TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 17 novembre 2010

Comment finir une guerre


Cela fait neuf ans que des soldats occidentaux se battent contre les talibans en Afghanistan. Neuf années durant lesquelles le niveau de violences n’a cessé de croître. L’an dernier, plus de 2 400 civils y ont été tués, selon l’ONU, ainsi que 521 soldats occidentaux – dont 11 Français –, plus de 4 500 insurgés et sans doute plus de 2 000 soldats et policiers afghans. Des chiffres en hausse, cette année. Si les batailles sont rares, la sécurité est relative dans la majeure partie du pays. Villes et vallées sont toujours à la merci d’attentats ou d’attaques ciblées qui incitent la population à une prudente neutralité. Cette guerre lointaine n’est pas vaine pour les pays occidentaux. Déclenchée après les attentats du 11 septembre 2001 pour expulser la direction d’Al-Qaida de son refuge afghan, elle a considérablement réduit la capacité de nuisance du réseau terroriste. Celui-ci n’a pas perpétré d’attentat en Europe depuis ceux de Londres en 2005. La menace reste certes réelle, mais le conflit en Afghanistan a bel et bien agi comme un abcès de fixation. Jusqu’à quand ? L’affrontement, depuis cinq ans, s’intensifie au lieu de se réduire. Et il n’est pas tenable de préserver les populations européennes en contribuant, à l’inverse de la mission initiale, à l’instabilité d’un pays qui achève sa trentième année de guerre, depuis l’invasion soviétique de 1979. La recherche d’un règlement politique s’impose mais la stratégie est très délicate alors que le pouvoir repose avant tout sur les rapports de force militaires. Un éventuel accord entre les talibans et le président Hamid Karzaï, installé par l’ONU en décembre 2001, risquerait de s’achever en une conquête des institutions par la guérilla. À ce stade, les Occidentaux espèrent encore pouvoir laisser derrière eux une armée et une police afghanes solides, lorsqu’ils programmeront leur départ, d’ici quelques années. C’est ce scénario qui sera évalué vendredi et samedi lors d’un sommet de l’Otan à Lisbonne. Une hypothèse que beaucoup jugent optimiste du fait, notamment, du jeu ambigu d’un des pays voisins, le Pakistan, base arrière des talibans.

0 commentaires: