vendredi 1 novembre 2013
Pour Hollande, la famille, voici l’ennemi
Ce gouvernement est clairement par son idéologie un adversaire de la famille et de la liberté qu’elle abrite.
La tempête souffle et l’esquif gouvernemental est désemparé. A force d’accumuler les taxes, y compris celles de ses prédécesseurs, alors qu’il a annulé d’autres mesures comme la défiscalisation des heures supplémentaires, le pouvoir a créé une vague de mécontentement qui le conduira inévitablement à un désastre aux municipales et au départ du Premier Ministre, après, ou peut-être avant. C’est un vent de révolte qui secoue le pays. On le voit en Bretagne par la violence des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants. On l’entend dans les propos des personnes interrogées où se mêlent de la colère et un certain mépris envers l’incompétence ou la déloyauté de ceux qui prétendent les diriger. « Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir » écrivait Rivarol. Or, on serait bien en peine de trouver une seule raison de respecter un exécutif qui accumule les mauvais résultats et multiplie les ordres et les contrordres avec un amateurisme consternant. « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va » disait Sénèque. La question se pose de savoir si le pouvoir actuel a le moindre objectif clair capable de donner une cohérence à son action.
La réponse est, hélas, affligeante. Si l’on passe en revue les décisions prises et les actions entreprises jusqu’à leur terme, le seul fil conducteur qui subsiste, comme une sorte d’aveu d’un inconscient lourdement chargé, c’est une attitude systématiquement hostile à la Famille. Récemment encore la proposition faite à Léonarda de revenir en France sans sa famille montrait que la vie familiale était pour François Hollande un détail négligeable. La curieuse situation du « couple » élyséen qui installe dans les faits ce qui n’a, au plan politique, aucun degré de légitimité affiche le même mépris pour la famille traditionnelle. Chacun avait compris que la reconnaissance « officielle » du couple présidentiel n’avait de sens que si celui-ci était exemplaire de la cellule familiale. L’hypocrisie de Mitterrand était, à cet égard, un hommage du vice à la vertu. Si quelqu’un invoque l’évolution des modes pour justifier l’étrangeté actuelle, on pourra répondre que la mode d’une prétendue « première dame » peut aussi se démoder. Quand on veut résumer le bilan de 18 mois de pouvoir et chercher une réforme d’importance, là encore, on tombe sur le mariage unisexe, lequel est une absurdité anthropologique qui intéresse peu de monde, mais qui donne aux adversaires de la famille traditionnelle la joie incommensurable d’en détruire le fondement. La brutalité de la répression des opposants sous la responsabilité de Valls comparée à la force déployée dans d’autres occasions trahissait bien la morgue du pouvoir à l’encontre des défenseurs de la famille. On peut encore souligner l’arrogance du ministre de l’Education Nationale qui prétend donner pour mission à celle-ci « d’arracher l’enfant au déterminisme familial », en inscrivant, par exemple, dans les programmes les préjugés idéologiques chers aux socialistes comme la « théorie du genre » et autres fadaises.
Mais, parmi les improvisations fiscales apparemment ciblées sur les « riches » et souvent l’objet de reculades spectaculaires, une ligne anti-familiale se dessine sur laquelle le pouvoir ne revient qu’avec réticence. La France avait mis en place en 1945 une politique familiale innovante et exemplaire qui n’avait jamais été remise en cause et pouvait être invoquée pour expliquer l’exception démographique française. Sa philosophie reposait sur l’idée que cette politique n’était pas inscrite dans un souci de redistribution sociale mais était résolument familialiste et nataliste et jouissait à ce titre de l’autonomie. Il n’aurait pas été absurde qu’elle bénéficiât d’une préférence nationale et fût financée par la solidarité des impôts plutôt que par les charges pesant sur le travail. Ce second point était l’objet de la TVA sociale abandonnée, comme par hasard, par la majorité de gauche. En revanche, celle-ci détricote assez méthodiquement la spécificité de la politique familiale. L’idée constamment évoquée par nos gouvernants d’exclure de son bénéfice les ménages situés au-dessus d’un certain seuil, soit pour boucher les trous du budget, soit pour aider les plus modestes, est une trahison de l’esprit de cette politique qui voulait qu’un enfant en plus, dans un ménage disposant d’un certain niveau de ressources, ne le pénalise pas, par rapport à un foyer comparable par ses revenus mais ayant moins d’enfants à charge. Le déficit de 2,5 Milliards de la branche famille est fictif. Les comptes devraient se rééquilibrer mécaniquement entre 2016 et 2019. C’est la ponction créée arbitrairement par l’Etat pour financer par le biais de la CNAF les majorations de retraite des parents de trois enfants et plus qui l’a creusé. En revanche, l’abaissement du plafond du quotient familial de 2000 à 1500 Euros va toucher 13% des foyers fiscaux soit 1 300 000 ménages qui appartiennent essentiellement aux classes moyennes. La suppression de l’avantage fiscal lié aux frais de scolarité a été abandonnée de justesse à l’Assemblée par une majorité aux abois et paniquée par l’impopularité gouvernementale. Certes les mesures inscrites dans le budget pour l’année 2014 sont en deçà du plan en quatre points annoncé parle Premier Ministre au printemps dernier : Quotient familial, Prestation d’Accueil du Jeune Enfant, Congé parental et Frais de scolarité, mais la cohérence était pour une fois présente et consistait dans une réintégration de la politique familiale dans la politique sociale. Ce gouvernement est clairement par son idéologie un adversaire de la famille et de la liberté qu’elle abrite.
Nouvelle loi en Grèce: les opposants à l'UE risquent désormais deux ans de prison !
Nouvelle loi en Grèce: les opposants à l'UE risquent désormais deux ans de prison !
Un triste sort attend désormais les citoyens grecs qui ne sont pas d'accord avec les structures, les institutions, les représentants, les mesures ou les instruments de l’Union européenne.
Depuis le jeudi 24 Octobre, le Code pénal hellène a introduit l'article 458, qui est une mesure relative à la "violation du droit communautaire", dans lequel il est prévu un emprisonnement pouvant aller jusqu'à deux ans pour les citoyens qui agissent contre les structures européennes, mais aussi, pour ceux qui protestent ou expriment un désaccord comme l’opposition aux sanctions.
Deux ans de prisons aussi pour ceux qui vont à l’encontre des gouvernements et des représentants de l'UE.
Vous l‘aurez compris, toute personne qui entrave la politique de l'UE risque la prison !
Après les 2 millions d’euros dépensés par le Parlement européen pour bloquer les blogs, sites web et autres affiches eurosceptiques, aujourd’hui, en Grèce, pour pouvoir s’exprimer librement, il faut ne pas avoir peur de passer derrière les barreaux.
La liberté d’expression est donc morte, et avec… la démocratie, puisque avec cet article, c'est l'ensemble des grecs qui est visé, et pas seulement les opposants politiques.
C’est confirmé, l’UE est une dictature…
Aux citoyens des autres pays d’Europe, préparez-vous, parce que l’Union Européenne n’existe pas pour vous, elle vous combat, dans un unique but financier.
Les odieux du stade
Les odieux du stade
Sous la pelouse, le culot ! Les patrons du foot français manquent peut-être d’argent, mais sûrement pas d’impudence. Alors que les victimes des plans sociaux qui touchent la France pourraient malheureusement remplir bien des stades, tant elles sont nombreuses, ces dirigeants viennent demander une ristourne fiscale. Tout ça parce qu’ils acquittent les impôts de stars aux salaires délirants. Les salariés étrillés par le fisc aimeraient, eux aussi, voir leur patron payer des impôts à leur place. Pauvres inconscients ! Ils n’appartiennent pas au petit monde des odieux du stade.
C’est dire que ce mouvement de grève est surréaliste alors que les agriculteurs sont au bord du suicide ou que les Bretons pleurent leurs usines défuntes. Ceux qui croyaient que le football était un sport collectif se sont trompés. Pas tout à fait, puisque la caste des présidents se serre les coudes, oublieuse des injures passées.
D’année en année, le monde du ballon rond a perdu le sens des réalités. Ce n’est pas pour rien que les économistes parlent aujourd’hui d’une « bulle du football », comme on a évoqué celle de l’immobilier. Les clubs anglais et espagnols ont ouvert la marche, la France a suivi. Il est évidemment peu agréable de voir les équipes tricolores prendre des raclées face à leurs concurrents survitaminés à l’euro ou au pétrodollar. Le patriotisme se loge où il peut et il ferme les yeux quand il doit sa survie à des gens qui se moquent des trois couleurs comme de leur premier dollar.
Les dirigeants qui ont franchi la porte de l’Élysée estiment qu’une hypothétique coupe d’Europe mérite un cadeau fiscal. Ils assurent mettre du baume au cœur des Français rongés par le blues. Les Romains avaient des cirques pour ce genre de choses. On achetait le peuple avec des jeux. Le président de Lyon est quand même plus proche des organisateurs de ces spectacles que de la malheureuse Blandine, qui finit sa vie en martyre dans un stade de cette ville.
Le gazon des stades français est loin d’être maudit. Il est simplement mal entretenu, et la tondeuse de l’État pourrait avoir au moins un avantage, celui de couper quelques herbes folles.
Combien ça coûte ?
Combien ça coûte ?
La libération d'un otage, combien ça coûte ? Telle est la sempiternelle et peut-être indécente question qui a accompagné hier le retour des quatre Français tout juste libérés. Comme s'il fallait gâcher la joie immense des familles et le soulagement de la nation. Il n'est d'ailleurs pas sûr que les citoyens ne soient pas exaspérés par cet emballement médiatique autour d'une question sur laquelle ils ne se font guère d'illusions. Bien sûr qu'il y a sinon rançon, tout au moins contreparties, compensations, défraiements. Appelons cela comme on le voudra et, de toute façon, quelle importance ?
Alors, pourquoi cet acharnement de la presse à débusquer une vérité d'évidence ? Et pourquoi cet entêtement du gouvernement à s'enfermer dans le déni ? On sait bien que plus le pouvoir dissimule de choses et plus la presse cherchera à enquêter. L'exécutif a eu tort d'en « rajouter » sur l'absence de rançon. D'ailleurs, en se confondant en remerciements réitérés envers le président nigérien, notre exécutif aurait presque accrédité l'idée que la France n'était pour rien dans la libération des otages.
Tout cela pour ne pas avoir à reconnaître que la doctrine de non-paiement d'une rançon (pas plus par l'État que par les entreprises ou par les assurances), affirmée en début d'année par François Hollande, souffrait des accommodements face aux dures réalités du terrain. Sur ce point, personne, et surtout pas les familles des otages, ne reprochera à François Hollande d'avoir fait preuve de pragmatisme et d'humanité.
Ne nous cachons donc pas qu'il y a des contreparties financières, politiques et économiques à la libération de nos otages. Qu'Areva, qui renégocie des contrats d'uranium avec le Niger, ait dû apporter son écot ne nous surprendra pas. Cessons donc cette comédie et évitons d'avancer des chiffres qui nourrissent une sinistre surenchère sur le « marché des otages ». Serait-ce trop demander aux médias et au pouvoir (quel qu'il soit) de faire preuve d'un sens partagé des responsabilités ? Quand des vies sont en jeu, la question n'est pas de savoir combien coûte une libération. Ou combien ça rapporte !
Quand l’islam rançonne l’Occident
Quand l’islam rançonne l’Occident
Les otages sont arrivés en France mercredi. La mise en scène médiatique est habituelle : longue attente occupée par le passage en boucle des mêmes images, commentaires oiseux. Dans le cas des quatre otages (Daniel Larribe, Thierry Dol, Marc Féret et Pierre Legrand), la télévision n’est pas tombée sur de bons clients. Ils n’ont pas souhaité répondre aux sollicitations d’interviews. Trois ans sans télé les ont-ils désintoxiqués ? L’épreuve qu’ils ont connue, physique, intellectuelle et spirituelle, que pouvons-nous y comprendre ?
Les quatre employés d’Areva, enlevés sur le site d’Arlit au Niger, ont décliné jusqu’à l’offre de François Hollande qui, sur le tarmac, les invitait à prendre la parole après son discours. Le président a évoqué « trois ans d’épreuves, de souffrance » – lui n’en est qu’à un an et demi – et a affirmé que les ex-otages sont « de grands citoyens français ». Avec ce je-ne-sais-quoi oratoire qui n’appartient qu’à Hollande, la rhétorique républicaine rejoint la logorrhée médiatique.
Rançon et quiétude
La France a-t-elle versé une rançon ? C’est ce que laisse entendre une source proche des négociateurs nigériens qui parle d’une somme de 20 à 25 millions d’euros. Najat Vallaud-Belkacem, Alain Vidalies démentent. Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, affirme qu’aucun « argent public » n’a été versé. Veut-il dire que c’est Areva qui a payé ? Le groupe nucléaire le nie. Ou Fabius veut-il dire que c’est de l’argent prélevé sur les fonds secrets des services de renseignement qui a été convoyé par la DGSE jusqu’à Kidal (Mali) ? De l’argent pas public, le tout étant de s’entendre sur les mots.
Toujours selon la même source touareg, la transaction entre la France et les preneurs d’otage assurerait Iyad Ag Ghaly d’une entière impunité. Iyad Ag Ghaly est le leader d’Ansar Dine, un des mouvements islamiques armés qui ont occupé le Nord du Mali en 2012 (les autres étant Aqmi et Mujao). Le chef d’Ansar Dine et ses djihadistes sont sous le coup de mandats d’arrêts divers, comme sédition, terrorisme. Ils se sont livrés à diverses atrocités sur les populations maliennes. Il aurait l’assurance de n’être pas poursuivi.
Cette impunité accordée à Iyad Ag Ghaly serait le point essentiel des négociations. La somme versée ne doit pas être étrangère non plus à la décision de libérer les otages. 20 à 25 millions d’euros, cela permet de voir venir. De continuer le combat. D’acheter des véhicules, des armes et des tapis de prière.
Islam ? Vous avez dit islam ?
Dans l’euphorie des retrouvailles, les médias sont muets sur un fait : les kidnappeurs sont islamiques et s’en prennent à des Occidentaux qui représentent, qu’ils en soient conscients ou non, la civilisation chrétienne. Lors du retour de la famille Moulin-Fournier, après deux mois de captivité, les médias parlaient du « groupe sectaire Boko Haram ». Allez savoir, ce sont peut-être des protestants…
Boko Haram (« l’éducation occidentale est un péché ») est le surnom d’un groupe qui s’appelle Peuple engagé dans la propagation de l’enseignement du Prophète et du djihad ; le Mujao est le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest, né d’une scission d’Aqmi, qu’on ne présente plus. Quant à Ansar Dine, il signifie Défenseurs de la foi, ou de la religion – bref, de l’islam, cet islam conquérant et preneur d’otages. Pourquoi le taire ? Pour ne pas « faire d’amalgame » et ne pas froisser des sympathisants qui rêvent d’un djihad à la Mohamed Merah. C’est déjà être otage.
Bombinette bricolée
Bombinette bricolée
Le char de l’État fonctionne avec une boîte de vitesse révolutionnaire : une marche avant et six marches arrière, sans oublier le point mort. Jean-Marc Ayrault, véritable as du rétropédalage, a donc annoncé, comme prévu, que l’écotaxe était repoussée aux calendes grecques sur l’ensemble du territoire. Ce repli, s’il n’a rien de glorieux, était devenu nécessaire face à une région en pleine ébullition.
Jean-Marc Ayrault n’en a pas pour autant fini avec ce dossier. Ses faux amis Verts n’ont pas perdu de temps pour dénoncer ce recul. Noël Mamère s’interroge sur la présence des écologistes au gouvernement. Le Premier ministre aura du mal à donner un gage pour apaiser la rage de ses alliés, en passe de remplacer leur teint chlorophyllien par un cramoisi du plus bel effet. Tout cela risquant de se régler dans les urnes.
Cette impasse était prévisible. À force de jongler entre la dure réalité économique et l’idéologie d’alliés encombrants, Jean-Marc Ayrault est piégé. Tétanisé, il est quasiment seul au milieu d’un champ de mines. Sauf qu’il a dû se sentir un peu plus seul que d’habitude hier. Le président de la République s’est carapaté dans les Carpates pour une escapade revigorante, mais dont l’importance politique est aussi importante que l’avenir de la jeune Leonarda.
L’écotaxe n’épargne pas l’opposition. Jean-Louis Borloo, père du Grenelle de l’environnement qui accoucha en son temps de cet impôt, salue « un geste d’apaisement ». Il avoue que, puisque cette taxe « n’était pas comprise, elle ne pouvait être acceptée et donc appliquée ». En résumé, Borloo a inventé une machine infernale qui aurait pu sauter au nez de n’importe quel parti. On sent d’ailleurs comme une espèce de lâche soulagement chez les zélotes de droite de l’écotaxe. S’ils avaient gagné en 2012, ils auraient encaissé les éclats de leur bombinette bricolée.
Cette affaire révèle surtout le profond malaise qui mine la société française, lasse d’expérimentations hasardeuses, imposées au nom de la crise ou des petits oiseaux. Faute d’attention, le citoyen risque d’être bientôt, lui aussi, une espèce en voie de disparition.
Opportunisme, improvisation et reculade
Opportunisme, improvisation et reculade
Pour Philippe Tesson, les alliances nouées par le candidat Hollande lors de sa conquête du pouvoir coûtent cher à la France. Le mal n'est pas seulement idéologique, il est politique.
Personne n'oserait de bonne foi affirmer que François Hollandetravaille sciemment contre les intérêts de la France. Son échec tient plus simplement à son aveuglement, à son déni incompréhensible de la réalité et enfin, pour ce qui est de la pratique gouvernementale, à sa maladresse. À l'origine, il a péché par idéologie. Non seulement la raison mais l'exemple des pays voisins de la France, à commencer par l'Allemagne hier et l'Angleterre aujourd'hui, lui commandaient de mettre de l'ordre et de la rigueur dans la politique économique de la France par d'autres voies que celles qu'il privilégia dès son arrivée au pouvoir. Ce n'est pas par la taxation démesurée des entreprises, ce n'est pas par le matraquage fiscal des classes moyennes, ce n'est pas par le traitement social du chômage, ce n'est pas par la prime à l'écologie que passait et que passe la solution des problèmes français. Le dogmatisme socialiste s'est cru plus fort que l'évidence, avec au départ une arrogance insupportable. Il s'est ensuite ravisé, mais il a de beaux restes. Malgré quelques corrections de tir et une résipiscence verbale de façade dont Moscovici a le secret, la nature a repris le dessus dès qu'elle l'a pu. C'est ainsi que, sournoisement, la taxation de l'épargne a montré la tête la semaine dernière au cours de la discussion budgétaire, quitte à ce qu'on la lui coupe quelques jours après. L'idéologie socialiste est comme l'eczéma, on n'en guérit pas.
Le mal n'est pas seulement idéologique, il est politique. Les alliances nouées par le candidat Hollande lors de sa conquête du pouvoir coûtent cher à la France. Mitterrand, lui, avait au moins le talent de savoir les trahir. Question d'autorité. Hollande depuis dix-huit mois n'a cessé de se soumettre aux fantaisies des Verts, dont le poids politique est inversement proportionnel à l'importance numérique. Qu'importe que la réforme du logement conçue par Duflot soit une aberration économique, l'essentiel était qu'elle donnât une coloration de gauche à la politique de ce gouvernement. Ce génie de la synthèse qu'on prête au président de la République n'est en fait qu'un médiocre savoir-faire du balancement, au gré de l'événement et des contraintes électorales. Là encore, la culture socialiste ne ment pas. Opportunisme, improvisation et reniement. On ne répugne pas à la reculade. On dit que l'impôt, c'est fini, et le lendemain on taxe. On dit qu'on va taxer et on vote la taxation, et le lendemain on négocie.
Le peuple est patient. Jusqu'au jour où il est pris à la gorge. Cette échéance approche. La France est un pays riche, qui vit sur ses réserves, et ces réserves s'épuisent. Elles sont mal partagées. Il est juste que cette inégalité soit corrigée, à la mesure des mérites de chacun. Le chômage est certes la pire sanction de l'inégalité. Mais celle-ci frappe aujourd'hui brutalement, du fait d'une politique incohérente, des catégories nouvelles de Français, actifs menacés dans leur activité. On perçoit un grondement s'amplifier dans le pays, venu de cette partie du peuple dont les fruits de travail risquent de ne plus suffire à sa survie. Il est trop tôt pour parler de jacquerie. Mais une forme de désobéissance civique tend à s'installer. Aveugle devant la réalité, François Hollande va-t-il rester sourd à ce cri parce que la perspective des très prochaines consultations électorales lui conseillerait la prudence ? Va-t-il encore sacrifier ses intérêts partisans à l'intérêt général ? Ce serait un mauvais calcul. Il est urgent qu'il fasse le clair sur ses dispositions d'esprit et sur ses intentions, le mieux étant, s'il en est encore temps, qu'il rassure le pays par un acte politique courageux et lucide dont son actuel gouvernement ferait les frais
Bobologie aux enfers
Bobologie aux enfers
François Hollande et Jean-Marc Ayrault inventent la spéléologie politique. Le dernier sondage en date confirme leur descente aux enfers. Ces mauvais chiffres ne sont pas une surprise, si l’on garde en mémoire les décisions, revirements et interventions désordonnées de l’exécutif. De Leonarda à la taxation des produits d’épargne, la confusion s’installe durablement au sommet de l’État.
Les suggestions présentées hier au Premier ministre par Stéphane le Foll, afin d’atténuer l’Écotaxe confirment le pilotage à vue gouvernemental. Le ministre de l’Agriculture a été chargé de trouver en catastrophe quelques mesures pour apaiser la colère bretonne, avec le risque de voir les autres régions crier à l’injustice. La bobologie remplace l’art de gouverner.
L’Élysée et Matignon donnent désormais l’impression d’avoir peur. Mille manifestants bretons et quelques milliers de lycéens ont fait reculer l’État, comme s’il avait été confronté à la vague de mai 68. Le président s’apprête à recevoir les mutins du football professionnel, comme il a cédé au chantage de la famille de Leonarda. François Hollande se conduit comme un médiateur alors que, selon la constitution, il « incarne l’autorité de l’État ». À force de surprotéger Jean-Marc Ayrault, il le remplace. Quand on reprochait à ses prédécesseurs de réduire le chef du gouvernement au rôle de « collaborateur », François Hollande le materne. C’est, peut-être, une manière de dissimuler une affligeante erreur de casting. Dès ses premiers pas dans la fonction, Jean-Marc Ayrault a montré qu’il était incapable de faire régner l’ordre au sein du gouvernement.
Les Français assistent à cette double noyade avec effarement. Ils envoient pourtant un signal clair au président de la République en plébiscitant Manuel Valls. Le ministre de l’Intérieur a une image d’homme décidé, à l’écoute des Français. Le chef de l’État donne exactement le sentiment inverse. À force de tergiverser et de ne rien décider, il s’enfonce de jour en jour dans le puits sans fond de l’impopularité.
Il peut, évidemment, assurer qu’il se moque des sondages. Il court alors le risque de voir un jour prochain les Français manifester autrement leur désarroi.
De l'air ! De l'air !
De l'air ! De l'air !
Il faut se méfier des bonnes intentions. La preuve, le gouvernement n'en manquait pas et, pourtant, rien ne va plus. En décidant de réduire les déficits par des hausses d'impôts plutôt que par la réduction des dépenses excessives de notre poussah étatique, il a creusé lui-même le piège où il est tombé, dans un climat de jacquerie fiscale.
Souvent, quand sonne l'heure de la retraite, on ne recule devant rien, pas même le ridicule. C'est apparemment le cas de ce gouvernement. Au trente-sixième dessous, il ne peut que se raccrocher à des formules de notre grand philosophe - et humoriste - national, comme celle-ci : "Rien n'est jamais perdu tant qu'il reste quelque chose à trouver" (Pierre Dac).
Comment ridiculiser à tout jamais l'angélisme de gauche ? On dirait que c'est la tâche à laquelle s'est attelé le gouvernement. Avec courage et détermination. Pas un matin où il ne lance, avant de la remballer, une nouvelle réforme plus ou moins foireuse ou même judicieuse, cela arrive. Résultat : les Français ont de plus en plus le sentiment d'habiter un bateau ivre sur une mer démontée.
Quand c'est tous les jours tempête et que les éléments se déchaînent, les communications ne fonctionnent plus. Ni à l'intérieur du navire national ni avec l'extérieur. Sinon, ça se saurait et le gouvernement aurait déjà tiré les leçons des succès économiques allemand, suédois, canadien ou, depuis peu, de la résurrection de la Grande-Bretagne, qui, après une drastique cure d'austérité, est en train de renouer, non sans insolence, avec la croissance.
Pardonnez de donner en exemple le modèle britannique, qualifié par nos chers médias d'"ultralibéral", ce qui, en France, vaut condamnation et relèvera bientôt judiciairement, au train où vont les choses, d'incitation à la haine. Que la Grande-Bretagne, qui vit sa vie en dehors de la zone euro, ait pu profiter aussi d'une politique monétaire plus souple que celle de la BCE, cela donnera au moins un os à ronger aux cagots du souverainisme et du protectionnisme, maladies séniles des peuples fatigués.
L'affaire de l'écotaxe est un symptôme. Celui d'un pouvoir qui, sous l'influence d'économistes socialistes comme Thomas Piketty, comique d'escalier, prétendait relancer la croissance en faisant suer le burnous. Son credo : plus vous accablez la machine d'impôts, plus vite elle repartira. On a vu le résultat.
Le principe de l'écotaxe date de 2009, quand, dans la foulée du Grenelle de l'environnement, le gouvernement Fillon décida d'instaurer une taxe pour les poids lourds. Une des rares décisions du pouvoir précédent reprise à son compte par M. Ayrault : c'est normal, c'est un impôt et, on l'a compris, les socialistes en raffolent.
Pour que les bornes soient franchies, l'écotaxe était venue s'ajouter à la mitraille des nouveaux impôts qui, ces temps-ci, tombaient sur la France comme à la bataille de Gravelotte. Une taxe qui, en moyenne, aurait coûté aux poids lourds 13 centimes par kilomètre parcouru, renchérissant de 4 % le prix du produit. Par les temps qui courent, même si elle réjouissait les petites gouapes de l'écologie politicienne, c'était évidemment une grosse bêtise que d'envoyer une nouvelle grenade fiscale en direction des entreprises. Elles n'avaient pas besoin de ça. M. Ayrault a bien fait de suspendre la mise en oeuvre de cette énième taxe.
Les limites de l'impéritie ont été dépassées quand, cherchant à gratter partout, le gouvernement a décidé de prendre des mesures fiscales rétroactives sur les PEA, les PEL et l'épargne salariale, avant de rétropédaler. Pour semer le trouble chez les épargnants, il n'y avait pas mieux. C'est en changeant sans cesse les règles qu'on déstabilisera pour longtemps les acteurs économiques. Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y a eu une modification fiscale par jour. François Hollande est sur la même pente. Hollande-Sarkozy, même combat. Au moins dans ce domaine.
Pour ne rien arranger, Mme Duflot, experte dans l'art de se tirer dans les pieds, est en train de nous préparer, avec son cynisme enfantin, une pénurie de logements dans les années à venir. Il n'était pas besoin d'attendre l'étude du Conseil d'analyse économique, commandée par M. Ayrault, pour prévoir que la courtelinesque loi de la ministre du Logement aurait des résultats catastrophiques. À croire qu'elle a été rédigée de conserve par les deux Marx, Karl et Groucho. Quand on encadre trop sévèrement les loyers que perçoivent les propriétaires, ceux-ci font la grève de la location, voilà tout. On en aura une nouvelle preuve si cette loi stupide n'est pas amendée.
À ce propos, si l'écologie politicienne vous déprime - et il y a de quoi -, lisez sans attendre l'excellent livre de Maud Fontenoy, Ras-le-bol des écolos (1). Voilà une écologiste entraînante et volontariste qui, après avoir instruit le procès de ces parasites gouvernementaux, célèbre le développement durable contre le fatalisme dominant.
De l'air ! De l'air ! Voilà tout ce dont on a besoin, en cette période délétère. Comme l'écrivait Pierre Dac, "ce n'est pas parce qu'en hiver on dit : "Fermez la porte, il fait froid dehors" qu'il fait moins froid dehors quand la porte est fermée".
1. Plon.
jeudi 31 octobre 2013
Le souk de l’horreur
Le souk de l’horreur
Quel est le prix d’un homme ? La question peut paraître monstrueuse. Elle est pourtant au cœur des prises d’otages et de l’inévitable marchandage mené pour les libérer.
Officiellement, la France refuse de céder au chantage. Officieusement, on ne parle pas de rançon, mais de « dédommagements » versés aux intermédiaires. Les entreprises qui se substituent aux États pour arracher leurs employés aux mains des terroristes demeurent, elles aussi, discrètes. Il ne faut pas inciter d’autres clans à capturer nos ressortissants.
La France pourrait donc avoir payé le ticket de la liberté de ses quatre ressortissants. Elle a également usé de la force en intervenant au Mali. L’opération Serval a désorganisé le souk de l’horreur monté par les islamistes. Mélange de truands et d’illuminés, ces hommes sont une menace permanente, dans le désert comme en France. Du Nigeria à la Syrie, ils combattent la civilisation pour imposer l’obscurantisme. La prise d’otages occidentaux est une tactique, comme la bombe humaine ou la voiture piégée.
François Hollande, comme ses prédécesseurs, utilise la force quand il le peut. Sinon, il doit bien négocier au nom d’une société, la nôtre, où la vie d’un homme est sacrée. Malheureusement, le camp d’en face n’attache aucun prix à la vie humaine, sauf si celle-ci permet de trouver l’argent pour s’armer. Dès lors, si cette libération est une victoire de la démocratie, elle aurait un goût amer s’il s’avérait qu’une rançon a été versée.
La présence de quatre otages français en Syrie illustre ce piège. Leur calvaire est bel et bien la preuve que l’obscurantisme d’une partie de l’opposition n’a rien à envier à la violence du régime. Les journalistes occidentaux sont soit des gêneurs, soit une monnaie d’échange. Paris a tout intérêt à bien choisir ses amis, pour ne pas se mettre, une fois de plus, en position de faiblesse.
Reste, évidemment, à espérer que nous serons un jour en capacité de présenter à notre tour la note aux ravisseurs. Cela a commencé au Mali. La traque n’est pas finie, et il serait bon de faire comprendre aux terroristes qu’ils encaisseront autre chose que des euros à force de menacer la France.
"Sur le plan technique la taxe à 75% est mauvaise, tout le monde le sait, y compris François Hollande"
POINT DE VUE - Les patrons des clubs menacent de faire grève contre l'application de la taxe à 75%. Jean-Michel Aphatie revient sur cette nouvelle fiscalité des entreprises.
"Sur le plan technique la taxe à 75% est... par rtl-fr
Les patrons des clubs de football français vont rencontrer ce jeudi François Hollande. Ils menacent de faire grève contre la taxe à 75% qui concerne de nombreux clubs. Mais l'exécutif affiche une grande fermeté à ce sujet.
Selon Jean-Michel Aphatie, "on n'a jamais vu dans l'histoire fiscale une seule taxe faire passer un club d'une situation bénéficiaire à une situation déficitaire". Avant d'ajouter, "sur le plan technique, la taxe est mauvaise, tout le monde le sait, y compris François Hollande".
Selon Jean-Michel Aphatie, "on n'a jamais vu dans l'histoire fiscale une seule taxe faire passer un club d'une situation bénéficiaire à une situation déficitaire". Avant d'ajouter, "sur le plan technique, la taxe est mauvaise, tout le monde le sait, y compris François Hollande".
"Sur le plan technique la taxe à 75% est... par rtl-fr
Inquiétude à la Banque de France sur la hausse du nombre de billets en circulation : les Français basculent dans le black
Moins de crédits, moins de virements, moins de chèques et plus de billets de banque : les fonctionnaires de la Banque de France ont noté une augmentation anormale de la circulation des billets en France.
Des billets de 50 euros et 20 euros passent de la main à la main comme jamais. Ce qui a obligé la Banque de France à en faire imprimer beaucoup plus qu'auparavant. Environ 20% de plus pour répondre à la demande des agents de l’économie. La demande primaire vient des banques dont les DAB (distributeurs automatiques de billets) doivent être réapprovisionnés plus souvent dans la semaine. Le cash circule de plus en plus. Pour tous les économistes c’est évidemment le premier marqueur de développement d’une économie souterraine, d’un marché noir. L’évolution est particulièrement évidente dans le commerce de détail, dans la distribution de carburant, dans la restauration, la réparation automobile ou encore le bâtiment.
Les Français étaient pourtant ceux qui avaient, depuis dix ans, adopté le plus les moyens de paiement électronique en Europe. La carte de paiement et l’ordre de virement avaient pris des parts de marchés et supplantés la monnaie papier, le chèque et les billets de banques. La politique commerciale des banques a certes beaucoup dissuadé les clients d’utiliser les chèques au profit des moyens de paiement direct ; mais la crise qui, en 2008, a cassé la confiance dans les banques a redonné aux billets une place importante. Une fois la confiance rétablie, l’usage de la monnaie n’a pas décru au contraire.
La raison en est très simple. Les Français se sont mis au cash pour échapper à la pression fiscale. Alors que les riches avaient les moyens de se payer des spécialistes pour faire de l’optimisation fiscale ou la possibilité de s’exiler sous d’autres cieux, une partie de la classe moyenne et modeste a renoué avec le travail au noir ou le troc. Il faut dire que les facteurs qui encouragent le «black» se sont multipliés.
Le premier catalyseur du travail au noir a été la suppression de l’exonération de la fiscalité sur les heures supplémentaires. Cette mesure a mis dans l’embarras près de 3 millions de salariés qui ont vu leur feuille de paie rabotée de quelques centaines d’euros et leur feuille d’impôt grossir. Ceux qui ont pu, ont travaillé au noir. D’autant qu'au même moment, le statut des auto-entrepreneurs s’est retrouvé menacé et amputé. Le principe des heures supplémentaires et le statut de l'auto-entreprise avaient eu le mérite de "blanchir" une grande partie du travail au noir qui avait alors perdu de son intérêt. La suppression de ses mesures a redonné le goût et l’envie de dissimuler des activités. L’augmentation de tous les impôts a fait le reste.
Parallèlement, une partie des activités d’entretien de logements et de bâtiments, d'entretien des voitures, où la culture du travail au noir était déjà forte, sont retombées dans l’ombre du travail officiel pour échapper à la TVA et aux charges sociales. Enfin, le développement des sites internet de vente de produits d’occasion du type eBay ou Le Bon Coin, ou même des sites de co-voiturage et de colocation, ont évidemment favorisé la multiplication de transactions hors TVA et fait basculer une partie de l’activité économique dans une zone d’ombre où l’État trop gourmand n’a pas d’accès.
A l’origine de ce mouvement, il y a évidemment le matraquage fiscal qui touche désormais toutes les couches de la population, mais il y a aussi le manque de sécurité économique et l’instabilité de l’écosystème dans lequel on travaille. En 2009 et 2010, les trois économies européennes les plus fragiles, l’Espagne, l’Italie et surtout la Grèce carburaient pour l’essentiel au cash et très souvent avec des petites coupures. Ni les chèques, ni les cartes bancaires n’étaient acceptées chez les commerçants ou les artisans. En fait, les économies de l’Europe du Sud regorgeaient de liquidités sous forme de billets de banques. Ce qui a posé, d’ailleurs, des problèmes de sécurité aux commerçants.
La France d’aujourd’hui n’est pas dans la situation de la Grèce en 2009 ou de l’Italie avant l’arrivée de Mario Monti. Il y a cependant des symptômes qui montrent le trouble grandissant du corps social. Les banques ont parfaitement mesuré ce phénomène. La Banque de France devrait publier des statistiques très prochainement, mais Bercy sait très bien que si l’impôt ne rentre pas, ou mal, c’est parce que l’activité est faible mais aussi parce qu’une partie de cette activité est volontairement dissimulée pour échapper à la pression fiscale.
Pourquoi les riches seraient-ils les seuls à pouvoir se protéger ? Le travail au noir c’est la façon soft que la classe moyenne emprunte pour échapper au carcan fiscal, dans tous les pays, à toutes les époques. Quand la fiscalité devient confiscatoire, le contribuable s’enfuie ou il peut. «Les hauts taux tuent les totaux » disait Laffer. Les Français n’ont désormais plus confiance dans l’euro ni dans leur gouvernement.
"Cabinet noir" de l'Élysée : autopsie d'un faux scoop
Le prétendu "cabinet noir" de l'Élysée est une manipulation grossière sur la foi d'un témoignage fragile. Explications.
Ainsi donc Valeurs actuelles croit débusquer un "cabinet noir" à l'Élysée qui conspirerait contre Nicolas Sarkozy. L'hebdomadaire se fonde sur le témoignage de Bernard Muenkel qui affirme avoir refusé de livrer à son supérieur les archives du quinquennat Sarkozy alors qu'elles étaient requises par la justice. Où est le scandale ? De quel "cabinet noir" parle-t-on ? Ne pas déférer à une injonction de la justice est une faute... L'Élysée de François Hollandese serait mis en tort de ne pas répondre aux sollicitations des juges.
Bernard Muenkel, présenté comme "le chef du service informatique", a été recruté en 2011, sous l'ère Sarkozy. C'est un agent contractuel dont le contrat court jusqu'en mars 2014. Il se dit "au chômage" après son arrêt maladie. "C'est faux ! Il est toujours en arrêt maladie et continue d'être payé", rétorque l'Élysée. Les réquisitions des juges, notamment dans l'affaire Tapie, listaient en annexe une série de noms à propos desquels les magistrats cherchaient des informations. Pense-t-on sérieusement que Nicolas Sarkozy est assez bête pour laisser, dans ses propres archives informatiques - celles qu'il a lui-même confiées aux Archives nationales - des traces compromettantes de ces agissements supposés ? N'insultons pas l'intelligence de l'ancien de chef de l'État, à supposer qu'il ait réellement quelque chose à cacher dans l'affaire Tapie.
Les magistrats ont également réclamé le relevé des entrées et sorties de l'Élysée. Surprise de la présidence Hollande : les gendarmes qui gardent le palais ont consigné toutes les entrées et sorties de l'Élysée depuis... 1981 ! Les registres n'ont jamais été détruits. Les juges ont donc obtenu tous les renseignements souhaités. "La conservation de ce registre au-delà de six mois est manifestement illégale, mais ce n'est pas de notre fait. La responsabilité en incombe à nos prédécesseurs", précise le secrétariat général de l'Élysée, qui a depuis fait détruire lesdits registres et écrit à la Cnil à titre de consultation juridique pour l'avenir.
Pourquoi les fumeurs fument-ils?
Pourquoi les fumeurs continuent-ils de fumer ? Certainement pas par ignorance des dégâts que cela cause à leur organisme, ont conclu Eyal Ert et Eldad Yechiam, deux chercheurs israéliens qui ont publié les travaux de leur recherche dans le New York Times. Les fumeurs sont en général plus téméraires que les non fumeurs : ils sont plus souvent impliqués dans des accidents de la circulation, ils ont tendance à moins porter la ceinture de sécurité et ils sont plus susceptibles de s’engager dans des comportements sexuels risqués. Les fumeuses se soumettent moins souvent à la mammographie que leurs semblables non-fumeuses. Mais les deux scientifiques ont prouvé que le comportement du fumeur n’était pas lié à cette plus grande capacité à prendre des risques, mais plutôt à leur manque de maitrise de soi. Les fumeurs seraient moins capables de différer leur satisfaction dans le temps et de respecter une perspective de long terme.
Ert et Yechiam sont venus à cette conclusion lorsqu’ils ont soumis des fumeurs et des non-fumeurs à « l'Iowa gambling task», durant laquelle les joueurs doivent tirer des cartes provenant de 4 jeux de cartes qui leur attribuent des gains ou des pertes potentielles, dans le but de remporter le plus de points possibles. Dans 2 des jeux, les gains et les pertes potentielles sont élevés, et conduisent à des pertes de long terme. Dans les deux autres jeux, les pertes et les gains sont plus modérés, et conduisent à un gain potentiel de long terme. Normalement, la plupart des participants comprennent vite quels sont les jeux de cartes bénéficiaires pour eux, et ils finissent par ne plus tirer de cartes que de ces paquets.
La première expérience a montré que les fumeurs n’avaient pas de préférence pour les cartes des jeux risqués, et que leur comportement ne différait guère de celui des non-fumeurs dans ce domaine, contrairement aux consommateurs réguliers de cocaïne et de cannabis. Ceci indique que les fumeurs ne sont pas plus disposés à prendre des risques que les autres.
Les chercheurs ont donc introduit une variante : ils ont créé un jeu de cartes dont 9 cartes sur 10 comportaient de gros gains, la 10ème carte étant une carte de perte très importante (plus satisfaisant sur le court terme). Un second jeu offrait des pertes bien plus faibles, mais aussi plus fréquentes. Ils ont constaté que les fumeurs choisissaient 1,5 fois plus souvent la gratification immédiate que les non-fumeurs.
Les scientifiques en déduisent que les fumeurs continuent à fumer non pas parce qu’ils apprécient la prise de risque en tant que telle, mais en raison de leur faible pour les activités qui leur apportent du plaisir à court terme, même si elles peuvent avoir des conséquences dommageables à long terme.
Il en découle une stratégie pour aider les fumeurs à arrêter de fumer : créer un inconvénient de court terme au tabagisme, en interdisant par exemple de fumer dans les locaux publics pour aider les fumeurs à avoir une meilleure volonté.
|
Répit
Répit
Il ne faut pas s'y tromper : c'est un salutaire mais court moment d'union nationale qu'aura autorisé, hier soir, l'annonce de la libération des quatre otages Français d'Areva au Niger. Un court moment de répit, aussi, pour François Hollande, opportunément réinstallé dans sa vraie fonction. Événement providentiel, pourrait-on dire, après une journée calamiteuse. Mais ce serait ramener cet épilogue heureux à une triviale dimension politicienne. Laissons plutôt les familles des otages à leur joie après trois années de calvaire. Et refusons donc les insinuations malveillantes tout comme le gouvernement doit se garder d'un trop ostensible contentement.
D'abord parce qu'il demeure beaucoup de flou et de secret autour des conditions (financières ou autres) de la libération des otages pour laisser place à une célébration béate. Ensuite parce que d'autres Français sont encore détenus. Cela ne doit pas empêcher de souligner que l'attitude de fermeté de François Hollande à l'égard des ravisseurs d'AQMI a… payé.
Il ne fait pas de doute que sera souligné le contraste entre ce président inflexible à l'extérieur et irrésolu à l'intérieur. Il n'est pas totalement injustifié même si l'on doit éviter la caricature. En témoigne le recul sur l'écotaxe. Là aussi, personne ne devrait vraiment crier victoire. La droite qui avait voté l'écotaxe et la gauche à qui il incombait de la mettre en 'uvre ont manqué à un devoir de responsabilité face à l'avenir. Il n'y a pas lieu de s'en réjouir. Tout cela est révélateur d'une fragilité préjudiciable à l'image du pays. Jean-Marc Ayrault a pris la seule décision qui s'imposait. En fait, la seule décision qui n'en soit pas une, puisqu'elle repousse le problème. Une autre forme de répit.
Qu'une partie des Bretons ait troqué le chapeau rond pour le bonnet rouge des ancestrales révoltes, ne changera rien. Même la suppression définitive de l'écotaxe ne résoudrait pas les problèmes économiques de la région. Reste que la crainte de nouvelles violences a fait reculer le pouvoir. Un signe de faiblesse en démocratie.
Le coûteux recul sur l’écotaxe
Face à un climat de jacquerie fiscale de plus en plus menaçant, Jean-Marc Ayrault a donc suspendu mardi l’application de l’écotaxe sur l’ensemble du territoire pour une durée indéterminée. Réclamant sa suppression pure et simple, ses opposants bretons restent néanmoins mobilisés et maintiennent leur manifestation samedi à Quimper.
A l’issue d’une réunion avec des élus bretons et les ministres concernés, le Premier ministre a dit vouloir se donner le temps nécessaire d’un « dialogue » au niveau national et régional sur cette nouvelle taxe typiquement technocratique, décidée en 2009 par la précédente majorité et votée alors à l’unanimité par l’UMPS. Invention du Grenelle de l’environnement mis en place à l’initiative de Sarkozy et Borloo, elle avait déjà été reportée deux fois. En visant à inciter les entreprises à utiliser des modes de transport des marchandises moins polluants, elle devait rapporter plus d’un milliard d’euros par an. C’est aujourd’hui ce que risque de payer l’Etat s’il met fin au contrat conclu avec la société italienne (sic) chargée de sa collecte, dont 800 millions à payer sans délai et sans résultat… Vous avez dit « gabegie » ?
D’autant que cette reculade n’est pas la première dans une suite de réformes fiscales toutes plus mal gérées les unes que les autres (de l’affaire des « pigeons » à celles de la TVA et des comptes d’épargne).« Par-delà l’incohérence économique, l’amateurisme juridique et le fanatisme spoliateur, il y a une chose à retenir de ce nouveau “couac” du gouvernement. C’est que nos protestations peuvent le faire reculer », retient Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités. Tandis que Raymond Couraud de L’Alsace ironise : « Le char de l’Etat fonctionne avec une boîte de vitesse révolutionnaire : une marche avant et six marches arrière, sans oublier le point mort. » Sarkollande !
« Suspension n’est pas suppression », a précisé Ayrault comme signal au partenaire écologiste qui redoutait une disparition pure et simple de cette taxe sur les poids lourds de plus de 3,5 tonnes. Pour le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Pascal Durand, cette décision « ne va résoudre en rien les problèmes que rencontre la Bretagne ». Pour autant, la coprésidente du groupe à l’Assemblée, Barbara Pompili, a clairement exclu une sortie du gouvernement, dont son parti reste « partenaire ». Malgré les postures critiques, de l’UMP à EELV, tous sont finalement solidaires du même système libéral-socialiste de racket fiscal, sans bien savoir que faire d’autre.
« Cette taxe Sarkollande doit maintenant être jetée aux oubliettes », a déclaré plus judicieusement Nicolas Dupont-Aignan. Qui ajoute : « Oui au pollueur-payeur. Mais taxons le vrai pollueur ! Et les vrais pollueurs ce sont les produits importés à bas coût. » « Il y a un énorme problème démocratique dans la manière dont le gouvernement a cru pouvoir signer une clause de résiliation, avec cette société, de 800 millions d’euros », a estimé pour sa part Marine Le Pen, également pour la suppression de ce prélèvement : « C’est une taxe mauvaise dans sa conception et ses conséquences, qui intervient au moment où les Français n’en peuvent plus et où les entreprises sont en très grande difficulté, particulièrement celles de l’agro-alimentaire qui vivent un dumping social très féroce. »
Culture Histoire Bonnet rouge et Gwenn ha Du
Les troubles récents montrent que les Bretons veulent avoir leur mot à dire dans l'administration de leur territoire. Patrick Mahé remonte l'histoire.
Deux symboles pour une manif sans précédent : le bonnet rouge et le Gwenn ha Du. Ainsi se définit pour Quimper, samedi, le "kit" du Breton en colère. Du bonnet rouge, seuls les Bretons, ou presque, connaissaient l'histoire. Aujourd'hui, par la grâce de la société médiatique, elle a fait la ronde des journaux télévisés toutes chaînes confondues. Bien des dîners, en famille, ont tourné à l'explication de texte.
On est en 1675. Louis XIV rayonne en Roi-Soleil et bataille contre les Provinces-Unies (les Pays-Bas). La Bretagne jouit encore d'une autonomie, concédée par l'Acte d'Union à la France, signé à Vannes en 1532. Seuls les États de Bretagne ont alors le droit de prélever l'impôt. Ses richesses, à l'époque d'un duché florissant, ne sont plus que souvenir ; celui d'un passé qui fut grand... En grand argentier et pionnier du centralisme administratif, Colbert l'assomme de taxes au point de frôler l'inquisition fiscale, n'ayant cure, au passage, de violer l'esprit et la règle du traité d'Union. Chaque époque a sa goutte d'eau. Aujourd'hui "l'écotaxe" ; hier, "le papier timbré". Quand tombe l'édit imposant une nouvelle taxe destinée à authentifier les actes judiciaires, la Bretagne se sent bafouée. L'indignation se fait insoumission. Le jeune Sebastian Ar Balp, notaire en Nord-Finistère, rameute soldats de fortune et paysans pour faire marche sur le château du gouverneur du roi, le duc de Chaulnes.
Versailles envoie 6 000 hommes
Le reste est connu de tous désormais : la répression s'abat sur la Bretagne et, notamment, la Basse-Bretagne, dont la tête granitique forme fin de terre (Penn Ar Bed) face à l'océan. Le Léon, au nord (vers Saint-Pol et Carhaix), la Cornouaille au sud (Quimper), le pays Bigouden (de Penmarc'h à Pont-l'Abbé) formant le Finistère des temps modernes, subissent, des mois durant, une impitoyable répression. Versailles envoie six mille hommes, dont trois cent cinquante mousquetaires et les redoutables gardes suisses. On pend les rebelles aux chênes, condamne les prisonniers aux galères, pille hameaux et paroisses et l'on décapite les clochers au canon ! Comme toujours, de révoltes en jacqueries, perdant jusqu'à ses privilèges à la Révolution, la Bretagne saura panser ses blessures. Mais... quand celles-ci se réveillent, Versailles hier, Paris aujourd'hui, s'inquiètent de voir le vent de fronde tourner tempête.
Il a suffi d'une distribution de bonnets de laine pour raviver la mémoire des Bonnets rouges. Une idée insolite de Thierry Merret, leader finistérien de la FDSEA, le syndicat agricole, très érudit, on l'a vu, en matière de culture bretonne. Avec Jean-Guy Le Floc'h (Armor-Lux), il ne pouvait trouver une oreille plus attentive. L'industriel de Quimper aux célèbres marinières, hier vantées par Arnaud Montebourg au nom du "made in France", est connu pour ses sentiments bretons affirmés. Il n'est pas le seul, puisque "produit en Bretagne" (350 entreprises), qui affiche vingt ans d'avance sur le "made in France", avait déjà sonné le tocsin en lançant un vibrant "Appel du 18 juin" contre l'écotaxe.
Du mot de Colbert lui-même : "L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus de plumes avec le moins de cris possible", Jakez Bernard, président de Produit en Bretagne, plaça le débat au-delà même de l'indignation bretonne : "Puisse le combat servir le bien commun de toutes les régions." Après avoir démontré pourquoi l'écotaxe est injuste : "Plus on est loin, plus c'est cher" (Brest est à 8 ou 9 heures de route de Paris), il renvoya Montebourg à son "made in France" dont les produits peuvent cumuler jusqu'à six fois la pénalité contre une fois seulement pour les produits importés...
Mais au-delà de l'écotaxe, la révolte a pris une autre dimension désormais. En fixant au simple bonnet rouge et au drapeau Gwenn ha Du le fameux "kit" de la manif à Quimper, la Bretagne se mobilise pour un avenir salutaire et solidaire. Et ne renie rien de son passé. Le bonnet rouge, on l'a vu, c'est le symbole de la jacquerie paysanne. Le Gwenn ha Du (blanc et noir, en français), celui de l'identité bretonne.
209 ans après son exécution, on honore toujours Cadoudal
Bien des révoltes ont jalonné l'histoire du peuple breton. Il est loin le temps où Alan Al Louarn, premier duc de Bretagne, repoussa les Vikings sur la Loire en 937 et fixa sa capitale à Nantes. Loin celui où le roi Nominoë (IXe siècle) fit l'unité bretonne à Ballon, aux portes de Redon, et y défit les archers francs. Lointaine époque que celle des ducs Jean IV et Jean V qui donnèrent sa prospérité au duché, convoité par les armes entre la cour d'Angleterre et le royaume de France. La défaite de Saint-Aubin du Cormier (1488) eut pour conséquence d'obliger l'héritière du duché à épouser le roi de France. Ainsi Anne de Bretagne devint-elle deux fois reine, tout en sauvegardant son statut de duchesse. L'Acte d'Union signé à Vannes, en 1532, n'était pas acte de soumission. C'est en constatant la violation des privilèges d'autonomie que Sebastian Ar Balp, en 1695, mena sa révolte contre "le papier timbré". En se battant pour la souveraineté bretonne à restaurer que le marquis de Pontcallec fut décapité, en 1720, à Nantes. En rêvant d'une République bretonne, inspirée de la guerre d'indépendance américaine (qu'il avait vécue), que le marquis de La Rouërie rejoignit la chouannerie en Morbihan. Son frère d'armes, le général Cadoudal, est toujours honoré - on vient d'édifier un monument à sa mémoire - 209 ans après son exécution. Des places de village ou des rues portent son nom...
Deux cents ans ici, pour Cadoudal, trois cent trente-huit pour les Bonnets rouges... Et bientôt cinq cents ans pour la duchesse Anne. Oui, cinq cents ans, depuis sa disparition. Le 9 janvier 2014, Nantes et Vannes lanceront le timbre officiel à son effigie... La Bretagne a connu bien des sursauts, soubresauts, drames et tragédies - l'agonie de l'armée de Bretagne au camp de Conlie près du Mans, en 1870, d'éphémères soulèvements (FLB "Front de libération" dans les années 70) - et elle subit toujours l'amputation du pays nantais scellée initialement en 1941 (décret-loi Pétain-Darlan), puis actée par la réforme régionale. Illusions régionalistes, aspirations autonomistes, errements séparatistes, ont jalonné son histoire, sans jamais altérer son esprit.
L'affirmation de son identité n'est pas une innocente valeur
La Bretagne n'oublie rien de son passé tumultueux ni des espérances trahies. Il n'est que de feuilleter les paroles des airs populaires chantés en Bretagne dans les fêtes de nuit qui portent le joli nom de "Fest-noz" pour comprendre qu'elle y brasse les époques et les genres dans un registre commun. "An Alarc'h" (le cygne) du grand harpiste Alan Stivell n'est autre qu'une ode au duc Jean IV, revenu d'Angleterre, tandis que ses sujets, en liesse, se précipitaient sur les côtes pour guetter sa voile blanche. "Bale Kadoudal" loue la chouannerie en pays d'Auray et fait la joie des sonneurs de cornemuses. "Kan bale an ARB" est hymne à la souveraineté, signée à Glenmor. "La blanche hermine", unissant "marins, ouvriers et paysans", semble préfigurer la manif de Quimper avec... quarante ans d'avance !
Dans une Europe où les peuples minoritaires frappent à la table d'hôte, comme l'Écosse aujourd'hui, l'identité, la langue, la culture, ne sont pas d'innocentes valeurs. Le Gwenn ha Du, frappé des hermines du duché, flotte parmi les Bonnets rouges de la révolte paysanne, supplantant la loi des partis traditionnels. À se moquer de la spécificité bretonne, on joue avec la résistance des Bretons. Pour le peuple breton, vanté pour sa droiture, ses valeurs, son sens du travail bien fait et son esprit civique, la mise en place de l'écotaxe - aujourd'hui ajournée au profit de toutes les régions - sans discernement du caractère géographique de la péninsule armoricaine sonnait comme un nouvel acte de soumission.
Il n'y a pas d'octroi ni de péage sur les routes bretonnes, car l'éloignement coûte (très) cher. Certains font remonter cet usage aux derniers privilèges hérités d'Anne de Bretagne. La réalité repose surtout sur le plan routier décrété par De Gaulle dans les années soixante. La révolte contre l'écotaxe, ajoutée aux drames de l'emploi aujourd'hui en Bretagne, signifie aussi que les Bretons veulent avoir leur mot à dire dans l'administration de leur propre territoire.
Faut-il, ici, finir en chanson ?... Si oui, il en est une qui ramène encore - et toujours - à Anne de Bretagne. Pas une ritournelle, moins encore une berceuse... Elle est de Gilles Servat, qui composa "La blanche hermine", sur la nappe de Ti Jos, pub breton à Montparnasse. Là encore, rien d'innocent sous "le poids des mots" qui se révèlent prémonitoires encore :
"Dans le malheur et la peine
Duchesse Anne devint reine
Croyant que la royauté
Sauverait son beau duché (...)
(...) Bientôt ce fut le pillage
De nos villes et villages
Le Breton avait bon dos
Pour payer deux fois l'impôt (...)
C'est pas ça qu'elle a voulu
Kaoc'h ki gwen ha kaoc'h ki du..."
NDLA : "Kao'ch ki gwen" (merde de chien blanc !)
"Kaoc'h ki du" (merde de chien noir !).
Une autre manière de porter le bonnet rouge...
QUAND FRANÇOIS HOLLANDE SIGNAIT DES PÉTITIONS POUR LE TRAVAIL DU DIMANCHE…
L’affaire date de 2010. À l’époque, François Hollande habite le 15e arrondissement. Il est alors le client régulier de la droguerie Zola Color, une institution de plus de 60 ans. Jean Cremer, le responsable de l’entreprise familiale se souvient encore d’une pétition signée par ses clients pour que son magasin puisse continuer à ouvrir le dimanche. Pendant une semaine, il recueille près d’un millier de signatures. Parmi elles, celle du chef de l’Etat actuel.
M. Cremer aurait même conservé une photo où le dirigeant socialiste pose avec les employés du marchand de journaux pour défendre le travail dominical.
À l’heure où l’enseigne Castorama a été de nouveau autorisée à ouvrir le dimanche, l’affaire peut faire sourire. Pour ce qui est du commerce du quartier Charles-Michels à Paris, il a été condamné en 2011 à payer des centaines d’euros d’amendes pour chaque employé. Les syndicats CGT, FO et CFDT ont quant à eux réclamé des dommages et intérêts de 200 000, « sans même qu’un de ses employés ne soit syndiqué », explique le patron au Monde.
Inscription à :
Articles (Atom)















