TOUT EST DIT

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lundi 9 juillet 2012

Hollande : «Mettre la France en mouvement»
LA DIAGONALE DU CON





Enregistrements de Merah: fallait-il les diffuser?

La diffusion d'extraits de conversations entre Mohamed Merah et le Raid, sur TF1 dimanche soir, a déclenché une polémique judiciaire et médiatique. La chaîne a entamé un rétropédalage sur le web. L'Express fait le point. 

Une violation du secret de l'instruction qui indigne les familles
Les proches des victimes de Mohamed Merah ont réagi dès dimanche à la diffusion des extraits de conversations entre Mohamed Merah et le Raid dans l'émission Sept à Huit de TF1. "Cette diffusion est scandaleuse car elle donne la parole en dernier à Mohamed Merah, une parole mensongère et manipulatrice", accuse Patrick Klugman, avocat des familles des trois enfants et du père de famille juifs assassinés le 19 mars à l'école Ozar Hatorah de Toulouse.  
Mais ce qui révolte Albert Chennouf, le père de l'un des militaires tués, c'est surtout qu'un média ait obtenu des enregistrements auxquels eux n'ont pas accès. "Je viens de voir que TF1 dispose de 4h30 d'enregistrements, alors qu'on a refusé cette possibilité à mes avocates, qui ont dû faire une demande écrite. Nous les victimes, on n'est informé de rien, et si on veut apprendre quelque chose, il faut regarder TF1, ça n'est pas normal", a-t-il violemment réagi au micro de RTL. "C'est une immense surprise de voir ces enregistrements diffusés alors qu'ils ne sont pas accessibles aux victimes car placés sous scellés", a précisé Patrick Klugman. 
Des suites politiques et judiciaires
Une enquête administrative de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a d'ailleurs été immédiatement ouverte pour tenter d'identifier la source de la fuite, tandis que le parquet de Paris a lancé une enquête préliminaire pour violation du secret de l'instruction. Dès dimanche, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, avait d'ailleurs pris les devants en estimant qu'il convenait de s'interroger sur les moyens par lesquels le diffuseur a pu se procurer" les images. 
Côté médiatique, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) s'en est aussi mêlé, déconseillant aux chaînes de rediffuser les extraits des dialogues. Michel Boyon, son président, et Rachid Arab, membre du comité de déontologie du CSA, "ont contacté les dirigeants des chaînes de radio et de télévision pour les appeler à la responsabilité et leur déconseiller de rediffuser les extraits en question", a fait savoir le Conseil. Beaucoup l'ont pourtant fait dès lundi matin dans leurs premières éditions. 
TF1 assume... sauf sur le web
Pourquoi TF1 a-t-elle choisi de diffuser ces extraits? Parce qu'ils contiennent des "informations très importantes" sur la façon dont les hommes du Raid ont négocié, ont affirmé tour à tour Emmanuel Chain, le producteur de l'émission, et Catherine Nayl, directrice de l'information de TF1. Cette dernière assure avoir organisé la diffusion "en conscience parfaite de ce que cela pouvait avoir comme valeur informative". Il s'agit d'extraits sonores, diffusés sur une photo de Mohamed Merah ou une reconstitution de la configuration des lieux en images de synthèse. "Nous l'avons fait en responsabilité, en pensant en permanence aussi à l'émotion que pourrait susciter sa diffusion auprès des familles de victimes et en décidant de ne pas diffuser tous les propos qui auraient pu heurter leur sensibilité", assure Emmanuel Chain. 
Un choix fermement assumé, donc. Sauf que sur le web, la chaîne s'est livrée lundi à un étrange rétropédalage. Dans la matinée, l'émission de Sept à Huit du dimanche 8 juillet était disponible sur le site de l'émission (comme le montre la capture d'écran Google ci-dessous), mais amputée de la partie consacrée à Mohamed Merah: la bande-annonce promettait bien un document exclusif, mais l'internaute n'avait accès qu'à des reportage sur la patrouille de France et un couturier au Moyen-Orient. Quelques heures plus tard, la vidéo de l'émission a purement et simplement disparu du site.

BIEN SÛR QU'IL FALLAIT TOUT MONTRER ET DAVANTAGE MÊME; IL NE FAUT RIEN CACHER DE TOUT CE QUE CE MEURTRIER A FAIT, DE CE QU'IL EST DEVENU AVEC AL QUAÏDA, DE L'IGNOMINIE  DE  CE QUE CELA REPRÉSENTE.
JE SUIS POUR LE RENOUVELLEMENT DE CE TYPE DE "REPORTAGE"
SUR DES ARABES QUI SE LAISSENT EMBRIGADER AVEC JOUISSANCE DANS CE TYPE D'AVENTURE FANATIQUE.

Corps intermédiaires à réformer 


Effort, responsabilité, déficits remis à zéro : les Français n’ont pas eu besoin du mot tabou rigueur pour comprendre le sens des premières mesures et acquérir celui du sacrifice. Le candidat Hollande n’avait pas proclamé l’austérité, mais pas non plus promis le bonheur. Les premières coupes à la tronçonneuse dans les niches fiscales, les budgets, les effectifs des ministères n’ont pas été vécus comme des coups de canifs dans le contrat passé avec les électeurs. L’opinion suit pour le moment le Président dans le sérieux, le réalisme d’autant qu’il n’y a pas de faute de comportement Le terrain est prêt pour les réformes douloureuses. Mais pour réussir sa rigueur juste et non pas appliquer juste la rigueur, François Hollande doit d’abord réformer les partenaires sociaux qu’il convie ce matin. Ces corps intermédiaires si critiqués par Nicolas Sarkozy sont maintenant au cœur du dispositif gouvernemental pour décider, appliquer et faire admettre cette rigueur qui ne dit pas son nom. L’art du compromis qui a construit l’ascension de François Hollande ne sera pas superflu pour rendre nos patrons plus patriotes et nos syndicats plus réformistes, pour les engager à pacifier les relations dans l’entreprise. Eux aussi doivent changer maintenant. En sont-ils capables ?

Patrick Buisson, l’homme de l’ombre le plus connu de France

Mentor. Patrick Buisson, le conseiller officieux de Nicolas Sarkozy a été l’une des révélations de la campagne. Une révélation pourtant bien discrète.

C’est l’homme invisible : l’homme que personne ne voit mais dont tout le monde parle : Patrick Buisson, le conseiller officieux le plus influent de Nicolas Sarkozy, reste aussi secret depuis la défaite de Nicolas Sarkozy qu’il a su l’être auparavant.

Il répond aux très rares journalistes qu’il connaît pour démentir les informations qui le concernent, mais ne donne pas d’interview.
Ceux qui l’ont côtoyé durant la campagne évitent le sujet et disent qu’ils n’ont pas de nouvelles. « Il n’a jamais été le conseiller du président Sarkozy, il n’avait pas de bureau à l’Élysée », indique-t-on dans l’entourage de l’ex-chef de l’État.
Patrick Buisson est donc aujourd’hui comme avant le 6 mai : secret. Il continue de diriger la chaîne de télévision Histoire, et sa société de conseil Publifact.
Les photos de lui sont rares, car il a pris l’habitude d’éconduire les photographes quand ces derniers tentent de l’immortaliser. Véritable homme de l’ombre, il ne s’est jamais montré, sauf au meeting géant de la Concorde, quelques jours avant le premier tour.
Présent au côté de Nicolas Sarkozy depuis la campagne de 2007, il a été l’une des révélations de la dernière présidentielle, tant le virage à droite qu’il a initié, a fait – et fait encore – débat.
Quasi absent dans les médias, il a été l’homme de l’ombre dont le grand public a le plus entendu parler. Son patronyme est presque devenu un adjectif qualificatif : on parle de la « ligne Buisson » pour évoquer la droitisation de Nicolas Sarkozy. Et c’est sur ses épaules qu’une partie de l’UMP fait reposer la responsabilité de la défaite de la droite. Les autres préférant dire que c’est grâce à la « ligne Buisson » que Sarkozy était présent au second tour de l’élection.
« Cette stratégie est une faute sur le fond et une erreur sur la forme », affirme Roselyne Bachelot dans un livre ( À feu et à sang, éditions Flammarion), désignant clairement comme responsable Patrick Buisson, « une personnalité manipulatrice », dit-elle.
Nathalie Kosciusko-Morizet, qui fut pourtant l’unique porte-parole de Nicolas Sarkozy, ne prend plus de gants pour évoquer l’ancien conseiller du président : « Le reproche que je fais à Patrick Buisson, c’est que son objectif, à mon avis, n’était pas de faire gagner Nicolas Sarkozy. Il était de faire gagner Charles Maurras. »
Très critiqué, Patrick Buisson a pourtant toujours été soutenu par Nicolas Sarkozy qui lui a remis la Légion d’honneur en 2007, quelques mois après son arrivée à l’Élysée. « C’est à Patrick que je dois d’avoir été élu », avait alors dit le président qui, depuis, lui a toujours accordé sa confiance.
Convaincu par les jugements de Patrick Buisson depuis que ce dernier avait pronostiqué la victoire du « non » lors du référendum de 2005, Nicolas Sarkozy l’a par la suite toujours écouté. Le discours de Grenoble ? C’est lui. Les racines chrétiennes de l’Europe ? C’est lui. La proposition du référendum sur l’immigration ? C’est encore lui.
Lui dont on dit qu’il a une force de persuasion hors du commun, lui dont on dit qu’il agit comme un gourou, lui dont on dit qu’il a une fascination pour l’argent, va peu à peu retrouver l’anonymat total. D’abord parce qu’il le souhaite. Ensuite parce que son nom évoque des débats internes que l’UMP souhaite taire.
Brillant intellectuel, historien, homme de plume, Patrick Buisson sera-t-il tenté d’écrire sur sa période sarkozyste pour confirmer ou infirmer les fantasmes qui sont rattachés à son nom ? L’inconvénient est que cela l’obligerait à sortir de l’ombre.

dimanche 8 juillet 2012

Sommet de crise (bis)

Organisée en plein trauma post-perte du triple A, la dernière conférence sociale avait été rebaptisée «Sommet de la crise» par le président-candidat Nicolas Sarkozy. Six mois plus tard, l’intitulé pourrait être repris mot pour mot par son successeur.
Avec un chômage au plus haut depuis 13 ans et une situation sociale qui ne cesse de se dégrader, l’emploi est évidemment l’une des priorités absolues de ce gouvernement. Mais là comme ailleurs, là peut-être plus qu’ailleurs même, l’équipe Ayrault ne possède qu’une marge de manœuvre et un pouvoir d’action extrêmement restreints.
C’est la raison pour laquelle ce sommet social est particulièrement attendu. Plus que jamais, la situation réclame une union sacrée entre les fameux «corps intermédiaires», les chefs d’entreprises, les salariés et le gouvernement qui vont chacun devoir lâcher un peu quelque chose.
Il y a en effet une nécessité absolue et urgente de marcher, sinon main dans la main, ne rêvons pas, mais au moins côte à côte et dans le même sens. En faisant tout pour que le naturel rapport de force ne se transforme en crispation puis en blocage. Vœux pieux? Peut-être.
La majorité qui a fait du dialogue social l’un des piliers de sa méthode de gouvernance ne peut en tout cas se permettre de rater ce rendez-vous crucial. Pour s’éviter une rentrée agitée d’abord, ne pas gripper d’entrée la machine réformatrice ensuite, et ne pas s’aliéner des syndicats pour l’instant bien disposés à son endroit enfin. Le tout sans trop céder, sous peine de réduire à néant les efforts consentis ailleurs. Pas simple.
Le soin avec lequel le sommet a été préparé, les nombreuses rencontres préalables et les déclarations de bonnes intentions un peu trop fort criées disent assez les enjeux de ces deux jours de tables rondes qui devront impérativement dépasser le domaine du constat. Pour apporter des réponses concrètes et de première urgence à une situation qui l’exige comme jamais.

Avec Jean-Marc Ayrault, l’adaptation au réel, ça n’est pas maintenant !

L’émergence d’une  nouvelle génération de technocrates socialistes, issus de Terra Nova,  familiers du Siècle et même, pour certains, du Cercle de Bilderberg n’a laissé aucune trace dans la feuille de route du nouveau gouvernement. Le Parti socialiste retourne aux grands classiques.  
Les Français n’en ont déjà retenu que plus de fonctionnaires et plus d’impôts.
Les créations de postes sont égrenées de manière aussi monotone qu’inquiétante, d’abord dans un certain nombre de secteurs-clé : l’Education nationale, bien sûr mais aussi la police, la gendarmerie,  la justice, auxquels s’ajoutent 150 000 emplois dits d’«avenir » pour les jeunes (que les collectivités locales finissent généralement  par titulariser). L’application assouplie de la règle de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne reposera que sur des ministères non prioritaires comme la défense, et pour cause : presque rien dans le discours d’Ayrault sur  la politique étrangère et les menaces qui planent aujourd’hui  sur le monde.
En regard de ces recrutements, une solide couche d’impôts nouveaux : 7 milliards tout de suite, bien plus à la rentrée. Contrairement à ce qui est annoncé, ils n’épargneront pas les classes moyennes (instauration d’une tranche à 45 %), ni même populaires (les heures supplémentaires redeviennent  imposables).  
Tout cela se comprendrait si, comme il arrivait au temps béni des trente glorieuses, un nouveau gouvernement de gauche, disposant d’une vraie marge de manœuvre, avait trouvé une France sous-imposée et sous-équipée en services sociaux ou insuffisamment solidaire. Mais nous n’en sommes plus là !  La contrainte européenne que le Parti socialiste ne remet pas vraiment en cause, se fait de plus en plus rigoureuse. Il était déjà très difficile de rester au-dessous d’un déficit de 4,5 %  en 2013 ou de rétablir l’équilibre d’ici 2007 : ce  sera plus difficile si on charge encore la barque.  Même si certains aménagement fiscaux corrigent de réelles injustices, ce n’est pas au profit de contribuables qui payent trop : ces corrections aboutissent seulement à alourdir la charge globale ; la France est déjà, avec  des dépenses publiques à hauteur de  56 % du PIB, en dehors sans doute de la Corée du Nord, le pays le plus socialisé du monde. C’est  un bien mauvais service que le gouvernement  rend  à notre pays en aggravant encore ce poids. D’autant que l’expérience montre que  ces hausses sont généralement irréversibles, une marche avant sans marche arrière.
Même contradiction en matière industrielle. On peut facilement se gausser du titre ronflant  d’Arnaud Montebourg, ministre  du Redressement productif : après tout,  l’ambition est louable – et même nécessaire. Mais elle est contredite par toutes les mesures qui vont au contraire rendre ce  redressement plus difficile : hausse de la fiscalité des entreprises (spécialement celle des PME qui produisent en France, les multinationales qui financent les clubs socialistes y échappant), maintien dans l’euro, suppression de la TVA sociale (seul succédané possible, si on veut maintenir la compétitivité, à une sortie de l’euro). La banque publique d’investissements est bienvenue mais n’existe-t-elle pas déjà ? Les efforts promis de recherche aussi, mais ils n’auront pas d’effet immédiat. Au moment où les annonces de plans sociaux et  de fermetures d’usines se multiplient, la nomination de Louis Gallois, homme symbole et très estimable, comme commissaire aux  investissements, ne rappelle-t-elle pas, toutes proportions gardées, le recours illusoire à un maréchal de France dans le désastre de 1940 ? Le contraste entre le volontarisme affiché et l’aggravation de tous les handicaps macro-économiques du pays a quelque chose de pathétique. Montebourg va souffrir, lui qui avait eu le courage de poser le problème de la  compatibilité entre le socialisme et le mondialisme.
Le volontarisme est plus à sa place en matière de logement social, où la contrainte de la compétitivité n’existe pas mais survivra-t-il  à la contrainte financière ?
On ne pleurera pas sur la surimposition des banques ou des sociétés pétrolières, pas davantage sur la suppression d’avantages indus accordés aux Français de l’étranger en matière scolaire.
L’annonce de la réduction de la part du nucléaire dans la consommation d’électricité est un pur symbole : ou le nucléaire est dangereux et il faut le supprimer tout de suite, ou il ne l ‘est pas et il faut le maintenir. Mais, même non suivie d’effet, cette annonce nuira gravement à la crédibilité d’Areva.
Même marche à rebours en matière d’administration territoriale : certes, personne ne regrettera  le conseiller territorial, inutile hybride d’une inutile réforme Sarkozy, en partie abrogée, mais au moment où l’opinion supporte de moins en moins l’inflation d’une administration locale dispendieuse, faut-il en remettre une couche avec un nouveau train de décentralisation ?  Et laisser proliférer la jungle de l’intercommunalité ?

Une reprise de 1981, l’espérance en moins

En définitive, tout cela ressemble dramatiquement à une reprise de 1981 : on annonçait alors, complètement à contre-courant, la relance de la filière charbonnière, pour mieux la démanteler plus tard. Et avec son allure faussement rassurante de prof de gym, Jean-Marc Ayrault, au milieu d’un gouvernement d’énarques branchés, n’évoque-il pas une époque désormais révolue de l’histoire du socialisme ?  
Le Premier ministre a donné beaucoup de chiffres. Du « qualitatif » des politiques, on ne saurait attendre grand-chose. Comme il arrive depuis trente ans, la hausse des emplois publics et des impôts , vrai tonneau des Danaïdes, est l’inutile remède à des politiques vicieuses : créer des emplois  d’avenir et recruter au Pôle emploi ( comme la droite l’avait d’ailleurs déjà  fait) est une mauvaise réponse à la montée du chômage qui découle d’abord de la politique monétaire suivie depuis 1992, poursuivie avec l’euro fort – et aussi de l’afflux de jeunes générations d’immigrés - , mettre  plus d’enseignants dans le primaire évite de remettre en cause des méthodes pédagogiques absurdes, recruter plus de policiers et de juges est rendu nécessaire par le laxisme de la politique pénale etc. Les remises en cause idéologiques de ces dérives ne sont pas venues de la droite ou si peu ; elles viendront encore moins de la gauche qui en est à l’origine. Plus que jamais la dépense publique est incantatoire et non point résolutoire. 
Tout aussi incantatoire et typique de ce social mal distribué qui exaspère tant les Français est le retour à la gratuité totale de l’Aide médicale des étrangers (en situation irrégulière), au moment où 7 millions de salariés doivent rogner sur leurs dépenses de maladie ; en outre, cette mesure ne pourra que relancer la pompe aspirante de l’immigration. Même si le gouvernement ne dispose pas de la majorité des deux tiers au Congrès pour réviser la Constitution pour le concrétiser, le projet du droit de vote aux étrangers non européens aura le même effet.

Le mariage et le droit d’adoption homosexuels sont annoncés sobrement mais clairement. L’évidence qu’ils revêtent dans certains milieux libertaires  dominants à gauche et dans les médias contraste avec l’évidence contraire dans d’autres milieux, moins homophobes que rétifs à une remise en cause radicale, sur un sujet anthropologique fondamental, de l’héritage judéo-chrétien. Les Etats-Unis sont quasi en guerre civile sur ce sujet.  Il n’est pas sûr que le gouvernement mesure à quel point ce projet, totalement étranger à l’héritage de la gauche française, va diviser en profondeur le pays.
Mais là aussi, on est dans le monde des symboles : les socialistes sont, beaucoup plus que la droite, propres à manier les symboles politiques : le mariage homosexuel , les 60 000 postes de l’Education nationale, comme la baisse de la TVA sur le livre, le droite de vote des étrangers et même  la retraite à 60 ans ne sont pas des solutions à des problèmes réels (comme peuvent l’être par exemple les 150 000 logements sociaux promis), ce sont des symboles – dont certains coûteront  cher.
Non seulement ce gouvernement  n’est porté, à la différence de  celui de 1981, par aucun commencement d’espérance, mais même, confusément, il fait peur. Parce qu’il ne résulte d’aucune évolution de l’opinion vers la gauche, au contraire[1], mais aussi  parce qu’il semble terriblement déconnecté du réel : des  contraintes économiques et surtout des aspirations réelles des Français. Les vicissitudes de l’histoire font que dans presque [2] tous les domaines,  - pédagogie, justice, lourdeur des dépenses publiques, assistanat désordonné, immigration- intégration, c’est à des réformes « de droite »  que les Français aspirent. Sarkozy n’a été sanctionné que pour ne les avoir pas faites, ou si mal. Ces réformes, le gouvernement Ayrault leur tourne le dos. Comme disait le regretté  Philippe Muray, «  le réel  est remis à une date ultérieure. »


[1] Les résultats du premier tour des présidentielles montrent que la droite a progressé depuis 2007. Les  2,1 millions de vote blancs du second tour, venus en grande majorité de la droite, ont été fatals à la réélection de Nicolas Sarkozy.
[2] En matière de maintien  des services publics, les Français aspirent au contraire à une politique de gauche, quoique la gauche française n’ait jamais été en reste  pour les démanteler.



Agressions antisémites : vers une tribalisation de la France

Doit-on passer sous silence la banalisation des ratonnades antisémites aux quatre coins du territoire sous prétexte qu’elles révèlent des réalités que les médias veulent taire et voudraient confiner aux discours populistes de l’extrême-droite ? Les Juifs français sont de plus en plus souvent la cible d’attaques de la part de Français d’origine maghrébine. Une évidence qui soulève la question de l’intégration à la communauté nationale.

Ce n’est pas une première, hélas. Un jeune homme de 17 ans a été roué de coups par deux jeunes maghrébins dans un train reliant Toulouse à Lyon au seul motif qu’il était juif. Une énième agression antisémite qui montre une fois encore la progression du communautarisme en France et l’exportation des tensions politico-religieuses du Moyen-Orient sur le territoire national.
Le sujet est tabou au nom de la « stigmatisation ». Les médias sont extrêmement rétifs pour évoquer la question, histoire de ne pas « faire le jeu du Front National »… Chacun peut d’ailleurs constater à quel point la chape de plomb qui pèse sur un certain nombre de sujets « faisant le jeu du FN » a permis de limiter l’influence du parti d’extrême-droite !
Mais reconnaître qu’il existe des tensions perceptibles et réelles entre Juifs et Maghrébins en France est une réalité indéniable comme en atteste l’augmentation des agressions antisémites. Evidemment, la question ne se pose pas pour l’immense majorité des Juifs et Maghrébins, qui vivent en bonne intelligence au sein de la communauté nationale.
Mais même marginal, ce phénomène est intolérable et il est intolérable que des Juifs (ou des membres de quelque religion que ce soit) puissent se faire agresser dans des lieux publics à cause de leurs origines. C’est un scandale inouï qui se banalise dans l’indifférence générale.
Pour une partie de la jeunesse maghrébine, le Juif (comme le « Français de souche ») est devenu un ennemi. Bien sûr, on peut chercher des raisons sociologiques pour expliquer et excuser ce mal-être de certains Français d’origine maghrébine… mais cela ne protégera pas nos concitoyens victimes d’agressions racistes.

Sylvia Kristel lutte contre la mort, mais Emmanuelle est immortelle

Sylvia Kristel, l’actrice qui a laissé un souvenir impérissable dans le rôle d’Emmanuelle, est aujourd’hui entre la vie et la mort. De quoi susciter l’émotion de tous ceux qui avaient découvert le cinéma érotique grâce à ce film, dont le succès fut phénoménal.
Emmanuelle, c’est surtout l’histoire du succès colossal d’un film sorti au bon endroit au bon moment.
À l’origine, il s’agit d’une série de romans publiés sous le pseudonyme d’Emmanuelle Arsan. Just Jaeckin, photographe réputé adapta le premier volet au cinéma dès 1974. Le rôle-titre échut à une actrice hollandaise inconnue à l’époque : Sylvia Kristel. Selon elle, si elle fut engagée, c’est « parce que Just ne trouvait pas d’actrice française voulant jouer le rôle ». Sylvia, elle, accepta malgré le nombre de scènes dénudées qui figuraient au scénario, mais non sans miser sur la censure : « Je me disais que ma famille ne verrait jamais le film car il y avait peu de chances qu’il sorte, d’autant que le réalisateur voulait le sortir dans les cinémas traditionnels. »
En effet, avant l’élection de Valérie Giscard d’Estaing en mai de la même année, les films français aux scènes jugées trop osées ou au scénario contraire aux bonnes moeurs tombaient sous le coup de la censure. À peine formé, le premier gouvernement de Giscard s’interdit de censurer purement et simplement les films. Avant cette décision, le ministère de la culture s’autorisait en effet à exiger au distributeur des coupes sous peine de refuser d’attribuer au film un visa d’exploitation. Emmanuelle eut donc la chance de naître durant une fenêtre de tir réduite, refermée en 1975 avec la loi X, et put sortir dans les salles assorti d’une simple interdiction pour les moins de seize ans. Il devint alors le premier film frivole exploité dans les cinémas traditionnels, en se situant tout de même assez loin du genre pornographique avec gros plans anatomiques.
Le succès du long-métrage de Just Jaeckin se construisit sur la durée. Alors que les films pornographiques étaient classés X, surtaxés et de nouveau exclus des salles traditionnelles à partir de 1975, Emmanuelle continua à être exploité en tant que film érotique « acceptable ». En quatre ans, il fut visionné par plus de 10 millions de spectateurs.
Trente ans plus tard, Sylvia Kristel mesurait dans une interview l’impact de ce long-métrage sur plusieurs générations de spectateurs. « Dans tous les pays, des gens viennent me voir en me disant que j’ai sauvé leur mariage, qu’ils ont été éduqués dans leur vie sexuelle par le film. Il a été descendu par les féministes en France, qui y voyaient une exploitation de la femme. Mais au Japon, les féministes applaudissaient littéralement dans la salle de cinéma lors de la scène où je me retrouve au-dessus de mon partenaire. »
Depuis, d’autres films défrayèrent la chronique à cause de leur contenu sexuel osé, mais Emmanuelle est resté le symbole par excellence de la libération sexuelle cinématographique. Souhaitons-lui un prompt rétablissement.

Hausse d'impôts : le gouvernement Ayrault punit les "riches" et aggrave la crise

Le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault a souligné que des nouvelles recettes fiscales seraient trouvées. Il n'a pas hésité à sous-entendre que Nicolas Sarkozy avait fait quelques cadeaux aux Français les plus aisés. Faire peser ces efforts sur les CSP+ est-il une bonne idée ? Non, selon notre chroniqueur Frédéric Georges-Tudo.
Salauds de riches, vous allez payer ! Telle est la colonne vertébrale du discours de politique générale prononcé le 3 juillet dernier par Jean-Marc Ayrault. Et ensuite ?

Allah O'Achbar !!
Que fera-t-il lorsqu’il les aura essorés et que l’argent manquera toujours autant pour financer un État que la gauche se refuse à mettre à la diète ?

La liste est si longue qu’on a bien cru qu’elle n’en finirait jamais :

Relèvement de l’ISF, réduction de l’abattement sur les successions et les donations, majoration de douze points du forfait social sur la participation et l’intéressement, hausse de la CSG sur les revenus du capital, soumission à 15,5% de prélèvements sociaux sur les revenus immobiliers perçus par les non-résidents pour leurs biens situés en France, abandon des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires dans les entreprises de plus de vingt salariés, taxation supplémentaire de 3% sur les dividendes perçus par les actionnaires, relèvement à 40% des contributions sociales sur les stock-options et les actions gratuites, doublement à 0,2% du taux de la taxe sur les opérations financières, instauration d'une contribution additionnelle exceptionnelle pour le secteur bancaire, création d'une taxe exceptionnelle de 4% sur la valeur des stocks pétroliers…

Cette litanie de hausses d’impôts pour 2012 ne constitue pourtant que le hors-d’œuvre de la politique fiscale socialiste. Le plat de résistance, que l’on nous promet encore bien plus copieux, n’arrivera qu’en 2013.

Toujours plus d’égalitarisme… 


Promesse donnée, promesse tenue. Comme prévu, c’est donc sur les plus aisés et sur les entreprises que s’est abattu le couperet.

Toujours plus de partage du fruit des efforts de chacun, toujours plus d’égalitarisme, toujours plus de collectivisation des richesses produites… Voilà la sauce à laquelle s’apprêtent à être mangés les un à deux millions de Français dits "aisés". Les cadres commerciaux, les médecins, les consultants, les commerçants prospères, les directeurs d’agences bancaires, les plombiers à leur compte, les experts comptables, les architectes, les dirigeants de PME, etc.

Bref, les riches version François Hollande. À 4 ou 5.000 euros par mois, voire moins. Fini de rire pour ces arrogants à bord de leur BMW série 3 intérieur cuir. Ces bourgeois vautrés dans le salon de leur gigantesque appartement parisien de près de 100 mètres carrés.

Ces privilégiés qui se permettent en plus de partir skier chaque hiver. Ces parvenus que l’on voit même parfois dîner au restaurant en famille le samedi soir. Tant qu’on n’a pas eu la chance de les côtoyer, on ne s’imagine pas le niveau de luxe dans lequel ils se vautrent.

Chez ces gens-là, Monsieur, on joue au golf. On s’offre un nouveau costume chaque saison, à l’occasion des soldes. On n’hésite pas à payer des cours particuliers de maths à son fils lorsque ses résultats chutent. On achète deux ou trois accessoires "Ikea" pour la cuisine, mais en ce qui concerne les meubles, c’est chez "Ligne Roset" ou "Cinna" que cela se passe.

Chez ces gens-là, on ne compte pas, Monsieur. On flambe au nez et à la barbe du petit peuple, contraint de vivre différemment. En résumé, chez ces gens-là, Monsieur, on en a tellement qu’on ne sait plus quoi faire de son argent ! Mais heureusement, tant d’indécence n’aura bientôt plus cours. Promesse faite, promesse tenue, ça va saigner pour ce ramassis de nantis.

Oh, bien sûr, François Hollande n’oublie pas de châtier au passage les millionnaires et les milliardaires. Rapporté à leurs revenus et patrimoine, leur taux global de prélèvements obligatoires s’apprête même à flirter avec des niveaux inédits.

Mais tout en étant les principales victimes de l’injustice fiscale en termes relatifs, ils ne subissent que des effets relativement limités en termes absolus. En outre, s’en prendre à eux comporte un léger défaut : ils sont loin d’être assez nombreux pour financer le barnum. En particulier en France, où l’ISF en a déjà fait fuir une multitude.

Une politique affligeante et contre-productive


Voilà pourquoi ce sont avant tout les "petits riches" qui vont tant trinquer. Ces contribuables qui, à défaut d’avoir fait fortune, sont coupables de réussir leur vie professionnelle. Ceux que Benoît Hamon fustige pour leurs "grandes maisons avec des grandes cheminées et des tapis épais comme ça".

Faute d’envisager une réduction profonde et structurelle de la dépense publique à l’instar du reste de l’Europe, le nouveau gouvernement n’a d’autre choix que de sévèrement ponctionner les cadres supérieurs, professions libérales et autres petits entrepreneurs.

Ainsi s’est exclamé il y a quelques mois l’économiste Henri Sterdyniak (pourtant réputé très à gauche) en découvrant les propositions du candidat socialiste. Il mettait en avant le fait que les classes supérieures sont relativement peu nombreuses et qu'il faut donc les "taper vraiment très fort pour dégager suffisamment d’argent".

En plus d’être affligeante, cette approche punitive n’aura d’autre résultat que l’aggravation de la crise. Comment croire une seule seconde que c’est en culpabilisant ceux qui s’en sortent que l’on améliorera le sort du plus grand nombre ? En cette période d’extrême morosité, briser ainsi l’allant de la France la plus dynamique relève même du suicide économique.

Comment donc, il existerait un lien entre le niveau de vie et le dynamisme ? Shocking ! N’en déplaise au politiquement correct, c’est pourtant la stricte vérité.

Souvent plus entreprenants et plus ambitieux que la moyenne, ces CSP+ que l’on s’apprête à essorer contribuent à la croissance économique d’une manière bien supérieure à leur poids numérique. Écœurer ainsi le dernier décile à coups de cinq ou six hausses d’impôts simultanées revient à priver le pays de ses forces les plus vives.

Une inconséquence dont on ne mesurera les ravages que dans quelques années…

Le scepticisme inconséquent


Pourquoi est-il peu probable qu'un système économique comme le communisme, qui a toujours donné des résultats désastreux partout où il a été appliqué, se révèle un beau matin meilleur que l'économie de marché ?
Les philosophes professionnels sont rarement pris au sérieux - du moins en France - car ils ont la fâcheuse habitude de défendre des thèses totalement indéfendables à l'aide d'arguments spécieux. C'est la raison pour laquelle on trouve parmi eux un nombre impressionnant de gens qui se disent encore marxistes, tel Alain Badiou. La défense la plus courante du marxisme que j'aie entendue dans la bouche de certains collègues enseignant la philosophie prenait en gros la forme suivante : "Rien ne démontre que, parce que le marxisme n'a jamais marché jusqu'ici, il ne pourrait pas quand même marcher à l'avenir". Ce qui me frappe dans cet argument, c'est qu'il reprend trait pour trait la mise en cause de l'induction telle que formulée par Hume dans son Enquête sur l'entendement humain. J'ai même rencontré un de ces révolutionnaires de salon qui la brandissait pour exprimer son mépris des sciences : rien ne prouve en effet que les lois de la nature soient valables encore demain simplement parce qu'elles l'ont été jusqu'ici ni qu'elles soient valables universellement parce qu'elles sont valables dans notre coin de galaxie. Rien ne prouve que le principe d'uniformité de la nature (PUN) soit recevable puisque lui aussi repose sur l'induction.
Tout cela pourrait prêter à rire car ces mêmes philosophes n'auraient pas idée de remettre en cause le diagnostic de leur médecin quand il leur prédit qu'un excès de cholestérol risque de boucher leurs artères. Allons MM. les philosophes, soyez un peu plus cohérents et faites fi de votre traitement en jetant le scepticisme humien à la tête de votre médecin. Voilà un bel exemple d'inconséquence philosophique et de même nos beaux parleurs n'envisagent-ils pas un instant de s'installer en Corée du Nord où rien ne prouve que le marxisme ne puisse pas réussir un jour après y avoir échoué depuis soixante ans.
Je vais montrer pourquoi on n'est pas obligé de prendre très au sérieux le scepticisme de Hume à l'endroit de l'induction. De là vous pourrez déduire ce que je pense de mes collègues professeurs de philosophie et de leur marxisme radical-chic.
Hume s'est demandé comment l'on pouvait justifier l'induction. La façon la plus tentante est de remarquer qu'en ce qui concerne les lois de la nature, l'induction ayant toujours donné d'excellents résultats jusqu'ici, on ne voit pas pourquoi elle n'en ferait pas de même à l'avenir. Or cette dernière assertion est en fait une tautologie car elle revient à dire que l'induction marche bien parce que l'induction marche bien. Le raisonnement est circulaire, il présuppose ce qu'il faudrait justement démontrer.
Mais Raymond Boudon a souligné qu'il en va en fait de même pour tous les principes scientifiques. On peut s'en rendre compte en énonçant le fameux trilemme de Münchhausen. Que dit-il ?
Que de trois choses l'une, ou bien nous acceptons de faire reposer notre savoir sur des principes arbitraires mais que nous choisirons d'accepter comme tels et de ne plus discuter, ou bien nous le faisons reposer sur d'autres principes eux-mêmes tirés d'autres principes etc., de sorte qu'à un certain moment nous devrons bien arrêter notre régression et accepter certains principes premiers, ce qui nous ramène au cas précédent, ou bien notre savoir est circulaire, la validité de nos principes étant déduite de la validité de leurs conséquences tirées de principes tenus pour valides.
Raymond Boudon en a conclu que la seule façon de se tirer du trilemme était d'admettre que notre savoir est bel et bien circulaire : nous n'avons pas d'autre moyen de vérifier que nos principes sont valables que d'examiner l'intérêt de leurs conclusions. Or cela ne justifie aucunement nos principes puisqu'il se pourrait tout aussi bien que les observations que nous en déduisons fussent également déductibles de principes tout autres. Nous ne pourrons nous en apercevoir que le jour où le réel s'éloignera trop des observations prédites par lesdits principes, en quoi nous sommes d'accord avec le faillibilisme de Popper.
Comme vous l'aurez certainement noté, nos principes scientifiques sont donc soumis aux mêmes objections que l'induction chez Hume : nous continuons de les tenir pour justifiés parce que, jusqu'ici, ils ont donné de bon résultats ; or rien ne nous autorise à prédire qu'il en ira toujours ainsi dans l'avenir. Tous nos principes scientifiques et rationnels présentent le même défaut logique que l'induction.
Hume l'avait bien compris, il en va de même pour le principe de causalité et le PUN.
En conséquence, on voit bien pourquoi le scepticisme humien ne nous empêche nullement de dormir sur nos deux oreilles ... et pourquoi il est fort peu probable qu'un système économique comme le communisme, qui a toujours donné des résultats désastreux partout où il a été appliqué, se révèle un beau matin meilleur que l'économie de marché.

La double peine des dépressifs

Les personnes souffrant de dépression sont mal vues dans la société. Voilà pourquoi un individu sur deux, ayant des symptômes dépressifs, préfère se voiler la face par peur de l'exclusion.
Les chiffres du Baromètre santé 2010, publiés vendredi, sont là pour le rappeler. Près d'un Français sur 10 déclare avoir souffert ou souffrir d'une dépression. Pour le Dr Hélène Lansade, psychiatre référent, "tant qu'on fera de ces patients des exclus, on n'avancera pas". Et l'Organisation mondiale de la santé est de cet avis puisqu'elle a rappelé que "sur dix pathologies, cinq sont de l'ordre de la santé mentale, c'est énorme". Et ce n'est pas tout puisque ces patients-là, le plus souvent "fragilisés et précaires", sont encore mal vus dans nos sociétés. Ainsi, "disposer de faibles revenus, être peu qualifié ou encore vivre dans un quartier socialement défavorisé favorise la survenue ou le maintien de troubles dépressifs", signale l'Observatoire régional de santé.La "stigmatisation de ces personnes, cette peur d'être montré du doigt, est encore l'une des causes de non-consultation", explique le Dr Lansade. Il faut donc améliorer l'accès aux soins. Pour ce faire, "toute la psychiatrie doit se penser de plus en plus en dehors de l'hôpital", insiste-t-elle, d'où le développement des appartements thérapeutiques, des visites à domicile, des équipes mobiles capables d'aller "chercher le malade dans la rue, les squats, etc".  Cette prise en charge nouvelle génération passe aussi par la lutte contre l'isolement et plus de partenariat avec les proches, ajoute le Dr Lansade : bref, il s'agit d'"éviter les ruptures".

Cette peur d'"une maladie qui fait perdre tout"

Pour Pierre Verger, directeur adjoint de l'Observatoire régional Paca, c'est l'une des raisons pour lesquelles "une personne dépressive sur deux ne consulte pas de professionnels de santé". Et ce chiffre est encore plus élevé en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) chez les hommes et les jeunes, précise-t-il. Le manque d'informations, la volonté de vouloir gérer ses troubles seul ou l'idée selon laquelle les traitements ne sont pas efficaces peuvent aussi expliquer la réticence à consulter. Pourtant, il est important que les personnes dépressives se fassent suivre en raison du risque de suicide.  Encore faut-il frapper à la bonne porte. Parmi ceux qui ont consulté, 80% sont allés chez un généraliste et non un spécialiste. Par conséquent, "le traitement de la dépression reste principalement médicamenteux alors que la Haute Autorité de Santé recommande la psychothérapie dans les cas les moins les sévères", souligne Pierre Verger.

Près de trois personnes sur dix ont déjà consommé des médicaments psychotropes au cours de leur vie, anxiolytiques et hypnotiques en majorité. Pour le Dr Rémy Sebbah, généraliste depuis 32 ans dans le centre de Marseille, "il y a malheureusement un déficit de formation vis-à-vis de la prise en charge de ces patients" ainsi qu'un "problème de durée de l'écoute". Idéalement, il faudrait 20 à 25 minutes mais "avec une consultation à 23 euros, ce n'est pas possible", analyse le médecin, persuadé que la dépression est encore "sous-diagnostiquée". Les maux de dos ou de ventre sont bien souvent à considérer comme des signes psychosomatiques de la dépression, pense le Dr Sebbah : il faudrait "travailler sur la dépression masquée", différente de celle qui se caractérise par des pleurs ou de la simple tristesse, et "surtout écouter la plainte".

Ces résultats ont été dévoilés à l'occasion de la présentation du plan de santé mentale 2011-2015 par l'Agence régionale de santé (ARS) Paca

Mais pourquoi ne voit-on pas que l’Allemagne est beaucoup plus exposée à la crise qu’on ne le croit ?

Selon une étude publiée en juin par Carmel Asset Management, le risque sur les actifs allemands serait bien plus élevé que les marchés ne le pensent.
L'Allemagne fait figure de maillon fort de la zone euro. La crise ? Elle serait plutôt réservée à la Grèce, l'Espagne ou encore le Portugal. Pourtant, une longue étude de Carmel Asset Management montre que l'Allemagne serait bien plus exposée à la crise financière que les marchés ne le pensent. Et quelle que soit l'issue de la crise -union fiscale ou fin de l'euro-, l'Allemagne pourrait payer une note plus que salée. Selon les estimations de Carmel Asset Management, si la zone euro survit, l'Allemagne perdrait 579 milliards d'euros. Si la zone euro éclate, la perte serait de 1,31 billion d'euros. Cette somme peut être décortiquée comme suit : les prêts effectués sur la Bundesbank se montent à 637 milliards d'euros, la quote part allemande dans le financement ESM/EFSF/EFSM à 94 milliards d'euros, la perte des banques allemandes sur leur exposition aux dettes des pays de l'Europe du Sud à 200 milliards d'euros et la baisse des exportations allemandes sur cinq ans à 375 milliards d'euros.
Selon l'étude, les établissements bancaires allemands seraient exposés à hauteur de 438 milliards d'euros, soit une somme supérieure de 40% aux 310 milliards d'euros de capital des établissements. Par ailleurs, l'Allemagne est le pays le plus exposé à la dette espagnole.
Et les perspectives ne sont pas réjouissantes de l'autre côté du Rhin : les exportations, qui comptent pour 40%  de l'économie allemande, pourraient diminuer largement en cas d'éclatement de la zone euro. Pour l'année 2011, les exportations allemandes vers les pays de la zone euro représentaient 57%  du volume d'exportation totale.
L'étude souligne donc l'importance du maintien de la zone euro à tout prix. Car si la Grèce quitte l'eurozone, les pertes de l'Allemagne seraient absorbées par la Banque centrale européenne (BCE). En revanche, si plusieurs pays se mettent à quitter l'union monétaire, la BCE ne pourra plus tout absorber et jouera plutôt le rôle de créancier sans pouvoir être capitalisée.
L'étude conclut que l'achat d'obligations allemandes pour se protéger n'est pas une bonne idée. Mieux vaut donc acheter des CDS (Credit Default Swap), ce que font de nombreux hedge funds, mais ce qui reste difficile à réaliser pour un investisseur privé.
Sur le long terme, Carmel Asset Management préconise la mise en place d'États-Unis d'Europe. L'idée : un système d'imposition commun, la possibilité de pouvoir déplacer des fonds d'état en état ou encore l'élection d'un chef d'état par les différents pays des Etats-Unis d'Europe. L'étude estime tout de même que ce résultat serait quasi-impossible à obtenir. Autre proposition qui semble plus réalisable : la mise en place d'un plan Marshall, un transfert direct de fonds entre les pays créditeurs et les pays débiteurs de la zone euro.
Mais l'étude n'est pas très optimiste quant à l'avenir de l'union monétaire européenne. En effet, parmi toutes les unions monétaires, la zone euro semble être celle qui est la plus "dispersée", en clair la plus disparate lorsque l'on analyse différents facteurs économiques, sociaux et politiques.

Ces féministes qui plaident pour l'abolition de la prostitution


La ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem est soutenue par plusieurs personnalités dans une tribune publiée sur Mediapart.  

Des féministes et des personnalités, favorables à "l'abolition" de la prostitution, ont dans une tribune publiée sur Mediapart défendu la démarche de la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, en faveur de la "disparition" de la prostitution. Sous le titre "Abolitionnistes, donc pour la liberté et l'égalité", les signataires rappellent que depuis sa déclaration, la ministre "courageuse" des Droits des femmes est "l'objet de diverses attaques" et "la position abolitionniste a souvent été caricaturée, voire déformée".
"Cette levée de boucliers", selon les signataires est "à la mesure de l'enjeu : le droit" séculaire que s'octroient certains hommes de se payer une femme - ou un garçon - quand l'envie leur en prend". "L'esclavage n'a pas été éradiqué mais il a bel et bien été aboli" et "le même choix pour la prostitution serait une avancée de civilisation", affirment les signataires qui combattent "non pas le libertinage", mais "l'exploitation sexuelle"
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"Fin de la répression"  

Rappelant qu'en Suède depuis 1999 les clients sont "pénalisés", les signataires estiment qu'une telle pénalisation devrait s'accompagner d'une "panoplie de mesures concrètes" comme la "fin de la répression qui pèse sur les personnes prostituées", un "plan social d'accompagnement à la sortie de prostitution", une lutte contre "toutes les formes de proxénétisme" et une "éducation à une sexualité non sexiste".
La tribune est signée notamment par Sylviane Agacinski (philosophe), Coline Serreau (réalisatrice), Nicole Castioni (femme politique franco-suisse et ancienne prostituée), Danièle Bousquet (ancienne députée et présidente de l'Assemblée des femmes), Laurence Rossignol (sénatrice), Thalia Breton, (porte-parole d'Osez le féminisme), Patrick Jean (réalisateur et membre du réseau Zéro Macho), Claudine Blasco (Attac).

Jalousie, quand tu nous tiens

Valérie Trierweiler avait-elle mesuré la portée de son tweet, désormais célèbre, en accordant son soutien au rival de Ségolène Royal, le dissident PS Olivier Falorni, avant le second tour des élections législatives de juin ? Cette scène de ménage au sommet de l'Etat a fait l'effet d'une déflagration, écornant l'image de présidence "normale" à laquelle François Hollande aspirait. Désavouer par jalousie son conjoint en prenant, publiquement, une position opposée à la sienne, à propos de son ex-compagne, était le plus mauvais choix rationnel. 
Du fait des recompositions familiales, les occasions d'être jaloux sont fréquentes. Quand il a des enfants d'une première union, le ou la conjoint(e) reste en contact avec son ex. La jalousie peut prendre comme support ce(tte) dernier(e), mais aussi sa progéniture. Plus fort que soi, le sentiment de jalousie, poussé à l'extrême dans le couple, est incontrôlable. Elle dépasse celui qu'elle étreint.
Preuve d'amour, la jalousie ? "Plutôt une conséquence naturelle du sentiment amoureux, explique le psychanalyste et thérapeute du couple et de la famille Serge Hefez, auteur de Scènes de ménage (Fayard, 2010). La relation amoureuse est chargée de passion, de peur d'abandon, d'inquiétude et de la toute-puissance de l'autre." Elle prend ses racines dans notre enfance. "La jalousie dans le couple se nourrit de deux sentiments, la peur que l'autre ne prenne l'objet d'amour - c'est la triangulation oedipienne qui se joue à trois - et la jalousie fraternelle proche de l'envie, celle qui se joue entre le rival et le jaloux", souligne le psychiatre. Le ou la rivale(e) est fantasmé(e). Il ou elle est plus beau ou belle que soi, plus intelligent(e).
"Dans tout amour, il y a une part héritée de l'enfance qui veut de façon impérieuse posséder celui que l'on aime pour soi tout seul. Si cette part est tempérée au fur et à mesure que l'on mûrit, que notre identité d'homme ou de femme s'affirme avec bonheur, elle s'exprime en mode mineur. Elle peut être la source de souffrances face à une infidélité, mais c'est une jalousie somme toute normale", argumente Marcianne Blévis, psychanalyste et auteure de La Jalousie : délices et tourments (Seuil, 2006).
"JUSQU'À EN DEVENIR DINGUE"
Un appel à témoignages, lancé sur Lemonde.fr, révèle des situations où l'on peut éprouver ce sentiment. "Je suis jalouse, avoue Audrey. Pas par nature, mais après une trahison." Son compagnon l'a, en effet, trompée. "Une fois que la confiance est perdue, difficile de ne pas être méfiante, raconte-t-elle. Il ment, s'inscrit sur des sites de rencontres. Je suis devenue paranoïaque, et visiblement cela le pousse à persévérer." Mais, à l'inverse, d'autres manifestations paraissent excessives, sinon pathologiques. Jean-François, 60 ans, est amoureux mais a mis fin à sa relation. Il raconte : "Nous discutions avec mon ex-amie quand tout à coup l'ambiance s'est gelée. Je lui pose alors des questions pour essayer de savoir de quoi il s'agit, mutisme de son côté. Au bout de quelques minutes, elle me dit : "la photo, là dans ton livre". En fait, c'était un marque-page avec la photo de l'auteur."
Une autre fois, il va voir ses enfants en Espagne, leur mère se trouve être là-bas en même temps que lui. "Cela m'a valu une semaine de froid, elle m'accusait d'avoir provoqué cette rencontre pour avoir une relation avec elle", explique-t-il. Tout peut alimenter les disputes. Théo, 28 ans, est jaloux du passé de ses compagnes : "Savoir que mes copines ont passé des nuits avec des inconnus avant de me connaître suffit à me faire haïr jusqu'à la ville où cela s'est passé. Au point de m'imaginer ces épisodes d'innombrables fois jusqu'à en devenir dingue."
"La jalousie est un désir de fusion, et le jaloux est une personne qui n'a pas été suffisamment rassurée par sa mère et qui n'a pas pu se séparer de son objet d'attachement", postule Marie-France Hirigoyen, psychiatre et psychanalyste, auteure de Abus de faiblesse et autres manipulations (JC Lattès, 300 p., 18 euros). La jalousie délirante est du registre de la paranoïa. C'est une psychose interprétative." Le jaloux pathologique est dans le déni. Il interprète la réalité de façon discordante. Pourquoi mets-tu ta belle chemise aujourd'hui ? Pourquoi te maquilles-tu ? "La jalousie consiste à vouloir garder pour soi seul l'objet aimé. S'il m'aime, il ne doit penser qu'à moi, c'est une possessivité absolue", poursuit-elle. On est même jaloux de ses pensées. On coupe l'être aimé de ses copains, de sa famille. Par ses comportements, la personne jalouse se rend antipathique. "Elle se saborde elle-même, elle fait souffrir et elle souffre", continue Mme Hirigoyen.
"LES JALOUX PATHOLOGIQUES"
Marcianne Blévis raconte qu'elle avait un patient qui chronométrait le temps que son épouse mettait pour aller au travail. "La jalousie excessive désigne un état plus ou moins intense, mais qui est une angoisse torturante concernant un ou une rival(e) plus ou moins imaginaire, véritable double du jaloux ou de la jalouse mais un double plus ou moins persécutant", ajoute-t-elle. Le rival a des pouvoirs mystérieux et maléfiques. "Ce qui prévaut alors, c'est l'excitation insatiable de ce désir d'emprise. Une véritable drogue, me disait une patiente, poursuit-elle. Ce genre de jalousie que rien n'apaise montre bien qu'il s'agit d'une sorte d'ivresse qui a pour fin de s'épargner la peine d'être soi pour préférer empêcher l'autre de l'être." La liberté de l'autre est source d'angoisse incontrôlable.
"Les jaloux pathologiques ont une estime d'eux-mêmes défaillante", explique Serge Hefez. N'ayant pas confiance en soi, ils n'ont pas confiance en l'autre. "Ils ont du mal à trouver leur juste place en se situant par rapport aux autres", poursuit-il. La vie est faite d'adaptations permanentes, mais le jaloux, parce qu'il ne sait pas se situer par lui-même, adopte une "identité rigidifiée", remarque Marcianne Blévis. De telle sorte qu'à la retraite ou au chômage, certaines personnes développent face à leur conjoint une jalousie excessive parce que, soudain, ayant perdu leur identité professionnelle, ils ont perdu tout point d'appui.
Peut-on guérir de cette souffrance que constitue une jalousie excessive ? "Ce sentiment ne se soigne pas, mais on peut apprendre à le contrôler", conclut Marie-France Hirigoyen.

samedi 7 juillet 2012

Mobilisation générale 


Pour une fois, tout le monde en convient, la situation économique du pays est désastreuse. Cela ne date pas d'aujourd'hui.M. Fillon, tout nouveau Premier ministre, n'avait-il pas déclaré : « Je suis à la tête d'un État en faillite ! » Il semble qu'il ait été aussitôt rabroué. En tout cas, le mot faillite ne fut plus jamais prononcé. Aujourd'hui, faudrait-il à nouveau utiliser ce mot inquiétant ? Ne faudrait-il pas l'appliquer à plusieurs États européens ?
Mais revenons à la France. Un arbitre insoupçonnable vient de se prononcer : la Cour des comptes. Son président, le socialiste Didier Migaud, nommé à ce poste par le président Sarkozy, juge la situation extrêmement grave : « La France est tenue de faire face simultanément à deux déficits, l'un affectant ses dépenses publiques, l'autre sa compétitivité », a-t-il déclaré au journal Le Monde (1).
Le Premier ministre est évidemment bien éclairé sur la question et va s'efforcer d'y faire face. C'est bien sûr le but du train de mesure en cours, du tour de vis fiscal et des économies qui vont être appliquées. C'est la raison de cet appel pathétique à la « mobilisation générale ». En effet, pour sortir de l'ornière, il faudra bien que tout le monde s'y mette. Mais si l'on veut y parvenir, il faut quand même oser appeler un chat un chat. Autrement dit, nous entrons bel et bien dans une période d'austérité qui sera probablement longue. Nous devrons pratiquer la rigueur et ce n'est pas en escamotant ces mots, comme on l'a fait depuis cinq ans, que l'on épargnera les citoyens et qu'on stimulera leur énergie. Au contraire, on risque de faire croire que la situation n'est pas si grave.
Rigueur et austérité
Pour réussir cette « mobilisation générale », il faut aussi éviter de stigmatiser une partie des citoyens, les riches, par exemple, qui ne sont pas, comme certains le prétendent, la cause de tous nos maux. La crise est passée par là. Selon le journal Les Échos, elle a interrompu aussi la forte croissance des hauts revenus. S'il convient cependant de dénoncer les scandales qui demeurent dans certains domaines, il faut éviter de laisser croire de façon démagogique que la ponction des plus aisés résoudra les difficultés. Didier Migaud met en garde : « Les hausses d'impôt ne doivent pas paralyser la compétitivité des entreprises. » Et n'oublions pas l'adage : « Trop d'impôts tue l'impôt ... »
Il importe aussi de favoriser les prises de conscience nécessaires et de dissiper les illusions qui nous feraient croire que notre pays est supérieur aux autres. Ainsi déclare encore Didier Migaud : « Pour la santé, l'éducation, la formation professionnelle par exemple, la France dépense bien plus que des pays dont les résultats, dans ces domaines, sont pourtant sensiblement meilleurs que les nôtres... L'idée que toute réponse à un problème réside dans un supplément de moyens y est également répandue. Elle n'en est pas moins largement fausse. » (1) Cette idée est en effet largement répandue et pas seulement dans la fonction publique.
De toute manière, si nous voulons éviter un grand déclin, nous n'avons plus le choix. Comme concluait encore Didier Migaud dans son entretien, citant Paul Valéry, il faut avoir à l'esprit que « la plus grande liberté naît de la plus grande rigueur ».

(1) Le Monde, 03/07/2012

Bac : tout change et tout continue 


Des options qui apparaissent, puis disparaissent, des épreuves qui s’alourdissent sur les plateaux de l’évaluation, avant de perdre à nouveau de leur densité, des coefficients à géométrie variable : au fil des réformes, les éditions du bac se suivent et ne se ressemblent pas. Celle de cette année ne fait pas exception – même si les nouveautés ont d’abord porté sur les dispositifs anti-fraude – tandis que 2013 est sur ses nouveaux rails et que 2014 promet d’être encore différent. Le changement politique, qui vient de se produire à la tête du pays, préfigure, à cet égard, son lot d’innovations.
Ce qui pourtant ne change pas, et éloigne d’autant les chances du serpent de mer du « contrôle continu » de refaire durablement surface, c’est le caractère de rite de passage, en même temps que de passeport indispensable – même si insuffisant – pour l’avenir, de ce diplôme, qu’on se doit « d’avoir ». De fait, c’est sans doute l’un des événements qui, dans une vie, fédère, agglomère, cristallise, au plus haut, des vagues toujours renouvelées de tension, puis de soulagement (ou de déception), familiale et amicale.
En pleine convergence numérique, à l’ère du tout-smartphone et du face-à-face désincarné avec les petits écrans malins, le fait que les candidats se ruent toujours sur les tableaux d’affichage ou tournent fébrilement les pages de nos journaux pour « toucher du doigt » l’info suprême – « Ouais, je l’aiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii » – dit assez quel lien essentiel nous lie à un événement qui tient bien du rite. Le sacré n’est pas loin, qui fait peu de cas d’une réalité, elle aussi immuable : ce passage, si déterminant, ne concerne finalement que les deux tiers d’une classe d’âge. Et si, dans l’imaginaire de beaucoup, il est resté le bac général, dans les faits, celui-ci ne représente qu’un bachelier sur deux, la progression récente des effectifs devant presque tout au bac professionnel.
Enfin, si le diplôme reste, malgré tout, la première condition d’un parcours d’études complet, le chemin restant à faire est, le plus souvent, encore très long et repousse d’autant, avec l’insertion professionnelle, la vraie entrée dans une vie d’adulte autonome.

La France est-elle encore souveraine en matière d’immigration ?

La Cour de cassation a rendu jeudi un arrêt qui interdit désormais de placer en garde à vue des personnes au seul motif qu’elles sont en situation irrégulière. Mais cet avis découle en réalité du droit européen, et rappelle qu'une harmonisation est indispensable sur cette question...

La Cour de cassation a rendu jeudi un arrêt qui interdit désormais de placer en garde à vue des personnes au seul motif qu’ils sont en situation irrégulière. L'avis découle en réalité du droit européen. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu en décembre 2011 un arrêt affirmant qu'être en situation irrégulière ne constituait pas un délit justifiant une incarcération. En s’alignant sur les associations de défense des étrangers, la CJUE défait-elle toute souveraineté nationale en matière d’immigration ?

Henry Labayle : Les choses sont plus compliquées que cela et je ne suis pas certain que la Cour de cassation ait bien révisé ses manuels de droit européen à l’instant d’appliquer la jurisprudence du Luxembourg. Essayons de faire simple dans un débat compliqué.
La Cour de justice a indiqué le cadre dans lequel le « retour » forcé des étrangers en situation irrégulière doit s’effectuer, ceci à propos de l’application de la fameuse directive « retour »... La Cour avait répondu, début 2011, à un juge italien qu’emprisonner un étranger en situation irrégulière pour ce seul fait était contraire à l’objectif recherché par cette directive, celui du retour effectif de l’étranger dans son pays. Ce retour était au mieux retardé, au pire empêché par l’emprisonnement… Constat logique. Inquiet des conséquences de cet arrêt en France, le juge français avait saisi la Cour du problème, deux mois plus tard, et, le 6 décembre 2011, la Cour de justice, statuant en formation solennelle, avait à la fois confirmé et précisé sa vision des choses :
  • le droit de l’Union n’interdit pas à un État membre de qualifier pénalement les infractions aux règles nationales de séjour et de les sanctionner pour les dissuader et réprimer (point 28). Ceci est également possible pour les étrangers qui se maintiennent irrégulièrement malgré l’application de la procédure de retour (point 48)
  • il n’interdit pas davantage un placement en détention en vue de la détermination du caractère régulier ou non du séjour d’un ressortissant étranger (point 29)
  • il serait même contraire à l’objectif de la directive « retour » de déclarer impossible pour les États membres d’éviter, « par une privation de liberté telle qu’une garde à vue », qu’une personne soupçonnée de séjour irrégulier s’enfuie avant même que sa situation n’ait pu être clarifiée. Les autorités nationales doivent donc bénéficier d’un délai « bref » mais « raisonnable » pour identifier la situation de l’étranger en cause (points 30 et 31)

Que les salmigondis et les particularités procédurales du droit français de la garde à vue conduisent ensuite par deux fois la Cour de cassation, le 5 juin et le 5 juillet, à déclarer l’impossibilité de placer en garde à vue l’étranger en situation irrégulière ne change rien à l’affaire. La Cour de justice n’interdit pas la « garde à vue » dans ce cas là. Elle l’écrit dans les considérants 29, 30, 31 et 32 de sa jurisprudence, qui s’imposent à la Cour de cassation....
Dans ce contexte, accuser la Cour de justice de faire le lit de l’immigration irrégulière est donc pour le moins déplacé, sinon orienté.


Dans le programme du PS,  la politique migratoire est pourtant définie comme un « acte de souveraineté nationale »…

Sûrement est-ce là l’expression des convictions européennes du ministre français des Affaires étrangères et de son ministre en charge des affaires européennes… Soyons sérieux. Si cette politique était vraiment un « acte de souveraineté nationale », pour quelle raison mystérieuse avons nous été obligés de réviser notre Constitution déjà une demi-douzaine de fois à ce propos ? Et pas vraiment par hasard puisqu’il s’agissait des traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Lisbonne, une paille !!! La réponse est simple : nous avons voulu construire une « politique commune de l’asile et l’immigration » décidée aujourd’hui pour l’essentiel à la majorité qualifiée, et non plus à l’unanimité.
La réalité est donc différente du catalogue de la Redoute d’un parti politique en campagne. Non seulement la politique migratoire n’est plus une prérogative de souveraineté nationale depuis longtemps, mais c’est même une excellente chose que de tenter de la gérer ensemble dans l’Union européenne. Regarder une carte géographique suffit pour comprendre à quel point il serait vain d’imaginer de reconstruire une ligne Maginot quelconque. L’Europe n’est pas les Etats Unis ou le Canada. Malgré toutes ses imperfections, la voie européenne est la seule concevable parce qu’elle est la seule raisonnable.
En fait il ne demeure dans ce domaine aujourd’hui que quelques ilots de souveraineté nationale : la défense de l’ordre et de la sécurité publique et l’accès au marché du travail. Ailleurs, harmonisation (l’asile, l’immigration légale et irrégulière), réglementation (les visas) et coordination opérationnelle (les frontières) s’efforcent tant bien que mal de constituer un ensemble cohérent.
    

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, a déclaré vouloir réagir et a annoncé qu'il allait rédiger une loi « pour redonner un fondement légal à l’action du gouvernement ». Peut-il réellement s'opposer à la jurisprudence européenne ?

Bien sûr !!! Faire voter une loi passant outre l’opinion de la Cour de Cassation ou créer un mécanisme administratif de rétention déconnecté de la matière pénale, dans les conditions fixées par la Cour : vite, raisonnable, efficace, respectueux des droits de l’étranger. Tout ce que n’est pas, souvent, la garde à vue.
Il y a même plus simple, interroger à nouveau la Cour de justice...

Dans l’interview qu’il a accordée la semaine dernière au quotidien Le Monde, le ministre a assuré que les régularisations ne dépasseront pas les 30 000 effectuées par le précédent gouvernement l’an dernier. Est-ce un objectif crédible ?

Parfaitement, à ceci près que cela maintiendra la situation en l’état, ce qui est peut-être paradoxal pour une majorité prônant le changement …


Le traité de Schengen, qui a créé un espace de libre circulation européen, a été la cible de Nicolas Sarkozy pendant la présidentielle. Faut-il le remettre en cause pour que les États retrouvent leur souveraineté ?

Là encore, il faudrait être sérieux. Schengen et son « acquis » ont été intégrés dans le droit de l’Union européenne en 1999. Comment prétendre le remettre en cause à supposer qu’on le doive ? En sortant de l’Union européenne ?

Que le fonctionnement de cet espace commun pose problème est une évidence, mais les questions migratoires sont trop graves pour permettre des approximations de ce genre.
Elles sont faites de chair et de sang, d’êtres humains qui se noient en Méditerranée et de réfugiés syriens ou tchétchènes en fuite. Admettre la complexité et la sensibilité des ces questions est une condition essentielle pour éviter leur utilisation par tous les extrêmes et nous contraindre à regarder les choses en face.


Le foot prend le voile


La FIFA (Fédération internationale de Football Association) a décidé d’autoriser les joueuses de religion islamique à porter le voile en match. Toujours plus, toujours mieux. Après la racaille attitude des Bleus et la culture de cité, les femmes voilées sur le terrain.
La mainmise par le fric des Pays du Golfe sur le foot international et français, le poids économique du Qatar qui organisera la Coupe du monde en 2022 et dont la chaîne Al-Jazira Sport a acheté les droits de retransmission de matchs, ne se fait décidément pas sentir du tout. C’est à vous dégoûter définitivement du football. Quand mon fils de 10 ans, passionné du ballon rond et tenant du titre du record de « jongles » des U11 Poussins du Villepreux Football Club, sera à peine plus grand, la prière cinq fois par jour tourné vers La Mecque sera-t-elle devenue obligatoire sur le terrain et le sandwich jambon interdit ?
L’autorisation du port du voile demandée par la Confédération asiatique (AFC) et le Prince Ali Bin al Hussein de Jordanie, un des six vice-présidents de la Fifa, avait bénéficié en mars d’un « accord de principe » de l’Ifab qui avait toutefois souhaité attendre le « résultat d’un examen accéléré de toutes les questions liées, notamment sur le plan de la santé et de la sécurité ». Des fois que les footballeuses se prendraient les crampons dans le voile ?
« La mesure est désormais totalement approuvée », s’est réjoui Jérôme Valcke, le secrétaire général de la FIFA.
Adoptée « à l’unanimité », cette mesure bénéficiera d’abord d’une période d’essai. La couleur, le design et la nature même des voiles seront débattus en novembre à Glasgow lors d’une réunion de l’IFAB… Il faut organiser et « merchandiser » la dhimmitude maintenant qu’elle est installée. Demandez chez Décathlon le voile de votre équipe de foot préférée ! Et portez-le fièrment.
Dans le monde musulman, la nouvelle a été accueillie dans la liesse.
« C’est une bonne nouvelle pour nous. C’est bon pour la communauté musulmane », déclare Alex Soosay, secrétaire général de la Confédération asiatique de football, dont le siège se trouve à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, pays majoritairement musulman.
Les pays du Golfe applaudissent
Les monarchies du Golfe ont aussi salué cette nouvelle.
« Cette décision, attendue avec impatience, fait notre très grande joie », renchérit la présidente de la commission du sport féminin au sein de la fédération koweïtienne de football (FKT), cheikha Naïma Al-Sabah, dont la sélection féminine de football participe à diverses compétitions, tout comme celles des Emirats arabes unis, du Qatar et de Bahreïn.
Ça ne changera rien en revanche pour le sultanat d’Oman ni pour la très ouverte Arabie Saoudite où les femmes sont de toute façon interdites de toute activité sportive publique.
Les seules à réagir pour le moment ce sont les féministes. Les seules apparemment que le port du voile sur le terrain de foot semble déranger. Ni laïcs ni responsables des autres religions n’ont encore ouvert leur bec.
« Ni Putes Ni Soumises » a dénoncé une « régression ». Quelle régression ? Un retour au Moyen-âge chrétien aussi ? Qui a jamais voulu voiler les femmes en France à part l’islamisme d’aujourd’hui ?
Depuis quand la règle religieuse s’impose-t-elle au sport ? Après avoir longtemps résisté, le Board, organe garant des lois du football, a accepté une modification majeure de son règlement, qui théoriquement exclut toute forme d’expression politique ou religieuse sur les terrains. Elle a été réclamée par les dirigeants musulmans. Derrière cette décision se cachent à la fois le mépris total des femmes et la toute suprématie de l’argent. Les gens de la Fifa et du CIO (Comité international olympique) sont clairement achetés.
Avant les pays du Golfe c’est l’Iran qui était à l’avant-garde de la bataille pour l’autorisation du voile islamique. Le pays avait même porté plainte contre la Fifa après avoir été empêché en juin 2011 de disputer un match de qualification aux JO 2012 contre la Jordanie, en raison de l’interdiction du voile islamique.
A Narbonne (Aude), un arbitre avait refusé de diriger un match entre Narbonne et le Petit-Bard Montpellier, les joueuses visiteuses s’étant présentées sur le terrain la tête couverte d’un foulard. C’est lui désormais qui risque le carton rouge.
Et souvenons-nous des JO de Barcelone de 1992, où l’athlète algérienne Hassiba Boulmerka avait été menacée par les islamistes, car elle avait couru en short. Elle avait répondu avec beaucoup de cran que ça ne lui viendrait pas à l’esprit d’entrer dans une mosquée avec un short, mais que sur une piste d’athlétisme, elle respectait les règles.

Interview de Yannick Noah !

 Question : Monsieur Noah, vous avez indiqué récemment que vous souteniez le programme du Parti socialiste quant à la taxe de 75 % sur les hauts revenus, est-ce vraiment le cas ?


 Noah : "Oui, c'est absolument vrai car il y a tellement de gens qui souffrent qu'il est normal que les plus riches soient fortement taxés. J'ai bien dit que cette taxe de 75 % ne devrait concerner que les revenus supérieurs à un million d'euros par an !"

Question : Mais vous ne pensez pas que cela fera fuir les plus riches ?

 Noah : "Ce n'est pas grave. Qu'ils partent. Je pense qu'il faut être généreux avec les plus faibles. C'est citoyen de payer plus d'impôt ! Ce qui compte c'est la générosité et le partage. D'ailleurs, mon dernier album qui vient de paraître évoque cette thématique. Vous l'avez écouté ?"
Question : Dans votre cas, cette taxe de 75 % se concrétisera par plus d'impôt ?
Noah : "Je ne sais pas. Vous savez je ne m'occupe pas des problèmes d'argent."

Question : Je repose ma question : Serez-vous concerné par cette taxe de 75 % ?

Noah : "En fait, je ne crois pas car mes revenus de source française n'atteignent plus aujourd'hui le million d'euros mais si cela avait été le cas, j'aurais accepté de payer cette taxe et donc d'être généreux."


 Question : Donc, vous êtes pour une taxe que vous ne paierez pas ?


Noah : "Certes mais c'est parce que seule une partie de mes revenus est taxée en France. Mais je soutiens le principe de cette taxe par solidarité et par générosité pour les plus faibles."


Question : Mais si vous ne payez pas cette taxe et que vous pensez qu'il faut être généreux, accepteriez vous de verser une partie de votre fortune déjà acquise ?


Noah : « Non, cela n'a rien à voir avec le passé. J'ai bien précisé que j'étais pour cette taxe de 75 % pour les revenus futurs et pas pour les revenus passés ! »


Question : Mais accepteriez vous de donner une partie de votre fortune accumulée par le passé ?


Noah : "Laissez-moi tranquille avec ça, j'ai parlé des revenus futurs ! La générosité est un principe général, une philosophie de tous les jours. Je n'ai rien à prouver. C'est d'ailleurs ce que je dis à mon public. Avez-vous entendu parler de ma prochaine tournée ?"


Question : Votre fils a signé un contrat de 65 millions de dollars avec son club de basket / USA  : contribuera t-il à payer pour les plus faibles ?


Noah : "Laissez mon fils tranquille. Il construit son avenir et il n'est pas en France. Il n'a donc pas à contribuer à cette taxe."


 Question : Et vous, allez-vous contribuer à payer pour les plus faibles ?


Noah : "Je vous ai dit que mes revenus de source française sont aujourd'hui inférieurs à un million d'euros ! Donc, je ne suis pas concerné. Laissez-moi tranquille. L'interview est finie !!!


Question : Monsieur Noah, revenez, j'ai encore une question !


Noah : "Laissez-moi partir, je ne veux plus répondre."



Question : Monsieur Noah, Monsieur Noah !


Monsieur Noah a quitté précipitamment le studio RTL !