TOUT EST DIT

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mardi 1 février 2011

Quand l'inflation chemine

On la croyait disparue. Mais elle s'est réveillée dans les pays émergents, dont la demande a enchéri les matières premières, qui ont majoré les prix de leurs produits, donc déclenché des revendications salariales, lesquelles à leur tour... Le mécanisme est bien connu. Ce schéma en affole certains, obnubilés par les inflations galopantes de l'histoire. En fait, tout est question de proportions. A preuve, l'objectif européen de « stabilité monétaire » qui consent une dérive annuelle de 2 %, température jugée raisonnable du moteur de la croissance. Or les moteurs chinois ou brésilien commencent à surchauffer (5 et 6 %). Et l'Europe a écorné sa ligne jaune à 2,2 %, bien que sa croissance reste faible.

C'est là tout le problème des gouvernements et des banques centrales : refroidir l'inflation sans casser la croissance, éviter que les mesures monétaires de défense (hausse des taux d'intérêt) n'alimentent la spéculation, mettre le holà à l'enchaînement du cycle intérieur des prix et des revenus. Alors ressurgissent les vieilles querelles entre les « monétaristes » (toute inflation est mauvaise) et les « keynésiens » (elle est inséparable du progrès). La vérité est que, comme pour les bonnes sauces, il ne doit pas y en avoir trop, pour ne pas désorganiser les références et ruiner les plus faibles. Mais il en faut juste assez pour exprimer les anticipations, aider à la revalorisation des revenus du travail, alléger le sort des débiteurs (dont les Etats).

On dira que ce raisonnement manque de souffle. Il est pourtant d'expérience que si les grandes inflations ont toujours généré des catastrophes, il n'y a jamais eu de croissance et d'avancement social sans ces « frottements » qu'exprime la dérive des prix. A cet égard, tant mieux si la Chine dérive un peu, mais l'Europe n'a pas à payer le prix de conquêtes sociales qu'elle a déjà faites. Beau sujet, et difficile, pour le président du G20.