L'euro se maintenait au-dessus de 1,20 dollar mercredi à la faveur d'une accalmie sur l'ensemble des marchés et à la veille de la réunion mensuelle de la Banque centrale européenne.
Vers 18H00 GMT (20H00 à Paris), la devise européenne grimpait face au dollar à 1,2006 contre 1,1967 dollar mardi à 21H00 GMT.
La monnaie unique remontait également face à la monnaie nippone, à 109,72 yens contre 109,49 yens mardi soir, mais le dollar reculait légèrement, à 91,37 yens, contre 91,47 yens la veille.
"L'amélioration des Bourses et le recul des prix de l'or, qui s'est écarté de ses sommets suggèrent que les inquiétudes (des investisseurs) se calment un peu", a observé Jane Foley, analyste chez Forex.com.
Selon Michael Hewson, économiste chez CMC Markets, l'approche de la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui se réunira jeudi, participait aussi à la remontée de la monnaie unique.
"L'euro s'éloigne de ses plus bas à la veille de (cette réunion), avec l'espoir que la BCE puisse étendre son programme de rachats d'actifs à des périodes plus longues", a-t-il expliqué.
Participant à l'apaisement des inquiétudes sur l'impact de la crise européenne, le président de la banque centrale américaine Ben Bernanke a estimé que la crise en Europe aura des effets "probablement limités" aux Etats-Unis.
En Grèce, épicentre des craintes sur la dette européenne, le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou a de son côté catégoriquement démenti mercredi "les rumeurs" concernant l'éventualité d'une faillite de la Grèce ou de sa sortie de la zone euro.
Selon un sondage réalisé auprès d'analystes financiers et d'investisseurs par la société d'informations financières américaine Bloomberg, la Grèce va être contrainte d'abandonner l'euro, pour 41% d'entre eux.
Par ailleurs, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a volé au secours de l'euro en exprimant sa "confiance" en la monnaie européenne, dont il juge les difficultés "temporaires".
"Nous ne comptons pas changer notre rapport à l'euro en tant que monnaie de réserve", a-t-il assuré.
Dans la matinée, des voix s'étaient élevées parmi les économistes pour juger la dégringolade de la monnaie unique excessive.
Les menaces sur l'euro n'étaient pourtant pas dissipées, chaque jour apportant son lot d'inquiétudes sur les finances publiques européennes.
Nouvel indice alarmant, les banques espagnoles n'arrivent pas à se financer sur le marché interbancaire international, a révélé le journal Cinco Dias de mercredi.
Et hors zone euro, la Bulgarie a fait son entrée dans le cercle des pays qui suscitent des interrogations: la Commission européenne a exprimé "des inquiétudes" concernant les statistiques économiques du pays.
La Banque d'Angleterre (BoE), qui se réunira jeudi, ne devrait pas toucher à sa politique monétaire.
Vers 18H00 GMT, la livre britannique montait face à l'euro, à 82,50 pence pour un euro, mais cédait du terrain face au dollar à 1,4552 dollar.
La monnaie helvétique avançait face à l'euro, à 1,3772 franc suisse pour un euro, mais progressait face au dollar à 1,1471 franc suisse pour un dollar.
La monnaie chinoise a fini à 6,8280 yuans pour un dollar contre 6,8296 yuans mardi soir.
Cours de mercredi Cours de mardi
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18H00 GMT 21H00 GMT EUR/USD 1,2006 1,1967 EUR/JPY 109,72 109,49 EUR/CHF 1,3772 1,3791 EUR/GBP 0,8250 0,8271 USD/JPY 91,37 91,47 USD/CHF 1,1471 1,1520 GBP/USD 1,4552 1,4466
mercredi 9 juin 2010
L'euro remonte à plus de 1,20 dollar à la veille de la réunion de la BCE
L'ONU adopte de nouvelles sanctions contre l'Iran
e Conseil de sécurité de l'ONU a infligé, mercredi 9 juin, des sanctions à l'Iran, pour la quatrième fois depuis 2006, afin de tenter de convaincre Téhéran de suspendre ses activités nucléaires sensibles. Le Conseil a ratifié la résolution 1929, rédigée par les Etats-Unis et co-parrainée par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, par 12 voix contre 2 et une abstention. Le Brésil et la Turquie ont voté contre, le Liban s'est abstenu.
L'Iran a immédiatement critiqué ces nouvelles sanctions. "Elles ne valent pas un sou" et sont "bonnes pour la poubelle", a lancé le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Auparavant, l'ambassadeur iranien auprès de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) avait assuré que l'Iran n'interromprait pas ses opérations d'enrichissement d'uranium. "Rien ne va changer. Nous allons continuer nos activités d'enrichissement sans aucune interruption", avait-t-il déclaré à Vienne. De leur côté, les Occidentaux se sont félicités de ces nouvelles sanctions, tout en laissant la porte ouverte aux négociations.
Le texte reprend et élargit le champ des sanctions déjà adoptées à trois reprises par l'ONU en décembre 2006, mars 2007 et mars 2008. Il prévoit notamment que l'Iran ne pourra investir à l'étranger dans certaines activités sensibles comme les mines d'uranium et que ses navires pourront être inspectés en haute mer. Ces inspections n'étaient jusqu'ici autorisées qu'à quai.
La résolution interdit aussi la vente à l'Iran de huit nouveaux types d'armements lourds, notamment des chars. Il s'accompagne de trois annexes contenant des listes de particuliers, d'entités et de banques de nationalité iranienne qui s'ajouteront à ceux qui sont déjà frappés de sanctions individuelles – gel des avoirs financiers et interdiction de voyager à l'étranger.
Les annexes ne contiennent qu'un nom de particulier, Javad Rahiqi, chef du Centre de technologie nucléaire d'Ispahan de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, mais 40 noms d'entités et de banques. Parmi elles, 22 sont considérées comme associées aux activités nucléaires et balistiques de l'Iran, 15 sont contrôlées par ou associées au corps des Gardiens de la révolution islamique et 3 sont contrôlées par la compagnie maritime de la république iranienne (IRISL).
DOUTES AUTOUR DE L'EFFICACITÉ DES SANCTIONS
Certains ont d'ores et déjà mis en doute l'efficacité de ces nouvelles sanctions. Ils soulignent que les inspections des navires iraniens en haute mer sont rendues possibles mais pas obligatoires car elles dépendront de l'accord de l'Etat du pavillon du navire. De même, relèvent-ils, les huit types d'armements lourds interdits à la vente à l'Iran n'incluent pas les missiles anti-aériens S-300 russes.
Plusieurs pays avaient tenté d'éviter l'adoption de ces sanctions. La Turquie et le Brésil avaient conclu à la mi-mai un accord avec l'Iran prévoyant l'échange en Turquie de 1 200 kilos d'uranium iranien faiblement enrichi (3,5 %) contre 120 kilos de combustible enrichi à 20 % fourni par les grandes puissances et destiné au réacteur de recherche nucléaire à finalité médicale de Téhéran.
Mais cette proposition a été accueillie froidement par les grandes puissances, qui y ont vu une manœuvre de diversion, notamment parce que l'Iran avait dit son intention de continuer à enrichir de l'uranium à 20 % même si l'accord était accepté.
La direction du PCF contestée en interne
A dix jours du congrès qui doit entériner l'arrivée de Pierre Laurent à la tête du parti, les communistes sont plus que jamais divisés. En cause : la place du PCF au sein du Front de Gauche.
Le passage de témoin s'annonce
difficile pour Pierre Laurent. L'actuel numéro 2 du PCF, qui doit succéder à Marie-George Buffet à la tête du parti lors du congrès d'étape des 18-20 juin, doit d'ores et déjà faire face à une importante contestation. Plusieurs initiatives ont en effet vu le jour pour remettre en cause la direction du parti communiste.
A commencer par la démission remarquée de 14 membres du conseil national. En avril, les députés Patrick Braouezec, François Asensi et Jacqueline Fraysse et des communistes historiques comme Pierre Zarka ou Roger Martelli ont décidé de quitter le PCF en dénonçant le «raidissement dans la pratique démocratique» d'un parti «plombé par une conception dépassée de la politique» et par «une matrice d'organisation archaïque». Ils ont été rejoints par environ 200 élus et responsables de réseaux locaux qui ont eux aussi choisi de claquer la porte du PCF. Ces «démissionnaires», issus du courant critique du parti, projettent de rejoindre la Fédération pour une alternative sociale et écologique, un rassemblement politique né en décembre 2008 visant à regrouper toute la «gauche alternative».
La «main tendue» de la direction
Si le mouvement de contestation au sein du PCF est surtout visible chez les élus, il a aussi contaminé la base du parti. Dans un «texte alternatif» qu'ils comptent soumettre à la discussion lors du congrès, plus de 650 communistes de 59 fédérations différentes ont fait publiquement connaître fin mai leurs doutes sur la stratégie actuelle du parti. Représentant la frange «orthodoxe» du PCF, tous déplorent la dilution du parti au sein du Front de Gauche, qui rassemble depuis les européennes de 2009 le PCF et le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Les pétitionnaires assurent que la nouvelle alliance «a donné une importance politique démesurée aux partenaires du PCF» et «accentue le processus d'effacement du parti». Et comme leurs «camarades» démissionnaires, ils réclament désormais des «transformations profondes».
«La transformation du PCF, c'est justement ce dont il va être question lors du congrès ! Alors pourquoi partir au moment même où on engage cette discussion ?», s'interroge Olivier Dartigolles, porte-parole du parti. Il assure au figaro.fr que les démissionnaires et les contestataires «n'ont pas su saisir la main qui leur a été tendue. Toutes ces questions sont sur la table, mais nous voulons y répondre de manière constructive, en évitant les querelles inutiles». Olivier Dartigolles reconnaît cependant que le chantier de «métamorphose» du parti, voté lors du Congrès de 2008, «n'a pas été engagé». «D'où l'importance du prochain congrès… », martèle-t-il.
2012 dans toutes les têtes
Quant à l'alliance tant décriée avec le Parti de Gauche, elle ne semble pas gêner outre-mesure la direction du parti. «La stratégie du Front a été adoptée avec une large majorité en 2008», renchérit le porte-parole du PCF. Avant de préciser : «L'alliance a pu se stabiliser lors des dernières échéances électorales et a trouvé une place dans le paysage politique, le PCF avec.» Dans une tribune signée mardi dans L'Humanité, Pierre Laurent se dit même prêt à initier une «nouvelle phase du Front de Gauche. Le Front de gauche doit plus que jamais apparaître et vivre comme un processus de rassemblement ouvert susceptible d'initier d'ici à 2012 un nouveau Front populaire», écrit-il.
Reste la question - très sensible - du candidat pour 2012. Fort des 5 à 6% d'intentions de vote que lui attribuent les sondages, Jean-Luc Mélenchon ne cache pas ses ambitions et «se sent capable » d'être le candidat du Front de Gauche à la présidentielle. Les signataires du texte alternatif crient déjà au scandale et demandent un candidat communiste «pure souche ». Pris entre deux feux, le porte-parole du parti préfère ne pas trop se mouiller : «Nous voulons une candidature de rassemblement. Mais il peut y avoir d'autres noms que Mélenchon qui émergent… ». Et de citer l'exemple de Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité, ou de André Chassaigne «qui a fait plus de 14% aux régionales» en Auvergne. «De toute façon, conclut-il, aucune décision ne sera prise avant le congrès ordinaire de juin 2011». Trop tard, selon le Parti de Gauche, qui presse son allié pour qu'un candidat soit désigné dès le premier semestre 2011.
Apple introduit le blocage des publicités dans Safari
C'est une annonce qui a été éclipsée par le lancement de la nouvelle version de l'iPhone, en ouverture de la Worldwide Developers Conference d'Apple, qui a lieu cette semaine à San Francisco : Safari 5, la nouvelle version du navigateur de la marque (5 % du marché environ), inclura une fonction de blocage des publicités.
Cette option prend la forme d'un bouton "reader" : lorsqu'il clique dessus, l'internaute se voit proposer une version "épurée" de la page qu'il consulte, ne contenant que le texte et les images de l'article, mis en forme sur une seule page dans un design choisi par Apple.
Le blocage des publicités dans les pages est loin d'être une nouveauté. Cette fonction existe depuis des années sur Firefox, par le biais de modules complémentaires. Mais contrairement à Safari, Firefox n'a pas pré-installé cette option : c'est à l'utilisateur de faire la démarche s'il souhaite utiliser un système de blocage. Cependant, contrairement aux modules complémentaires, le blocage des publicités ne sera pas systématique sur Safari : l'internaute devra cliquer manuellement sur le bouton pour les supprimer, et ce pour chaque page.
DIRIGER LES GRANDS SITES VERS L'APP STORE
Si Safari ne représente qu'une faible part de marché des navigateurs pour PC, sa présence est bien plus importante sur les terminaux mobiles. Il s'agit ainsi de l'unique navigateur disponible sur l'iPhone. De fait, une grande partie des publicités étaient d'ores et déjà bloquées sur les smartphones d'Apple, puisque beaucoup d'entre elles utilisent Flash d'Adobe, une technologie qui n'est pas compatible avec les produits Apple.
Difficile de ne pas faire le rapprochement entre le bouton "reader" de Safari et le service iAds, qui devrait être lancé dans les prochaines semaines. Avec ce système, détaillé lundi soir par Steve Jobs, son PDG, Apple introduit des publicités directement dans les applications, et agit comme régie publicitaire, en empochant au passage 60 % des revenus, les 40 % restants revenant à l'éditeur de l'application.
STANDARDS DU WEB
Outre l'option "reader", la dernière version de Safari met l'accent, comme la plupart de ses concurrents, sur des performances accrues, et aussi sur une meilleure intégration des nouveaux standards du Web, HTML 5 et CSS 3 notamment.
L'enjeu est double pour Apple : d'une part, ses concurrents ont tous annoncé qu'ils apporteraient un soin particulier à la gestion de ces nouveaux standards, qui offrent d'importantes possibilités pour créer des sites "riches". Mais le HTML 5 permet aussi de remplacer la technologie Flash d'Adobe, avec qui Apple est en conflit, dans certaines de ses applications, notamment les lecteurs vidéo.
Apple a d'ailleurs mis en ligne une série de démonstrations des possiblités offertes par ces technologies. Mais il impose aux internautes souhaitant consulter les démonstrations de télécharger Safari. Bien que l'un des buts de l'élaboration de ces standards soit justement de permettre de créer des sites qui s'afficheront de la même manière sur tous les navigateurs.
Lies Hebbadj déféré mercredi devant le parquet de Nantes
l'issue de 48 heures de garde à vue à la brigade financière de la police judiciaire, Lies Hebbadj a été déféré mercredi matin devant le parquet de Nantes. Il est arrivé mercredi à 8 h 30 au palais de justice dans un fourgon cellulaire escorté de deux motards. Le procureur de la République de Nantes, Xavier Ronsin, avait indiqué mardi que Lies
Hebbadj était entendu pour répondre des chefs "d'escroqueries, recel d'escroqueries, fraudes aux prestations sociales et recel de fraudes", ainsi que du chef de "travail dissimulé".
Ce commerçant de 35 ans a été placé sous les projecteurs en avril, en plein débat sur le voile intégral, lorsqu'il a pris la défense d'une de ses compagnes, Sandrine Mouleres, qui contestait une contravention pour port du niqab au volant. Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, avait rapidement annoncé que pesaient sur lui des suspicions de polygamie et de fraudes aux aides sociales, au moins deux de ses concubines, mères de ses enfants, bénéficiant de l'allocation aux parents isolés. M. Hebbadj a ensuite reconnu devant la presse avoir plusieurs maîtresses, mais n'est marié civilement qu'à une seule femme. Sandrine Mouleres, mère de quatre enfants, elle aussi placée en garde à vue lundi matin, est ressortie libre mardi à 1 heure.
Selon le parquet, les perquisitions effectuées lors de sa garde à vue ont été fructueuses mais les explications de la jeune femme ont été "suffisantes" sur "les infractions d'escroquerie et des prestations aux aides sociales susceptibles de lui être reprochées". La contestation de sa contravention pour port du niqab au volant doit être jugée le 28 juin à Nantes. Un troisième homme placé en garde à vue lundi matin et qui travaillait pour le compte de Lies Hebbadj dans un taxi-phone a fait l'objet d'une "procédure de reconduite à la frontière" à l'issue de sa garde à vue levée lundi après-midi.
Dassault Systèmes se met aux moteurs de recherche
e groupe Dassault Systèmes a annoncé ce mercredi le rachat du spécialiste de la recherche Exalead, pour 135 millions d'euros. Si Exalead propose des services de recherche à destination du grand public, comme ce moteur de recherche dans l'encyclopédie en ligne Wikipédia, l'entreprise est spécialisée dans les outils de recherche à destination des entreprises, qu'il s'agisse de visualisation de données, de moteurs de recherche internes ou de moteurs de recherches adaptés à des sites particuliers.
Les technologies d'Exalead sont par exemple utilisées par ViaMichelin, 118 218, Friendster ou le groupe Lagardère Active [le groupe Lagardère est actionnaire du Monde interactif, éditeur du Monde.fr, à hauteur de 34 %, NDLR]. Exalead a réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 16 millions d'euros.
Dassault Systèmes, la branche logiciels du groupe Dassault (aviation, armement, immobilier, presse...) développe principalement des outils de conception assistée par ordinateur.
Régulation des marchés financiers : il y a urgence selon Angela Merkel et Nicolas Sarkozy
a chancelière allemande, Angela Merkel, et le président Nicolas Sarkozy appellent la Commission européenne à "accélérer ses travaux" pour un "encadrement renforcé" des marchés financiers dans une lettre commune adressée à son président, José Manuel Barroso, et rendue publique mercredi par l'Elysée.
Mme Merkel et M. Sarkozy soulignent que "des mesures fortes sont déjà entrées en vigueur". "Les sévères turbulences sur les marchés financiers dans les derniers mois suscitent cependant de fortes préoccupations de la part des Etats membres de l'Union européenne et de l'ensemble de nos concitoyens", ajoutent-ils. Selon les deux dirigeants, "le retour d'une forte volatilité des marchés rend légitime de s'interroger spécifiquement sur certaines techniques financières et l'utilisation de certains produits dérivés comme les ventes à découvert et les 'credit default swaps' (CDS)".
"Nous estimons qu'il existe un besoin urgent que la Commission puisse accélérer ses travaux s'agissant de l'encadrement renforcé du marché des CDS souverains et des ventes à découvert, et présente avant l'Ecofin de juillet l'ensemble des pistes d'action envisageables", estiment-ils dans leur lettre adressée au président de la Commission européenne. Selon eux, les travaux de la CE doivent également envisager la possibilité d'une interdiction, dans l'ensemble de l'Union européenne, des ventes à découvert à nu sur tout ou partie des actions et emprunts souverains, ainsi que sur tout ou partie des CDS à nu sur les emprunts souverains.
En France, pour rendre acceptable un changement a priori impopulaire, il faut jongler avec les notions d'égalité et d'équité. C'est ce que fait le gouvernement avec la nouvelle réforme des retraites. S'ajoutant à la taxation des hauts revenus, la hausse des cotisations des fonctionnaires suggère que les salariés du secteur privé ne seront pas seuls à supporter la charge d'un financement durable. Avec cette démarche consistant à répartir l'effort sur plusieurs catégories de Français, toutes les inégalités inhérentes à la réforme ne sont pas gommées, loin de là. Face à l'espérance d'une vie décente quand survient la cessation d'activité, des différences subsistent, quel que soit l'âge, entre hommes et femmes, entre salariés diplômés et non diplômés, entre cadres supérieurs et ouvriers. Le fait de mettre à contribution des revenus supérieurs à 11.000€ par mois ne constitue pas une réponse comptable convaincante. Il aurait fallu, pour cela, renoncer à une partie significative des dispositions prévues par le bouclier fiscal. Il s'agit donc d'une mesure placée sous le signe de l'équité entre les « gros » et les « petits ». La hausse des cotisations des fonctionnaires relève de la même démarche, mais elle doit aussi s'apprécier dans le cadre d'une stratégie visant à exploiter les divisions syndicales. Cette annonce pénalise FO, qui est très implantée dans la Fonction publique mais qui se dissocie des autres syndicats, et elle facilite le travail pédagogique de François Chéréque en plein congrès de la CFDT. L'équité n'exclut pas l'habileté.
Lors du déjeuner, mercredi, du Syndicat professionnel des papiers de presse, auquel assistaient les éditeurs de journaux, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, affirmait: «D'une crise, d'une difficulté, on peut faire une chance». Moins politique et plus direct, l'un de ses conseillers me glissait: «Il faut arrêter de se payer de mots. Les marchés ont décidé de nous imposer la rigueur». Encore plus précis, le Premier ministre François Fillon, en déplacement à Épinal, déclarait hier: «Il n'est pas question de se soumettre à je ne sais quel diktat des spéculateurs et des marchés, mais il est dangereux d'ignorer leurs avertissements, car la vérité, c'est que nous dépensons trop depuis trop longtemps». Ce principe de réalité, François Fillon l'avait déjà énoncé, en déclarant, à l'époque: «Je suis à la tête d'un État en faillite». Ce qui lui fut reproché à tort par Nicolas Sarkozy, partisan d'une approche moins brutale et plus démagogue. Fidèle en cela à Jacques Chirac. Si les décisions du G-20 ont permis d'éviter une thrombose des marchés financiers, comme lors de la crise de 1929, et un retour au protectionnisme généralisé, bien qu'il commence néanmoins à s'étendre, l'effondrement de la Grèce a donné la mesure des fragilités de la Zone Euro. En communiquant à cinq reprises sur un déficit successivement passé de 3,5% à 13,2% du PIB, Athènes, passé maître dans l'art du camouflage, a démontré, par son impéritie, à quel point les marchés exigent de la fiabilité. Or, le Traité de Lisbonne prévoit des principes de gouvernance qui permettent aux Européens de vivre ensemble. Faute de gouvernement économique et de levier sur la monnaie gérée par la Banque centrale européenne, les marges de manoeuvre sont néanmoins limitées. La dévaluation, bien pratique par le passé, est désormais impossible. La création d'un fonds souverain de 750milliards d'euros a provisoirement permis d'enrayer l'hystérie des marchés. Faisant cela, l'Europe a montré sa puissance et sa capacité de mobilisation financière. Une zone de 300millions d'habitants parmi les plus riches de la planète ne disparaîtra pas du jour au lendemain, même si le monde oppose désormais les «déclinants» aux «émergents». Il reste que l'Allemagne a montré la voie d'un modèle économique vertueux. Et que le président français s'est trop dispersé durant la première année de son mandat pour suivre efficacement cette voie.
L'annulation du dîner Merkel-Sarkozy, prévu initialement hier soir, peut donner lieu à diverses interprétations.
Censé préparer le Sommet européen du 17 juin à Bruxelles, le report de ce dîner résulte-t-il de la mauvaise passe que traversent les relations franco-allemandes? On savait la Chancelière rétive au style du président de la République. Mais au cours des derniers mois, Nicolas Sarkozy, plutôt réactif en matière de gestion de crise, a comme toujours accaparé le devant de la scène européenne, avec des commentaires méprisants sur l'inertie allemande. Laquelle aurait multiplié le coût du sauvetage de la Grèce. Au cours des dernières semaines, le chef de l'État avait, certes, modéré ses critiques, s'en tenant à une réserve inhabituelle de sa part. Toutefois, le mal était fait. Surtout que la presse allemande avait, fait inhabituel, tressé des lauriers au Président français. De plus, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, s'était permise de stigmatiser l'excédent commercial allemand, comme s'il se faisait sur le dos des Européens. En réalité, nos voisins d'outre-Rhin sont plus dynamiques à l'export car ils ont conduit des réformes structurelles pour s'adapter à la mondialisation. De surcroît, ils répugnent à financer les pays du «Club Med» (Grèce, Portugal, Espagne, Italie...), aux économies chancelantes. Alors que les Allemands se faisaient traditionnellement les chantres du fédéralisme, l'intégration que représenterait désormais une gouvernance économique de la Zone euro les effraie. Angela Merkel plaide pour une culture de la stabilité à travers la réduction des déficits. Elle n'entend pas organiser des transferts financiers des plus riches vers les plus pauvres. C'est néanmoins oublier que la réunification allemande a été en grande partie financée par les Européens. En assurant que nos partenaires étaient désormais ouverts à un gouvernement économique, les Français ont peut-être donné le sentiment aux Allemands de vouloir leur forcer la main.
Zone euro. Angela Merkel impose son tempo
En dépit des mesures ambitieuses finalisées, lundi, par les Européens, les marchés ne sont toujours pas rassurés et redoutent désormais que les plans d'austérité finissent par tuer la croissance en Europe...
L'Europe n'est ni un problème, ni une solution! Chinois et Américains avaient tort:l'Europe, première puissance éco
nomique de la planète, est le boulet du Monde. L'euro chute à la vitesse de l'éclair: - 16 % depuis janvier. La croissance est anémique: de l'ordre de 1 %. Les déficits continuent de déraper. La dette atteindrait 110 % du PIB en 2012. Le malaise européen contamine les marchés, lesquels ont gravement dévissé de 3.500 milliards de dollars de capitalisation évaporés lors d'un mois de mai meurtrier. Record absolu. Autre mauvais présage, les banques, comme en 2009, renâclent à se prêter de l'argent, préférant la sécurité de la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort. Angela Merkel prend le taureau par les cornes et décrète, contre toute attente, un plan de rigueur historique, de 80 milliards d'économie d'ici à 2014! Politiquement affaiblie par son revers électoral, les démissions en cascade et la gestion de crise, la chancelière prend le risque d'une austérité jamais vue, outre Rhin, depuis la guerre. D'une possible récession. Ses partenaires la priaient de modérer ses ardeurs pour ménager le potentiel de reprise. Elle choisit de restaurer son leadership national.
Les cavaliers seuls c'est fini
Message clair: c'est l'Allemagne avant l'Europe. D'où le report du sommet Merkel/Sarkozy au 14juin, une première, là encore, dans l'histoire du couple franco-allemand. Une nouvelle fois, on dira que l'Europe avance en crabe avec des États privilégiant le chacun pour soi. À l'instar de Berlin, Londres, Madrid et La Haye embouchent les trompettes de l'austérité, tandis qu'à Paris, Nicolas Sarkozy ne prononce toujours pas le mot rigueur et rabote les niches fiscales. La France peut-elle faire cavalier seul? C'est exclu, maintenant que l'Allemagne a pris l'initiative budgétaire. Que l'Eurogroupe a arrêté les modalités du Fonds de stabilisation à 440 milliards destiné à secourir tout État membre en difficulté. Et, surtout, depuis que les 16 ont décidé, lundi soir, que leurs projets de budgets nationaux seraient désormais soumis à la Commission et aux États membres, pour examen préalable.
Sanctions plus strictes
Le budget tricolore passé au peigne fin à Bruxelles: cela va faire du pétard dans le Landerneau, et pas seulement chez les «souverainistes» de tous poils. Enfin, et c'est une autre leçon tirée de la crise grecque, il y aura des sanctions plus strictes contre tout pays ne respectant pas la discipline budgétaire qu'impose la monnaie commune. Ira-t-on, lors du grand conseil du 17 juin, jusqu'à dessiner les contours de ce fameux gouvernement économique qui déplait tant à Angela Merkel et ses amis? Nicolas Sarkozy propose au moins d'établir un comité de pilotage des politiques budgétaires, ce qui serait un réel progrès. De fait, tout dépendra maintenant de l'entente Paris/Berlin. Le couple tangue fortement. Egocentrée, l'Allemagne a frappé un grand coup. La politique de la France ne se fait pas à la corbeille, tonnait de Gaulle. L'avenir de l'Europe a tout l'air de se décider outre Rhin.
* Henry Lauret
*Henry Lauret écrit dans le télégramme de Brest
On ne reconnaît pas seulement l'arrivée de l'été aux premières épaules rougies et aux cerises qui clignotent dans les branches. La saison des beaux jours possède un autre marqueur. C'est un solide parallélépipède cartonné avec, en couverture, le dessin d'une femme qui souffle sur des pollens en forme d'étoiles. L'objet familier, qui ne fait pas ses 105 ans, a un nom aux consonances de sobriquet : "Petit Larousse". Et dans l'univers des encyclopédies, c'est comme dans la vie, le diminutif est important. C'est dire si l'on guette avec avidité la sortie de ce modeste gardien du langage quotidien. On ne peut, d'ailleurs, que se féliciter d'une telle pérennité à l'heure d'Internet et de Wikipédia où le clic un peu trop facile se substitue à l'ancestral doigt mouillé de salive qui fait crisser le papier avec un doux bruit de respiration. Mais au juste à quoi sert-il l'inusable "dico" mêlant les mots courants, les termes savants, les néologismes et les noms propres ? Il nous parle du monde comme il va, avec ses "biocombustibles", ses "écoquartiers", son "mal-logement", ses "métrosexuels" et ses adeptes du "scrapbooking". Pour la définition de ces vocables, prière de se reporter à l'édition 2011 dévoilée hier. On y guettera aussi, au-delà des locutions et des proverbes - ah ! les pages roses ravivant en nous l'époque des déclinaisons latines au lycée - les nouveaux venus. Pour eux, nul doute, c'est mieux que l'Académie. Saluons Bedos, Dabadie, Geluck, Françoise Hardy, Yolande Moreau... Et, du côté des écrivains, Lanzmann, Houellebecq, Guyotat ou DeLillo. Sans oublier Philippe Delerm. C'est drôle, d'ailleurs, quand on y pense. Delerm pourrait être à lui seul l'auteur de ce gros cahier d'écolier où mousse l'air du temps aussi bien que dans un verre de bière. L'entrée de Daniel Cohn-Bendit augure-t-elle de son avenir politique ? N'en demandons pas trop au vénérable ouvrage. Son emblème est une semeuse. Pas une boule de cristal. Prenons-en de la graine.
Plus jamais ça ! s'écrie la voix de la raison après chaque catastrophe. Plus jamais ça, a-t-on entendu après l'effondrement de Vivendi sous la mégalomanie de Jean-Marie Messier. Et après l'évaporation avec Jérôme Kerviel de cinq milliards d'euros de la Société générale. Et encore après le scandale des «subprime» qui a plongé le monde dans la dépression... Et aujourd'hui ? C'est toujours ça, malgré les procès, les mea culpa,les déclarations des G8 et autres G20. La cause de cette impuissance, on la trouve peut-être dans les tranquilles certitudes de Madame Senequier, discrète inconnue à la tête d'un puissant fonds d'investissement : il est difficile de réglementer l'immoralité, nous explique-t-elle, et la spéculation est un instinct primaire de l'homme. C'est vrai, Madame Senequier, la morale est chose bien compliquée, et le vol est aussi un instinct primaire - alors, pourquoi se gêner ?
Au soir du congrès de Reims, en novembre 2008, personne n'aurait parié un caramel (mou) sur l'avenir de Martine Aubry à la tête du PS. Victorieuse par défaut, elle semblait avoir perdu toute chance de redresser la barre du bateau ivre qu'était devenu le parti. C'était compter sans le caractère de la maire de Lille.
Vingt mois plus tard, celle que la droite se plaît à nommer « la dame des 35 heures », pour mieux la marginaliser, s'est imposée à la fois comme la principale opposante du pouvoir, mais surtout comme la patronne des siens, le second défi étant bien plus périlleux à réussir que le premier... C'est bien elle qui, aujourd'hui, fait triompher sa règle du jeu. Pas de primaires avant le congrès et plus de cumul des mandats. En principe... Il lui a bien fallu, en effet, lâcher du lest pour calmer « ses » sénateurs vent debout contre une réforme qui, à leurs yeux, pourrait leur coûter la prise historique du Palais du Luxembourg aux sénatoriales de 2012. Un gros recul par rapport à sa position radicale, même s'il a les apparences d'un petit retrait. Mais c'était le prix à payer que cette professionnelle de la politique accepte froidement de payer.
En dépit d'une carrière déjà longue, la première secrétaire du PS croit pouvoir incarner la rénovation qu'elle propose aux socialistes. Étonnant exercice dialectique, tout de même, pour cette routière aguerrie que de porter le renouvellement d'un socialisme mitterrando-jospinien dont elle reste l'héritière. Un archétype.
Évidemment, elle ne désespère pas d'aller jusqu'au bout de sa logique. La présidentielle. Ceux qui imaginent encore qu'elle pourrait laisser gentiment la place de candidat à un DSK au nom de l'efficacité se mettent le poing dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. Avec beaucoup de sang froid, elle ne s'affole pas de la popularité du président du FMI parce qu'elle la sait cosmétique : elle ne résistera pas au grand lessivage que constitueront les primaires.
Ce que veut Martine Aubry, c'est arriver en position de force, voire dominante, à ce rendez-vous décisif. Si elle l'aborde en tenant la maison de la rue de Solférino, elle bénéficiera d'un avantage stratégique et logistique dont elle saura se servir, avec l'habileté parfois meurtrière qu'on lui connaît. Distancée dans les sondages - et même à l'intérieur de la gauche - par son vieil adversaire, elle est décidée à l'attendre de pied ferme. Au discours plutôt libéral et subtilement moderne de « Dominique », « Martine » oppose une approche plus classique, plus rugueuse, plus compatible avec la gauche de la gauche et les Verts, mais plus idéologiquement marquée, aussi. Elle s'accroche aux fondamentaux de l'opposante intransigeante jusqu'à la facilité. Au risque de limiter la liberté de conception de l'autre France qu'elle prétend imaginer.
Le fait est suffisamment rare pour être remarqué. Le report d'une semaine de la rencontre Sarkozy-Merkel, initialement prévue lundi soir à Berlin, en dit long sur le climat qui règne entre les deux capitales. Certes, ce n'est pas un drame et le dialogue n'en sera que plus utile à trois jours du sommet européen du 17 juin. Mais personne n'est dupe. Le moteur franco-allemand n'a jamais été aussi grippé que depuis l'éclatement de la crise grecque.
Le plus préoccupant, c'est que, cette fois, les questions de personne ou de tempérament comptent relativement peu. Si la relation entre Paris et Berlin est si problématique, ce n'est plus pour des raisons d'incompatibilité supposées entre la lenteur réfléchie de la chancelière et l'agitation médiatisée du Président. Le malaise est moins personnalisable et donc plus profond.
Il est d'abord économique. La rigueur qui gagne l'Europe contraint les gouvernements à l'exercice qu'ils redoutent par-dessus tout : annoncer le prix de la crise à leur opinion publique. Après la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Italie, l'Allemagne vient de dévoiler un plan de 80 milliards sur quatre ans. La Grande-Bretagne annoncera le sien le 22 juin et on sait, depuis lundi, avec David Cameron, qu'« aucun Britannique » n'y échappera. Et la France ? Le mot « rigueur » a été, jusqu'ici, soigneusement évité. Dans un tel contexte européen, l'art de l'ellipse pourrait rapidement toucher à sa fin. Le débat d'orientation budgétaire, le 29 juin, en offre une occasion toute trouvée.
L'équation entre le calendrier électoral, le débat social et l'ampleur des sacrifices reste une donnée éminemment nationale. Il n'est donc pas surprenant de voir chaque pays arbitrer la nature de la potion amère à administrer. L'urgence pour Angela Merkel, lundi soir, n'était pas de rencontrer Sarkozy, mais de boucler son budget. Ce qui déroute davantage, ce sont les contradictions de leur action au niveau européen. On parle concertation à Bruxelles ou à Luxembourg et on ne la pratique pas. On déclare vouloir stabiliser l'union monétaire et on agit seul.
À cet égard, l'Allemagne a, depuis six mois, posé plusieurs actes qui trahissent une préférence nationale inhabituelle jusqu'ici. Le refus de soutenir Athènes dans un premier temps. L'annonce de mesures financières unilatérales. L'absence de coordination en matière budgétaire à l'heure des coupes sombres.
On peut, bien sûr, difficilement reprocher à la première économie de l'Union son dynamisme et la rigueur de ses comptes. Le fait est, en outre, culturel. En Allemagne, la peur de l'inflation et de la dette reste beaucoup plus grande que la crainte de la rigueur. Cela soude un pays au moment de l'effort. Politiquement, cependant, le cavalier seul ne manque pas d'inquiéter.
Côté français, on souligne, à juste titre, que l'excès de rigueur peut nuire à la croissance, dont le manque chronique est le vrai mal de l'Europe. La thèse serait mieux défendable si la France était plus vertueuse. Elle serait surtout plus audible à Berlin si on ne prétendait pas changer jusqu'au modèle économique allemand lui-même. Pour relancer le moteur franco-allemand, unanimement reconnu comme vital pour stabiliser l'euro, il va falloir contrer cette dangereuse dérive des plaques. Et on voit mal comment Paris pourra continuer à éviter le mot qui court l'Europe et ne fait pas peur aux Allemands : la rigueur.
EURO – Et si c'était la fin…
L'euro est au plus bas et continue sa chute vertigineuse, donnant le tournis aux marchés et aux économistes, qui prédisent déjà sa mort. Les ministres des Finances européens positivent et créent un fonds d'urgence
L'euro (AFP) continue sa chute
interminable. Le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn s'est dit "préoccupé" par la vitesse à laquelle la monnaie unique perdait de sa valeur. L'annonce pessimiste du gouvernement hongrois jeudi dernier a effrayé de nouveau les marchés en pleine crise de confiance. "La Hongrie était dans une situation comparable à celle de la Grèce", avait expliqué l'un des hauts responsables hongrois du parti au pouvoir. Après la situation désastreuse des PIGS (Portugal, Italie, Grèce et Espagne), l'incertitude hongroise en a rajouté une couche. L'euro en a payé les frais en descendant lundi sous la barre des 1,19 dollars, sa plus basse valeur depuis quatre ans.
Scepticisme ambiant
Devant le spleen européen, les économistes font grise mine. Interrogés par le Sunday Telegraph, 12 économistes sur 25 ont jugé que la zone euro n'existerait plus dans sa forme actuelle d'ici cinq ans en raison de la crise financière chez plusieurs de ses membres. Seulement huit estiment que la zone économique européenne pourra réchapper à la crise sans damages irréversibles. Preuve de la peur d'une nouvelle chute de l'euro : Les banques européennes ont préféré déposer dans la nuit de dimanche à lundi un nouveau montant record à la Banque centrale européenne (BCE), pour être certaines de s'assurer un minimum de rendement.
La méthode Coué
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Khan s'est voulu rassurant en déclarant qu'il ne décelait "aucun élément particulier d'inquiétude" concernant la situation financière de la Hongrie. Interviewé par TV5Monde, le président de l'Eurogroupe, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude JunckerBien a affirmé que bien que "la monnaie apparaisse très affaiblie aux yeux des marchés", en réalité "elle ne l'est pas car nos données fondamentales sont meilleures que celles du Japon et des Etats-Unis".
L'action européenne
Pas d'inquiétude officiellement mais pas de relâche non plus. Les ministres des Finances de la zone euro, réunis hier à Luxembourg, se sont mis d'accord sur la création d'un fonds d'urgence pour la zone euro d'un montant de 440 milliards d'euros. Cette somme sera mise à la disposition des Etats-membres se trouvant dans l'impossibilité, comme la Grèce, de pouvoir emprunter de l'argent sur les marchés financiers. Les ministres européens ont également décidé d'un commun accord de durcir la discipline budgétaire de la zone. "Nous allons améliorer le Pacte (de stabilité européen) en créant des sanctions intervenant plus tôt", a annoncé le président de l'Union européenne Herman Van Rompuy. Ainsi avant même que la dette d'un pays ne dépasse la barre imposée par Bruxelles de 3% du PIB, l'UE examinera les politiques budgétaires et pourra sanctionner les mauvais élèves.
Dominique Strauss-Kahn a salué la réaction "forte, puissante, organisée" de l'Union et compte sur une attitude désormais "plus sereine" des marchés. Espérons que ses vœux soient exaucés, si on ne veut pas à terme accueillir le retour des francs dans nos porte-monnaie.
mardi 8 juin 2010
Super Nicolas, saviour of the universe
With his ratings sliding, the unpopular French president seeks to bolster his support by foraying abroad
A NEAT equation governing presidential popularity has taken hold in France. The more time that Nicolas Sarkozy spends at home with his fellow countrymen, the less liked he becomes. And the more he globe-trots, or is seen to be dealing with world affairs, the more his popularity rises. For a leader who badly needs to rescue his poll ratings from the record lows that they hit in April, the temptation is clear. As France gears up for its presidency of the G20 this autumn, and of the G8 next year, there is ample scope for a fresh round of global escapades. But that could mean less reform at home.
The link first emerged when France held the rotating six-month presidency of the European Union in the second half of 2008. Then, the kinetic Mr Sarkozy jetted off to Moscow to broker a ceasefire between Russia and Georgia, and then hammered out an EU response to the global financial crisis from Paris (with a little help, he conceded, from Britain’s Gordon Brown). Never one to shy away from claiming a headline-grabbing deal, Mr Sarkozy managed to pose, at least in the eyes of French public opinion, as both peacemaker and financial saviour. During that six-month period, his popularity rating climbed from a low of 38% to 46%, according to OpinionWay, a pollster.
Ever since, robbed of his official European leadership platform, Mr Sarkozy has struggled to assert himself. His call for a big Middle East peace conference in Paris came to nothing. His grandly
launched Mediterranean Union has more or less disappeared from sight. In 2009 the number of official overseas visits that he made dropped by some 40% on 2008—and his approval rating ended the year some six points lower. The more that Mr Sarkozy turns his eye to domestic matters, the more discontent seems to spread: teachers, students, train-drivers, industrial workers (remember “boss-napping”?), magistrates: all have taken to the streets in protest.
For sure, other factors must weigh on Mr Sarkozy’s poll numbers. He has not been helped by the recession and swelling unemployment, nor by various political misjudgments, including over his private life. Yet the French are clearly still willing to give him credit for assertive diplomacy that they no longer do for domestic affairs. In a recent poll for Paris-Match, only 45% of respondents thought Mr Sarkozy capable of reforming France, yet 70% reckoned he defended the country well abroad.
Indeed, Mr Sarkozy has an artful grasp of how to turn diplomatic action into personal triumph. He demonstrated his self-serving skills at the recent EU summit in Brussels on the euro zone’s sovereign-debt crisis. Fully “95% of the text” adopted by the euro group to bail out Greece, he claimed, “was French”, a wild assertion that went largely unscrutinised by the French media. With no apparent irony, Le Figaro, a cheerleading newspaper, helpfully reported a comment he made to an adviser: “In Greece they call me ‘the saviour’.”
As Mr Sarkozy’s luck would have it, in November France takes over the 12-monthly presidency of the G20, and in 2011 adds that of the G8. Usually, the rotating country “presidents” of these informal global groupings pass unnoticed: who knows, for instance, that France is taking over the G20 from South Korea? But Mr Sarkozy is not one to miss any opportunity for global grandstanding. Already, in quiet corners of French officialdom, planning meetings are taking place on how to make the most of the G20. The president wants a new “Bretton Woods” to remodel the international financial architecture, along with more regulation of “financial capitalism”. He also hopes to use the G20 to take the lead on diplomatic matters, such as dealing with Iran’s nuclear ambitions.
When it comes to crisis-management, even Mr Sarkozy’s detractors recognise his ability to focus minds and extract decisions. Yet, in his bid to exploit the G20 presidency to revive his popularity ahead of France’s 2012 presidential election, Mr Sarkozy will also miss no chance to push for crowd-pleasing headlines. His pet villains are familiar: speculators, traders, bonuses, credit-rating agencies, hedge funds and tax havens. Some of Mr Sarkozy’s foreign friends have learned to ignore his desire to please domestic audiences with fiery anti-market rhetoric, since it is not always backed up with action. But the underlying game can still make him a tricky, if not reckless, partner. In Brussels, some senior figures are already referring to him privately as King Nicolas.
The other risk is that foreign hyperactivity turns into a distraction from economic reform. When the rest of Europe is making big deficit-cutting efforts, France stands out as the only big country that needs to take urgent action, but has not. France’s budget deficit for 2010 is forecast to be 8%, closer to that of Greece (9.3%) than Germany (5%). Mr Sarkozy is negotiating a controversial rise in the legal retirement age from 60, and says he wants a deal by July. He has also proposed writing a deficit-reduction rule into the constitution. Yet there is so far nothing of the austerity drive that is now under way in Spain, Britain, Italy (see article) and even Germany. The French seem to be betting, optimistically, on growth to do most of the repair work.
Furthermore, and astonishingly, officials suggest that, once pension reform is done, there is no other big economic reform left to propose. They argue that Mr Sarkozy has already put in place the bulk of what is needed to improve French competitiveness. “Next year we will improve or consolidate existing reforms, rather than start anything new,” says one adviser, claiming that, in any case, there would be no time to push fresh legislation through parliament before 2012. Under this logic, a crowded diplomatic diary is not needed as an excuse for domestic inaction.
Mr Sarkozy has a further reason for wanting to bestride the world again. His most fearsome Socialist potential rival for 2012 happens also to be boss of the Washington-based International Monetary Fund. Dominique Strauss-Kahn is currently circling the globe in efforts to help resolve the euro-zone crisis. The polls suggest that Mr Strauss-Kahn would have a much better chance of beating Mr Sarkozy than Martine Aubry, the Socialist leader, would. Next to Ms Aubry, Mr Sarkozy can readily appear to be the global figure of stature. Next to the IMF boss, the contrast would be a lot less obvious.
Cumul des mandats : «Le PS apporte une fausse réponse»
Pour le président des sénateurs UMP Gérard Longuet, la politique est «territoriale».
Le débat du PS sur le cumul des mandats est-t-il approprié ?
Gérard LONGUET. - Ce n'est pas une fausse question. C'est une mauvaise réponse. La France est avant tout un territoire, rasse
mblé par une volonté politique. Il y a un lien charnel entre l'idée de France et chacune de ses déclinaisons locales. La politique ne peut être abstraite, coupée de sa réalité territoriale. Nos compatriotes sont d'ailleurs davantage attachés aux territoires qu'aux idées. Un élu peut être libéral, social-démocrate, trotskiste ou conservateur, mais il est d'abord ressenti comme enraciné dans un territoire.
Les Français sont pourtant très critiques sur le cumul…
Ils le sont, mais ils élisent souvent aux fonctions parlementaires des élus qui sont déjà enracinés. Un parlementaire qui refuserait de s'enraciner paraîtrait désinvolte.
C'est un paradoxe français ?
Le Royaume-Uni et l'Allemagne sont des pays de tradition parlementaire. En France, le Parlement coexiste avec une présidence de la République extrêmement forte qui tire sa légitimité du suffrage universel national et de ses 40 millions d'électeurs. Le Parlement se renforce de son assise territoriale et adosse sa légitimité sur l'expérience du terrain. C'est un aspect que Martine Aubry n'a pas compris.
Comprenez-vous les craintes de vos collègues socialistes ?
Tout à fait. La limitation du cumul à deux mandats édictée par le gouvernement Jospin est tout à fait raisonnable. Il faudrait s'interroger aujourd'hui sur le cumul de certains exécutifs, par exemple ministre et président de région ou ministre et maire d'une grande ville. Le cumul des exécutifs est un souci de temps, de disponibilité. Il faut être lucide : être ministre entre Paris, la province et l'Europe, c'est difficile.
L'interdiction du cumul au PS pourrait-elle compromettre ses chances de conquête du Sénat ?
Cela compliquerait la vie des socialistes, car plusieurs de leurs sénateurs - François Rebsamen, Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini pour ne citer qu'eux - sont également d'importants élus locaux.
Retraite : le gouvernement envisage une hausse de cotisation des fonctionnaires
La taxe spéciale sur les hauts revenus, autre source de financement de la réforme, concernerait les revenus à partir de 11.000 euros par mois.
Le gouvernement s'apprête à relever le taux de cotisation des fonctionnaires dans le cadre de sa réforme des retraites, croit savoir mardi l'AFP. Le relèvement de cette taxe salariale -actuellement de 7,85% contre 10,55% dans le privé -rapporterait 3 milliards d'euros, ind
ique l'agence, qui cite des « sources gouvernementales ».
Le Conseil d'orientation des retraites (COR), -qui rassemble syndicats, patronat et experts, parlementaires et représentants de l'Etat -a estimé que le relèvement d'un point de cotisation retraite des fonctionnaires rapporterait 720 millions d'euros. Récemment, Georges Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, s'était demandé s'il était «équitable, normal, que pour avoir une retraite qui est à peu près d'un montant équivalent, on paye trois points de plus dans le privé que dans le public». La fonction publique, qui emploie 5,2 millions d'agents, comptait 3,173 millions de pensionnés (pensions directes ou pensions de réversion), selon les derniers chiffres officiels publiés qui concernent l'année 2008. Entre 1990 et 2008, la part du budget général que l'Etat affecte chaque année aux pensions des fonctionnaires d'Etat est passée de 9,3% des dépenses du budget général à 14,6%. Elle représente 34 milliards d'euros en 2010, selon le gouvernement. Le montant des pensions des fonctionnaires représente 21% des 239 milliards de dépenses d'assurance vieillesse, soit près de 49 milliards d'euros.
Parmi les autres mesures envisagées par le gouvernement figure une taxation spéciale et temporaire sur les hauts revenus, fixés à 11.000 euros par mois. Est également prévue, une annualisation sur 12 mois, au lieu de 13 actuellement, des charges des entreprises, une mesure qui devrait rapporter environ 2 milliards d'euros. La mesure pénaliserait en particulier les secteurs de la distribution, de la restauration et de la propreté, selon les estimations des Echos.
Le gouvernement doit annoncer entre le 15 et 20 juin son plan de réforme des retraites, censé répondre aux besoins de financement du système, évalué à 30 milliards d'euros cette année. D'ici là, les hypothèses sur les décisions prises ou envisagées par le gouvernement risquent de se multiplier.
Le Monde: le groupe Suisse Ringier renonce à faire une offre de reprise
Ringier, l'un des plus importants groupes de presse suisse, a renoncé mardi à son offre de reprise sur Le Monde, expliquant que le délai fixé par le groupe de presse français était trop serré pour étudier en profondeur le dossier.
"Ringier aurait volontiers formulé une proposition fondée et acceptable par toutes les parties, mais cela seulement après une +due diligence+ (ouverture des livres de comptes) détaillée", a précisé le groupe zurichois dans un communiqué.
"En raison du délai particulièrement court imposé par Le Monde pour énoncer une offre, il n?a été possible de mener ni des négociations ni une analyse approfondie de ses forces et de ses faiblesses", a souligné Ringier, qui "renonce donc à présenter une offre".
Ringier avait confirmé le 31 mai avoir demandé le dossier de reprise du quotidien français pour l'étudier.
Le groupe Le Monde, victime d'une politique d'acquisition effrénée au cours des 15 dernières années, est confronté à un endettement massif. Il doit, d'ici la fin du mois sous peine de faillite, céder son contrôle à un nouvel investisseur qui injectera de l'argent frais, 80 à 120 millions d'euros selon les estimations.
La reprise du Monde, pour laquelle quatre candidats sont encore en piste, passe par une recapitalisation massive indispensable à la survie d'un groupe fortement endetté et dont la rédaction est particulièrement attachée à son indépendance.
Les repreneurs potentiels déclarés sont: Claude Perdriel, propriétaire du groupe Nouvel Observateur, l'Espagnol Prisa (déjà actionnaire du Monde) et un trio composé de l'homme d'affaires Pierre Bergé, du banquier d'affaires et propriétaire des Inrockuptibles Matthieu Pigasse et du président fondateur de Free, Xavier Niel, auxquels s'ajoute un quatrième candidat étranger qui pourrait être l'Italien Editoriale L'Espresso qui a confirmé étudier le dossier.
La conductrice voilée et son compagnon placés en garde à vue
andrine Mouleres, qui avait été verbalisée pour conduite avec un niqab à Nantes, son compagnon Lies Hebbadj et un homme travaillant pour lui sont en garde à vue depuis lundi matin 7
juin à la section financière de la police judiciaire de Nantes, a indiqué le parquet. Le troisième gardé à vue est un homme travaillant pour le compte de Lies Hebbadj au sein d'un taxiphone de Nantes, a précisé le procureur de la République à Nantes, Xavier Ronsin.
Le procureur s'est refusé à commenter la raison de ces gardes à vue ; il a néanmoins confirmé qu'elles avaient lieu dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nantes, à la demande de la préfecture de Loire-Atlantique, pour faire la lumière sur "une suspicion de relations polygames" de Lies Hebbadj et des "interrogations sur la régularité des aides sociales dont bénéficieraient plusieurs personnes de sexe féminin qui seraient en relation" avec lui. Selon une source proche du dossier, les gardes à vue porteraient sur des suspicions "d'escroquerie, de travail dissimulé et de fraude aux aides sociales".
PERQUISITIONS
Lies Hebbadj "fait l'objet d'un acharnement politique sans précédent", dénonce son avocat, Me Aziz Ramdani, pour qui cette garde à vue est "la suite logique de l'instrumentalisation (...) de [son] client à des fins de politique politicienne". Me Jean-Michel Pollono, l'avocat de Sandrine Mouleres, dénonce également cette procédure : "Je ne comprends pas qu'on puisse prendre ma cliente en otage pour faire pression sur M. Hebbadj pour une contravention de 22 euros légitimement contestée."
Des perquisitions ont eu lieu lundi, notamment au domicile de Lies Hebbadj et à celui de sa compagne
à Rezé. L'homme, qui a reconnu devant la presse avoir plusieurs maîtresses, a été placé sous le feu des projecteurs en plein débat sur l'interdiction du voile intégral, quand l'une de ses concubines a décidé de contester une contravention pour avoir conduit en portant un niqab.
Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a pris la main dans cette affaire. "Parce que la République doit faire respecter le droit des femmes, doit refuser qu'elles soient emmurées, instrumentalisées, humiliées, parce que la République doit veiller à ce que les allocations financées par la solidarité nationale ne soient pas détournées, j'avais le devoir de porter cette affaire devant la justice", avait-il alors déclaré.













