TOUT EST DIT

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mardi 30 novembre 2010

Sauver les meubles de Cancún

Bonne nouvelle : on n'attend rien de la conférence sur le climat qui vient de s'ouvir à Cancún au Mexique. Au moins, les risques d'une déception sont réduits au maximum. Peut-être laissera-t-on alors les experts travailler dans leur coin sur des sujets moins exposés comme la déforestation ou l'aide au développement, et avancer plus sereinement vers des solutions acceptables par tous.

Voilà une bonne façon de temporiser, voire de faire mûrir les esprits avant le grand rendez-vous de Durban, en Afrique du Sud, fin 2011 où il faudra bien remettre sur le tapis les sujets qui fâchent. C'est-à-dire l'engagement à réduire les émissions de CO2.

Il n'est pas certain qu'à cette échéance, les esprits aient suffisamment mûri. Car les pays sont comme nous tous. Face au long terme, ils procrastinent. Quand on voit les difficultés des Européens à se mettre d'accord sur un sujet aussi urgent que le sauvetage de l'un des leurs, ou celles des vingt puissances mondiales à s'entendre autour d'une régulation minimale de la finance internationale, les atermoiements climatiques ne surprennent pas. Si la gouvernance mondiale peine à tracer le chemin des deux années à venir, comment pourraient-elle s'engager sur les cinquante prochaines ?

Le climat, c'est un peu comme les retraites. Le problème est connu depuis vingt ans, les remèdes aussi, mais la difficulté réside dans le passage à l'acte. Et plus la situation économique est mauvaise, plus le remède paraît douloureux. Résultat, ce sont les hypothèses les plus pessimistes en matière de réchauffement climatique qui deviennent les plus probables.

Faut-il baisser les bras pour autant ? En tout cas, il vaut mieux compter sur le poids des opinions. Si elles influencent moins les gouvernements, elles poussent les initiatives locales. Nombre de villes américaines ou européennes devancent les décisions nationales en matière de réduction des consommations de CO2 ou de protection des espaces. La mobilisation massive des habitants de Stuttgart contre le projet de gare géante qui menaçait leurs espaces verts montre leur pouvoir.

Comme en politique, le renouveau ne viendra pas de sommets internationaux de plus en plus sclérosés par les enjeux de pouvoir, mais de la base. Il faut en tout cas l'espérer, car le modèle des Nations unies, sur lequel sont bâties ces négociations, arrive manifestement en bout de course.

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