TOUT EST DIT

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mardi 2 novembre 2010

Dilma Rousseff

En envoyant au palais présidentiel du Planalto une ex-militante de l'action violente recyclée en technocrate avant de devenir sur le tard experte du jeu électoral, les Brésiliens ont montré qu'ils apprécient les parcours politiques aussi sinueux que les dribbles de leurs footballeurs. Il est vrai que cette fille d'un émigré bulgare venu faire fortune dans l'immobilier à Belo Horizonte doit en large part son succès au soutien inconditionnel de son prédécesseur, Lula, qui l'avait mise sur orbite en lui confiant le portefeuille de l'Energie avant d'en faire le pivot de son gouvernement comme « ministre en chef de la Maison civile ». L'ancienne marxiste-léniniste, emprisonnée trois ans à l'époque du régime militaire sous l'accusation de terrorisme, a cultivé pendant sa campagne un tel mimétisme avec son mentor, s'habillant comme lui de rouge et masquant son accent du sud du Brésil pour séduire les électeurs du Nord, que les caricaturistes l'ont souvent représentée avec une barbe. Pure raillerie, car l'autoritaire économiste que l'on surnommait « la Dure » a aussi pris grand soin d'adoucir son apparence en recourant à la chirurgie esthétique et en remplaçant ses grosses lunettes par des lentilles de contact. Grand-mère depuis peu d'un garçon qui eut largement les honneurs de la presse, cette amatrice d'opéra et de mythologie, deux fois divorcée, vit à Brasilia en compagnie de son labrador : choix canin déjà présidentiel puisque Bill Clinton, Jacques Chirac et Vladimir Poutine firent de même.

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