TOUT EST DIT

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vendredi 20 février 2015

La Grèce au bord du drachme

Crise. Mélange de fables économiques : la cigale grecque voulait se faire aussi grosse que le boeuf. Elle a péché par vanité avec la complicité de l’Europe. Éclairage sur une crise à rebondissements qui pourrait aboutir à la sortie de la Grèce de la zone euro.
Prenez un shaker, mettez-y un pays qui, pour entrer dans la zone euro, a caché l’ampleur de sa dette et de ses déficits, champion de l’évasion fiscale, où la corruption est devenue un sport national. Rajoutez les conséquences économiques et sociales du ralentissement mondial lié à la crise des subprimes et deux grosses cuillerées de cure d’austérité sous l’égide d’un contrôle international, la troïka, en échange d’aides financières massives… Secouez le tout et vous obtiendrez un cocktail des plus explosifs : la Grèce à la veille des élections législatives du 25 janvier dernier.
Syriza les a emportées en rassemblant les voix des Grecs laminés par quatre années de crise et lassés par les malversations des conservateurs et des socialistes qui alternent au pouvoir depuis quarante ans. À la tête de ce parti de la gauche radicale, Alexis Tsipras, un populiste qui a fait campagne en promettant qu’une fois élu il réclamerait l’effacement de l’essentiel de la dette grecque, qui se monte aujourd’hui à 320 milliards d’euros, soit 175 % du PIB.
Devenu premier ministre, il plaide maintenant pour un réaménagement des engagements grecs en cherchant à s’affranchir d’une troïka jugée trop contraignante et directive. Avec Yanis Varoufakis, son ministre des Finances, il a engagé un bras de fer avec l’Europe en espérant qu’elle se pliera à ses exigences et que l’Allemagne, tenante de l’orthodoxie budgétaire, sera marginalisée. Ses armes ? Gesticulations et chantage. Il menace l’Europe de demander de l’aide à la Chine et à la Russie, et exige de l’Allemagne des réparations de guerre… La Banque centrale européenne (BCE) a aussitôt réagi en fermant aux banques grecques le canal qui leur permettait de se refinancer auprès d’elle, ne laissant en place qu’un dispositif d’urgence.