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dimanche 1 novembre 2009

Chirac: 40 ans de paradoxes

Le renvoi devant un tribunal de Jacques Chirac, 76 ans, ternit une carrière politique d'une longévité exceptionnelle mais au bilan contrasté, ainsi qu'une semi-retraite marquée par une incroyable popularité et désormais consacrée au dialogue des cultures.

L'ancien président français, monument de la droite française pendant 40 ans, a appris son renvoi devant la justice à quelques jours de la parution du premier tome de ses mémoires. «Chaque pas doit être un but» sortira en librairie le 5 novembre, et relatera la vie de Jacques Chirac, de sa naissance à sa première élection à la présidence, en 1995.

Depuis 2007 et son départ de l'Elysée, Jacques Chirac donne l'image d'un retraité bien tranquille, à distance des affaires politiques, et s'abstient de tout commentaire sur l'action de son successeur Nicolas Sarkozy, qui fut aussi le grand rival des dernières années.

Sa démarche est plus lente, son audition plus difficile, mais il est acclamé à chacune de ses sorties. «Je crois qu'aujourd'hui, c'est un peu une figure de grand-père pour tout le monde», observait il y a quelques mois l'ex-ministre de la Culture Christine Albanel.

Le Chirac de 2009 est à l'opposé du jeune homme pressé, du grand «agité» à la réputation de «tueur» mais aussi de séducteur qui, au début de sa carrière, semblait prêt à tout pour réussir en politique.

Jacques Chirac était déjà aux affaires en 1968, en pleine révolte étudiante, secrétaire d'État à l'Emploi depuis un an. Il ne quittera plus les palais nationaux, successivement ministre de l'Agriculture, de l'Intérieur, premier ministre à deux reprises, et surtout, pendant 18 ans, tout puissant maire de Paris.

De ce bastion parisien, il construit sa machine de conquête du pouvoir, souvent accusé de mettre cette riche administration municipale au service de ses ambitions. De cette époque datent quelques unes des affaires judiciaires dans lequelles il fut cité.

Il se lancera par deux fois, sans succès, à la conquête de l'Elysée, en 1981 et 1988, avant d'être finalement élu en 1995.

Il est largement reconduit en 2002, cinq ans après avoir pourtant commis une faute politique majeure: la dissolution de l'Assemblée nationale qui bascule alors à gauche en lui imposant un long partage du pouvoir avec les socialistes.

Ses partisans voient en lui un homme chaleureux et généreux. Ses adversaires le décrivent sans vision, «plus capable de conquérir le pouvoir que de l'exercer» et se disent en peine de trouver, dans son bilan, ce qui marquera l'Histoire, même s'il fut un adversaire résolu de la guerre américaine en Irak.

Sa ligne politique a beaucoup varié. Jeune, il fut brièvement engagé à gauche, avant d'embrasser les idéaux du gaullisme. Au fil des ans, il se trouva tour à tour libéral et dirigiste, eurosceptique et pro-européen, tantôt à la droite de la droite, tantôt rempart contre les extrémismes.

Pour ses biographes, Jacques Chirac est un homme paradoxal et complexe. Adepte des bains de foule et des salons agricoles, où il aime être vu «caressant le cul des vaches», dévorant les produits du terroir et engloutissant une bière Corona, il est aussi un amoureux de l'Asie et un grand défenseur des «peuples oubliés».

En fin de mandat, il inaugure à Paris un musée consacré aux arts premiers. À son départ de l'Elysée, il crée une fondation dédiée au développement durable et au dialogue des cultures, dont il espère une montée en puissance, dans les prochains mois.

Jacques Chirac vit à Paris, avec son épouse Bernadette, dans un appartement des bords de Seine, prêté par la famille de l'ex-premier ministre libanais Rafic Hariri, l'une des amitiés tissées au fil des ans. De là, il peut contempler une popularité au zénith. Le retraité est aujourd'hui la personnalité politique préférée des Français, avec 76% d'opinions positives.

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