TOUT EST DIT

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mercredi 29 décembre 2010

La purge, façon Poutine

En matière de procès inique, Moscou ne manque pas de repères. L’exercice, sous Staline, avait même atteint des sommets de raffinement. On savait, à l’époque, conduire l’opposant vers le bagne ou la mort en y mettant les formes du droit. Que les nostalgiques de l’ère soviétique se rassurent : ce savoir-faire ne s’est pas totalement perdu. Le traitement infligé à Mikhaïl Khodorkovski en témoigne.


L’ex-patron du groupe Ioukos, ayant purgé ses sept ans de camp pour “fraude fiscale”, a reçu hier une autre condamnation. Accusé, cette fois, de “vols de pétrole et blanchiment d’argent”, il retourne en Sibérie jusqu’à la saint-glinglin. L’insolent suivra, de sa prison, les élections présidentielles de 2012, voire de 2016…


Bien sûr, l’oligarque déchu ne saurait passer pour un modèle de vertu. Mais chacun comprend que son crime principal fut de contrarier Poutine. Comment osa-t-il lui demander des comptes sur la corruption de l’Etat ? Et se poser en adversaire politique, prêt à le combattre démocratiquement ?


Le viril Premier ministre, formé aux méthodes du KGB, a réglé le litige à sa manière. C’est lui, au terme d’une parodie de procès, qui dictera le verdict. En se cachant ? Surtout pas. Trois jours avant l’énoncé du jugement, il l’annonce à la télévision ! Nul ne doit ignorer que “l’homme fort de Russie” s’appelle Poutine. Le président Medvedev, avec ses velléités de “modernisation”, n’a plus qu’à raser les murs du Kremlin.