TOUT EST DIT

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lundi 21 décembre 2009

«La grève a coûté 5 millions d'euros à la RATP»

Alors que les grévistes en sont à leur 13e jour de grève, Pierre Mongin, le PDG de la RATP, déplore les conséquences de ce mouvement social.
La reprise du trafic semble proche sur le RER A. Les rangs des grévistes qui entament ce mardi leur 13e journée consécutive de mouvement commencent à s'éclaircir. Un conducteur est venu travailler samedi, huit dimanche et vingt lundi. Pierre Mongin s'estime donc conforté dans sa stratégie : le PDG de la RATP a fait, très tôt, d'importantes concessions mais il refuse depuis d'aller plus loin.

LE FIGARO. - La grève dure depuis 13 jours sur le RER A. Croyez-vous à une sortie prochaine du conflit ?

Pierre MONGIN. - Oui. Nous sommes actuellement en phase d'appel à la reprise du travail. Le trafic a démarré lundi matin à 6 heures et non à 7 h 30 grâce au retour des premiers grévistes. La grève est toujours l'expression d'un rapport de force et cette fois-ci les salariés n'ont pas assez mesuré notre détermination. Je pense que le trafic va reprendre progressivement.

Vous n'irez pas donc pas au-delà des propositions que vous avez déjà faites aux grévistes...

Nous nous sommes engagés à une écoute renforcée de nos salariés. Nous allons mettre en place des tableaux de service qui intègrent les observations faites sur le terrain. Nous avons avancé à début 2010 les réunions de négociation sur le déroulement des carrières initialement prévues fin 2010. Et nous avons annoncé une prime supplémentaire de 80 euros par mois si les conducteurs atteignent les objectifs que nous fixe le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif). Nous ne pouvons aller plus loin car cela nous exposerait à un dérapage des salaires insoutenable en cette période de crise : cette année, notre résultat opérationnel devrait diminuer de moitié du fait de la baisse du trafic et de la baisse des ventes de pass Navigo. Une hausse de 80 euros de la prime est loin d'être négligeable. C'est aussi une manière d'associer les conducteurs aux résultats de la RATP. C'est un changement de culture qui me tient à cœur : nous nous orientons vers une prise en compte plus importante de nos résultats dans les salaires.

Ces propositions ont été faites il y a une semaine. Pourquoi le conflit s'est-il enlisé ?

Nous sommes dans une période préélectorale à la RATP puisque les représentants du personnel seront désignés fin 2010. Le nouveau seuil de 10% pour qu'un syndicat soit représentatif donne à ces élections un enjeu de survie pour certaines organisations. Du coup, notre dialogue a souffert de réticences des syndicats à expliquer ces avancées sur le terrain par peur d'être soupçonnés de faiblesse et d'en subir les conséquences électorales.

Pensez-vous qu'il s'agisse d'une grève de nantis ?

Non. Ce mouvement est avant tout l'expression des difficultés d'exploitation de cette ligne sur laquelle nous avons de plus en plus de journées à un million de voyageurs. Cette ligne qui était adaptée lors de sa création ne l'est plus. Pour y remédier, j'ai décidé l'an dernier d'augmenter de 10% le trafic sur le tronçon central pour mieux desservir la branche de Cergy-Pontoise. L'intervalle entre deux trains est de deux minutes aux heures de pointe et de trois minutes trente le reste de la journée. Nous n'avons plus «d'heures creuses» pour ajuster le trafic : le moindre grain de sable dans l'exploitation a des répercussions sur l'ensemble de la journée. Nous comprenons ce que ressentent nos conducteurs et nous les aidons. La ligne A du RER fait l'objet d'un plan sans précédent. Nous avons engagé 1 milliard d'euros de dépenses : 930 millions d'euros sont consacrés à l'achat de trains à deux étages qui arriveront en 2011 et le reste à des dépenses d'infrastructures. Cet effort est inédit, d'autant plus que le Stif n'y contribue qu'à hauteur de 30%, alors qu'il finance 50% des nouveaux Transiliens.

Cette grève illustre-t-elle les avancées de la loi sur le service garanti ?

Oui, c'est la première fois que nous assurons au RER notre objectif d'un train sur deux en heure de pointe inscrit au contrat Stif. Cela a été rendu possible grâce à l'implication de 80 salariés volontaires. Je conviens volontiers que le service a été insuffisant pour nos clients, mais le RER A ne s'est jamais arrêté et nous avons donné la priorité à la sauvegarde des déplacements professionnels en Île-de-France.

Allez-vous rembourser les usagers lésés ?

En ayant rempli notre obligation de service garanti, nous ne sommes pas tenus de le faire. Nous allons y réfléchir, mais le conflit nous a déjà coûté très cher. J'évalue à ce jour à 5 millions d'euros le coût de cette grève.

CE CONFLIT EST ABSOLUMENT IGNOBLE, LES EMPLOYÉS DE LA RATP SONT DES AGENTS DE L'ETAT, ILS BÉNÉFICIENT D'AVANTAGES EXTRAVAGANTS, IL NE FAUT RIEN LEUR CÉDER DE PLUS.

Pourquoi Copenhague ne vous passionne pas?

DEBAT - C'est la question qui se pose depuis douze jours qu'a commencé le sommet sur le climat...
Le sujet ne fait que peu d’adeptes sur les sites d’informations. Parmi les articles les plus lus de 20minutes.fr, nulle trace de Copenhague. Idem sur le nouvelobs.com, où le podium était occupé ce week-end par les perturbations engendrées par la neige, Susan Boyle et l’idée d’un député UMP de «nationaliser» l’Internet. Sur lemonde.fr, même tonalité. Aucun sujet sur Copenhague ne figurait ni dans les articles les plus commentés ni dans les articles plus envoyés. Pas non plus de présence du sommet parmi les articles les plus consultés du site du Parisien.

Pourquoi Copenhague ne vous a pas passionné? Vous êtes nombreux à nous l'avoir dit dans les commentaires. Dépité, Grib répond par exemple ceci: «Les français ne vivent que pour le foot et pour Johnny... voilà les vraies valeurs des Français, des drogués, des alcooliques, des tricheurs dont ils font leurs dieux... Les Français sont de petits égoïstes qui ne s'intéressent qu'aux sujets de bas étages... alors l'avenir de l'Homme (et donc de leurs enfants, ce qu'ils semblent oublier bien vite) en quoi ça les concerne?»

De son côté, Vie «trouve indécent de pleurer les ours polaires quand des mères africaines n'ont même pas de lait pour leur bébé. Je me suis intéressé au sommet de Rome mais les médias n'en ont pas parlé.»

«On ne s'intéresse pas à Copenhague parce que c'était évident que les intérêts à court terme allaient prendre le dessus sur les intérêts long terme de la planète», estime quant à lui Supergreen. Ne Confondons Pas ajoute: «Ce n'est pas le sommet de Copenhague ou l'écologie qui ne nous intéressent pas... Ce sont les hommes politiques et leurs mensonges qui nous saturent!»

Quelques événements du 21 DÉCEMBRE

21 décembre 1641
Mort de Sully. Maximilien de Béthune, baron de Rosny, duc de Sully, l'ami de Henri IV, le restaurateur des finances, était né au ch&acric;teau de Rosny, en 1560. Il signala d'abord sa valeur à la bataille de Coutras, à celle d'Arques, et surtout à celle d'Ivry, où il partagea les fatigues et la gloire de son maître. Aussi bon politique qu'excellent guerrier, il fut employé avec succès dans plusieurs ambassades, en Italie et en Angleterre. Devenu surintendant des finances en 1598, son administration tint en quelque sorte du miracle.
Avant lui on levait 150 millions sur le peuple, pour en faire entrer 30 dans le trésor royal. Sully mit un si bel ordre dans les affaires de son maître, qu'avec 35 millions de revenu, il acquitta 200 millions de dettes en dix ans, et mit en réserve 30 millions d'argent comptant dans les coffres du roi.
Les courtisans et les maîtresses de Henri IV, dont l'avidité s'irritait de son austère économie, avaient souvent travaillé à le desservir dans l'esprit de son maître, et y avaient quelquefois réussi ; mais un mot d'explication entre le roi et son ministre, avait toujours dissipé le nuage et resserré plus fortement les noeuds de leur intimité, à la grande confusion des courtisans. On se rappelle ce fameux éclaircissement terminé par ces belles paroles du monarque : « Relevez-vous, Sully, ils croiront que je vous pardonne. »
Ce ministre qui résistait si fortement à l'avidité des courtisans, ne ménageait pas davantage les passions de son maître. Henri IV ayant eu la faiblesse de faire une promesse de mariage à la marquise de Verneuil, Sully, à qui le prince la montra, eut le courage de la déchirer devant lui. « Ventre saint gris, dit le roi en colère, vous êtes donc fou ? », ce à quoi Sully répondit : « Oui, sire, et plût à Dieu que je fusse le seul en France ! »

21 décembre 1721
Mort du peintre français Antoine Watteau, né en 1684.

21 décembre 1782
Mort de l'abbé de Reyrac. La pureté de ses moeurs et la douce onction de ses paroles, faisaient aimer la religion qu'il annonçait. Sa ligure respirait la sérénité de la bonne conscience, et on ne pouvait l'approcher sans participer à ce calme heureux d'une âme juste dont il jouissait. « La vertu, disait-il, fait le plus doux charme du talent. Ce ne sont ni les livres, ni les succès qui rendent heureux les gens de lettres, mais bien la retraite, la modération de l'âme, la vie simple et l'amitié. » Il était cher à ses amis, par une aménité de caractère, une honnêteté et une politesse réunies en lui à la sensibilité du coeur. Son Hymne au soleil, poème charmant, écrit en prose poétique, avec une harmonie et une élégance qui approchent celles de Fénélon, est le principal fondement de sa réputation. Ses Poésies sacrées sont d'un style bien moins poétique, et, quoiqu'en vers, font bien moins de plaisir que sa prose.

21 décembre 1879
Naissance de Staline. Il s'appelait véritablement Iossif Djougachvili et vit le jour à Goti, en Géorgie, où son père gagnait maigrement sa vie en exerçant la profession de cordonnier et consacrait le plus gros de ses revenus à la consommation de la vodka. La mère de Iossif, qui l'aimait beaucoup et le surnommait tendrement « Sosso », le fit entrer au séminaire de Tiflis, espérant ardemment faire de son fils un pope. Mais ce dernier n'était point doué pour la théologie orthodoxe, et quitta le séminaire dès 1899, « emportant avec lui, nous dit l'un de ses contemporains, une hostilité rentrée, mais forcenée, contre l'école, contre la bourgeoisie, contre tout ce qui existait dans le pays et incarnait le tsarisme. Une haine contre toute autorité ».

«Arrêtez ce débat, Monsieur le Président !»

SOS racisme lance une pétition pour réclamer l'abandon du débat sur l'identité nationale lancé par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Eric Besson, et prévu pour courir jusqu'au 4 février. En voici le texte:

«Depuis le 2 novembre 2009, la France a été entraînée, malgré elle, dans les tourments d’un débat sur l’identité nationale. De nombreuses voix s’étaient pourtant élevées pour avertir que le lien posé d’emblée entre l’immigration et l’identité nationale était de nature à libérer une parole au «mieux» stigmatisante, au pire raciste.

Malheureusement, ces prédictions apparaissent aujourd’hui se situer bien en-deçà d’une réalité inquiétante et nauséabonde. En effet, depuis plusieurs semaines, les débats sur l’identité nationale sont apparus comme des espaces de libération d’une parole raciste, prompte à remettre en cause, de façon insidieuse ou explicite, la légitimité de la présence sur le sol national de catégories entières de la population.

Un nombre substantiel de réunions nous font honte tant les propos qui y sont tenus heurtent nos consciences de républicains et de démocrates, attachés aux valeurs du vivre ensemble. Propos violents envers les immigrés et leurs enfants, vision caricaturale des «jeunes de banlieue», obsession autour de la figure du musulman comme euphémisation d’un racisme anti-arabe qui n’ose plus s’exprimer en ces termes: voilà quelles semblent être les principales réflexions qui émergent des réunions tenues sur le territoire.

Pire, des responsables politiques de premier plan ont cédé au tropisme de la stigmatisation. Ainsi, il y a quelques jours, une Ministre de la République, Nadine Morano, livrait en creux sa vision du musulman, essentialisé dans la position de celui qui refuse de s’intégrer à la Nation, fût-il français.

La technique consistant, face aux tollés soulevés par de tels propos, à expliquer que ces derniers ont été mal compris ne doit pas faire illusion. La preuve n’est plus à faire que le débat sur l’identité nationale, bien loin de renforcer l’adhésion aux valeurs de la République, est un facteur de haine et de désunion, là où notre pays devrait s’atteler à cultiver le vivre ensemble. Un vivre ensemble trop fragile pour qu’il soit affaibli à travers un débat qui, posé en ces termes, ne pouvait finalement rien produire d’autre.

Face à cette réalité qu’il est inutile de vouloir camoufler, il est tout aussi inutile de sortir la carte du «peuple dont l’expression est légitime». Car, dans notre pays comme dans toutes les grandes démocraties, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit. À cet égard, les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans l’espace public.

C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, de mettre un terme à ces réunions, sans quoi la République française que vous représentez aura fait le choix de laisser se tenir en son sein et avec son assentiment un débat de nature à briser durablement les fondements de notre vivre ensemble.»

La pétition «arrêtez ce débat» est à signer en ligne ici.
Les premiers signataires:

Ameziane ABDAT, président de l'association Zy Va; Isabelle ADJANI, comédienne; Pierre AIDENBAUM, maire du 3ème arrondissement de Paris; Jean-François AMADIEU, professeur Université Paris 1; Pouria AMIRSHAHI, secrétaire national du PS chargé des droits de l’homme; Nathalie ANDRE, réalisatrice; Mouloud AOUNIT, co-président du MRAP; Pierre ARDITI, comédien; Gérard ASCHIERI, secrétaire général de la FSU; Eliane ASSASSI, sénatrice de Seine-Saint-Denis (PCF); David ASSOULINE, sénateur de Paris (PS); Yvan ATTAL, comédien; Martine AUBRY, première secrétaire du Parti Socialiste, maire de Lille; Clémentine AUTAIN, co-secrétaire de la fondation Copernic; Josiane BALASKO, cinéaste; Massira BARADJI porte parole de la FIDL; Claude BARTOLONE, président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis; Pierre-Louis BASSE journaliste - écrivain; Eric BASSET, producteur; Djamel BEN SALAH, cinéaste; BENABAR chanteur; Ghaleb BENCHEIKH, théologien; Jean BENGUIGUI, comédien; Yamina BENGUIGUI, réalisatrice - adjointe au Maire de Paris; Jean-Luc BENNAHMIAS, député européen, vice-président du Modem; Pierre BERGE, président de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent; Charles BERLING, comédien - réalisateur; Jean-Louis BIANCO, député et président du Conseil général des Alpes de Haute-Provence; Martine BILLARD, députée, porte parole du Parti de Gauche; Jane BIRKIN comédienne; Nicole BORVO COHEN-SEAT, sénatrice de Paris (PCF); Farid BOUDJELLAL, dessinateur; Ali BOUGHERABA, humoriste; Michel BOUJENAH, humoriste; Pascal BREITH président du Paris Foot Gay; Marie-George BUFFET, secrétaire national du Parti Communiste, députée, ancienne ministre; Dominique BURDOT, éditeur; CALI, chanteur; Gwénaële CALVES, Professeur Université de Cergy-Pontoise; Jean-Christophe CAMBADELIS, député de Paris (PS) ; CARTOUCHE, humoriste; Philippe CASTEL, porte-parole de l’Inter-LGBT; Christian CHARRIERE BOURNAZEL, bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Paris; Noëlle CHATELET, écrivain, universitaire; Pascal CHERKI, maire du 14e arrondissement de Paris; Daniel COHN-BENDIT, député européen; Eric COQUEREL, secrétaire national du PG; Geneviève DE FONTENAY, présidente du Comité Miss France; Jerôme DEGUEY, musicien- compositeur ; Magloire DELCROS-VARAUD, acteur; Karima DELLI, députée européen; Laurianne DENIAUD, présidente du MJS; Jean-François DEREC; Harlem DESIR député européen; Manu DI BANGO, chanteur; Marc DOLEZ Député du Nord (PG) Boris DOLIVET, cinéaste, co-scénariste des Lascars; Philippe DOUCET, maire d'Argenteuil Mohammed DRIDI Ancien Champion du Monde de Kickboxing; Jean-Pierre DUBOIS, président de la Ligue des droits de l'Homme; Cécile DUFLOT, secrétaire nationale des Verts, porte-parole d’Europe-Ecologie; Laurent FABIUS, ancien Premier Ministre, député; Eric FASSIN Sociologue - ENS Michel FEHER philosophe - Président de Cette France-là; Dan FRANCK, écrivain; Elodie FRENCK comédienne; Laurent GIOVANNONI Secrétaire général de la Cimade; Daniel GOLDBERGDéputé de Seine-Saint-Denis (PS), Romain GOUPIL, comédien; Raphael HADDAD, ancien Président de l’UEJF; Marek HALTER, écrivain; Clara HALTER, plasticienne; Pierre HENRI, président de France Terre d'Asile; Anne HIDALGO, première adjointe au maire de Paris; Catherine HIEGEL, sociétaire de la Comédie française; François HOLLANDE, député, président du Conseil général de Corrèze; Robert HUE, sénateur, président du MUP; Lionel JOSPIN, ancien Premier ministre; Esther KAMATARI, ancien mannequin; Tcheky KARYO, comédien; Taïg KHRIS, champion du monde de roller; Thomas KIRSZBAUM, sociologue - IEP- ENS Cachan; Jean-François KLEIN, historien INALCO; Nicolas KLOTZ, cinéaste; Patrick KLUGMAN, avocat au Barreau de Paris, conseiller de Paris; Richard KOLINKA, musicien; LAAM, chanteuse; Valérie LANG, comédienne; Jack LANG, député du Pas-de-Calais (PS), ancien ministre; Jacques LE GOFF, historien; LE KAFEAR, La Brigade- artiste; Alain LE VERN, président du conseil régional de Haute-Normandie, Corinne LEPAGE, députée européen; Serge LE PERON, cinéaste; Nolwenn LEROY, chanteuse, Claude LEROY, entraîneur; Nikita LESPINAS, comédienne; Bernard-Henri LEVY, Ecrivain; Vincent LINDON, comédien; Philippe LIORET, cinéaste; Patrick LOZES, président du CRAN; Benoit MAGIMEL comédien; Jacky MAMOU, président du Collectif Urgence Darfour; Stéphane MAUGENDRE, président du GISTI; Pierre MAUROY, ancien Premier ministre; Sandrine MAZETIER, députée; Jean-Luc MELENCHON, député européen, président du Parti de Gauche; André MIQUEL, historien; Jean-Pierre MOCKY, cinéaste; Marie-José MONDZAIN philosophe; Mathilde MONNIER, chorégraphe; Alain MONOD, avocat au conseil; Bernard MONTIEL, animateur - comédien; Laurent MULLER, éditeur; Vincent PEILLON député européen; Patrick PELLOUX, président de l'Amuf; Elisabeth PERCEVAL, cinéaste; Sébastien PIETRASANTA, maire d'Asnières; Denis PODALYDES, cinéaste; Jean-Baptiste PREVOST, président de l’UNEF; Franck PUPUNAT, secrétaire national du PG et fondateur d'Utopia; Firmine RICHARD, comédienne; Pierre ROSANVALLON historien; Elisabeth ROUDINESCO, psychanalyste; Daniel SABBAGH universitaire; Richard SANCHEZ, membre du CN du PCF, président de Fier-e-s Révolutionnaires; marjane SATRAPI, Dessinatrice; Arielle SCHWAB, présidente de l’UEJF; Mohamed SIFAOUI, journaliste; Yves SIMON, écrivain et compositeur; Danielle SIMONNET, secrétaire nationale du PG; SMAïN, humoriste; Dominique SOPO, président de SOS Racisme; Benjamin STORA, historien; Fodé SYLLA, membre du Conseil Economique et Social; Benoit THIEULIN, La Netsquad; Samuel THOMAS, président de la Fédération des maisons des potes, Stéphane TROUSSEL, vice-président du Conseil général de Seine-Saint-Denis; Manuel VALLS, député- Maire d'Evry; Dominique VOYNET, Sénatrice - Maire de Montreuil; Lambert WILSON, comédien; Medhi YAZI-ROMAN, conseiller municipal à Pantin; Baki YOUSSOUFOU, président de la Confédération Etudiante, Malik ZIDI, comédien.

JE SUIS POUR CE DÉBAT.

Malgré l'échec de Copenhague, M. Sarkozy continue d'investir le terrain de l'écologie

On continue comme avant. En dépit de l'échec de Copenhague, Nicolas Sarkozy veut continuer d'occuper le terrain de l'écologie en France. "Le président ne cédera pas d'un pouce sur les engagements qu'il a pris", explique Franck Louvrier, conseiller en communication de l'Elysée.
Le chef de l'Etat recevra en début de semaine les associations environnementales et compte, selon M. Louvrier, prendre des "initiatives fortes", alors que de nouveaux rendez-vous sont attendus au printemps 2010 à Bonn, en Allemagne, et à la fin de l'année à Mexico. Il n'empêche, la France est menacée d'un "Copenhague-blues".

"Il va y avoir un questionnement sur les politiques française et européenne qui avaient vocation à s'inscrire dans un espace mondial", analyse la spécialiste de l'environnement, la secrétaire d'Etat Nathalie Kosciusko-Morizet. "Ces politiques ne perdent pas forcément de leur pertinence, mais doivent être réinterprétées. Soit l'on tombe dans les désillusions : le monde va dans le mur, allons-y gaiement sous la pression des industriels qui demanderont la levée des contraintes. Soit l'on persévère. Mais cela implique de poser la question de la compensation carbone aux frontières de l'Europe ou d'un espace plus vaste de pays décidés à lutter contre le réchauffement", précise-t-elle.

Toutefois, la taxe aux frontières proposée par M. Sarkozy ne fait pas l'unanimité en Europe. Mme Kosciusko-Morizet déplore que l'Union européenne impose essentiellement des normes. Elle propose la création d'une politique de l'environnement intégrée, par exemple en matière de recherche.

"PERSÉVÉRANCE"

A l'approche des élections régionales de mars 2010, la droite veut capitaliser sur l'engagement écologique du chef de l'Etat. L'UMP oppose son "écologie populaire" qui lie environnement et croissance, à l'"écologie politique" des Verts, qui aurait reçu un camouflet. "On l'a bien vu à Copenhague, l'argument de la décroissance ne fonctionne dans aucun pays du monde", estime M. Louvrier, qui conseille aux Verts de "faire un séminaire pour repenser leurs thèses".

L'idée est de se différencier du parti écologiste après le coup de semonce reçu en septembre à Rambouillet, où les Verts ont failli gagner une législative dans une circonscription ancrée à droite. "Nous devons tenir notre discours sur la croissance verte créatrice d'emplois", renchérit Mme Kosciusko-Morizet.

Il convient aussi de convaincre les Français qu'ils ne sont pas dispensés d'efforts. "L'Europe fait partie des grands pollueurs", rappelle Brice Hortefeux, le ministre de l'intérieur. Le gouvernement ne remettra pas en cause l'introduction au 1er janvier de la taxe carbone, qui renchérira le prix de l'essence. "Les Français toucheront leur chèque Vert en février", affirme M. Louvrier.

Pour Hervé Mariton, "Copenhague est une invitation à la persévérance". Le député de la Drôme, proche de Dominique de Villepin, estime que la politique de l'environnement doit s'expliquer dans la durée. "On n'a pas suffisamment inscrit la taxe carbone dans le cadre d'une fiscalité écologique. Qu'adviendra-t-il d'elle après 2010 ? Normalement, il devrait y avoir une aggravation de cette taxe."

Enfin, M. Sarkozy conteste l'organisation de la négociation internationale et plaide pour un fonctionnement sur le modèle du G20, que la France présidera en 2011. "La négociation est devenue opérationnelle à Copenhague lorsqu'on s'est retrouvés à 28. C'était un G20 élargi", explique M. Louvrier, alors que le chef de l'Etat a dénoncé un système des Nations unies "à bout de souffle".
Arnaud Leparmentier

La Serbie déposera mardi sa candidature pour entrer dans l'Union européenne

Boris Tadic se rendra mardi 22 décembre à Stockholm pour déposer la candidature de son pays à l'Union européenne, a confirmé lundi 21 décembre la présidence serbe. Cette décision, qui intervient après plusieurs semaines de rapprochement entre Belgrade et l'UE, a été saluée par le premier ministre suédois qui s'est félicité que la Serbie "ait franchi une étape historique en décidant de présenter sa candidature".
Au début du mois de décembre, les Vingt-Sept Etats membres de l'UE ont donné leur accord à la mise en œuvre, longtemps bloquée, d'un accord de libre-échange entre l'UE et Belgrade. Les ressortissants serbes sont également autorisés depuis samedi, lorsqu'ils sont détenteurs d'un passeport biométrique, à se rendre dans l'espace Schengen de libre circulation des personnes, qui regroupe la majorité des pays de l'Union.

Un dépôt de candidature auprès de la présidence de l'UE est la toute première étape pour un pays aspirant à l'Union. La Serbie est le dernier pays en date, issu de l'ex-Yougoslavie, à présenter sa candidature à l'UE. La Slovénie fait partie de l'Union depuis 2004, la Croatie est bien engagée dans les négociations d'adhésion et espère la rejoindre en 2011, la Macédoine est candidate depuis décembre 2005 mais piétine pour ouvrir les négociations d'adhésion, le Monténégro a déposé sa candidature en décembre 2008.

La Bosnie, empêtrée dans une impasse institutionnelle, est à la traîne, tout comme le Kosovo, dont la Serbie conteste la proclamation d'indépendance devant la Cour internationale de justice (CIJ). La proclamation d'indépendance par les autorités de Pristina a été reconnue à ce jour par 64 pays dans le monde, dont 22 des 27 Etats de l'UE. L'Albanie a déposé sa candidature à l'UE en avril dernier.

Un Français sur deux insatisfait du débat sur l'identité nationale

Contesté chez les politiques, il mécontente aussi la moitié des Français. Selon un sondage CSA pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, 29 % veulent un arrêt du débat et 21 % sa suspension.
Une majorité de Français (50%) affirme ne pas être satisfaite de la manière dont se déroule le débat sur l'identité nationale, voulu par le gouvernement mais qui suscite la controverse, selon un sondage CSA paru dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de lundi.

Selon cette enquête d'opinion, 25% des personnes interrogées se disent au contraire satisfaites du déroulement du débat, 25% ne se prononçant pas.

Les sondés sont partagés sur le devenir de ce débat lancé début novembre: 34% estiment qu'il faut le poursuivre, 29% souhaitent son arrêt et 21% juste sa suspension. 16% ne se prononcent pas.

Invité à commenter ces résultats, le ministre de l'Immigration Eric Besson répond qu'"il faut bien évidemment poursuivre ce débat, qui continue de passionner nos concitoyens". Le ministre précise qu'il "s'étalera jusqu'à fin 2010, bien au-delà des élections régionales".

Au contraire, la première secrétaire du PS, Martine Aubry déclare que "devant les nombreux dérapages, nous demandons à nouveau d'en finir avec ce débat, comme d'ailleurs de supprimer le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, dont l'existence même fait honte à notre pays".

Sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 décembre auprès d'un échantillon représentatif de 1 005 personnes majeures (méthode des quotas).

UN FRANÇAIS SUR DEUX EST DONC SATISFAIT DU DÉBAT SUR L'IDENTITÉ NATIONALE.

dimanche 20 décembre 2009

L'Egypte veut le buste de Néfertiti

L'Egypte va demander officiellement le retour du buste de Néfertiti, chef d'oeuvre de l'art pharaonique actuellement exposé dans un musée allemand, a annoncé au Caire le chef du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass. M. Hawass va "convoquer une réunion extraordinaire pour étudier les formalités afin de demander officiellement le retour de la statue", selon un communiqué publié après des entretiens avec Friederike Seyfried, la directrice du Musée égyptien et de la Collection de papyrus au sein du Neues Museum de Berlin.

Le buste, vieux de quelque 3.400 ans, a été découvert en 1912 dans le sud de l'Egypte par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt. L'Egypte réclame sa restitution depuis les années 1930, sans succès.

M. Hawass affirme qu'après sa découverte, la statue a été recouverte de glaise pour passer inaperçue et envoyée en Allemagne par bateau.
LE CAIRE — L'Egypte va demander officiellement le retour du buste de Néfertiti, chef d'oeuvre de l'art pharaonique actuellement exposé dans un musée allemand, a annoncé dimanche au Caire le chef du Conseil suprême des Antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.

M. Hawass va "convoquer une réunion extraordinaire pour étudier les formalités afin de demander officiellement le retour de la statue", selon un communiqué publié après des entretiens avec Friederike Seyfried, la directrice du Musée égyptien et de la Collection de papyrus au sein du Neues Museum de Berlin.

Le buste, vieux de quelque 3.400 ans, a été découvert en 1912 dans le sud de l'Egypte par l'archéologue allemand Ludwig Borchardt. L'Egypte réclame sa restitution depuis les années 1930, sans succès.

M. Hawass affirme qu'après sa découverte, la statue a été recouverte de glaise pour passer inaperçue et envoyée en Allemagne par bateau.

Selon lui, Ludwig Borchardt a délibérément écrit que le buste était en plâtre et celui d'une princesse royale "tout en sachant que c'était une statue en calcaire de la reine Néfertiti."

Ceci "prouve que Borchardt a fait cette description de manière à ce que l'Allemagne puisse conserver la statue", a indiqué M. Hawass.

"Cela confirme nos informations selon lesquelles la statue a quitté l'Egypte de manière non éthique et qu'il y a eu une fraude et une tromperie de la part de l'Allemagne à cette période", a-t-il ajouté. Le fait que M. Borchardt ait caché la statue pendant dix ans avant de la rendre publique est une autre preuve de sa sortie illégale d'Egypte, a assuré le chef des antiquités égyptiennes.

Berlin soutient au contraire que l'acquisition s'est faite de manière légale en 1913, et insiste sur le danger de tout déplacement imposé à une sculpture "fragile".

Mme Seyfried a notamment présenté le document prouvant selon les autorités allemandes la sortie légale de la statue.

Le buste est exposé depuis le 17 octobre au Neues Museum de Berlin, dans la célèbre "Ile aux musées" de la capitale allemande, où il était apparu pour la première fois au grand public en 1924, avant d'être transféré au Musée égyptien à Berlin-Ouest.

Outre Néfertiti, l'Egypte exige la restitution d'oeuvres comme la célèbre pierre de Rosette, qui permit de percer le mystère des hiéroglyphes, exposée au British Museum de Londres depuis plus de 200 ans.

En octobre, l'Egypte avait obtenu du Louvre la restitution de cinq fragments de peintures murales vieux de plus de 3.000 ans, après avoir annoncé la suspension de sa coopération avec le musée français tant que ces pièces ne seraient pas rendues.

Handball. Les Françaises battues par les Russes en finale du Mondial

Les handballeuses françaises ont été battues en finale du Championnat du monde par les Russes (25-22). Les Tricolores n'ont pas réussi à rééditer leur exploit de la semaine dernière contre les mêmes adversaires lors d'un match de poule décisif dans leur marche vers le podium.

Les Bleues n'ont mené que pendant les douze premières minutes, après quoi les Russes ont imposé leur physique, particulièrement efficace en attaque placée.

Dans la première partie du match, les Françaises sont parvenues à voler plusieurs ballons pour marquer sur contre-attaque. Mais les Russes, échaudées par leur précédente mésaventure, avaient décidé elles aussi de défendre très fort. A la mi-temps, elles comptaient trois buts d'avance (14-11).

Même menées, les Françaises ne se sont pas découragées et sont même revenues à un but (15-16, 37e) grâce à une série d'arrêts de Cléopâtre Darleux, entrée à la pause, et à l'efficacité de Mariama Signaté, la meilleure au tir de loin (8 buts) et d'Allison Pineau (6 buts).

Mais, incapables de stopper l'ailière Elena Dmitrieva (8 buts), elles n'ont pas pu refaire le coup de Yangzhou, où elles avaient remonté un retard de cinq buts dans les vingt dernières minutes. Les Russes ont géré assez tranquillement la fin de match.

La Russie remporte son troisième titre mondial d'affilée après 2005 et 2007, le septième au total si l'on compte la période soviétique.

De son côté, la France décroche pour la troisième fois une médaille au Championnat du monde après l'argent de 1999 et l'or de 2003. Il s'agit d'un superbe résultat pour une équipe jeune, qui personne n'attendait à ce niveau-là, surtout pas après les deux premiers matches perdus contre la Suède et le Danemark.

RUSSIE - FRANCE : 25-22 (14-11)
Spectateurs: 13 000
Arbitres: MM. Gjeding et Hansen (DEN)
ET LÀ FAUT VIRER DOMENECH AUSSI ? L'ARBITRE ? LES RUSSES ? MAIS FAUT TROUVER QUELQU'UN À VIRER !! LES FRANÇAIS SONT LES MEILLEURS DU MONDE !!!!!

Coup de froid sur le globe



Quelques événements du 20 DÉCEMBRE

20 décembre 69
Fin tragique de Vitellius. Aulus Vitellius avait été proclamé empereur le 2 janvier précédent, à Cologne, par l'armée de la Basse-Germanie, dont Galba lui avait donné le gouvernement. A peine fut-il assis sur le trône, qu'il donna une libre carrière à sa cruauté. Une infinité de têtes précieuses, parmi lesquelle on compta sa mère, en furent les victimes. A ce vice, il joignit, comme les bêtes féroces, une insatiable gourmandise. Il donna des repas où l'on servit deux mille plats de poissons exquis, et sept mille de volaille ou d'oiseaux rares. Il vivait dans la sécurité au milieu de l'opprobe et de la haine publique, tandis que l'Orient lui donnait un concurrent, dans la personne de Vespasien. Le général du nouvel empereur entra dans Rome, presque sans obstacle ; il se livra au dedans et au dehors des murs plusieurs combats, dans lesquels périrent plus de 50 000 hommes. Le peuple romain, spectateur de ces combats, applaudissait à son tour, comme dans le cirque, au parti le plus fort. Vitellius, sur le point d'être forcé dans le palais, alla se cacher chez le portier, dans la loge aux chiens ; il en fut tiré et mis en pièces par le peuple ; son cadavre fut traîné, avec un croc, dans le Tibre, et sa tête promenée dans toute la ville, au bout d'une lance. Il reçut cependant les honneurs de la sépulture, par les soins de Galeria, sa vertueuse veuve. Cette femme, digne d'un autre mari, ne s'était jamais laissée éblouir par les fausses grandeurs de sa maison ; et lorsque Vitellius osa donner le nom de Germanicus à son fils, « laissez là, lui dit galeria, laissez là tous ces grands noms ; je sais bien que je n'ai mis au monde qu'un Vitellius ».

20 décembre 1192
Richard Coeur-de-Lion, revenant de la Palestine, fait naufrage sur les côtes de Venise ; ensuite il traverse, déguisé, la moitié de l'Allemagne, et est arrêté par Léopold, duc d'Autriche.

20 décembre 1664
Jugement de Fouquet. On avait fait croire à Louis XIV que Fouquet faisait de grandes fortifications à Belle-Isle, et qu'il avait des liaisons dangereuses au dedans et au dehors du royaume. Il parut bien, quand il fut arrêté et conduit à la Bastille et à Vincennes, que son parti n'était composé que de quelques courtisans, qui recevaient de lui des pensions, et qui l'oublièrent dès qu'il ne fut plus en état d'en donner. Il lui resta d'autres amis, et cela prouve qu'il en méritait. L'illustre madame de Sévigné, Pelisson, Gourville, mademoiselle Scudéri, plusieurs gens de lettres se déclarèrent hautement pour lui, et le servirent avec tant de chaleur, qu'ils lui sauvèrent la vie.
Faire le procès du surintendant, c'était accuser la mémoire du cardinal Mazarin. Les plus grandes déprédations dans les finances étaient son ouvrage. Il s'était approprié, en souverain, plusieurs branches des revenus de l'Etat. Il avait traité en son nom et à son profit, des fournitures des armées. « Il imposait, dit Fouquet dans ses défenses, par lettres de cachet, des sommes extraordinaires sur les généralités, ce qui ne s'était jamais fait que par lui et pour lui, et ce qui est punissable de mort par les ordonnances. »
L'abus que le cardinal Mazarin avait fait de sa puissance despotique, ne justifiait pas le surintendant ; mais l'irrégularité des procédures faites contre lui, la longueur de son procès, l'acharnement du chancelier Séguier contre lui ; le temps qui éteint l'envie publique et qui inspire la compassion pour les malheureux ; enfin, les sollicitations, toujours plus vives en faveur d'un infortuné, que les manoeuvres pour le perdre ne sont pressantes, tout cela lui sauva la vie. Le procès ne fut jugé qu'au bout de trois ans, en 1664. De vingt-deux juges qui opinèrent, il y en eut neuf qui conclurent à la mort, et les treize autres, parmi lesquels il y en avait à qui Gourville avait fait accepter des présents, opinèrent à un bannissement perpétuel. Le roi commua la peine en une plus dure. Cette sévérité n'était conforme ni aux anciennes lois du royaume, ni à celles de l'humanité.
Fouquet fut enfermé au château de Pignerol. Il mourra en 1680.

20 décembre 1741
Mort de Montfaucon, l'un des plus savants antiquaires de France, membre de l'académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Jamais savant n'a été plus laborieux ni plus fécond. Ses ouvrages les plus connus sont : l'Antiquité dévoilée et les monuments de la monarchie française.

20 décembre 1786
Mort de l'abbé Boismont, membre de l'académie Française. Ses talents pour l'éloquence de la chaire, sont connus du public par l'impression d'un panégyrique de saint Louis, et de trois oraisons funèbres, l'une du grand dauphin, l'autre de la reine, femme de Louis XV, et la troisième de ce dernier prince. La fécondité des idées, les mouvements et la rapidité du style, la noblesse et la vivacité des images, la philosophie et le sentiment, distinguent ces quatre discours. Dans ceux dont le sujet lui fournit peu, l'orateur supplée à cette stérilitéà force d'art et d'esprit ; mais ses efforts se font un peu trop sentir, et les gens de goût lui ont reproché trop d'apprêt, trop de bel esprit. Ce défaut donne à différents morceaux de ses oraisons funèbres, un air maniéré et monotone, qui en dépare quelquefois les beautés.

Le Grand soir du climat attendra Mexico

Jamais rendez-vous n'avait suscité autant de passion et d'enthousiasme. Copenhague cristallisait tous les espoirs, la déception est immense: le Grand soir du climat attendra fin 2010 et la prochaine conférence de Mexico.

Scène de théâtre pour les ONG, défilé de "people" verts, d'Al Gore à Wangari Maathai, rendez-vous altermondialiste: pendant deux semaines, du 7 au 18 décembre, Copenhague était "the place to be", rehaussée en clôture par le sommet de plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement portant la lourde responsabilité de sceller un accord déterminant pour l'avenir de l'humanité.

"J'espère que cela va donner quelque chose, parce que si cela ne donne rien du tout, moi, je sais qui sont les gens au pouvoir en ce moment, je ne risque pas d'oublier leurs têtes", lançait à mi-parcours la chanteuse béninoise Angélique Kidjo. Au final, après deux semaines de négociations chaotiques mais un extraordinaire foisonnement, avec des délégations venues de 193 pays, l'amertume domine.

Pour John Hay, du secrétariat général de la Convention climat de l'ONU (CNUCC), le rendez-vous danois restera comme "le plus grand sommet de chefs d'Etat et de gouvernement dans l'histoire des Nations unies et probablement dans l'histoire tout court". Mais c'est un aussi désenchantement, tant le résultat est loin des critères de réussite que les responsables de la Convention eux-mêmes avaient arrêté depuis de longs mois.

L'accord de Copenhague ne répond ni aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés recommandés par la science (de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990), ni aux objectifs de long terme pour l'ensemble de la planète (- 50% en 2050). Et surtout, il omet de fixer un calendrier jusqu'à la conclusion d'un traité contraignant, espéré courant ou fin 2010 dès lors qu'il était évident qu'un "Protocole de Copenhague" n'était plus à portée. Sa vertu tient essentiellement à son existence, à l'issue d'un processus de négociation mené à la cravache par une présidence danoise déterminée à aboutir, au risque d'afficher des positions très pro-américaines - pour s'assurer du retour des Etats-Unis dans le jeu climatique - et de violenter parfois les règles du multilatéralisme.

Ejectée en fin de parcours par son Premier ministre, Connie Hedegaard, qui reconnaissait samedi sa déception, s'est attirée les foudres et même la hargne des pays en développement. Débordée par son succès, la petite capitale danoise, sur les dents à l'approche et pendant l'événement, a été contrainte d'envoyer certains de ses visiteurs à plus de 100 km, tandis que le Bella Center, site de la conférence des Nations unies sur le changement climatique, devenait l'épicentre du monde. La police danoise, qui avait affiché sa volonté de fermeté, a fait preuve d'un zèle peu commun, procédant à plusieurs centaines d'interpellations préventives lors des manifestations.

Les militants de Climate Justice Action (CJA), qui fustigent une "diplomatie climat" inefficace, ont dénoncé une réaction policière "disproportionnée et arbitraire". "C'est comme un match de football, nous écartons les hooligans pour ne pas troubler la fête", ont répondu les forces de l'ordre. Et la diplomatie climat continue.

Chacun a déjà les yeux rivés sur la prochaine grande conférence, à Mexico, fin novembre. Samedi soir, dans le Bella Center déserté, la crainte des derniers délégués présents, à l'image de la rayonnante Dessima Williams, représentante de Grenade et des petits îles menacées par la montée des océans, était palpable. Tous espèrent un sursaut salutaire l'an prochain. En sachant déjà que la prochaine grand-messe du climat ne suscitera plus la même mobilisation à travers le monde, des citoyens aux chefs d'Etat. (afp)

Le pourquoi d'un échec au sommet

1. Que vaut le texte adopté samedi matin à Copenhague?
Ce n’est pas un traité, ni même un accord contraignant. S’il acte l’objectif réclamé par les scientifiques de contenir le réchauffement de la planète en deçà de + 2 °C par rapport au niveaux préindustriels, cette disposition n’est assortie d’aucune garantie. L’ambition de 50% de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici à 2050 n’y est pas mentionnée. D’ici au 31 janvier, les pays industrialisés devront simplement communiquer leurs objectifs de réduction d’émissions à l’horizon 2020 et les pays en développement devront annoncer les actions qu’ils comptent mettre en œuvre pour atténuer les leurs.

Quant au paragraphe stipulant la nécessité d’aboutir à un traité "légalement contraignant" d’ici à la conférence de Mexico fin 2010, un temps envisagé, il a été retiré. L’échec est donc patent au regard des espoirs portés notamment par les ONG à Copenhague. D’un autre côté, la Chine et les Etats-Unis, absents du protocole de Kyoto, y sont inclus et rejoignent donc officiellement le camp de ceux qui luttent contre le réchauffement. L’accord prévoit également 30 milliards de dollars à court terme, puis jusqu’à 100 milliards d’ici à 2020, destinés en priorité aux pays les plus vulnérables.

2. Qui est responsable des blocages?
En premier lieu les deux principaux pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine, arc-boutés sur leurs intérêts nationaux, et dans une moindre mesure l’Inde. Les pays pétroliers ont également cherché à bloquer tout accord. Ils ont été à la manoeuvre jusqu’à la dernière minute de l’assemblée plénière, samedi. Les insuffisances de la présidence danoise n’ont rien arrangé. En faisant circuler entre pays riches un texte provisoire rédigé en catimini dès le début de la négociation, le pays hôte a alimenté le soupçon d’être à la solde de Washington.

3. Quelle était la marge de manœuvre d’Obama?
Le président américain avait deux impératifs: ménager une opinion publique pour laquelle la lutte contre le réchauffement est loin d’être une priorité et éviter de braquer un Sénat qui n’a toujours pas adopté sa loi sur la santé. A moins de dix mois des élections de mi-mandat, Obama ne peut tenter de rattraper qu’à tout petits pas le retard pris aux Etats-Unis sous l’ère Bush dans la prise en compte de l’urgence climatique. Il s’est donc rendu à Copenhague les mains presque vides. Samedi matin, les journaux américains saluaient l’issue du sommet: l’essentiel était sauf, leur président n’avait pas fait de concessions inconsidérées.

4. Quel a été le jeu de la Chine?
Les Chinois ont bien accepté d’infléchir la courbe de leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à leur PIB; mais ils restent rétifs à toute surveillance internationale et n’entendent pas sacrifier leur développement économique sur l’autel du climat. Le sommet a surtout montré combien leur position était "indexée" sur celle des Américains, auxquels ils ne veulent rien céder.

5. La France a-t-elle joué le rôle moteur auquel elle prétendait?
Nicolas Sarkozy avait espéré infléchir le cours des choses par sa déclaration tonitruante à la tribune jeudi après-midi. Ce coup de poker a eu au moins le mérite de déclencher une rencontre entre chefs d’Etat, le soir même, après le dîner offert par la reine du Danemark. Si la France n’a pas obtenu ce qu’elle souhaitait, notamment une organisation mondiale de l’environnement (seul un organisme européen sera créé), son engagement ne s’est pas démenti au long du sommet. Dans la nuit de jeudi, sur les trente négociateurs encore présents à 6 heures du matin, il y avait seize Français. Et l’accord signé samedi est largement inspiré, même s’il est beaucoup plus timoré, du plan justice-climat porté par Jean- Louis Borloo. L’alliance climatique avec l’Afrique théorisée par Nicolas Sarkozy, elle, demande encore à être consolidée.

6. Un sommet de ce type est-il viabledans le cadre de l’ONU?
C’est peut-être le seul sujet de consensus: ce type de négociations onusiennes est totalement inefficace, par sa lourdeur, quand il faut répondre à l’enjeu climatique. Samedi, alors qu’il s’apprêtait à reprendre l’avion après une ultime nuit blanche de négociations, Jean-Louis Borloo racontait: "Vendredi, nous avons passé huit heures avec Nicolas Sarkozy, Barack Obama et les principaux chefs d’Etat européens à noussubstituer, Bic à la main, à un système défaillant…" La règle de l’unanimité n’était pas adaptée aux enjeux de Copenhague.

7. Peut-on encore sauver les meubles?
Un premier signal sera donné dès le début de l’année, quand les pays qui ont signé l’accord coucheront sur papier leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. Certains, comme la Russie, pourraient pour l’occasion revoir leurs annonces à la hausse, assure-t-on dans le camp français. Une session de rattrapage pourrait alors se dessiner à Bonn, dans six mois, pour le sommet intermédiaire avant la conférence de Mexico, prévue fin 2010.

La gauche peut-elle retrouver les prolos ?

En raison d'évolutions de long terme, et aussi sous l'effet de la crise, les différences de sensibilité politique et culturelle n'ont jamais été aussi faibles entre les classes populaires et les classes moyennes. Le temps est sans doute venu pour les partis de gauche de se défaire d'une vision dégradante des prolos, et de reconstruire une vraie majorité populaire.

Les ouvriers sont-ils de retour ? Une note récente de la Fondation Jean Jaurès intitulée « Les ouvriers français, valeurs, opinions et attentes » laisse entrevoir une réhabilitation de la classe ouvrière dans les discours politiques et, plus largement, un retour en force des thématiques des classes populaires. Ce n’est pas aussi flamboyant qu’un « Lip dub » mais, pour les socialistes et la gauche, c’est peut-être l’ébauche d’un nouveau rapport avec les classes populaires.

La gauche s’était progressivement mais sûrement éloignée de son électorat populaire après 1983. L’offensive du FN sur l’électorat populaire de droite à partir de 1983 puis de gauche au cours des années 1990 avait contribué à couper peu à peu la gauche des ouvriers et des employés. Rappelons les faits : en 2002, 1% des ouvriers ont voté pour le PCF, 11% ont voté pour le PS ! Et si Ségolène Royal a redressé la situation en 2007, il ne faut pas mésestimer le retard pris par la gauche dans l’électorat ouvrier et en particulier chez… les ouvrières ! Ces dernières, plus fragiles socialement que les ouvriers, ont massivement soutenu Nicolas Sarkozy au premier tour.

L’analyse de Jérôme Fourquet démontre que les ouvriers ne sont ni plus racistes ni plus homophobes que la moyenne des Français. C’est peut-être la fin d’un mythe, celle d’un peuple réduit à la figure de «Dupont-Lajoie ». Cela ferait le plus grand bien à la gauche de sortir enfin d’un certain racisme social et de la figure du « beauf » véhiculée par Charlie Hebdo, organe officiel de la prolophobie. Jérôme Fourquet décrit une France ouvrière manifestement beaucoup moins rétive au « libéralisme culturel » et sociétal qu’il n’y paraissait si l’on se référait aux discours élitaires. Il semble ainsi que 72% des ouvriers français acceptent l’homosexualité comme « une façon acceptable de vivre sa sexualité » contre 77% pour l’ensemble des Français. Ainsi également, sur la question de l’immigration ou des sans-papiers, il semble bien que les ouvriers, du moins les plus jeunes, n’en fassent pas une priorité puisqu’ils parlent moins des sujets qui lui sont reliés que la moyenne des Français.

Cette mise au point qui règle son compte à nombre d’idées reçues révèle ainsi la fin de la priorité donnée au sociétal sur le social. Les ouvriers sont, depuis plus de deux décennies, les principales victimes de la profonde mutation sociale que connaît notre pays sous le choc de la globalisation. Ce dernier point est le plus problématique… Quand l’auteur pointe le fait que les séquestrations de patrons sont beaucoup plus acceptées par les ouvriers que par l’ensemble des Français, ne faut-il pas voir enfin que la « lutte des classes » est, comme le disait François Mitterrand, un « fait » qu’il s’agit simplement de constater. Il est donc logique qu’en conclusion, Jérôme Fourquet fasse l’hypothèse « que c’est d’abord sur l’équité fiscale et la juste répartition des richesses que devraient aujourd’hui se déterminer électoralement les catégories populaires. »

Cependant, il est une réalité que l’auteur n’aborde qu’à moitié : celle de la géographie sociale des classes populaires. Certes, il y a une France ouvrière du Nord-ouest plus ouverte sociétalement que la France ouvrière du Nord-est. Mais l’essentiel n’est pas là, il réside dans la fracture béante entre une France des centres-villes et une France périphérique (périurbaine et rurale), entre une France connectée à la mondialisation néolibérale et devenue partie intégrante du « village global » et une France qui paye au quotidien le prix de la globalisation financière. Son potentiel déflagrateur est-il analysé ? En faisant de la seule « banlieue », des « quartiers », l’incarnation exclusive de la France populaire, les dirigeants de gauche ont souvent oublié de parler à la France des dominés. En remplaçant le prolétariat par les exclus, ils ont aussi acquis un rôle : celui de confesseur du système néolibéral, lui donnant l’absolution pour peu qu’il pratique charité et compassion humanitaire.

Il importe donc, en l’absence de parti tribunicien, de définir un projet républicain qui rassemble les Français; pas un catalogue de « bonnes intentions » mais une vision de la France qui répondrait à cette grande passion française, celle de l’égalité, hélas mise à mal par le cyclone du déclassement qui frappe notre pays. Il y a en France environ 60% d’ouvriers et d’employés et la situation de ces derniers est loin de correspondre au mythe de la « classe moyenne » qu’on lui faisait miroiter voici trente ans. Les stratèges de Nicolas Sarkozy ont d’ailleurs raison sur un point essentiel : ce sont les classes populaires, les ouvriers et les employés, le salariat des zones périphériques qui feront l’élection de 2012. Il est peut-être enfin temps d’en prendre conscience et de bâtir la coalition sociale majoritaire qui peut permettre de gagner en 2012 et de gouverner dans la durée.

Gaël BRUSTIER et Jean-Philippe HUELIN sont les auteurs de « Recherche le peuple désespérément », Bourin Editeur, octobre 2009

Retrouvez ici l'étude de Jérome Fourquet sur les ouvriers

samedi 19 décembre 2009

Quelques événements du 19 DÉCEMBRE

19 décembre 1475
Supplice du connétable de Saint-Pol. Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, fut connétable de France, sous le règne de Louis XI, dans un temps de troubles continuels. Général de Louis XI par sa place, il traitait par esprit d'intrigue avec tous les partis. Il voulait se rendre indépendant, et jouer un rôle principal au milieu des troubles. Il s'était emparé de Saint-Quentin au nom du roi, et le gardait pour lui-même. Fier de la possession de cette importante place, qu'il promettait tour à tour de remettre au roide France, au roi d'Angleterre, au duc de Bourgogne, il se faisait rechercher et redouter de tous ces princes. Louis XI, dans une entrevue avec le roi d'Angleterre, Edouard IV, sur le mont de Péquigny, eut l'adresse de tirer de lui les instructions dont il avait besoin sur les projets et les démarches du connétable : celui-ci n'avait fait que les trahir tous deux. Edouard l'abandonna sans peine, et le duc de Bourgogne, instruit à son tour par les deux rois, des fourberies du connétable, le livra lui-même à Louis XI, qui lui fit trancher ce jour la tête à Paris, place de Grève.

19 décembre 1562
Bataille de Dreux, une des premières entre les catholiques et les prrotestants en France. Ceux-ci étaient commandés par le prince de Condé, les autres par le duc de Guise, qui fit prisonnier le prince de Condé.

19 décembre 1638
Le général Bernard de Saxe-Weimar, vainqueur des impériaux à Rheinfelden, prend Fribourg et la place forte de Brisach, en Alsace.

19 décembre 1696
Première représentation du Joueur, comédie de Regnard.

19 décembre 1778
Naissance de Madame, fille de Louis XVI. Monsieur la tint sur les fonts du baptême, au nom du roi d'Espagne, et Madame, au nom de l'impératrice-reine ; elle fut nommée Marie-Thérèse-Charlotte, et titrée Madame, fille du roi. Philippe V, roi d'Espagne, de la branche des Bourbons, était né le même jour de l'an 1683.

19 décembre 1789
Création de l'assignat, lettre de change gagée sur les biens nationaux.

19 décembre 1793
Un décret de la Convention institue la gratuité et l'obligation de l'enseignement primaire.

L'autre fracture numérique : celle des 16-25 ans

Des chercheurs de la Fondation travail et technologies de Namur, en Belgique, se sont penchés sur une "fracture numérique" méconnue : celle qui touche les jeunes de 16 à 25 ans. Si leur étude montre que peu de jeunes sont totalement "offline", elle révèle aussi qu'en moyenne les jeunes Belges ne sont pas aussi à l'aise avec les nouvelles technologies qu'on pourrait l'imaginer. Entretien avec Gérard Valenduc, codirecteur du centre d'étude de la FTU et coauteur de l'étude.
Les conclusions de votre étude mettent à mal certaines idées reçues sur la génération des "digital natives", dont on imagine généralement qu'elle maîtrise très bien les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Ce n'est pas tout à fait le cas. Nous avons voulu nous pencher sur le cas des jeunes dits "off-line", qui n'ont quasiment aucune utilisation d'Internet et des outils informatiques. En réalité, seule une minorité de 16-25 ans est coupée de ces outils. Mais pour une partie d'entre eux, il est très difficile de franchir la passerelle qui sépare "leur" monde Internet, le chat, le téléchargement ou l'écoute de musique et de vidéos en ligne… de l'utilisation que la société attend d'eux, à commencer par leurs employeurs.

Il s'agirait donc d'une deuxième "fracture numérique" ?

Oui, mais elle ne sépare pas ceux qui ont accès au Web de ceux qui n'y ont pas accès. C'est un décalage entre un univers de divertissement et un univers plus large. Les compétences mobilisées dans les deux univers ne sont pas les mêmes : chatter et mettre en page un document ne font pas appel aux même compétences, par exemple. Au cours de l'étude, des animateurs de maisons de l'emploi nous ont expliqué que certains jeunes prenaient peur face à un formulaire électronique d'inscription, alors qu'ils passent peut-être dix heures par jour sur le Web à écouter de la musique ou à discuter avec leurs amis.

La clé pour réduire cette fracture serait donc une meilleure éducation à ces technologies ?

C'est l'une de nos recommandations. Nous estimons qu'il faut faire davantage converger, notamment à la fin du secondaire, l'éducation aux médias et aux technologies. L'enseignement des NTIC est encore trop tourné vers l'informatique pure : il faut également y intégrer davantage d'éducation aux médias, pour développer les compétences et les réflexes, comme le sens critique.

Vous relevez également que les 16-25 ans ne sont comparativement pas beaucoup plus à l'aise avec les NTIC que les générations suivantes.

La différence n'est finalement pas très marquée. Elle est plus importante en ce qui concerne les 16-19 ans, et en ce qui concerne les applications de divertissement, que l'on pratique moins après 25 ans, comme le téléchargement.

Quel rôle joue l'environnement familial dans l'appropriation de ces technologies ?

Au final, ce ne sont pas tant les critères économiques qui font qu'un jeune s'approprie ou non ces technologies. La culture numérique des parents et les relations entre les parents et les enfants jouent le rôle le plus important. Par exemple, alors que les jeunes filles sont en moyenne aussi à l'aise que les garçons avec les nouvelles technologies, nous avons observé plusieurs cas de jeunes filles, y compris majeures, qui sont "off-line" parce que leurs parents leur interdisent de sortir pour aller au cybercafé, alors que les garçons y ont droit.
Propos recueillis par Damien Leloup

Un accord non contraignant obtenu in extremis à Copenhague

Un accord à l'arraché, jugé "insuffisant" de l'aveu même du président Barack Obama, pour combattre la menace du changement climatique a été obtenu in extremis sur la déclaration politique de Copenhague, vendredi 18 décembre. M. Obama, qui devait quitter la capitale danoise avant même l'adoption formelle de l'accord par les délégations à la conférence, a reconnu qu'obtenir un accord avec des engagements légalement contraignants serait "très difficile" à obtenir et prendrait du temps.
L'accord a été obtenu notamment après une rencontre entre M. Obama, le premier ministre chinois Wen Jiabao, le premier ministre indien Manmohan Singh et le président sud-africain Jacob Zuma.

Dans le document politique négocié, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d'ici à 2050 par rapport aux niveaux pré-industriels, l'objectif affiché de la conférence sur le climat, selon la même source. Mais les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour les pays industrialisés à l'horizon 2020 ne seront décidés qu'en janvier.

Tous les pays industrialisés "ont accepté de donner par écrit" ces engagements, a indiqué de son côté le président français Nicolas Sarkozy. Les négociations débutées depuis douze jours butaient sur l'épineuse question de la répartition des efforts pour contrer le réchauffement. Washington et Pékin notamment s'opposaient sur ce point.


"Obama a flingué Copenhague"

vendredi 18 décembre 2009

L'inscription "Arbeit macht frei" à Auschwitz volée BIS

La tristement célèbre inscription en allemand "Arbeit macht frei" (le travail rend libre), figurant au-dessus de la porte d'entrée de l'ancien camp de la mort nazi d'Auschwitz-Birkenau, dans le sud de la Pologne, a été volée par des inconnus. C'est ce qu'ont indiqué vendredi des responsables du musée du site. D'après la porte-parole de la police polonaise, Katarzyna Padlo, le vol s'est produit entre 3 h 30 et 5 h du matin. "C'est une profanation de l'endroit où plus d'un million de personnes ont été assassinées. C'est honteux", a déclaré le porte-parole du musée, Jaroslaw Mensfelt. Selon lui, "il s'agit du premier cas aussi grave de vol en ce lieu. Celui qui l'a fait devait bien savoir ce qu'il volait et comment il fallait s'y prendre."

L'inscription en fer forgé qui témoigne des horreurs commises dans le camp n'était pas difficile à décrocher du dessus de la grande porte, "mais il fallait le savoir", a précisé Jaroslaw Mensfelt. La police a lancé une enquête à laquelle le voïvode (le préfet) a promis son soutien. Plusieurs dizaines de policiers, accompagnés de chiens, sont sur les lieux. Des barrages de police ont été posés sur les routes de la ville d'Oswiecim (Auschwitz en polonais). "Un chien policier nous a conduits vers un trou dans le mur d'enceinte, normalement fermé avec une grille, du côté de la rivière où il n'y a pas d'habitation. La grille a été arrachée. Les voleurs devaient disposer d'une grande voiture, car le panneau mesure 5 mètres de long", a déclaré à l'AFP Malgorzata Jurecka, porte-parole de la police d'Oswiecim.

Le site du camp d'Auschwitz-Birkenau est fermé la nuit et gardé par des vigiles. "La police est en train de visionner les enregistrements d'un système de caméras de surveillance du musée et des enregistrements du système de monitoring urbain", a ajouté Malgorzata Jurecka. La police polonaise a promis une récompense de 5.000 zlotys (1.200 euros) à toute personne dont les informations pourraient aider à retrouver l'inscription et arrêter les coupables. "Toutes les pistes sont possibles, mais nous privilégions celle du vol sur commande d'un collectionneur privé ou d'un groupe de gens", a-t-elle précisé. D'après le site Internet du quotidien polonais Gazeta Wyborcza, une réplique a déjà été installée au-dessus de l'entrée. Celle-ci avait été brièvement utilisée il y a quelques années, lorsque l'originale avait été restaurée.

L'Allemagne, la Pologne et Israël indignés

L'Allemagne "espère que la lumière sera faite rapidement" sur ce vol, a indiqué vendredi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Andreas Peschke. "Nous espérons que la lumière sera faite rapidement sur cet agissement et que le dommage subi par le Mémorial d'Auschwitz sera réparé", a-t-il souligné dans une première réaction officielle allemande après le vol intervenu vendredi au petit matin. Rappelant "la responsabilité historique" de l'Allemagne dans la Shoah, le porte-parole a souligné que Berlin soutenait la préservation du site d'Auschwitz. Pour Dieter Graumann, vice-président du Conseil central des juifs d'Allemagne, ce vol est "une grande peine et un choc pour tous les survivants et les descendants des survivants".

Le président polonais Lech Kaczynski s'est déclaré "bouleversé et indigné par le vol commis dans la nuit sur le territoire de l'ancien camp allemand de la mort d'Auschwitz-Birkenau". "C'est un symbole connu dans le monde entier du cynisme des bourreaux hitlériens et du martyre de leurs victimes qui vient d'être volé. Cet acte mérite la condamnation la plus sévère", a ajouté le président.

Yossi Levy, un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères, s'est dit "abasourdi et en colère", et a demandé vendredi aux autorités polonaises de localiser ces voleurs "inhumains". Le vol de l'inscription est un "acte abominable qui relève de la profanation", a déclaré vendredi le vice-Premier ministre israélien, Sylvan Shalom. "Ce geste témoigne une fois de plus de la haine et de la violence envers les juifs", a-t-il ajouté. Sur la chaîne TVN 24, le prix Nobel de la paix, chef historique du syndicat Solidarité et ancien président, Lech Walesa, tempère : "Je n'y verrais pas un acte idéologique. C'est une affaire criminelle. Impossible de le comprendre autrement."

L'Allemagne nazie a exterminé de 1940 à 1945 à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs. Les autres victimes de ce camp furent surtout des Polonais non juifs, des Roms et des prisonniers soviétiques. Ce camp, également connu sous le nom de "Auschwitz II", abritait des chambres à gaz. Le camp a été libéré par l'armée soviétique en janvier 1945. Les nazis ont détruit nombre d'installations en prenant la fuite. Sur 191 hectares, le site compte 155 bâtiments et plus de 300 ruines. L'année dernière, plus d'un million de personnes ont visité Auschwitz.

Copenhague : la pression monte, les objectifs baissent

La confusion restait de mise à Copenhague, vendredi 18 décembre à 18 heures, heure officielle de clôture du sommet mondial sur le climat. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la planète multipliaient réunions et appartés pour tenter de rallier leurs positions en vue d'une déclaration contre le réchauffement climatique, dont l'ambition s'annonce de plus en plus réduite. Les dissensions persistant, l'ONU a demandé aux délégations de "ne pas partir ce soir", a indiqué le commissaire européen à l'environnement, Stavros Dimas.
Un nouveau projet de déclaration fixe fin 2010 comme date-butoir pour conclure un traité sur le climat, a indiqué l'agence AP, Reuters indiquant pour sa part que cette échéance n'était plus mentionnée. Le texte cité par Reuters maintient l'ambition selon laquelle "la hausse des températures devra être inférieure à 2 °C". Reste à définir les moyens. Le projet qui circulait dans la matinée ne fixait pas encore d'objectif chiffré de réduction des émissions polluantes. Or, l'addition des promesses précédemment faites par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C, selon une note confidentielle des Nations unies. Un certain consensus semble s'être fait jour sur une aide financière immédiate de 30 milliards de dollars sur trois ans (2010-2012) et jusqu'à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 pour aider les pays en développement à faire face aux impacts du réchauffement.

"BEAUCOUP DE TENSIONS"

"Aucun pays ne pourra obtenir tout ce qu'il souhaite", a lancé le président américain Barack Obama, arrivé dans la matinée, aux plus de 120 chefs d'Etat et de gouvernement présents, tout en campant sur les positions américaines, peu ambitieuses en matière de réduction des émissions. Autre pays décisif pour un accord, la Chine se refuse à tout contrôle international des objectifs qu'elle se fixerait. M. Obama a rencontré près d'une heure en début d'après-midi le premier ministre chinois Wen Jiabao, ce qui a permis d'enregistrer des "progrès", selon un responsable américain. Nicolas Sarkozy reconnaissait "beaucoup de tensions", et a déjà réservé sa chambre jusqu'à samedi.

Le premier ministre indien Manmohan Singh a appelé à prolonger les négociations en 2010 pour parvenir à "un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique". Le président russe Dmitri Medvedev a évoqué un chemin encore "long et difficile". Son homologue brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'est dit prêt à "faire un sacrifice" pour aider financièrement les pays les plus vulnérables et permettre un accord. Une proposition inattendue qui fait bouger les lignes de partage traditionnelles entre pays industrialisés et pays en développement.

Pour Emmanuel Guérin, de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), le risque d'une "déclaration politique molle" est réel. "Wen Jiabao a fait une petite ouverture sur la question des vérifications, Lula a fait preuve d'un volontarisme politique énorme sur le financement, Obama n'a pas bougé d'un iota et Singh a fermé le bal en disant que cela se jouerait en 2010", résumait-il vendredi après-midi.

Copenhague: Nicolas Sarkozy «ne veut pas d'un accord médiocre» sur le climat

HEURE PAR HEURE - Les infos en temps réel sur la dernière journée de négociations au sommet mondial sur le réchauffement climatique...
Dernière ligne droite à Copenhague. Après Nicolas Sarkozy, la veille, Barack Obama est arrivé sur place ce vendredi se joindre aux 120 chefs d'Etat qui cherchent à conclure un accord mondial. Objectif: enrayer le réchauffement climatique.

17h15: «On ne veut pas d'un accord médiocre» sur le climat
C'est ce qu'a déclaré vendredi à Copenhague Nicolas Sarkozy, soulignant que les négociations étaient «dures».

14h28: Progrès entre la Chine et les Etats-Unis
Selon un responsable américain, les discussions entre le président américain Barack Obama et le Premier ministre chinois Wen Jiabao ont permis d'enregistrer des «progrès» en vue d'aboutir à un accord mondial sur le climat.

14h00: ils vont avoir froid!
Une quinzaine de militants écologistes se sont rasé la tête devant le site du sommet de l'ONU sur le climat, pour protester contre le manque de progrès et d'ouverture des négociations. Rassemblés devant le centre de conférences Bella Center, les militants -en majorité des femmes- se sont laissé raser entièrement la tête, laissant sur le sol enneigé des longues mèches de cheveux. «Copenhague a brisé mes espoirs», «Je suis sans voix devant vos fausses solutions», disaient les pancartes qu'ils portaient pendant qu'on leur coupait les cheveux. «C'est le seul moyen d'exprimer mon sentiment de profond désespoir», a expliqué Henrike Wegener, une Allemande de 29 ans, au quotidien danois Politiken.


13h25: L'Inde veut prolonger les négociations
Le Premier ministre indien Manmohan Singh a appelé à prolonger les négociations sur le climat en 2010, jugeant que le sommet de Copenhague pourrait s'avérer insuffisant pour arriver à un accord. Le Premier ministre japonais Yukio Hatoyama a appelé, lui, à un accord politique «robuste» même s'il n'est «pas nécessairement parfait».


13h: Lula veut faire un miracle
«Un miracle peut arriver, et je veux en faire partie», aurait déclaré le président brésilien aurait déclaré en réunion plénière, selon le compte Twitter de l'Elysée.

12h45: Protéger les pays producteurs de pétrole
Le ministre saoudien du Pétrole a estimé nécessaire que toute résolution prise à Copenhague qui pourrait avoir un impact sur la demande de pétrole soit accompagnée de mesures «destinées à réduire ses effets» sur les pays pétroliers.

12h30: Les objectifs ambitieux de Barack Obama
Pour le président américain, le monde doit trouver un accord, même s'il est imparfait.

12h: Les négociations sont tendues
Les discussions entre chefs d'Etat sur un projet de texte pour lutter contre le réchauffement climatique donnent lieu à «beaucoup de tensions» mais «ça bouge un peu», selon Nicolas Sarkozy. Il (son équipe, en tout cas) en parle sur Twitter, et envoie même quelques twitpics.

11h30: Fallait pas les inviter
La police danoise a inculpé les trois activistes de Greenpeace qui ont mené jeudi soir une opération au palais de Christiansborg où étaient invités à un dîner royal plus d'une centaine de chefs d'Etat et de gouvernement participant au sommet climat de Copenhague.

Nicolas Sarkozy face au défi d’une reprise poussive

Nicolas Sarkozy et François Fillon en viendront-ils un jour à regretter le temps de la récession? Sans doute pas. Mais que la sortie de crise s'annonce difficile! Et comment affronter, avec la croissance poussive qui s'annonce, les défis de 2010, l'amorce d'un redressement des finances publiques et la réforme de la protection sociale, retraites en tête?
"Notre pays", se félicitait encore le président de la République le 14 décembre, est "l'un de ceux qui a le mieux résisté dans la crise". Cela est vrai. Le plan de relance, le choix de laisser filer les déficits et jouer les stabilisateurs automatiques, le modèle social français et ses amortisseurs ont conjugué leurs effets pour limiter l'ampleur de la récession, la plus grave que le pays a connue depuis les années trente.

La contraction du produit intérieur brut (PIB) ne devrait pas atteindre -3% comme on le redoutait en 2009. Elle devrait finalement tourner autour de -2,3%, selon la dernière note de conjoncture de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), présentée jeudi 17 décembre.

Mais en 2010 le redémarrage s'annonce laborieux avec une croissance trimestrielle de l'ordre de 0,3% à 0,4% selon l'Insee. En présentant les travaux de son département, Sandrine Duchêne, responsable de la conjoncture, a insisté sur "l'hétérogénéitéde situations" prévalant dans les économies avancées. "Il y a des pays où l'activité peine à redémarrer, comme l'Italie, l'Espagne, le Japon et le Royaume-Uni. Et d'autres où la demande est soutenue, comme les Etats-Unis ou l'Allemagne", a-t-elle expliqué.

La France, avec sa "reprise laborieuse" se situe à mi-chemin entre les pays qui redémarrent vite et les autres. La demande privée n'y embraie que très lentement. Le moteur de la consommation, pourtant si décisif pour la croissance, tourne au ralenti. Le climat des affaires n'est pas bon et les dernières enquêtes de conjoncture annoncent davantage un ralentissement à venir de l'activité qu'une franche reprise. L'Insee ne prévoit d'ailleurs pas d'accélération d'ici la mi-2010.

La sortie de crise est placée sous le signe d'un "redémarrage à petite vitesse", qui n'a rien d'enthousiasmant. Depuis le choc brutal de la charnière des années 2008-2009, marqué par un recul du PIB de 1,5% au quatrième trimestre 2008 et de 1,4% au premier trimestre 2009, la croissance trimestrielle semble condamnée à osciller entre +0, 3% et +0,4%. Pas de quoi doper l'emploi ou réduire le nombre des demandeurs d'emploi.

Le taux de chômage, qui était de 7,8% fin 2008, devrait continuer d'augmenter fin 2009 et début 2010 mais moins fortement qu'au creux de la récession. Au deuxième trimestre 2010, il atteindrait 9,8% en France métropolitaine et 10,2%, si l'on y ajoute les Dom. Autant dire qu'il restera en 2010 l'un des principaux sujets de préoccupation des Français et de l'exécutif.

Les dispositifs de soutien aux ménages (primes de solidarité active, primes à certaines catégories de chômeurs, baisses d'impôt pour les contribuables les plus modestes, etc.), qui avaient été décidés au sommet social du 18février, n'avaient pas vocation à être reconduits. Certaines mesures de soutien à l'activité, comme l'extension du chômage partiel, sont également censées ne durer qu'un temps.

Le gouvernement pourra-t-il, pour autant, rester l'arme au pied devant la perspective de l'arrivée en fin de droits d'un million de chômeurs? C'est fort peu probable, ne serait-ce que parce que 2010 est une année électorale. Il lui faudra donc indemniser la majorité des chômeurs qui basculeront dans le régime de solidarité, à la charge de l'Etat.

Le colmatage des brèches sociales ouvertes par la récession et par un chômage redevenu massif imposera au gouvernement de prendre quelques libertés avec le programme draconien de réduction de la dépense publique nécessaire au respect de la parole donnée à Bruxelles (ramener le déficit public sous la barre des 3% du PIB d'ici à 2013). Mais s'il le fait, il se trouvera en porte-à-faux avec la Commission européenne et risque d'isoler la France en Europe.

EXERCICE REDOUTABLE

A l'inverse, engager la réforme de l'Etat-providence, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, dans une période de croissance faible est un exercice redoutable. Economiquement, car il risque de tirer la croissance vers le bas et de pénaliser une consommation dont l'Insee vient de souligner qu'elle tournait déjà au ralenti. Socialement ensuite, car la réforme des retraites, même présentée comme une nécessité à l'endroit des jeunes générations, est un sujet délicat et passablement anxiogène. L'allongement inéluctable de la durée de cotisation est compliqué à "vendre" dans un pays comme la France où l'emploi des seniors pose tant de problèmes. La baisse du taux de remplacement, inscrit dans les réformes de 1993 et de 2003, est des plus impopulaires.

Les sujets d'inquiétudes sont à la mesure de la complexité du dossier. Le gouvernement a peu de chances d'en tirer un profit immédiat. Comme le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, qui ne fait pour le moment économiser que 498millions d'euros à l'Etat, le recul de l'âge de départ à la retraite est important car il permet d'infléchir à moyen terme la tendance à l'accroissement des dépenses. Mais à court terme –c'est-à-dire à l'échelle de la vie d'un gouvernement – il risque fort de ne dégager aucune économie substantielle.

Où qu'il se tourne, le gouvernement risque de se trouver piégé. Piégé par une croissance trop faible pour lui laisser la moindre marge, piégé par ses engagements à l'égard de Bruxelles, et contraint de naviguer à vue dans un environnement des plus incertains.
Claire Guélaud

Les forces en présence à la table des négociations

Hier soir, les chefs d'Etat dînaient chez la reine du Danemark. Ensuite ils devaient commencer à négocier. Les positions étaient encore éloignées.

· Etats-Unis

Le gouvernement Obama propose une baisse de 17 % des émissions de CO2 en 2020 par rapport à 1990. En 2025 et 2030, le pourcentage passerait à 30 % et 42 %. Comparé à 1990, cela représente une baisse de 2 % en 2020. Le projet de loi n'est pas encore adopté, mais l'inclusion des efforts de réduction sur la forêt et l'usage des mécanismes carbone pourraient permettre d'améliorer l'offre. Les Américains souhaitent que la conférence aboutisse à un « accord opérationnel » qui déboucherait sur un engagement politique contraignant en 2010. Côté financier, 1 milliard de dollars de dons en faveur de la forêt ont été promis et Washington a accepté de participer au financement de l'effort jusqu'en 2012. Plus important encore, ils ont promis d'étudier la création d'un fonds de 100 milliards de dollars par an destiné à aider les pays en développement d'ici à 2020.

· Union européenne

L'Europe a pris des engagements unilatéraux dès décembre 2008 : réduire ses émissions de 20 % d'ici 2020 (par rapport à 1990). Un objectif qui pourrait être porté à 30 % si l'accord est jugé satisfaisant. Bruxelles envisage de moduler son offre de passage à 30 % avec par exemple un passage intermédiaire à 25 % en 2020, si elle estime les propositions insuffisantes. C'est l'Europe la première qui a évoqué la nécessité de mettre sur la table 100 milliards… d'euros d'aide aux pays en développement, soit 147 milliards de dollars.

· Les pays émergents

Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud insistent sur la « responsabilité historique » des pays du Nord. La Chine, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète, a annoncé son intention de baisser le niveau de ses émissions polluantes par unité de PIB de 40 à 45 % d'ici à 2020 par rapport à 2005. Elle refuse tout mécanisme international de vérification mais accepte de publier chaque années un inventaire de ses émissions et de communiquer sur son programme national. Le président Hu Jintao a promis que Pékin disposerait en 2020 de 15 % d'énergie renouvelable. L'objectif européen est de 20 %. L'Inde propose de réduire son intensité carbone de 20 à 25 % en 2020 par rapport à 2005. Et le Brésil met sur la table une réduction de 80 % du niveau de déforestation en Amazonie.

· Les autres pays en développement

Dans le cadre des négociations sur le climat, aucune demande particulière ne leur est faite en matière de réduction des émissions si ce n'est de rendre compte régulièrement de leur niveau d'émission. L'Afrique et les petites îles se considèrent comme les plus vulnérables. Ils estiment que l'objectif des 2 degrés retenu par la communauté internationale n'est pas assez ambitieux et plaident pour un objectif de 1,5 degré. Le Premier ministre éthiopien a affirmé que la proposition de 100 milliards d'euros lui semblait satisfaisante.

· Japon, Australie, Canada

Ces trois pays ont en commun d'avoir ratifié le protocole de Kyoto, mais d'avoir du mal à atteindre leurs objectifs. Le Japon propose de réduire ses émissions de 25 % en 2020 par rapport à 1990 et a promis une aide de 15 milliards de dollars publique et privée sur trois ans d'ici à 2012.
A. B. ET J. CH., Les Echos

Copenhague : les chefs d'Etat à la rescousse

Les chefs d'Etat ont multiplié hier les déclarations volontaristes à la tribune de la convention sur le climat à Copenhague. Les Etats-Unis ont promis d'étudier la création d'un fonds à hauteur de 100 milliards de dollars, mais la vérification des réductions d'émissions est devenue l'enjeu central des négociations.
Si ce n'est pas maintenant, alors quand ? » hier dans les couloirs du centre de conférence de Copenhague, les ONG ont multiplié les appels aux chefs d'Etat pour la conclusion d'un accord « juste, ambitieux et contraignant » afin de limiter la hausse de température sous les 2 °C. C'est maintenant ou jamais, ont confirmé les leaders mondiaux qui se sont succédé à la tribune de l'ONU, mais en coulisse les négociations ont continué à se gripper. En colère devant les cafouillages de la négociation diplomatique, qui patine autour de deux textes avec la constitution de pas moins de 11 groupes de travail, Nicolas Sarkozy a résumé brusquement la situation. « Un échec à Copenhague serait catastrophique. Tous, nous aurions des comptes à rendre à l'opinion publique mondiale et à notre opinion publique. Les scientifiques, nous ont dit ce qu'il fallait faire et nous ont prévenus que nous étions la dernière génération à pouvoir le faire. »
Climat d'anxiété croissant

Délaissant le discours qu'il avait préparé, il a invité les chefs d'Etat ainsi que le président brésilien Lula da Silva à se réunir après leur dîner chez la reine du Danemark toute la nuit s'il le faut pour sortir de la nasse. Une invitation sous forme d'ultimatum des présidents brésilien et français, auteurs d'un texte commun, déterminés à reprendre le leadership des négociations pour éviter un échec.

Car hier, les négociations ont tourné en rond dans un climat d'anxiété croissant. Dans la soirée, le porte-parole de Barack Obama a affirmé que le président préférait rentrer les mains vides « plutôt qu'avec un mauvais accord ». De son côté, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, He Yafei, a affirmé que les négociations climat « risquent d'échouer » si les pays ne se concentrent pas « sur ce qui rapproche ». Dans la matinée, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait pourtant relancé la partie, en annonçant que les Etats-Unis étaient prêts à étudier une enveloppe globale de financement de long terme qui atteindrait 100 milliards de dollars par an pour la lutte contre le réchauffement et qui serait alimentée par des mécanismes de financement innovant, rejoignant la proposition européenne. « Nous sommes en train de sortir du couloir de la mort grâce à cette offre », avait souligné hier un responsable de WWF international, tandis que Jenifer Morgan, responsable climat du WWF estimait que cette annonce était de nature à faire bouger les lignes. Mais la proposition américaine est soumise à une obligation de transparence de toutes les grandes économies sur leurs actions de réduction d'émission. Une transparence également prônée par la chancelière d'Allemagne, Angela Merkel et qui vise directement la Chine qui a refusé toute la semaine toute intrusion visant à vérifier ses émissions de CO2 ou sur sa politique climat. Dans la soirée les observateurs estimaient que la déclaration de He Yafei assurant que, sur la question de la vérification des émissions, son pays est « ouvert à un dialogue et à une coopération qui ne soit pas intrusive et n'enfreigne pas notre souveraineté », réprésente une ouverture susceptible de faire bouger les lignes. « La Chine [...] ne peut considérer que la transparence des efforts de chacun soit une remise en cause de la souveraineté de chacun », a insisté Nicolas Sarkozy. Il a rappelé que l'essentiel d'un accord était à portée de main, si chacun cessait de se quereller sur la nature juridique des textes. « Que ceux qui veulent un texte sous le protocole de Kyoto, le gardent. Que ceux qui préfèrent un texte sous la Convention de l'ONU sur le climat, le fassent. Mais, qu'au moins, nous parvenions à la rédaction d'un chapeau politique commun clair, avec un renvoi dans les six mois maximum pour mettre l'accord sous une forme juridique »,a-t-il déclaré.
Un texte unique

Une position que ne partagent pas tous les Européens, certains continuant à préférer l'adoption d'un texte unique. Mais les pays du G77 et la Chine ont fait de la conservation du protocole de Kyoto une question de principe rappelant qu'il a fallu huit ans pour obtenir la ratification du protocole de Kyoto. Et dans les couloirs, les observateurs lisaient avec attention une note confidentielle provisoire des Nations unies montrant que les propositions des parties restent « non soutenables »et pourraient conduire à un réchauffement de trois degrés.
ANNE BAUER ET JULIE CHAUVEAU