TOUT EST DIT

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mercredi 10 novembre 2010

Qui est pauvre ?


« Il y a trois sortes de mensonges : les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques », disait Mark Twain. Une fois de plus, les tristes réalités constatées par le Secours catholique, et que peuvent confirmer toutes les ONG, donnent raison au grand écrivain américain. Car selon l'INSEE ne sont « pauvres » « que » 13% des Français, un taux en constant recul depuis 1970 où il concernait 17% de la population...
Ces affirmations sont d'une froide logique mathématique basée sur le « revenu médian » qui comptabilise toutes les rentrées, les diverses allocations comprises. Et est déclaré « pauvre » celle ou celui disposant de ressources inférieures à 60% de ce « revenu médian » national (selon la norme européenne Eurostat), soit 811 € dans la France de 2008 (et moins de 159 € par mois pour un Roumain...).
Évidemment, ces chiffres - au mode de calcul d'ailleurs variable - ne peuvent refléter la réalité telle qu'elle est vécue au quotidien. Il faut se loger, se chauffer, se nourrir, s'habiller... Et ces budgets sont incompressibles. A cette pauvreté « officielle » s'ajoutent les corrélations reflétant toutes les affres de la misère. Un seul exemple qui en dit long : dans notre pays développé où certains problèmes sanitaires ne devraient pas se poser, plus de 40 000 jeunes enfants souffrent de saturnisme car vivant avec leurs parents dans des logements insalubres (au nombre de 500 000) où subsistent encore des peintures au plomb...
Dresser un catalogue de la pauvreté comporterait une liste interminable. Les « seuils » statistiques basés sur le « revenu médian » sont irréalistes. Seul compte ce que l'on a et ce que l'on dépense, souvent plus que les avoirs. Surtout quand frappent les aléas de la vie : la maladie, le chômage, la séparation, l'endettement qui devient vite surendettement...
Reste à lutter contre ce fléau qui n'a pas seulement la conjoncture économique pour origine. Ainsi, malgré plusieurs années de « vaches grasses » entre 1970 et 2009, le taux officiel du « seuil de pauvreté » n'a que très peu baissé en France. Et si l'Allemagne connaît depuis quelques mois un rebond économique avec baisse du chômage, elle voit aussi augmenter les cas de surendettement et de faillite personnelle (plus 21% entre juillet et août, soit une hausse de 10% les huit premiers mois de l'année). Paradoxalement, les faillites d'entreprises régressent...
Nos sociétés ont toujours été inégalitaires. Elles le deviennent de plus en plus. Que penser quand un dirigeant d'une grande industrie du luxe, plutôt pingre dans ses salaires ouvriers, empoche grâce à ses stock-options en une seule opération de bourse 18 millions d'euros, soit environ 14 000 SMIC mensuels bruts ?


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