Des centaines de personnes ont tenté de se rassembler dans le centre de la capitale iranienne pour fustiger le «dictateur» Mahmoud Ahmadinejad. Elles ont été dispersées par d'importantes forces de police.
L'opposition iranienne ne désarme pas. Quelques jours après les protestations en marge des funérailles de l'ayatollah Montazeri, des manifestants ont défilé dans le centre de Téhéran ce samedi matin, criant des slogans anti-Ahmadinejad.
Le police a dispersé à coup de matraque plusieurs centaines de personnes qui tentaient de se rassembler place Enghelab, au coeur de la capitale, et a procédé à plusieurs arrestations, selon un correspondant de l'AFP.
Les manifestants criaient notamment «mort au dictateur», surnom donné par les manifestants anti-gouvernementaux au président Mahmoud Ahmadinejad depuis sa réélection contestée en juin et la répression sévère des manifestations qui ont suivi le scrutin.
L'opposition avait appelé à manifester dans ce secteur à l'occasion des processions de Tassoua et Achoura, deux journées de deuil religieux propre à l'islam chiite durant lesquelles la population descend massivement dans les rues pour assister aux nombreux cortèges organisés.
Klaxons en signe de soutien
De nombreux automobilistes ont manifesté leur soutien en klaxonnant chaque fois que les forces de l'ordre, à pied ou en moto, s'en prenaient à des manifestants.
D'autres rassemblements de petits groupes d'opposants criant des slogans hostiles au président Ahmadinejad ont eu lieu à proximité de l'université de Téhéran, selon un autre correspondant de l'AFP. Au moins deux manifestants ont été arrêtés par la police qui essayait d'empêcher ces rassemblements, selon la même source.
En fin de matinée, le calme était revenu dans ce quartier, étroitement quadrillé par d'importantes forces de police.
samedi 26 décembre 2009
Nouvelle manifestation anti-Ahmadinejad à Téhéran
Fin de la grève sur le RER A en vue
Reprise du trafic à la normale lundi...
Le trafic sur le RER
A sera revenu à la normale lundi, après la fin de la grève de conducteurs sur cette ligne, la plus longue qu'ait connue la RATP depuis 1995, selon les prévisions de trafic communiquées samedi par la direction de l'entreprise.
«Pour lundi, on va annoncer un trafic normal», a indiqué la direction de la RATP à l'AFP, précisant qu'il serait «quasi-normal» dimanche, comme il l'était déjà samedi. Le RER A transporte chaque jour 1 million de voyageurs.
>> Pour suivre l'état du trafic de la ligne A du RER, c'est par ici
Le combat continue
Selon la CGT, les conducteurs «reprennent le travail, mais ils vont continuer l'action sous d'autres formes. Les organisations syndicales vont se rencontrer en début d'année car la situation ne permet pas de reprendre le travail dans des conditions correctes», a précisé Joël Joseph (CGT). Une nouvelle assemblée générale (AG) de conducteurs a voté samedi la reprise du travail, a encore indiqué la CGT.
Grève, intempéries: combien cela va coûter aux sociétés de transports?
L'intersyndicale CGT-Unsa-Indépendants-FO-CFDT-Sud avait engagé une grève illimitée pour obtenir une prime de 120 à 150 euros, un «dû» selon elle lié à l'augmentation de l'offre de RER, début 2008, qui a dégradé les conditions de travail des quelque 550 conducteurs de la ligne.
La RATP avait mis sur la table, au bout de quelques jours, une prime de 80 euros, conditionnée à l'atteinte des objectifs de régularité sur la ligne. Mais les syndicats soulignent notamment que ces objectifs ne peuvent être atteints sans une augmentation des investissements et des effectifs.
Iran : l'étrange évasion d'une fille de Ben Laden
Une partie de la famille du fondateur d'al-Qaida serait détenue par Téhéran.
La fille d'Oussama Ben Laden embarrasse l'Iran. Vendredi, le ministre des Affaires étrangères lui-même, Manoucher Mottaki, a dû l'admettre à la télévision nationale : il y a quelque temps, l'ambassade saoudienne à Téhéran lui a annoncé qu'Imane Ben Laden, 17 ans, fille du terroriste du
11 Septembre, s'était réfugiée dans ses locaux. «Elle pourra quitter l'Iran dès que l'on aura confirmé son identité», a déclaré le ministre. Ce qui ne semble pas faire de doute : «L'ambassade dit que c'était bien elle», a ajouté Mottaki, qui dit ne pas savoir «comment elle a pu pénétrer dans l'ambassade, ni même en Iran, pour commencer».
C'est la première fois qu'un officiel iranien confirme, certes du bout des lèvres, les certitudes des biographes de Ben Laden, selon qui, après le 11 Septembre, une partie de la famille du chef d'al-Qaida s'était réfugiée en Iran. Ils y seraient apparemment toujours. Détenus au secret dans un complexe surveillé par les autorités, tels des «masques de fer» modernes.
Imane Ben Laden a réussi il y a un mois à appeler au moins trois de ses demi-frères : Omar, qui vit au Qatar, Abdulrahmane et Abdallah, installés en Arabie saoudite, leur pays natal. Les récits faits par les trois hommes au Times de Londres, à la chaîne de télévision panarabe al-Jazira et au journal al-Sharq al-Awsat coïncident : Imane leur a affirmé avoir faussé compagnie à ses gardiens lors d'une des rares sorties autorisées pour faire du shopping. Tous les trois disent avoir conseillé à Imane de se rendre à l'ambassade saoudienne.
Prison secrète
La fugue de la jeune fille pourrait lever l'un des mystères entourant Oussama Ben Laden. Dans la prison secrète se trouveraient toujours, outre Oum Hamza, l'un des femmes du terroriste, six de ses enfants et onze de ses petits-enfants. «Je ne savais même pas s'ils étaient vivants», a déclaré Omar Ben Laden. Selon Imane, le groupe a quitté l'Afghanistan, alors repaire d'Oussama, juste avant les attentats du 11 Septembre. Ils auraient marché jusqu'à la frontière iranienne, où les autorités les auraient embarqués vers un complexe immobilier surveillé, où ils sont bien traités. Mais interdits de communication avec le reste du monde, l'Iran ne sachant pas trop quoi faire d'eux.
Bien des questions restent posées. D'après la jeune fille, deux des fils les plus âgés d'Oussama Ben Laden, Mohammed et Saad, se trouveraient au nombre des captifs. Des plages d'ombre subsistaient dans le destin de la famille du fondateur de la nébuleuse terroriste. Au fil des ans, la plupart des femmes et certains des quelque 23 enfants du terroriste l'avaient quitté, fatigués par leur vie d'errance, tel Abdallah, qui dirige une société de relations publiques en Arabie saoudite, ou Omar, aujourd'hui entrepreneur et marié à une Britannique.
Mais en 2001, nombre des fils et filles vivaient encore avec leur père en Afghanistan, partageant sa vie spartiate, et, selon Omar, parti en 2000, recevant une éducation limitée à l'apprentissage du Coran.
À l'approche du 11 septembre 2001, il a voulu les mettre à l'abri, raconte le journaliste américain Steve Coll, auteur d'un livre non traduit en français (The Bin Ladens, Oil, Money, Terrorism and the Secret Saudi World). «Les fils se sont divisés en deux camps», écrit Steve Coll. Une partie a décidé de rentrer en Arabie saoudite pour «mener la vie privilégiée du reste de la famille» propriétaire du plus grand groupe de BTP saoudien. Les autres «restèrent combattre avec lui» ou «se dévouèrent à sa cause depuis leur exil iranien, séparé et ambigu». La fuite solitaire d'Imane mettra peut-être fin à cette ambiguïté.
Diane de Poitiers, morte d'avoir voulu rester jeune
Les cheveux de
la maîtresse du roi Henri II contiennent de fortes concentrations d'or, un élixir de jouvence qu'elle buvait chaque matin au réveil.
C'est peut-être sa quête d'éternité qui a été fatale à Diane de Poitiers. Décédée en 1566 à l'âge de 66 ans, la maîtresse du roi de France Henri II s'est probablement empoisonnée avec l'or qu'elle prenait pour tenter de rester jeune et belle, révèlent des chercheurs français. Le Dr Philippe Charlier, du service de médecine légale de l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, et ses collègues, qui ont analysé les cheveux et des résidus tissulaires de la favorite, publient leurs travaux dans le British Medical Journal.
Largement prescrit au XXe siècle par les médecins pour soulager la polyarthrite rhumatoïde, l'or a en fait été loué dès l'Antiquité pour de supposés pouvoirs régénérants. Au XVIe siècle, souligne Philippe Charlier, les solutions d'or buvable étaient bien connues à la cour de France. Alexandre de La Tourette dédia même son Bref discours des admirables vertus de l'or potable au roi Henri III. Aujourd'hui, des fabricants de cosmétiques incorporent des particules de ce métal précieux dans des crèmes à visée anti-âge. Et des médecins spécialisés en esthétique remaillent la peau avec des fils d'or pour combler les rides et améliorer le relâchement cutané.
Syndrome d'intoxication chronique
Diane de Poitiers voulait-elle préserver sa jeunesse et sa beauté pour l'amour d'Henri II - de vingt ans son cadet - ou pour continuer à pratiquer intensivement ses sports favoris (natation, chasse et équitation) ? Il semble désormais certain qu'elle a succombé aux mirages de l'or buvable, en avalant «quelques bouillons» tous les matins, comme le suggérait l'écrivain Brantôme. Celui-ci notait d'ailleurs qu'à la fin de sa vie, la duchesse de Valentinois était «aussi belle de face, aussi fraîche et aussi aimable comme en l'âge de trente ans». Encore fallait-il démontrer scientifiquement cette consommation chronique d'or. C'est ce qu'ont fait les chercheurs français en analysant une mèche des cheveux de Diane de Poitiers, conservée dans le château d'Anet (Eure-et-Loir) où elle résidait. Ils ont également étudié des résidus de décomposition de la favorite, qui avaient été identifiés en 2008 lors de fouilles archéologiques au cimetière d'Anet. D'après la tradition, ses restes momifiés avaient été enterrés en pleine terre par des révolutionnaires en 1795, après profanation de son cercueil.
Les examens toxicologiques ont retrouvé des concentrations en or très élevées, 500 fois la valeur moyenne de référence, dans les cheveux. Selon les auteurs, un tel taux peut correspondre sur le plan clinique à un syndrome d'intoxication chronique à l'or avec troubles digestifs (anorexie, nausées, vomissements, diarrhées), amincissement des cheveux, teint pâle (dû à une anémie), fragilité osseuse... Des cas mortels de ces intoxications ont été décrits dans la littérature. Diane de Poitiers présentait effectivement plusieurs de ces symptômes. Malgré d'intenses
activités en plein air, elle était décrite comme pâle. «Ses cheveux étaient fins et cassants, ses os étaient fragiles et elle était quasiment édentée», ajoute Philippe Charlier, qui précise qu'une contamination est peu probable. N'étant pas reine, la favorite ne portait pas de couronne en or, et il paraît peu plausible que ses cheveux et tissus aient pu être contaminés par d'autres bijoux. En outre, l'or n'est pas utilisé lors des embaumements.
Les travaux des chercheurs français permettent de tirer d'autres conclusions passionnantes pour l'histoire de la médecine. En 1565, Diane de Poitiers, sportive accomplie, avait été soignée par le célèbre chirurgien Ambroise Paré pour une fracture ouverte de la jambe suite à une chute de cheval. «L'examen des os, bien cicatrisés, sans périosite et quasiment sans perte de longueur montre qu'Ambroise Paré, pionnier dans la détersion des plaies, travaillait vraiment proprement», relève Philippe Charlier. Il lui semble vraisemblable que le père de la chirurgie moderne, précurseur aussi dans le domaine des prothèses dentaires amovibles, en ait fait bénéficier sa célèbre patiente. Cela expliquerait que cette adepte des mondanités ait pu continuer à recevoir jusqu'à la fin de sa vie, malgré une chute de presque toutes ses dents. Après avoir livré ses secrets, Diane de Poitiers devrait bientôt reposer à nouveau en paix.
Trois spéléos pris au piège
Le Spéléo secours français (SSF), en liaison avec pompiers et gendarmes, tentait vendredi de venir en aide aux trois spéléologues coincés à 700 mètres de profondeur, à Romy, dans les Pyrénées-Atlantiques. Pour l'heure, le plus gros risque qu'ils encourent reste le manque de nourriture.
Une dizaine de secourist
es sont venus en aide vendredi à trois spéléologues bloqués à 700 mètres de profondeur dans le gouffre de Romy, dans les Pyrénées-Atlantiques. Membres d'un club nordiste, les trois explorateurs ont été surpris jeudi par la montée des eaux due au redoux, qui a bloqué un siphon de profondeur qu'ils avaient franchi mardi. Quatre de leurs acolytes, qui se trouvaient en amont, ont pu remonter au bivouac installé à 450m de profondeur. Finalement, deux d'entre eux ont réussi à donner l’alerte, jeudi dans la soirée, et à regagner la surface.
D’après ces spéléologues, les trois personnes bloquées se trouvent dans une zone au sec, en bonne santé mais doivent restreindre leurs vivres pour éviter de manquer de nourriture. Selon Bernard Tourte, président-adjoint du Spéléo secours français (SSF), tout est maintenant une question de temps. "Il faut laisser aux secouristes le temps d'arriver à la zone de blocage, d'y évaluer les travaux à effectuer, de mettre en place les moyens en établissant le contact avec la surface", a-t-il expliqué à l’agence de presse Reuters. Ce délai pourrait être plus ou moins long en fonction de la possibilité ou non d'établir le contact avec le bivouac.
"Des spéléologues aguerris"
Vendredi en début de soirée, les deux autres spéléologues restés au bivouac ont regagné la surface et une dizaine de secouristes supplémentaires a été appelée en renfort. Le SSF a pris en main les opérations de sauvetage. Les pompiers et gendarmes spéléologues du PGHM d'Oloron-Sainte-Marie coordonnent les opérations.
D'après France 3 Aquitaine, les sept spéléologues se trouvaient sur les lieux pour entreprendre des travaux de cartographie. Bien qu'amateurs, "ce sont des spéléologues aguerris, parfaitement compétents pour gérer ce type de situation", a assuré le colonel Patrick Geisler au PC de la brigade des pompiers. Ce dernier a par ailleurs expliqué que les personnes étaient bloquées "à une bonne dizaine d'heures" de l'entrée de la grotte".
CE QU'ILS FONT EST DÉBILE ET IRRESPONSABLE.
Miss Paris bientôt destituée en raison de photos X
Kelly Bochenko va perdre son titre de miss Paris 2009 après la parution de photos X "privées" dans Entrevue.
Ce sont des photos prises dans un
cadre "intime et privé, de manière non professionnelle, il y a plusieurs années", s'est défendu l'avocat de Kelly Bochenko alors qu'Entrevue rendait public des photos très osées de sa cliente dans son dernier numéro. Mais rien n'a pu faire changer d'avis Geneviève de Fontenay, la miss Paris va être destituée alors que la dame au chapeau traitait publiquement la jeune femme de "perverse, menteuse, tricheuse". La procédure sera engagée dans les jours à venir avec l'envoi d'une lettre recommandée.
Sur les
clichés pornographiques, la jeune femme prend des pauses, notamment dans un fauteuil en osier, façon Emmanuelle. Le magazine trash avait déjà publié en décembre 2007 des photos suggestives de Valérie Bègue, Miss France 2008, qui avait pu conserver sa couronne sans toutefois pouvoir se présenter à d'autres concours.
«Qui n'a jamais fait de photo légère avec son copain ou sa copine, surtout quand on est jeune?», demande Kelly Bochenko sur le forum «A tout choeur». La miss destituée affirme qu'elle ignorait l'existence de ces photos, prises par un ex-petit ami, quand elle avait 19 ou 20 ans, en revenant «d'une soirée un peu trop arrosée».
Amnistier ou punir, que faire face à l'évasion fiscale ?
Les "performances" du fisc italien feront-elles réfléchir en France ? Mercredi 23 décembre, lors de sa conférence de presse de fin d'année, Giulio Tremonti, le ministre de l'économie, avait le visage ravi de celui qui vient de trouver un trésor. Un "trésor" de 80 milliards d'euros et sans doute davantage. Soit le montant des capitaux régularisés en Italie grâce à l'amnistie fiscale en vigueur depuis le 15 septembre, permettant aux "évadés" de rapatrier les biens (capitaux, titres, bijoux, yachts...) placés à l'étranger moyennant une taxe libératoire de 5 %. Ces estimations laissent même espérer un pactole encore supérieur, de l'ordre de 100 milliards à 110 milliards d'euros.
L'Etat italien a ainsi récupéré 4 milliards d'euros d'impôts, qui ont permis d'abonder pour moitié de la loi de finances 2010, votée définitivement en début de semaine. Les deux précédentes lois d'amnistie de 2000 et 2002 n'avaient rapporté que 2 milliards.
Devant ce succès, le gouvernement italien a décidé de prolonger cette mesure. "L'accumulation des capitaux rapatriés est allée au-delà de notre capacité à les traiter, c'est pourquoi nous avons été obligés de prolonger l'amnistie fiscale", a justifié le ministre. Mais le temps des soldes est terminé. Les prochains candidats au retour de capitaux devront acquitter une taxe de 6 % de la somme rapatriée jusqu'à la fin du mois de février, puis de 7 % de début mars à la fin du mois d'avril, date à laquelle la loi d'amnistie fiscale devrait prendre fin.
Cette mesure a été durement critiquée par l'opposition, qui y a vu une forme de "prime" à la malhonnêteté, dans un pays où chaque année, plusieurs centaines de milliards d'euros échappent au fisc du fait de l'évasion fiscale et du travail au noir. Mais pour M. Tremonti, la question n'est pas de savoir si la loi est "éthique ou non" mais si elle est efficace. Même si la mesure n'avait rapporté que deux euros, elle aurait été un succès, aime-t-il répéter.
QUELQUES "ACROBATIES"
Une démarche radicalement différente de celle employée en France, qui se veut plus "morale" et offensive... mais bien moins efficace. En août, Eric Woerth, le ministre du budget, a évoqué un fichier, issu de la banque HSBC en Suisse, de quelque 3 000 présumés évadés fiscaux, qui représenteraient des capitaux de l'ordre de 5 milliards à 6 milliards d'euros. Quant à la cellule de régularisation des avoirs dissimulés à l'étranger, ouverte en avril et jusqu'au 31 décembre, elle a, à ce jour, rapporté à l'Etat 500 millions d'euros d'impôts, indique-t-on à Bercy.
"En agissant ainsi, la France fait plus qu'une faute", estime Gérard de Bartillat, ancien président de la banque privée HSBC en France, favorable à une loi d'amnistie. "Nous allons perdre des dizaines de milliards, l'équivalent d'un gigantesque plan de relance", affirme-t-il. Selon lui, les capitaux illégalement exilés en Suisse représenteraient plus de 100 milliards d'euros, "dont au moins 10 milliards pourraient directement tomber dans les caisses de l'Etat grâce à une taxe appliquée sur le modèle italien". De quoi soulager un déficit public colossal.
La comparaison avec l'Italie est d'autant plus logique aux yeux de certains que la méthode française, même si elle se veut plus honnête, est juridiquement contestable. Pour Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris, le ministre du budget a même sans doute fait quelques "acrobaties" au regard du droit. "On se demande encore si cette liste a été achetée, et comment elle a été obtenue", indique-t-il. Or, rappelle M. Daoud, "une obligation de loyauté s'impose à l'administration fiscale. Il est interdit de notifier un redressement fiscal en évoquant une preuve qui aurait été achetée ou provenant de source anonyme".
La démarche, d'ores et déjà à l'origine d'un incident diplomatique avec la Suisse, a obligé la France à s'engager, le 21 décembre, à remettre le fichier original contenant les 3 000 noms. Cette remise en question de la procédure pourrait, selon les experts, servir d'appui à la contestation d'autres procédures.
"Ce n'est que du bruit", estime pour sa part Eric Woerth. Selon lui, la procédure française est tout à fait légale et va se poursuivre. "Le fichier évoqué, transmis par la justice, est exploitable et sera exploité", assure-t-il. Selon le ministre, une amnistie fiscale n'était de toute façon "pas supportable socialement". "Notre démarche est différente de celle de l'Italie, précise M. Woerth, elle est plus juste et plus morale, même si elle est plus difficile."
"MACHINE À ÉVASION"
En outre, même si les 80 milliards d'euros italiens frappent les esprits, l'amnistie se révélera, selon lui, "une machine à évasion". Le dispositif provoquerait en effet une sorte d'aléa moral laissant penser que l'évasion fiscale n'est que faiblement, voire pas du tout, punie. Les 80 milliards rapatriés pourraient au final susciter d'autres fuites de capitaux. L'Italie en est d'ailleurs à sa troisième amnistie fiscale.
"La cellule de dégrisement est un échec, la méthode de M. Woerth empoisonne nos relations avec la Suisse, mais un vrai dispositif antifraude a été mis en place", juge aussi Michel Sapin, secrétaire national du PS à l'économie. "La méthode italienne n'est pas un exemple, l'on ne peut "blanchir" des fraudeurs qui n'hésiteront pas à repartir", explique-t-il.
Et si la Suisse est ponctuellement ennuyée par le départ des capitaux italiens, estime M. Sapin, elle est sans doute plus inquiète de la menace française de lever le secret bancaire, qui pourrait mettre terriblement à mal sa réputation auprès des grandes fortunes.
Claire Gatinois et Philippe Ridet (à Rome)
LA CHASSE AUX SORCIÈRES FOMENTÉE PAR ERIC WOERTH NE RÉSOUDRA PAS LE PROBLÈME DE L'ÉVASION FISCALE, AU CONTRAIRE. LA SEULE MÉTHODE CONSISTE À RAMENER L'ASSIETTE À 40% POUR TOUS LES MÉNAGES
LES SPÉCIFICITÉES SOCIALES DOIVENT, ELLES AUSSI, ÊTRE PRISES EN COMPTE.
Quelques événements du 26 DÉCEMBRE
26 décembre 1574
Mort du cardinal de Lorraine. Charles de Lorraine, dit le cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, de Narbonne ; évêque de Metz, de Toul, de Verdun, de Térouanne, de Luçon et de Valence ; abbé de Saint-Denis, de Fécamp, de Cluny, de Marmoutier, etc., était né à Joinville en 1525, de Claude de Lorraine, premier duc de Guise. Quoique ce prélat ait été plus célèbre par ses talents et son ambition, que par ses vertus, il ne mérite pas les imputations odieuses dont on a chargé sa mémoire. S'il traita les calvinistes avec sévérité, le chancelier de l'Hôpital assure que ce fut à l'instigation de quelques conseillers imprudents qui ne cessaient de lui représenter que c'était le seul moyen d'extirper l'hérésie. La cruauté ne lui était pas naturelle. Devenu tout-puissant sous le règne de François II, et maître de se venger de ses ennemis, il leur pardonna généreusement. Olivier et l'Hôpital, deux ministres distingués par leur humanité, durent leur élévation au cardinal, qui assurément, s'il eût été sanguinaire, n'aurait pas employé de pareils ministres.
Le cardinal de Lorraine parut avec éclat au concile de Trente. Il possédait dans le plus haut degré l'art de la parole. Son éloquence forte et rapide entraînait tous les suffrages. En France et dans toute l'Europe, on l'appelait le Mercure français. Il plaisait d'ailleurs par son air noble, sa taille majestueuse, ses manières polies et affables. La dévotion, qu'il avait embrassée sur la fin de ses jours, fut la cause de sa mort. Henri III, à son retour de Pologne, s'était arrêté à Avignon, où était le cardinal. Ce prince, qui avait le goût des processions, en fit faire une à laquelle il assista avec toute sa cour, en habit de pénitent. Le cardinal de Lorraine s'était mis à la tête des pénitents bleus, et marchant comme eux les pieds nus, gagna une fluxion de poitrine qui l'emporta en peu de jours.
26 décembre 1653
Olivier Cromwell est déclaré protecteur d'Angleterre. A la suite de l'exécution du roi Charles Ier, Cromwell devenait de plus en plus puissant et, par là même, inquiétait le Parlement qui envisagea de licencier l'armée ou du moins d'en diminuer considérablement les subsides. Un coup d'Etat devenait nécessaire pour que le dictateur puisse conserver le pouvoir. Il marcha donc
sur Londres avec une trentaine de ses hommes et assista à l'une des séances du Parlement. A peine celle-ci commencée, il se leva brusquement et cria : « Assez de bavardages ! Disparaissez ! Qu'on n'entende plus parler de vous ! » Les trente soldats obligèrent alors les députés à sortir. Cromwell, debout au milieu de la salle, saluait chaque parlementaire au passage d'une épithète sonnante, les traitant « d'ivrognes », de « pourris », de « corrompus »... Lorsque tout le Parlement fut ainsi évacué, on raconte que Cromwell posa sur la porte un écriteau : Maison à louer, non meublée. Puis il fut appelé par l'armée « Lord Protecteur de la République d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande », un titre qui n'était pas celui de Roi, mais lui donnait le même droit à l'appellation d'Altesse, à une liste civile princière et à tous les attributs de la royauté : la Cour, le sceptre et l'hérédité du pouvoir. Il résida à Whitehall et au château d'Hampton Court. Cinquante gentilshommes étaient attachés à sa personne. Ses gardes du corps portaient une livrée somptueuse.
Toutes les Cours d'Europe avaient sollicité son alliance et, lorsqu'il mourut, elles prirent le deuil comme pour un souverain. Cromwell disait parfois qu'il préférait ce titre de « Lord Protecteur » parce que les Anglais savaient jusqu'où s'étendaient les prérogatives d'un roi, ils ignoraient jusqu'où celles d'un protecteur pouvaient aller. Il faisait semblant de mépriser le titre de roi qu'il qualifiait de simple « plume au chapeau » ou « d'amusette »... et affectait une grande humilité : « Je suis, disait-il, le garde champêtre chargé de veiller sur la paroisse. »
Mais il n'en menait pas moins un train de vie somptueux qui n'était assurément qu'une façade. Dans le fond, les goûts du Lord Protecteur demeuraient infiniment simples : il aimait s'habiller sobrement, chasser, jouer aux boules ou dresser des chevaux. Il demeurait un gentilhomme campagnard, un homme rude aux traits grossiers. Presque tous ses contemporains l'ont décrit : vulgaire d'allure et souvent négligé dans ses vêtements. Entraîneur d'hommes, chef militaire remarquable, il était intelligent mais dur, strict et sévère. Sa foi puritaine était fanatique ; il se croyait investi d'une mission divine. « Je rendrai le nom anglais aussi grand que fut jamais le nom romain », disait-il.
Bientôt les fêtes de la Cour se firent plus rares. Il imposa une morale puritaine à tous, fit fermer théâtres et tavernes. La joie n'était pas loin de paraître suspecte, presque inspirée par le diable. En fait, le gouvernement de Cromwell a été un mélange assez extraordinaire de grandeur et de bassesse, de générosité et de cruauté, d'ambition et de simplicité. « Il a débuté dans le fanatisme, pour aboutir à l'hypocrisie », écrivait Hume. Lui-même se rendait fort bien compte de son peu de popularité, puisque, à un officier qui le félicitait un jour de la foule venue l'applaudir, il répondit : « Il y en aurait bien davantage s'il s'agissait de me voir pendre. »
26 décembre 1731
Mort de Lamotte-Houdart, né à Paris en 1672, célèbre surtout par son intéressante tragédie d'Inès de Castro.
26 décembre 1778
Grandes réjouissances à Paris, pour la naissance de Madame, fille de Louis XVI.
26 décembre 1789
Monsieur, frère de Louis XVI, se présente dans l'assemblée des représentants de la commune, à l'Hôtel de Ville, et déclare qu'il n'a aucune part à la conspiration de Favras.
26 décembre 1792
Louis XVI paraît pour la seconde fois à la barre de la Convention ; il était accompagné de ses trois défenseurs (Desèze, de Malesherbres et Tronchet), du maire de Paris et du commandant de la garde nationale. Le président lui annonça qu'il allait être entendu définitivement.
26 décembre 1802
L'église catholique est placée sous la dépendance de Bonaparte : les prêtres recevront un salaire annuel de cinq cents francs.
26 décembre 1805
Signe de la paix de Presbourg entre la France et l'Autriche.
26 décembre 1860
Mort de l'abbé Jean-Marie de La Mennais.
26 décembre 1863
Naissance de Charles Pathé. En 1894, Charles et son frère Émile créeront l'industrie phonographique française. En 1896, ils fonderont la Société générale de phonographes, cinématographes et appareils de précision Pathé Frères. Charles Pathé sera le premier fabricant de pellicule vierge et créera le premier laboratoire de tirage de films à Joinville en 1905. Il entrera en compétition avec l'américain Eastman, fondateur de la maison Kodak, et finira par gagner le monopole européen de la fabrication de la pellicule. En 1906, il ouvrira sa 1ère salle de cinéma à Paris et en 1907,transformera le Cirque d'hiver de Paris en salle de projection. Il imaginera, en 1909, le premier journal d'actualités cinématographiques, le Pathé-Journal. En 1922, Pathé Frères fusionnera avec EMI et devient Pathé-Marconi "La Voix de son Maître" jusqu'en 1990, où la société prendra le nom d'EMI France.
26 décembre 1898
A l'Académie de médecine, communication de Pierre Curie sur une nouvelle matière radio-active qu'il appelle le radium.
Sarkozy prêt à affronter une année «pas facile»
L'Élysée se refuse à tirer un bilan négatifde 2009 et souligne que beaucoupde conflits sociaux ont été évités.
Nicolas Sarkozy a rejoint ve
ndredi le Maroc avec son épouse Carla pour quelques jours de vacances près de Marrakech. Il s'y rend après avoir reçu, mercredi, le président du Conseil français du culte musulman. Et il doit rassurer les musulmans de France en pleine polémique sur la burqa. Un dîner de travail est d'ailleurs prévu avec le roi du Maroc.
Le président a été contrarié par la tournure prise par le débat sur l'identité nationale. Il a l'intention de multiplier dès la rentrée les signes d'apaisement, jusqu'à son intervention prévue le 4 février en clôture du grand débat lancé fin octobre. «Il vous réserve quelques surprises à ce sujet», laisse entendre son entourage. À propos de la burqa la consigne présidentielle est claire : c'est un sujet ultrasensible et il faut que «chacun évite d'en faire une affaire personnelle».
Si l'Élysée reste lucide sur les limites de la stratégie suivie par Éric Besson pour animer le débat, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il était outré par les attaques du PS contre le ministre de l'Immigration. «J'ai de la peine pour tous ces gens qui nous comparent à Pétain», a glissé Nicolas Sarkozy à son entourage, en louant le courage de son ministre. De façon générale, le président n'aime pas qu'on s'en prenne à un bouc émissaire… Ainsi a-t-il désapprouvé auprès de ses collaborateurs les attaques contre Raymond Domenech.
Sarkozy quitte Paris après une année aussi éreintante que la précédente. On l'a vu visiblement fatigué, après le sommet de Copenhague. Il regrette d'ailleurs la sévérité des commentaires sur l'échec de ce sommet, dont il estime avoir tiré le meilleur parti possible. Contrairement à l'année 2008, où il avait terminé en apothéose sa présidence du Conseil européen par le bouclage du paquet énergie climat, cette fin 2009 se termine sur une note douce-amère. Notamment à cause de la polémique autour de la candidature de son fils Jean à la tête de l'Epad.
L'obstacle des régionales
Néanmoins, l'Élysée se refuse à tirer un bilan trop négatif de 2009. L'entourage présidentiel souligne notamment la victoire de la majorité aux européennes. Et l'absence des grands conflits sociaux annoncés. «Nous n'aurions pas imaginé que le statut de La Poste passerait comme ça», commente un proche. L'Élysée souligne ainsi la liste des conflits qui ont été évités ou contournés : «Les restaurateurs et les routiers, la SNCF, le risque de généralisation de la grève à la RATP, la réforme des cours d'histoire-géographie».«Ça, c'est mon mois de décembre», a confié récemment Nicolas Sarkozy.
Fin décembre 2008, alors que les lycéens s'insurgeaient contre la réforme du secondaire, Sarkozy avait concédé que la France était «éruptive» et souligné qu'il s'attendait à une année difficile. Cette année, le chef de l'État semble se garder de tout pronostic. Tout juste concède-t-il à ses proches, comme une évidence, que ce ne sera «pas facile».
Le principal obstacle se présentera lors des régionales de mars. Nicolas Sarkozy n'a pas l'intention de participer personnellement la campagne - ce n'est pas «le rôle du président», a-t-il expliqué récemment lors d'une réunion avec les dirigeants UMP -, même s'il continuera de se déplacer dans les régions comme il l'a toujours fait. «Le moment venu, il prendra la parole», a néanmoins prévenu l'entourage du chef de l'État.
Il a demandé aux candidats de la majorité de s'engager à fond dans cette campagne parce que «le candidat qui assume les choses à moitié, il a tout perdu». Une allusion aux régionales de 2004 où Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin avaient choisi de déconnecter le scrutin des enjeux nationaux. Nicolas Sarkozy termine en revanche l'année en se félicitant de sa relation stabilisée avec son premier ministre, François Fillon. Et, selon son entourage, il juge même avec bienveillance ses ministres qui ont dansé dans un clip de l'UMP. «Il l'a vu dans l'avion pour Copenhague», confirme un proche. Il n'est pas sûr néanmoins qu'il l'aurait fait lui-même.
vendredi 25 décembre 2009
Quand le monde parlera chinois
Afin d'accroître son influence et de rassurer le reste du monde sur ses ambitions de développement pacifique, la Chine a multiplié ces dernières années l'installation d'"instituts Confucius" sur les cinq continents. Ils sont débordés par leur propre succès !
À quelques centaines de mètres de la Porte de la Victoire ("Deshengmen") qui marquait autrefois l'entrée Nord de Pékin - à l'endroit même où s'arrêtaient jadis les caravanes des "barbares étrangers" - se dresse un élégant immeuble de cinq étages en briques grises, aux huisseries laquées de rouge. C'est là que se trouve le siège des instituts Confucius. La modernité des installations ne laisse aucun doute sur l'importance des moyens mis à disposition de cette tête de pont de la diplomatie culturelle chinoise. La présidente des instituts Confucius n'est autre que Mme Liu Yandong, une belle et énergique femme de 64 ans, proche du président chinois, entrée au Bureau politique en 2007, vice-présidente du Sénat (CCPCC - Chinese Communist Party Central Committee) et chargée des questions d'éducation parmi les cinq très influents conseillers d'État.
Sur le modèle de l'Alliance française
"Ces instituts Confucius sont une plate-forme de coopération et d'échanges avec les experts, mais aussi le grand public des pays étrangers, auquel nous voulons présenter l'histoire et la réalité de la Chine d'aujourd'hui", explique dans un style très ouvert la directrice générale, Mme Xu Lin. Très réputée dans le domaine de l'éducation, cette femme de 55 ans a été accueillie en novembre parmi les quelque deux cents conseillers du Premier ministre chinois. Opération de propagande ? L'accusation a fusé en Australie en 2007 de la bouche du professeur Jocelyn Chey, qui avait été dans les années 1990 consul général à Hongkong. "Certains pays nous critiquent, redoutent un impérialisme chinois, mais nous nous sommes inspirés du modèle de l'Alliance française qui va bien au-delà de l'enseignement de la langue et présente aussi le cinéma, la littérature et les arts français... Tout comme le British Council, nous traduisons des manuels et notre budget est deux fois moins important que celui du Goethe-Institut allemand", explique Mme Xu Lin. "Notre mission est d'encourager les jeunes à apprendre le chinois. On renforce ainsi les amitiés, les échanges et cela aidera à créer un futur meilleur pour l'humanité", déclarait en novembre Mme Liu Yandong, en accueillant un millier de boursiers étrangers. "Aujourd'hui, les Chinois souffrent de se sentir incompris. Ils ont réalisé que le fait qu'ils parlent des langues étrangères ne suffisait plus. Il faut que la communication passe dans les deux sens", explique un diplomate chinois.
Une tradition qui prône la paix et l'harmonie
Le choix de Confucius pour patronner ce projet permet de désamorcer les critiques idéologiques. Confucius n'a-t-il pas été conspué pendant la Révolution culturelle ? En réhabilitant le vieux sage, le gouvernement chinois se démarque des excès de la révolution communiste et se replace dans une tradition de 2.500 ans qui prône la paix et l'harmonie. Ce message, poussé par les succès économiques de la Chine, fait des émules. Lorsque le premier institut Confucius a ouvert en 2004, la Chine prévoyait d'en inaugurer 100 avant 2010. Or, ce sont plus de 282 "centres Confucius" qui se sont implantés depuis dans 88 pays, toujours en partenariat avec une université ou une région, sans parler des 272 "classes Confucius" destinées aux écoliers du primaire et du secondaire.
En France, treize instituts Confucius ont ouvert ces dernières années, deux sont en projet (à La Réunion et à Bordeaux) et les premières "classes Confucius" démarrent. Le dispositif est pratiquement le même en Allemagne ou en Corée du Sud, mais le Royaume-Uni en accueille déjà le double et aux États-Unis le développement est carrément fulgurant (près de 60 instituts Confucius). 230.000 étudiants étrangers dans le monde suivent cette année une formation dans un centre Confucius et plus de 500.000 ont été formés depuis 2004. Le problème de Mme Xu Lin est aujourd'hui de répondre à la demande... "J'ai 300 demandes d'ouverture en attente... Jamais, nous n'aurions imaginé, voilà cinq ans, qu'il y aurait un tel engouement pour l'apprentissage du chinois. Aujourd'hui, plus de 40 millions d'étrangers apprennent notre langue (dont 36 millions d'origine chinoise). Tous les jours, je reçois de nouvelles requêtes pour ouvrir un institut, mais je veux maintenir la qualité de l'enseignement et il me faut encore trouver des financements !"...
L'EUROPE EST DÉJÀ TIERMONDISÉE PAR LA CHINE, MÉFIONS NOUS.
Benoît XVI appelle à l'accueil des immigrés et au respect des droits de l'homme
Le pape Benoît XVI a donné, vendredi 25 décembre, la bénédiction de Noël urbi et orbi ("à la ville et au monde") au balcon de la basilique Saint-Pierre, appelant notamment à "l'accueil" des immigrés. "Face à l'exode de ceux qui émigrent de leur terre et qui sont poussés au loin par la faim, par l'intolérance ou par la dégradation environnementale, l'Eglise est une présence qui appelle à l'accueil", a-t-il déclaré.
Benoît XVI a par ailleurs affirmé que la société est actuellement "profondément marquée par une grave crise économique, mais d'abord encore morale, et par les douloureuses blessures de guerres et de conflits". Il a aussi exprimé sa solidarité avec "ceux qui sont frappés par les calamités naturelles et par la pauvreté, également dans les sociétés opulentes". Le pape a fait un tour de toutes les crises que connaît la planète en partant de la Terre sainte. Il a une fois de plus appelé à "abandonner toute logique de violence et de vengeance" et à "s'engager" avec "vigueur" et "générosité" sur "le chemin d'une coexistence pacifique".
"RESPECT DES DROITS DE L'HOMME"
Benoît XVI a aussi évoqué la difficile situation du "petit troupeau de chrétiens" qui vit en Irak et dans la région. En Asie, il s'est attaché particulièrement au Sri Lanka, à la Corée et aux Philippines. En Afrique, il a notamment "imploré la fin de toutes les exactions en République démocratique du Congo" et invité au "respect des droits" de l'homme et au "dialogue" en Guinée et au Niger. A l'Europe et l'Amérique du Nord, le pape a demandé de "dépasser la mentalité égoïste et techniciste" et "à respecter les personnes les plus faibles, à commencer par celles qui ne sont pas encore nées". En Amérique latine, il a appelé au "respect des droits inaliénables de toute personne".
Par l'intermédiaire des télévisions du monde entier, Benoît XVI a ensuite souhaité une heureuse fête de Noël à tous les peuples et à toutes les nations en 65 langues, de l'italien au swahili, du russe à l'araméen, de l'allemand au mongol.
jeudi 24 décembre 2009
Champagne : la bulle éclate, les prix baissent
Casser les prix en période de crise. Dans le domaine du champagne, la chose est assez rare. Et pourtant depuis quelques semaines, les hypermarchés rivalisent de produits d'appel avec des bulles aux étiquettes souvent méconnues proposées à moins de 10 euros. Carrefour affiche ainsi dans le métro parisien des publicités pour écouler un stock de 450 000 champagne Hubert de Claminger à 8,90 euros. Le site Internet de Leclerc fait la promotion d'un champagne brut Leo Deviroy à 8,95 euros. Même Nicolas propose des premiers prix à 15,90 euros.
"La grande distribution retrouve le goût du champagne, même si ce type d'opération se solde à la fois par un effort du producteur et une marge très faible pour la grande distribution", constate Daniel Lorson du comité interprofessionnel du vin de Champagne.
Il y a encore dix-huit mois, les premiers prix s'établissaient à 12-13 euros, constate-t-il. Après une phase de montée en gamme où rien n'était assez cher - on a même vu, en mars 2008, Perrier-Jouët commercialiser des caisses de douze bouteilles Belle Epoque By & For à 50 000 euros l'unité -, le marché français redescend. Au point où les tout petits prix représentent 10 % des ventes aujourd'hui, contre moins de 1 % en volume en 2008, selon M. Lorson.
La bulle champenoise a donc éclaté avec la crise. Ce phénomène, qui semble conjoncturel, va permettre de tester le champagne comme produit d'appel. La plupart de ces mini-prix sont des marques auxiliaires. Même les distributeurs ne bradent pas leurs propres marques. Ces "petits champagnes" proviennent de stocks plus anciens que d'ordinaire et sont donc d'une meilleure qualité qu'habituellement. Les promotions, sur Internet, des champagnes réputés et chers font également florès.
Pour Jérôme Philippon, président du directoire de Bollinger, "ces prix extrêmement bas sont le résultat d'une pression sur la trésorerie, mais s'expliquent aussi par le fait qu'il existe des stocks importants. Contrairement à l'an passé, la distribution n'hésite plus à vendre du champagne pour égayer les fêtes, avec le sentiment que la crise est passée".
Paul-François Vranken, PDG du groupe Vranken-Pommery, y voit "le résultat d'un trou d'air, d'un déstockage des grands opérateurs internationaux". Toutes les grandes marques de champagne jurent, la main sur le coeur, qu'elles n'ont pas participé à cette grande braderie. Même par sous-marques interposées. "Il est hors de question de baisser nos prix pour faire du volume", affirme Christophe Navarre, président de Moët Hennessy.
Après une année historique en 2007 (avec 338 millions de bouteilles vendues), un tassement en 2008 (avec 322 millions de bouteilles vendues), l'année 2009 a bel et bien fait figure d'horribilis millésime du champagne. Sur les dix premiers mois de l'année, les ventes ont chuté. Si la France, qui représente 56 % du marché n'a que légèrement souffert (avec -2 % des ventes en volumes), l'international, qui représente 44 % du marché, a violemment dégringolé de 27 % dans l'Union européenne et de 31 % dans les autres pays. Cette baisse, démarrée avec la crise de Lehman Brothers en septembre 2008, a été amplifiée par la chute de la livre et du dollar, les principaux marchés d'exportations du champagne étant traditionnellement le Royaume-Uni, les Etats-Unis, puis l'Allemagne et la Belgique.
Toutefois, les signaux de reprise semblent se faire jour en fin d'année. "Nous sommes en pleine préparation du rebond, affirme Christophe Navarre. En cette période tourmentée, nous gardons le cap." Les premiers sondages sur le mois de novembre réalisés par le comité interprofessionnel des vins de Champagne laissent espérer un retour à la croissance. "On vit normalement la fin d'année, en étant surbooké par des commandes de dernière minute", affirme M. Vranken. Il est persuadé que la mauvaise passe du secteur provenait d'une crise des expéditions, mais pas de la consommation. Pour preuve, les dernières statistiques de Nielsen affirment que la consommation de champagne a augmenté depuis janvier dans le monde entier. Signe que les consommateurs avaient aussi un peu de stock dans leurs caves.
De son côté, M. Philipon se dit "surpris par la force de la reprise dans les marchés développés". Après une baisse de 5 % en 2008, le marché pourrait, dans le meilleur des cas, terminer l'année sur une baisse de 11 % à 12 %. Avant que les prix ne repartent à la hausse, d'ici quatre à cinq mois.
Nicole Vulser
Le rachat de Volvo par le chinois Geely suscite interrogations et scepticisme
Depuis plusieurs années, Geely, le repreneur chinois de Volvo – l'opération a été officialisée mercredi 23 décembre –, tente de percer à l'extérieur de ses frontières. Au point de projeter de réaliser, d'ici à 2015, les deux tiers de son chiffre d'affaires hors de Chine, contre un peu plus de 10 % actuellement. Cette ambition est contrecarrée par des problèmes de qualité: aux Etats-Unis, ses voitures ne parviennent pas à satisfaire aux normes de sécurité. En Russie, son Freedom Cruiser a, en 2008, été baptisé la "voiture de la mort" en raison de ses performances désastreuses lors d'un crash test.
Avec 245 000 immatriculations en Chine sur les onze premiers mois de 2009, Geely est non seulement plus petit que sa proie, mais ne se place qu'au 11e rang des constructeurs chinois, loin derrière le numéro un, SAIC (Shanghai Automotive Industry Corporation), qui vend dix fois plus de véhicules.
"Geely cède du terrain sur le marché chinois, estime un spécialiste du secteur. C'est la voiture des campagnes, elle ne bénéficie pas de la même image de marque que les constructeurs chinois BYD – un champion de la technologie – et Chery. Pour l'image de Volvo en Chine, ce n'est pas idéal. Cette reprise suscite beaucoup de scepticisme dans les milieux de l'automobile en Chine. On a l'impression que LiShufu réalise un rêve." Le patron de Geely, 46 ans, a pour lui sa ténacité : dans le Zhejiang, province au sud de Shanghaï et berceau de l'entreprise privée en Chine, Li Shufu crée, à 21 ans, sans avoir fait d'études, un atelier de fabrication de composants pour frigidaires. Il monte une usine, mais les autorités la ferment pour privilégier les groupes publics. En 1994, il se lance dans les motocyclettes et reprend un fabricant en faillite. L'entrepreneur se met alors en tête de fabriquer des voitures. Après plusieurs ratages, il s'allie avec un petit constructeur du Sichuan qui dispose d'une licence.
PRÉSENCE DE GOLDMAN SACHS
En 2001, juste avant l'entrée de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les voitures Geely sont homologuées par Pékin. M.Li et sa marque se sont taillé une place dans une industrie dominée par les groupes d'Etat associés aux grandes marques étrangères. Or le boom du marché chinois en 2009 et la concurrence à laquelle se livrent les indépendants ont suscité une mini-bulle à Hongkong, où Geely et BYD sont cotées: leur titre a été multiplié par cinq depuis début 2009.
"Le gouvernement chinois a prévenu, fin 2008, qu'il fallait consolider l'industrie automobile et ne garder que dix constructeurs majeurs. Aucun des trois premiers indépendants ne veut rester sur le carreau, analyse André Loesekrug-Pietri, associé-gérant de CEL, fonds d'investissement européen consacré à la Chine. [L'homme d'affaires américain] Warren Buffett a investi en 2008 dans BYD, et a fait des émules. Les fonds chinois CDH et Bohai sont entrés au capital de Chery. Et Goldman Sachs a investi pour 250 millions de dollars en obligations convertibles dans Geely. La présence d'un tel investisseur international est un atout pour leur stratégie d'expansion, ça crée un lien culturel, qui a beaucoup compté dans le mariage Lenovo-IBM par exemple. Geely semble avoir une approche graduelle, et on peut espérer qu'il préserve les équipes. Mais ce sont deux sociétés avec des cultures très différentes." Avant d'acquérir la marque suédoise, M.Li s'est fait la main en prenant, en 2007, 23 % du britannique Manganese Bronze, avec qui il fabrique, en coentreprise, des taxis londoniens. Mille exemplaires sont sortis des chaînes de montage de Shanghaï cette année. Avec Volvo, il change d'échelle…
Brice Pedroletti
Le PDG de General Motors poussé vers la sortie
General Motors a annoncé, mardi 1er décembre, la démission de son président directeur général Fritz Henderson. Ed Whitacre, président de General Motors, assurera l'intérim à la direction générale, mais le groupe a déclaré qu'il se mettait immédiatement
en quête d'un remplaçant pour Fritz Henderson, qui avait été placé à la tête des opérations de GM en mars.
La démission de M. Henderson a été annoncée dans la foulée d'une réunion du conseil d'administration de GM. "Le conseil a décidé – et Fritz a accepté – que, au vu de la situation actuelle de GM, il était temps de faire des changements", a déclaré Chris Preuss, un porte-parole de General Motors. Il a ajouté que la Maison Blanche avait été avertie du départ de Fritz Henderson, tout en assurant que les autorités fédérales n'avaient pris aucune part à cette décision. Depuis le sauvetage de General Motors par Washington, le Trésor américain est le principal actionnaire du constructeur.
CONFLITS
Fritz Henderson avait été promu à la tête de GM le 29 mars, lorsque son prédécesseur Rick Wagoner avait abandonné ses fonctions à la demande de l'administration Obama en pleine tourmente, juste avant la faillite du groupe devenu un symbole des excès du secteur automobile américain. Depuis, il s'est opposé à plusieurs reprises à M. Whitacre. Début novembre, Ed Whitacre avait indiqué dans une interview au Wall Street Journal que les prévisions données par la direction de GM, menée par M. Henderson, le rendaient "un peu nerveux".
Le revirement sur le dossier d'Opel, la filiale européenne que GM a finalement décidé de ne pas vendre après des années de négociations avec le canadien Magna, avait également eu lieu à l'issue d'un conseil d'administration que le quotidien financier qualifie de "houleux". Avant de prendre les rênes de GM, M. Henderson était directeur de l'exploitation du groupe. Il a aussi occupé les fonctions de vice-président et de directeur financier.
Michael Schumacher
Il a déja perdu son titre de plus jeune champion de formule 1 de tous les temps. La saison prochaine, il tentera, reprenant du service pour Mercedes à quarante et un ans, d'en devenir le plus vieux. Un défi complètement fou, au dire des spécialistes de ce sport, où la jeunesse et ses réflexes constituent un incontestable atout. Auréolé de ses sept titres mondiaux, encore un de ses records, l'intrépide pilote allemand n'en pouvait visiblement plus d'animer les courses de karting pour les touristes désoeuvrés de Floride ou les joueurs fatigués de Las Vegas, ni de jouer au milliardaire préretraité sur les verts pâturages helvétiques. Cette année, il avait failli retrouver un volant dans l'écurie Ferrari, théâtre de ses anciens exploits, pour remplacer Felipe Massa, gravement blessé pendant une séance de qualifications. Une douleur aux cervicales, héritée d'une mauvaise chute lors d'une course à moto - autre adjuvant essayé pour se désintoxiquer de la F1 -l'obligea, la mort dans l'âme, à renoncer. Même s'il ne gagnait rien, on imagine son plaisir de pouvoir réentendre, pratiquement à chaque Grand Prix, ce qu'avait dit un célèbre commentateur britannique lors de sa dernière prestation à Monaco : « Il y a sept anciens vainqueurs sur la ligne de départ, dont cinq s'appellent Michael Schumacher. »
La nouvelle géographie de la croissance mondiale en 2010
· En Chine, l'objectif officiel de 8 % de hausse de l'activité sera probablement dépassé · Le Brésil et l'Inde voient leur reprise se consolider · Selon les économistes, les Etats-Unis ne devraient connaître qu'une croissance modérée
Les bonnes nouvelles s'accumulent chez les économistes qui révisent à la hausse leurs perspectives de croissance. En Chine, les prévisions font état d'une hausse du produit intérieur brut qui dépassera l'objectif de 8 % du gouvernement pour l'année prochaine. Certains experts avancent déjà 12 %. La croissance de l'Inde atteindra quant à elle de 7,5 % à 8 % pour l'année budgétaire 2009-2010, a indiqué, hier, le ministre indien des Finances, Pranab Mukherjee, contre 6,7 % l'année précédente. Au Brésil, l'activité économique repart de l'avant. Les prévisions font état de 5 % de hausse du PIB l'an prochain. Face à ces augures favorables, le président Lula a annoncé, hier, une revalorisation du salaire minimum ainsi que des pensions de retraite. Partout, la croissance repart. Même aux Etats-Unis, qui sortiront de leur plus grave récession de l'après-guerre. Cependant, les pronostics sont plus mesurés pour la première puissance économique mondiale, dont la croissance ne sera pas du même ordre que dans les pays émergents. La fin du plan de relance ainsi que la persistance d'un chômage élevé et de surcapacités de production limiteront le rebond. Dans ce contexte, les pays émergents devraient prendre, en partie, le relais des Etats-Unis comme locomotive de la croissance mondiale.
Volvo Cars va passer sous pavillon chinois au premier trimestre 2010
Le chinois Geely Automobile va s'offrir la marque suédoise Volvo, mise en vente par Ford. Il s'agit de la plus grande acquisition effectuée pa
r un constructeur chinois à l'étranger. L'opération, qui sera signée au premier trimestre, permettra à Geely, très peu présent hors de ses frontières, d'effectuer un saut technologique considérable.
Depuis hier, la Chine a pris pied dans le petit monde du haut de gamme automobile mondial. La marque Volvo passera bien aux mains du constructeur chinois Geely Automobile Holdings lors du premier trimestre 2010, a confirmé hier le groupe Ford, qui cherchait un acquéreur depuis un an. Moins de trois mois après avoir désigné la firme de Hangzhou comme son interlocuteur exclusif pour l'achat de sa marque suédoise (sans rapport avec le groupe AB Volvo, fabricant de camions et engins de travaux publics), Ford a souligné hier que tous les sujets de fond avaient fait l'objet d'un accord entre les deux parties, ouvrant la voie à une ratification dans quelques semaines. Le montant de la vente n'a pas été divulgué, mais on évoque un prix d'environ 1,8 milliard de dollars. Soit 3 fois moins que la somme déboursée par Ford en 1999 pour reprendre la firme de Göteborg, qui comptait alors une gamme beaucoup plus restreinte.
Un véritable joyau
Un coup magistral qui va permettre à Geely d'effectuer un saut technologique considérable, comme rarement en font les constructeurs. Geely, qui n'a décroché qu'en 2000 sa licence officielle pour construire des voitures, est quasiment absent de la scène internationale. Il signe là la plus grande acquisition d'un constructeur occidental par un groupe chinois. Le shanghaïen SAIC s'est certes payé les restes de MG Rover, son confrère de Pékin BAIC vient de se ruer sur certaines licences de Saab, et Tengzhong est en passe d'acquérir l'américain Hummer. Mais tout cela n'a rien à voir avec la surface et la valeur intrinsèque de Volvo. Réputée pour sa technologie et ses trouvailles en matière de sécurité active et passive, la firme de Göteborg, qui avait jadis échappé à Renault à l'époque de Louis Schweitzer, reste un véritable joyau, malgré ses pertes récentes liées à la crise du secteur (- 135 millions de dollars au troisième trimestre).
Avec sa gamme de dix modèles principaux, le suédois est solidement implanté aux Etats-Unis et monte en cadence en Chine. Rien à voir avec son compatriote Saab, confiné à deux modèles vieillissants et qui vend 4 fois moins de voitures que lui.
Plusieurs questions de fond restent cependant sans réponse. Pourquoi diable Ford, en moins grande difficulté financière que GM ou Chrysler (il est même sorti du rouge récemment), a-t-il laissé filer sa filiale suédoise et ses précieux brevets, au risque de créer un concurrent redoutable dans quelques années ? Les Chinois n'ont jamais fait mystère de leur volonté d'exporter à moyen terme leurs véhicules. De plus, les véhicules de Ford et de Volvo partagent de nombreux organes et technologies, à commencer par les équipements de sécurité. Pourquoi une marque comme Volvo, qui vaut moins de 2 milliards de dollars, n'a pas intéressé un constructeur occidental comme PSA, qui a bien du mal à s'imposer dans le haut de gamme avec ses Peugeot 607 et Citroën C6 ? Enfin, que vont devenir les actifs industriels de Volvo et ses 20.000 employés ? L'accord d'hier ne le dit pas, même si
Geely s'est précédemment engagé à laisser en place les usines, les accords sociaux et les concessionnaires. Volvo compte principalement deux usines en Suède, un site en Belgique et un autre plus récent en Chine.
Pas plus de style qu'une Lada
Face à la passivité de ses homologues européens ou japonais, Li Shufu, le président-fondateur de Geely, doit rire sous cape. D'extraction très modeste, cet ingénieur en mécanique qui s'est intéressé d'abord aux réfrigérateurs et aux motos n'a pas encore réussi à s'imposer dans l'automobile. Davantage connues pour leurs très bas prix (5.000 à 6.000 dollars) que pour leur obscur blason, les Geely n'ont pas plus de style ni d'atouts que les plus ennuyeuses Lada en Russie. Présentes dans les campagnes, elles ont plus de mal à se frayer une place dans les avenues de Pékin ou de Shanghai.
A la manière de l'indien Tata Motors, qui s'est offert simultanément Jaguar et Land Rover (également acquis auprès de Ford), il lui faudra prendre garde à maintenir une « muraille de Chine » entre ses marques Geely et Volvo, au risque de couler définitivement sa perle européenne.
DENIS FAINSILBER, Les Echos
L'EUROPE EST-ELLE INCAPABLE DE CONSERVER LES FLEURONS DE SES SECTEURS DE QUALITÉ ?
Quelques événements du 24 DÉCEMBRE
24 décembre 1156
Mort de Pierre de Cluny, surnommé le Vénérable, un des plus célèbres généraux de l'ordre de Cluny. Il y donna un asile au fameux Abélard, qui trouva en lui un ami et un père. On a de Pierre le Vénérable plusieurs ouvrages curieux et intéressants. Moins éloquent que saint Bernard, mais d'un caractère plus doux et d'un esprit plus juste, il dédendit son ordre contre les écrits de ce père, qui reprochait aux religieux de Cluny de violer dans certains points la règle de saint Benoît, par exemple de porter des culottes. Saint Bernard fuc victorieusement réfuté par Pierre le Vénérable.
24 décembre 1525
Mort de Vasco de Gama. C'est ce navigateur célèbre qu'Emmanuel le Grand, roi du Portugal, fit partir en 1497, avec une fl
otte, pour suivre le projet qui avait échoué tant de fois de s'ouvrir une route aux Indes orientales par l'océan : cette entreprise était regardée comme téméraire et impraticable, parce qu'elle était nouvelle.
Gama et ceux qui eurent la hardiesse de s'embarquer avec lui, passèrent pour des insensés qui se sacrifiaient de gaieté de coeur. Ce n'était qu'un cri dans la ville contre le roi. Tout Lisbonne vit partir avec indignation et avec larmes ces aventuriers, et les pleura comme morts ; cependant l'entreprise réussit, et fut le premier fondement du commerce que l'Europe fit ensuite avec les Indes. Vasco de Gama fit trois voyages par mer dans l'Inde. Au premier il doubla le cap de Bonne Espérance, mais il revint sans avoir eu de grands succès. Il partit pour le seconde en 1502, et revint avec treize vaisseaux chargés de richesses. Il repartit en 1524, nommé vice-roi des Indes par le roi Jean III. Il établit son siège à Cochin, où il mourut.
Emmanuel l'avait nommé amiral des mers des Indes, Perse et Arabie, et ce titre a été conservé à ses descendants ; il fut créé grand de Portugal, il fut honoré du dom pour lui et pour sa postérité.
24 décembre 1695
Mort du père Thomassin, de l'Oratoire, né en Provence, homme d'une érudition profonde, qui a beaucoup écrit sur la discipline ecclésiastique, et sur les études tant ecclésiastiques que profanes. Il fit le premier des conférences sur les pères, sur les conciles et sur l'histoire. Le pape Innocent XI voulut l'attirer à Rome : le cardinal Casanata, bibliothécaire de ce pontife, en fit parler au roi par l'archevêque de Paris. La réponse fut qu'«un tel sujet ne devait pas sortir du royaume ».
24 décembre 1770
Choiseul tombe en disgrâce, après le complot fomenté par l'abbé Terray, le duc d'Aiguillon et le chancelier Maupeou. Le prétexte invoqué pour justifier cette disgrâce est l'appui que Choiseul a donné au Parlement.
24 décembre 1794
Abrogation par la Convention de la loi du maximum : les prix, fixés jusqu'alors par l'administration, seront dorénavant soumis aux lois du marchés.
24 décembre 1800
Attentat du 5 nivôse, rue Saint-Nicaise, causant la mort de quatre personnes, et en blessant treize autres. A huit heures du soir, le premier consul se rendait à l'Opéra avec un piquet de sa garde, pour assister à la première représentation de l'Oratorio d'Haydn. Arrivé à la rue Saint-Nicaise, en face de celle de Malte, une mauvaise charrette, attelée d'un petit cheval, et gardée par un enfant, complice innocent des plus grands criminels, se trouvait placée de manière à embarrasser le passage. Elle contenait un baril de poudre cerclé en fer et renfermant quantité de balles. A ce baril tenait un canon de fusil solidement fixé, garni de sa batterie, mais ayant la crosse coupée. Les premiers gardes de Bonaparte font ranger cette charrette ; mais à peine passés, on la remet dans sa première position, les gardes qui suivent la font de nouveau retirer. Le cocher, quoiqu'allant extrêmement vite, eut l'adresse de l'éviter. Quelques secondes après que le consul fût passé, une explosion terrible casse les glaces de sa voiture, blesse le cheval du dernier homme du piquet de sa garde, ébranle les maisons environnantes, au nombre de quarante-six, brise toutes les vitres du quartier, tue et blesse plusieurs personnes qui passaient, et des propriétaires de maisons voisines. La détonation est entendue dans tout Paris. Une bande de roue de la charrette est jetée par-dessus les toits, dans la cour du second consul Cambacérès. Un moment après, Bonaparte fait arrêter sa voiture, demande ce que c'était. Il manquait un grenadier à cheval de sa garde ; il fait courir à l'endroit de l'explosion, le cheval seul avait été blessé. Le premier consul envoie dire à madame Bonaparte qui le suivait, de retourner aux Tuileries : elle était avec sa fille et madame Murat dans sa voiture, sur la place du Carrousel, quand le coup partit. Les glaces de sa voiture furent brisées, ses chevaux effrayés s'arrêtèrent ; mais elle ordonna aussitô:t de poursuivre, afin de partager les périls de son époux. Sa sollicitude fut bientôt calmée, à la rencontre des gardes qui venaient la rassurer sur les jours du premier consul. On n'arrêtera jamais l'un des responsables : Limoëlan. Les autres, des conspirateurs royalistes, Saint-Réjant, La Haye, Joyaux et Carbon, seront arrêtés, jugés puis guillotinés. Les coupables seront arrêtés, jugés par le tribunal criminel de la Seine et guillotinés en 1802. Cet attentat accélèrera la mise en place du Consulat à vie, puis de l'Empire.
Burqa : bas les masques !
La proposition de loi UMP sur la burqa nous ramène à deux conceptions rivales de la liberté.
«Il est interdit d'interdire !» La France n'a jamais fait sienne cette philosophie de la liberté. À cette excl
amation généreuse, mais qui a évidemment ses limites, elle préfère une formule ambiguë et terrible que l'on doit à Saint-Just, «l'archange de la Terreur» : «Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !»
La proposition de loi UMP sur la burqa nous ramène à ces deux conceptions rivales et promet de redoutables envolées le mois prochain au Parlement. On va tout entendre, et son contraire. Et à l'étranger, il se trouvera bien des commentateurs sarcastiques pour dire ou écrire qu'une nouvelle fois la France bride les libertés au nom de la liberté. On peut même imaginer que des femmes en burqa défilent devant le Palais Bourbon pour défendre leur conception de la liberté, qui consiste à vivre prisonnière.
Ce qui paraît certain, c'est que les partisans du «il est interdit d'interdire» vont devoir travailler leur argumentaire. Que vont-ils dire ? Que chacun, en démocratie, est libre de se vêtir comme il le souhaite. Soit, mais les femmes qui ne voient la vie qu'à travers le grillage d'une burqa l'ont-elles souhaité ? On sait bien que non. Pour une femme voilée de la tête aux pieds qui explique que c'est un choix de vie librement assumé, combien sont obligées de porter cet accoutrement effrayant ? D'autres assureront que le phénomène va disparaître, puisque les valeurs de la République sont suffisamment attirantes et remarquables pour que ces femmes, d'elles-mêmes, dans quelques années, décident de retirer leur voile. L'argument vaut ce qu'il vaut, mais il est permis d'avoir des doutes sur le caractère provisoire de cette «mode», si tant est qu'on puisse employer le mot. D'autres, enfin, affirmeront qu'on ne fait pas une loi pour si peu de personnes. Pourquoi mobiliser députés et sénateurs pour 1 900 cas répertoriés en France ? On peut répondre que l'important, c'est la tendance, et qu'il y a cinq ans la burqa n'existait pas en France. Sans loi, où en serons-nous dans cinq ans ? Nul ne peut le dire, mais les Français ont la désagréable impression que l'intégrisme musulman est sur une pente ascendante plutôt que descendante.
Ce n'est sans doute pas de gaieté de cœur que les députés vont légiférer sur la façon de se vêtir en France. Ils ne seront pas obligés de se justifier en prononçant la sentence menaçante de Saint-Just. Ce dernier avait parfois des phrases moins guerrières. Comme celle-ci : «Dans les sociétés vraiment libres, les femmes sont libres et adorées.»
RAS LE BOL DE VOIR CES CAFARDS DANS LES RUES DE CLICHY !!!
mercredi 23 décembre 2009
De coup d'éclat en coup de colère, le débat sur la burqa divise la majorité
Les activités parlementaires devaient être suspendues, mercredi 23 décembre, pour les fêtes de fin d'année. Avant que les portes du Palais-Bourbon se referment, le président du groupe UMP, Jean-François Copé, s'est réservé un dernier effet de surprise. Il a annoncé le dépôt, dès la première quinzaine de janvier 2010, d'une proposition de loi visant à interdire le port de la burqa "dans l'espace public".
Effet garanti, car la mission parlementaire sur la pratique du voile intégral, qui regroupe des représentants de toutes les forces politiques, travaille encore. Elle ne doit rendre son rapport qu'à la fin du mois de janvier. Sans attendre ses conclusions, M. Copé précipite donc le m
ouvement et décide d'accélérer le calendrier législatif, même si, en tout état de cause, le texte ne pourra pas être examiné avant les élections régionales du mois de mars.
CAVALIER SEUL
Ce cavalier seul du président du groupe UMP a été désapprouvé par le président de l'Assemblée nationale. Bernard Accoyer a jugé l'initiative "prématurée". "Sur une telle question de société, mettant en jeu les principes fondamentaux de notre République, la recherche prioritaire d'un large consensus s'impose", a-t- il rappelé dans un communiqué, visiblement irrité par ce coup d'éclat.
"Chacun est dans son rôle, mais, je vais vous dire, cela ne m'empêchera pas de dormir", s'est contenté de commenter M. Copé. De fait, le président du groupe UMP a préempté ce débat depuis que, à l'initiative du député (PCF) du Rhône, André Gerin, la question du port du voile intégral sur le territoire français a été soulevée.
Le jour même où la mission parlementaire était installée, début juillet, Jean-François Copé prenait position pour "une loi d'interdiction précédée d'une phase de dialogue, d'explications et d'avertissements". Parallèlement, il mettait en place son propre groupe de travail, coprésidé par Nicole Ameline et François Baroin.
A présent, il prend une nouvelle fois de court la représentation parlementaire en déposant un texte de loi portant la seule signature de l'UMP. Celui-ci, se fondant sur "des motifs d'ordre public et de sécurité", devrait stipuler qu'aucune personne, hors circonstances exceptionnelles, ne peut évoluer dans l'espace public le visage entièrement recouvert. Une formule qui ne porte pas exclusivement sur le voile intégral, afin de ne pas s'exposer à un risque d'inconstitutionnalité, mais l'inclut de fait.
M. Copé a annoncé simultanément le dépôt d'une proposition de résolution – qui n'a pas de valeur normative – appelant au respect des principes républicains et des droits des femmes. "Il va de soi que, si la mission apportait des éléments complémentaires à notre proposition de loi, nous les étudierions", a ajouté M. Copé lors de son point de presse.
"LE CONTRAIRE DE LA REVALORISATION DU PARLEMENT"
Réagissant à cette annonce, André Vallini (PS, Isère), jugeait ce "coup médiatique choquant". "C'est le contraire de ce qu'on appelle la revalorisation du Parlement, s'indignait l'ancien président de la commission d'enquête sur les dysfonctionnements de la justice à Outreau. C'est faire peu de cas du travail d'une mission parlementaire et se comporter de façon hégémonique."
M. Copé ne fait pas que prendre de vitesse la mission parlementaire. Par la même occasion, il brûle la politesse à l'UMP, qui devait également, au cours du mois de janvier, faire part de sa position officielle auprès de la mission.
Le secrétaire général du parti présidentiel, Xavier Bertrand, s'était jusqu'à présent montré plutôt réservé à l'idée d'une loi. Tout en soulignant qu'"il faut vraiment attendre les conclusions de la mission", il penche dorénavant pour "un ensemble cohérent : la loi, la résolution, la circulaire, la pédagogie".
Le débat n'est pas clos pour autant, y compris au sein du groupe UMP, même si, selon Christian Jacob, proche de M. Copé, "90 % du groupe sont aujourd'hui sur cette position". Toutefois, mardi matin, malgré les précautions préalables dont s'était entouré le président du groupe afin d'"éviter les amalgames", le tour pris par la discussion a provoqué un coup de colère de Nora Berra.
La secrétaire d'Etat aux aînés a claqué la porte de la salle Colbert, où se réunit à huis clos le groupe majoritaire, après avoir entendu Pascal Clément (UMP, Loire), déclarer que, "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ce ne sera plus la France". La secrétaire d'Etat a jugé ces propos "insupportables".
Si un tel geste de la part d'un membre du gouvernement est rarissime, l'entourage de Mme Berra assure qu'il s'agit d'"une décision réfléchie". "Nora Berra ne veut pas qu'il y ait des amalgames entre la burqa, l'immigration, les mosquées. Le danger, ce sont les amalgames. C'est comme le coup de la casquette à l'envers [en référence aux propos tenus par Nadine Morano]", estime un membre de son cabinet.
"MADAME MERRA, VERRA, JE NE SAIS MÊME PAS SON NOM..."
D'autres membres du gouvernement ont également pris leurs distances. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de la prospective, dit attendre "un débat d'un autre niveau", tandis que Martin Hirsch, Haut Commissaire aux solidarités, estime qu'"il y a des bornes à ne pas franchir".
M. Clément a démenti les propos qui lui étaient reprochés. "J'ai toujours été favorable aux lieux de culte, quels qu'ils soient. S'agissant des minarets, j'ai dit qu'il s'agissait d'un problème d'urbanisme. Je refuse qu'on m'associe à Le Pen. Quant à Mme Merra, Verra, je ne sais même pas son nom... on me dit que c'est le sujet qui l'a agacée", a déclaré l'ancien ministre de la justice à la sortie de l'Hémicycle.
"Je voulais en effet donner un signal fort", a expliqué l'intéressée, mercredi, sur Europe 1. L'échange a été "intéressant jusqu'au point où un député a en effet tenu ce genre de propos qui, pour moi, allait à l'encontre de la règle et du fondement de la laïcité", a-t-elle poursuivi. "Quand on entend ce genre de propos, on a une image passéiste de la France qui nous renvoie à une certaine tranche de la population." Et "ce débat [sur l'identité] trouve plus que jamais sa nécessité", a ajouté Mme Berra.
Dans un communiqué diffusé un peu plus tard, M. Clément reprochait à "Mme Berra, qui n'a jamais été députée", de "chercher la publicité sur le dos d'un ami politique".
Patrick Roger
Elections régionales : "Il faut avoir envie", lance M. Sarkozy à ses troupes
En langage d'entreprise, cela s'appelle un séminaire de motivation. La majeure partie des têtes de liste de la majorité pour les élections régionales s'est retrouvée à huis clos, mardi 22
décembre, dans un salon de l'Elysée, à un peu plus de trois mois du scrutin, prévu les 14 et 21mars. Ne manquaient à l'appel que Thierry Mariani (Provence-Alpes-Côte d'Azur), Christophe Béchu (Pays de la Loire), Laurent Hénart (Lorraine) et Alain Marleix (Auvergne), qui s'était fait remplacer par le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, initialement pressenti pour être candidat dans cette région.
Sagement assis en demi-cercle, avec toasts et boissons, les candidats ont écouté un Nicolas Sarkozy aux accents de campagne leur rappeler qu'il n'est pas question de baisser les bras, même si les sondages font grise mine. "Il faut y aller à fond", a affirmé le président de la République, flanqué d'Hervé Morin, le président du Nouveau Centre, parti allié de l'UMP, et de Xavier Bertrand, le secrétaire général de la formation présidentielle.
"Il a remonté les troupes et nous a dit qu'il fallait avoir envie", raconte une tête de liste. "La motivation est la première chose que veulent les électeurs", a martelé M. Sarkozy, qui considère que son volontarisme a été une des clés de son succès lors de la présidentielle 2007.
"ON NE M'ENFERMERA PAS !"
Le chef de l'Etat a ensuite appelé ses têtes d'affiche à ne pas mener une campagne strictement locale. "Il nous a dit : “De toute façon, si vous n'intégrez pas la dimension nationale, elle vous rattrapera”", raconte un participant. Il a affirmé qu'il s'impliquerait personnellement dans la campagne : "On ne m'enfermera pas !"
"Il nous a fait du coaching. Il a été très “punchy”. Il nous a expliqué que l'action du gouvernement devait être le socle de la campagne. En même temps, il nous a demandé d'avoir un projet régional le plus enthousiasmant possible", raconte une autre tête de liste.
Cette réunion à l'Elysée avait été décidée après le conseil national de l'UMP d'Aubervilliers, fin novembre. Nicolas Sarkozy, déjà, y avait prononcé un discours de défense de son bilan, devant toutes les têtes de liste. "Mais il n'avait pu voir tout le monde, faute de temps", explique son conseiller Franck Louvrier.
Mardi il s'est donc adressé à tout le monde dénonçant "la folie fiscale des régions socialistes" et appelant les candidats de la majorité à vanter ses réformes. "Il nous a dit de rappeler que la France résiste mieux à la crise que les autres pays, de parler du plan de relance, de la suppression de la taxe professionnelle, de la baisse des droits de succession, de la baisse de la TVA dans la restauration, du service minimum."
M. Sarkozy a aussi insisté sur l'importance de la dynamique du premier tour, alors que ses troupes s'inquiètent de l'absence de réserve de voix entre les deux tours. Il n'a pas évoqué la possibilité de triangulaires avec le Front national, redoutée par certains.
"Il a rappelé que l'opposition part divisée, et qu'elle n'arrivera pas à vraiment se réconcilier avant le second tour", poursuit un participant. Le président a aussi appelé au renouvellement des listes. "C'est le seul moyen de surprendre, face à des sortants", a-t-il expliqué alors que vingt régions métropolitaines sur vingt-deux sont dirigées par l'opposition.
AGENDA FLOU
A la suite de cette rencontre à l'Elysée, les cadres de l'UMP se sont réunis en comité exécutif. Pour balayer les grands thèmes de campagne. "La fiscalité, mais aussi l'emploi, la sécurité dans les transports, la vidéoprotection, la réforme territoriale… Même si rien n'est encore arrêté", confie un participant.
On est loin des thématiques de l'immigration et de l'identité nationale que le chef de l'Etat avait mises en avant cet automne et qui heurtent certains candidats. Le dispositif sera dévoilé fin janvier, lors d'un nouveau conseil national de l'UMP, où seront présentées les listes complètes.
Dès janvier, M. Bertrand se déplacera dans chaque région et prévoit d'y rester trente-six heures. Le premier ministre, François Fillon, devrait aussi participer à de nombreux meetings. L'agenda de M. Sarkozy reste plus flou. Le 8 décembre, il a rencontré des militants UMP à huis clos, en Alsace. En janvier, il est attendu en Corse. Les deux seules régions encore détenues par la droite, dont la perte serait considérée comme un fiasco.
Pierre Jaxel-Truer, avec Béatrice Jérôme
Quelques événements du 23 DÉCEMBRE
23 décembre 1420
Lit de justice où le dauphin est déshérité. Jean sans Peur, duc de Bourgogne, avait fait assassiner en 1407 son cousin le duc d'Orléans. Ce meurtre fut vengé par un autre meurtre. Le dauphin, fils de Charles VI, ayant attiré le duc de Bourgogne dans une entrevue, le fit ou le laissa du moins assassiner en sa présence. Le fils du duc assassiné joignit son ressentiment à celui d'Isabelle de Bavière, devenue une marâtre implacable pour le dauphin, qui lui avait enlev
é des trésors amassés au dépens du peuple. Tous deux appellent Henri V, roi d'Angleterre, à leur secours. Isabelle lui donne sa fille en mariage, et la France pour dot, avec le titre de régent jusqu'à la mort du roi. Henri vint s'établir à Paris, où il régna sans contradiction. Le duc de Bourgogne fit demander solennellement justice aux deux rois du meurtre de son père. Il fut convoqué une assemblée de tout ce qui restait de grands, à laquelle assista le premier président du parlement de Paris, et quelques députés de son corps.
C'est dans ce fameux lit de justice, tenu en présence de Henri V, roi d'Angleterre, que Charles VI nomma son très-aimé fils Henri, héritier et régent du royaume ; au lieu de parler de son propre fils, seul et unique héritier de la couronne, il ne le nommait que Charles, soi-disant dauphin. Malgré cette condamnation, le dauphin régna par la suite sous le nom de Charles VII.
23 décembre 1482
Traité d'Arras, conclu entre l'empereur Maximilien d'Autriche et Louis XI. Par ce traité, la France acquiert le duché de Bourgogne et la Picardie.
23 décembre 1588
Henri III fait assassiner le duc de Guise aux états de Blois. Le duc reçut plusieurs avis qu'on en voulait à sa vie. La veille du jour de sa mort, il trouva en dînant, sous sa serviette, un billet qui lui marquait que son dernier moment approchait. Il dit seulement : « Il n'oserait », et acheva de dîner tranquillement. Néanmoins l'après-dîner, sur des avis réitérés, il tint conseil avec le cardinal de Guise, son frère, et l'archevêque de Lyon, sur le parti qu'il devait prendre. Le cardinal fut d'avis qu'il s'en allât à Paris ; mais l'archevêque lui ayant représenté que s'il abandonnait les états, tous ses amis perdraient courage, et qu'il ne retrouverait jamais une si belle occasion d'établir son autorité, il se résolut à tout hasarder. Le lendemain, il alla chez le roi : il fut un peu surpris de voir la garde renforcée,
les cent-suisses rangés sur les degrés. Dès qu'il fut entré dans la première salle, on ferma la porte. Il ne laissa pas de faire bonne mine, salua tous ceux du conseil avec ses grâces ordinaires ; et dans le temps qu'il voulait entre dans le cabinet, il fut percé de plusieurs coups de poignard, sans pouvoir mettre l'épée à la main, et expira en disant : « Mon Dieu, ayez pitié de moi ! » Dès qu'il fut mort, le roi descendit dans la chambre de la reine mère qui était malade, et lui dit ce qui venait d'être fait. « Je ne sais, lui dit-elle, si vous en avez bien prévu les suites. »
23 décembre 1787
Mort de Louise-Marie de France, fille de Louis XV, et tante de Louis XVI.












