TOUT EST DIT

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dimanche 2 septembre 2012

Sortie de crise : bons baisers d'Islande


Alors que la région la plus riche du monde, l'Europe, ne parvient pas à en finir avec la crise économique arrivée des Etats Unis en 2008, il est intéressant de rappeler qu'une île, peuplée de 320 000 habitants, perdue sur le cercle polaire arctique, sans industrie ni agriculture puissante, a été le premier pays européen touché et pourtant celui qui s'en est sorti le mieux. Il s'agit bien sûr de l'Islande.
Faisons préalablement un bref rappel historique pour analyser ensuite ce « miracle islandais », et les leçons que l’on peut en tirer pour la zone euro.

Commençons par décrire la structure de son économie avant l’arrivée de la crise. L’Islande avait misé sur le secteur bancaire et des politiques d’inspirations néolibérales qui lui ont assuré un fort développement économique et une élévation du niveau de vie. Mais cette évolution est en fait virtuelle car ce secteur financier demeure hypertrophié en comparaison de l’économie réelle. La croissance économique ne repose alors sur rien de concret mais uniquement sur des capitaux investis par des étrangers dans ce que l’on considère comme un nouvel El Dorado financier.
C’est pourquoi, en 2008, lorsque la crise financière américaine devient contagieuse, le pays est très durement frappé. Rapidement, les trois principales banques du pays (Kaupthing, Landsbanki et Glitnir) furent incapables d’y faire face, n’ayant pas conservé suffisamment de fonds propres par rapport aux montants colossaux de leurs prêts (équivalents à 11 fois le PIB de l’Islande !)

Mais « l’exception islandaise » est caractérisée par un comportement unique en Europe qui consiste purement et simplement à laisser couler les banques, considérant que ce sont des organismes privés et que le contribuable islandais n’a pas à payer les dettes des banquiers à leur place. Ce sont les actionnaires, majoritairement étrangers, qui ont dû supporter les pertes des banques, tandis que les dépôts islandais ont été garantis par l’Etat.
L’Etat a ensuite nationalisé les banques (ce qui lui a coûté tout de même 80% de son PIB), tout en dévaluant la couronne islandaise de 60% de sa valeur en six mois. Les ménages qui avaient contracté des prêts immobiliers en masse, dont les taux d’intérêt étaient indexés sur la valeur de la livre sterling ou de l’euro, ont vu leurs mensualités exploser. Le système entier s’est alors grippé et l’Etat islandais est entré en faillite.
Cependant, très vite, le FMI, la Grande-Bretagne, les pays scandinaves et l’Allemagne ont débloqué un prêt de près de 8 milliards de dollars en contrepartie d’une cure d’austérité pour un assainissement des finances publiques islandaises.
Le gouvernement, alors de couleur sociale-démocrate, a su rester fidèle au principe de différence de John Rawls, qui demande à ce qu’on vienne en aide en premier aux plus démunis d’une société. En effet, l’Etat a par exemple trouvé la force de rallonger la durée du versement des allocations chômage de 3 à 4 ans. La mise en place en parallèles des efforts de rigueur et de la dévaluation compétitive de la couronne islandaise, ont permis à la balance commerciale de redevenir excédentaire et à la croissance économique de revenir. En revanche, si l’Etat a garanti les dépôts islandais, il ne l’a pas fait pour les avoirs étrangers. Ce qui a donné lieu à l’affaire « Icesave ».

Cette affaire a démontré le courage des citoyens islandais qui ont refusé à 93% au cours d’un référendum de rembourser à la place des banquiers les déposants britanniques et néerlandais d’Icesave, filiale de Landsbanki. Après de fortes tensions entre les Etats concernés, le gouvernement islandais parvient à recapitaliser et à reprivatiser les banques de l’île, qui ont ainsi pu commencer à rembourser elles-mêmes leurs déposants à partir de décembre dernier.
L’Etat islandais aura ainsi tenu tête aux marchés et aux pressions internationales à la fois. Le résultat est sans appel. La croissance islandaise pour 2012 est prévu à 3%, lorsque la croissance dans la zone euro est de -0,3%. Son taux de chômage a perdu un point entre 2011 et 2012, lorsque celui de la zone euro continue de grimper. Son déficit public va même passer sous la barre des 3% du PIB. Enfin, l’Etat a réussi à rembourser en avance une partie de sa dette !
Les financiers responsables de l’effondrement du système financier islandais ont pour la plupart été rattrapés par la justice islandaise, même hors du territoire national, apportant encore une dimension morale et juste à cette sortie de crise, décidément bien originale.

Certes, ce modèle de sortie de crise n’est pas transposable à la zone euro, à cause de l’importance des banques européennes dont la faillite serait dévastatrice pour l’économie mondiale. Certes, les institutions européennes nous interdisent de dévaluer la monnaie unique et de faire jouer à notre banque centrale le rôle de prêteur en dernier ressort. Mais force est de constater que ce furent pourtant des armes essentielles pour l’Islande dans sa bataille contre la crise…
Le cas islandais nous aura appris qu’un Etat peut sortir de la crise en sauvegardant les intérêts de sa population et en tenant tête à ses créanciers, tout cela, dans le respect de principes sociaux-démocrates ; priorité aux plus démunis et égalité des chances pour tous. Nous pouvons les remercier de la leçon et prendre bonne note.

La crise de l'Euro n'a pas disparu pendant l'été

Les médias ont préféré parler vacances que crise de l'Euro, mais cela n'aura pas suffi pour faire disparaître celle-ci. Les temps qui viennent s'annoncent difficiles.
L’été touche à sa fin, les vacances se terminent et il est grand temps pour tout le monde de retrouver le train-train de la crise au quotidien. On s’y attendait, les Français ont relativement été épargnés par les médias pendant la période estivale : Ceux-ci ont préféré réaliser de pertinents micros-trottoirs de touristes pataugeant dans l’eau qu’aborder la superflue crise de la zone euro. Un choix éditorial intéressant.

Bref, inutile de se voiler la face, on a beau être de retour de vacances, la crise que traverse la monnaie unique, elle, n’a pas pris de congés. On va donc pouvoir tranquillement continuer à s’endetter, mais cette fois-ci avec le teint hâlé, ouf ! Pour le reste donc, la formule reste la même : les politiques s’accrochent mais la monnaie unique décroche. Encore aujourd’hui, François Hollande et le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, ont renouvelé leur soutien à l’euro (ça lui fait une belle jambe…) : « ni l’Euro, ni le marché unique, ni l’Union ne reviendront en arrière » ont-ils déclaré. C’est bien beau de ne pas faire marche arrière, mais sachant qu’on n’avance pas non plus, on fait quoi alors ? Et bien on stagne. De la procrastination généralisée ?
En fait c’est cela, il ne se passe rien, absolument rien : il n’y a aucune solution pour sortir la zone euro de là. Pire, toutes celles qui ont été envisagées ont échoué. Donc on renouvelle sa confiance à chaque déclaration, histoire d’essayer de rassurer les marchés. Mais sincèrement, ce n’est qu’un spectacle d’illusionnistes qui ne dupe personne… Pour l’instant on maintient l’euro en vie artificielle, on se refuse à le débrancher, on sait jamais : il va peut-être se réveiller ?
Oui, mais non. Tous les docteurs en économie s’accordent à dire que c’est fini, les dommages sont irréversibles. On ne fait que repousser l'échéance : à l'image de François Hollande qui demande « des réponses structurelles » afin de résoudre la crise au mois d'octobre, le journal Les Echos rapporte ainsi la déclaration du Président Français : «C'est au Conseil Européen du 18 et 19 octobre que nous aurons à prendre des décisions durables sur la zone euro. Cela fait trop longtemps que nous repoussons un certain nombre de choix et que nous laissons les doutes s'installer ». Sincèrement, on ne sait pas si les politiques croient eux-mêmes à ce qu'ils énoncent... Il est évident que repousser la résolution de la crise au prochain Conseil européen au mois d'octobre (« allez, cette fois c'est sûr hein : on arrête la crise ! ») n'apportera rien. Tout comme le sommet européen de juin 2012 n'a rien apporté si ce n'est un sursaut pour l'Espagne, on va en fait de sommet « décisif » en sommet « décisif » (rappelez-vous déjà en 2011...: Le prochain sommet européen sera décisif), ca en devient navrant. Personne n'ose réellement pointer le système bancaire du doigt et proposer une restructuration globale. On est définitivement prisonnier d'un système qui se mange de l'intérieur et on a tout l'air de filer vers l'oeil du vortex.
Vu le contexte mieux vaut ne pas attendre la panique générale (on y est pas encore, certains refusent de voir venir la vague d'inflation... et pourtant...), il est fortement conseillé de se préparer en se débarrassant de ses actifs financiers pour se tourner vers des valeurs qui sauront garantir le niveau de votre épargne en toute circonstance. On pense évidemment à l'or dans ce cas, car après tout, c'est ce que font les banques centrales en ce moment non ?

La crise de l'euro est politique

The Economist l'admet, "la crise de l'euro est fondamentalement politique, non pas monétaire ou financière."
Clairement, la crise de l'euro ne peut pas être si compliqué que ça - même The Economist est capable de le comprendre : "La crise de l'euro est fondamentalement politique, non pas monétaire ou financière", écrit-il. "La BCE ne peut pas redresser l'euro ; elle peut seulement gagner du temps."
Ne soyons pas ingrats devant ce genre de petits miracles, ils ont enfin reconnu la réalité. Nous l'avions dit depuis longtemps, et nous nous étions demandé pourquoi ils étaient incapables de le comprendre, avec ceux comme Roger Bootle [NdT économiste et éditorialiste pour The Daily Telegraph] nous répétant que "les difficultés de l'eurozone sont à la fois financières et économiques".
Mais même si l'important journal qu'est The Economist s'est rendu à la vérité, cela ne signifie pas que les choses vont changer. Les articles peu inspirés vont garder le même discours, et les compte-rendus sur l'évolution de la crise vont continuer à utiliser un biais financier et économique.
Cependant reconnaître que la crise est politique vous aide à comprendre ce qui se passe exactement. Cela vous aide à comprendre qu'il n'y a pas de solution économique. Il doit alors y avoir une solution politique ; il ne peut y avoir qu'une solution politique.
Par conséquent, cela vous aide à comprendre pourquoi la BCE ne peut que gagner du temps. Cela vous aide à comprendre pourquoi cela a été la stratégie des "collègues" depuis le début : gagner du temps. Ils attendent que les conditions soient mûres pour une solution politique.
Et cela vous aide à comprendre aussi pourquoi, contre toute attente, Merkel réclame un nouveau traité. La voilà la solution politique, la seule qui ait une chance de fonctionner, même si elle est probablement condamnée à la faillite, ensevelie sous l'avalanche de dettes.
Et même si cela a pris tant de temps à The Economist pour reconnaître que le problème était politique, les politiciens en étaient conscients depuis longtemps. Ils ont géré la crise comme un événement politique, trompant par là leurs critiques qui, dans leur ignorance, attendaient des réponses économiques.
Si donc la BCE réussit avec d'autres à tenir sa ligne, gagnant du temps heure par heure, jour par jour, semaine par semaine, ils devraient réussir à tenir jusqu'à la fin de l'année avec un euro intact. Alors interviendra la proposition de convention portée par le Conseil Européen.
Et alors les "collègues" iront dans le sens d'un nouveau traité. Ils le doivent, parce que ce sera la seule solution, et parce que ça a été leur intention depuis le début. Et si par un miracle qui défie la gravité ils y parvenaient, la crise providentielle aura fait son travail. C'est aussi simple que ça.

François Hollande à la recherche du bon tempo

Les Français le savaient avant de le porter au pouvoir : François Hollande serait un président "normal", à l'opposé de "l'hyperprésident" que fut Nicolas Sarkozy. Cette posture, le nouveau chef de l'Etat en a usé et abusé durant ses quatre premiers mois de présidence. Il en subit désormais le contrecoup : face à la crise, François Hollande paraît trop effacé, ce qui commence à lui coûter de précieux points dans les sondages de popularité.
Vendredi 31 août, en déplacement à Châlons-en-Champagne (Marne), François Hollande a entamé une rentrée médiatique qui le mènera sur le plateau du JT de TF1 le 9 septembre, veille d'une rentrée parlementaire avancée de deux semaines. Un retour sur le devant de la scène qui n'a pas totalement dissipé le procès en immobilisme intenté par ses détracteurs. François Hollande n'a pas fait d'annonce choc. "Je prendrai les décisions dans un calendrier ordonné, en respectant les rythmes du Parlement et le dialogue social", a-t-il martelé vendredi, contraint d'assumer le rythme apaisé qu'il s'est fixé.

Flamby, dans toute sa normalité
Les Français impatients
Cette explication suffira-t-elle à rassurer les Français ? "Depuis le mandat de Nicolas Sarkozy, l'opinion s'est habituée à ce que le président intervienne beaucoup. Dans l'esprit des Français, nous sommes encore dans cette ère où le président est encore le personnage principal", décrypte pour FTVi Christian Delporte, professeur d'histoire contemporaine et spécialiste de la communication politique.
Jean-Marc Ayrault ne semble pas encore s'être imposé comme l'homme qui tient la barre du bateau France. C'est pourtant bien le rôle que François Hollande souhaiterait le voir occuper. "La mission de président de la République, a-t-il énoncé à Châlons-en-Champagne, c'est de conduire notre pays pour qu'il fasse des choix dans le bon ordre, dans le bon rythme et dans la bonne direction. Et c'est au gouvernement, sous l’autorité de Jean-Marc Ayrault, de mettre en œuvre cette orientation."
En attendant, les Français s'impatientent. "Le changement, c'est pour quand ?" ont écrit des militants CGT sur leurs banderoles en accueillant le président. "Hollande s'est peut-être rendu compte qu'il était allé trop loin dans sa stratégie de non-communication. Mais il a fini par comprendre que se contenter de prendre le contrepied de Sarkozy ne permettait pas de combler les attentes", avance le communicant Bastien Millot. Reste maintenant à se trouver un vrai cap, à inventer sa propre communication.
Coincé entre deux calendriers
François Hollande n'est pour l'instant pas prêt à renverser la table et à changer radicalement de stratégie. "L'action que je conduis s'inscrit dans la durée du mandat qui m'a été confié par les Français : non pas sur trois mois, pas davantage sur douze mois mais sur cinq ans. Mais en même temps, a-t-il déclaré, il n'y a pas de jours à perdre. Tout compte. Trop de retards ont été pris. Trop d'urgences nous assaillent. Trop de périls nous menacent."
Une précision qui s'adresse directement à une opinion publique abreuvée jour après jour de mauvaises nouvelles économiques, qui comprend mal que les responsables politiques ne fassent pas feu de tout bois pour endiguer la crise. "Il y a une très grande impatience qui ne correspond pas au rythme d'un éventuel retour de la croissance", juge Christian Delporte.
Pour l'éditorialiste de France Inter Thomas Legrand, "les politiques sont confrontés à deux calendriers contradictoires, à deux échelles du temps concurrentes. La leur, celle de la réforme, de la fabrication des lois, c'est-à-dire de la démocratie, et la nôtre, celle des médias et de la fabrication de l’info, c'est-à-dire de la démocratie d'opinion". Toute la difficulté pour François Hollande est de relégitimer la première, quand son prédécesseur s'était engouffré jusqu'à l'excès dans la seconde.

Ordre bafoué 


Le ministre de l’Intérieur et des Cultes est aujourd’hui à Mulhouse. Le déplacement de Manuel Valls concerne principalement le volet cultuel de son ministère : il inaugure la synagogue restaurée. Il arrive aussi dans une ville qui, à l’instar de bien des cités françaises, doit faire face à une délinquance persistante. Mulhouse n’a pas été sélectionnée dans la première tranche des zones de sécurité prioritaires. Elle aurait, hélas, largement pu en faire partie.
Et c’est bien là que le bât blesse. Le développement de la délinquance dans les quartiers difficiles est tel que l’État est condamné à sélectionner les cancres de la sécurité et du bien-vivre, pour tenter de les ramener dans le droit chemin. De ce point de vue, Marseille est classé hors catégorie. La vague meurtrière qui ensanglante cette ville témoigne de l’échec des politiques menées depuis des années dans la deuxième ville de France. Le folklore et la réputation centenaire de violence qui collent à la peau de la cité phocéenne peuvent expliquer que l’on y ait laissé pourrir la situation. Borsalino et la French Connection faisaient partie du folklore local, au même titre que le pastis et la pétanque. On comptait, lâchement, sur les parrains du Milieu local pour maintenir une sorte de « violence acceptable », quitte à leur abandonner une partie du maintien de l’ordre. De leur ordre.
Aujourd’hui, la coupe est pleine de sang. La kalachnikov fait la loi dans certains quartiers, au point que des élus républicains appellent l’armée au secours. Redoutable solution ! Dans un État de droit, la police est seule à même de défendre l’ordre. Appeler l’armée, c’est reconnaître que cet ordre est bafoué, que, quelque part, la République est en danger, et qu’il y a urgence à agir.
L’heure du ménage a sonné. L’État doit reconquérir les quartiers par l’épée, mais aussi par l’éducation et la morale.
Morale. Un mot désuet, dans une ville où les mises en examen d’élus de tous bords témoignent d’un certain relâchement des mœurs. Appeler l’État au secours est une démarche compréhensible. Il serait tout aussi souhaitable de voir les élus marseillais commencer par balayer devant leur porte.

Société désintégrée 
 

Marseille, c’est loin. Un monde exotique, fait de cigales, de plages et parfois de rafales autres que celles du mistral. On peut crier à l’amalgame. Pendant que les réseaux sociaux s’affligent de tueries aux États-Unis, la police est réduite, dans une ville française, à se faire comptable des morts par balles.
Invoquer un genre de tradition locale sonnerait faux, en plus de se vouloir provocateur. Certes, le grand banditisme avait su hier prendre ses aises dans la deuxième ville du pays. Les parrains évoluaient dans un milieu organisé à défaut d’être très socialisé, avec ses conventions propres et sa légende sanglante. Cette criminalité pouvait bien inquiéter. Ses limites étaient perceptibles.
Aujourd’hui, l’ère de la Kalachnikov secoue l’Etat de droit plus sèchement. Le passage des vols à l’arraché à une violence débridée et radicale reflète l’aggravation et la multiplication des misères parmi des groupes marginalisés, déréglés. La répétition des règlements de comptes n’est pas le fruit du seul trafic de drogue. Ces déchaînements marquent aussi le basculement d’une société de l’intégration à une autre de désintégration.
Faute d’un contexte sécuritaire minimal, comment, pour des gouvernants, mener les batailles du chômage, de l’échec scolaire, des inégalités? Il ne s’agit pas là de mater une ville, comme le supposerait une idée délirante de faire donner l’armée. Mais de réapprivoiser une composante de sa population. En un sens, parce qu’elle appartient à la même nation effarée, Marseille nous est aussi très proche.

La croissance vaut bien une messe 


  François Hollande ira-t-il jusqu'à faire de la restauration des marges des entreprises françaises une cause nationale ?

Le retour de la croissance vaut bien une messe libérale. Dix ministres et le chef d'un gouvernement de gauche à l'université du MEDEF, dans l'antre du capitalisme, serrant des mains de patrons, souriant à des électeurs qui n'ont pas tous voté François Hollande. C'était cette semaine.
La présence était massive et le symbole si fort que Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « les risettes » faites à Laurence Parisot, baptisée « chef d'état-major de la réaction ». Le patron du Front de gauche cherche à exister de nouveau en reprenant sa posture radicale, en guerre contre les patrons, en rupture avec le capitalisme.
Le gouvernement, lui, est confronté à la réalité. Il porte désormais la responsabilité de la conduite des affaires du pays en période de crise. Sans états d'âme, le nouveau pouvoir politique est allé chercher auprès du pouvoir économique des raisons d'espérer dans le retour d'une croissance dont il a tant besoin.
Quand il est impossible d'augmenter la dépense publique pour faire repartir la machine économique parce que la dette est trop lourde, quand il est suicidaire de tailler brutalement dans ces dépenses et de renforcer la pression fiscale, au risque de la récession, le chemin de crête ressemble à la corde du funambule.
Il faut contenir les dépenses en supprimant celles qui ne sont pas essentielles, il faut alourdir les impôts sans tuer la consommation des ménages et l'investissement des entreprises, et il faut surtout renouer avec la croissance. C'est elle qui permettra l'augmentation des recettes fiscales de l'État et qui créera de l'emploi.
Ces « risettes » au patronat sont, pour le président de la République, une façon de reconnaître, sans le dire, l'importance primordiale de la compétitivité de nos entreprises. Jusqu'où François Hollande ira-t-il dans son credo entrepreneurial ?
On sait que la bien meilleure santé économique de l'Allemagne tient à un positionnement haut de gamme de ses produits, à une recherche et développement plus efficace, et à un tissu de PME de plus grande taille.
On dit moins que les entreprises allemandes voient leur profitabilité augmenter depuis dix ans, quand celle des entreprises françaises baissait fortement.
Or, ce sont ces profits qui permettent aux entreprises allemandes d'investir dans leur appareil de production, dans l'innovation et dans la formation des hommes.
François Hollande ira-t-il jusqu'à faire de la restauration des marges des entreprises une cause nationale ? Ce qu'il ne pouvait dire au peuple de gauche quand il devait se faire élire, osera-t-il le dire au peuple français une fois élu ?

La victoire en déchantant 
Flamby et Tarlouse de Paris


  Alors que la cote de confiance de François Hollande est passée sous la barre des 50 %, le Parti socialiste se réunit à La  Rochelle sans pouvoir fêter une victoire qui est déjà une vieille affaire pour les Français. Le désenchantement a vite repris ses droits dans une époque où la crise ternit tout.
La gauche de gouvernement se retrouve comblée et inquiète à la fois. Elle a aujourd'hui tous les pouvoirs, locaux et nationaux. Elle peut décider et agir sans autre contre-pouvoir que celui de la rue. Les administrations sont à son service. Les assemblées à sa main. Elle est toute puissante, au moins dans le domaine institutionnel. Le Parti socialiste était habitué au pouvoir local, pas au pouvoir national. À l'échelon local, on gère, à l'échelon national, on critique. C'est la pratique qui prévalait jusque-là. Aujourd'hui, il faut toujours gérer les collectivités locales, et il faut en plus gouverner la France.
Les Français ont élu un président et une Assemblée nationale de gauche. Ils regardent maintenant vers ce pouvoir dont ils attendent tout parce qu'il maîtrise tout.
Ils n'espèrent pas de résultats immédiats, parce qu'ils ont bien compris l'épaisseur de la crise. Mais ils ont néanmoins besoin d'être rassurés. Et si l'on en juge par les derniers sondages, ils ne le sont pas. François Hollande président prolonge le François Hollande candidat. Pas de promesses inconsidérées, pas de frénésie d'actions. Il était l'anti-Sarkozy, il le reste.
Son prédécesseur faisait oublier son absence de cap par des sprints éperdus qui focalisaient l'attention. À chaque événement répondait une « séquence  ». Rien n'était laissé sans écho, même si ce bruit ne faisait pas une mélodie. Son successeur s'est engagé dans le registre de la modestie, de la réflexion, du temps retrouvé. La posture plaisait par contraste. Elle ne suffit plus.
Si François Hollande veut retrouver la confiance de l'opinion sans renouer avec l'hyperprésidence, il lui faut nécessairement indiquer un cap et annoncer les grandes étapes du rétablissement. Les Français peuvent attendre, à condition qu'on leur propose des échéances.
Le flou du candidat permettait aux électeurs de projeter dans son discours toutes leurs attentes. Le flou du président transforme toutes ces attentes en déceptions.
Comment le président de la République compte-t-il redonner à la France le dynamisme économique qu'elle n'a plus connu depuis plus de dix ans ? Par quelles actions cette réhabilitation passe-t-elle et au prix de quels efforts ? Comment compte-t-il faire baisser les dépenses publiques sans plomber la croissance ? Comment espère-t-il augmenter les recettes fiscales sans scléroser un peu plus le pays ? Comment faire accepter les sacrifices indispensables à une sortie de crise ?
Ils n'espèrent pas de résultats immédiats parce qu'ils ont compris l'épaisseur de la crise.
Mais ils ont néanmoins besoin d'être rassurés.

Les dernières paroles du cardinal Martini : "L'Eglise a 200 ans de retard"

Sa dernière interview ne sera pas passée inaperçue. Dans un entretien réalisé en août, et publié samedi 1er septembre par le Corriere della serra, le cardinal Martini, mort vendredi à l'âge de 85 ans, dresse un portrait au vitriol de l'Eglise catholique, institution qu'il présente comme ayant "200 ans de retard".
"Notre culture a vieilli, nos églises sont grandes et vides, la bureaucratie ecclésiastique est omniprésente, nos rites religieux et les habits que nous portons sont pompeux", tacle le cardinal, considéré jusqu'à sa mort comme une grande figure du courant progressiste.

Divorce, préservatif, femmes prêtres : pas de sujet tabou
Le cardinal militait pour une politique beaucoup plus ouverte à l'égard des personnes divorcées. Sans quoi l'Eglise perdra la confiance des générations futures, prédit-il dans cet entretien. Selon lui, la question n'est pas de savoir si ces couples peuvent communier, mais comment l'Eglise peut accompagner ces situations familiales complexes.
Prônant "une transformation radicale, à commencer par le pape et ses évêques", le cardinal Martini, très respecté par Jean-Paul II et Benoît XVI, n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat : "Le scandales sexuels avec des enfants nous obligent à emprunter le chemin d'une transformation."
Atteint depuis dix ans de la maladie de Parkinson, ce grand intellectuel jésuite s'était par le passé montré ouvert sur la question du préservatif ("un moindre mal") et des femmes prêtres.

Hauts fonctionnaires : travailler plus mais pour quoi faire ?

656 fonctionnaires gagnent plus que Hollande et Ayrault. C’est ce que révèle le magazine Challenges à travers une enquête menée sur les salaires de hauts fonctionnaires de l’Etat. Le décret officialisant la baisse de 30 % du salaire du Président et de son premier ministre, publié le 24 août fait ainsi passer de la 52 eme à la 657 eme place des rémunérations de l’Etat. L’hebdomadaire souligne également les écarts entre un ambassadeur en Afghanistan (entre 30 et 35 000 euros bruts/mois) à comparer aux 14 910 euros bruts du chef de l’Etat.

Heyrault, le crétin de service.
Passée cette goutte d’eau dans un océan de déficit public, passée la démagogie de cette mesure phare du début de quinquennat Hollande avec cette baisse en trompe l’œil (la masse salariale étant plus importante sous le gouvernement Hollande que le premier gouvernement Fillon), passée surtout cette hypocrisie socialiste de faire l’impasse sur les mauvaises habitudes *de ses prédécesseurs, Mitterrand et Chirac en tête… que retenir ?
Qu’un grand chef d’entreprise, en l’occurrence ici l’Etat, gagne moins que ses employés, fut il exposé à la pire des situations, c’est-à-dire prendre un Ferrero Rocher en compagnie d’un barbu à Kaboul.
Pour comprendre cette particularité française, petit retour en arrière. La jurisprudence Hollande nous avait auparavant éclairé un peu sur cette « normalité » en matière de politique salariale publique. Pour « montrer l’exemple », Bercy a décidé de marquer les esprits en fixant un plafond de rémunération des dirigeants d’entreprise publique sur la base de vingt fois la moyenne des 10 % les plus bas, soit un plafond d’environ 450 000 euros annuels le traitement. Soit. Sur le papier pourquoi pas, car tout ce qui peut réduire le train de vie de l’Etat finalement est bon à prendre en cette période. Mais Bercy a oublié une chose : nous ne sommes pas dans une économie administrée, même dans son meilleur fantasme. Et tous ceux qui sont concernés par une réduction de leur rémunération sont ceux finalement qui ont les responsabilités les plus importantes. Les autres n’étant pas concernés sauf à décider par décret de la baisse de l’ensemble des salaires de la fonction publique, ce qui revient à changer tous les contrats de travail.
On arrive à ce même constat : un patron finalement moins payé que son comité de direction et parfois aussi de ses collaborateurs. Le goût de l’effort, le sens des responsabilités ne semblent donc pas des valeurs en vogue et payante de la Hollandie, même dans la fonction publique. Comment dès lors susciter des vocations et attirer des talents lorsqu’on lui dit que le numéro deux, trois ou vingt sera mieux payé que vous avec moins de responsabilité ? Pour vous je ne sais pas, mais moi, franchement, n’étant pas maso je ferai tout ce qui est possible de faire pour ne pas devenir dirigeant et me faire mal voir de ma hiérarchie.
Dans ce domaine, c’est vrai, reconnaissez que l’on ne manque pas d’idées pour y arriver. Le plus simple, c’est de ne pas faire grand-chose, ou tout du moins retarder l’échéance pour ne pas devoir rendre des comptes très rapidement. On peut ainsi se créer à foison des comités, des réunions en veux-tu en voilà, histoire de dire que l’on est ouvert à tous et que l’on prendra une solution collégiale le temps venu. Avantage : un an de gagné et ça peut permettre de passer la période d’essai. Le problème, c’est que même en s’agitant, cela finit rapidement par se voir. Mais le mieux est de montrer un signe de non assiduité pour le job. Quelle que soit la situation, ne surtout rien faire, rien dire, sortir des phrases creuses. Le must, c’est prendre des vacances alors que l’on vient de commencer son job et que tout le monde compte sur vous. Et ça, notre Président l’a bien compris. On comprend finalement mieux cette décision de se baisser lui-même son salaire.
* Les « fonds secrets », sorte de petit argent de poche laissé à discrétion du Président échappaient, avant N Sarkozy, au calcul de cette rémunération et surtout au contrôle des finances publiques.

LA HONTE LA BÊTISE ET LA PEUR !
C'EST AVEC CE RAISONNEMENT QUE LA FRANCE VA DEVENIR UNE TERRE ISLAMIQUE, JE LE REFUSE DE TOUTE MA FORCE, L'ISLAM
 C'EST LA HAINE LA MISOGYNIE ET LA MORT. L'ÉGLISE CATHOLIQUE A 200 ANS DE RETARD....QU'ELLE SE RÉVEILLE ET VITE !!

Sarkozy peut-il revenir?


L’anecdote est authentique, je vous en donne ma parole. Hier soir, lors d’un dîner, je retrouve une vieille connaissance, dans le style bobo socialisant. Pendant cinq ans, il n’a jamais cessé de vomir sur l’ex-président, déversant tous les poncifs de l’époque : « Sarkozy président des riches, néo-conservateurs, otage des américains, des banques et des sociétés du CAC40, représentant  la droite xénophobe » etc. Or, hier soir, en beau milieu de soirée, il me dit: « Tu as vu comme ça va mal ? C’est effroyable !  On en finit par regretter Nicolas ! Il peut revenir tu penses ? »
Peut-il revenir ? Je trouve cette question, en arrière-plan de toutes les manœuvres politiques à droite, quelque peu déplacée.
Sarkozy est le premier à reconnaître qu’il a commis des erreurs et des maladresses. Quel homme d’Etat peut se targuer d’un parcours sans faute? Mais, pendant cinq ans, avec ses forces et ses faiblesses, il a remué ciel et terre, sans une seconde de repos, à un rythme infernal, avec une obsession, une fixation, un leitmotiv : « les Français attendent de moi que je les sorte de la crise.» Durant toutes ces années, il n’a jamais cessé de subir une avalanche d’insultes et de mauvais coups haineux, avec une violence et une constance qui n’ont pas d’équivalents dans l’histoire. Il faut être bien naïf pour imaginer qu’on puisse tirer une once de bonheur à faire un métier pareil.
Résultat : une majorité de Français l’a remercié le 6 mai dernier, l’a mis dehors et a voulu à sa place un « président normal. » Pourquoi souhaiterait-il revenir dans ces conditions ? Il y a toujours un homme sous le costume des institutions. Reprendre du service? Une affaire personnelle, entre lui et la France…

ZORBA LE GREC À VOLOS

Souvenez vous, dans le film, le jeune homme échoue dans son entreprise et se retrouve ruiné.
Zorba l'entraine alors sur la plage et lui apprend cette danse (qui n'existe que dans le film) pour oublier.
Ici à Volos, un millier de personnes font symboliquement de même pour la Grèce, qui n'a plus d'industrie.

samedi 1 septembre 2012

Hollande : «La crise est d’une gravité exceptionnelle»

Face à la crise, le Président annonce à Châlons-en-Champagne une accélération de son action.  « On veut du changement ! » scandaient les militants de la CGT. Patience, leur a répondu François Hollande, dans un long discours devant fixer le cap pour les prochains mois. « Nous sommes devant une crise d’une gravité exceptionnelle », a expliqué le Président. Et s’il y a « urgence » sur l’emploi, « il faudra du temps » pour gagner « la bataille de la croissance, de l’emploi, de la compétitivité ». L’Élysée avait pris soin de prévenir de l’importance du déplacement présidentiel. Il avait dans le même temps annoncé une intervention télévisée le dimanche 9, bientôt suivie d’une conférence de presse. Une contre-offensive en réponse à l’impatience d’une partie de l’électorat et aux mauvais sondages, mais surtout en réaction à l’aggravation de la situation économique.
Car tous les indices sont au rouge. Le projet de budget, attendu dans trois semaines, doit trouver de nouvelles économies pour absorber une croissance qui s’essouffle : envisagée à 1,2 % l’année prochaine, elle pourrait ne pas dépasser 0,5 %. Et les nuages noirs s’accumulent dans le ciel de l’euro : hier, par exemple, la relégation de la Catalogne dans les placements à risque, menaçant d’entraîner toute l’Espagne vers la faillite…
Que faire ? Accélérer. Le parlement recommencera ses travaux plus tôt que prévu, dès le 10 septembre, pour lancer les « emplois d’avenir ». Le même jour, les partenaires sociaux s’attaqueront à la flexibilité (ou sécurisation, c’est selon) du travail. La naissance de la Banque publique d’investissement, destinée aux PME, est annoncée « dans les jours qui viennent », de même que le schéma des « contrats de génération ». Et le gouvernement laisse déjà filtrer une mauvaise nouvelle à venir dans le budget : l’augmentation de l’impôt sur le revenu, par le biais d’un gel du barème.
Le candidat n’avait certes pas fait beaucoup de promesses, mais le Président est déjà obligé de doucher le peu d’enthousiasme qui restait. « Le changement, c’est une force qui sait où elle va », répond-il aux impatients, rendez-vous dans cinq ans. Pas sûr que les cégétistes champenois et quelques autres en soient d’accord.

Verbatim

Son action :
« L’action que je conduis s’inscrit dans la durée du mandat qui m’a été confié par les Français : non pas sur trois mois, pas davantage sur douze mois mais sur cinq ans. Je prendrai donc les décisions dans un calendrier ordonné »
Sa priorité :
« L’urgence, c’est l’emploi ». Le projet de loi sur les « emplois d’avenir » sera adopté au plus vite et « dès le début du mois d’octobre seront signées les premières conventions ».
Le dispositif sur les contrats de génération sera quant à lui présenté dans « les jours qui viennent » aux partenaires sociaux.
Face aux plans sociaux :
La négociation pour « anticiper les restructurations » et « prévenir » les plans sociaux commencera « le mois prochain ». Le document d’orientation de cette négociation sur la sécurisation de l’emploi « sera présenté le 10 septembre » aux partenaires sociaux.
Le logement :
Projet de loi « prêt » pour « céder gratuitement les terrains de l’État aux collectivités et bailleurs sociaux qui s’engagent dans des programmes de construction ». « 110 000 logements entre 2012 et 2016 pourront être créés ».
La réforme de la santé :
« Des choix courageux seront faits en 2013 » pour réformer le financement de la protection sociale. « Ils seront durables, justes et stables ». Pas question d’attendre « la fin de mandat pour faire adopter une disposition à l’application différée ».
Les entreprises :
Elle sera créée « dans les jours qui viennent » pour permettre « l’accès des entreprises au financement, en prêts comme en fonds propres ».
Cumul des mandats :
La fin dans « quelques jours, quelques semaines » de l’autorisation de cumuler un mandat de parlementaire et un autre dans l’exécutif local ».

POUSSIF, LE HOLLANDE, IL NE MAITRISE RIEN.

IFA 2012. Cinq innovations qui vont changer nos vies, ou pas...

Une télé magique, une plaque de cuisson intelligente, un smartphone qui déstresse... Le monde de la high-tech bouillonne d'idées pour améliorer notre quotidien.

La télévision anti-disputes conjugales

C'est à Samsung que l'on doit cette innovation étonnante qui permet à deux personnes de regarder deux programmes différents sur une seule et même télé (ES9500). Les images s'affichent "mélangées" sur l'écran, il faut porter des lunettes spéciales pour masquer le programme de l'autre. Le son de chaque programme est restitué grâce à de petites oreillettes sans fil accolées aux lunettes. Certains y verront une arme anti-disputes conjugales, d'autres la fin de la communication de couple, à vous de choisir.

L'appareil photo qui dévoile tout sur Internet

Le smartphone devient le meilleur ami des appareils photo. Grâce à des applis dédiées, les prochains appareils photo pourront être entièrement contrôlés à distance. L'image est retransmise en direct sur l'écran du mobile, connecté à proximité en Wi-Fi. Pratique pour déclencher au bon moment une photo de groupe. Après la prise de vue, les applis permettent d'envoyer les images par mail ou de les publier sur les réseaux sociaux. Sony et Samsung ont tous deux présenté des innovations en ce sens.

Secouez avant d'écouter

Connecter un casque sans fil et un smartphone en Bluetooth est une opération fastidieuse, parfois périlleuse, lorsque plusieurs périphériques compatibles se trouvent dans un même environnement. Grâce à la technologie NFC, il suffit d'entrechoquer deux éléments que vous voulez lier (un baladeur et une enceinte sans fil, par exemple) pour que ceux-ci se reconnaissent et se mettent en relation. Vu chez Sony.

Chauffer, mixer, presser

Il s'agit d'une immense plaque à induction de plus d'un mètre de diagonale, capable de repérer l'emplacement des casseroles sur toute sa surface. Un écran tactile sert à commander individuellement les températures des casseroles. Mieux, des accessoires à poser directement sur la plaque utilisent l'induction pour s'alimenter en énergie. Ont été présentés : un presse-agrumes et un mixer. On peut aussi imaginer qu'à terme tout le matériel électroménager d'une cuisine pourrait être ainsi alimenté sans fil. Vu chez Panasonic.

Un iPhone qui détend

C'est une start-up de Singapour qui a créé ce petit module à brancher sur un iPhone. Grâce à un système optique, il est capable de mesurer votre fréquence cardiaque et respiratoire, et de vous proposer des exercices de respiration pour vous détendre. Le module est disponible en pré-commande sur le site zensorium.com.

Pluie 


Avant la rentrée, c’est déjà la rentrée. Les bambins en sont encore à préparer leurs cartables, que notre Président vient de brutalement charger le nôtre en Champagne — et pas avec des bulles de félicité. C’est la crise, nous a-t-il dit, mais cela, nous le savions déjà. Il faudra du temps pour en sortir, a-t-il ajouté, et je n’ai pas grand-chose à vous offrir pour patienter, mais cela aussi, nous le savions déjà… Non, la vraie nouveauté de cette rentrée, c’est l’annonce que l’intensité de la crise a franchi quelques degrés sur l’échelle de gravité. Le candidat nous avait prévenus que ce serait dur, le Président reconnaît maintenant que ce sera très, très dur. 
Et long, très long, avant que nos efforts soient récompensés, éventuellement… Sinon, la météo promet de la pluie aujourd’hui. 
Demain aussi. 
C’est décidément la rentrée.

Angoisses de pré-rentrée mal préparée


C'est la rentrée politique, on l'a bien compris. Jusqu'aux premières déclarations « en province » de François Hollande qui demande surtout de ne pas juger son action alors qu'il a cinq ans pour mettre en œuvre son programme. C'est surtout un week-end de nuits blanches assurées pour des millions d'écoliers, de collégiens, de lycéens et… de professeurs. Parmi ces derniers, une foule de nouveaux, inexpérimentés, qui vont se jeter dans la fosse aux lions. On imagine leurs cauchemars de pré-rentrée, avec des classes indisciplinées, des gros mots voire des scènes de violence qui les laissent impuissants. Peu d'entre eux imaginent l'autre scénario, plus courant, des réussites auxquelles ils vont contribuer, des espoirs qu'ils feront naître et des projets de vie qu'ils accompagneront. Les risques occupent toujours l'esprit plus que les chances. Risques peut-être d'autant plus assurés que la formation des enseignants délaisse la pratique. La sélection par concours privilégie les têtes bien pleines aux dépens des passionnés pétris des qualités requises pour être un bon maître. L'amour des enfants, la patience, la pédagogie… Souvent ces compétences sont oubliées de la formation qui s'acharne à vérifier les connaissances dans les matières qui devront remplir les petits cerveaux. La « mastérisation », terme barbare, propulsera cette semaine de jeunes adultes pour la première fois aux commandes d'une classe, sans filet. Dans tous les métiers, le temps de formation est mis à profit pour tester, de manière encadrée, sa pratique professionnelle. Les marchands de somnifères doivent adorer la rentrée.

Les raisons d’une dramatisation 


« Nous sommes devant une crise d’une gravité exceptionnelle », a lancé hier François Hollande, en Champagne. Économie sans croissance n’étant que ruine du moral, il était temps que le chef de l’État s’exprimât.
Son constat tient du réalisme – sur la stagnation de l’activité et sur l’inquiétude des Français – et de la franchise, mais la dramatisation relève aussi de la tactique. L’objectif est triple.
Primo, en redéfinissant une priorité nationale incontestable, la lutte contre le chômage, il s’agit de redonner du sens à un début de mandat qui semble s’effilocher.
Secundo, demander aux Français un peu de patience, donc faire admettre ce qui paraît une lapalissade, mais ne l’est nullement aux yeux de nos concitoyens : un quinquennat, par définition, dure cinq ans, et pas seulement cent jours.
Mais le tertio est le point essentiel : il faut préparer le pays à des efforts supplémentaires. À l’Élysée, à Matignon, à Bercy, sans être forcément d’accord sur l’ampleur de l’ajustement, il ne fait pas de doute que la croissance va être revue à la baisse. Elle est de 1,2 % selon la prévision actuelle. La diminuer de 0,5 %, hypothèse plausible, obligerait l’État à trouver 5 milliards d’euros supplémentaires, sous forme de moindres dépenses ou de nouvelles rentrées. Pas facile en temps de disette.
Il existe bien un scénario alternatif : s’affranchir de cette contrainte, en demandant à nos partenaires de l’Union un rééchelonnement du calendrier.
« Autre politique » séduisante pour certains, et pas seulement à l’extrême-gauche, mais qui serait aussitôt sanctionnée par des marchés qui, pour l’instant, accordent crédit – c’est-à-dire de l’argent à taux avantageux – à la gauche depuis son retour au pouvoir.
François Hollande dit les choses avec netteté, mais sans les dire toutes. Il faudra pourtant sortir de l’ambiguïté très rapidement, et le calendrier l’y obligera puisque le projet de loi de Finances doit être bouclé avant fin septembre. L’heure des choix approche, avec ses arbitrages douloureux. N’est donc plus très loin le moment où l’on saura si le président « normal » est aussi homme d’État.

Une arme secrète pour la droite ?


Lors de la réforme du 23 juillet 2008, le Président Sarkozy a introduit dans la Constitution la possibilité d’organiser un « référendum d’initiative populaire ». Deux conditions essentielles doivent être réunies : une initiative d’un cinquième des parlementaires et la signature d’un dixième du corps électoral. Les sénateurs et les députés de droite, s’ils le souhaitent, ont largement la possibilité de s’engager dans cette voie : ils sont 328 au total alors que le seuil nécessaire est de 185 ! Puis, obtenir le parrainage de 4,32 millions d’électeurs inscrits semble réaliste à travers le réseau militant ou celui des élus locaux. La décision référendaire s’imposerait à tous comme loi de la République. Même le Conseil Constitutionnel ne contrôle pas les textes adoptés par cette voie. La droite, minoritaire au Parlement, a ainsi la possibilité d’imposer une politique par la démocratie directe en s’appuyant sur le peuple. Encore faut-il qu’elle ait un projet à proposer à la nation. Le candidat Nicolas Sarkozy avait suggéré dans sa campagne plusieurs référendums, sur l’emploi, la lutte contre l’immigration illégale. La réforme de la législation sur le temps de travail, annoncée par François Fillon, tout comme la défense de la laïcité, le combat contre la criminalité et la sécurité dans les cités peuvent  aussi se prêter à une initiative de ce genre. Le référendum d’initiative populaire, depuis 2008, n’a rien d’un gadget mais  constitue un outil fondamental de renouvellement de la démocratie. Il n’a jamais été utilisé. Les forces libérales au Parlement auraient tout à gagner à s’en saisir.

Une semaine en Hollandie

Vous avez raté l’actualité cette semaine ? Votre télé est en panne et vous avez jeté votre radio ? Voici un petit compte-rendu de ce qu’il ne fallait pas rater cette semaine en Hollandie.

Androgyne
1. On a eu tout d’abord la confirmation que le Vert est soluble dans l’Or (de la république). Les trublions de la gauche ont glané quelques postes de ministres, de députés et de sénateurs mais ont perdu leur rafraichissante verve. Le nucléaire d’abord : après la sortie de Montebourg, voici Batho qui, devant le Medef, déclare que « la France a durablement besoin du nucléaire ». Les Verts encaissent. Batho, encore elle, répondant à une question malicieuse de Bourdin sur RMC, rappelle l’engagement des socialistes pour le 2nd aéroport de Nantes (Notre Dame des Landes). A part les menaces de Mamère qui sauve l’honneur de son mouvement, mais dont les gesticulations et les menaces sonnent creux tellement il n’y croit pas lui même, Duflot est incroyablement absente des ondes. Mais on est un peu dur. On a toujours pensé que les Verts avaient des convictions. Et on avait raison : Ils en avaient tellement qu’elles étaient à vendre contre quelques postes. Clap de fin pour l’écologie politique ? Possible et même probable. Ça veut dire que bientôt on regardera Duflot avec le même sourire nostalgique qui accompagne l’évocation d’Antoine Waechter et Brice Lalonde… Notons que le gentil Jean-Vincent Placé Le Bien Nommé tente une courageuse diversion en appelant à l’instauration rapide de salles de shoot… Le problème, Ji-Vé, c’est qu’au train où vont les choses, ce ne sont pas seulement les drogués qu’on va accueillir, mais tous tes électeurs…
2. 2nde confirmation : Hollande pense vraiment diriger la France comme le PS. Un coup à droite, un coup à gauche. Et vice versa. Le problème, François, c’est que ça ne fait pas une politique et que ça mécontente tout le monde. Souvenons-nous : mi juillet, conférence sociale, les patrons sortent très inquiets quand les syndicats jubilent et adoubent le gouvernement dans sa méthode comme dans ses orientations. 30 août, université d’été du Medef, pas moins de 6 ministres dont le 1° d’entre eux, une première, viennent flatter les patrons ! Même Bernard Thibaut s’agace de cette danse du ventre, lui qui a appelé à voter Hollande il y a quelques mois ! Il lance maintenant une grande manif le 9 octobre et prévient le gouvernement « qu’il va devoir faire des arbitrages : entre ce que revendique le Medef et ce qu’attendent les salariés, il y a des attentes contradictoires ». Monsieur le Président, soyez sympa, ne le forcez pas à regretter Sarkozy !
3. Ensuite un éclaircissement. La chute brutale dans les sondages était à mettre sur le compte d’un déficit de sens, d’après les commentateurs. Oui mais voilà : pour connaître le cap, la direction prise par le pays, ce n’est pas au président qu’il faut s’adresser. Il l’a dit clairement en Espagne ce jeudi : « Je ne me détourne en aucune manière de ces trois objectifs, sérieux budgétaire, croissance et emploi, compétitivité, et puis mise au clair de nos choix dans la zone euro (si je compte bien, ça fait 5 objectifs, non ? NDLR) de façon à ce que nous puissions dans les prochains mois avoir des perspectives et donc de l’espoir». Autrement dit, aujourd’hui, les amis, n’attendez rien de l’exécutif : aucune perspective, aucun d’espoir. Ça, c’est fait. De Gaulle était allé à Aix la Chapelle, « Normalito » était à Madrid. Manquerait plus qu’il rate son train de retour…
4. On se dit qu’on va penser à autre chose avec Filipetti dans Polka et patatra ! On a rendez-vous avec l’incompétence crasse de la nouvelle Ministre de la Culture. Dans son interview au magazine, elle étale au grand jour son ignorance absolue du monde du photojournalisme et nous éclaire sur sa conception de la presse. Elle propose, entre autres, de revenir sur la Loi Guigou qui protège le citoyen contre l’exploitation de son image contre son gré. Baroque et probablement anticonstitutionnel ! Outre qu’elle mélange photo d’art et photojournalisme, ce qui témoigne du degré de préparation de ses interviews, elle nous garde le meilleur pour la fin : « la presse ne peut se refaire que par la qualité ». Autrement dit, si la presse a des problèmes, c’est parce qu’elle ne produit rien de qualité, ce que les professionnels concernés apprécieront ! Sachez, Madame, ne vous en déplaise, que nous vivons en économie de marché. Et qu’il en est des journaux comme de nombreux produits : la qualité ne se juge pas dans l’absolu mais c’est bien le consommateur qui décide si le produit proposé est « valuable » pour le prix qu’on lui en demande. On peut le regretter, mais c’est bien la demande qui définit la qualité, et pas l’offre ! On referme Polka et on se dit que la médiocrité a aussi gagné la Culture.
5. On finira par un sourire (à moins qu’on ne pleure…) et la « novlangue » que nous propose le gouvernement. Christian Millau sur Atlantico nous régale avec les vocabulaire « gay friendly » de la Ministre de la famille. Il faut dire qu’elle a été maire du IV° arrondissement de Paris, le Marais. Elle a probablement gardé de solides accointances avec Têtu, l’organe référent de la communauté Gay. Érigée en police du langage, madame la ministre nous apprend qu’on ne doit plus dire « mariage homo » mais « mariage pour tous ». De même, vous étiez un vieux réac facho et vous disiez « fonder une famille ou un foyer » ? Et bien maintenant, vous direz « faire famille ». J’en entends ricaner… Moi je vous laisse, je vais pleurer.
A la semaine prochaine !

Hollande, Hidalgo, enfant caché et censure de Twitter

Pour répondre aux nombreux bruits qui circulent sur son compte et au sujet d’un enfant caché qu’elle aurait eu avec François Hollande, Anne Hidalgo, première adjointe socialiste au maire de Paris, a demandé à son avocat de faire taire les rumeurs qui courent à son sujet sur Twitter. Le retour de la censure socialiste ?

Bite en béton, tarlouse et maman.
Le 23 juin, Maître Baudelot, l’avocat de l’élue socialiste, envoyait une mise en demeure au réseau social Twitter, car des utilisateurs s’échangeaient des messages à caractère diffamant concernant Anne Hidalgo. L’avocat explique ainsi que dans les tweets concernés, « il est prétendu que Madame Hidalgo aurait eu une liaison avec le Président de la République Française – Monsieur François Hollande – et que de cette liaison serait né un enfant« .
Sous Sarkozy, des milliers de tweets, de forums, de blogs et autres moyens de communication, versaient leur haine sur le président et sur sa famille, n’hésitant pas à inventer toutes sortes de mensonges. Il ne semble pas que la droite, alors au pouvoir, exerçait des pressions juridiques pour faire censurer les comptes des usagers qui diffamaient le président.
Le principe de ces réseaux sociaux est de pouvoir dire n’importe quoi, de plaisanter sur tous les sujets.  Le comportement procédurier d’Anne Hidalgo revient à envoyer la police dans les salles à manger des personnes qui critiqueraient le gouvernement pendant leurs repas de famille…
Quelle est le problème des socialistes et de la gauche française avec la liberté d’expression ? Ne sont-ils pas sensibles à l’humour, à la dérision ? Pourquoi attaquent-ils systématiquement en justice les personnes qui ne pensent pas comme eux ? Pourquoi ce besoin de faire taire toute opinion divergente ?
Après Pulvar, Aubry, Trierweiler, maintenant Hidalgo, le message des socialistes en place est clair : quiconque se permet de les critiquer aura à faire à la justice. C’est si beau la démocratie socialiste ! On comprend mieux pourquoi ces gens là ont voté les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain…
La liberté d’expression, c’est maintenant !

ET JE CONCLURAI PAR CE DICTON JURASSIEN
TÊTE DE CON, BITE EN BÉTON !

Les enseignants s'assurent en masse contre la violence

Près de la moitié des enseignants et personnels de direction a souscrit une assurance spéciale de la Maif qui leur assure un soutien financier et moral en cas d'agression ou d'accident.

La recrudescence de la violence scolaire s'observe par le nombre de contrats d'assurance souscrits pas les enseignants pour se protéger. La Maif révèle ce vendredi que 55% des enseignants et la moitié du personnel de direction, soit près de 500.000 personnes, ont choisi pour cette rentrée 2012 de souscrire une assurance spéciale qui les couvre des accidents et des agressions, aussi bien moralement que physiquement.
«A l' origine, l'assurance ne comportait qu'un premier volet d'aide de proximité juridique. Mais nous avons constaté que l'enseignant recherchait une protection plus complète et immédiate», explique Marie-Hélène Reynal. Les souscriptions ont bondi dès 2008, lorsque la Maif a élargi son contrat. Parmi les options qui séduisent le corps enseignant figurent «le volet assuranciel avec une responsabilité civile professionnelle, mais aussi une protection juridique et des garanties d'assurance corporelle», explique Marie-Hélène Reynal, chef produit marketing chez la Maif.
Pour 40 euros par an, les enseignants victimes ou mis en cause dans des accidents ou des agressions bénéficient d'un soutien moral et psychologique, d'une prise en charge des frais d'hospitalisation, des pertes de revenus subies s'ils ne peuvent pas reprendre le travail, ou encore de remboursement des préjudices esthétiques. «Nous assurons aussi une prise en charge des frais et honoraires d'avocat et des conseils personnalisés en cas de litige», ajoute Marie-Hélène Reynal.

«Les professeurs sont de plus en plus exposés»

Une seule explication à ce phénomène: «une violence de plus en plus présente dans les établissements, entre les élèves, entre les professeurs et leurs élèves mais aussi avec leurs parents. Depuis une dizaine d'années, le respect s'est dilué. Les enseignants n'ont plus le soutien de leur hiérarchie. Leur parole est constamment mise en doute», déplore Olivia Millioz, porte-parole de l'association SOS Education, qui publie sur son site, souffrancedesprofs.com, des témoignages anonymes de professeurs en détresse.
Marie-Hélène Reynal cite en exemple un sociétaire projeté au sol par la mère d'un élève et qui, victime d'un arrêt de travail de sept jours, a porté plainte. «Les professeurs sont de plus en plus exposés et plus rapidement depuis la réforme sur la formation des professeurs qui fait l'objet d'une réflexion à laquelle participe d'ailleurs la Maif. De plus, la société civile est de plus en plus procédurière», constate-t-elle. «Cet accompagnement devient une évidence».

Marseille : « Face aux engins de guerre, il n’y a que l’armée »



C’est bien une omerta qu’a brisée Samia Ghali, sénatrice et maire du 8e secteur de Marseille, en demandant l’intervention de l’armée dans certains quartiers de sa ville. C’est parce qu’elle est elle-même d’origine maghrébine et a grandi dans une cité qu’elle peut réclamer cela sans se faire insulter : « face aux engins de guerre, il faut l’armée ». Elle réclame un coup d’arrêt spectaculaire à la spirale effarante du terrorisme des gangs et des moyens exceptionnels pour une situation qui ne l’est pas moins.
Il y a à peine 30 ans que Présent le dit : « si on laisse la situation dans les cités ethniques continuer à se dégrader dans de telles proportions, il faudra l’armée ».
Dans les quartiers nord de Marseille, on en est là : c’est la guerre des gangs des trafiquants de drogue, la tuerie, les litiges qui se règlent au gros calibre, l’enchaînement d’assassinats à la kalachnikov.
Dix-neuf morts en moins d’un an, abattus à l’arme de guerre, exécutés dans des règlements de compte sauvage avant que leur voiture ne soit brûlée et les indices dispersés. Des bandes enfouraillées comme des porte-avions qui ouvrent le feu en plein jour, en pleine rue et assassinent impunément.
Est-ce que l’on imagine ce que cela représente pour les habitants ? Est-ce que François Hollande et Valérie Trierweiler qui se remettent difficilement du psychodrame d’un tweet imaginent seulement ce que cela peut signifier au quotidien ?
Des hommes et des femmes qui rentrent chez eux la peur au ventre, qui ne vivent plus, qui ont peur d’une balle perdue ou de la voiture folle d’un tueur. Peur pour eux et pour leurs enfants.
C’est la mafia de la drogue qui règne en maître là-bas et l’économie de la dope. Ce laboratoire du grand banditisme fabrique des castes, des notables, des fortunes parfois, qui achètent ainsi une conduite, une nouvelle virginité, des réussites sociales. On parle bien de Marseille, la ville de Raimu et de Pagnol, pas du cartel de Medellin.
Pour faire réagir l’Etat, c’est une bombe que lance l’élue du terrain, Samia Ghali (les arrondissements dont elle est maire viennent d’être classés parmi les Zones de sécurité prioritaire du ministère de l’Intérieur) : « Aujourd’hui, face aux engins de guerre utilisés par les réseaux, il n’y a que l’armée qui puisse intervenir. Pour désarmer les dealers d’abord. Et puis pour bloquer l’accès des quartiers aux clients, comme en temps de guerre, avec des barrages. Même si cela doit durer un an ou deux, il faut tenir. Ça ne sert plus à rien d’envoyer un car de CRS pour arrêter des dealers. Quand dix d’entre eux sont arrêtés, dix autres reprennent le flambeau. C’est comme combattre une fourmilière. Après ce nouvel été sanglant, il faut que les vérités soient dites. Je pense que les autorités ne mesurent pas la gravité de la situation (…) La vérité, c’est qu’aujourd’hui, le premier employeur des jeunes dans certaines cités, c’est le trafic de stupéfiants. La drogue fait vivre des familles entières. Les armes prolifèrent. On se tue pour un oui ou pour un non. Si rien ne bouge, on se dirige tout droit vers un système à l’américaine, avec des gangs qui se font la guerre sur des territoires où la loi n’a plus cours. »
La sénatrice-maire souhaite aussi un retour « d’une forme de service militaire » permettant aux jeunes de sortir de leur quartier « pour apprendre la discipline » et « découvrir un autre univers, une autre réalité que celle de la cité ».
Sa belle harangue à l’adresse de sa famille d’idée socialiste, championne de la culture de l’excuse, épidermiquement allergique à la seule pensée du tout sécuritaire et de la tolérance zéro, n’a pour le moment recueilli que des cris d’indignation de la part des membres du gouvernement qui lui répondent police de proximité et densification des services sociaux…