TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 8 août 2010

Le Figaro, premier quotidien national

La diffusion France payée du Figaro, L'Équipe et La Tribune a progressé au premier semestre.

Inversement de tendance. Au cours du premier semestre, les ventes du Figaro ont renoué avec la croissance. Selon les premières déclarations déposées par les éditeurs auprès de l'OJD, l'organe de contrôle de la diffusion de la presse, la diffusion payée en France du quotidien a progressé de 0,5% de janvier à juin 2010 par rapport à la même période de 2009. Sur l'ensemble de l'année 2009, celle-ci avait reculé de près de 1,8% après une année 2008 en retrait de 2,3%.

Ce rebond de la diffusion est porté par les effets durables de la nouvelle formule du journal inaugurée le 21 septembre dernier et sa stratégie offensive de conquête d'abonnés (près de 185.000 abonnements à fin juin). Avec une moyenne de diffusion payée journalière de 321.830 exemplaires, Le Figaro conforte ainsi sa place de premier quotidien national.

Effet Coupe du monde

Seuls deux autres quotidiens nationaux d'information ont connu une croissance de leur diffusion France payée à fin juin. L'Équipe, qui se maintient au deuxième rang du classement général des quotidiens nationaux, a gagné 4,9% à 295.445 exemplaires. La Tribune, dont Alain Weill a cédé en mai 80% du capital à Valérie Decamp, directrice générale du titre, enregistre un gain de 2,5% à 68.980 exemplaires. Le quotidien sportif du groupe Amaury a indéniablement profité d'un effet Coupe du monde de football. Sur le seul mois de juin, sa diffusion a fait un bond de 14,8%.

En revanche, Le Parisien, autre titre du groupe Amaury répertorié par l'OJD dans les quotidiens régionaux, et sa déclinaison nationale Aujourd'hui en France accusent des chutes respectives de -3,1% et -7,1%. Même tendance à la baisse pour les quotidiens généralistes Le Monde (- 1,6%), La Croix (-1,6%) et le titre économique Les Échos (- 1,5%). Le titre Libération contient son érosion à -0,2%.

Manque à l'appel France Soir, dont les résultats n'ont pas été communiqués. Sa dernière déclaration à l'OJD portant sur la période de mars à mai dernier faisait état d'une diffusion payée de 88.830 exemplaires, contre un peu plus de 20.000 exemplaires en 2009. Le quotidien, qui a adopté en mars une nouvelle formule, vise un objectif de «150 000 exemplaires d'ici à la fin de 2010 et de 200.000 exemplaires d'ici à 2011», précisait au Figaro, début juillet, son directeur de la rédaction, Christian de Villeneuve.

«Compte tenu de l'environnement général de la presse, ces résultats sont plutôt dans leur ensemble une bonne surprise, note Patrick Bartement, le directeur général de l'OJD. Ce premier semestre 2010 est placé sous le signe de la stabilité, voire de la hausse, avec de bonnes surprises». En 2009, les quotidiens nationaux avaient accusé un recul de 4,9% alors que l'ensemble de la presse grand public s'inscrivait à -3,2 %.

Jörg Haider et les "millions de Saddam"

Quels rapports entretenait le populiste autrichien Jorg Haider, décédé en 2008 dans un accident de la route, avec les dictateurs du Moyen-Orient ? Des rapports financiers, accuse le magazine Profil, au terme d'une longue enquête. L'ancien leader d'extrême-droite aurait notamment reçu plus d'un million de dollars de la part de Saddam Hussein.
Jörg Haider s'était rendu en Irak à plusieurs reprises en 2002 avec Ewald Stadler, un collègue du Parti libéral, officiellement pour des missions humanitaires. Un document du ministère de l'intérieur irakien, datant de 2008 et consulté par Profil, indique qu'en réalité, les deux hommes s'étaient engagés lors de ces visites à obtenir des soutiens en Europe au régime de Saddam Hussein, en échange d'une somme de cinq millions de dollars.

Ewald Stadler, accusé d'avoir perçu la plus grande partie de cette somme, a démenti samedi avoir touché de l'argent de la dictature irakienne. Il a affirmé que les visites ne concernaient exclusivement que des actions humanitaires, dont le transfert en Autriche d'enfants irakiens malades pour qu'ils y soient soignés. Une version que Jörg Haider avait lui-même défendue de son vivant, sans pour autant se priver de se vanter, en privé, d'avoir permis à des entreprises autrichiennes d'obtenir "des milliards de dollars de contrats" en Irak.

Ces dernières semaines, la presse autrichienne a également révélé l'existence de comptes secrets qu'aurait détenu Jörg Haider au Lichtenstein, contenant plus de 45 millions d'euros. L'origine des fonds est quant à elle inconnue, mais toujours d'après Profil, M. Haider aurait également reçu des dons en liquide du dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

La police autrichienne a saisi lors d'une perquisition le journal d'un ancien confident du leader d'extrême-droite, mais avance avec prudence dans ce dossier politique et financier ; la gauche autrichienne accuse les autorités de n'avoir rien fait, alors que les premiers soupçons avaient émergé en 2007. L'opposition évoque notamment un financement occulte du BZÖ, le parti qu'il avait créé en 2005 ; à plusieurs reprises, Jörg Haider avait fait campagne sur le thème de la corruption de ses adversaires politiques.

Les FAI, gendarmes de la toile?

La justice l'a ordonné vendredi: ce sera aux Fournisseurs d'accès à Internet (FAI) de bloquer l'accès aux sites de jeux illégaux. Les associations de défense de la liberté du Web dénoncent, elles, une mesure de blocage inefficace et "un risque de censure collatérale" de tout contenu sur la toile.


Les Fournisseurs d'accès à Internet (FAI) ne voulaient pas jouer aux gendarmes de la toile, mais ils n'auront désormais pas le choix. Du moins pour les sites de jeux en ligne illégaux. La justice a ordonné vendredi à sept FAI – Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free, Numéricable, Auchan Télécom et Darty – de bloquer l'accès à ces sites. Dans le jugement rendu en référé par le Tribunal de Grande Instance de Paris, l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), récemment créée pour superviser l'ouverture à la concurrence du marché français des paris en ligne, a ainsi eu gain de cause contre les FAI. Ces derniers devront "tout mettre en œuvre" pour empêcher les internautes français d'accéder aux sites de jeux contraires à la législation en vigueur.

Cette décision devrait dissuader les sites étrangers non agréés par l'Arjel de proposer leurs services sur le territoire national et pourrait rediriger une partie des joueurs vers des sites légaux. Elle pourrait également servir d'exemple à suivre pour d'autres autorités de régulation de l'Internet: l'Hadopi pourrait profiter de la jurisprudence et faire la chasse aux divers sites pirates de partage de musiques ou de films.
Le danger d'une "censure collatérale"

Les associations de défense de la liberté du Web dénoncent, elles, une mesure de blocage inefficace et craignent la création d'un précédent qui ouvrirait la voie à un filtrage de tout contenu de la toile pouvant mettre en danger la liberté d'expression. "Le blocage d'un site web par un fournisseur d'accès peut occasionner un ralentissement du trafic et un risque de censure collatérale d'autres sites hébergés sur le même ordinateur", explique ainsi le porte-parole du collectif de la Quadrature du Net, Jérémie Zimmermann, interrogé par l'agence de presse Reuters. "Sur un même serveur qui va se retrouver bloqué, vous pourrez trouver par exemple à la fois un site de poker non homologué en France et 100 blogs de dissidents iraniens", prévient-il.

Quant aux opérateurs, ils rechignaient jusqu'à présent à appliquer les injonctions de l'Arjel, arguant de la complexité technique d'un filtrage et de la responsabilité première des hébergeurs étrangers des sites illégaux. Mais la justice a rejeté ces objections, jugeant que les FAI étaient en capacité de bloquer un nom de domaine, une adresse IP – qui identifie chaque connexion à Internet – ou le contenu de messages électroniques. La mauvaise nouvelle est double pour les fournisseurs d'accès, puisqu'ils devront instaurer ce filtrage à leurs frais.

« Circulez, il n'y a rien à voir ! »

L'Homme, par son imprudence, porte certainement une bonne part de responsabilité dans les incendies qui ravagent la Russie. Le Kremlin encore davantage. L'ère Poutine, au nom de la rentabilité ou pour satisfaire les oligarques tentés par l'exploitation du bois, a signé le démantèlement de l'administration des Eaux et Forêts et réduit les services de secours à la portion congrue. Notamment, les gigantesques tourbières, sèches en été donc très inflammables, ne sont plus surveillées comme elles l'étaient au temps de l'URSS.
On connaît la suite. Moscou suffoque, environ 850 forêts sont en flammes dont de nombreux parcs nationaux, des centaines de milliers d'hectares sont détruits, une centaine de villages aussi. Et le nombre des morts dépasse certainement la cinquantaine de victimes officiellement annoncée.
Mais la vraie responsabilité incombe à cette incroyable canicule qui sévit depuis des semaines à l'ouest et à l'est de ce pays-continent. Faut-il attribuer ce phénomène au changement climatique ? Comme les meurtrières inondations au Pakistan, en Inde du Nord et en Chine ? Comme ce glacier du Groenland qui, sous la fonte, vient de se fracturer avec un bloc de 250 km² dérivant vers l'océan - un événement encore peu commenté ? Apparemment, les États ne se posent même plus la question. La conférence climatique de Bonn, après le fiasco du sommet de Copenhague l'hiver dernier, vient de se terminer sans le moindre résultat et dans l'indifférence générale. Avec la crise économique, le problème posé par le climat se résume désormais à un péremptoire « circulez, il n'y a rien à voir »...
Certes, des mesures qui empêcheraient le dérèglement climatique ne produiraient leurs effets qu'à long terme. Mais il y a l'immédiat. Ce qui se passe au lointain, ce qui est encore regardé de l'œil du spectateur confortablement installé sur son balcon, pourrait bien à jour devenir triste réalité chez nous. Et l'Europe saurait-elle faire face à de telles catastrophes, avec des moyens de secours appropriés ? La réponse est non. Rappelons les incendies en Grèce de l'été 2007. A l'époque, que de voix pour réclamer la création d'une vraie force de protection civile, intégrée et bien équipée, à l'échelle de l'UE ou du continent ! Depuis, plus rien hormis quelques timides tentatives de coordination au niveau des états-majors de crise nationaux.
Il est vrai que l'UE a d'autres priorités financières. Par exemple, mettre en place un très dispendieux service diplomatique à l'efficacité très contestée. Sauf pour parader en donnant aux Vingt-Sept des faux airs de « grande puissance »...

Jean-Claude Kiefer

“Monsieur 10 %” marche sur les eaux

Le président Asif Ali Zardari est en tournée. D’abord à Paris, puis à Londres. Pendant que le Pakistan, son pays, prend l’eau, que ses compatriotes se noient par milliers, que les épidémies menacent, Zardari et sa suite mènent grand train. 8 000 euros la chambre dans la capitale britannique. À ce tarif-là, la baignoire doit tenir de la piscine.

Au passage, les 12 millions de Pakistanais sans-abri ont appris avec soulagement que leur honorable dirigeant possède en France une misérable demeure, le manoir de la Reine Blanche, un château du XVI e siècle. Bon prince, le gouvernement français a mis à sa disposition un hélicoptère pour lui en faciliter la visite, histoire de s’assurer que la toiture est épargnée par les gouttières…

Asif Ali Zardari est aussi un homme d’affaires en eaux troubles. Au Pakistan, il est surnommé “Monsieur 10 %”, c’est le montant des commissions qu’il s’attribue.

Il est officiellement en Europe pour donner toute garantie à Sarkozy et Cameron sur sa détermination à lutter contre les talibans. Et pas du tout pour mettre en selle son fils Bilawal, 21 ans, étudiant en Angleterre et promis à un brillant avenir politique à la tête du parti de papa, le PPP. Touchante attention tout de même que celle de ce père insubmersible soucieux de l’avenir de sa progéniture !

Au Pakistan, sa visite prolongée en Europe fait des vagues. Qu’importe ! Zardari a l’art de passer entre les gouttes…



Georges BOURQUARD

samedi 7 août 2010

Sécurite: la tentation de l'intolerance


Et ménagez-vous !

Allez ! On pose les cartables, les téléphones à tout faire, les ordinateurs, le banquier, la montre, les factures, les mauvaises questions et on ouvre la parenthèse de l'été. Être une quinzaine, une quinzaine seulement, beau, beau et bon à la fois. Généreux, souriants, bronzés, détendus quelles que soient les nouvelles du journal, bien élevés même dans la foule et les embouteillages, dans la file devant le guichet du petit musée des métiers d'autrefois. Cool, quoi ! Bien sûr, ce n'est pas facile après toutes ces affaires, ces avalanches de chiffres désastreux, de crises qui menacent de revenir et qui nous ont submergés tout au long de cette année sinistre, mais on respire fort et on essaye. Re-lax !

Que ceux qui partent pensent à faire le vide, à se consacrer à leur famille, à leurs amis, au temps qui passe moins vite, qu'ils n'oublient pas de balayer d'un revers de main dédaigneux les tabloïds et les vacances faussement modestes des politiques. Par les temps de dérapages qui courent, les illusionnistes de la proximité se trompent en croyant que leur vie privée et leur sac à dos nous intéressent. Ce qui nous intéresse, ce sont leurs propositions et leurs projets à la rentrée, pas leur pipolisation biaisée et ringarde.

Que ceux qui reviennent ménagent les bienfaits de leur repos et retournent tranquilles au bureau. En août, ça doit être possible. Et surtout, on raconte son bord de mer, le soleil, les gosses dans les vagues, les randonnées dans la campagne, avec le casse-croûte au jambon de la Châtaigneraie, un morceau de saint-nectaire avec du vrai pain et un petit verre de sancerre rosé. Rien de mieux que les bons souvenirs pour prolonger les vacances. L'avantage avec les vacances, c'est que nous sommes capables d'en parler sans arrêt. Parfois même jusqu'à oublier ceux qui ne peuvent pas en prendre.

Feuilletons de l'été footballeurs ridicules, préfets limogés, dérapages en tous genres. Bref nos soucis, nos encours, nos emmerdes? On met tout au feu, nos embarras en plein milieu et on revient avec une pêche de fer pour affirmer que non, tout n'est pas pourri, que nous avons un avenir et que la torpeur estivale ne vaut pas amnistie. L'espoir, quoi !

Les vaches ne rient plus

plus, les producteurs vont de mal en pis. Sans coups de colère, pour le moment, les producteurs de lait seront sans doute aujourd'hui encore dans les grandes surfaces pour sticker les produits des marques qui ne jouent pas le jeu. Ils espèrent ainsi être soutenus par un boycott des consommateurs. Sans grande conviction mais avec la volonté d'expliquer le sens de ces actions. Leur problème n'est ni simple ni récent. Pour l'essentiel, il a son origine dans le fossé qui s'est creusé entre la France et l'Allemagne en matière de compétitivité. Les Allemands, appréciant la règle bruxelloise d'une corne distraite, ont pris des décisions pour permettre à leurs agriculteurs de moderniser leurs exploitations et, donc, de baisser leurs coûts de production.

ces subventions déguisées qui font que le prix du lait d'Outre-Rhin est bidon. Un autre facteur, moins connu celui-là, a joué un rôle essentiel dans les gains de compétitivité. L'Allemagne a prolongé pour son agriculture les « faveurs » qui lui avaient été accordées au moment de la réunification. Ainsi les producteurs peuvent-ils utiliser de la main-d'oeuvre étrangère en la payant selon les lois en vigueur dans son pays d'origine. On imagine l'impact de cette politique sociale à deux vitesses sur le prix du litre de lait.

allemand broute le bénéfice de ses voisins avec l'aide de cette nationalisation rampante, les producteurs français de montagne croulent sous les frais de structures et de collecte. On peut résumer la comparaison entre les deux agricultures en une formule : avec le prix du litre payé actuellement aux paysans français, les agriculteurs allemands vivent très bien.

qui s'accroît encore quand les producteurs voient nos industriels importer le lait allemand, pas mauvais et moins cher, qui les met en danger. Ils se demandent où est l'harmonisation européenne quand eux se démènent dans les cahiers des charges, les normes, les restrictions du chargement de bêtes à l'hectare. Et la surenchère électorale entre les syndicats qui ajoute à la vulnérabilité de jeunes agriculteurs endettés et peu décidés à être les derniers des Mohicans.

DANIEL RUIZ

Piqûre de rappel

Le grand gâchis de la grippe A devait un jour revenir à la surface. Trop d'argent perdu, trop de vaccins, trop de prudence, trop de masques? Mais qui pouvait croire qu'il ressortirait au premier jour des vacances gouvernementales, subrepticement glissé sous la porte de l'actualité par le Sénat. Du coup, voilà les experts patentés en éléments de langage privés de leur argument favori sur l'acharnement médiatique contre les honnêtes ministres. Car si le Sénat a un penchant notoire à se prendre pour la haute conscience du peuple, on connaît néanmoins plus virulent comme nid de gauchistes acharnés à démolir le pouvoir. Il n'empêche, le diagnostic des sénateurs enquêteurs est sans appel : le gouvernement s'est « empêtré » dans des contrats « déséquilibrés ».

Décidément, les déclarations de guerre estivales ne valent rien au gouvernement. Tout juste avant de partir en vacances, Nicolas Sarkozy déclare la guerre à la violence et déclenche le tollé que l'on sait. L'an dernier au même moment, c'était la guerre au virus avec une débauche de moyens et des stratégies de batailles totales qui sont aujourd'hui pointées du doigt sénatorial.

Roselyne Bachelot objecte que la volée de bois vert eût été bien plus rude si la pandémie avait provoqué l'hécatombe annoncée par l'OMS. On peut entendre l'argument sur le strict plan politique. Mais, dans le rapport, le reproche le plus subversif est celui du manque de transparence dans les contrats avec l'industrie pharmaceutique : il appelle, lui, de véritables explications. Car, au-delà d'une gestion de stress contre-productive et de la disproportion des dispositifs, le Sénat appuie sur « l'opacité des contrats d'achat de vaccins ». Une sorte de piqûre de rappel sur un autre conflit d'intérêts cause de bien des fièvres.

Le mauvais calibrage du risque, les prévisions erronées des scientifiques et l'amateurisme des cabinets ministériels sous la pression d'un Élysée hanté par les morts de la canicule de 2003, sont aujourd'hui écrits noir sur blanc par ce rapport en forme de désaveu. Si au moins, et pour le cas où le risque épidémiologique réapparaîtrait cet hiver, on acceptait pour vérité définitive que précaution n'est pas préparation !

DANIEL RUIZ

La terreur atomique

« Au roi du Pays d'Assur revenant la mission de maintenir l'ordre du monde, Assurbanipal décida d'en finir. La violence pure viendrait seule à bout du caractère irréductible des Élamites... La plaine élamite devait disparaître et devenir un désert : ses villes, des entassements de ruines. Je détruisis, j'anéantis, je brûlai par le feu et transformai en collines de débris quatorze villes... De leurs habitants, je fis la destruction..., écrit Assurbanipal. Cela se passait vers 647 avant Jésus-Christ. » (1)

Le 8 août 1945, le président du pays, grâce auquel la paix fut rétablie dans le monde, décida que face au « caractère irréductible » des Japonais, il fallait les menacer de détruire leur ville d'un seul coup. Pour leur prouver que c'était possible, on détruisit avec une seule bombe à chaque fois Hiroshima, puis Nagasaki. La terreur était revenue, mais elle avait changé de nature : elle s'appelait désormais « terreur atomique ».

Lisant l'histoire ancienne, nous sommes horrifiés par la brutalité des combattants, la volonté systématique des vainqueurs de réduire à néant les vaincus. Mais que dira-t-on de notre époque dans vingt-cinq siècles, si toutefois l'Humanité ne s'est pas autodétruite avec ces armes folles ? Nous aussi, vainqueurs et vaincus, belligérants des deux camps, nous avons réduit en « collines de débris » des centaines de villes à travers l'Europe et l'Extrême-Orient.

« De leurs habitants, hommes, femmes, enfants, nous avons fait la destruction ! » Avec l'explosif traditionnel d'abord, puis ces deux villes par une arme nouvelle, dont la caractéristique était de tout détruire, absolument tout. Si bien qu'aucun secours ne pouvait alléger les souffrances des survivants. En effet, les hôpitaux, les médicaments, le corps médical, les services de secours, tout avait disparu dans le feu atomique, même l'air et l'eau étaient devenus des sources de contamination.

Éliminer les armes nucléaires

C'est sans doute parce que le sommet de l'horreur avait été atteint que nous avons pu éviter une troisième guerre mondiale. Mais cette paix repose sur un volcan qui peut, à chaque instant, engloutir l'Humanité. Le geste désespéré d'un gouvernant acculé à sa perte est toujours possible, sans même qu'il soit fou.

L'atome civil aussi est redoutable quand l'accident intervient et cause un danger qui peut surgir des dizaines d'années plus tard. Ainsi, les gigantesques incendies de Russie risquent de disséminer dans l'air des particules radioactives qui sommeillent sous l'humus des forêts touchées par le nuage de Tchernobyl voici vingt-quatre ans. Quant aux déchets radioactifs, nous savons qu'ils sont nocifs pour des siècles et des siècles...

Mais, le pire du pire, ce sont ces 22 000 têtes nucléaires détenues par quelques pays et la volonté de certains autres de parvenir à en fabriquer. Les réunions sur le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) n'aboutissent guère qu'à des voeux pieux.

Pourtant, la seule manière d'éviter le drame est connue. Le secrétaire général de l'Onu, M. Ban Ki-Moon, l'a dit en toute clarté, jeudi, à Nagasaki, sur le site où eut lieu l'effroyable holocauste que nous avons commémoré : « Le seul moyen de s'assurer que de telles armes ne seront plus jamais utilisées est de les éliminer toutes. »

Enfin, tout est dit, mais pratiquement tout reste à faire.

(1) Assurbanipal, roi d'Assyrie, de Daniel Arnaud, Fayard.

Le couple Sarkozy était très attendu au Cap Nègre

Le Président Nicolas Sarkozy et son épouse Carla sont arrivés ce mercredi à midi dans le Var pour trois semaines de repos. Agitation maximale devant le domaine

Un accueil présidentiel. Comprenez bien fourni, de ceux qui ont incité le couple Sarkozy à baisser de moitié la vitre de la Citroën C6 présidentielle blindée pour adresser un signe à la foule massée en face du domaine du cap Nègre, au Lavandou.

Ce mercredi, pour la troisième année consécutive, le président de la République a pris ses quartiers d’été dans la résidence de Marisa Bruni-Tedeschi, sa belle-mère, délaissant une nouvelle fois le fort de Brégançon.

Ces trois semaines de vacances seront consacrées au repos, sans négliger l’effort physique : course à pied le matin, vélo en fin d’après-midi, selon les habitudes du Président. On se souvient que Nicolas Sarkozy avait été l’objet d’un malaise vagal, le 26 juillet 2009 dans les jardins du château de Versailles, ce qui l’a amené à publier un bilan de santé « normal », lundi.

Des lectures... et du travail

Autre préoccupation de saison, pour l’hôte de l’Élysée, le repos de l’esprit. Carla Bruni-Sarkozy lui conseillera sans doute quelques lectures. Il y a un an, le Président avait lu Le Lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann et Pierre et Jean de Maupassant, comme il l’avait révélé sur sa page Facebook.

Accessoirement, on attend du leader de la majorité qu’il redessine un gouvernement, une équipe resserrée susceptible de résister à la rentrée sociale qui s’annonce bouillante sur le front de la réforme des retraites. Une journée de mobilisation syndicale est programmée le 7 septembre.

Parmi le comité d’accueil du couple présidentiel au cap Nègre, on comptait hier une vingtaine de curieux, Varois ou estivants, quinze journalistes de la presse locale et nationale et jusqu’à douze gendarmes visibles.

Protection discrète

Le dispositif d’ordre est en réalité bien plus conséquent, comprenant les hommes en civil du Groupe de sécurité du président de la République (GSPR), la garde rapprochée du chef de l’État. « Nous nous attachons à garantir un dispositif souple, adapté à un lieu de villégiature. Les forces de gendarmerie sont présentes, mais discrètement disposées », a sobrement précisé le colonel Laurent Bitouzet, chef du groupement de gendarmerie du Var, en réponse à nos sollicitations.

Avant même que des militants communistes ne donnent de la voix (lire en page suivante), l’animation était déjà de la partie avec les Nantais Michel et Gilles, leurs épouses Maryse et Marylène. « Nous cherchions un accès à la mer et nous sommes tombés sur cet attroupement. Le cap Nègre, ça parle quand même. On va essayer d’apercevoir le Président. Quitte à le suivre – ou plutôt le devancer – à vélo ! »

Un cortège imposant

« L’affaire Woerth-Bettencourt ? Je m’en fiche. Mais j’aime bien le président Sarkozy parce qu’il est sportif », répond sans ambages le petit Nicolas (10 ans), originaire du Nord, au journaliste de RTL qui l’interroge.

Il est 12 h 30, le cortège est annoncé après que l’avion présidentiel s’est posé sur la partie militaire de l’aéroport d’Hyères, trois quarts d’heure plus tôt. Le voilà ? Non, c’est l’estafette de « Mascotte, les beignets de la Côte », qui obtient pour le coup sa salve de hourras.

Enfin, arrive en un clin d’œil un enfilement de neuf voitures et quatre motos (deux de gendarmerie, deux banalisées). Une vitre se baisse, un bras s’agite, un sourire. Scènes de la vie ordinaire devant un portail peu anodin au Lavandou.

Plus tard dans la soirée, Louis Sarkozy, le fils du Président, est le seul à goûter à une sortie à vélo, accompagné d’un garde du corps et d’une escorte en voiture.



Sylvain Mouhot et Damien Allemand

La Côte d'Azur s'engage dans l'ouverture du dimanche

Demain, on pourra faire du shopping avenue Jean-Médecin à Nice, à Monaco ou encore à Juan-les-Pins. Les boutiques espèrent capter la clientèle des touristes. Mais toutes ne sont pas prêtes à jouer le jeu.

« Ouvert ce dimanche ». Le long de l'avenue Jean-Médecin, pancartes et affiches, collées sur les vitrines, annoncent la couleur. Demain à Nice, Galeries Lafayette, Virgin et la Fnac accueilleront leurs clients. En effet, le 28 juillet dernier, la Ville a donné son feu vert pour les trois premiers dimanches d'août. L'objectif : permettre aux commerçants niçois de capter la clientèle touristique. Et ainsi, de faire jeu égal avec Monaco.

Depuis le début de l'été, la Principauté joue déjà la carte du shopping du dimanche, au Métropole Shopping center et dans les magasins du Carré d'or.

Doper le chiffre d'affaires

Dans la capitale azuréenne, où les enseignes se lancent à leur tour dans la course, la fréquentation sera-t-elle au rendez-vous ? « Sans l'ombre d'un doute, commente Alain Girard. Le directeur de Virgin en veut pour preuve, la journée test du 1er août. « Nous avons eu du monde, surtout après 15 heures. Des vacanciers et des Azuréens, détendus. Ils ont pris le temps de flâner. » Et de consommer. « Le panier moyen, composé d'achats plaisir, a été élevé. L'ouverture du dimanche répond véritablement à une attente de la part des vacanciers. »

Elle permet aussi aux enseignes de doper leur chiffre d'affaires. « C'est évidemment, très intéressant l'été, quand, avec l'apport des touristes, la population augmente fortement, observe Didier Assyag, directeur de la Fnac. Dans ce cas, on réalise des ventes supplémentaires. Par exemple, pour le magasin de La Défense c'est 1/4 de chiffre d'affaires en plus. » Mais à Nice, la Fnac ne sera au rendez-vous que ce dimanche. Le 15, les grilles resteront baissées. Car l'ouverture dominicale se heurte à une vive résistance des salariés (lire par ailleurs).

Des problèmes d'organisation

Les clients trouveront aussi portes closes dans le centre commercial Nice-Etoile, et de nombreuses boutiques du périmètre touristique. « Nous n'avons pas l'effectif suffisant pour être ouvert 7 jours/7, note cette gérante d'un magasin de prêt-à-porter. Et puis, le porte-monnaie des consommateurs n'est pas extensible à l'infini. Alors, je ne suis même pas sûr que ce soit vraiment intéressant pour nous ». Du côté de Nice-Etoile, on évoque des difficultés d'organisation et de communication. « La grande majorité des commerçants ne souhaite pas profiter de l'opportunité du mois d'août, explique Catherine Magat, directrice de Nice-Etoile. Même si, sur le principe, nous restons très favorables à l'ouverture dominicale. Pourquoi pas en septembre. Ça nous laissera le temps de nous mettre en place et de prévenir les clients. »

Bref, le centre commercial est dans les starting-blocks.

Et n'attend que le feu vert du préfet.

Car c'est au représentant de l'état de décider s'il faut inscrire l'ouverture dominicale des commerces, dans la durée. Il devrait trancher la question d'ici un mois.

Dossier réalisé par Sophie CASALS

Le "New York Times" critique vivement la politique sécuritaire de Sarkozy

Avec ses nouvelles mesures sécuritaires, Nicolas Sarkozy "attise dangereusement les sentiments anti-immigrés", juge vendredi 6 août le New York Times, dans un éditorial titré "Xénophobie : chasser les non-Français". Le journal condamne vivement les "calculs politiques à court terme" du président français.
Le prestigieux quotidien new-yorkais dénonce en particulier le projet de retrait de la nationalité française aux délinquants d'origine étrangère coupables de polygamie, d'excision ou ayant atteint à la vie d'un membre des forces de l'ordre. Rappelant qu'aux Etats-Unis la citoyenneté américaine, qu'elle soit de naissance ou acquise, est protégée par le 14e amendement, le New York Times écrit que "Nicolas Sarkozy, qui aime être appelé Sarko l'Américain, attise dangereusement les passions anti-immigrés pour des calculs politiques à court terme".

"Et ce, dans un pays qui a longtemps défendu avec orgueil le principe d'égalité devant la loi de tous les citoyens français", poursuit le journal, rappelant que M. Sarkozy a épousé une Italienne naturalisée française, Carla Bruni, et a pour père un immigrant hongrois, Pal, qui a également acquis la citoyenneté française. Le principe d'égalité devant la loi "s'applique" à l'épouse et au père du président français "et doit s'appliquer à n'importe qui d'autre", tranche le New York Times.

Le quotidien revient également sur le démantèlement de camps illégaux de Roms et sur le renvoi de leurs occupants en Roumanie et en Bulgarie, "deux pays membres de l'Union européenne". "Faire campagne contre les immigrés est populaire chez les électeurs français de souche et M. Sarkozy ne s'en est jamais caché. Il a bâti sa campagne présidentielle de 2007 sur son bilan d'homme à poigne [et aux mots incendiaires] lorsqu'il était ministre de l'intérieur", poursuit le journal.

Mais alors que la cote de popularité du chef de l'Etat est "au plus bas" et que le Front national reprend des forces avec Marine Le Pen, "il est allé plus loin, inquiétant les membres de la droite traditionnelle". Ces derniers, conclut le Times, "ont raison de s'inquiéter, et [M. Sarkozy] est, à tort, aventureux d'ignorer leurs conseils de prudence".

LE NYT EST COUTUMIER DE CE GENRE DE POLÉMIQUE, DIRIGÉ DEPUIS TOUJOURS PAR UNE FAMILLE JUIVE, IL A ÉTÉ SUJET À DE NOMBREUSES CONTROVERSES, DONT L'UNE DES PREMIÈRE FUT DE MINORER LE RÔLE DU IIIème REICH DANS LE GÉNOCIDE JUIF.

DANS L'AFFAIRE JUDITH MILLER IL NE VÉRIFIA PAS SES SOURCES D'INFORMATION, L'AFFAIRE JAYSON BLAIR, QUI PLAGIA PLUSIEURS ARTICLES...ET J'EN PASSE JUSQU'À L'AFFAIRE MAC CAIN, OÙ LE JOURNAL REFUSA DE PUBLIER UNE TRIBUNE DE CE CANDIDAT EN 2008.

Les nouveaux business de l’amour

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vendredi 6 août 2010

Sécurité : la fin d'un clivage partisan ?

Point d'orgue d'une campagne de communication savamment orchestrée sur le thème de la sécurité, le sondage IFOP paru dans Le Figaro du vendredi 6 août a rassuré la majorité. Selon cette enquête d'opinion, les Français souscrivent à une nette majorité aux propositions faites par Nicolas Sarkozy à Grenoble en matière de délinquance. Qu'il s'agisse du retrait de la nationalité aux Français d'origine étrangère coupables d'agression sur un policier (80 % d'opinions favorables) à la condamnation des parents de mineurs délinquants (55 % d'opinions favorables), les mesures les plus polémiques sont soutenues par l'opinion, le plus souvent à plus de 60 % ou 70 %.
Et, le plus souvent également, sans clivage partisan. "Sur la majorité des questions, la gauche se montre en adhésion avec les propositions du gouvernement, note Frédéric Michaux, directeur adjoint d'IFOP-Opinion. C'est une évolution culturelle, notamment par rapport à la perception de la délinquance, qui correspond à un sentiment général : en 2007, 50 % des Français disaient se sentir menacés par l'insécurité. Cette année, ils sont deux sur trois." Quelques thèmes restent différenciés, comme l'enfermement des parents de mineurs délinquants, nettement plus soutenu à droite qu'à gauche.

Pour le spécialiste des sondages, cette enquête reste toutefois surprenante à plus d'un titre. "En dépit de la multiplication des lois sécuritaires, des annonces dans le domaine, il n'y a toujours pas d'effet de saturation sur l'opinion. Au contraire, alors qu'on pouvait penser que les Français trouveraient que certaines mesures vont trop loin, il y a un niveau d'adhésion très fort." Selon Frédéric Michaux, il faut y voir "l'effet d'une suite d'événements, de faits divers, qui ont marqué l'opinion. Les Français ont parlé autant de l'assassinat de l'A6 [un jeune homme battu à mort pour un accrochage en juillet] que de l'affaire Bettencourt ! Cela montre le décalage entre médias et opinion."

"MONTÉE DU RACISME ET DE LA XÉNOPHOBIE"

Mais au-delà du contexte marqué par les violences urbaines, ce sondage traduit également une remontée du sentiment xénophobe qui inquiète associations et observateurs. Me Marc Leyenberger, rapporteur de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), qui a publié un rapport annuel alarmiste sur la question, le reconnaît : "Il y a une certaine montée du racisme et de la xénophobie. L'adhésion des Français à ces mesures ne m'étonne donc pas." Selon lui, plus que l'origine, c'est la religion qui crée le clivage. "Les Français acceptent mieux les étrangers, mais la dimension religieuse prend le pas sur l'origine ethnique. Dans nos enquêtes, on n'obtient pas les mêmes réponses si l'on parle de Maghrébins ou de musulmans."

L'avocat note également une baisse des clivages partisans sur cette question. Dans un sondage réalisé pour le rapport 2009 de la CNCDH, 11 % des sympathisants de gauche se disaient "un peu" ou "plutôt" racistes. "Cela relève de questions de société. On sent que les gens qui votent à gauche ne sont plus aussi tolérants qu'auparavant. Il y a une tendance généralisée au 'ras-le-bol'". Pour lui, il faut tenir compte de l'impact de la crise. "Le rejet augmente dès lors qu'on a le sentiment de risquer de perdre son travail au profit d'un étranger."

Mais il ne néglige pas non plus l'effet du politique. "A partir du moment où l'on cherche à stigmatiser une population, cela a un effet dans l'opinion." Et d'incriminer un gouvernement qui "ne réagit que s'il se produit un événement. Regardez les Roms ! Cela fait des années que nous tirons la sonnette d'alarme sur la précarité de leur situation, mais il faut attendre qu'il se passe un événement grave pour en entendre parler."

"LA GAUCHE A BESOIN D'APPORTER DES RÉPONSES FORTES À LA DÉLINQUANCE"

Rien d'étonnant non plus, selon lui, à ce que la sécurité devienne un argument de communication. "Puisqu'on ne fait rien pour lutter contre cette situation, le politique finit par se dire qu'il va s'en servir. Je suis inquiet et je ne suis pas le seul, admet Marc Leyenberger. Il y a une résurgence de l'extrême droite, et dire à ces gens 'je vous comprends', c'est faire de la politique politicienne, qui ne va pas dans le sens de trouver des solutions raisonnables."

L'UMP et le chef de l'Etat profiteront-ils de la situation ? "Pour l'instant, l'opinion ne tire pas de constat d'échec de la politique de Sarkozy en matière de sécurité, même s'il avait besoin de se recrédibiliser dans ce domaine", répond Frédéric Michaux. Qui reste cependant prudent : "Le soutien aux mesures proposées ne signifie pas que l'opinion soit convaincue pour autant qu'elles seront efficaces ni qu'elles régleront le problème." Quant à la gauche, "l'enquête montre qu'elle a besoin rapidement d'apporter des réponses fortes sur le thème de la délinquance".
Samuel Laurent

La BCE conserve son principal taux directeur à 1 %

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir sa politique budgétaire engagée pendant la crise, jeudi 5 août, en laissant son principal taux directeur à 1 %. La BCE laisse ainsi grand ouvert le robinet du crédit, offrant aux banques des prêts à ce taux historiquement bas, inchangé depuis mai 2009, et devrait aussi continuer de leur fournir des volumes illimités. La mesure doit continuer à éloigner le spectre d'un resserrement du crédit préjudiciable à la croissance.
Cette décision intervient alors que la reprise économique s'améliore mais reste fragile. Selon le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, qui s'exprimait à Francfort après la publication de cette décision unanimement attendue par les économistes, la croissance dans la zone euro devrait rester "modérée" et "toujours inégale" : les taux de la BCE sont donc "appropriés", selon lui.

TIMIDES ÉCLAIRCIES

Par ailleurs, un changement de cap n'est pas attendu avant 2011. Actuellement, l'inflation modérée et la fragilité de la reprise économique plaident en faveur d'un long statu quo, jugent les économistes. En effet, le retour d'une certaine confiance sur le marché du prêt interbancaire ne s'est pas traduit dans les conditions du crédit au secteur privé, qui se sont durcies au deuxième trimestre et ne devraient pas franchement s'améliorer au troisième, selon un récent rapport de la BCE.

Quelques nuages se sont pourtant dissipés depuis le début de l'été sur la zone euro, avec un retour au calme sur les marchés financiers et plusieurs indicateurs macro-économiques positifs. La crise de la dette publique, qui avait fortement ébranlé la confiance dans la zone, montre des signes de détente. L'Union européenne, le FMI et la BCE ont fait état jeudi de "progrès considérables" en Grèce, épicentre de la crise de la dette publique dans la zone. Toutefois, le pays reste encore devant des "défis importants".

L'Espagne a aussi passé jeudi avec succès un nouveau test sur le marché obligataire, plaçant 3,5 milliards d'euros à trois ans, soit le maximum de ce qu'elle souhaitait émettre. L'éclaircie se lit enfin dans les volumes d'obligations publiques achetées par l'institution monétaire européenne, un programme inédit lancé en mai et controversé jusque dans ses murs car il revient à financer l'endettement des Etats. Ses achats d'obligations publiques ont fondu ces dernières semaines, stagnant à 60,5 milliards d'euros. Mais là aussi, la BCE ne devrait pas renoncer pour l'instant à cette mesure exceptionnelle, afin de conserver sa marge de manœuvre.

Le déficit budgétaire français en nette baisse

Le déficit du budget de l'Etat français a connu une belle amélioration au premier semestre 2010, s'établissant à 61,7 milliards d'euros fin juin, contre 82,4 milliards un an plus tôt, grâce à la fin des mesures de relance et à la hausse des recettes fiscales, a annoncé vendredi 6 août le ministère du budget. Au 30 juin 2010, les dépenses (budget général et prélèvements sur recettes) atteignent 189 milliards d'euros, contre 176,6 milliards fin juin 2009. Cette progression est "globalement conforme à la prévision de la loi de finances", commente le ministère du budget.
Plusieurs évolutions opposées expliquent cette progression, précise-t-il. Ainsi les crédits consommés en juin 2010 au titre de la relance sont notamment "inférieurs de 4,7 milliards d'euros à ceux consommés en juin 2009". "En sens contraire, les dépenses de l'Etat comprennent désormais la compensation-relais mise en place au titre de la réforme de la taxe professionnelle au profit des collectivités territoriales, qui atteint 15,9 milliards à fin juin 2010", souligne le communiqué.

HAUSSE DES RECETTES FISCALES

Les recettes du budget général atteignent de leur côté 141,7 milliards d'euros contre 117,3 milliards à la même date en 2009. Selon le ministère du budget, les encaissements constatés, notamment au titre des deux premiers acomptes d'impôt sur les sociétés, "confirment que les recettes sont globalement en ligne avec les prévisions" du dernier budget rectificatif. Le produit des recettes fiscales nettes s'élève à 130,7 milliards d'euros, en hausse de 22,1 milliards par rapport à la même date l'année dernière. "Cette hausse est imputable, d'une part, au contrecoup positif en 2010 des mesures de relance prises en 2009 non reconduites cette année et, d'autre part, à la reprise de l'activité économique", selon le ministère.

Parallèlement, le produit des recettes non fiscales enregistre en juin des recettes de participations de l'Etat pour un montant total de 3,7 milliards, correspondant notamment aux versements des dividendes de la Banque de France, de la Caisse des dépôts et consignations, d'EDF et de France Télécom.

Euro faible et pétrole cher creusent le déficit commercial

Le déficit commercial français s'est creusé au premier semestre 2010 par rapport au second semestre 2009, sous le coup d'une plus lourde facture énergétique, indique jeudi la secrétaire d'Etat au commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, dans un entretien au Figaro. "Il était de 20 milliards au second semestre 2009, il s'approche de 24,5 milliards pour le premier semestre 2010", note Mme Idrac, indiquant que "les trois quarts de cette dégradation viennent de la note énergétique". Pour l'ensemble de 2009, le déficit commercial français s'était élevé à 43,03 milliards d'euros.
La secrétaire d'Etat précise qu'"au cours du premier semestre 2009, le prix du baril était en moyenne de 40 euros" alors qu'au premier semestre 2010, "il a été à 58 euros". "Notre facture énergétique s'en trouve renchérie, le déficit en souffre (...) et les trois quarts de cette dégradation viennent de la note énergétique", explique-t-elle. Anne-Marie Idrac précise que "nos exportations ont progressé de 10 % au premier semestre par rapport à la même période l'an dernier, un niveau comparable à celui de nos voisins européens" et souligne que la France est bien positionnée dans la pharmacie et l'aéronautique et que l'agriculture se redresse.

"BOOSTER DE COMPÉTITIVITÉ"

Quant à l'euro, qui s'est récemment déprécié face au dollar, "c'est un booster de compétitivité", estime-t-elle. Le mouvement devrait notamment favoriser, selon elle, une politique d'exportation "tournée vers les pays à forte croissance" comme l'Asie ou l'Amérique du Sud. "Mais il faut poursuivre nos efforts", estime la secrétaire d'Etat, en rappelant que "traditionnellement, nous exportons environ 60 % de nos produits en Europe". "Même si on ne peut pas gagner tous les contrats, l'échec de la centrale nucléaire d'Abou Dhabi (fin 2009) nous incite à nous poser des questions", relève-t-elle, évoquant notamment des réflexions sur "les systèmes de financement" ou "les partenariats stratégiques entre les entreprises françaises".

Le recul de l'euro face au dollar commence à produire ses effets sur les exportations, ajoute-t-elle. "Au premier semestre, les exportations françaises ont progressé de 36 % vers la Chine et de 50 % vers le Brésil." Pendant les six premiers mois de l'année, les grands contrats ont représenté 10 milliards d'euros, poursuit-elle.

Dilemme afghan

Les opinions publiques des pays engagés en Afghanistan s’interrogent sur le bien-fondé de leur présence en cette terre étrangère, dont le but était d’éradiquer l’un des foyers les plus virulents du terrorisme islamiste. Le doute se fait pressant sur l’efficacité de ce qu’il faut bien appeler une guerre et sur le risque d’enlisement. L’opération est coûteuse en vies humaines pour les soldats occidentaux, coûteuse aussi pour les civils afghans pris au piège des combats : jeudi 5 août, le président Karzaï demandait une enquête après la mort de 12 civils tués lors d’une frappe de l’Otan. La mort de civils est en soi scandaleuse, mais en outre elle ruine les efforts déployés pour obtenir l’adhésion de la population afghane. Le général Petraeus, nouveau commandant des forces internationales, a d’ailleurs dû redéfinir les conditions d’engagement pour « réduire les pertes de civils innocents à un minimum absolu ».

Aux États-Unis le sujet demeure brûlant pour l’administration Obama, notamment après les critiques du général McChrystal sur la stratégie américaine qui avaient provoqué sa mise à l’écart et la publication de documents militaires secrets, révélant certaines bavures sur le terrain. Si le débat en France reste feutré, il a conduit les Pays-Bas à décider le retrait de leurs troupes, malgré les demandes de l’Otan de prolonger leur présence un an encore. Ce départ a été salué dans un communiqué des talibans, rendu public par le Centre de surveillance des sites Internet islamistes (SITE). Les talibans se félicitent de la volonté néerlandaise de « rejeter l’insistance des États-Unis à prolonger le mandat de leurs troupes » et souhaitent que d’autres pays, « comme l’Allemagne », prennent la même direction. Leur ennemi est clairement désigné : « Les troupes américaines devront rester seules en Afghanistan et payer les conséquences de leur invasion » !

Par cette satisfaction affichée, les talibans offrent, à leur manière, l’argument susceptible de justifier l’engagement en Afghanistan. Du moins obligent-ils à s’interroger sur le moment où il sera possible de désengager les troupes, sans « laisser tomber » les Afghans. Pour que le dernier mot ne revienne pas à ces talibans.


Dominique Quinio

L'outil diplomatique n'est pas un luxe

« Le Quai d'Orsay est, aujourd'hui, un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total car ils ne se sentent pas défendus. » C'est en ces termes que s'exprimait récemment, dans Le Monde, l'écrivain Jean-Christophe Rufin, en quittant son poste d'ambassadeur à Dakar. L'outil diplomatique français est, en effet, en crise. Les raisons sont multiples.

Bien que ce ministère représente au mieux 1,2 à 1,3 % du budget de l'État, il a été amputé de 21 % de ses moyens depuis 2000. La crise de la diplomatie française est aussi liée au système de la Ve République, dans lequel l'Élysée court-circuite le Quai d'Orsay sur les affaires importantes. Notre politique africaine en est le meilleur exemple. C'est autour du secrétaire général de l'Élysée, Claude Guéant, et non du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, que se prennent, aujourd'hui, les grandes décisions relatives à l'Afrique, et bien d'autres.

Cette situation est dommageable car une politique étrangère digne de la France a besoin d'un outil performant. Il faut, bien sûr, le rationaliser sans cesse. La France possède 160 postes diplomatiques et c'est trop. Si le personnel diplomatique français est, dans l'ensemble, de qualité, certains ambassadeurs continuent à gérer leurs équipes sur un mode autoritaire qui paraît d'un autre âge.

Il faut surtout que l'outil soit adapté aux fonctions d'une diplomatie moderne. La politique étrangère de la France se limite, en effet, de moins en moins aux seules affaires politiques. Être influent, c'est de plus en plus construire une présence autour des questions économiques et culturelles. La France doit ainsi savoir exporter ses productions cinématographiques, veiller à la traduction de ses écrivains, accompagner les échanges universitaires et scientifiques. Elle doit pour cela disposer d'ambassadeurs ouverts à la création, d'instituts français qui aient des budgets et des formes de communication adaptées, notamment Internet.

La crise de l'outil diplomatique arrive au moment où l'Union européenne a décidé la création, à Bruxelles, d'un service européen pour l'action extérieure. Ce service devra aider la nouvelle haute représentante, Catherine Ashton, à asseoir une politique extérieure européenne. Il reposera sur 8 000 fonctionnaires en poste à Bruxelles, mais aussi au sein de délégations de l'Union européenne dans les pays tiers.

Cette innovation est l'occasion de rationaliser leurs réseaux. Il n'est pas certain que la France ait besoin d'entretenir une ambassade à Trinitad-et-Tobago, au Surinam ou à Sainte-Lucie, si une délégation européenne peut y représenter ses intérêts. Dans la mesure où les visas délivrés à l'étranger concernent de plus en plus l'Europe, il serait logique aussi que les délégations de l'Union européenne puissent en assurer la délivrance dans certains pays.

Adapter l'outil diplomatique français est une nécessité. Le laisser mourir serait une erreur grave, car elle reviendrait à se priver d'une expertise dont la France continue d'avoir besoin pour son rayonnement.

(*) Directeur du Centre d'études et de recherches internationales (Ceri) à Sciences Po Paris.

Les mutations de la peur atomique

C'était un nom joyeux. Un nom de femme. Un de ces noms d'avion dont la légèreté tentait d'apprivoiser la cruauté de l'Histoire. Enola Gay. Mais aujourd'hui encore on le prononce avec gêne tant il évoque l'ambiguïté d'une paix payée au prix fort. Comment ne pas éprouver un profond malaise en revoyant les images de cette nuit du 6 août 1945 ? Les sourires de l'équipage du bombardier au moment d'embarquer pour aller larguer LA bombe sur Hiroshima ? Héros pathétiques, ils partaient pour abréger un conflit interminable. Ils avaient dans le cœur la promesse d'une victoire contre la guerre. Ils ne savaient pas qu'ils avaient l'horreur en soute. Ce qu'ils emportaient aussi, c'était une défaite absolue, et durable pour l'humanité. Sous ses volutes radioactives, la beauté hypnotique du champignon surpuissant allait répandre la barbarie à son plus haut degré.
Soixante cinq ans plus tard, les 210 000 morts d'Hiroshima et de Nagasaki hantent toujours la conscience universelle. Partout, les hommes justes s'interrogent encore sur le recours à l'arme totale. Que vaut vraiment l'équilibre de la terreur qu'elle a garanti entre l'Ouest et l'Est pendant un demi-siècle ? Que vaut encore la dissuasion qu'elle continue d'entretenir entre les puissances qui la possèdent ? Faut-il se résigner à ce que la peur régisse pour l'éternité le fragile équilibre du monde ?
Hiroshima est redevenue, depuis bien longtemps, une ville d'apparence « normale », comme d'autres métropoles japonaises. Pour la première fois, les États-Unis, dont l'opinion reste imprégnée par la notion de « mal nécessaire », participera aux commémorations d'une tragédie dont ils ne se sont jamais excusés. Le président Obama a obtenu le prix Nobel pour ses professions de foi sur le désarmement nucléaire. Tous ces signes pourraient donner le sentiment qu'on tourne définitivement la page de cet épisode noir du deuxième millénaire.
C'est à la fois un progrès et une illusion. La planète recèle des dizaines de milliers d'ogives dont une seule suffirait à déclencher la mécanique infernale de son anéantissement. Une poudrière. Le risque est désormais multipolaire, et la prolifération nous met à la merci de la folie d'un Kim Jong Il, d'une duplicité pakistanaise ou des ambitions sourdes d'un Ahmadinedjad. Nous sommes sauvés par la complexité de l'arme... et l'instinct de survie. En espérant que personne n'osera jamais craquer l'allumette.

Olivier Picard

La liasse coulée

et de ses soutiens s'est un peu plus dévaluée, hier, avec la mise au jour d'une nouvelle intervention dans un dossier fiscal, celui cette fois du dégrèvement de la succession César. Trois fois rien comme on dit chez les Bettencourt : 27 millions d'euros qui ne sont pas allés dans les caisses de l'État après négociation avec un des principaux et très généreux pourvoyeurs de l'UMP qui, n'en doutons pas, aura su se conduire. Ce n'est plus un conflit d'intérêts, c'est un détournement d'impôts, un abus de biens publics caractérisé. Les trop grossières ficelles de la diversion ont fait long feu et Nicolas Sarkozy n'a plus que le remaniement et le départ du ministre du Travail pour calmer l'incendie qui annonce à sa majorité un séisme pour 2012.

de ces sommes qui ressemblent à des gains du Loto, le cas Woerth n'a plus d'importance. Le problème qui se pose désormais et qui appelle de vraies réponses plus que des manoeuvres de diversion, c'est celui du financement politique de la Sarkozie. Le malodorant imbroglio Bettencourt met en pleine lumière l'inquiétante proximité entre le pouvoir et l'argent. Éric Woerth n'est qu'une pièce du système comme l'était Monatte, ce proche de Mitterrand au coeur des fausses factures d'Urba qui finançaient les socialistes.

est lié à l'argent jusqu'à la compromission, c'est son action qui est ficelée par les exigences des payeurs. À n'être que le produit des lobbies de l'argent, les élus et les gouvernants ne sont plus rien d'autre que les agents des grandes fortunes. C'est une déviation du libéralisme qui renforce le système capitaliste et les grandes entreprises financières au détriment du tissu industriel et de production.

irréprochable » devrait être de mettre notre système politique à l'abri des contraintes de l'argent. Les affaires Woerth marquent la dépendance financière dans laquelle les donateurs du premier cercle ont placé l'UMP. Or, on ne peut pas prétendre mener une politique juste et servir l'intérêt général quand on est otages de grands patrons dont on a marqué l'importance en grande pompe, dès les résultats de l'élection présidentielle connue.

DANIEL RUIZ

Le sélectionneur

Drôles de vacances qui commencent pour un gouvernement dont presque tous les membres partent en se demandant si le remaniement leur sera fatal. Bien peu en effet peuvent prétendre dormir sur leurs deux oreilles pendant ces trois semaines que Nicolas Sarkozy mettra à profit pour sélectionner l'équipe qui s'engagera derrière lui dans la bataille de 2012. Christine Lagarde, la technocrate, Brice Hortefeux, l'ami, Luc Chatel, l'imperturbable, Michèle Alliot-Marie, la chiraquienne, ou encore Bruno Le Maire, le discret villepiniste, vont sans doute partir tranquilles. Les autres sont presque tous en équilibre instable sur la branche qu'ils ont souvent sciée eux-mêmes.

Les ornements gouvernementaux de la diversité et de l'ouverture à gauche feront, c'est sûr, les frais de la cure d'amaigrissement annoncée et, avec eux, ceux qui ont souvent gaffé par paroles, par inaction et par omission. L'opinion attend de Nicolas Sarkozy qu'il remette tous les petits monarques de la République au service de l'État et en finisse avec leurs trop voyants privilèges. Son impopularité historique tient pour beaucoup aux fautes d'exemplarité qui ont fait des ravages jusque dans la cohésion de son propre camp.

Pas sûr que le chef de l'État attende le mois d'octobre pour annoncer son nouveau gouvernement. Les contre-feux qu'il a réussi à allumer en remettant sa casquette de premier policier de France ont certes fait passer au second plan les embarras de son ministre du Travail et les zones d'ombre du financement de ses campagnes, mais ils reviendront à la surface dès la rentrée et peut-être même avant si l'enquête prend enfin un cours normal.

Pas sûr non plus que l'équipe soit aussi restreinte que promise par Nicolas Sarkozy qui prépare son dernier gros remaniement du quinquennat. Il doit donc veiller à donner des gages à toutes les composantes de sa majorité, écarter ceux qui suscitent le doute, mettre en avant quelques personnalités à fort impact de notoriété et rassurer son socle électoral bien troublé ces dernières semaines. On ne peut pas se contenter du minimum de joueurs quand on sait que le match va être décisif. Dur métier que celui de sélectionneur.

DANIEL RUIZ