vendredi 15 juin 2012
Madame,
Lorsque vous êtes apparue aux côtés de François Hollande, après qu’il eut quitté Ségolène Royal, les citoyens français ont accepté votre présence, certains avec interrogation, d’autres avec un petit sourire, mais la plupart avec gentillesse. En France, l’amour est roi et les nouveaux couples qui se forment, surtout en politique, attirent plutôt la bienveillance.
Nicolas Sarkozy avait bénéficié de cette même « grâce » lorsque Cécilia était partie. Il s’en était expliqué, peut-être un peu trop, en conférence de presse et s’était marié avec Carla Bruni. Autre temps, autre mœurs, diriez-vous. Effectivement, qu’il s’agisse du général de Gaulle avec « tante Yvonne », de Giscard d’Estaing et d’Anémone, de François Mitterrand et de Danielle ou même de Jacques Chirac et de Bernadette, ces femmes versaient plutôt dans le caritatif discret que vers l’émergence people tapageuse.
Il est vrai cependant que la presse, pour François Mitterrand, a laissé tomber un manteau de discrétion sur sa double vie qu’il n’a révélée qu’à ses dernières heures. Déjà, il paraissait (mais qui a osé en parler ?) tout à fait anormal que sa deuxième « épouse » et sa fille soient prises en charge par l’État : appartement officiel sur le Quai Branly, voitures, chauffeurs, gardes du corps, cuisines et cuisiniers.
Bref ! Les frasques de François Mitterrand, gardées secrètes par des journalistes complices, ont coûté quelques 8 à 10 millions d’euros au budget de l’État
Carla Bruni n’a pas agi dans ce sens ni Bernadette Chirac. Mais vous voilà arrivé et avec vous, comme le dit la gauche, la modernité, ringardisant tout ce qui s’est passé avant.
Après tout, François Hollande a le droit d’avoir comme amie qui il veut et le temps qu’il le désire. Quant au titre de « première dame », il est usurpé. Ce statut n’existe pas et a été monté de toutes pièces par des journalistes avides de sensationnel. Vous n’avez, Madame, aucune existence légale d’autant plus que vous n’êtes ni mariée, ni pacsée. Que dirait-on d’un président de la République qui accumulerait les « premières dames » comme on accumule des amies ou des flirts ?
Vous avez néanmoins exigé d’avoir autour de vous une équipe composée d’hommes et de femmes qui vous suivent, qui vous aident, qui travaillent avec vous et qui sont payés par l’État. Au nom de quoi l’État doit-il s’occuper de votre secrétariat pléthorique ? Ce n’est pas, je pense, pour vous aider à écrire des articles dans votre journal « Paris Match ».
Voici un autre problème. Vous vous réclamez, à juste titre, du statut de journaliste et vous désirez continuer à écrire. Au début de la campagne présidentielle et même, si je ne me trompe, dès l’élection de François Hollande, vous avez clamé haut et fort que vous ne renonceriez pas à écrire dans l’hebdomadaire « Paris Match » et vous avez même annoncé que vous alliez interroger les grands de ce monde pour faire des papiers de politique étrangère ! Journaliste oui, mais journaliste politique non !
Il me semble que ce métier est incompatible avec la fonction que vous aimeriez avoir, même si elle n’est pas officielle. Vous avez donc décidé de faire du journalisme de bavardages pour bien montrer votre autonomie par rapport à votre ami François Hollande. Vous avez néanmoins accepté, demandé, peut-être même exigé de l’accompagner dans ses voyages officiels. A quel titre ? Simplement d’amie !
Il y avait et il y a toujours un obstacle : Ségolène Royal ! Vous ne la supportez pas, elle qui est pourtant mère des 4 enfants de François Hollande. Il semblerait qu’à la Bastille, lorsque François Hollande a « claqué une bise » sur les deux joues de Ségolène Royal, vous ayez exigé qu’il vous embrasse sur la bouche pour montrer la différence de statut ! Cet acte était sinon puéril du moins cruel.
Voici maintenant qu’en femme moderne, vous tweetez. Vous avez réussi, par vos bavardages, à ébranler la campagne électorale et à ridiculiser la France.
Ségolène Royal est candidate, certes parachutée, en Poitou-Charentes. Elle affronte Monsieur Falorni, implanté localement depuis de nombreuses années et ami de François Hollande. Il était naturel que les caciques du Parti socialiste viennent à son secours, elle qui avait été la femme candidate à l'élection présidentielle de 2007.
Il était peut-être moins évident que le président de la République se mêle de ces élections. En Président « normal », il avait annoncé qu’il n’y participerait pas. Les Français avaient d’ailleurs compris que le petit mot de soutien à Ségolène Royal était plus affectif que politique. Elle avait été sa compagne pendant si longtemps.
Mais vous ne la supportez pas, taraudée par la jalousie. Après le ridicule de « embrasse moi sur la bouche » que, semblait-il, vous aviez prononcé, voici maintenant la trahison ! En effet, de quoi vous mêlez-vous en soutenant Monsieur Falorni qui, au demeurant, reste très sympathique ? Est-ce en tant que journaliste politique que vous prenez position pour un candidat ?
Il s’agirait là d’une déviation intolérable de la neutralité politique d’un journaliste. Voyez-vous Monsieur Jean-Michel Apathie, Madame Ruth Elkrief, Monsieur Alain Duhamel prendre position pour qui que ce soit ? Ils devraient rendre immédiatement leur carte de presse, s’inscrire à un parti politique et ne plus parler. Certes, beaucoup de journalistes, beaucoup de journaux, sont à gauche et l’ont montré lors de ces dernières élections. Mais vous, Madame, journaliste à « Paris Match », vous n’auriez jamais dû prendre position. Ce n’est donc pas comme journaliste que vous avez envoyé ce tweet, vous êtes trop intelligente pour tomber dans un tel piège.
Est-ce pour affirmer votre indépendance vis-à-vis de votre compagnon ? Peut-être aussi pensiez-vous affirmer l’importance de la liberté de la femme ? Je ne le crois pas non plus car je ne suis pas sûr que la liberté consiste à faire des gaffes. Peut-être ce mot est-il trop faible ? Il s’agit d’une faute grave. En réalité, vous ne pouviez pas imaginer une seconde que Ségolène Royal, élue, puisse un jour arriver au fauteuil de présidente de l’Assemblée nationale. « Comment cette femme, qui était avec mon ami auparavant, qui a vécu si longtemps avec lui, peut-elle revenir en pleine lumière ? ».
Mais, pire encore, vous imaginiez, dans vos rêves les plus épouvantables, dans les cauchemars les plus terribles, les cérémonies officielles présidées par François Hollande obligatoirement accompagné par Ségolène Royal, en tant que quatrième personnage de l’État. Vous cauchemardiez à l’idée de voir ces grands dîners à l’Elysée, ces dîners officiels où votre place était équivoque, alors que Ségolène, rayonnante, aurait été proche de votre ami par la grâce du protocole. D’ailleurs, c’est pour cette raison déjà qu’à La Rochelle, vous aviez exigé, semble-t-il, que François Hollande parle de vous comme de « son unique amour ». Petite flèche empoisonnée dans le dos de Ségolène Royal.
La France, par ce tweet, a été ridiculisée dans le monde entier. Une si petite phrase ayant de telles conséquences ! Vous avez non seulement desservi la France où vous n’avez aucun rôle à jouer même si vous avez accompagné François Hollande dans ses voyages officiels à l’étranger (ce qui, déontologiquement, diplomatiquement, était déjà une extravagance), mais vous avez desservi le président de la République élu par une attitude grotesque de femme jalouse qui se mêle de politique pour entraver la carrière de son ami ou compagnon.
Vous avez ridiculisé et humilié les femmes des autres présidents français qui, elles, faisaient de l’humanitaire. Vous avez, semble-t-il, balayé d’un revers de la main ces actions remarquables qu’elles avaient menées et, par conséquent, vous avez méprisé tous ceux qui, en France ou ailleurs, ont consacré leur vie aux enfants, aux handicapés, à ceux qui étaient atteints du SIDA, etc.
Bref, ce petit tweet de rien du tout a été le révélateur, Madame, d’un malaise que les Français n’osaient pas admettre, qui mélange la faiblesse du président de la République et la méchanceté de sa compagne.
Acceptez, Madame, mes sentiments mêlés de tristesse, de rage et de surprise.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
jeudi 14 juin 2012
"Meurtrie", Ségolène Royal répond à ses détracteurs
Pendant 24 heures, elle s'était retranchée derrière un simple "pas de commentaires". Et puis, mercredi 13 juin au soir, Ségolène Royal est finalement sortie de sa réserve. Et n'a pas mâché ses mots pour commenter le tweet d'encouragement adressé à son rival dans la course aux législatives par Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, le père de ses quatre enfants.
Puis, dans un entretien jeudi à Libération, où elle ne s'avoue "jamais vaincue", elle explique à nouveau : "Face à la violence du coup, je n'ai pas voulu réagir à chaud, car je mène un combat politique difficile et je me dois de tenir bon. En tant que femme politique, je demande à être respectée, tout comme doit être respecté le soutien politique que m'apporte le président de la République en tant qu'unique candidate de la majorité présidentielle."
UNE "TRAHISON INTOLÉRABLE"
Au cours de ce même entretien, la candidate du PS soutenue par tous les partis de gauche dans la 1ere circonscription de Charente-Maritime s'attaque avec virulence à son adversaire du second tour, le dissident socialiste Olivier Falorni, dont elle estime que le maintien de la candidature face à la sienne est "une forme de trahison politique qui s'apparente à celle d'Eric Besson en 2007". Alors qu'il était membre de la direction du PS en 2007, M. Besson avait démissionné du parti en pleine campagne présidentielle, pour apporter quelques semaines plus tard son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy.
Cette "trahison" est "intolérable", insiste Mme Royal. "C'est accepter de faire perdre une candidate de gauche avec les voix de la droite et de l'extrême droite", explicite la présidente de la région Poitou-Charentes, en relevant que, selon un sondage qui la donne vaincue, M. Falorni "récupère 83 % des voix de Nicolas Sarkozy et 55 % des voix de Marine Le Pen" à la dernière présidentielle.
"DÉSHONNEUR POLITIQUE"
Pour Mme Royal, le socialiste dissident "n'est pas l'homme de la majorité présidentielle, mais bien l'instrument du 'tout sauf Ségolène'". Il bénéficie aussi, affirme-t-elle, "de certaines vieilles complicités d'appareil" parmi les "revanchards qui n'ont jamais accepté qu'une femme assume un destin politique au plus haut niveau".
"Beaucoup d'électeurs de gauche, je l'espère, ne voudront pas participer à cette opération de déshonneur politique", déclare encore la candidate, pour qui un vote des militants socialistes entre les candidats à la candidature dans cette circonscription (La Rochelle et l'île de Ré) "aurait divisé les socialistes locaux".
Lire aussi : La candidature de Royal à la présidence de l'Assemblée fragilisée
Grèce, Espagne et Portugal ont fait plus d'efforts que l'Allemagne
Les dirigeants allemands le répètent à l'envi aux Européens : "faites comme nous et vos problèmes disparaîtront". Les Allemands n'ont-ils pas, à partir de 2002, mis en place des réformes structurelles qui, douloureuses à court-terme, portent aujourd'hui leurs fruits ? Les choses ne sont peut-être pas aussi simples, comme le montre une étude publiée le 12 juin par un organisme de réflexion bruxellois, l'European Council on Foreign Relations (ECFR).
L'auteur de cette note, Sebastian Dullian, a comparé la réduction des déficits publics en Allemagne (entre 2002 et 2007) avec celle mise en place en Grèce, au Portugal et en Espagne entre 2009 et 2011.Pour connaître véritablement les efforts faits par les pays, l'auteur a utilisé les déficits budgétaires corrigés des variations saisonnières : une donnée utilisée par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui élimine les effets liés à la conjoncture.
En période de forte croissance, une réduction des déficits peut en effet masquer une persistance de problèmes structurels. Avec cet indice, l'Allemagne a ramené son déficit structurel de 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2002 à 0,6 % en 2007. Soit une diminution de 2,9 points de pourcentage, soit environ 0,6 point de pourcentage par an.
Il n'y aurait donc pas de quoi faire la leçon aux Grecs, dont le déficit structurel est passé de 12,8 % du PIB en 2009 à 1,8 % en 2011. "En un an, la Grèce a fait environ deux fois plus d'efforts que l'Allemagne en plus de cinq ans", note l'auteur.
Même chose pour l'Espagne, dont le déficit structurel est passé de 9,5 % du PIB en 2009 à 1,9 % en 2012 et pour le Portugal passé de 9,5 % du PIB en 2010 à 2,2 % en 2012. "Rien qu'en 2010 et 2011, chacun de ces pays a fait plus d'efforts de consolidation que l'Allemagne en cinq ans", note l'ECFR.
BAISSES COMPARABLES DES SALAIRES
L'évolution a été comparable en ce qui concerne les baisses des salaires. Selon la Commission européenne, le salaire réel par salarié a diminué de 3,3 % en Allemagne entre 2002 et 2007, soit une baisse de 0,7 % par an.
En Grèce , la baisse a été de 13 % entre 2009 et 2011, au Portugal elle a été de 10 % en deux ans et en Espagne de 7 % en trois ans.
Selon l'auteur, les Européens ont fait deux erreurs : ils ont largement surestimé les prévisions de croissance des pays auxquels ils ont imposé des mesures d'austérité et ils ont largement sous-estimé l'impact de ces mesures sur la croissance, oubliant qu'à partir d'un certain niveau, les coupes budgétaires ne diminuent pas la dette mais aggravent la récession.
Au bout du compte, les Allemands auraient donc malgré tout raison : les mesures prises dans le passé à Berlin constituent bel et bien un modèle. Le problème est que ce n'est pas ce modèle, finalement assez modéré, qui est imposé aux pays actuellement en difficulté.
Royal attaque les "gros machos" de l'UMP
Ségolène Royal a estimé aujourd'hui qu'elle aurait dû être opposée
au second tour des législatives à la candidate UMP Sally Chadjaa, une
"femme courageuse", éliminée suite aux "manoeuvres d'appareil", qu'elle
attribue aux "gros machos de l'UMP" que sont "Raffarin et Bussereau".
Ces derniers n'ont "pas cessé de la dénigrer y compris lors de réunions
publiques", a déclaré la candidate PS dans la 1ère circonscription de Charente-Maritime
"À l'UMP ils ont dit des choses très malveillantes, notamment sur ses
origines, c'est insupportable, c'est intolérable, en tant que femme je
suis solidaire", a encore déclaré Ségolène Royal à des journalistes,
alors qu'elle faisait une pause dans la cafétéria d'un supermarché de la
Rochelle. Ségolène Royal a salué son ancienne adversaire, qui "n'a pas
suivi les injonctions de Bussereau en contestant le mot d'ordre de
l'UMP", en faveur du vote pour le dissident socialiste Olivier Falorni,
auquel un duel fratricide l'oppose pour le second tour.
Presse féminine française : comment Grazia a gagné la bataille contre Be
Pourquoi le magazine BE ne fonctionne pas et risque de devenir un mensuel?
Mais la presse féminine est-elle en bonne santé ?
Avec les difficultés de BE face à la concurrence, on se pose quand même la question du "trop plein" de magazines féminins en France...
Pourquoi ce succès ?
Est-ce le même succès pour la presse féminine étrangère ?
Finalement, quelle sera la prochaine bonne innovation pour créer un magazine féminin à succès ?
La crise finale ? Cet analyste financier qui prévoit la fin du monde que nous connaissons pour 2012
Affaire Trierweiler : des militants amers et furieux
Venus assister au meeting parisien de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault, les sympathisants PS ne cachaient pas leur colère.
Sur scène, Ayrault et Aubry sont revenus sur les sujets que le tweet de la première dame a occultés depuis mardi, au grand dam des socialistes:
appel à la mobilisation dimanche pour donner une majorité large au
«changement» et violente critique de l'UMP qui a perdu «sa boussole» en
faisant des appels du pied aux électeurs du Front national, comme Nadine
Morano en Meurthe-et-Moselle, ou qui se désiste localement en faveur
d'un candidat du FN.Les militants du PS se faisaient moins prier pour commenter «l'affaire». Avec sévérité. «Je me suis levé à 6 h 30 ce matin, j'ai ouvert le poste, on ne parlait que de cela, râle Michel, 72 ans. Pour moi, Valérie Trierweiler n'est rien du tout. À quel titre intervient-elle, hein? Qu'elle apprenne à se taire. Ou que le président lui apprenne à se taire.»
Certains bottent en touche, agacés: «On va à un meeting, là! Ce n'est pas intéressant de parler d'un tweet!» tranche une militante, cinglante. Deux lycéennes, blousons de cuir noir, sont moins fuyantes. «J'ai peur que ça mette en l'air les législatives, lâche Lætitia, 16 ans, dans un sourire timide. Tout était si bien parti! J'espère que ça sera vite oublié.» Elle hésite. Puis ajoute: «En plus, Trierweiler veut rester journaliste, il faut savoir ce qu'elle veut!»
«Ça ne motive pas beaucoup»
La porte-parole du PS pour les législatives, Charlotte Brun, candidate dans le Val-d'Oise, qui regrette les «effets totalement démobilisateurs» de cette affaire, souhaite revenir à «l'essentiel»: «Les gens ont des difficultés concrètes, ils ne vivent pas sur Twitter! À Sarcelles, on se bat pour que le taux de mobilisation dépasse les 40 %. On a besoin de montrer que les législatives correspondent à ce qu'on a porté pendant la présidentielle.»«On ne tire pas sur son mari!» se hasarde Michel, 53 ans, militant au Front de gauche. Sa femme Brigitte se tasse sous son béret noir: «Mais ils ne sont pas mariés, Michel… - Enfin, c'est pareil! On ne fait pas des choses comme ça!» tacle-t-il, furieux. Deux dames patientent dans la queue. «On aurait préféré qu'ils règlent ça entre eux, lance Suzanne, 64 ans. Ça ne motive pas beaucoup pour le scrutin.» «Il y a pire, relativise Michèle, 61 ans. S'ils avaient volé de l'argent… Mais c'est vrai, Hollande en a peut-être un peu trop fait pendant sa campagne sur la normalité…» «Bah, c'est un règlement de comptes entre femmes», résume un ami de ces dames.
Pour un député de Paris, cette affaire est avant tout l'expression d'un «mal-être». Celui d'une femme qui «cherche ses marques» et a sans doute «eu le sentiment qu'elle avait perdu en indépendance». «C'est violent d'être reléguée du jour au lendemain au rôle de “femme de”…» Le député prévient, dans un demi-sourire: «Et ce n'est pas en lui disant “tais-toi” qu'on va régler le problème. Moi, je vous le dis, ce n'est pas fini…»
Quand la droite sort de son long sommeil chiraquien... en renvoyant la gauche à ses propres extrêmes
En attaquant la gauche sur ses rapports avec l’extrême-gauche, et en assumant des positions de droite affirmées, Jean-François Copé est-il en train de provoquer une rupture avec le chiraquisme ?
Justement est-ce la morale qui empêche la droite d’opter pour une position plus à droite ?
«Votez PS avec le FN» : le tract anti-NKM qui gêne
Sur le fond, la consigne est pourtant cohérente avec la ligne fixée lundi par Marine Le Pen: «Nous demandons à nos électeurs d'appliquer à Mme Kosciusko-Morizet la réciprocité et par conséquent à voter pour le Parti socialiste dans sa circonscription», avait exigé la patronne du parti frontiste à l'égard de NKM, qui avait elle-même appelé aux cantonales de mars 2011 à voter socialiste en cas de duel PS-FN. «Puisque Madame Kosciusko-Morizet a elle-même ouvert cette possibilité, il ne doit pas lui paraître grave que (...) nous laissions nous aussi les électeurs voter socialiste», peut-on lire sur le tract, qui porte le logo du parti.
«Formulation trop brutale»
Reste que sur la forme, le document a fortement déplu à la direction du FN. «“Votez PS avec le FN”, c'est une formulation beaucoup trop brutale. Ce n'est pas la bonne manière de faire connaître la position exprimée par Marine Le Pen. Ce tract n'était pas nécessaire», explique Wallerand de Saint-Just, vice-président et avocat du parti frontiste, qui rappelle qu'il s'agit là d'une «initiative personnelle de Brigitte Dupin». Laquelle assure avoir reçu au départ «l'aval de Marine Le Pen»… A la demande du parti, la candidate éliminée a cependant accepté de ne plus distribuer ces tracts. Le message du parti sera désormais diffusé par médias interposés, précise-t-elle. Seule une trentaine de documents ont été distribués, assure-t-on au FN.Dans cette 4e circonscription de l'Essonne, le FN, qui a récolté 11% des suffrages, pourrait faire basculer le second tour, qui oppose Nathalie Kosciusko-Morizet (39,46% des voix au premier tour) au socialiste Olivier Thomas (36,29%). Fin mai, un sondage Ifop pour Le JDD prévoyait une égalité parfaite au second tour entre les deux candidats. Dans cette circonscription traditionnellement marquée à droite, François Hollande avait quasiment fait jeu égal avec Nicolas Sarkozy à la présidentielle, remportant 49% des suffrages au second tour.
La France en pleine tempête dans moins de deux mois ?
La situation européenne est franchement préoccupante. Évidemment,
pour les habitués de mes billets, la surprise est assez mince. En
revanche, les autres vont de découvertes en découvertes à mesure que les
alarmes se font plus pressantes de la part de personnalités de plus en
plus en vue…
Bien sûr, la presse française est aux premières loges pour décortiquer avec délectation les résultats d ’une élection qu ’une quasi-majorité des Français a boudée,
ce qui lui laisse quelques pages, dans les sections intérieures de
leurs journaux sur-subventionnés, pour évoquer les douloureuses alertes
que lancent des financiers de plus en plus reconnus.
Ainsi, pendant que les quotidiens se tortillent la nouille sur les
déclarations fracassantes d ’un Nasri, joueur de foot d ’une équipe
incolore, inodore et sans saveur, sur les tweets de la première gaffe de
France ou sur la nouvelle loi contre le harcèlement sexuel sans
laquelle l ’ensemble de la société française menaçait de basculer dans
la barbarie la plus complète et le retour évident au droit de cuissage,
on découvre que Christine Lagarde, dans une interview à CNN,
confirme l ’analyse déjà particulièrement gratinée de George Soros, qui
estimait que les pays européens avaient au plus trois mois pour sauver
la monnaie unique.
Les arguments de Soros (ceux de Lagarde se résumant à les reprendre)
sont brefs mais efficaces : pour le milliardaire, seuls les Allemands
disposent du réel pouvoir d ’infléchir la marche entreprise
actuellement, et disposent de trois mois avant que l ’Allemagne ne soit
elle-même en difficulté. Si l ’on regarde les chiffres macro-économique
du pays, résumés dans l ’analyse de Loïc Abadie qu ’on peut lire ici,
force est de constater que Soros a raison : dans les mois qui viennent,
la récession qui s ’installe en Europe provoquera inévitablement une
forte contraction des exportations allemandes et, par voie de
conséquence, entamera sa croissance comme ce fut le cas en 2008 et 2009.
Et la question n ’est plus de savoir si l ’Allemagne va avoir des problèmes, ni même quand. Le chat est maintenant sorti du sac lorsqu ’on regarde quelques indicateurs clés :
- ce mois de mai, le secteur manufacturier s ’est contracté avec le rythme le plus soutenu en trois ans,
- l ’indice de pouvoir d ’achat est en berne,
- la production industrielle a déjà baissé,
- le nombre de création d ’entreprises aussi,
- les commandes à l ’export aussi,
- et le sentiment des investisseurs et des analystes marque lui aussi le pas…
Quant à la France … Elle ne semble pas aller de mieux en mieux non plus. Malgré le retour messianique du socialisme triomphant incarné par un Hollande à la fois majestueux, affûté et redoutablement populaire, un récent commentaire par William Porter, analyste au Crédit Suisse, ne laisse aucun doute sur l ’avenir de l ’Hexagone dans cette crise : cela fait quatre mois qu ’on cache les problèmes par des recapitalisations bancaires au moyen de refinancement auprès de la BCE (LTRO), et compte-tenu de la capacité d ’apprentissage des marchés, il estime que cela peut durer encore un maximum de deux mois. Après quoi, l ’analyste évoque clairement la faillite des mécanismes de soutien et/ou celle de la France.
Autrement dit, début août, la France devrait connaître une phase difficile et si Soros, Lagarde et les analystes du Crédit Suisse ont raison, la rentrée de Septembre s ’annonce particulièrement mouvementée. De toute façon, si on s ’en tient exclusivement aux sommes mobilisées jusqu ’à présent pour
Devant ce constat, on comprend l ’empressement quasi-maladif de nos « élites » à vouloir tenter l ’intégration européenne politique et fiscale totale : les dirigeants ont bien saisi l ’intérêt qu ’ils pouvaient tirer d ’un sentiment de panique générale. Et laisser perdre une bonne crise majeure comme celle-là serait du gâchis !
Dans l ’idéologie socialiste dominante, bruyamment relayée par les frétillants collectivistes à morale souple comme Attali, seul un Gouvernement Mondial permettra à l ’Humanité de réaliser sa plénitude à base d ’égalité totale et de planisme étatique débridé (le soviétisme, mais « en mieux », quoi). Et le chemin évident pour ce gouvernement mondial passe par la coagulation des nations entre elles, ce que la construction politico-technocratique européenne permettait dans une certaine décontraction au moins jusqu ’à dernièrement, la crise ayant quelque peu crispé les peuples.
La prochaine étape, avec l ’accélération de la déliquescence de l ’euro et l ’enchaînement prévisible des faillites d ’états, sera parfaite pour pousser l ’agenda fédéraliste en clamant à la face du monde affolé qu ’il est LA solution aux crises financières, aux problèmes économiques, aux sexes tordus et aux motos russes qui refusent de démarrer. Et ne croyez pas qu ’il s ’agit de conspiration, l ’agenda existe bel et bien, au moins dans la tête de certains députés : l ’union politique et fédérale avance, à petit pas, pour ne pas faire peur.
…
Il reste quelques jours avant les résultats des élections. Je parle ici des grecques, les législatives françaises n ’ayant à peu près aucun intérêt, si ce n ’est pour les petites grimaces des uns et des autres à l ’arrivée ou au départ de certains députés. Le 17 juin au soir, la Grèce va, implicitement, choisir de rester dans l ’Euro, ou de s ’en séparer. Dans ce dernier cas, notez qu ’aucun député fraîchement élu, aucun ministre nouvellement en place, aucun Président des Bisous ne semble avoir montré la moindre préparation à ce qui suivra.
Pourquoi la droite est dominée
Concernant le Front national, l’UMP doit continuer sur une ligne
autonome sans se la faire imposer par le microcosme de gauche et
d’extrême-gauche.
L’UMP a tenu bon. Pas de front républicain pour faire barrage à tout
prix au Front national. Même Nathalie Kosciusko-Morizet a tenu bon. Elle
qui était invitée au journal de 20 heures pour désavouer son parti.
Elle a enfin découvert que Mendès-France ne s’alliait pas avec les
communistes.
Peut-être le discours de Jean-Luc Mélenchon, au soir du premier tour
des élections législatives, a-t-il décillé quelques paires d’yeux : «
l’ennemi a de nombreux moyens pour manœuvrer et tripoter dans les
esprits » mais « la grande roue de l’histoire est en marche », a-t-il
énoncé en langage bolchevique. Interrogé ensuite sur la chaîne i-télé,
il qualifie, au nom « des démocrates et des républicains », le FN de «
ferment de division du peuple et en particulier des travailleurs ».
Des politologues d’extrême-gauche ont échafaudé l’hapax « dénationalisme » : parti politique déloyal envers la démocratie, de façade parlementariste mais de substance fasciste, le FN ne serait pas nationaliste mais anti-national. Ce mode de raisonnement délirant, qui s’en prend aux travaux de Pascal Perrineau et Michel Winock comme complices du FN, véhicule un vocabulaire conspirationniste : « révèle », « occulte », « masquer », « double jeu »… La droite ne doit plus confondre ces vessies d’extrême-gauche avec des lanternes scientifiques.
Moins la droite est à droite et plus ils lui pardonnent
« Est-ce que la droite républicaine et du centre défend la nation ? », demande Bruno Le Maire, un des cerveaux de l’UMP (le 14 mai sur la chaîne LCP). Cette formule, répétée à deux reprises, n’est pas un lapsus. A proprement parler, elle est absurde : « la droite du centre », autant dire le football du rugby, ou bien le Canada de la France…
On comprend pourquoi il s’emmêle les crayons. Terrifié à l’idée de s’être enhardi à parler de nation, le cadre de l’UMP sait qu’il peut lui en cuire. Il risque de susciter l’ire médiatique des gros bras d’extrême-gauche. Il doit à tout prix donner des gages. Montrer par des formules rituelles qu’il n’est pas d’extrême droite.
C’est ainsi qu’à l’UMP, la base électorale et militante s’affiche de droite alors que les notables se réclament du centre-droit. Ils ont intériorisé la grande inhibition sémantique dictée par la gauche. Qui ne se réclame pas du centre-droit est de droite, donc déjà un peu d’extrême-droite. Car l’extrême-droite commence à droite du centre-droit. Quiconque combat la gauche plutôt que l’extrême-droite est d’extrême-droite. Le seul fait de nommer l’extrême-gauche « l’extrême-gauche » est déjà suspect : on doit dire de préférence la « gauche de la gauche ».
Au fil d’une série de contributions, « La droite est une coupable toute trouvée », « La gauche : une belle petite famille », « La recomposition de la droite n’aura pas lieu », « Contre la prétendue droitisation des sociétés », « Extrême droitisation, ah bon ? », j’ai montré comment Jacques Chirac s’était laissé dicter un terrorisme intellectuel illibéral consistant à faire élire des communistes contre des candidats FN.
L’on n’assiste ni à une extrême-droitisation des débats, ni à une droitisation des sociétés. Il faudrait cesser de payer tribut aux sirènes antifascistes de la caste médiatique qui exigent que les hommes politiques de droite aient des « états d’âme », se « sentent mal à l’aise » ou « prennent leurs distances ». Comme le souligne Brice Couturier au sujet des commentateurs : « moins la droite est à droite et plus ils lui pardonnent ». Mais la droite ne sera jamais suffisamment « dé-droitisée ». Elle sera toujours plus à droite que la gauche et le prix à payer pour que l’extrême-gauche cesse de l’extrême-droitiser serait exorbitant.
Hollande demande à la Grèce de tenir ses promesses
À quatre jours des élections législatives grecques, le président de la République a rappelé la nécessité pour la Grèce de poursuivre ses mesures d'assainissement budgétaire.
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| Le président maraud. |
Hollande veut une «relation de confiance» avec la Grèce
Ironie du sort, ces déclarations interviennent alors que la presse allemande soutient que Berlin serait prêt à assouplir le plan d'austérité grec. Un renversement de situation surprenant quand on se souvient qu'il y a encore quelques mois l'Allemagne était moins généreuse avec la Grèce que la France. Mais François Hollande rappelle que la sortie de la Grèce n'est pas le scénario qu'il envisage. «Je suis pour que la Grèce reste dans la zone euro, mais les Grecs doivent savoir que cela suppose qu'il y ait une relation de confiance, explique-t-il. J'ai conscience que les électeurs doivent avoir la pleine souveraineté, mais je dois les prévenir, parce que c'est mon devoir, parce que je suis un ami de la Grèce. C'est le langage de la vérité.» Et d'ajouter: «Je ne menace pas la Grèce, ce ne serait pas la bonne attitude.»Tout en réaffirmant sa volonté de défendre des mesures de croissance pour la zone euro, le président de la République a rappelé que la Grèce devait poursuivre ses mesures d'assainissement budgétaire. «Autant il est possible, et j'y veillerai, comme président de la France, d'apporter des fonds à la Grèce pour sa croissance, pour l'amélioration de sa situation, autant l'abandon pur et simple du mémorandum serait regardé par beaucoup de participants de la zone euro comme une rupture», a-t-il dit.
La Grèce, qui retourne aux urnes le 17 juin pour renouveler son Parlement, continue d'être au centre de la crise de la dette dans la zone euro, au prix de tensions sociales et politiques. «Les pays de la zone euro doivent rester dans la zone euro, à condition de le vouloir», a-t-il conclu. Lors des dernières législatives début mai, marquées par un vote anti-rigueur sanctionnant les partis traditionnels, aucun parti n'a obtenu la majorité, contraignant à organiser un nouveau scrutin sous l'égide d'un gouvernement intérimaire. La droite conservatrice et la coalition de la gauche radicale du Syriza abordent ces élections au coude à coude.
DSK : ceux qui savaient
L’”affaire du Sofitel” avait déjà permis d’exhumer quelques indices du comportement problématique de Dominique Strauss-Kahn avec les femmes, une double vie que l’enquête sur le réseau de prostitution autour du Carlton de Lille allait spectaculairement confirmer.
Le lecteur sort de ce livre passionnant avec deux questions pendantes. Nicolas Sarkozy, qui répète pourtant à certains interlocuteurs « Tu sais très bien qu’il ne PEUT pas être candidat », n’a-t-il pas « remis en selle » DSK au FMI pour qu’il s’impose in fine comme candidat socialiste à la présidentielle de 2012 dans l’espoir de le discréditer lors de la campagne électorale en organisant la révélation de ses turpitudes connues ?
L’absence d’ « envie d’y aller » perçue chez DSK ne s’expliquait-elle pas non pour des raisons politiques mais par le pressentiment qu’il avait que sa vie serait épluchée ? Car « les campagnes électorales sont comme des scanners qui révèlent le squelette de ceux qui s’y lancent », selon le sentiment exprimé par un candidat qui se sera révélé contre toute attente plus intelligent que lui, un certain… François Hollande.
Trierweiler affirme que son compte Twitter a été "piraté" mercredi
Valérie Trierweiler a affirmé à l'AFP que son compte Twitter avait été "apparemment piraté" ce mercredi, après l'apparition à 17 h 49 d'un message comportant un lien renvoyant vers une brève de Rue89.
La veille, Valérie Trierweiler avait provoqué la stupeur en postant un message en fin de matinée dans lequel elle apportait ses encouragements à Olivier Falorni, candidat dissident du PS, opposé à Ségolène Royal au deuxième tour des législatives à La Rochelle.
Ce soutien avait suscité les moqueries de la droite et des critiques de socialistes. Mercredi, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a conseillé à la compagne du président d'avoir "un rôle discret".




























