TOUT EST DIT

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mardi 1 février 2011

Egypte : Israël craint un scénario à l'iranienne

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a agité lundi 31 janvier le spectre d'un régime à l'iranienne en Egypte dans le cas où "un mouvement islamiste organisé prendrait le contrôle de l'Etat" à la faveur du "chaos".

"Il est vrai que dans une situation de chaos, un mouvement islamiste organisé peut prendre le contrôle de l'Etat. C'est arrivé en Iran et ailleurs", a déclaré M. Nétanyahou, lors d'une conférence de presse conjointe à Jérusalem avec la chancelière allemande, Angela Merkel, disant craindre que la révolte en Egypte ne débouche sur le même résultat que la révolution islamique iranienne de 1979.
Mais il a exigé de ses ministres qu'ils ne fassent aucun commentaire public sur la situation politique délicate dans laquelle se trouve le pouvoir égyptien, afin de ne pas envenimer une situation déjà explosive. Le président Shimon Péres a cependant tenu à exprimer "son grand respect" pour M. Moubarak, ajoutant, sous forme d'éloge funèbre : "Je ne dis pas que tout ce qu'il a fait était bien, mais il a fait une chose dont nous devons tous le remercier : il a maintenu la paix au Moyen-Orient."
M. Nétanyahou a émis l'espoir que le traité de paix conclu en 1979 entre l'Egypte et Israël survive au retrait éventuel du président Hosni Moubarak. C'est la première fois que M. Nétanyahou exprime avec autant de netteté la profonde préoccupation de l'Etat juif devant les perspectives d'un changement de régime au Caire.
"LA PAROLE DE L'AMÉRIQUE EST SANS VALEUR"
Ne s'estimant tenu ni au mutisme ni à la diplomatie, le commentateur du journal Maariv, Aviad Pohoryles, met directement en cause l'administration américaine dans un article incendiaire, sous le titre "La balle dans le dos de l'Oncle Sam". Il accuse le président Barack Obama et sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton, qui ont appelé dimanche à "une transition ordonnée" vers la démocratie en Egypte, de mener une politique naïve, suffisante et bornée sans se soucier de ses conséquences.

Qui les conseille donc, demande-t-il, "pour qu'ils alimentent ainsi la rage de la populace dans les rues d'Egypte et exigent la tête d'une personne qui était cinq minutes plus tôt l'audacieux allié du président" et "presque la seule voix de la raison au Proche-Orient" ? "La diplomatie politiquement correcte des présidents américains à travers les générations, poursuit-il, est affreusement naïve."

"La Jordanie et l'Arabie saoudite regardent les réactions en Occident et comment tout le monde abandonne Moubarak. Cela aura des implications très sérieuses", a déclaré un responsable au journal de centre gauche Haaretz. "La question qu'on doit se poser, c'est de savoir si Obama est fiable ou non. A l'heure actuelle, il ne le paraît pas. C'est une question qui résonne dans toute la région, pas seulement en Israël", déclare un autre responsable.
Dans Haaretz, le commentateur Ari Shavit affirme aussi que le président américain, pour se gagner l'opinion arabe, a trahi "un président égyptien modéré qui était resté loyal envers les Etats-Unis, avait favorisé la stabilité et encouragé la modération" au Proche-Orient. Selon lui, tout le monde a saisi le message : "La parole de l'Amérique est sans valeur."