TOUT EST DIT

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dimanche 14 novembre 2010

Les petites surprises du remaniement

"Beaucoup de bruit pour rien", "tout ça pour ça"... Annoncé depuis cinq mois, le remaniement ne marque pas, à lire les premiers commentaires, de changement majeur (voir la liste du nouveau gouvernement) Le premier ministre reste en place, de même que la ministre de l'économie, Christine Lagarde, que le ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, que le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux... Quelques changements sont toutefois à noter.

- Le ministère de l'immigration disparait. C'est un changement majeur, et une vraie surprise : il n'y a plus ni ministre ni secrétaire d'Etat à l'immigration. La question est désormais rattachée à l'Intérieur, et la notion "d'identité nationale" n'existe plus. Quelques mois après la surenchère sécuritaire de Grenoble, ce choix sonne comme un aveu d'échec de la stratégie de reconquête des voix du Front national. Quant à Eric Besson, il quitte ce poste pour l'économie.
- Plus de ministère d'Etat à l'écologie. C'était un engagement du pacte écologique de Nicolas Hulot en 2007, signé par Nicolas Sarkozy : un "vice-ministre" de l'environnement associé au premier ministre. Le chef de l'Etat avait respecté cet engagement en nommant Alain Juppé, puis Jean-Louis Borloo, ministres d'Etat avec le titre de numéro deux du gouvernement. Cette fois, c'est fini. L'environnement reste un ministère, mais perd le secteur de l'énergie, qui revient dans le giron de Bercy. Et s'il y a deux ministres d'Etat, ce sont Alain Juppé (défense) et Michèle Alliot-Marie (affaires étrangères), les deux "poids lourds", qui en héritent.
- Un gouvernement de ministres. Le gouvernement devait être resserré, pari tenu : il  passe de 38 à 30 membres. Mais alors qu'on ne comptait que 17 ministres, on passe cette fois à 22, pour 8 secrétaires d'Etat. On introduit aussi la notion de "ministres auprès de ministres", soit des secrétaires d'Etat aux compétences élargies.
- La fin de l'ouverture. Elle était annoncée, c'est fait. Il n'y a plus de ministres d'ouverture. Il reste Eric Besson, transfuge du PS, mais il a depuis pris sa carte de l'UMP.
- Moins de minorités visibles. Nicolas Sarkozy s'était fait une gloire de nommer des ministres issus de la "diversité" à des postes régaliens, comme Rachida Dati à la justice. C'est fini : les trois seules ministres issues de minorités visibles sont Jeannette Boughrab, secrétaire d'Etat à la jeunesse et à la vie associative, Nora Berra à la Santé et Marie-Luce Penchard à l'outre-mer.
- Toujours pas de parité. La parité hommes-femmes, qui n'était déjà plus respectée depuis juin 2007, n'est une nouvelle fois pas atteinte. On compte 11 femmes pour 19 hommes dans le nouveau gouvernement Fillon.
- Les ex-villepinistes en force. Nicolas Sarkozy aura réussi à faire une nouvelle défection dans le camp villepiniste, et non des moindres : Marie-Anne Montchamp, qui hérite d'un secrétariat d'Etat à la solidarité, était la porte-parole et la fondatrice du mouvement qui a conduit à République solidaire, le parti de Dominique de Villepin. Avec Georges Tron et Bruno Le Maire, les ex-villepinistes sont en tous cas très bien représentés à l'UMP.
- Yade, Woerth, le départ de deux icônes. L'une incarnait le renouvellement politique du sarkozysme, l'autre ses dérives. Rama Yade et Eric Woerth ne font pas partie du nouveau gouvernement. Si le sort du ministre du travail, qui ca retrouver son siège de député, était annoncé, celui de la secrétaire d'Etat sortant aux  Sports était plus incertain. Très populaire, mais trop rebelle, Rama Yade devra trouver un point de chute pour rebondir. Quant à Eric Woerth, il devrait disposer d'une immunité parlementaire lorsqu'il sera de nouveau convoqué par la justice dans le cadre de l'affaire Bettencourt.

Les agences de notation en procès

Chargées d’évaluer la solidité de ceux qui empruntent des capitaux, les agences de notation subissent de nombreux reproches, pas toujours bien fondés

Avril 2010. En deux jours, l’agence de notation financière Standard & Poor’s dégrade les notes de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne.

Déjà chahutée sur les marchés financiers depuis cinq mois, Athènes s’enfonce un peu plus dans la crise de confiance, la dette grecque se trouvant reléguée au rang des titres obligataires dits « pourris », car risqués.

Envolée des taux d’intérêt, plongeon de l’euro et des indices boursiers… les retombées des annonces de Standard & Poor’s ont une nouvelle fois conduit à accuser les agences de notation d’attiser, voire de provoquer, l’embrasement des marchés.

Le fameux « triple A », objet de fierté

Moody’s, Fitch, Standard & Poor’s. Les trois sociétés qui se partagent 95 % du marché mondial de la notation font régulièrement parler d’elles dans les médias malgré un jargon obscur : « triple A », « perspectives négatives », « mise sous surveillance avant dégradation »…

« Notre rôle, décrypte Carol Sirou, présidente de S & P France, consiste à apprécier la solvabilité d’un émetteur de dette afin que le prêteur sache quelle est sa probabilité d’être remboursé. » « Les investisseurs, complète l’économiste Norbert Gaillard (1), ont besoin de ces indications extérieures au marché. »

État, entreprise, collectivité locale : tout emprunteur peut solliciter une agence pour être noté. Les mieux classés, c’est-à-dire ceux jugés les plus fiables, peuvent prétendre à des taux moins élevés et aujourd’hui encore, l’obtention du fameux « triple A » est objet de fierté. Inventées au début du XXe siècle, les agences se sont mises à jouer un rôle central sur les marchés. Jusqu’à faire la pluie et le beau temps, dénoncent leurs détracteurs.

Plusieurs dysfonctionnements

« La crise, se défend Carol Sirou, a révélé que l’usage de la notation s’est répandu au détriment de sa compréhension. Certains investisseurs ont agi comme s’il s’agissait d’une garantie ou d’un “label”, au lieu de l’utiliser pour ce qu’elle est : un outil technique, mesurant un type de risque bien spécifique, à compléter par d’autres outils. » Une opinion partagée par Nicolas Véron, chercheur au centre Bruegel, selon lequel « on en demande trop aux agences », placées au rang d’oracle.

La crise de 2007 a, de fait, révélé plusieurs dysfonctionnements. Premier reproche, le conflit d’intérêts. Le coût de l’évaluation réalisée par les agences est payé par les emprunteurs – c’est-à-dire par ceux-là-mêmes qu’elles doivent noter de manière impartiale – et non par ceux qui utilisent cette notation.

« Il y a des risques qu’il nous faut gérer de manière optimale », reconnaît Carol Sirou, en énumérant les moyens pour veiller à l’indépendance de cette activité : rotation régulière des analystes, vote collégial pour chaque note ou encore séparation totale entre les fonctions commerciale et analytique.

Ces « garde-fous » ne garantissent pas une totale étanchéité. Rares sont les entreprises ou les États qui voient d’un bon œil la perspective d’une mauvaise évaluation. « Les pressions sur les analystes qui s’apprêtent à dégrader la note d’un pays sont telles qu’il leur faut presque une escorte armée pour se protéger ! », raconte, un rien emphatique, un ancien analyste.

« Nous avons des débats contradictoires avec les États, mais il n’y a jamais de menaces », rétorque Carol Sirou. Les instructions peuvent venir de la hiérarchie elle-même, d’après la commission d’enquête du Sénat américain.

Des produits labellisés « AAA », aujourd'hui « pourries »

Son rapport publié au printemps reproduit des courriers électroniques dans lesquels des cadres demandent à leurs analystes de surévaluer les notes pour ne pas perdre leurs clients. Accusation là encore balayée par les agences, au motif qu’elles risqueraient de perdre la confiance des investisseurs en cas de surévaluations répétées.

C’est pourtant ce qui semble s’être passé avant 2007 avec les subprimes. D’autres courriers publiés par le Sénat américain révèlent des pressions de la part des banques pour voir leurs produits structurés surnotés.

Quelques jours avant l’effondrement des marchés, les agences assuraient ainsi aux investisseurs que ces titres étaient absolument sans risque ! Aujourd’hui, la très grande majorité de ces produits labellisés « AAA » avant la crise figure parmi les obligations dites « pourries ».

Si ces agences ont un tel poids, cela tient aussi aux pouvoirs publics, souligne Norbert Gaillard. « Dès les années 1930, les États-Unis ont souhaité intégrer les notations dans les réglementations financières. » Les parts de fonds propres exigés d’une banque ou d’un autre investisseur varient selon la note du placement envisagé : plus celle-ci est élevée, moins il faut en mobiliser.

Catherine Gerst, ancienne de chez Moody’s, voit dans ces exigences réglementaires « une manière pour les pouvoirs publics de sous-traiter une partie de leurs fonctions à des sociétés privées ». Du coup, la loi Dodd-Frank sur la régulation financière, votée en juillet aux États-Unis, vient de mettre fin à la référence aux notations dans les normes réglementaires.

De nouvelles règles pour mieux encadrer leur activité

Les agences se sont aussi vu reprocher d’avoir accéléré la crise grecque du printemps. « Nous avions déjà dégradé la Grèce deux fois en 2009, sans que cela ne déclenche une émotion comparable au dernier abaissement en avril, répond la patronne de S & P France. De manière générale, on nous trouve trop pessimistes en haut de cycle et trop optimistes en bas de cycle. »

De nouvelles règles tentent de mieux encadrer leur activité. Désormais, toute agence désireuse d’exercer en Europe doit déposer une demande d’agrément. Mais pour Catherine Gerst, les renforcements réglementaires successifs, depuis 2003, n’ont rien empêché. « Le vrai conflit d’intérêts, c’est d’autoriser ces sociétés à être cotées en Bourse, comme c’est le cas pour Moody’s depuis le début des années 2000. Du coup, l’important devient le cours de l’action, quitte à pressurer les analystes », explique-t-elle, en rappelant que les agences affichent déjà une marge brute de 50 à 70 %.

Créer une agence publique, européenne par exemple, ne ferait que déplacer les problèmes de conflits d’intérêts sans les régler sur le fond, estiment certains experts. Accroître la concurrence ? Catherine Gerst se montre réticente. « Plus il y aura de compétiteurs en ce domaine, plus ce sera insécurisant, car vous trouverez beaucoup d’acteurs complaisants », décernant généreusement du « triple A » afin de conquérir de nouveaux clients.

Les opérateurs historiques, eux, seront tentés de suivre le mouvement pour ne pas se faire doubler. Les agences de notation offriraient-elles à la fois le meilleur et le pire des systèmes ? Le fait est qu’il n’existe pas, pour le moment, de sources alternatives aux agences pour mesurer la qualité des dettes. « Faites le test de suspendre les notations, suggère un spécialiste, et vous verrez la panique sur les marchés. »

(1) Les Agences de notation, Éd. La Découverte, 9,50 €.

Portrait d’un homme politique pugnace



Un gouvernement de 31 membres, avec le Premier ministre

Le président Nicolas Sarkozy a nommé dimanche un gouvernement de 31 ministres et secrétaires d'Etat, avec le Premier ministre, au lieu de 38 dans l'équipe sortante. Soit 15 ministres de plein exercice, sept ministres délégués et huit secrétaires d'Etat.

Les femmes y restent minoritaires avec onze portefeuilles dont six ministères de plein exercice, deux ministères délégués et trois secrétariats d'Etat.

Neuf membres du gouvernement font leur retour ou leur entrée, dont trois ministres de pleine exercice (Alain Juppé, Xavier Bertrand et Maurice Leroy).

Pour le reste, les postes sont essentiellement redistribués entre les membres du gouvernement sortant, dont les principaux symboles d'ouverture à la gauche ou à la diversité - Bernard Kouchner (Affaires étrangères), Jean-Marie Bockel (Justice), Rama Yade (Sports) et Fadela Amara (Ville) - disparaissent.


Voici la liste du nouveau gouvernement de François Fillon après le remaniement intervenu dimanche.

François Fillon : Premier ministre
Alain Juppé : ministre d'Etat , ministre de la Défense et des Anciens combattants
Michèle Alliot-Marie : ministre d'Etat, des Affaires étrangères et européennes
Nathalie Koziusco-Morizet : ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement
Michel Mercier : garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Libertés
Brice Hortefeux : ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration
Christine Lagarde : ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie
Xavier Bertrand : ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé
Luc Chatel : ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et vie associative
François Baroin : ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la réforme de l'Etat, porte-parole du gouvernement
Valérie Pécresse : ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
Bruno Le Maire : ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire
Frédéric Mitterrand : ministre de la Culture et de la Communication
Roselyne Bachelot-Narquin  : ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale
Maurice Leroy : ministre de la Ville
Patrick Ollier : ministre des relations avec le gouvernement
Chantal Jouanno : ministre des Sports
Patrick Ollier : ministre auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement ;
Eric Besson  : ministre auprès de la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique ;
Henri de Raincourt  : ministre auprès de la ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et Européennes, chargé de la Coopération
Philippe Richert : ministre auprès du ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration, chargé des Collectivités territoriales
Laurent Wauquiez : ministre auprès de la ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et Européennes, chargé des Affaires européennes ;
Nadine Morano : ministre auprès du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, chargée de l'Apprentissage et de la Formation professionnelle.
Marie-Luce Penchard  : ministre auprès du ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration, chargée de l'Outre-mer
Pierre Lellouche : secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, chargé du Commerce extérieur
Nora Berra  : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé, chargée de la Santé
Benoist Apparu : secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, chargé du Logement
Georges Tron : secrétaire d'Etat auprès du ministre du Budget, des Comptes publics, de la Fonction publique et de la Réforme de l'Etat, chargé de la Fonction publique
Marie-Anne Montchamp  :secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale
Thierry Mariani : secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, chargé des Transports
Frédéric Lefèbvre  : secrétaire d'Etat auprès de la ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et moyennes entreprises, du Tourisme, des Services, des Professions libérales et de la Consommation
Jeannette Bougrab : secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative, chargée de la Jeunesse et de la Vie associative.

Jean-Louis Borloo quitte le gouvernement



Fillon reste Premier ministre



François Fillon, le survivant tranquille


Tandis que les candidats à sa succession faisaient bruyamment campagne, François Fillon, dans son style tout en retenue, laissait passer l'orage.


Celui que certains tenaient encore il y a peu pour un pâle exécutant à la solde de l'Elysée a été reconduit dimanche dans ses fonctions, sans doute parce qu'il aurait été difficile à Nicolas Sarkozy de justifier pourquoi il s'en séparait.


Contrairement au chef de l'Etat, François Fillon n'avait pas grand-chose à perdre dans l'histoire. Soit il quittait son poste de Premier ministre la tête haute, soit il demeurait à Matignon en ayant pris soin de prendre ses distances avec le président.


La deuxième hypothèse l'a donc emporté et, s'il lui faudra encore patienter avant de voler de ses propres ailes, sa légitimité et sa réputation de compétence en sortent renforcées.


"S'il reste, c'est un aveu de faiblesse de la part de Sarkozy qui montre que le plus fort n'est pas celui qu'on croit", avait expliqué à Reuters avant le remaniement Gaël Sliman, directeur adjoint de BVA.


Préserver son avenir, quelle que soit l'option arrêtée par Nicolas Sarkozy. Tel était bien le but de la fameuse mise au point de François Fillon fin septembre, lorsqu'il avait affirmé que le chef de l'Etat était son allié et nullement son "mentor" politique.


Qu'il paraît long le chemin parcouru dans la relation particulière entre ces deux hommes, entamée avec la nomination, par un Nicolas Sarkozy fraîchement élu, de François Fillon au poste de Premier ministre, le 17 mai 2007.


Le président, dont l'hyperactivité n'était alors pas encore émoussée à l'épreuve de son bilan, avait le vent en poupe et pouvait, sous l'oeil curieux et plutôt bienveillant des médias et de l'opinion, tirer la couverture à lui.


DIFFÉRENCE


Qualifié par le président de simple "collaborateur" de l'Elysée et raillé dans la presse pour sa transparence, François Fillon accusait le coup, laissant Nicolas Sarkozy s'exposer, au risque de passer pour le seul responsable des revers du gouvernement.


Peu à peu, le discret pensionnaire de Matignon a vu sa cote de popularité dépasser celle du locataire de l'Elysée. Il ne restait plus à François Fillon qu'à marquer sa différence, dans son style prudent, par petites touches.


Il s'est ainsi arrangé pour faire savoir que les propos guerriers de Nicolas Sarkozy liant immigration et délinquance n'étaient pas sa tasse de thé, puis pour briser de manière candide un "tabou" en associant le rabotage des niches fiscales à une augmentation des impôts.


Toujours sans se départir de son flegme, il lui fallait encore tordre le cou au mythe du fantôme de Matignon relégué dans l'ombre par un président omnipotent, ce qui fut lors de son intervention sur France 2.


"L'impulsion du président de la République donne la direction mais sans la tour de contrôle (de Matignon), sans les mécaniciens de l'interministériel, le pays, l'administration, ça ne fonctionne pas", avait ainsi déclaré François Fillon avant d'embrayer sur un aveu, surprenant chez un homme si peu fanfaron, de ses ambitions.


"Il faut un objectif", avait-il dit. "Si on ne peut pas se dépasser, alors la lassitude et l'ennui, certainement, finissent par l'emporter."


S'il avait été remplacé à Matignon, les défis, dont François Fillon dit avoir besoin, n'auraient pas manqué. D'aucuns le voyaient déjà briguer la présidence de l'Assemblée nationale avant de viser la Mairie de Paris en 2014, une date qui figure certainement toujours dans son agenda.


RECOURS


En ces temps d'anti-sarkozysme généralisé, l'homme apparaît comme un recours pour une droite soucieuse de se recentrer sur ses valeurs traditionnelles de respectabilité tranquille alliée à une compétence sans tapage.


Dans ce registre, François Fillon offre de sérieuses garanties. Pêle-mêle, l'ancrage rural dans la Sarthe, la légitimité parlementaire et la vie familiale sans histoires de cet avocat de formation ont de quoi rassurer l'électorat.


François Fillon "est respecté par les gens de droite, d'où sa popularité", résume un membre du gouvernement, mais il sait aussi rassembler au-delà de sa famille politique, comme l'a démontré un hommage appuyé rendu récemment par Michel Rocard.


"Avec une impulsion constitutionnelle du président extrêmement forte et extrêmement rapide, j'ai beaucoup d'admiration pour la manière dont Fillon fait un boulot que je ne voudrais pas faire", a ainsi déclaré l'ancien Premier ministre de François Mitterrand sur la chaîne Public Sénat.


Avec ses costumes bien coupés et ses cheveux sagement peignés, ce père de cinq enfants, marié depuis trente ans à sa discrète épouse galloise, ne bouscule personne et pourrait même paraître un poil trop lisse.


Toujours avec mesure, il parsème donc lui-même son portrait de quelques taches de folie, se définissant tour à tour comme un "vrai geek" ou un mordu de course automobile.


Il faudrait l'imaginer jonglant entre son iPhone 3G et son iPod nano ou se grisant de vitesse le long de la ligne droite des Hunaudières un week-end de 24 Heures du Mans. Pas de quoi en faire un rebelle, certes, mais assez pour le décoiffer un peu.


Grâce en partie à celui qui paraissait devoir l'étouffer, François Fillon semble paré, à 56 ans, pour prendre son envol, même s'il lui faudra encore patienter un peu.

Complaisance médiatique

L’autre jour, à Lille, Marine Le Pen parlait de l’islam et en disait n’importe quoi. Elle menait la guerre sainte contre une demande de subvention d’une boucherie musulmane du Pas-de-Calais. Les emplois créés, tonnait-elle, seraient des emplois de discrimination, "puisque dans une boucherie halal ne peuvent travailler que des musulmans sous peine de rendre la viande impure à la consommation!" Problème, cela est faux. C’est l’abattage de l’animal qui rend la viande halal. N’importe qui peut la manipuler, la vendre ou la cuisiner. Marine Le Pen l’ignorait, toute à sa hantise, ou le savait et n’en avait cure, toute à sa démagogie.

Pourquoi soulever ce sujet carné? Parce qu’il est doublement politique. On est dans l’éternel discours de peur et de haine inversée du FN. Les musulmans nous détesteraient tant – nous, les impurs infidèles, ne pouvons même pas toucher leur viande –, nous devons donc nous défendre? Et c’est Marine Le Pen qui le dit. La modérée Marine, qui dédiaboliserait le Front, invitée de la presse magazine, moderne jeune femme carburant aux yaourts light… Il progresse, ce cliché, comme si Marine n’était pas Le Pen! En fait, l’héritière est une dure, portant un discours identitaire brutal et insidieux, subvertissant l’égalité et la laïcité. C’est son droit, et aussi le droit au mensonge. Mais les médias devraient l’admettre, au lieu de relayer une narration frelatée.

C’est l’idiotie médiatique, la complaisance si l’on préfère, le piège permanent. Bien au-delà du FN, la question des médias, si souvent posée en lassitude façon Rocard, en colère façon Bayrou, en violence comme Mélenchon, est politique. Elle dépasse les possibles agressions du pouvoir. Elle est en nous, dans nos facilités. On y pensait en regardant le G20, et notre tentation de ramener la régulation du monde à nos petites affaires, comme si la guerre des monnaies, le duel sino-américain, n’étaient que l’avant-goût de 2012, un décor pour le couple Sarkozy-DSK. On y pensait dans cette séquence du remaniement, où les médias ont été complices et victimes, malaxant des rumeurs jusqu’à l’écœurement. On y pensait en voyant les dilemmes socialistes ramenés à l’affrontement convenu des radicaux et des réformistes, comme si la tension entre la crise sociale et la faillite économique n’était qu’une distraction politicienne. On y pense à chaque moment d’écriture, à chaque débat, quand la rapidité nourrit la confusion.

On y pensait en regardant Eva Joly se faire tailler en pièces sur France 2 par une Nadine Morano ne prenant aucun risque, puisqu’elle n’avait d’autre mission que de combattre. "Populisme", scandait Morano, et Eva Joly s’embourbait dans son programme révolutionnaire, conditionnant l’écologie à l’antilibéralisme, impossible à résumer dans le brouhaha. Eva Joly n’est pas incontestable, elle mérite qu’on la dispute, et qu’on l’interroge, comme Aubry, comme Strauss-Kahn, comme Sarkozy ou quiconque veut saisir les Français. Mais souvent les médias interdisent la politique
en prétendant la servir.

Fillon, un homme secret

La scène se passe le 7 janvier dernier à l’Hôtel Matignon. Dans la nuit, François Fillon a appris la mort brutale – victime d’une crise cardiaque – du colosse qui était son mentor, qui l’avait pris sous son aile et qu’il admirait tant : l’ombrageux, talentueux et parfois imprévisible Philippe Séguin. Devant un drapeau français et un drapeau européen, surmontant son chagrin – qui n’était pas de la comédie – Fillon, qui aura jusqu’au bout partagé tous les combats de Séguin (sauf son anti-balladurisme), a choisi sans attendre de lui rendre publiquement hommage : « Je perds un ami, et la France perd l’un de ses plus grands serviteurs. » Et de saluer, bouleversé, le « patriotisme » d’un homme d’Etat qui avait, dit-il, « la passion dévorante de la France ». Puis le Premier ministre, vite, s’éloigne. Sa voix est nouée et son regard embué. Fillon, qui parfois avance masqué, apparemment impassible, a, dans l’épreuve, fendu l’armure.

Gaulliste de gauche

Oui, ce matin-là de janvier, Fillon a révélé une part de sa vérité. Derrière les apparences d’un homme sage, les yeux volontiers cernés, l’allure parfois couleur muraille, toujours maître de lui et si prompt à avaler, l’air de rien, tant de « couleuvres », se cache non pas le clone de Séguin, mais un politique qui partage avec l’ancien président de l’Assemblée nationale, l’ex-ministre des Affaires sociales, le combattant du « non » à Maastrich, beaucoup plus de choses qu’il n’y paraît.
Énumérons : l’admiration pour de Gaulle, le goût de la France, de La Marseillaise et de l’Etat, une allergie à l’ultra-libéralisme et au communautarisme, une vision « sociale » du gaullisme (qui, du temps du Général, aurait pu en faire un « gaulliste de gauche), le peu d’appétence pour le « bling-bling », la défense d’une stricte séparation entre vie privée et vie publique, la jubilation à piétiner quelques tabous (« Oui, la France va vivre une période de rigueur, et alors ? », lance-t-il en substance au Japon, alors que le mot « rigueur » a été interdit par l’Elysée).

Une grande férocité

Et puis il y a aussi chez Fillon, comme c’était le cas chez le très féroce Séguin, une vraie cruauté, proche de la violence, quand il se lâche (en privé). A propos de Villepin, n’a-t-il pas glissé l’autre jour, avec un grand éclat de rire : « Il me faut penser à mon setter irlandais. Il est beau, il est grand, mais il est complètement fou. Il fait des trous partout !… »
Ce qui réunit aussi Séguin, le mentor, et Fillon, le disciple qui monte l’escalier du pouvoir marche après marche, c’est l’ardent désir, tout simplement, d’être pris au sérieux. Malheur à Chirac qui, un jour de 2005, non content de licencier Fillon, son ministre de l’Education nationale, n’a pas pour lui ce jour-là le moindre mot aimable. Réplique de Fillon, ulcéré : « De Chirac, on ne se souviendra de rien, sauf de mes réformes. » Un peu plus tard, invité à s’expliquer sur sa tardive et surprenante conversion au sarkozysme, il enchaînera, sans états d’âme : « Ils ont fait de moi le directeur de campagne de Sarkozy. » Malheur aussi à Sarkozy quand, l’été 2007, le nouveau président de la République le qualifie de « collaborateur ». Comme par hasard, un mois plus tard, en Corse, s’exprimant tel un président, il proclame, martial : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier. »

De menues incartades

Aîné de quatre enfants et père de cinq – il est l’époux d’une Galloise prénommée Pénélope – le Sarthois François Fillon, qui sera profondément meurtri par la mort en 1981 dans un accident de la route d’Arnaud, son plus jeune frère, est le fils d’une historienne basque et d’un notaire vendéen. La petite histoire insiste – tant Fillon ressemble à un éternel enfant sage – qu’il a fait au collège de petites incartades. Il a même été, figurez-vous, exclu quelques jours pour avoir réclamé la démission d’un professeur d’anglais qui, à ses yeux, ne faisait pas l’affaire. Il aime le scoutisme, la montagne, et puis aussi, car le circuit du Mans n’est pas loin, la Formule 1.
Comme Séguin, Fillon – après un DEA de droit public – sera attiré par le journalisme – il fera même deux stages à l’AFP– mais, très vite, c’est la politique qui le happe : tout jeune, il devient l’assistant parlementaire puis le conseiller ministériel de Joël Le Theule, l’élu RPR anti-chiraquien de la Sarthe, dont Giscard fera son ministre de la Défense. Où ira-t-il ? Personne ne parie sur lui trois sous. Mais Le Theule, foudroyé, meurt d’une crise cardiaque le 14 décembre 1980 dans les bras de Fillon, lequel va devoir assumer brutalement sa succession.
Et il s’en sortira, le faux modeste ! Avec détermination et aussi en souplesse, souvent en surprenant son monde : n’est-il pas, successivement ou alternativement, néo-giscardien, séguiniste, chiraquien, balladurien et enfin sarkozyste. En rêvant d’être, un jour, tout simplement filloniste. Mais, là, l’intéressé se récrie : « Je suis gaulliste. Point. »

François Fillon : "Le Président de la République m’a demandé de conduire le Gouvernement"
 Source : communiqué de presse de Matignon
"Le Président de la République m’a demandé de conduire le Gouvernement. Je mesure l’honneur qui m’est fait de pouvoir continuer à servir la France. Je mesure aussi la responsabilité qui m’incombe en cette période difficile. La décision du Président m’oblige envers tous les Français.
Depuis 2007, malgré les épreuves, les résistances, les attaques, le Président de la République est resté fidèle à son cap réformiste, fort du soutien constant de la majorité parlementaire.
Après trois années et demi de réformes courageuses, conduites malgré une sévère crise économique et financière mondiale, je m’engage, sous l’autorité du chef de l’Etat, avec détermination, dans une nouvelle étape qui doit permettre à notre pays de renforcer la croissance de son économie au service de l’emploi, de promouvoir les solidarités et d’assurer la sécurité de tous les Français.
La fidélité de mon engagement aux côtés de Nicolas Sarkozy, en réponse à sa confiance, s’inspire de ma profonde estime personnelle et de mon adhésion à son action pour le pays."

François Fillon reconduit

Le Premier ministre sortant a été reconduit dans ses fonctions par Nicolas Sarkozy qui l'a chargé de former un nouveau gouvernement. "Je m'engage avec détermination dans une nouvelle étape", a déclaré l'hôte de Matignon dans un communiqué. 
 Incontournable François Fillon. Qui l'eut cru il y a encore quelques semaines. Alors qu'à la fin de l'été, certains commentateurs décrivaient des relations très tendues entre Nicolas Sarkozy et son Premier ministre, donnant François Fillon à coup sûr partant, il est finalement reconduit dans ses fonctions. Nicolas Sarkozy lui a demandé de former un nouveau gouvernement connu ce soir ou demain. 

 L'hôte de Matignon avait présenté sa démission samedi soir. La diffusion d'un communiqué est intervenue alors que le chef de l'Etat avait reçu samedi en fin de matinée le Premier ministre avant de le recevoir de nouveau en fin de journée. Large sourire aux lèvres, Nicolas Sarkozy a ostensiblement serré la main de son Premier ministre sortant, lorsque ce dernier a quitté l'Elysée vers 19h30.
Dans cette poignée de main confiante, on peut voir le réchauffement des relations entre les deux hommes ces dernières semaines, le chef de l'Etat s'étant progressivement résigné à cette réalité politique : soutenu par l'opinion de droite et la majorité parlementaire, François Fillon n'avait pas de réel successeur. Le chef de gouvernement a battu la seule candidature qui pouvait le menacer, celle de Jean-Louis Borloo. François Fillon a vanté pendant ces derniers jours la continuité de l'action, des réformes et jugé inefficace un "virage social". Jean-Louis Borloo a commis des erreurs dans la gestion de la crise de carburant et de nombreux dirigeants de l'UMP lui ont savonné la planche. 
 Objectifs : croissance et emploi
Dimanche matin, François Fillon a expliqué dans un communiqué que la décision du chef de l'Etat "(l'obligeait) envers tous les Français". "Après trois années et demi de réformes courageuses (...), je m'engage, sous l'autorité du chef de l'Etat, avec détermination, dans une nouvelle étape qui doit permettre à notre pays de renforcer la croissance de son économie au service de l'emploi, de promouvoir les solidarités et d'assurer la sécurité de tous les Français", dit le chef du gouvernement.
"Tout ça pour ça", s'est exclamé sur LCI le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault. "C'est la même politique qui va continuer", a-t-il déploré, en évoquant notamment la réforme des retraites, "la  manière indécente de gouverner" et le "manque de respect des Français", jugeant que Nicolas Sarkozy avait "joué avec les nerfs" de ses ministres en tardant à remanier le gouvernement.

Le gouvernement Fillon démissionne, le remaniement est lancé

Le président Sarkozy a accepté la démission du gouvernement. La reconduction de François Fillon devrait être confirmée dès dimanche.
C'est la dernière étape avant l'annonce du nouveau gouvernement: la démission de l'actuel. "En application de l'article 8 de la Constitution, François Fillon a présenté au président de la République la démission du gouvernement (...) Le président de la République l'a accepté et a ainsi mis fin aux fonctions de François Fillon", écrit ce samedi l'Elysée dans un communiqué
Juppé annonce son retour
La diffusion de ce communiqué est intervenue alors que le chef de l'Etat avait reçu en fin de matinée le Premier ministre avant de le recevoir de nouveau en fin de journée. François Fillon a quitté l'Elysée peu après 19h30 samedi soir. 
Nicolas Sarkozy devrait annoncer dès dimanche matin le nom du nouveau Premier ministre, qui, sauf énorme surprise, devrait être François Fillon. A lui ensuite de composer un nouveau gouvernement.

Le chef de l'Etat a décidé d'accélerer le calendrier, alors que depuis Bordeaux, l'ancien Premier ministre Alain Juppé a annoncé implicitement son retour au gouvernement. Il devrait, selon des sources gouvernementales, prendre le portefeuille de ministre de la Défense. 

samedi 13 novembre 2010

L'heure du remaniement a sonné



Le Louvre lance un appel aux dons privés




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C'EST BEAU, MAIS N'Y A-T-IL PAS PLUS URGENT ?

Supplice chinois


Le président chinois nous a quittés. Et pourtant le supplice du même nom demeure. Pour nos ministres. Qui ne savent toujours pas à quelle sauce ils vont être mangés au prochain remaniement. Chinoise ? Coréenne, puisque sommet du G20 il y a à Séoul ? Ou encore Portugaise, après la rencontre de l’Otan à Lisbonne ?


De sommets en rencontres, mine de rien, nos excellences grattent encore quelques jours sur l’inéluctable. Elles en profitent pour prendre la pose, pour se livrer à des concours de beauté ou de flatteries. D’autres rasent les murs, afin de ne pas se faire remarquer : pour vivre heureux, vivons cachés. Mais ne pas se faire remarquer, c’est aussi courir le risque d’être biffés au dernier moment sur la liste fatale. Quelle angoisse pour nos ministres : ne pas lâcher son portable, de jour comme de nuit, attendre la fumée blanche, une sortie de Claude Guéant sur le perron de l’Elysée, une moue d’un conseiller présidentiel, une tape affectueuse du Président lui-même…


Supplice, vous dit-on.

La Mort de Staline

Joseph Staline, le petit père des peuples, a fait une attaque cérébrale. Ses proches se déchirent pour préparer sa succession alors que leur chef est à l'agonie.

1er mars 1953. Joseph Staline, secrétaire général du Parti communiste d'Union soviétique, est victime d'une attaque cérébrale. De peur des représailles, ses plus proches collaborateurs hésitent à intervenir, tardent à appeler un médecin et paniquent face à l'urgence de la situation. Le dictateur à l'origine de purges sanglantes n'est plus qu'un légume auquel il ne reste plus que quelques heures à vivre. Son agonie va pourtant s'éterniser, personne n'étant prêt à prendre la responsabilité du coup de grâce. Les chefs de clans vont dès lors progressivement dévoiler leurs jeux. C'est à celui qui manœuvrera le plus habillement pour succéder au petit père des peuples. Les chiens sont lâchés et tous les coups sont permis.
Encore une fois, Fabien Nury (Il était une fois en France, Je suis légion, W.E.S.T.) livre un scénario admirablement ficelé. Ce huis clos haletant joue sur des personnages volontairement caricaturaux qui avancent leurs pions au fur et à mesure de la détérioration irréversible de l'état de santé du dictateur de Tbilissi. La tragédie vire progressivement à la farce et la mort de Staline, fil rouge de ce diptyque, laisse apparaître le cynique pragmatisme des candidats au leadership de l'URSS. Thierry Robin sert parfaitement cet ambiance pesante et glauque avec un dessin terne et sombre tout en nuances. Une fiction crédible, éloignée de la version officielle (mais laquelle ?) dont on attend avec impatience le dénouement.

La Mort de Staline - Une histoire vraie... soviétique, t.1 - Agonie, Nury, Robin et Aureyre, éd. Dargaud, 56 p., 13,50 euros

Les 3 photos de la semaine 



Les 3 photos de la semaine - 12 novembre 2010
envoyé par LEXPRESS. - L'info video en direct.

Le Portugal pourrait devoir renoncer à l'euro

Le Portugal pourrait être contraint à renoncer à l'euro s'il ne parvient pas à former un gouvernement de coalition élargie capable de régler la crise financière, estime le chef de la diplomatie de Lisbonne, Luis Amado, dans l'édition de samedi de l'hebdomadaire Expresso.
Pour le ministre des Affaires étrangères, la majorité et l'opposition doivent oeuvrer ensemble pour faire face à "une situation extrême".
Le Portugal a pâti ces dernières semaines d'une dégringolade de la confiance des investisseurs, au moment où des tensions se manifestaient dans la zone euro sur la solidité de la politique budgétaire de l'Irlande. Ces craintes ont fait grimper les rendements à des montants les plus élevés depuis l'intégration du Portugal à l'euro.
"Le pays a besoin d'une grande coalition lui permettant de traverser la situation actuelle. Je crois que les partis (politiques) comprennent que la solution de rechange à la situation actuelle serait de quitter finalement l'euro", ajoute le ministre. "C'est une situation qui peut nous être imposée par les marchés".
Grâce à un plan d'austérité drastique, le gouvernement socialiste portugais s'est fixé pour engagement un déficit limité à 4,6% du produit intérieur brut (PIB) l'année prochaine, contre une estimation à 7,3% cette année et à 9,3% l'année dernière.
Le vote du budget est désormais assuré au Parlement à la suite d'un accord trouvé avec le parti d'opposition. Cet accord était nécessaire car le gouvernement ne détient par la majorité au Parlement.
Les analystes doutent cependant que l'actuel gouvernement minoritaire aille jusqu'au bout de son mandat en 2013, et notamment parce que le PSD (opposition) est en tête dans les intentions de vote. Aux termes de la Constitution, les Portugais ne peuvent pas aller aux urnes d'ici mai 2011.

Les Alcooliques anonymes peinent face aux habitudes des Français

Le mouvement des Alcooliques anonymes (AA) célèbre ce week-end ses 50 ans en France avec pour mission d'épauler des malades vers l'abstinence, mais sans avoir réussi à modifier profondément les habitudes de boisson des Français dans un pays vinicole.

"En France, être un buveur de flotte, c'est un handicap social. C'est hyper difficile", a expliqué à l'AFP Emmanuel Palomino, psychiatre et président de conseil d'administration des AA, lors du congrès de leur 50e anniversaire qui se tient samedi et dimanche dans un hôtel à Paris, avec un millier de participants.

Né en 1935 aux Etats-unis, créé en 1960 en France, le mouvement des AA poursuit comme objectif "de rester sobres et d'aider d'autres alcooliques à parvenir à la sobriété", selon ses statuts.

Pour le docteur Palomino, "le défi du mouvement, c'est de poursuivre l'ouverture à la société", alors que 45.000 personnes meurent chaque année directement ou indirectement à cause de l'alcool, soit 18 fois plus que les décès liés aux drogues illicites.

D'après une étude du site de recrutement Monster, près d'un Français sur deux consomme de l'alcool au travail et 8% disent "en avoir besoin pour tenir la journée".

"Quand je buvais un verre de whisky dans mon entreprise, je m'arrangeais pour qu'on pense que c'était du Perrier", raconte à l'AFP Isabelle, 59 ans, cadre administratif. "J'ai mis très longtemps à réaliser que j'étais alcoolique", poursuit-elle.

Abstinente depuis 16 ans, elle avoue avoir "eu honte au début de ne plus boire d'alcool devant les autres, parce que ça voulait dire que j'avais été alcoolique".

Pour François, 48 ans, comédien, "arrêter l'alcool c'est difficile parce que c'est mal compris, mal perçu".

"Des gens me disent + Allez c'est juste un verre, c'est pas grand chose!+ mais le problème c'est que si je bois un verre, je suis mort. Je ne sais pas gérer" la consommation d'alcool", témoigne-t-il.

En France, environ 7.000 membres des AA fréquentent 591 groupes, contre environ 8.000 membres pour 400 groupes il y a 20 ans. La moyenne d'âge est de 53 ans et la tranche d'âge la plus représentée est celle des 50/60 ans.

"Les jeunes viennent plus difficilement nous voir", reconnaît Patrick, membre des AA, ajoutant que "les alcooliques mettent souvent très longtemps à reconnaître leur maladie".

Pourtant, les alcooliques jeunes sont particulièrement vulnérables parce que "souvent dépendants d'autres produits", explique le docteur Palomino. "Plus de la moitié des alcooliques de 25 ans sont polyusagers. Ils consomment surtout du cannabis, mais aussi des médicaments ou des opiacés".

Professeur de piano dans les Yvelines, Patricia a rejoint les AA à 26 ans, quand elle buvait "toute la journée, toute la nuit et n'arrivait pas à (s)'arrêter". Elle n'a plus touché une goutte d'alcool depuis 16 ans mais continue à s'impliquer au sein de AA pour "transmettre" son témoignage.

"Il y a encore du travail en France. Le mouvement doit grandir pour amener plus de gens à décrocher", juge-t-elle.

A 87 ans, dont 50 sans alcool, Manuel, co-fondateur des AA en France, ne manque pas les réunions hebdomadaires, se sentant toujours "utile". "Quand on arrive à faire arrêter la boisson à quelqu'un c'est comme si on arrête nous-mêmes une nouvelle fois", sourit-il. Il voudrait que les membres des AA soient "toujours plus nombreux" pour "sauver les gens" de ce "cancer de l'âme".

Pompéi s'effondre, symbole d'une Italie en état de catastrophe culturelle

La Maison des gladiateurs et ses fresques qui s'effondrent entièrement, dimanche 7 novembre, à Pompéi, faute d'un entretien constant. Le tapis rouge du Festival du cinéma de Rome envahi par des centaines de manifestants protestant, le jour de l'inauguration, contre les coupes dans la culture. Le Musée d'art moderne de Naples qui ne parvient plus à payer ses factures d'électricité et menace de réduire ses heures d'ouverture. L'Opéra qui a dû revoir à la baisse les contrats des techniciens. Tous ces événements disent "l'état de catastrophe culturelle" qui menace aujourd'hui l'Italie.
La politique de rigueur budgétaire décrétée par le gouvernement (29 milliards d'euros d'économies en 2011 et 2012) se traduira par une réduction de 58 millions d'euros pour le secteur de la valorisation des biens culturels, et de plus de 100 millions pour le Fonds unique pour le spectacle (FUS). C'est également rude pour les collectivités locales : elles ne pourront dépenser plus que 20 % des sommes allouées par l'Etat par le passé pour l'organisation d'événements culturels.
"Ces restrictions sont un vrai désastre, se désole Umberto Croppi, adjoint à la culture de la capitale romaine. Une exposition comme celle du Caravage à Rome cette année ne sera plus possible. Or, elle a attiré 500 000 visiteurs, rapporté 30 millions d'euros, dont 15 millions à l'Etat." Cela ne fait pas fléchir le gouvernement : "La culture ne se mange pas", répond Giulio Tremonti, ministre de l'économie d'un pays qui compte le plus grand nombre (45) de sites classés au patrimoine de l'Unesco.
Coeur d'activité de l'Italie
Pour protester contre les coupes budgétaires, de nombreux musées, bibliothèques et sites archéologiques étaient fermés vendredi 12 novembre, d'autres étaient ouverts gratuitement. Le 22 novembre, les acteurs, réalisateurs, scénaristes et techniciens de cinéma sont également appelés par les syndicats à une grève générale. "Quand une entreprise est en difficulté, elle se concentre sur le coeur de son activité, or le coeur de l'activité de l'Italie, c'est la culture", explique l'adjoint à la mairie de Gênes, Andrea Ranieri. "La culture n'est pas la cerise sur le gâteau, c'est le gâteau", renchérit le président de l'association des communes italiennes.
Le gâteau est mal en point. Au-delà de la polémique, c'est toute la gestion du patrimoine culturel italien qui est en cause. Sa sauvegarde et l'économie qui en découle. "Ce n'est pas seulement une maison qui s'effondre à Pompéi, s'inquiète Maria Pia Guermandi, membre de la direction de l'association Italia Nostra, mais la crédibilité du pays. Nous ne sommes plus en mesure de gérer tout cela."
"Faute d'argent"
L'art et la culture, qui devraient être une des principales ressources de l'Italie, font l'objet de peu d'investissements, alors que le tourisme représente 12 % du PIB. De 7 milliards d'euros en 2008, année de l'élection de Silvio Berlusconi, le budget de la culture est tombé à 5 milliards en 2010, soit 0,21 % du budget de la nation.
Musées de province presque vides, aires archéologiques ne recevant que quelques visiteurs par jour : l'Italie souffre de trop de richesses, et de trop peu d'argent pour les entretenir et attirer du public. "La valorisation de l'exceptionnel patrimoine apparaît loin d'être optimale", conclut un rapport de la Fondation Ambrosetti, présenté le 12 novembre dans le cadre de la manifestation Florens 2010, consacrée à la valorisation du patrimoine.
De son côté Sandro Bondi, le ministre de la culture, se débat entre l'intraitable ministre de l'économie et des milieux culturels aux abois. Pour manifester son opposition aux réductions budgétaires, il a boudé un conseil des ministres. Mais il défend l'esprit de la réforme en dénonçant "la culture de l'assistance" qui a prévalu jusqu'alors. Son projet ? Multiplier les fondations publiques et privées pour entretenir les grands sites et les musées sur le modèle du Musée égyptien de Turin.
Mais l'écroulement de la Maisons des gladiateurs pourrait porter un coup fatal au ministre de la culture. Après avoir maladroitement déclaré que le site s'était effondré "faute d'argent" pour l'entretenir, il a accusé les infiltrations d'eau d'être la cause de ce désastre, ce qui est en partie exact. "Je me démettrais si j'étais responsable", a-t-il répété, mercredi 10 novembre, au Parlement. L'opposition devrait déposer une motion de censure à l'encontre de celui qui a désormais gagné le surnom de "ministre des maux culturels".

Philippe Ridet

La science, le doute, et la faute de l'Académie

Le rapport de l'Académie des sciences française sur le changement climatique, publié le 28 octobre, a été unanimement présenté comme une réfutation des thèses climato-sceptiques, très en vogue depuis environ un an. Certes. Mais les choses sont un peu plus complexes. Et, à bien des égards, on pourrait au contraire considérer l'ensemble de l'opération - le débat tenu à huis clos Quai de Conti le 20 septembre et sa synthèse publiée un mois plus tard - comme un succès pour les climato-sceptiques. Dans cette bataille française - semblable à d'autres escarmouches menées ces derniers mois en direction d'autres sociétés savantes -, les tenants de Claude Allègre apparaissent bien perdants du point de vue de la science - comment en serait-il allé autrement ? Mais, politiquement, leur victoire est indéniable.

D'abord, en menant un débat présenté urbi et orbi comme un affrontement d'écoles, l'Académie a fait accroire l'idée que le débat sur les causes du réchauffement en cours s'imposait d'un point de vue scientifique. Or aucune étude publiée dans un passé récent ne rend nécessaire un débat sur la question. Pour la plus grande part de l'opinion, qui n'a suivi l'affaire que d'un oeil distrait, si le débat s'est tenu sous l'ombrelle de la prestigieuse société, c'est qu'il s'imposait. Et qu'en définitive, "les scientifiques ne sont pas tous d'accord". C'est la première victoire des climato-sceptiques.
Plusieurs membres éminents de l'Académie avaient bien fait valoir que celle-ci n'avait pas les moyens de s'ériger en juge de paix sur la question : les spécialistes du dossier qui y siègent se comptent sur les doigts d'une main. Qu'importe : puisque la ministre de la recherche, Valérie Pécresse, avait chargé l'Académie d'organiser un débat scientifique, il fallait qu'il le fût.
Totalement étrangers au sujet mais bardés de certitudes, certains académiciens conviés à débattre ont ainsi commis des impairs trahissant une profonde méconnaissance de la question - voire une inquiétante légèreté. Interrogé sur les sources le conduisant à affirmer (de manière trompeuse) que les climatologues prévoient la disparition du Gulf Stream en raison du réchauffement, un éminent académicien se montra par exemple incapable de se référer à la littérature scientifique : sa source, comme il l'avoua au cours des débats du 20 septembre, n'était autre que Le Jour d'après - le film catastrophe de Roland Emmerich sorti en 2004...
Bien souvent "atterrés" par le niveau des débats, la vingtaine de chercheurs en sciences du climat invités fin septembre à échanger avec les académiciens n'ont en outre pas eu leur mot à dire sur la rédaction du rapport final. Celui-ci, dont certains passages âprement négociés fleurent plus le compromis politique que la science, est paré d'une opacité qui correspond très peu aux canons de la démarche scientifique : contributions écrites maintenues confidentielles, débat à huis clos, version définitive du rapport adoptée en "comité secret" et en l'absence des chercheurs compétents. Et, pour finir, absence criante de toute référence scientifique pour étayer les assertions du texte...
C'est, dans cette affaire, la seconde victoire des climato-sceptiques. Car, même si l'Académie les déboute in fine, celle-ci n'en a pas moins pris un texte en réalité clairement politique. Le fait scientifique y est négocié, des formulations ambiguës - voire franchement alambiquées - stérilisent le propos, et la question centrale des projections climatiques pour le siècle en cours est simplement éludée.
En substance, l'opinion et les médias se sont donc ébahis de ce que l'auguste institution admettait l'idée que le réchauffement en cours était bien principalement dû aux gaz à effet de serre anthropiques, fait établi depuis plus de quinze ans...
L'histoire récente offre une remarquable analogie à la situation actuelle. En 2000, le président sud-africain, Thabo Mbeki, s'était convaincu de la nécessité d'un "débat" sur les causes du sida. Bien sûr, l'écrasante majorité des virologues compétents n'avaient plus, depuis longtemps, aucun doute sur la responsabilité du virus d'immunodéficience humaine (VIH). Mais un petit groupe de scientifiques, dont l'éminent Peter Duesberg, alors professeur de biologie moléculaire à l'université de Californie à Berkeley, membre de l'Académie des sciences américaine et récipiendaire de nombreuses distinctions, persistait à douter sans motif scientifique. De prestigieux savants - généralement non compétents sur le sujet - regardaient d'un oeil bienveillant cette "dissidence" : Kary Mullis, Prix Nobel de chimie en 1993, ou encore le grand mathématicien franco-américain Serge Lang (1927-2005), membre de l'Académie des sciences américaine... Qu'advint-il ? Il ne sortit rien du "débat scientifique" organisé par l'Afrique du Sud, mais le doute ainsi savamment entretenu suffit à retarder le recours aux antirétroviraux. Le coût humain de ces atermoiements est aujourd'hui évalué à environ 330 000 morts.
Sans doute la leçon n'était-elle pas assez claire. En acceptant l'idée même d'un débat scientifique motivé par autre chose que la science, l'Académie n'a pas contribué à démêler la confusion entre la science climatique et sa spectacularisation médiatique ou sa récupération à des fins militantes. Elle n'a pas rendu service à la science.

Raffarin redoute "le conservatisme" si Fillon reste à Matignon

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin plaide pour un changement de chef du gouvernement pour lancer une nouvelle phase en vue de 2012.
 Jean-Pierre Raffarin y croit encore. A lors que le remaniement du gouvernement devrait intervenir en début de semaine, l'ancien Premier ministre espère encore voir arriver Jean-Louis Borloo à Matignon
Dans un entretien au Monde daté de dimanche/lundi, Jean-Pierre Raffarin souligne qu'il "apprécie la personne" de François Fillon. "Il revendique la continuité, c'est légitime, mais cette ligne politique ne correspond plus à celle qu'il nous faut", ajoute-t-il aussitôt, en rappelant que "c'est au président de fixer la nouvelle ligne". 
L'ancien chef de gouvernement explique "craindre" avec une reconduction de François Fillon, "le conservatisme, le statu quo". "Il faut une rupture à caractère social", estime-t-il. 
Jean-Pierre Raffarin considère que "pour gagner en 2012" la majorité a "besoin que le président de la République engage 'la deuxième rupture'". 
Pour autant, il explique qu'il n'est "pas question de renier ce qui a été fait". "Mais, ajoute-t-il, il faut être lucide: la politique qui a été engagée depuis trois ans a un mauvais impact électoral. Nous l'avons constaté aux municipales de 2008 et aux régionales de 2010, qui ont été catastrophiques". 
"Si l'on ne parvient pas à créer une nouvelle donne politique durant l'acte II du quinquennat, il n'y a aucune chance que le résultat de 2012 soit meilleur", estime l'ancien Premier ministre. 
Et dans ce contexte, il considère que Jean-Louis Borloo, qui a fait campagne depuis des semaines, serait le mieux placé pour incarner cette nouvelle phase. "Il en a toutes les qualités, dit-il, mais il n'est pas seul, d'autres parmi les gens d'expérience ou au sein de la jeune et talentueuse nouvelle génération sont à la hauteur". 
Il estime qu'avec Jean-Louis Borloo "on pourrait afficher le souhait de recoudre le tissu social ou d'inventer une nouvelle croissance". "Avec un plus jeune, on pourrait chercher à renouveler les équipes (...) et à décrisper la gouvernance". "L'essentiel, ajoute-t-il, n'est pas qui est le Premier ministre, mais ce qu'il offre au président comme capacité de mouvement". 

RAS LE BOL DE CE VIEUX BARBON, IL CASSE LES PIEDS DE TOUTE LA DROITE TRADITIONNELLE.

CES IDÉES NE VALENT RIEN;  TROP CHINOISES PEUT-ÊTRE ??

Aujourd'hui, soyez gentils !

Ce samedi 13 novembre a été décrété journée mondiale de la gentillesse.
La journée mondiale de la gentillesse, c'est ce samedi. D'inspiration anglo-saxonne, le "World Kindness Day" a été promulgué par le World Kindness Movement ("Mouvement mondial pour la gentillesse"), un organisme international né à Singapour en 2000.
Cette journée fait partie d’une multitude de journées décrétées au profit d'intérêts… souvent difficiles à démêler. Car, aux côtés de journées des grandes causes telles que la paix (1er janvier), l'abolition de la peine de mort (10 octobre) ou la faim (15 juin), on retrouve toutes celles initiées par des lobbies plus ou moins puissants aux visées clairement commerciales ou quelques petits malins voulant faire parler d'eux.

A chacun sa journée

Citons par exemple, la "Journée mondiale du fromage" (28 mars), celle de la procrastination (remettre au lendemain ce qui peut être fait aujourd'hui, 25 mars), du rire (2 mai), du braille (4 janvier), des zones humides (2 février) ou encore celle du chant choral (13 décembre).

Nombre d'humoristes en ont fait un sujet de choix. Sur France-Inter, Vincent Roca s'était fendu il y a quelques mois d'une chronique montrant l'incongruité d'une journée mondiale de la prévention du suicide (10 septembre) proclamée au même titre qu'une journée mondiale… du tricot.