TOUT EST DIT

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lundi 29 mars 2010

France-Etats-Unis, un dialogue relancé

Nicolas Sarkozy, entame une visite officielle aux États-Unis lundi 29 mars et sera reçu par son homologue américain à la Maison-Blanche demain. L’occasion pour les deux présidents d’évoquer les dossiers les plus brûlants sur la table, alors que les points de convergence sont désormais plus nombreux que les sujets de frictions.

Les dossiers qui divisent

Les avions ravitailleurs

Nicolas Sarkozy espère persuader Barack Obama de faire rouvrir le dossier des avions ravitailleurs, dont Airbus a été écarté au profit de Boeing. L’affaire est ancienne : l’appel d’offres pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l’armée américaine avait été attribué une première fois à Boeing en 2003, puis une deuxième fois à Airbus (EADS) et son allié américain Northrop Grumman, en 2008, et à chaque fois annulé. EADS vient de se retirer du nouvel appel d’offres, en estimant qu’il avantageait Boeing. Les chefs d’État des quatre pays européens partenaires d’Airbus – Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero et le premier ministre britannique Gordon Brown –, avaient écrit en décembre 2009 une lettre aux autorités américaines à ce sujet. Le Pentagone acceptera-t-il de retarder la date de clôture de l’appel d’offres pour permettre à EADS d’y participer ?

Climat

Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la convention de l’ONU sur le climat, estime que la conférence de Cancun (Mexique) prévue en novembre-décembre pourrait jeter les bases d’un accord international qui prendrait corps fin 2011 en Afrique du Sud. Ainsi, l’horizon d’un accord sur le climat ne cesse de s’éloigner, témoignant de l’ampleur des différends à aplanir entre l’Europe et les États-Unis, mais aussi avec les grands pays émergents et les pays en développement. Parmi les divergences transatlantiques figure le niveau d’ambition de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Les États-Unis se fixent un cap de 17 % de réduction, l’Union européenne de 20 %. Mais les premiers se réfèrent à l’année 2005, obérant le fait que leurs émissions ont dérapé depuis 1990, alors que l’UE s’est engagée sur le chemin de la réduction (– 8 % sur 1990-2012). La France fait partie des pays européens qui refusent d’aller au-delà des 20 % tant que les grands pays ne prennent pas des engagements comparables. Autre divergence, le caractère contraignant du futur accord, principe auquel s’opposent les États-Unis.

Les relations avec la Russie

L’administration Obama a peu apprécié les initiatives françaises et le cavalier seul de Nicolas Sarkozy en direction de Moscou. Ce n’est pas tant la vente par la France de quatre navires de guerre de classe Mistral à la Russie qui a choqué. Mais plutôt l’annonce du président français, sans concertation préalable, qu’il est prêt à discuter avec Moscou de la création d’un « nouvel espace de sécurité européenne ». Cette idée avait été lancée par le président russe Dmitri Medvedev pour faire concurrence à l’Otan. Et la France a été la première à emboîter le pas, sans prendre l’avis de ses partenaires… L’administration Obama, en revanche, s’est rapprochée de Paris sur son hostilité à une entrée de l’Ukraine et de la Géorgie dans l’Otan.

Désarmement nucléaire

Le 24 septembre dernier, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, présidé par Barack Obama, Nicolas Sarkozy s’était livré à une attaque en règle du projet « virtuel » d’un monde sans armes nucléaires défendu par le président américain, tandis qu’un pays comme l’Iran faisait tourner « de plus en plus de centrifugeuses ». Pour tenter de créer une dynamique vertueuse, le président américain avait voulu l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1887 visant à « créer les conditions d’un monde sans armes nucléaires ». Les États-Unis devraient signer avec la Russie le 8 avril à Prague un traité post-Start sur la réduction des armes nucléaires stratégiques. Fort de ce succès, Barack Obama veut obtenir un renforcement des instruments du régime de non-prolifération lors de la conférence d’examen du traité de non-prolifération (TNP) qui s’ouvre le 2 mai à New York. Attachée à sa force de frappe et soucieuse de défendre sa vision stricte des problèmes de prolifération, la France veut éviter d’y apparaître isolée.

Les dossiers qui rapprochent
Proche-Orient

Sceptique sur la méthode de l’administration américaine et les navettes infructueuses de George Mitchell, l’envoyé de la Maison-Blanche dans la région, Nicolas Sarkozy souhaite la tenue d’une conférence internationale (à Paris, bien sûr) réunissant Israéliens et Palestiniens pour discuter d’un plan proposé par les États-Unis et l’Europe. Les marges de manœuvre de la diplomatie française et européenne restent cependant étroites, après l’échec enregistré par l’administration américaine sur la question du gel des colonies. Dans ce contexte, la France devrait appuyer les efforts américains en faveur d’une reprise des discussionssous l’égide des États-Unis.

Iran

Les points de vue se sont rapprochés depuis que Barack Obama a mis de côté sa politique de la main tendue pour obtenir de nouvelles sanctions au Conseil de sécurité. Les États-Unis rencontrent des difficultés pour convaincre la Chine et d’autres pays membres du Conseil de sécurité de ne pas opposer leur veto. Faute d’un accord à l’ONU, Nicolas Sarkozy voudrait que son homologue l’aide à persuader certains des 27 États membres de l’Union européenne d’adopter les mesures unilatérales préconisées par la France.

Afghanistan

Barack Obama a effecuté, hier, une visite surprise à Kaboul. Washington et Paris partagent la même certitude : la solution ne peut pas être seulement militaire en Afghanistan. Début janvier, la Maison-Blanche espérait obtenir 1 500 soldats français supplémentaires en Afghanistan. Nicolas Sarkozy a refusé, campant sur une position « ni renfort ni retrait » et promettant que « la France resterait en Afghanistan aussi longtemps que les États-Unis ». Le Pentagone espère toujours l’envoi par la France de « plusieurs centaines » de formateurs militaires et policiers.

Sahel

Les États-Unis et la France sont sur la même longueur d’onde dans leur analyse du risque terroriste en Afrique subsaharienne. Fin juillet, la France a lancé un programme de formation de 500 soldats en Somalie pour le compte du gouvernement fédéral de transition (GFT). Paris et Washington souhaitent renforcer leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée : programmes de formation de soldats et de policiers, fournitures de matériels et échanges de renseignements sont à l’ordre du jour.

Régulation de l’économie

Nicolas Sarkozy va plaider pour que l’« agenda de la régulation » soit poursuivi. Mieux encadrer les hedge funds (fonds spéculatifs), coordonner les efforts pour bénéficier de la reprise, travailler sur la volatilité des taux de change et corriger les monnaies sous-évaluées (notamment le yuan, mais aussi le dollar) seront les points sur lesquels il compte mettre l’accent.

Barack Obama, qui a proposé un plan visant à limiter la taille et les activités spéculatives des banques, est sans doute sur la même longueur d’onde. Mais avec des nuances de taille. D’abord, Wall Street, d’où est partie la crise financière, reste un univers suffisamment puissant et opaque pour résister aux injonctions de l’autorité publique fédérale américaine. Ensuite, l’encadrement des bonus des traders, un des objectifs fixés lors du G20 de Londres, n’a pas avancé de façon significative outre-Atlantique.

Enfin, la querelle du protectionnisme financier a surgi depuis la crise, relançant d’autres disputes commerciales. Les États-Unis redoutent qu’un projet de réforme européen visant à encadrer les fonds spéculatifs, porté par Michel Barnier, commissaire pour le marché intérieur, devienne discriminatoire pour les fonds américains.

Un sujet brûlant.

François D’ALANÇON, Alain GUILLEMOLES, Nathalie LACUBEet Marie VERDIER

Deux fuseaux horaires en moins

La Russie compte depuis hier neuf fuseaux horaires contre onze, dans le cadre d'une initiative du président russe Dmitri Medvedev pour améliorer le climat des affaires dans le pays.
Les régions du Kamtchatka et de la Tchoukotka, en Extrême-Orient, situées près de l'Etat américain d'Alaska, ont ainsi réduit d'une heure à huit heures leur différence d'heure avec Moscou.
Dans la partie européenne de la Russie, les régions de Samara et d'Oudmourtie qui devançaient Moscou d'une heure, vivront désormais à l'heure de la capitale.
Ces quatre régions ainsi que celle de Kemerovo en Sibérie n'ont pas avancé les aiguilles d'une heure dans la nuit de samedi à dimanche comme le reste de la Russie. La région minière de Kemerovo passe ainsi de la zone de Krasnoïarsk à celle d'Omsk, plus proche de Moscou d'une heure. La Russie comptait jusqu'à présent onze fuseaux horaires, de Kaliningrad à la Tchoukotka.
Le décret sur le changement de fuseaux horaires a été signé en mars par le Premier ministre Vladimir Poutine mais l'idée appartient au président Dmitri Medvedev qui l'a avancée dans son discours à la nation afin d'améliorer la coordination entre les deux extrémités du pays.
Les adversaires de cette idée ont qualifié cette initiative de saugrenue jugeant que les problèmes de communication sont surtout dus au manque de liaisons ferroviaires et aériennes entre les régions russes.

Le commerce mondial pourrait rebondir de 9,5 % en 2010

Après un effondrement des échanges mondiaux en 2009, l‘OMC prévoit un fort rebond du commerce mondial en 2010. Ce ne sera toutefois pas suffisant pour retrouver les niveaux d'avant-crise.
I I y a de la lumière au bout du tunnel », a imagé le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, vendredi, en présentant les perspectives du commerce mondial pour 2010. Le tunnel, c'est la chute considérable des échanges internationaux en 2009, qui ont baissé de 12,2 % en volume. La lumière, c'est la perspective de leur reprise, évaluée à 9,5 % par les économistes de l'OMC.

Ce tunnel a été le plus profond jamais creusé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les échanges mondiaux avaient déjà connu des replis, mais jamais de cette ampleur (- 0,2 % en 2001, - 2 % en 1982 et - 7 % en 1975). La baisse est encore plus impressionnante en valeur, - 23 % en dollars courants, notamment en raison de la chute des cours des matières premières - pétrole en tête.
Des disparités importantes

Ces chiffres cachent toutefois des disparités, les Etats-Unis (- 13,9 %), l'Union européenne (- 14,8 %) et le Japon (- 24,9 %) ayant subi un recul de leurs exportations supérieur à la moyenne mondiale (- 12,2 %) tandis que les exportations chinoises (- 10,5 %) ou en provenance de l'Amérique latine (- 5,7 %) ont moins souffert. Ces écarts se prolongent en 2010, avec une reprise des échanges tirée par les émergents. Les économistes de l'OMC envisagent en effet que les exportations des pays en développement bénéficieront d'une hausse de 11 % de leurs exportations contre 7,5 % pour les pays industrialisés.
Ces prévisions sont dépendantes de plusieurs données, à savoir un taux de croissance mondiale de 2,9 % ainsi que la stabilité des prix du pétrole et des taux de change. Si l'optimisme est de mise, la prudence l'est tout autant. Toute « nouvelle hausse des cours du pétrole, appréciation ou dépréciation des grandes monnaies ou évènement défavorable sur les marchés » conduirait, par ricochet, à revoir à la baisse ces prévisions.

Autre bémol, un taux de croissance du commerce mondial de 9,5 % en 2010 ne suffirait pas pour revenir aux niveaux d'avant la crise. Deux années de croissance à ce rythme seront nécessaires pour les pays en développement quand les économies développées auront besoin de trois années. Mais si le commerce mondial retombait sur ses pieds d'ici deux à trois ans, cela contredirait la thèse selon laquelle la crise aurait enclenché un mouvement de « dé-mondialisation ».
JESSICA BERTHEREAU, Les Echos

Tout au fond de la piscine


En ce lundi matin, le président de la République peut avoir au moins une certitude. La semaine qui s'ouvre pourra difficilement être pire que la précédente, franchement calamiteuse.
Huit jours après le naufrage de l'UMP aux régionales, le chef de l'État est tout au fond de la piscine. Il a atteint son plus bas niveau de popularité depuis son entrée à l'Élysée : 30 % d'opinions favorables (sondage Ifop/JDD). La confirmation que la gifle électorale le visait personnellement, lui, l'ultra-présidence, son style, et ses méthodes.
La contestation monte aussi des rangs de ses propres troupes. Jusqu'à l'insolence. Le séminaire des parlementaires UMP, organisé aujourd'hui par Jean-François Copé, renverse jusqu'à la logique institutionnelle en prétendant sceller un « nouveau pacte majoritaire » qui fixerait le cap pour la suite du quinquennat. Avec, évidemment, l'intention proclamée d'oeuvrer à la réélection du président. Cette sollicitude, on s'en doute, ne plaît guère à l'intéressé. Elle a les allures polies, mais insupportables, d'une mise sous surveillance.
Même si son Premier ministre se défend de tout calcul, il est présenté comme un rival, mis en compétition avec le président pour la candidature en 2012. François Fillon rappelle son indéfectible loyauté, mais avec ses 19 points d'avance et sa bonne image à droite, il peut laisser à d'autres le soin d'avoir des ambitions pour lui... Et voilà même qu'Alain Juppé, à son tour, se dit prêt à concourir dans des primaires à droite... au cas où le président ne solliciterait pas un nouveau mandat.
Cette dernière hypothèse, lancinante et entretenue par les souhaits énigmatiques du père et de la compagne du chef de l'État, tient cependant plus du fantasme que du vraisemblable. Manipulation ? Simple teasing ? Comment imaginer qu'un président de la République puisse sérieusement s'interroger sur son envie de se représenter ? La fonction suprême de notre démocratie, c'est autant un accomplissement qu'un aboutissement. On n'y renonce pas si facilement. Pour elle, De Gaulle avait affronté un second tour vécu comme humiliant. Pour rendre possible un second mandat hypothéqué par son cancer, Pompidou avait même fait voter le quinquennat dès 1973 (mais il ne fut jamais entériné par le Congrès). Pour Giscard, Mitterrand et Chirac, une nouvelle candidature était une évidence...
Moins encore que ses prédécesseurs, le chef de l'État ne possède le tempérament de l'abandon. Pas vraiment son genre d'être en proie à la tentation de Venise... Affaibli, le voilà entouré d'un parfum de curée aussi détestable que le furent les hymnes hagiographiques de sa cour. Après tout Mitterrand et Chirac s'étaient miraculeusement redressés, sauvés par des cohabitations qui les avaient exonérés de l'écrasante responsabilité du pouvoir. Lui, devra faire sans cet atout.

Irak : une élection ne fait pas la démocratie


Les électeurs irakiens ont-ils bravé les menaces d'Al-Qaida, le 7 mars, pour voir leur classe politique se déchirer autour des résultats ? Ces élections, les premières dans un contexte de départ des troupes américaines, étaient pourtant annoncées comme cruciales. La participation massive des Arabes sunnites, qui avaient boycotté le scrutin de 2005, ne leur conférait-elle pas un caractère prometteur ?

Les deux listes arrivées au coude à coude en tête du scrutin, celle de l'État de droit du Premier ministre, Nouri Maliki, et le Bloc iranien d'Iyad Allawi, tous deux chiites, s'accusent mutuellement de fraudes. Des fraudes, il y en a eu certainement, ne serait-ce que lors du vote des prisonniers, des Irakiens de l'extérieur et des forces de sécurité. Les voix ont été achetées par les uns et les autres. Il sera difficile au prochain Premier ministre d'asseoir sa légitimité avec un scrutin aussi serré.

Le système électoral irakien, basé sur la proportionnelle intégrale, interdit toute majorité et impose des coalitions. La course aux combinaisons est donc lancée. L'Alliance nationale irakienne (coalition de partis religieux chiites) et la coalition kurde sont donc sollicitées par les listes arrivées en tête.

Après avoir hésité entre Allawi et Maliki, les partisans de Muqtada al-Sadr, qui ont été durement réprimés par les deux prétendants au poste de Premier ministre, ont présenté leur propre candidat pour diriger le futur gouvernement. Leur partenaire au sein de l'Alliance nationale irakienne, le Conseil supérieur chiite, avait été le principal artisan de l'accord entre chiites et kurdes pour se partager le pouvoir. Or, ce parti religieux chiite a mordu la poussière lors des élections. Dès lors, que reste-t-il de l'attelage entre chiites et kurdes ?

L'essentiel semble ailleurs. L'Irak illustre, une fois de plus, qu'une élection ne fait pas la démocratie. Surtout lorsque les enjeux ne sont pas démocratiques. Le ras-le-bol des partis religieux chiites au pouvoir, rendus responsables de l'insécurité et de la guerre confessionnelle de 2006-2008, a suscité une forte abstention en pays chiite. La liste de Nouri Maliki y est arrivée la première, notamment dans les grandes villes et même dans les villes saintes chiites. Iyad Allawi a profité de ce désenchantement chiite et, surtout, il a reçu le soutien des Arabes sunnites. Ceux-ci ont voté en masse pour un chiite (laïc) réputé proche des Américains et hostile à l'Iran, car aucun leader ne se détachait dans leur rang.

Du coup, Nouri Maliki est renvoyé à une posture dont il essayait désespérément de sortir : celle du représentant des chiites. Car il ne lui reste plus que l'alternative d'une alliance avec la coalition des partis religieux chiites. Et encore... Sa liste pourrait bien le rejeter comme futur Premier ministre pour parvenir à un tel accord.

Les enjeux des élections n'étaient donc pas démocratiques, mais bien communautaires. Les listes arrivées en tête ont eu beau clamer leur volonté de sortir du lien religieux, elles sont condamnées à y revenir. Les sunnites n'accepteront jamais de vivre comme une minorité en Irak et leur vote pour un chiite «laïc», qui se veut l'ennemi du confessionnalisme, est bien un vote... confessionnel. Les Américains rapatrient leurs Gi's, mais ils laissent derrière eux une armée de mercenaires, et un système politique qui ne permettra pas aux Irakiens de retrouver leur souveraineté.

(*) Chercheur au CNRS, historien de l'islam contemporain.

Lait : le conflit producteurs-industriels redémarre

Le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, veut désamorcer le bras de fer qui s'amorce sur le prix payé aux agriculteurs. Une semaine à hauts risques.

Repères

Le printemps s'annonce chaud. Un an après un bras de fer musclé entre producteurs de lait, industriels et grande distribution, rien n'est réglé. Les industriels refusent d'appliquer les clauses d'un accord signé, l'an dernier, avec les producteurs de la FNPL, la branche lait de la FNSEA. Ce texte permettrait aux 90 000 producteurs de bénéficier pour le deuxième trimestre d'une augmentation comprise entre 5,5 et 5,8 %.

Furieuse, la FNPL, qui avait été malmenée par sa base après avoir signé ce texte, a déjà appelé ses adhérents à réagir. Et les autres syndicats (Coordination rurale, Confédération paysanne) ainsi que l'Apli (Association des producteurs de lait indépendants) pourraient faire front commun avec elle. Les difficultés du groupe Entremont, dont la reprise par Sodiaal peine à se concrétiser, pèsent aussi sur le moral de la filière laitière.

Désamorcer la crise. Le ministre de l'Agriculture organise, demain, une rencontre entre industriels et producteurs. Mais il dispose d'une marge de manoeuvre étroite. Tout comme le nouveau commissaire européen à l'Agriculture, qui a déjà prévenu ne pas disposer de ressources pour intervenir.

Comme le réclame la FNPL, il pourrait donner son feu vert à des regroupements de producteurs, qui seraient ainsi mieux armés pour négocier avec les autres acteurs de la filière laitière. Les industriels, comme la grande distribution, observent avec inquiétude la montée des tensions. Lactalis (marques Bridel, Président) multiplie les actions en référé contre les syndicats pour éviter le blocage de ses usines. Pour les producteurs, Système U se dit favorable, en cas de crise agricole, à un prix plancher pour les producteurs. « Avec bien sûr l'arbitrage des pouvoirs publics », précise Serge Papin, PDG du groupe Système U. « Nous n'avons pas négocié de baisses de prix avec les industriels qui justifieraient des baisses de prix pour les producteurs », ajoute-t-il.

La détresse des producteurs. Les revenus des producteurs de lait ont diminué de plus de moitié (54 %) en 2009. « Le niveau moyen de rémunération se situe très en dessous du Smic », rappelle Gilles Psalmon, à la FNPL. Pour 5 à 10 %, la situation est quasi désespérée. « Rien n'est prévu pour les aider à abandonner ce métier dans de bonnes conditions », regrette Jean-Marie Séronie, directeur du Centre d'économie rurale de la Manche.

Les industriels durcissent le ton. Les prix se redressent pour le beurre et la poudre de lait : 190 € la tonne l'an dernier, 250 aujourd'hui. Mais la consommation de yaourts et de fromages patine. « La grande distribution a refusé toute hausse des tarifs des industriels. Et, dans 95 % des cas, elle est parvenue à ses fins », observe un économiste proche des industriels laitiers.

Les Allemands ont de l'appétit. Le prix du lait français est l'un des plus chers en Europe : 15 % de plus en moyenne que notre grand concurrent allemand en janvier. « La France a importé l'équivalent de 800 millions de litres de lait d'Allemagne, l'an dernier : une augmentation de 40 % par rapport à 2008 », explique Luc Morelon, directeur de la communication du géant lavallois Lactalis. Certains pays, comme l'Allemagne, ont profité des années de vaches grasses pour améliorer leur compétitivité : diversification énergétique avec des installations de biogaz, amélioration de la productivité et filet de sécurité avec l'aide des länder. La France, elle, est pénalisée par un encadrement très rigide des quotas qui a bloqué toute restructuration, estiment certains observateurs.

Patrice MOYON.

Les dons du Sidaction 2010 en baisse: 5,2 millions contre 5,8 en 2009

Le Sidaction 2010, destiné à récolter des fonds pour la lutte contre le sida, a recueilli 5,2 millions euros (5 204 215 euros) de promesses de dons dimanche à minuit, au terme d'un week-end d'appels de dons relayés par les medias audiovisuels, contre 5,8 millions d'euros en 2009, selon les organisateurs.

Moins de « petits donateurs »

Selon la responsable de la campagne d'appel aux dons Christine Tabuenca, la baisse des promesses est imputable à la crise économique. « Cette année, a-t-elle dit, il y a beaucoup moins de petits donateurs et une augmentation significative de promesses de dons importantes. » Mme Tabuenca a refusé de lier la baisse des promesses et la polémique qui a opposé le président du Sidaction Pierre Bergé et le Téléthon. « Toutes les associations ont connu cette baisse des dons dès le mois de novembre », a-t-elle dit.

L'an dernier, à la fin du week-end, les promesses s'élevaient à 5,8 millions d'euros, chiffre réévalué à 6,45 millions au terme de la campagne de collecte, fixé au 11 avril cette année.

30 personnes infectées chaque jour en France

Casser l'épidémie, « c'est une question d'argent» , avait déclaré jeudi Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS), prévenant qu'elle allait être en « quasi faillite » dans le courant de l'année 2010 et n'aurait « plus les moyens de porter les nouveaux projets autour de la prévention ».

7 400 chaque jour dans le monde

En France, où 144 000 personnes vivent avec le VIH, 39 000 d'entre elles ignorent être séropositives, selon un bilan dressé fin 2009. Environ 7 000 personnes se contaminent chaque année, soit 20 par jour, selon Sidaction qui rappelle que 360 personnes sont mortes du sida en France en 2008. Dans le monde, où plus de 33 millions de personnes sont séropositives ou malades du sida, il s'agit d'éviter que « chaque jour, 7 400 personnes dont 1 200 enfants soient infectées par le virus », relève l'association.

Depuis vendredi, les grandes chaînes nationales, mais aussi Europe 1, RTL et trois stations de Radio France ont consacré leurs programmes au Sidaction en multipliant les appels aux dons. Pour la première fois, onze chaînes de la TNT avaient rejoint le dispositif.

Des dons peuvent être faits toute l'année sur l'iPhone d'Apple (application gratuite dédiée), par courrier (Sidaction - 228 rue du Faubourg Montmartre, 75010 Paris) ou par le net (www.sidaction.org).

JE N'AI JAMAIS DONNÉ, JE NE SAIS PAS POURQUOI, MAIS JE CONTINUE À NE PAS DONNER.

Les jeunes profs seront mieux payés

Attendue depuis deux ans, la "revalo" arrive. Luc Chatel en a annoncé les grandes lignes dans l'émission Le Grand Jury RTL-Le Figaro, où il était invité dimanche 28 mars. Elle se matérialisera par 157 euros net supplémentaires en bas de la feuille de paye des professeurs des écoles et des certifiés qui entrent dans le métier le 1er septembre prochain. Pour les agrégés, le gain sera de 259 euros.
La revalorisation proposée par Luc Chatel veut lisser la courbe des carrières en augmentant le traitement perçu les sept premières années. Elle répond aussi au besoin d'attirer des jeunes diplômés, alors que les départs annuels en retraite sont nombreux et que dans certaines disciplines, le taux de quatre candidats pour un poste mis au concours – estimé garantir la qualité du recrutement - est tout juste assuré.

L'augmentation des débuts de carrière a été un des arguments pour "vendre" l'allongement de la formation des enseignants à cinq années, (dite réforme de la mastérisation) qui entre en vigueur en septembre. A titre de comparaison, le CEREQ a évalué fin 2009 que le salaire net médian des jeunes diplômés, quelle que soit l'entreprise où ils travaillent, était de 1900 euros net, trois ans après avoir obtenu un master en sciences dures et de 1500 avec un même niveau d'études en sciences humaines.

Selon l'entourage du ministre " le traitement mensuel net d'un professeur des écoles stagiaire s'inscrira désormais dans une fourchette allant de 1 577 euros à 1 628, selon le lieu de résidence, tandis que celui d'un professeur certifié stagiaire pourra s'élever à 1 811 s'il est affecté en zone d'éducation prioritaire. Un professeur agrégé stagiaire percevra, lui, en moyenne un traitement mensuel net de 2 027 euros ".

Les syndicats souhaitaient, eux, que l'ensemble des enseignants bénéficient de cette augmentation qui touche un enseignant sur quatre.

La revalorisation est l'élément essentiel du "pack de carrière", de Luc Chatel. Y figurent aussi un droit individuel à la formation, doublé de deux entretiens de carrière, à 2 ans et à 15 ans. Le ministre a aussi annoncé la mise en place des premiers rudiments d'une médecine du travail avec le recrutement de 80 médecins et l'obligation pour tout enseignant de passer une visite à 50 ans.
Maryline Baumard

MALHEUR ! DANS CE BASTION QUI VOTE À GAUCHE PARCE QU'IL CROIT DÉTENIR UN SAVOIR, LES MIEUX PAYER C'EST TENTER DE LES AMADOUER, LAS ! CROTTÉS COMME ILS SONT, CES GENS QUI SE LA JOUENT INTELLO NE SONT QUE DES PERROQUETS.

dimanche 28 mars 2010

Fillon ferait un meilleur président qu'Aubry, selon un sondage

Tapi dans l'ombre de l'omniprésident, François Fillon serait-il en train de se tailler en toute discrétion un costume de présidentiable ? Selon un sondage Ipsos pour Le Point, il ferait en tout cas aux yeux des Français un meilleur président que les socialistes Martine Aubry et Ségolène Royal. Le premier ministre est par contre largement devancé par le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
A la question "selon vous qui ferait le meilleur président de la République ?" le premier ministre l'emporte sur la première secrétaire du PS par 47 % contre 31 % (22 % ne se prononcent pas). Domination plus forte encore face à Ségolène Royal : 57 % contre 23 % préférant la présidente de Poitou-Charentes. Mais le chef du gouvernement est dominé par le directeur général du FMI : 46 % voient en DSK (PS) un meilleur président que M. Fillon (34 %).

Parmi les sympathisants de l'UMP, le premier ministre est par ailleurs considéré comme le meilleur présidentiable de leur camp dans l'hypothèse où Nicolas Sarkozy ne se représenterait pas : avec 45 %, il est loin devant ses suivants Alain Juppé (12 %), Dominique de Villepin (11 %) et Jean-François Copé (10 %).

Malgré ce sondage, et malgré la "une" du Point, François Fillon a tout fait pour éviter une polémique naissante. Dans son entourage, on s'attache à dégonfler un "phénomène totalement artificiel", un "coup commercial". "Ce sondage n'a aucun sens. Une candidature présidentielle, c'est quand même un peu plus compliqué que ça", explique une source de Matignon citée par Reuters.

M. Fillon, en visite au Salon de l'agriculture, jeudi, n'a pas personnellement donné son avis. "Ça doit être pour fêter mon anniversaire, j'imagine", s'est-il amusé, le jour de ses 56 ans. "Les journalistes sont libres d'écrire ce qu'ils veulent", a sobrement réagi le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire, qui l'accompagnait dans les couloirs du Salon. Egalement du cortège, Jean-François Lamour, qui lorsqu'il a été interrogé, a lancé : "Pourquoi voulez-vous amener une polémique là où il n'y en a pas ?"

Alain Juppé n'exclut pas de se présenter à la présidentielle

Le maire de Bordeaux Alain Juppé a affirmé, dimanche 28 mars, sur BFM TV qu'il n'excluait pas de se présenter à des primaires UMP pour la présidentielle de 2012 si Nicolas Sarkozy ne se représentait pas.
"Comme l'a dit François Fillon le candidat naturel de la majorité en 2012 c'est Nicolas Sarkozy", a affirmé M. Juppé. "S'il arrivait, pour des raisons qui lui appartiennent, qu'il ne soit pas à nouveau candidat, moi je pense qu'il faudra des primaires au sein de l'UMP", a estimé l'ancien premier ministre "Je n'exclus pas à ce moment là d'être candidat à la candidature", a-t il ajouté.

M. Juppé a souligné qu'il ne souhaitait pas entrer au gouvernement. "J'ai déjà dit que je souhaitais pour l'instant me consacrer à mes tâches bordelaises" "Il peut se produire des circonstances dans lesquelles il faut s'y mettre tous, car cela ne va pas être facile en 2010 et 2011", a-t-il prévenu. "La croissance ne repart pas à un rythme très soutenu" et "toutes les compétences peuvent être utiles un jour".

DONNER DU SENS AUX RÉFORMES

L'ancien premier ministre a également estimé que les élections régionales avaient été "incontestablement un échec" pour la majorité, mais "cela ne permet de dire ce que sera 2012", notamment en raison de l'abstention. Selon lui, le message des régionales est celui "d'une injustice ressentie par les Français". S'il soutient la poursuite des réformes, il estime donc qu'il faut leur "donner du sens" et ce sens, selon lui, est "double" : "rendre la France plus performante et en même temps la France plus juste".

Dans cette même logique, il a souligné la nécessité "de s'interroger sur la pérennité du bouclier fiscal (qu'il) faut adapter". "Dans cette situation de crise très profonde il faut que les très riches qui sont de plus en plus riches fassent un effort de solidarité", a-t-il lancé. Pour aller dans le sens de la justice, il a souligné la nécessité notamment de mesures en faveur des "chômeurs en fin de droit", de "logement pour les travailleurs pauvres" et s'intéresser à des catégories socio-professionnelles comme "les agriculteurs", qui s'estiment précisément oubliés par Sarkozy.

Copé: "Tous derrière Nicolas Sarkozy" pour 2012

Le chef de file des députés UMP appelle la majorité à oublier ses divisions et à se concentrer sur la prochaine échéance présidentielle.
Le chef de file des députés UMP a appelé dimanche la majorité à être "tous derrière Nicolas Sarkozy avec un objectif lui permettre d'emporter la présidentielle de 2012". "Je suis engagé à fond aux côtés de Nicolas Sarkozy dans sa réélection en 2012", a déclaré Jean-François Copé, invité du Grand rendez-vous Europe 1/Le Parisien- Aujourd'hui en France.
Il a affirmé "ne pas avoir de doute" sur la qualité de "candidat naturel" de la droite du chef de l'Etat pour la présidentielle, expression également utilisée par le Premier ministre François Fillon dans une interview publiée par le Journal du Dimanche.

Ces deux interventions interviennent au lendemain du "No Sarkozy Day", une semaine après la défaite de la droite aux élections régionales, et alors que la cote de popularité du président de la République plonge: seulement 30% des Français se disent satisfaits de son action selon un sondage Ifop pour le JDD, soit le plus faible niveau de confiance depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à ce poste mi-2007.

"Ce n'est pas le moment de se diviser"

"Alors que l'heure est extrêmement grave, avec le score de la gauche, il n'est plus temps de se poser des questions sur l'état du parti socialiste. La gauche est aujourd'hui en situation de l'emporter (à la) présidentielle", a poursuivi le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne).

Pour lui, "ce n'est pas le moment de se diviser". "Tous derrière Nicolas Sarkozy avec un objectif lui permettre d'emporter la présidentielle de 2012 et avec notre majorité poursuivre les réformes engagées pour la France", a-t-il lancé.

Alors qu'il réunit lundi, avec son collègue du Sénat Gérard Longuet, les parlementaires UMP pour un séminaire de "travail" destiné à bâtir "un nouveau pacte majoritaire", Jean-François Copé s'est défendu de vouloir ainsi faire pression sur l'exécutif.

"Tout ce que nous sommes en train de faire, a-t-il dit, je l'ai vu personnellement avec le président de la République et le Premier ministre". Nicolas Sarkozy, a-t-il affirmé, "a donné évidemment son feu vert" à la tenue du séminaire auquel participera François Fillon.

SARKOZY NE SE REPRÉSENTERA PAS, LA FRANCE EST SOUS VALIUM DEPUIS TROP LONGTEMPS.
DE 1914 À CE JOUR, CE SONT LES AUTRES QUI ONT MENÉ BATAILLE POUR ELLE.
LE SOLEIL D'AUSTERLITZ EST BIEN TERNE AUJOURD'HUI.

L'Allemagne paiera...


Les Allemands sont doublement coupables. D’abord, ils ont affiché pour 2009 un excédent commercial en dehors de la zone euro de 55 milliards d’euros, alors que le reste de la zone a enregistré un déficit de 35 milliards. Donc, sans les excédents allemands, l’euro serait plus faible, ce qui serait meilleur pour nos exportations et nos entreprises. Forcément, puisque tout le monde le dit.

Oui, mais… Les deux tiers du déficit commercial français, en 2009, sont faits dans la zone euro. Donc la surévaluation de l’euro ne peut expliquer qu’un tiers de notre déficit, au maximum. Qu’à cela ne tienne! Les Allemands sont coupables également à l’intérieur de la zone euro puisqu’ils enregistrent un excédent commercial de 80 milliards d’euros pour 2009 et la France un déficit de 28 milliards. Pourtant, c’est la même monnaie… Des esprits chagrins pourraient penser que ces évolutions profondément divergentes depuis quelques années sont dues à des différentiels de compétitivité et à une spécialisation plus forte. Mais Mme Lagarde a trouvé une explication plus originale: l’Allemand ne consomme pas assez! Si les Grecs sont dans une mauvaise situation, c’est parce que les Allemands ne leur achètent pas suffisamment d’olives pour leur permettre de prendre une retraite à 58 ans.

Il est parfaitement vrai que si les Allemands consommaient plus, leurs excédents seraient moins élevés et, peut-être, les déficits de leurs partenaires européens plus bas. Peut-être, car, qui sait, ils pourraient préférer acheter plus de vêtements chinois, plus de voitures japonaises et passer plus de vacances en Thaïlande…

Mais admettons ce présupposé qu’une croissance de la consommation allemande se déverserait sur ses voisins européens. Comment les conduire à consommer? La France peut leur donner de bons conseils. Au 4e trimestre, la consommation française a augmenté en rythme annualisé de 4%, ce qui a permis au Président d’annoncer que nous avions fait mieux que nos voisins. La moitié de cette croissance est due à l’automobile dopée par les primes publiques. Mais, du coup, les importations de voiture ont crû de 63%. Et comme les primes sont versées grâce au creusement des déficits, financés par l’épargne étrangère pour 60%, on arrive au paradoxe qu’on s’endette à l’étranger pour acheter des voitures à l’étranger!

Un je-ne-sais-quoi peut faire penser que les Allemands ne sont pas prêts à utiliser ce genre de recettes. Voilà peut-être pourquoi leur déficit public 2009 a été de 3,2% du PIB et, en France, de 8,2%.

Quel fatras!

Comment trouver une cohérence dans les réponses apportées cette semaine à la claque électorale des régionales?

Un remaniement a minima, même s’il met Eric Woerth sur orbite pour Matignon. Des priorités illisibles où le sociétal, le politique et l’économique sont confondus à dessein. On ne distingue plus l’essentiel. La crainte de la burqa est instrumentalisée, comme si le port du voile menaçait la société. La taxe carbone est renvoyée à l’unanimité des Européens! Pas de quoi être "désespéré", à dire vrai. Mais il était excessif d’en faire une réforme majeure et d’avoir voué aux gémonies qui en critiquait les modalités.

Beaucoup de bruit pour rien quand la crise sociale exige de la mesure, de la pédagogie et… de la sérénité. C’est désormais François Fillon qui incarne ces vertus. Notre baromètre met à nu une situation institutionnelle inédite : un Premier ministre distançant de 20 points le président de la République. Par sa ténacité et sa sobriété, le fusible est devenu un recours. Alors qu’il va à la rencontre de l’Amérique, Nicolas Sarkozy peut encore transformer ce handicap en atout. Il sait que rien n’est plus inconstant que l’opinion. Raison de plus pour lui opposer de la constance.

Petit dîner entre amis

Après une longue phase de défiance, Nicolas Sarkozy est reçu mardi à la Maison-Blanche par Barack Obama.


Qu'il est loin ce mardi de novembre 2007, lorsque Nicolas Sarkozy, pour sa première visite présidentielle sur le sol américain, était venu poser les jalons de sa relation avec l’Amérique sans savoir qui de John McCain, Hillary Clinton ou Barack Obama l’emporterait un an plus tard. Au dîner de gala offert par George Bush à la Maison-Blanche, Nicolas Sarkozy était venu seul, sans Cécilia, mais avec ses "Charlie’s angels": Christine Lagarde, Rachida Dati et Rama Yade. Le dessert des agapes présidentielles s’appelait "La Fayette". Nicolas Sarkozy venait d’exalter son amitié pour les Etats-Unis devant les deux chambres du Congrès en gommant dans son discours écrit par Henri Guaino quelques paragraphes désagréables sur Guantanamo ou la guerre en Irak.

La suite est officiellement une histoire d’agendas contrariés. Barack Obama est venu deux fois en France, en avril 2009 lors du sommet de l’Otan à Strasbourg puis en juin sur les plages du Débarquement, en Normandie. Nicolas Sarkozy s’est rendu l’automne dernier à New York pour l’assemblée générale des Nations unies et à Pittsburgh pour le G20. A chaque fois, les deux hommes se sont vus, mais depuis l’investiture de Barack Obama aucune date n’a été trouvée pour que "l’ami de l’Amérique" soit reçu dignement à Washington.
La conférence de presse se tiendra "grand format"

Sauf qu’entre-temps, pas moins de huit chefs d’Etat européens ont foulé le tapis rouge de Pennsylvania Avenue. Angela Merkel, Gordon Brown, Silvio Berlusconi, José Luis Zapatero, et des calibres plus légers tels les Premiers ministres suédois, néerlandais ou grec! Fâcherie, bouderie? "Cette visite est vraiment destinée à renforcer leurs liens personnels", dit-on dans la délégation française. "D’où l’idée de la cerise sur le gâteau", ce dîner privé qui réunira mardi soir, dans la salle à manger privée de l’East Wing, Barack, Nicolas, Michelle et Carla.

L’idée serait venue au cours d’une des conversations préparatoires entre les deux sherpas, Jean-David Levitte et le très francophile conseiller à la sécurité nationale Jim Jones. Comme les Sarkozy avaient reçu très librement à déjeuner les Obama à la préfecture de Caen, l’option du petit dîner de retour entre amis a été retenue. A moins de se rendre à Camp David, où Barack Obama n’a reçu aucun autre chef d’Etat étranger, on ne pouvait pas trouver plus chaleureux.

Pour rehausser le cadre et la solennité de la visite, la conférence de presse qui conclura les travaux se tiendra en "grand format". Souvent, par commodité et pour éviter les sujets qui fâchent avec les journalistes, Obama et ses invités ne répondent qu’à trois questions depuis leurs fauteuils à côté de la cheminée du bureau Ovale. Mardi après-midi, Nicolas Sarkozy aura droit au pupitre, aux drapeaux, et, s’il fait beau, au très télégénique Rose Garden.

Qu’on n’aille pas croire pour autant que le président américain se soit converti au style "copain". Lorsque le Washington Post a demandé récemment à l’un des plus proches collaborateurs d’Obama quel était le partenaire étranger dont il se sentait le plus proche, les noms de Sarkozy et de Medvedev sont venus en premier; mais davantage par le sentiment d’appartenir à une même génération que par proximité de caractère.

A la bonne heure, nous y voilà !

Question : « Quelle heure est-il ? »

Réponse : « Qu’est-ce que ça peut te faire ? Ça change tout le temps ! »

A propos, avez-vous pensé à avancer votre montre d’une heure ? Eh oui, la nuit dernière, à 2 h, il fut soudain 3 h. Nous voilà à l’heure d’été.


À la fois durée (vingt-quatrième partie du jour) et moment (exemple : l’heure d’aller au lit), l’heure est une mine pour les amateurs d’expressions et autres locutions. Dans le langage courant, elle n’a pas toujours la même valeur : une grosse (ou grande) heure, une petite heure… Une heure d’horloge (bien tassée, bien remplie). Un temps très long : « Il y a une heure que j’attends ! » Un temps
assez court : « Cela se fait en une heure. »
Une heure indue est une heure où il n’est pas ordinaire, pas à propos, d’accomplir une action. L’heure indue est rarement convenable. On dirait même, c’est un comble, « à pas d’heure », pour qualifier une visite tardive. Quant à la dernière heure, c’est celle de la mort. « Il a cru sa dernière heure arrivée. » « Son heure a sonné. »

En revanche, dans les journaux, une nouvelle de dernière heure est celle qui parvient à la rédaction dans les ultimes moments qui précèdent l’impression ou la diffusion. Souvenons-nous du désuet « à l’heure où nous mettons sous presse ». Ce peut être aussi le nom de la rubrique réservée à ces informations.

Tout à l’heure est une expression qui joue bien avec le temps. « Je ferai cela tout à l’heure » (dans un moment) exprime le futur. « Il a plu tout à l’heure » (il y a peu de temps) fait référence au passé. En français classique (chez Molière par exemple : « Hors d’ici tout à l’heure ! »), la formule équivaut à tout de suite, sur le champ. On est dans le présent.

A l’heure qu’il est, signifie maintenant, immédiatement, dans le moment où nous sommes, à cette heure, asteur comme disent et écrivent nos cousins les Acadiens.
Se lever ou se coucher de bonne heure (bonne heure, comme on dit chez nous) c’est se lever ou se coucher tôt, n’est-ce pas,
Marcel ?

À la bonne heure exprime la satisfaction, l’approbation. C’est très bien, tant mieux. La bonne heure est aussi le bon moment, comme la male heure est le mauvais. Bonheur, malheur… "Heure" et "heur" se confondent parfois.

Chacun le sait, il n’y a pas d’heure pour les braves. Cela dit, il n’est pas interdit d’attendre le moment propice pour agir, d’attendre son heure en quelque sorte. Ne vous inquiétez pas, votre heure viendra. Quant à cet hésitant, trop tard pour lui, son heure est passée.

On le constate, l’heure n’est pas toujours à la rigolade. Attention, vous risquez de passer un mauvais quart d’heure ! Le quart d’heure de Rabelais est le moment où il faut payer la note. On raconte que le génial et rusé François, un jour où il se trouvait à Lyon, ne pouvait payer l’aubergiste chez qui il était descendu. Il se débrouilla pour se faire accuser d’avoir voulu empoisonner le roi et la reine et se fit alors reconduire gratuitement à Paris par les gens d’armes alertés.

Quoi ? L’anecdote serait fausse ? Ecoutez, vous, mêlez-vous de ce qui vous regarde, on ne vous demande pas l’heure qu’il est ! De toute manière, la sagesse populaire l’affirme : avant l’heure, c’est pas l’heure, après l’heure, c’est plus l’heure !

Pas toujours facile de se situer passé, présent,futur… Coucher de soleil, lever de soleil ? En réalité : la lune en plein jour, image d’un temps qui donne à penser.

Jacques BRUYÈRE

POUR D'AUTRES C'EST LA PLOMBE...Mais c'est pas l'heure d'en parler.

Bienvenue sur la terre des femmes


Il y a ceux que la faim dans le monde scandalise. Il y a celles qui agissent. Une jeune fille au caractère aussi déterminé que sa voix est douce nous fait sourire d'espoir : Violaine Neto-Gameïro a mis sur pied une ferme-école au Burkina-Faso pour cultiver la spiruline, une algue gorgée de protéines. Il est anecdotique que la spiruline ait bon goût : c'est surtout une arme géniale contre la famine. Une cuiller par jour suffit. On la mange d'ailleurs depuis toujours sur les bords du lac Tchad. Il suffisait de penser à la cultiver dans des seaux alentour. Cela paraît tellement simple !

Pas très loin de cette ferme burkinabé, du côté de Kadiolo au Mali, Annick Hugon plante des pépinières de moringa et de karité. Tout a commencé par une histoire personnelle entre Annick et Binta une enfant malade à qui elle vient en aide. Elle se dit qu'il faudrait vraiment qu'elle se bouge pour ne pas regretter de n'avoir rien fait. Avec son coup de pouce, on mange mieux au village, on va à l'école et toutes sortes de projets de développement sortent du sable.

Un peu plus au sud, tout pousse facilement mais la forêt équatoriale est menacée par la cueillette anarchique des plantes médicinales : Carole Robert forme des écopreneurs au Congo, des cueilleurs sensibles à la protection de leur environnement et au respect de la biodiversité.

Beaucoup plus au nord, le Mont-Blanc, notre point culminant, ne bénéficie curieusement d'aucune protection particulière. Barbara Ehringhaus se démène auprès des collectivités françaises, italiennes et suisses et tente de convaincre pour que le Mont-Blanc soit inscrit au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco.

Et puis, au pied de nos immeubles de béton on voit désormais pousser les fleurs du bien : Meriem Fradj a changé la vie des habitants de Fontbarlettes à Valence à la faveur de jardins partagés. Une utopie qui fait des petits. Le rêve, c'est le moteur de l'initiative, s'amuse cette grande rêveuse qui cultive la bonne humeur et la paix sociale...

Toutes ces femmes de coeur ont été honorées par la Fondation Yves Rocher qui s'est par ailleurs engagée à planter 50 millions d'arbres. Ce sont les lauréates de l'édition 2010 des prix Terre de Femmes sous l'égide de l'Institut de France. Elles nous rendent optimistes. Leur motivation est simple comme le formule Annick Hugon : « On met des enfants au monde, alors on veut les protéger ». Heureusement que la terre est aussi celle des femmes ! Merci Mesdames pour cette leçon d'humanisme et de raison.

Handicapée, elle est débarquée du vol Paris-Nice

Une habitante de Fréjus, âgée de 38 ans et paraplégique depuis 19 ans après un accident de VTT, a annoncé ce samedi avoir saisi la Halde après avoir été "débarquée" le 21 mars d'un vol Paris-Nice sur la compagnie à bas prix EasyJet, au motif qu'elle n'avait pas d'accompagnateur.

L'histoire

« J'avais enregistré normalement, je n'avais qu'un bagage à main et, pour mon embarquement dans l'avion de 13h45, j'ai bénéficié de l'assistance au sol jusqu'à ce que je sois installée. Jusque-là tout s'est déroulé comme d'habitude », a expliqué Marie-Patricia Hoarau.

« Une fois tous les passagers installés, le steward est venu me dire: on ne peut pas vous accepter car vous n'avez pas d'accompagnateur. Un passager, commandant de bord à la British Airways, s'est proposé de remplir ce rôle et je pensais que tout était réglé. Sauf que le commandant de bord a annoncé au micro que le vol allait avoir du retard », poursuit-elle.

Elle a alors été raccompagnée par l'assistance à l'intérieur de l'aéroport, jusqu'au comptoir d'easyJet, « sous les huées des autres passagers ». Un billet gratuit lui a été alloué pour le vol suivant de 14h20 et un passager a été sollicité pour l'accompagner jusqu'à Nice.

Easyjet désolé de cette expérience malheureuse

La jeune fille dit être une « habituée des vols pour Paris » où elle a de la famille. « Comme toujours, je réserve mes vols sur internet et je prends bien la précaution d'indiquer que j'ai besoin d'assistance. Jusqu'à présent je n'ai jamais eu de problème. Là on m'a expliqué qu'un accompagnateur devait se déclarer en même temps que moi à l'enregistrement », dit-elle.

Depuis, elle a contacté la Halde et a rempli un dossier pour dénoncer les faits.

De son côté, EasyJet s'est dit dans un communiqué « sincèrement désolé des désagréments subis par cette passagère », ajoutant: « nous comprenons l'émotion que cela suscite » même si « tout est finalement rentré dans l'ordre ».

EH OUAIS, EASY JETTE !

"On ne change pas une politique engagée depuis trois ans"

Pour apaiser la droite, François Fillon brandit la rigueur et affiche sa cohérence. La lutte contre les déficits sera au cœur de l’action gouvernementale, dit-il au JDD, selon la ligne qu’il a toujours défendue.
Ne faut-il pas reconnaître que le programme de 2007 est devenu obsolète?
Le programme de 2007, on peut le résumer ainsi: depuis vingt ans, la France a fait preuve de beaucoup d’attentisme sur les évolutions à apporter à son organisation économique et sociale. Il faut maintenant entrer dans un effort de réforme rapide car la compétition est intense. Cet engagement-là est encore plus fort, plus justifié aujourd’hui qu’il ne l’était avant la crise. L’économie mondiale est repartie à grande vitesse. La France joue dans les prochains mois une partie très importante qui est son maintien dans le peloton de tête des pays développés et au même niveau que l’économie allemande. C’est cela, le véritable enjeu.

C’est ce que vous expliquerez lundi aux parlementaires de la majorité?
A l’initiative de Jean-François Copé et Gérard Longuet, nous avons ouvert un débat avec la majorité, qui passe par une réunion de travail que je conclurai lundi, puis par la réception des parlementaires mercredi par le Président. C’est un débat dans le cadre des engagements du mandat présidentiel, qui s’achève en 2012 et pas avant. Telle est la règle de la Ve République. Mais les parlementaires sont en prise directe avec les Français. Ils ont des choses à dire à l’exécutif. Je veux les écouter et j’ai besoin de chacun d’eux dans les prochains mois.

Pour changer de politique?
C’est un débat sur le rythme législatif et les priorités. Les députés réclament des ajustements et des approfondissements. On ne change pas une politique engagée depuis trois ans, qui commence à peine à produire ses effets, au risque de rater le train de la croissance qui repart. Ce que nous avons fait, pour aider les entreprises, notamment en supprimant la taxe professionnelle, va payer maintenant en termes d’emploi.

Donc vous ne changez rien?
Nous allons nous concentrer sur trois priorités. Amplification des mesures pour la sortie de crise et le recul du chômage. Poursuite de la réduction des déficits: on voit bien avec la situation de la zone euro les dangers qu’ils font peser sur l’avenir de l’économie européenne. Et, enfin, réponse au besoin de protection, tel qu’il s’est exprimé pendant cette campagne: la sécurité évidemment; la santé, avec cette question préoccupante de territoires à faible couverture médicale ; et la crise agricole, on peut même dire la crise du monde rural.

Luc Ferry: "Sarkozy doit revendiquer le gaullisme"

Selon le philosophe et ex-ministre de l’Education nationale, la crise a balayé tous les thèmes de 2007. Et pour survivre, la droite doit assumer son évolution et redevenir républicaine.

Les régionales ont été perdues, les députés UMP ont vilipendé le Président, Dominique de Villepin lance son aventure présidentielle, le centre-droit revendique son autonomie, François Fillon est le rival malgré lui de son patron. Face au syndrome de la droite folle, le philosophe et ancien ministre Luc Ferry fait appel à la sagesse des anciens, donc le gaullisme, que Sarkozy, dit-il, doit assumer, puisque tous les rêves de la campagne de 2007 sont devenus obsolètes.

La droite se divise et perd ses marques, parce qu’elle ne croit plus en son chef?
Non, le mal-être de la droite est intellectuel pour ne pas dire philosophique. La crise est venue mettre à mal tous les thèmes de la campagne de 2007 alors qu’elle était la première campagne d’une droite décomplexée, enfin à l’aise avec elle-même. La campagne était libérale, dérégulatrice et pro-américaine. On allait balayer le vieux monde, en finir avec la longue sieste chiraquienne et le "modèle social français"! Et la crise est arrivée. Comme la gauche en 1983, la droite fait un tournant à 180°. Le président Sarkozy devient protecteur, régulateur, presque anticapitaliste: son discours à Davos a des accents de Besancenot…

Donc le Président s’est renié et la droite se perd avec lui…
Non, il a changé parce que le réel a changé et il a eu raison. Il a bien géré la crise et le plan de relance. Mais il doit dire comment il a changé et pourquoi. Il n’y a pas de honte à évoluer, c’est même tout le sens de l’exercice du pouvoir. C’est très bien d’abandonner la taxe carbone, qui était une ineptie: elle heurtait le monde agricole et industriel sans rien changer, pas une virgule, à la question écologique majeure que pose l’entrée de l’Inde et de la Chine dans la logique de la consommation occidentale. Il faut le dire clairement plutôt que d’ergoter sur un éventuel accord unanime de l’Europe, qui n’arrivera jamais. La droite ne doit pas faire comme Mitterrand après le tournant de 1983, prétendre que le cap reste le même. Ce déni serait tragique, et les citoyens ont besoin de vérité. Ensuite, il faut donner une cohérence à cette évolution, penser le retour de l’Etat régulateur sans tomber pour autant à gauche. Le seul positionnement possible pour la droite est le suivant : ni libéral ni socialiste mais gaulliste et républicain.

Mais Sarkozy n’est pas gaulliste…
C’est plus compliqué que ça. Il est de culture interventionniste, il l’a montré à Bercy. Il peut parfaitement assumer un tournant gaulliste et républicain. De toute manière, c’est une nécessité. C’est sur ce socle que Bayrou s’est construit, que Villepin peut se lancer et que Fillon est populaire.

Imaginez-vous la droite faire tomber Nicolas Sarkozy?
Ne plus le soutenir, le contester, souhaiter un autre champion? C’est possible si les députés pensent que leur siège est en danger. Ils ne demandent au chef qu’une chose: qu’il les entraîne vers la victoire. Sinon… Mais Sarkozy n’est pas en danger immédiat à l’intérieur de son camp. Fillon est vraiment loyal, je ne l’ai jamais entendu dire un mot contre le Président et il n’ira pas contre Sarkozy aux élections. Villepin est dans une situation analogue à celle de Strauss-Kahn à gauche: il est le candidat préféré des gens d’en face. Sarkozy a un espace pour redresser le cap. Encore faut-il qu’il ait l’envie de le faire. Il ne doit surtout pas écouter ceux qui prêchent un retour aux fondamentaux de la droite de 2007. La crise rend tout retour en arrière impossible.
"Il faut acter qu’on travaillera plus"

Lui qui réussissait tout avant 2007 donne l’impression de jouer à l’envers systématiquement.
Non, Sarkozy a réussi les grandes choses: la relance de l’Europe, la gestion de la crise et du plan de relance, le G20. Mais il les gâche par des petites mesures indéfendables, type taxe carbone ou suppression de la pub à la télé, auxquelles il s’attache sans qu’on comprenne vraiment pourquoi. Il a parfois du mal à comprendre et à accepter des refus ancrés dans une très vieille tradition républicaine. Par exemple, il pense, sincèrement, qu’il faut mettre en place la discrimination positive, des quotas dans les grandes écoles, pour atteindre l’égalité… Comme il pense que c’est bien, il ne voit pas que cela heurte tous les républicains de droite comme de gauche, une majorité de professeurs, toute la droite universitaire ou l’Académie française, et que leur résistance ne s’enracine pas seulement dans une très ancienne histoire de France mais aussi dans une vraie argumentation.

Sarkozy pèche par manque de culture politique?
Non, mais il veut bousculer les choses et il ne mesure pas assez le poids des résistances. Il n’intègre pas les invariants, les tabous, les refus historiques. Il se trompe de symbole également. J’avais averti Eric Besson dès le début que le débat sur l’identité nationale était une erreur, que tout le monde s’en moquait, et que, forcément, il n’en sortirait rien de bon. A la place, Nicolas Sarkozy aurait dû s’approprier le service civique que j’avais proposé à Martin Hirsch, à la demande du Président, d’ailleurs, en faire le pivot d’un discours de rassemblement républicain. Le pays a besoin de valeurs, pas de débats oiseux sur des sujets trop difficiles. Le service civique, c’était une occasion rêvée d’autant plus qu’il était en plus plebiscité à gauche.

Il peut encore faire la réforme des retraites?
C’est vital et s’il y a encore une réforme à faire, c’est celle-là. Il faut acter qu’on travaillera plus, mais mettre en place une loi si juste, si équitable, que nul ne pourra s’y opposer. La CGT et la CFDT – donc la véritable gauche aujourd’hui, plus qu’un PS qui bénéficie virtuellement de la victoire de ses présidents de région, peuvent être entraînés… Réussir une juste réforme des retraites, ça serait faire preuve à la fois de républicanisme, de souci de la rigueur budgétaire et de préoccupation sociale. Ce peut être le socle du renouveau idéologique de la droite.

Vous imaginez que Nicolas Sarkozy puisse renoncer à 2012?
Je n’ai aucune information sur le sujet. Mais la question clé de la droite est celle de la philosophie d’ensemble, pour 2012 et après. Le pays a besoin de trois choses: un vrai discours sur les valeurs morales, un souci intransigeant de justice et une politique de rigueur. Ça ne suffira peut-être pas à empêcher la gauche de gagner mais cela permettrait au moins une défaite honorable, et porteuse d’avenir.

samedi 27 mars 2010

Après leur succès au scrutin régional, les socialistes face au syndrome de 2004

Le quasi-sans-faute de la gauche aux élections régionales n'a pas seulement sonné comme une victoire. Il marque aussi un vrai changement d'état d'esprit. Désormais, les socialistes croient que Nicolas Sarkozy peut être battu en 2012. L'écart avec l'UMP, privée de réserves de voix, s'est creusé davantage que prévu et - autre bonne surprise - les relations sont au beau fixe avec les alliés écologistes qui, au premier tour, avaient pourtant insisté pour se présenter sous leurs propres couleurs.
Pourtant, le conseil national du PS réuni samedi 27 mars, à Paris, salle de la Mutualité, ne devait accorder qu'une petite heure à l'analyse des résultats - forcément avantageuse - des élections régionales. Pas question de verser dans l'excès d'autocélébration. Le parlement du PS devait être essentiellement consacré à lancer une "mobilisation générale pour la défense des territoires" menacés par la réforme du gouvernement.

Depuis le 21 mars au soir, les leaders socialistes font assaut de modestie. A travers cette "victoire sans précédent", Martine Aubry discerne "un encouragement mais aussi une exigence" et Ségolène Royal "beaucoup d'obligations". "Pour en arriver là, admet Claude Bartolone, proche de la première secrétaire, n'oublions pas qu'il aura fallu que Nicolas Sarkozy commette des erreurs considérables."

HU-MI-LI-TÉ

Bref, le PS a trouvé son maître mot : hu-mi-li-té. Cette circonspection n'est pas seulement dictée par le niveau élevé de l'abstention. Elle recouvre un réflexe de défense, né de l'expérience des dernières élections régionales, il y a six ans. Marqué lui aussi par un succès retentissant de la gauche, ce scrutin de 2004 devait annoncer d'autres victoires. Il ne put empêcher une nouvelle déconvenue - la troisième d'affilée - de la gauche à l'élection présidentielle de 2007. Les socialistes avaient négligé leur projet et s'étaient laissés aller à leurs divisions, exacerbées par le débat autour du référendum sur le traité constitutionnel européen de 2005. La leçon a été retenue assurent, unanimes, les dirigeants du PS décidés à ne pas succomber, une nouvelle fois, au syndrome de 2004 en s'imaginant que le grand balancier de l'alternance est en branle et qu'il suffirait simplement de l'accompagner.

Répétant que "2010 sera l'année du projet", les socialistes préparent leurs prochaines conventions thématiques. Elles porteront sur la définition d'un "nouveau modèle économique", les conditions de "l'égalité réelle", ou encore les questions internationales. Le risque est de s'en tenir à des principes ou au rappel de grandes valeurs sans parvenir à articuler des propositions précises sur les sujets d'actualité comme la réforme des retraites ou la fiscalité. Du projet, assure Mme Aubry, découleront les modalités d'une alliance privilégiée avec les écologistes. En attendant, le débat est déjà lancé autour de l'opportunité d'une candidature commune dès le premier tour de la présidentielle.

Quant aux candidats à l'investiture, ils font preuve, hormis Manuel Valls, d'une prudente réserve. De Mme Aubry à Mme Royal, en passant par François Hollande ou Laurent Fabius, chacun assure que les choses sérieuses débuteront lorsque le processus des primaires sera engagé, en 2011. Malheur à celui ou à celle qui donnera le signal de la reprise de ce que Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, appelle "la sarabande des ego".

"Pourvu que ça dure...", grince un dirigeant.
Jean-Michel Normand

ÉTONNANT, NON ? MAIS NON, C'EST VRAI ! LE PS N'EST QU'UN CONGLOMÉRAT D'EGOS SUR-DIMENTIONNÉS.

ELLE


est ronde

Punchy poncho Gucci 165€ chemise 265€ collier374€
Trench Max Mara 949€
Robe Bel Air 75€
Combinaison-pantalon Hermès 2400€
Besace toile 2100€ (j'ai déjà oublié la marque)
Robe débardeur Zadig et Voltaire 125€
Robe Lanvin 1490€
Blazer Old England 595€
Robe longue Hermès 2300€
Cape sur mousseline Chloé 4951€ + 2391€ (chaussures 590€)
Blouson XXL Ventcouvert 650€
Il y a quelque part aussi un jean qui traine à 139€ (aller je le donne!)
Je n'ai pas fait le total, j'ai déjà mal à la tête, le tourni, quoi !
Après ça comment ne peut-on pas se retrouver:


à poil ?
J'aime les rondes c'est vrai. Surtout quand elles ont un porte monnaie aussi rond qu'elles.

L'échec électoral du MoDem et son avenir politique au menu d'un conseil national

Une semaine après les régionales, le Mouvement démocrate (MoDem) a convoqué pour le 26 mars un conseil national pour tirer un bilan de son échec électoral et tenter de tracer des perspectives d'avenir alors que les militants s'interrogent sur la capacité de leur parti à rebondir. "Notre mouvement traverse un moment rude, avec turbulences et polémiques. Tout cela est à peu près inévitable lorsque se rencontrent des résultats électoraux comme ceux que nous avons obtenus", confesse François Bayrou dans un courrier aux conseillers nationaux de son parti. Après son succès à la présidentielle de 2007 (18,5 %), le leader centriste a accumulé les échecs électoraux, son parti totalisant aux régionales 4,2 % des voix, soit moins de la moitié de son score aux européennes (8,45 %).

Le MoDem, qui se rêvait pivot d'une refondation politique autour d'un arc central brisant la traditionnelle opposition gauche-droite, se retrouve marginalisé, avec une ardoise de 1,5 à 2 millions d'euros de frais de campagne à assumer (seuls les partis ayant atteint cinq pour cent sont remboursés, NDLR). "On ne laissera pas tomber nos candidats", dit-on au MoDem, où l'on évoque "un appel aux dons et un petit emprunt". En interne, militants et cadres s'interrogent sur l'avenir du mouvement. D'autres, comme la vice-présidente Corinne Lepage, ont déjà quitté le navire . "Certaines attitudes, bien sûr, sont décevantes ou choquantes, mais c'est la loi du genre. Je n'ai pas l'intention de m'arrêter à ce qui nous tire vers le bas", explique François Bayrou dans son courrier.

"Echec de la stratégie présidentielle" de Bayrou

Samedi, dans des locaux de l'Assemblée nationale, quelque 150 cadres centristes doivent se retrouver à huis clos pour tenter d'analyser l'échec et les possibilités pour le parti de rebondir. "La responsabilité est collective, on n'a pas su faire passer le message", estime la sénatrice Jacqueline Gourault. "Si on pouvait avoir un vrai débat sur le pourquoi de la disparition de notre électorat, comment nous rendre crédible ! Mais ce n'est pas en une matinée que l'on va répondre à cela", explique l'eurodéputé Jean-Luc Bennahmias. Selon une étude OpinionWay, 51 % de l'électorat de Bayrou à la présidentielle de 2007 se sont abstenus aux régionales, 15 % sont allés à gauche, 12 % à droite, 11 % à Europe Ecologie et seulement 7% au MoDem.

Depuis plusieurs semaines, le débat s'est déjà installé sur Internet où l'on se déchire sur la stratégie d'indépendance du parti, la question de la démocratie interne. "La débâcle électorale appelle un bilan et un nouvel élan", écrit Clotilde Rippoull, cadre du Languedoc-Roussillon en pointant "l'échec de la stratégie présidentielle hyper personnelle" de Bayrou. "La survie du MoDem est en jeu", dit-elle. Dans une tribune titrée "des raisons d'espérer" publiée mercredi sur le site du MoDem, Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, tente de rassurer les militants. "Entre une UMP qui regarde vers la droite et une gauche qui a renoncé à changer, l'espace du centre existe", dit-elle, en expliquant que "l'on ne construit pas un parti durable en quelques mois".

Pour elle, "les prochaines échéances (présidentielle, législatives, NDLR) seront la dernière opportunité, la dernière chance d'offrir un avenir aux générations futures". "L'état du pays imposera des choix courageux. A nous de les incarner", ajoute-elle. "Je ne dis pas que nous ne traversons pas des moments difficiles. Mais devant la difficulté, il y a ceux qui renoncent et ceux qui tiennent", a expliqué François Bayrou.

BELLE STRATÉGIE QUE LA HAINE, BELLE ATTITUDE QUE LE MÉPRIS DE SES VALEURS, EXCELLENT MOYEN DE SE RETROUVER POUR TOUJOURS JE L'ESPÈRE, TOUT SEUL COMME UN CON.

L’islamophobie progresse chez les Néerlandais

Les élections anticipées aux Pays-Bas risquent bien de voir les populistes engranger une nouvelle victoire.

En juin dernier, le Parti pour la liberté (PVV) du leader d’extrême droite Geert Wilders arrivait en deuxième position aux élections européennes. Début mars, il remportait un second succès aux municipales, en devenant le deuxième parti dans la capitale et arrivait en tête à Almere, ville dortoir de la banlieue d’Amsterdam.

Ces deux succès de suite font craindre à la classe politique traditionnelle que les élections législatives anticipées du 9 juin prochain ne voient entrer en force le PVV au Parlement néerlandais.

Contrairement à d’autres mouvements d’extrême droite en Europe, ce Parti pour la liberté est ouvertement islamophobe. Ces succès électoraux sont l’aboutissement d’une démarche politique débutée il y a une dizaine d’années par le leader extrémiste Pim Fortuyn, assassiné en 2002. C’est surtout le meurtre, deux ans plus tard, du cinéaste Theo Van Gogh, auteur d’un film pamphlet anti-islamistes, qui a relancé le mouvement auprès d’une partie importante de la population, qui rejette l’islam et, plus globalement, une société extrêmement tolérante.

Les analystes politiques comme les sociologues attribuent cette percée du populisme radical aux vagues qui secouent la société néerlandaise depuis plusieurs années. La perte d’identité ressentie par beaucoup de gens les a conduits à s’abstenir énormément aux européennes et à moins fréquenter les urnes aux dernières municipales. Mais les atteintes à l’identité culturelle de leur pays sont de plus en plus ouvertement admises par les partisans de Geert Wilders, qui aura réussi en quatre ans à déstabiliser le jeu politique traditionnel dans son pays. Le 9 juin prochain, il saura exactement quel poids il pèse aux Pays-Bas.

LA FRANCE SUIVRA C'EST INÉLUCTABLE, IL FAUT DES LIMITES.