette vertu, l'Allemagne accepte que le Fonds de stabilité financière soit pérennisé et qu'il devienne plus flexible et plus large. C'est un donnant-donnant. » D'un côté, les Français acceptent les principes germaniques de rigueur budgétaire. De l'autre, l'Allemagne accepte l'idée d'un « gouvernement économique » pour tenir compte des autres aspects de la compétitivité économique : conversion pas évidente outre-Rhin même si, contrairement à l'idée allemande, le problème des pays du Club Med est moins un problème budgétaire - ils ont réduit leur dette depuis leur entrée dans l'euro -qu'un problème de coût du travail (+ 24 % entre 2000 et 2007 contre - 0,8 % en Allemagne), selon les économistes Uri Dadush et Bennet Stancil (1).

Malheureusement, Pologne, Autriche, Pays-Bas sont montés au créneau contre ce qu'ils perçoivent comme une ingérence dans leur souveraineté nationale et un diktat de Berlin et de Paris. Herman Van Rompuy a édulcoré les propositions de gouvernance. Les contraintes sur les Etats deviennent des préconisations. Le deal est menacé tandis qu'en Allemagne des économistes dénoncent ce qu'ils estiment être un chèque en blanc aux Etats dépensiers (2). La pression s'accroît sur la chancelière. Tout laisse craindre qu'on retombe sur le PGCD habituel.

Mme Merkel et M. Sarkozy sont placés en face de leur responsabilité : il leur revient d'éviter un Trafalgar. La cybernétique des institutions européennes, vantée par Alain Minc, est un danger pour l'euro (3). La souveraineté des petits Etats est à respecter, c'est le principe de l'Europe, mais leurs gouvernements doivent voir que cette souveraineté est plus menacée par un regain de guerre financière que par le « diktat ». Quant à Paris et Berlin : on va savoir. Ou bien leur compromis idéologique est factice, il n'est qu'une réponse de façade à la pression des marchés et il disparaîtra avec. Ou bien il est réel, la France comprend vraiment la vertu de la « stabilité » budgétaire contre l'inflation et s'y range pour de bon, et l'Allemagne, de son côté, accepte vraiment l'idée de Kohl d'une Allemagne européenne plutôt qu'une Europe allemande. Si oui, alors il leur faut assumer la force contraignante de leurs propositions et taper sur la table. Au besoin la renverser.