TOUT EST DIT

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mercredi 27 octobre 2010

Anatomie de la sale guerre

Les méthodes du site militant d'origine australienne Wikileaks sont contestables. Les autorités américaines n'ont pas tort de dire que les documents confidentiels sur la guerre en Irak qu'il publie sur Internet -et il vient encore d'en diffuser plusieurs milliers -mettent en danger les soldats occidentaux sur place. Mais pour porter un jugement éclairé sur la stratégie suivie par ce site, il faut soupeser aussi l'autre côté de la balance. Brièvement résumés, ces documents internes à l'armée américaine montrent que l'occupation de l'Irak depuis l'intervention de 2003 a donné lieu à de nombreuses violations des droits de l'homme, à des traitements inhumains de prisonniers et à des bavures à grande échelle. Ils montrent aussi qu'au cours de la période récente, la police et l'armée irakiennes, à qui les Américains transfèrent progressivement les tâches de maintien de l'ordre, se livrent à des exactions qui rappellent celles de feu Saddam Hussein.


Les responsables de ce site n'étant pas connus pour être des benêts, on ne les créditera pas d'une vision naïve du monde où des méchants feraient du mal à des gentils. Ils ont une stratégie consistant à démontrer que l'on ne peut pas gagner une guerre comme ça, tout simplement parce que la population n'accepte pas ces méthodes. Et il est frappant de constater que le passionnant témoignage du grand reporter Renaud Girard, de retour d'Afghanistan (« Retour à Peshawar », Grasset), va exactement dans le même sens. Il rappelle que peu avant d'être limogé pour des propos maladroits, le général McChrystal, commandant en chef des troupes américaines à Kaboul, avait décidé l'arrêt des bombardements par des drones en raison de l'ampleur des dégâts collatéraux sur les populations civiles et de concentrer les efforts sur la reconstruction économique du pays. McChrystal se disait lecteur de Lyautey. Ce dernier n'eut pas que des initiatives heureuses au Maroc. Mais il avait compris que pour vaincre un ennemi sur une terre étrangère, il faut se faire aimer de la population plutôt que d'y être détesté.

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