TOUT EST DIT

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samedi 7 août 2010

Sécurite: la tentation de l'intolerance


Et ménagez-vous !

Allez ! On pose les cartables, les téléphones à tout faire, les ordinateurs, le banquier, la montre, les factures, les mauvaises questions et on ouvre la parenthèse de l'été. Être une quinzaine, une quinzaine seulement, beau, beau et bon à la fois. Généreux, souriants, bronzés, détendus quelles que soient les nouvelles du journal, bien élevés même dans la foule et les embouteillages, dans la file devant le guichet du petit musée des métiers d'autrefois. Cool, quoi ! Bien sûr, ce n'est pas facile après toutes ces affaires, ces avalanches de chiffres désastreux, de crises qui menacent de revenir et qui nous ont submergés tout au long de cette année sinistre, mais on respire fort et on essaye. Re-lax !

Que ceux qui partent pensent à faire le vide, à se consacrer à leur famille, à leurs amis, au temps qui passe moins vite, qu'ils n'oublient pas de balayer d'un revers de main dédaigneux les tabloïds et les vacances faussement modestes des politiques. Par les temps de dérapages qui courent, les illusionnistes de la proximité se trompent en croyant que leur vie privée et leur sac à dos nous intéressent. Ce qui nous intéresse, ce sont leurs propositions et leurs projets à la rentrée, pas leur pipolisation biaisée et ringarde.

Que ceux qui reviennent ménagent les bienfaits de leur repos et retournent tranquilles au bureau. En août, ça doit être possible. Et surtout, on raconte son bord de mer, le soleil, les gosses dans les vagues, les randonnées dans la campagne, avec le casse-croûte au jambon de la Châtaigneraie, un morceau de saint-nectaire avec du vrai pain et un petit verre de sancerre rosé. Rien de mieux que les bons souvenirs pour prolonger les vacances. L'avantage avec les vacances, c'est que nous sommes capables d'en parler sans arrêt. Parfois même jusqu'à oublier ceux qui ne peuvent pas en prendre.

Feuilletons de l'été footballeurs ridicules, préfets limogés, dérapages en tous genres. Bref nos soucis, nos encours, nos emmerdes? On met tout au feu, nos embarras en plein milieu et on revient avec une pêche de fer pour affirmer que non, tout n'est pas pourri, que nous avons un avenir et que la torpeur estivale ne vaut pas amnistie. L'espoir, quoi !

Les vaches ne rient plus

plus, les producteurs vont de mal en pis. Sans coups de colère, pour le moment, les producteurs de lait seront sans doute aujourd'hui encore dans les grandes surfaces pour sticker les produits des marques qui ne jouent pas le jeu. Ils espèrent ainsi être soutenus par un boycott des consommateurs. Sans grande conviction mais avec la volonté d'expliquer le sens de ces actions. Leur problème n'est ni simple ni récent. Pour l'essentiel, il a son origine dans le fossé qui s'est creusé entre la France et l'Allemagne en matière de compétitivité. Les Allemands, appréciant la règle bruxelloise d'une corne distraite, ont pris des décisions pour permettre à leurs agriculteurs de moderniser leurs exploitations et, donc, de baisser leurs coûts de production.

ces subventions déguisées qui font que le prix du lait d'Outre-Rhin est bidon. Un autre facteur, moins connu celui-là, a joué un rôle essentiel dans les gains de compétitivité. L'Allemagne a prolongé pour son agriculture les « faveurs » qui lui avaient été accordées au moment de la réunification. Ainsi les producteurs peuvent-ils utiliser de la main-d'oeuvre étrangère en la payant selon les lois en vigueur dans son pays d'origine. On imagine l'impact de cette politique sociale à deux vitesses sur le prix du litre de lait.

allemand broute le bénéfice de ses voisins avec l'aide de cette nationalisation rampante, les producteurs français de montagne croulent sous les frais de structures et de collecte. On peut résumer la comparaison entre les deux agricultures en une formule : avec le prix du litre payé actuellement aux paysans français, les agriculteurs allemands vivent très bien.

qui s'accroît encore quand les producteurs voient nos industriels importer le lait allemand, pas mauvais et moins cher, qui les met en danger. Ils se demandent où est l'harmonisation européenne quand eux se démènent dans les cahiers des charges, les normes, les restrictions du chargement de bêtes à l'hectare. Et la surenchère électorale entre les syndicats qui ajoute à la vulnérabilité de jeunes agriculteurs endettés et peu décidés à être les derniers des Mohicans.

DANIEL RUIZ

Piqûre de rappel

Le grand gâchis de la grippe A devait un jour revenir à la surface. Trop d'argent perdu, trop de vaccins, trop de prudence, trop de masques? Mais qui pouvait croire qu'il ressortirait au premier jour des vacances gouvernementales, subrepticement glissé sous la porte de l'actualité par le Sénat. Du coup, voilà les experts patentés en éléments de langage privés de leur argument favori sur l'acharnement médiatique contre les honnêtes ministres. Car si le Sénat a un penchant notoire à se prendre pour la haute conscience du peuple, on connaît néanmoins plus virulent comme nid de gauchistes acharnés à démolir le pouvoir. Il n'empêche, le diagnostic des sénateurs enquêteurs est sans appel : le gouvernement s'est « empêtré » dans des contrats « déséquilibrés ».

Décidément, les déclarations de guerre estivales ne valent rien au gouvernement. Tout juste avant de partir en vacances, Nicolas Sarkozy déclare la guerre à la violence et déclenche le tollé que l'on sait. L'an dernier au même moment, c'était la guerre au virus avec une débauche de moyens et des stratégies de batailles totales qui sont aujourd'hui pointées du doigt sénatorial.

Roselyne Bachelot objecte que la volée de bois vert eût été bien plus rude si la pandémie avait provoqué l'hécatombe annoncée par l'OMS. On peut entendre l'argument sur le strict plan politique. Mais, dans le rapport, le reproche le plus subversif est celui du manque de transparence dans les contrats avec l'industrie pharmaceutique : il appelle, lui, de véritables explications. Car, au-delà d'une gestion de stress contre-productive et de la disproportion des dispositifs, le Sénat appuie sur « l'opacité des contrats d'achat de vaccins ». Une sorte de piqûre de rappel sur un autre conflit d'intérêts cause de bien des fièvres.

Le mauvais calibrage du risque, les prévisions erronées des scientifiques et l'amateurisme des cabinets ministériels sous la pression d'un Élysée hanté par les morts de la canicule de 2003, sont aujourd'hui écrits noir sur blanc par ce rapport en forme de désaveu. Si au moins, et pour le cas où le risque épidémiologique réapparaîtrait cet hiver, on acceptait pour vérité définitive que précaution n'est pas préparation !

DANIEL RUIZ

La terreur atomique

« Au roi du Pays d'Assur revenant la mission de maintenir l'ordre du monde, Assurbanipal décida d'en finir. La violence pure viendrait seule à bout du caractère irréductible des Élamites... La plaine élamite devait disparaître et devenir un désert : ses villes, des entassements de ruines. Je détruisis, j'anéantis, je brûlai par le feu et transformai en collines de débris quatorze villes... De leurs habitants, je fis la destruction..., écrit Assurbanipal. Cela se passait vers 647 avant Jésus-Christ. » (1)

Le 8 août 1945, le président du pays, grâce auquel la paix fut rétablie dans le monde, décida que face au « caractère irréductible » des Japonais, il fallait les menacer de détruire leur ville d'un seul coup. Pour leur prouver que c'était possible, on détruisit avec une seule bombe à chaque fois Hiroshima, puis Nagasaki. La terreur était revenue, mais elle avait changé de nature : elle s'appelait désormais « terreur atomique ».

Lisant l'histoire ancienne, nous sommes horrifiés par la brutalité des combattants, la volonté systématique des vainqueurs de réduire à néant les vaincus. Mais que dira-t-on de notre époque dans vingt-cinq siècles, si toutefois l'Humanité ne s'est pas autodétruite avec ces armes folles ? Nous aussi, vainqueurs et vaincus, belligérants des deux camps, nous avons réduit en « collines de débris » des centaines de villes à travers l'Europe et l'Extrême-Orient.

« De leurs habitants, hommes, femmes, enfants, nous avons fait la destruction ! » Avec l'explosif traditionnel d'abord, puis ces deux villes par une arme nouvelle, dont la caractéristique était de tout détruire, absolument tout. Si bien qu'aucun secours ne pouvait alléger les souffrances des survivants. En effet, les hôpitaux, les médicaments, le corps médical, les services de secours, tout avait disparu dans le feu atomique, même l'air et l'eau étaient devenus des sources de contamination.

Éliminer les armes nucléaires

C'est sans doute parce que le sommet de l'horreur avait été atteint que nous avons pu éviter une troisième guerre mondiale. Mais cette paix repose sur un volcan qui peut, à chaque instant, engloutir l'Humanité. Le geste désespéré d'un gouvernant acculé à sa perte est toujours possible, sans même qu'il soit fou.

L'atome civil aussi est redoutable quand l'accident intervient et cause un danger qui peut surgir des dizaines d'années plus tard. Ainsi, les gigantesques incendies de Russie risquent de disséminer dans l'air des particules radioactives qui sommeillent sous l'humus des forêts touchées par le nuage de Tchernobyl voici vingt-quatre ans. Quant aux déchets radioactifs, nous savons qu'ils sont nocifs pour des siècles et des siècles...

Mais, le pire du pire, ce sont ces 22 000 têtes nucléaires détenues par quelques pays et la volonté de certains autres de parvenir à en fabriquer. Les réunions sur le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) n'aboutissent guère qu'à des voeux pieux.

Pourtant, la seule manière d'éviter le drame est connue. Le secrétaire général de l'Onu, M. Ban Ki-Moon, l'a dit en toute clarté, jeudi, à Nagasaki, sur le site où eut lieu l'effroyable holocauste que nous avons commémoré : « Le seul moyen de s'assurer que de telles armes ne seront plus jamais utilisées est de les éliminer toutes. »

Enfin, tout est dit, mais pratiquement tout reste à faire.

(1) Assurbanipal, roi d'Assyrie, de Daniel Arnaud, Fayard.

Le couple Sarkozy était très attendu au Cap Nègre

Le Président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla sont arrivés ce mercredi à midi dans le Var pour trois semaines de repos. Agitation maximale devant le domaine

Un accueil présidentiel. Comprenez bien fourni, de ceux qui ont incité le couple Sarkozy à baisser de moitié la vitre de la Citroën C6 présidentielle blindée pour adresser un signe à la foule massée en face du domaine du cap Nègre, au Lavandou.

Ce mercredi, pour la troisième année consécutive, le président de la République a pris ses quartiers d’été dans la résidence de Marisa Bruni-Tedeschi, sa belle-mère, délaissant une nouvelle fois le fort de Brégançon.

Ces trois semaines de vacances seront consacrées au repos, sans négliger l’effort physique : course à pied le matin, vélo en fin d’après-midi, selon les habitudes du Président. On se souvient que Nicolas Sarkozy avait été l’objet d’un malaise vagal, le 26 juillet 2009 dans les jardins du château de Versailles, ce qui l’a amené à publier un bilan de santé « normal », lundi.

Des lectures... et du travail

Autre préoccupation de saison, pour l’hôte de l’Élysée, le repos de l’esprit. Carla Bruni-Sarkozy lui conseillera sans doute quelques lectures. Il y a un an, le Président avait lu Le Lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann et Pierre et Jean de Maupassant, comme il l’avait révélé sur sa page Facebook.

Accessoirement, on attend du leader de la majorité qu’il redessine un gouvernement, une équipe resserrée susceptible de résister à la rentrée sociale qui s’annonce bouillante sur le front de la réforme des retraites. Une journée de mobilisation syndicale est programmée le 7 septembre.

Parmi le comité d’accueil du couple présidentiel au cap Nègre, on comptait hier une vingtaine de curieux, Varois ou estivants, quinze journalistes de la presse locale et nationale et jusqu’à douze gendarmes visibles.

Protection discrète

Le dispositif d’ordre est en réalité bien plus conséquent, comprenant les hommes en civil du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR), la garde rapprochée du chef de l’État. « Nous nous attachons à garantir un dispositif souple, adapté à un lieu de villégiature. Les forces de gendarmerie sont présentes, mais discrètement disposées », a sobrement précisé le colonel Laurent Bitouzet, chef du groupement de gendarmerie du Var, en réponse à nos sollicitations.

Avant même que des militants communistes ne donnent de la voix (lire en page suivante), l’animation était déjà de la partie avec les Nantais Michel et Gilles, leurs épouses Maryse et Marylène. « Nous cherchions un accès à la mer et nous sommes tombés sur cet attroupement. Le cap Nègre, ça parle quand même. On va essayer d’apercevoir le Président. Quitte à le suivre – ou plutôt le devancer – à vélo ! »

Un cortège imposant

« L’affaire Woerth-Bettencourt ? Je m’en fiche. Mais j’aime bien le président Sarkozy parce qu’il est sportif », répond sans ambages le petit Nicolas (10 ans), originaire du Nord, au journaliste de RTL qui l’interroge.

Il est 12 h 30, le cortège est annoncé après que l’avion présidentiel s’est posé sur la partie militaire de l’aéroport d’Hyères, trois quarts d’heure plus tôt. Le voilà ? Non, c’est l’estafette de « Mascotte, les beignets de la Côte », qui obtient pour le coup sa salve de hourras.

Enfin, arrive en un clin d’œil un enfilement de neuf voitures et quatre motos (deux de gendarmerie, deux banalisées). Une vitre se baisse, un bras s’agite, un sourire. Scènes de la vie ordinaire devant un portail peu anodin au Lavandou.

Plus tard dans la soirée, Louis Sarkozy, le fils du Président, est le seul à goûter à une sortie à vélo, accompagné d’un garde du corps et d’une escorte en voiture.



Sylvain Mouhot et Damien Allemand

La Côte d'Azur s'engage dans l'ouverture du dimanche

Demain, on pourra faire du shopping avenue Jean-Médecin à Nice, à Monaco ou encore à Juan-les-Pins. Les boutiques espèrent capter la clientèle des touristes. Mais toutes ne sont pas prêtes à jouer le jeu.

« Ouvert ce dimanche ». Le long de l'avenue Jean-Médecin, pancartes et affiches, collées sur les vitrines, annoncent la couleur. Demain à Nice, Galeries Lafayette, Virgin et la Fnac accueilleront leurs clients. En effet, le 28 juillet dernier, la Ville a donné son feu vert pour les trois premiers dimanches d'août. L'objectif : permettre aux commerçants niçois de capter la clientèle touristique. Et ainsi, de faire jeu égal avec Monaco.

Depuis le début de l'été, la Principauté joue déjà la carte du shopping du dimanche, au Métropole Shopping center et dans les magasins du Carré d'or.

Doper le chiffre d'affaires

Dans la capitale azuréenne, où les enseignes se lancent à leur tour dans la course, la fréquentation sera-t-elle au rendez-vous ? « Sans l'ombre d'un doute, commente Alain Girard. Le directeur de Virgin en veut pour preuve, la journée test du 1er août. « Nous avons eu du monde, surtout après 15 heures. Des vacanciers et des Azuréens, détendus. Ils ont pris le temps de flâner. » Et de consommer. « Le panier moyen, composé d'achats plaisir, a été élevé. L'ouverture du dimanche répond véritablement à une attente de la part des vacanciers. »

Elle permet aussi aux enseignes de doper leur chiffre d'affaires. « C'est évidemment, très intéressant l'été, quand, avec l'apport des touristes, la population augmente fortement, observe Didier Assyag, directeur de la Fnac. Dans ce cas, on réalise des ventes supplémentaires. Par exemple, pour le magasin de La Défense c'est 1/4 de chiffre d'affaires en plus. » Mais à Nice, la Fnac ne sera au rendez-vous que ce dimanche. Le 15, les grilles resteront baissées. Car l'ouverture dominicale se heurte à une vive résistance des salariés (lire par ailleurs).

Des problèmes d'organisation

Les clients trouveront aussi portes closes dans le centre commercial Nice-Etoile, et de nombreuses boutiques du périmètre touristique. « Nous n'avons pas l'effectif suffisant pour être ouvert 7 jours/7, note cette gérante d'un magasin de prêt-à-porter. Et puis, le porte-monnaie des consommateurs n'est pas extensible à l'infini. Alors, je ne suis même pas sûr que ce soit vraiment intéressant pour nous ». Du côté de Nice-Etoile, on évoque des difficultés d'organisation et de communication. « La grande majorité des commerçants ne souhaite pas profiter de l'opportunité du mois d'août, explique Catherine Magat, directrice de Nice-Etoile. Même si, sur le principe, nous restons très favorables à l'ouverture dominicale. Pourquoi pas en septembre. Ça nous laissera le temps de nous mettre en place et de prévenir les clients. »

Bref, le centre commercial est dans les starting-blocks.

Et n'attend que le feu vert du préfet.

Car c'est au représentant de l'état de décider s'il faut inscrire l'ouverture dominicale des commerces, dans la durée. Il devrait trancher la question d'ici un mois.

Dossier réalisé par Sophie CASALS

Le "New York Times" critique vivement la politique sécuritaire de Sarkozy

Avec ses nouvelles mesures sécuritaires, Nicolas Sarkozy "attise dangereusement les sentiments anti-immigrés", juge vendredi 6 août le New York Times, dans un éditorial titré "Xénophobie : chasser les non-Français". Le journal condamne vivement les "calculs politiques à court terme" du président français.
Le prestigieux quotidien new-yorkais dénonce en particulier le projet de retrait de la nationalité française aux délinquants d'origine étrangère coupables de polygamie, d'excision ou ayant atteint à la vie d'un membre des forces de l'ordre. Rappelant qu'aux Etats-Unis la citoyenneté américaine, qu'elle soit de naissance ou acquise, est protégée par le 14e amendement, le New York Times écrit que "Nicolas Sarkozy, qui aime être appelé Sarko l'Américain, attise dangereusement les passions anti-immigrés pour des calculs politiques à court terme".

"Et ce, dans un pays qui a longtemps défendu avec orgueil le principe d'égalité devant la loi de tous les citoyens français", poursuit le journal, rappelant que M. Sarkozy a épousé une Italienne naturalisée française, Carla Bruni, et a pour père un immigrant hongrois, Pal, qui a également acquis la citoyenneté française. Le principe d'égalité devant la loi "s'applique" à l'épouse et au père du président français "et doit s'appliquer à n'importe qui d'autre", tranche le New York Times.

Le quotidien revient également sur le démantèlement de camps illégaux de Roms et sur le renvoi de leurs occupants en Roumanie et en Bulgarie, "deux pays membres de l'Union européenne". "Faire campagne contre les immigrés est populaire chez les électeurs français de souche et M. Sarkozy ne s'en est jamais caché. Il a bâti sa campagne présidentielle de 2007 sur son bilan d'homme à poigne [et aux mots incendiaires] lorsqu'il était ministre de l'intérieur", poursuit le journal.

Mais alors que la cote de popularité du chef de l'Etat est "au plus bas" et que le Front national reprend des forces avec Marine Le Pen, "il est allé plus loin, inquiétant les membres de la droite traditionnelle". Ces derniers, conclut le Times, "ont raison de s'inquiéter, et [M. Sarkozy] est, à tort, aventureux d'ignorer leurs conseils de prudence".

LE NYT EST COUTUMIER DE CE GENRE DE POLÉMIQUE, DIRIGÉ DEPUIS TOUJOURS PAR UNE FAMILLE JUIVE, IL A ÉTÉ SUJET À DE NOMBREUSES CONTROVERSES, DONT L'UNE DES PREMIÈRE FUT DE MINORER LE RÔLE DU IIIème REICH DANS LE GÉNOCIDE JUIF.

DANS L'AFFAIRE JUDITH MILLER IL NE VÉRIFIA PAS SES SOURCES D'INFORMATION, L'AFFAIRE JAYSON BLAIR, QUI PLAGIA PLUSIEURS ARTICLES...ET J'EN PASSE JUSQU'À L'AFFAIRE MAC CAIN, OÙ LE JOURNAL REFUSA DE PUBLIER UNE TRIBUNE DE CE CANDIDAT EN 2008.

Les nouveaux business de l’amour

Enfin un secteur qui sourit ! Libérée des tabous, dopée aux nouvelles technologies, boostée par l’explosion du célibat, l’industrie du cœur (et du sexe) est en train de faire un malheur. Pour le plus grand bonheur des sociétés qui s’y bousculent.

La nouvelle a fait pleurer sa mère. En 2007, alors qu’il venait de décrocher un job en or dans un fonds d’investissement, Ludovic Huraux a tout plaqué pour se lancer dans le business de la rencontre. «Sur le coup, elle a cru que je devenais fou, se souvient-il. C’était plutôt dur à vivre.» Il a pourtant bien fait de ne pas céder aux suppliques maternelles. En quelques mois, son site pour célibataires, Attractiveworld.net, est en effet devenu la coqueluche des Parisiens jeunes et branchés. Près de 40.000 fans se sont inscrits. Du coup, Ludovic Huraux a attiré l’attention de business angels, qui lui ont prêté 2,6 millions d’euros pour développer son affaire. Depuis, il a installé son siège dans un luxueux immeuble des Champs-Elysées, à deux pas de celui de ses anciens collègues financiers. «Quand ils voient que je gagne de l’argent en formant des couples, certains sont un peu jaloux», sourit-il.

Ah, l’amour ! On a beau dire, c’est encore cela qui fait tourner le monde. Il suffit de jeter un œil aux couvertures des magazines pour s’en assurer : «Comment séduire un timide», «Les meilleurs plans drague», «Raviver la passion après dix ans»… Tapé dans Google, le mot «love» donne 1,34 milliard de réponses, tandis que «sex» en fournit 594 millions. Les chiffres sont tout aussi affolants côté business. Certes, les revenus générés par l’amour sont difficilement quantifiables, tant les secteurs concernés sont divers. Mais on sait au moins que, chaque année, les sites de rencontres rapportent 1 milliard d’euros dans le monde, que les fabricants de Viagra ou d’équivalents empochent 3,7 milliards, que l’industrie mondiale du porno pèse 50 milliards d’euros ou qu’il s’est vendu pour 500 millions d’euros de romans d’amour en Europe et aux Etats-Unis l’année dernière. Et ce n’est pas fini. Car les formidables transformations des comportements amoureux observées ces dernières années ne cessent de créer de nouvelles opportunités de business.

A commencer, bien sûr, par la libération des mœurs. Depuis le fameux «il est interdit d’interdire» de Mai 1968, elle n’en finit pas de chambouler le quotidien des Français. «Quand la série “Sex and the City” a débarqué dans l’Hexagone, il y a dix ans, parler de vibromasseur au ­dîner vous faisait encore passer pour un pervers, rappelle le sociologue Jean-Claude Kaufmann, spécialiste du sujet. Aujourd’hui, ceux qui n’osent pas en causer sont classés parmi les ringards.» La dernière étude du très sérieux Institut national d’études démographiques (Ined) sur la sexualité des Français confirme ce relâchement des mœurs. On y apprend, par exemple, que le premier rapport sexuel a lieu de plus en plus tôt (17 ans), que la moitié des 25-49 ans pratiquent sans complexe la masturbation et le cunnilingus ou, encore, que 90% des femmes ont déjà regardé un film érotique. «La sexualité s’est tellement banalisée qu’elle relève quasiment du loisir», analyse Kaufmann. En témoignent les récentes frasques de Ribéry avec Zahia : les stars du ballon rond ne se cachent même plus pour fréquenter des escort girls.

Pas étonnant que, à l’instar de Ludovic Huraux, de jeunes entrepreneurs se lancent sans tabou dans le secteur de la galipette. «Ils n’ont plus rien à voir avec la génération des vieux pornocrates qui régnaient jusque-là sur le marché», constate un banquier d’affaires. Avant d’investir, ces chefs d’entreprise nouvelle ­génération commencent par décrypter l’évolution de la demande, études marketing à l’appui, à l’image de Koichi Matsumoto. En 2006, ce Japonais a délaissé le design de voitures haut de gamme pour lancer Tenga, la première marque de sex toys masculins. «Si l’on excepte les poupées gonflables, il n’existait rien de très glamour pour les hommes : le créneau était à prendre», détaille-t-il. Ses créations s’inspirent des formes ludiques et épurées d’Apple et cartonnent dans les magasins chics du Marais.
Il est vrai que les boutiques spécialisées, rebaptisées pour l’occasion «love stores», n’ont plus grand-chose à voir avec les sex-shops glauques et honteux du Pigalle des années 1980. Désormais, elles s’affichent en centre-ville, à côté de Zara, Etam ou Mauboussin. «Au début, on a eu un peu de mal à convaincre le propriétaire des murs», concèdent Fleur Breto et Patrick Pruvot, qui ont ouvert en 2007 Passage du désir, près de l’hôtel de ville de Paris. Mais leur business plan épais comme un roman et cautionné par une banque a fini par le décider.

Deuxième bouleversement des comportements, lui aussi porteur de nouveaux business : la mutation accélérée du couple. «Les séquences de vie conjugale sont de plus en plus courtes, nombreuses et complexes», résume le sociologue Pascal Lardellier. De fait, non seulement les Français se marient moins (256.000 unions en 2009, contre 265.404 en 2008), mais le nombre de divorces augmente : à Paris, un mariage sur deux ­explose dans les cinq premières années. Même si l’on prend en compte la hausse des Pacs (175.000, soit 40% de plus en 2009), le nombre de célibataires ne cesse d’augmenter. Ils sont aujourd’hui 16 millions, contre 6 millions en 1980.

Résultat : pas un jour ne se passe sans que de nouveaux services réservés aux âmes seules se créent. De l’école de drague au tour-opérateur spécialisé en passant par les supermarchés de rencontres, qui font fureur en Chine, il y en a pour tous les goûts. Mais le créneau le plus juteux reste celui des sites Internet de rencontres, comme le montre notre enquête. Rien qu’en France, il en existe plus de 2.000. L’an dernier, leur chiffre d’affaires a culminé à 102 millions d’euros.

Au premier problème, les couples se précipitent chez le psy

Reste une dernière tendance ultrarentable : l’exigence de bonheur et de performance. «Elle domine de plus en plus la vie sentimentale et sexuelle», constate Sophie Bramly, créatrice du site Secondsexe.com et auteur de «L’orgasme, on s’en fout», aux éditions Fetjaine. Autrefois, lorsqu’un couple connaissait une baisse de régime, il serrait les dents en attendant que ça redémarre. Aujourd’hui, il divorce, dévalise le rayon Viagra à la pharmacie ou court chez le psy pour tenter de régler le problème. Une aubaine pour les thérapeutes de tous poils. Pour 80 à 150 euros la séance, ils proposent aux époux malheureux de leur fournir la clé du bonheur conjugal. «Pour rendre les gens heureux, tout cela n’est pas très efficace», raille Bramly. Pour faire du business, en revanche…

Marie Charrel