TOUT EST DIT

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mardi 20 octobre 2009

L'émergence de nouveaux services comme moteur de la croissance

Les nouveaux modes de consommation peuvent-ils aider à la sortie de crise ? A la demande de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, le Conseil d'analyse stratégique (ex-Commissariat général au Plan), a dû se pencher sur cette question pressante et renoncer, pour un temps, aux horizons lointains auxquels il était habitué.Le rapport, piloté par l'économiste Daniel Cohen, et rendu public lundi 19 octobre, répond à cette problématique en affirmant, sans ambages, que la "satisfaction des besoins pourrait devenir le moteur d'une économie servicielle renouvelée". Il s'agit moins de l'émergence de nouveaux produits capables d'engendrer des modes fugaces que d'"une nouvelle articulation entre les services et les biens répondant à la satisfaction d'un besoin fonctionnel plus vaste que le produit lui-même". Ainsi, à partir de la nécessité de chauffer son logement l'hiver, on pourrait imaginer "demain qu'un vendeur d'électricité ne se contente plus de vendre des kW/h mais une température optimale dans un habitat ou un local professionnel", suggère le rapport.

Dans cette économie nouvelle, l'acte de consommation peut aussi se confondre avec un acte de "réalisation de soi", précise le document. Le succès de Vélib' aujourd'hui, d'Autolib' demain, serait les prémices d'un autre rapport au monde et aux choses. "Si on satisfait un besoin profond, on n'est pas dans le gâchis, ni pour autant dans la décroissance, explique Mme Kosciusko-Morizet. C'est cela que le rapport cherche à montrer."

Lente mutation

Ces mutations de la consommation sont portées par des aspirations suffisamment puissantes pour transformer la société, tirer la croissance et engendrer un cycle de prospérité, affirment les rapporteurs. Elles sont toutefois entravées par deux phénomènes : la mutation lente des "comportements écoresponsables ou solidaires", mais aussi et surtout la faiblesse du pouvoir d'achat des ménages.

La difficulté des familles à financer les trois principaux postes de la consommation - le logement, l'alimentation, les transports - pénalise le développement des nouveaux services. Ces dépenses obligatoires, qui représentaient 20 % du budget des ménages en 1960, ont presque doublé à 36 % en 2006, "avec une nouvelle phase d'accélération en 2001". Quatre catégories de ménages sont surexposées à la hausse de l'immobilier : les moins de 30 ans, les moins riches, les familles monoparentales et les Parisiens.

Le rapport se conclut sur une note d'autant moins encourageante qu'il ne voit pas la crise mettre un terme à la mondialisation et à l'externalisation toujours plus poussée des "segments à moindre valeur ajoutée". Autrement dit, les nouveaux services et modes de consommation finiront bien par voir le jour, mais profiteront seulement à une minorité de personnes aisées.
Yves Mamou

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