mercredi 9 mars 2011
Libye: violents combats, nouveaux appels à la zone d'exclusion aérienne
Pour tenter de mettre fin à la répression sanglante des opposants, le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron ont convenu de poursuivre la planification de "toute la gamme" d'actions possibles, dont l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne.
Affichant désormais ouvertement leur soutien à l'insurrection, les Etats-Unis et l'Union européenne ont rencontré des représentants du Conseil national de transition mis en place par la rébellion à Benghazi, épicentre de l'insurrection à un millier de km à l'est de la capitale Tripoli.
Alors que les violences prennent des allures de guerre civile dans ce pays pétrolier, le marché redoute une crise prolongée qui affecterait les approvisionnements mondiaux et imposerait un recours aux stocks stratégiques de brut, ce qui catapulterait le baril à plus de 200 dollars.
M. Kadhafi, qui a juré de mater dans le sang la rébellion lancée il y a trois semaines, a mis en garde contre toute ingérence de l'Occident dans son pays lors d'un entretien téléphonique avec le Premier ministre grec Georges Papandréou.
En soirée, il s'est rendu dans un hôtel de Tripoli où sont confinés la grande majorité des journalistes étrangers pour des interviews à des chaînes télévisées. Habillé d'une tunique noire et coiffé d'un turban ocre, il a traversé le hall en levant et serrant les poings en signe de victoire.
Malgré les sanctions internationales imposées au clan Kadhafi -gel des avoirs, interdiction de voyages-, l'ouverture d'une enquête de la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité et les appels à s'en aller, le leader libyen s'accroche au pouvoir après plus de 40 ans de règne sans partage.
Ses forces tentent de stopper la progression vers l'Ouest des insurgés qui contrôlent la région orientale pétrolière ainsi que certaines localités de l'Ouest, lançant une opération de reconquête avec ses chars et avions contre les opposants moins bien armés.
L'aviation a bombardé la ville pétrolière de Ras Lanouf, base la plus avancée de l'opposition dans l'Est, faisant un blessé et touchant un immeuble. La banlieue ouest du port pétrolier, à environ 300 km au sud-ouest de Benghazi, a été pilonnée et trois personnes ont été blessées, les rebelles parlant d'un déluge de feu.
A l'ouest de Tripoli, l'opposition contrôlait Zenten mais la ville était encerclée par les forces pro-Kadhafi, selon un témoin français.
Les forces pro-Kadhafi ont lancé parallèlement un assaut sur Zawiyah, le bastion des insurgés le plus proche de la capitale, fief de M. Kadhafi, selon un ancien responsable libyen qui a fait défection, Mourad Hemayma.
"Kadhafi veut prendre (Zawiyah) avant mercredi. La communauté internationale doit agir", a-t-il affirmé, joint au téléphone au Caire par l'AFP. Il a indiqué que des membres de sa famille avaient été tués dans la ville (40 km de Tripoli), assiégée par les chars du régime.
"Zawiyah est visée par une attaque d'envergure. Les civils sont attaqués directement", selon un site de l'opposition.
Mais le gouvernement libyen a démenti le bombardement de Zawiyah.
Face à l'escalade des combats qui ont fait plusieurs centaines de morts depuis le début de la révolte le 15 février, les Occidentaux se concertent jeudi et vendredi à Bruxelles au sein de l'Otan et de l'UE, pour tenter d'aider l'opposition sans enfreindre le droit international ni déstabiliser la région.
Paris et Londres préparent un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU imposant une zone d'exclusion aérienne mais son adoption semble se heurter aux réticences de Moscou et Pékin.
Pour la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, toute décision d'imposer une telle zone devrait être prise par l'ONU et non par les Etats-Unis.
La Ligue arabe a prévu, elle aussi, une réunion de crise samedi pour évoquer la zone d'exclusion, après l'accord des monarchies arabes du Golfe et de l'Organisation de la conférence islamique pour sa mise en place.
L'UE a en outre approuvé de nouvelles sanctions contre la Libye, visant un fonds souverain et la Banque centrale, au moment où deux représentants du Conseil national ont dit à Strasbourg attendre que l'UE reconnaisse "le plus tôt possible" comme seule autorité légitime, avant de voir mercredi le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé.
Au Caire, des diplomates américains, dont Gene Cretz, l'ambassadeur américain en Libye, ont rencontré des membres du Conseil national, a indiqué le département d'Etat, appelant de nouveau M. Kadhafi à quitter le pouvoir et la Libye.
L'opposition a entretemps rejeté toute négociation avec le régime exigeant que le leader libyen quitte le pays et promettant le cas échéant de ne pas engager de poursuites contre lui. La télévision officielle libyenne a de son côté jugé "impensable" que M. Kadhafi "puisse prendre contact avec des agents ayant fait appel aux étrangers contre leur propre pays".
Alors que près de 200.000 personnes ont fui les combats en Libye, l'ONU a chargé l'ex-ministre jordanien des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib d'entreprendre des "consultations urgentes" avec Tripoli sur la crise humanitaire.
Plafonds de loyers, un mauvais coup porté aux locataires
L'idée d'encadrer les loyers à la relocation ou encore de maîtriser les loyers lors de la mise sur le marché du bien peut paraître séduisante. Mais que propose vraiment le Parti socialiste ? Un plafond de loyer pour tous ou uniquement pour la relocation ? Une baisse des loyers actuels ? Nous sommes dans la démagogie et le flou le plus complet. La vraie question que le Parti socialiste ne s'est pas posée est de savoir si, dans les faits, une telle mesure serait réellement efficace pour les locataires.
Je suis convaincu que les résultats de cette mesure qui consisterait à contraindre les propriétaires seraient très négatifs, et ce pour plusieurs raisons. D'abord, je rappelle qu'avec l'IRL (indice de référence des loyers), qui fixe chaque année un plafond d'augmentation des loyers, il existe déjà un moyen de régulation. Le mode de calcul de l'IRL a été révisé dans la loi de février 2008 pour se baser désormais sur l'indice des prix à la consommation. D'ailleurs, c'est ce gouvernement qui a décidé en septembre dernier d'élargir cette disposition aux logements sociaux en encadrant désormais la hausse des loyers HLM. Ces derniers progresseront donc beaucoup moins vite que les années passées.
Surtout, un encadrement supplémentaire qui pèserait sur les propriétaires aurait des conséquences négatives pour les locataires. Ce mécanisme existait en France entre les deux guerres et avait largement contribué à amplifier la crise du logement, et ce pour plusieurs décennies. En diminuant les rendements locatifs, une telle mesure découragerait les propriétaires de faire des travaux pour améliorer le confort de leur logement. Le risque serait alors de voir le parc privé se dégrader. De plus, compte tenu de l'explosion des prix de l'immobilier, à moyen terme, cela aurait pour conséquence de fortement dissuader les investisseurs locatifs ! Aujourd'hui, tout le monde déplore le départ des investisseurs institutionnels, les zinzins, qui proposaient, notamment à Paris, des loyers modérés. Pourquoi regretter ce retrait et proposer pour demain un mécanisme qui aurait les mêmes conséquences ? Toute notre politique doit au contraire tendre vers une augmentation de l'offre. Nous prendrions également le risque de voir l'offre se réduire et de voir s'effondrer la construction. L'encadrement des loyers serait un signal négatif donné aux bailleurs sur un marché où les distorsions réglementaires et fiscales sont déjà trop nombreuses.
Je tiens également à rappeler que la situation immobilière de Paris n'est pas celle de la France. L'augmentation des loyers reste une problématique très parisienne, bien que, d'après l'Observatoire des loyers de l'agglomération parisienne, les relocations expliquaient en 2009 moins de la moitié de la hausse des loyers : pour 42 % des relocations à Paris, le loyer a baissé, stagné ou progressé au niveau de l'IRL en 2009.
Je reste cependant très attentif et ouvert quant aux dispositions à prendre quand il s'agit des abus existant sur le marché immobilier parisien. C'est notamment le cas des microsurfaces aux loyers plus qu'abusifs. Je me suis d'ailleurs engagé à agir et je prendrai des mesures, en concertation avec les professionnels, qui me semblent indispensables.
Enfin, je suis convaincu que la vraie solution reste la construction. Nous devons construire plus, créer de l'offre et de l'activité. La seule réponse pertinente, c'est de relancer la construction à grande échelle dans les zones les plus tendues. Le gouvernement agit là aussi, avec une grande réforme de l'urbanisme en préparation et un recentrage des efforts sur les zones où les besoins sont les plus vifs.
Les 35 heures n'ont pas servi de leçon au Parti socialiste, en 2011 ils gardent une vision bureaucratique et figée de l'action publique, fondée sur la contrainte et la réglementation.
Je le redis, encadrer les loyers aurait des conséquences économiques négatives et ne mènerait qu'à un résultat : la pénurie de logements.
L'opposition donne 72 heures à Mouammar Kadhafi pour quitter le pays
L'ultimatum lancé par l'opposition à Mouammar Kadhafi, la tenue de plusieurs réunions importantes en Europe et dans le sud de la Méditerranée, laissent présager un dénouement proche de la situation en Libye.
La Chine et la Russie se disent contre. Ceci risque de poser problème à la France et à la Grande-Bretagne qui entendent déposer un projet de résolution en ce sens au Conseil de sécurité de l'ONU.
L'OTAN a précisé qu'elle continuait à travailler sur tous les scénarios y compris sur une intervention militaire.
Gel des avoirs : «une bombe pour toutes les banques»
L'Union européenne s'apprête à geler les milliards du Fonds souverain libyen. D'après l'avocat Fabrice Marchisio, spécialisé dans la traque des avoirs, les banques ont beaucoup à perdre.
Cette nouvelle sanction à l'égard de la Libye suit celle, publiée jeudi dernier, consistant à geler les avoirs de Mouammar Kadhafi et de 25 de ses proches.
Lefigaro.fr - Il va s'écouler une semaine entre l'accord européen sur le gel des avoirs du fonds souverain libyen, ce mardi, et l'entrée en vigueur de cette décision. N'est-ce pas trop lent?
Fabrice Marchisio - Certes. Le blocage des fonds s'impose aux banques à la publication du règlement européen au Journal officiel. Mais j'imagine mal une banque autoriser aujourd'hui un retrait de la part de la Libyan Investment Authority (LIA), le fonds libyen. Même si elle n'a pas d'outil juridique à sa disposition, elle peut par exemple traîner des pieds en attendant que le texte européen s'applique.
Le Luxembourg, d'ailleurs, a pris les devants en gelant près d'un milliard d'euros de fonds appartenant à des Libyens suspects mais pas mentionnés sur les listes officielles. Pour une banque, mieux vaut être trop prudent que pas assez. Un client dont les fonds ont été gelés ne peut en effet pas se retourner contre son établissement.
Le droit européen est-il efficace ?
Il s'agit de l'instrument le plus efficace en ce domaine. Il est directement applicable dès sa parution et possède la force de 27 lois nationales publiées simultanément. Mais je regrette que les gouvernements aient si peu communiqué autour de ces règlements, par exemple le 4 février dernier lors du gel concernant les Ben Ali. Toutes les sociétés de gestion, les notaires, les experts comptables qui manipulent les fonds visés par un gel sont pourtant concernés et le risque existe qu'ils n'aient pas toujours été au courant des textes.
Comment retrouver les fonds ?
On ne gèle pas des dizaines de milliards du jour au lendemain d'un coup de baguette magique. Dans les faits, les banques font face à des clients cachés derrière cinq fondations, dix trusts et une cinquantaine de sociétés écrans, par exemple. Bien maligne celle qui peut deviner qui s'avère être le bénéficiaire ultime de ce type de virements. Malgré tout, l'argument «je ne savais pas» ne tient pas.
Pourquoi ?
Si elles autorisent un retrait bénéficiant in fine à une personnalité traquée par les autorités, l'État spolié, comme la Tunisie, peut se retourner contre elles. Leur responsabilité civile peut être mise en jeu sur la base de l'article 1382 du Code civil. La faute de l'établissement ? Elle n'a pas respecté le règlement. Le préjudice? Les milliards retirés ne retourneront probablement pas de sitôt dans les caisses du pays. L'État peut donc porter plainte et exiger des dommages et intérêts à hauteur des fonds que l'établissement n'a pas réussi à geler. Il s'agit d'une véritable bombe pour les banques.
mardi 8 mars 2011
Kadhafi, le dernier admirateur d’Israël
De ma vie entière, je n’aurais jamais pensé vivre assez longtemps pour voir ceci: un despote arabe justifiant une opération militaire de manière favorable, la comparant à ce que fait Israël pour se défendre !
Il y a, bien sûr, d’énormes différences entre l’opération Plomb Durci et la campagne de massacre de Kadhafi. Plomb Durci arrivait; par exemple, après au moins 3 ans de bombardement quotidien, par le Hamas, des villes israéliennes, ans que jamais il n’y ait une réponse militaire.
Une vidéo inédite des attentats du 11-Septembre
De nouvelles images de l'attentat du 11 septembre 2001 à New York viennent d'être dévoilées au public via le site internet américain Cryptome. Tournée depuis un hélicoptère de la police new-yorkaise, la séquence dure près de 17 minutes. L'appareil s'approche des Twin Towers, encore debout, d'où s'échappe une épaisse fumée.
L’instabilité est pathologique
Sur la question des relations avec l’UE, le gouvernement suisse "ne sait pas bien ce qu’il veut", explique Le Temps en citant le parlementaire Maximilian Reimann. L’option de l’adhésion est repoussée par une majorité de Suisses, convaincus avec la crise de l’euro d’avoir fait le bon choix en restant à l’écart de l’Union. Le scénario "à la norvégienne" de rejoindre l’Espace économique européen (EEE) réveillerait le spectre de son refus en votation populaire le 6 décembre 1992. En même temps, il est impensable pour le pays alpin de rompre avec le marché intérieur de son premier partenaire économique, qui accueille près de 60% des exportations "Swiss made". Les exportateurs font d’ailleurs pression pour trouver des solutions à l’épineuse question du franc fort face à l’euro, qui mine leurs frais et diminue leur compétitivité.
Bruxelles a accepté l’idée de négocier un nouveau paquet de "Bilatérales III" [après les accords de 1999 et 2004] avec la Suisse. Problème : entre Berne et Bruxelles, les divergences de fond sur la question institutionnelle demeurent. "Avant de négocier d’autres ouvertures au marché européen pour la Suisse, l’UE veut absolument de la part de cette dernière une application de l’évolution du droit européen. Du côté suisse, on refuse d’envisager toute reprise automatique qui signifierait un abandon inacceptable de souveraineté."
Passée au second plan lors des soulèvements en Afrique du Nord, c’est pourtant bien la politique européenne qui sera "la première préoccupation du Conseil fédéral et des diplomates en ce mois de mars", poursuit Le Temps. Le gouvernement devra notamment décider de ce qui sera inclus dans le paquet de négociation des Bilatérales III. Ce ne sera pas chose aisée : "Les milieux paysans, par exemple, s’opposent au libre-échange agricole pour lequel economiesuisse [Fédération des entreprises suisses] a de l’intérêt. L’association patronale ne veut pas ouvrir le dossier fiscal, mais serait prête à négocier sur l’accord Reach pour les produits chimiques et la question de l’électricité."
Le jeu du chat et de la souris risque donc fort de se prolonger entre Berne et Bruxelles et les allers-retours diplomatiques entre les deux capitales de se multiplier. "Je repars de Bruxelles avec une mission presque impossible", a déclaré Micheline Calmy-Rey après sa rencontre avec M. Barroso en février. Mais le grand écart n’est pas nouveau : l’instabilité caractérise de facto le mariage de raison entre un grand ensemble qui évolue rapidement et une petite nation jalouse de ses prérogatives. Peut-être est-il faux de vouloir régler "une fois pour toutes" les relations entre la Suisse et l’Union européenne. Le premier pas vers une meilleure collaboration consisterait d’abord à abandonner cette illusion.
Banques ? Quelles banques ?
Seul un sujet ne sera pas au menu des discussions : la fragilité des banques. Les responsables politiques européens donnent l’impression que cette crise est depuis longtemps une affaire d’Etat, notamment de ceux de la périphérie de la zone euro, comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande.
Mais cela n'est pas juste. Cette question concerne aussi les banques, y compris les banques allemandes. Souvenons-nous du sauvetage de l’Irlande à l’automne dernier. L’Europe a forcé l’Irlande à se placer sous sa protection. Pourquoi ? Parce qu’à l’époque, la chancelière allemande soutenait que sauver l’Irlande, c’était sauver l’euro : "Pour maintenir la position de force de l’euro, nous devons supprimer toute faiblesse".
La crise est revenue là où elle avait commencé
"Une des raisons pour lesquelles on n’a toujours pas osé restructurer la dette en Grèce ou en Irlande, c’est que le secteur bancaire ne serait pas assez solide pour amortir ces pertes", explique Clemens Fuest, spécialiste des finances basé à Oxford. L’Europe a décidé que les citoyens paieraient la facture et que les banques s’en tireraient sans dommage. Des dettes privées deviennent ainsi des dettes publiques. Et quand les Etats ne suffiront plus, d’autres viendront à la rescousse. Les Etats riches sauvent les Etats pauvres avec de l’argent que leur prêtent leurs banques. Un cycle (monétaire) qui coûte cher.
Si tout ce système fonctionne, c’est uniquement parce que les banques sont devenues incroyablement puissantes par rapport aux Etats. "En Irlande, le sauvetage de l’Anglo Irish Bank a coûté l’équivalent de 20% du PIB annuel à lui seul", explique Fuest. En Espagne, des doutes planent sur quantités de crédits des caisses d’épargne. En effet, les biens immobiliers, que ces crédits ont servi à financer, voient leur valeur s’effondrer. "Personne ne sait combien cela va coûter, indique Fuest, mais on redoute que ces sommes représentent entre 5 et 40% du PIB annuel".
Quant à la situation des banques allemandes, c’est probablement l’un des secrets les mieux gardés. Les préparatifs en vue de nouveaux "stress tests" ont commencé le 4 mars. Ces tests sont censés refléter les risques pesant sur les banques partout où survient une situation aussi dramatique. Qu'ils soient mis en œuvre avec suffisamment de rigueur ne serait pas une mauvaise idée. "Des tests précis montreraient que bon nombre de banques ont encore du ménage à faire dans leurs actifs", explique Hans-Werner Sinn, chef de l’Institut de recherche économique (IFO Institut) de Munich.
Que se passe-t-il si un pays fait faillite ?
Les banques n’ont toutefois aucun intérêt à accepter des tests contraignants et elles pèsent sur leur organisation. Elles peuvent se livrer au chantage : si les tests sont trop sévères, bon nombre d’entre elles y échoueront. Les épargnants retireront leur argent, les banques feront faillite et les Etats devront venir à leur aide.C'est pourquoi, de toute apparence, un scénario ne sera pas pris en compte par les tests : que se passe-t-il si un pays européen se déclare vraiment en faillite ? Quoi qu’il en soit, les Irlandais veulent renégocier leur plan de sauvetage. "En acceptant l’aide européenne, l’Irlande a endossé une responsabilité pour le compte de l’Europe. C’est pourquoi les autres pays membres devraient à présent lui proposer un taux d’intérêt réduit", affirme Edgar Morgenroth, économiste irlandais.
Les Irlandais ont sauvé vos banques. A vous maintenant de vous en montrer reconnaissants.
Vu de Pologne
Gauche et droite européenne s'affrontent sur le pacte de compétitivité
Un éditeur américain va publier les "tweets" de la révolution égyptienne
Devant la menace du FN, les critiques s'abattent sur la stratégie de Sarkozy
Le sondage controversé qui place Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour provoque des critiques de plus en plus fortes dans le camp de Nicolas Sarkozy. En jeu : sa stratégie de riposte sur des thèmes chers au Front national, concrétisée en ce moment par le débat sur l'islam et la laïcité. Les opposants à cette ligne se font entendre : les centristes, mais certains aussi dans la frange la plus à droite de la majorité, notamment le député du Nord Christian Vanneste.
Chez un membre de la Droite populaire. "La laïcité n'est pas un débat prioritaire", a répété lundi l'UMP Christian Vanneste. L'élu, joint par Marianne2.fr, craint que l’UMP "marche sur le fil du rasoir" : "A force de poser la question du halal dans les cantines, du voile à l’école [Christian Vanneste a voté contre la loi interdisant le port du voile à l’école en 2004], nous risquons de finir par paraître anti-musulmans."
Cette critique est significative, car elle vient d'un membre de la Droite populaire, club d'élus créé durant l'été autour de Thierry Mariani. Ce dernier, désormais secrétaire d'Etat aux transports, continuait récemment de défendre le débat sur l'islam, sur Le Post.fr. Il a créé la Droite populaire sur une ligne : revenir aux "fondamentaux" pour répondre au FN .
Certes, Christian Vanneste insiste pour que Nicolas Sarkozy insiste sur les thèmes de la sécurité et de l'immigration, outre celui du chômage. Mais sa position montre que la ligne prônée récemment par le chef de l'Etat est critiquée même à la droite de son camp. En témoigne également les réserves de Christian Estrosi, le maire de Nice, un autre tenant de la ligne sécuritaire.
Moins à droite dans la majorité. On trouve des reproches encore plus francs : "Ce sondage me fait peur", a lancé le député UMP Bernard Debré, sur France Info : "Nous sommes en train de chasser sur les terres du Front national, et ça profite au Front national pour une raison relativement simple, c'est que nous n'allons jamais au bout de nos débats", a-t-il regretté, affirmant que les initiatives UMP sur "l'islam, sur l'identité nationale, sur la laïcité", n'étaient pas comprises.
Chez un ancien villepiniste rallié à Sarkozy. Les voix discordantes ne demandent pas ouvertement que Nicolas Sarkozy soit remplacé par un autre candidat à droite. Mais certains demandent un changement de ligne, une forme de recentrage. La voix de Bruno Le Maire, ancien villepiniste désormais figure montante de la majorité, est intéressante : "Nous devons ménager Dominique [de Villepin], tenir compte de ses critiques, être capable de reprendre ses propositions", explique au Parisien celui qui est désormais en charge du projet du candidat pour 2012.
Alors que Dominique de Villepin vient d'être reçu à l'Elysée pour la seconde fois en quelques semaines, son ancien soutien précise qu'il refuse "catégoriquement de monter les Français les uns contre les autres".
Chez un centriste, membre du gouvernement. Plus discrets pendant un temps, à l'image de l'ancien ministre Jean-Louis Borloo, certains centristes se permettent de nouvelles sorties. Interrogé par RTL, Maurice Leroy prend certes le soin d'épargner Nicolas Sarkozy, qui selon lui ne court pas après le Front national. Mais il ajoute : "C'est arrivé que ça se passe à l'UMP." Une façon de cibler le parti désormais dirigé par Jean-François Copé. "Prenons garde à ceux qui, par panique, veulent faire une course à l'échalote", ajoute-t-il, car les gens préfèrent "l'original à la copie".
Opposé au débat sur l'islam, comme à celui sur l'identité nationale, le ministre de la ville précise : "Je pensais que nous prenions des risques. Les sondages me donnent plutôt raison." Au même moment, des députés centristes s'opposent à un amendement symbolique de la nouvelle loi sur l'immigration : la déchéance de nationalité pour les naturalisés qui auraient tué un policier ou un gendarme.
Désormais, Nicolas Sarkozy doit choisir une réponse. Il pourrait notamment être tenté de donner des gages à Jean-Louis Borloo, pour éviter qu'il se présente en 2012, ainsi qu'à Dominique de Villepin. Le premier se plait à faire savoir qu'il est plus indépendant que jamais et estime que le meilleur moyen pour Sarkozy de gagner en 2012 reste d'avoir une pluralité de lignes, donc de candidatures.
De fait, le débat s'organise davantage au sein de la majorité, que dans une opposition avec la gauche. Villepin, lui, est crédité de 5 à 7 % d'intentions de vote dans les fameux sondages favorables à Marine Le Pen. Ce qui fait dire à Jean-François Copé que la droite devance toujours sur le PS... Un calcul purement arithmétique. Le patron de l'UMP, qui a continué de défendre le débat sur l'islam et la laïcité malgré quelques nuances, devra lui aussi peut-être voir s'il continue sur la même ligne.
Mouammar Kadhafi cherche une issue, l'Onu cherche une résolution
Alors que la communauté internationale tente de s'accorder sur une réponse face aux combats qui se poursuivent en Libye, Mouammar Kadhafi chercherait une issue "honorable" pour lui et ses proches dans cette crise qui aurait déjà fait un million de réfugiés.
Selon deux journaux en langue arabe et selon la chaîne de télévision Al Djazira, le dirigeant libyen aurait proposé aux insurgés une réunion du Congrès général du peuple, instance qui fait office de parlement, afin d'examiner les conditions de son départ assorties de garanties.
Al Djazira précise que cette main a été tendue en direction du Conseil national installé par l'opposition à Benghazi et qui représente la majorité des régions contrôlées par les rebelles dans l'Est.
Les quotidiens Achark Al Aousat, installé à Londres, et al Bayan, basé aux Emirats arabes unis, citent tous deux des sources anonymes à l'appui d'informations selon lesquelles Kadhafi tente de trouver un compromis.
Une source proche du Conseil national a précisé à Reuters avoir entendu parler d'une proposition suivant laquelle "Kadhafi remettrait le pouvoir au président du parlement et quitterait le pays avec une certaine somme d'argent garantie".
Des sources proches du Conseil ont informé le correspondant de la chaîne Al Djazira à Benghazi que la demande du dirigeant libyen a été refusé par les insurgés car elle reviendrait à lui accorder une sortie "honorable" et serait perçue comme une offense aux victimes.
"Il m'a été dit que cette question de l'argent constituait un obstacle important du point de vue du Conseil", a précisé une source à Reuters.
Essam Gheriani, chef du service de presse du Conseil, a déclaré qu'à sa connaissance aucune offre n'avait été présentée au gouvernement parallèle.
L'ONU CRAINT UNE CRISE HUMANITAIRE
Cette tentative intervient au moment où les forces libyennes, engagées dans une contre-offensive dans le golfe de Syrte, ont mené des attaques aériennes contre le port pétrolier de Ras Lanouf.
Des populations civiles se trouvent encerclées par les troupes loyalistes dans les villes de Misrata et Zaouïah et les craintes d'une crise humanitaire grandissent tandis que les combats se poursuivent.
Valerie Amos, qui dirige le Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'Onu à Genève, estime que plus d'un million de personnes ont fui le pays ou ont besoin d'une assistance humanitaire d'urgence.
L'Onu a appelé à lever 160 millions de dollars pour financer une opération visant à fournir à ces populations des abris, des médicaments et des vivres au cours des trois prochains mois.
La France et la Grande-Bretagne ont annoncé qu'elles tentaient d'obtenir des Nations unies une zone d'exclusion aérienne sur le territoire libyen afin d'empêcher les bombardements menés par l'armée de l'Air contre les insurgés.
Le secrétaire au Foreign Office, William Hague, a indiqué que Londres travaillait en étroite collaboration avec ses partenaires sur les éléments d'une résolution instaurant une zone d'exclusion et impliquant un nécessaire soutien des pays de la région dans le respect du droit international.
Cette position a été confirmée par une source française tandis que les Etats du Golfe ont appelé à l'entrée en vigueur d'une telle mesure et à la tenue d'un sommet d'urgence de la Ligue arabe.
Anticipant l'adoption éventuelle d'une telle résolution, l'Otan a mobilisé des avions de reconnaissance Awacs pour surveiller la Libye 24 heures sur 24, a annoncé lundi Ivo Daalder, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Alliance.
"Je ne peux pas imaginer que la communauté internationale et les Nations unies resteront les bras croisés si Kadhafi et son régime continuent de s'en prendre à leur peuple", a dit Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan. "Nous avons demandé à nos militaires de prendre toutes les mesures nécessaires pour être prêts à intervenir rapidement", a-t-il ajouté.
Face à cette mobilisation, un fils de Kadhafi a de nouveau brandi des menaces, affirmant que son père n'avait pas encore jeté toute son armée dans la bataille et qu'un départ du dirigeant libyen déboucherait à coup sûr sur une guerre civile.
Les tribus se ligueraient les unes contre les autres et la Libye deviendrait une nouvelle Somalie, a affirmé Saadi Kadhafi dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Al Arabia.
Sur le terrain, les insurgés ont repoussé ce week-end plusieurs assauts contre Zaouïah, à 50 km à l'ouest de Tripoli, où il n'est plus possible d'établir un contact direct. Un groupe d'opposants libyens en exil en Suisse, la Libya Human Rights Solidarity, a déclaré que les forces gouvernementales avaient de nouveau attaqué la ville lundi.
Sur le front Est, les forces pro-Kadhafi, après avoir reconquis dimanche la localité de Bin Djaouad, avancent vers Ras Lanouf, 60 km plus à l'est, selon plusieurs témoins.
Des habitants du port pétrolier, qui a interrompu ses activités selon des sources proches du transport maritime à Londres, ont commencé à quitter la ville et des insurgés ont dit transférer des armes dans le désert pour les mettre à l'abri.
Il arrive que la lumière la plus éclatante soit infiniment triste. Celle des projecteurs de la forêt de caméras du Palais de Justice de Paris, hier, était à la fois crue et cruelle. Froide et assassine. Et cette atmosphère de curée médiatique autour de cette première «historique» que constituerait la comparution d’un ex-président de la République devant un tribunal correctionnel... Écœurante. Obscène.
On serait tenté de faire l’impasse sur le procès de Jacques Chirac. Après tout, à quoi bon s’acharner sur cet homme de 78 ans, manifestement fatigué et qui, de toutes façons, n’est plus tout à fait le même, si on en croit les confidences de ses amis? Qui n’est plus le maire de Paris qu’il était au moment des faits qui lui sont reprochés et qui a été, depuis, président de la République française pendant douze ans. C’était il y a longtemps, si longtemps, trop longtemps sûrement... Et même son successeur à l’Hôtel de Ville, le socialiste Bertrand Delanoë, a décidé de passer l’éponge. La ville de Paris, qui a été indemnisée par l’UMP, n’est même pas partie civile, alors...
Toutes les bonnes raisons seraient réunies pour que la justice soit mise entre parenthèses et pourtant la justice doit passer. Sereinement. Simplement. Mais résolument. Parce que la France est un état de droit où personne ne peut s’affranchir de la loi, pas même le premier des Français. Jacques Chirac, d’ailleurs, affirme lui-même, par la voix de ses avocats, ne pas souhaiter être exonéré de cette épreuve.
De manœuvres dilatoires en délais légitimes imposés par le statut pénal particulier prévu par la constitution pour un chef de l’État en exercice - qui a étiré d’autant la procédure judiciaire - le temps ne change rien à l’affaire, en effet. Ni n’efface rien. La faute est constituée et ces emplois fictifs - pratiquement reconnus par le prévenu - sont emblématiques de pratiques politiques courantes qui doivent être dénoncées, poursuivies et sanctionnées. Si elles sont désormais traquées, elles perdurent sous des formes plus subtiles, masquées et, le plus souvent, parfaitement légales. Raison de plus pour qu’elles ne bénéficient d’aucune immunité de fait.
Peu importe que la Question prioritaire de Constitutionnalité (QPC) retarde ou non l’ouverture de ce procès. Six mois de plus, au fond, cela n’a pas tant d’importance, maintenant. Jacques Chirac doit être jugé avec tous les égards, évidemment, pour sa personne et tout le respect pour ce qu’il représente toujours dans le pays dont il a conduit la destinée pendant deux mandats. Peu importe qu’il soit présent ou non au Palais de Justice. Peu importe qu’il puisse répondre ou non à toutes les questions qui lui seront posées. La France et, Jacques Chirac lui-même, ne peuvent sortir que grandis, l’une et l’autre, par le courage d’affronter la justice. Pour notre démocratie, ce sera un témoignage de maturité et de modernité. Une preuve de dignité.






















