TOUT EST DIT

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vendredi 28 septembre 2012

Le boulet social


Les chiffres avaient été annoncés mauvais. Ils le sont pour le seizième mois consécutif ! Le cap psychologique et symbolique des trois millions de chômeurs est franchi. Le gouvernement se refuse à prendre sa part de responsabilité aussi, les attaques coordonnées au sein de la majorité contre l’héritage abominable du quinquennat Sarkozy sont destinées à ne pas désespérer la France de la gauche.
Pourquoi ne pas admettre que cette situation stressante pour toutes les familles qui ont dans leur proximité des chômeurs résulte d’abord de la crise ? Faire porter la faute aux autres n’aura qu’un temps. C’est une stratégie de court terme alors qu’il faut oser se projeter dans un avenir dont l’horizon est incertain. Si les Français sont patients, ils ne sont pas inconscients. La situation est grave, et l’urgence d’une réforme profonde du marché du travail exige de l’audace politique.
Les emplois aidés sont une recette bien pâle alors que le nombre de demandeurs d’emploi s’est encore accru de 0,8 % en un mois. Que faut-il faire et quelles sont les dispositions économiques intelligentes qui doivent être prises pour casser cette machine infernale qui tue le travail ? Le gouvernement doit apporter des réponses, même si cela fait quarante ans qu’a été entamée la dégradation du marché de l’emploi.
Depuis le premier choc pétrolier il n’y a eu qu’une série de courtes rémissions d’un mal qui témoigne d’un handicap structurel français. Tous les pays de l’Union européenne souffrent. Personne ne peut le nier mais l’addition dans l’Hexagone est élevée et n’est pas la simple conséquence de plans sociaux qui ont été reportés en raison des élections.
À force de soigner les maux sans traiter les causes, on est emprisonné dans une spirale infernale où le manque de travail génère une angoisse permanente. Aujourd’hui, dans un contexte sombre, trop d’investisseurs et de chefs d’entreprise doutent. Il existe désormais un blocage, peut-être exagéré mais bien réel, lié à l’accroissement de la pression fiscale annoncée dans l’Hexagone. Les groupes transnationaux ne font pas dans le patriotisme économique mais dans le business.
Depuis New York, François Hollande a le droit d’invoquer « une situation dont nous héritons », mais ce que les gens lui demandent, ce sont des solutions pour d’abord freiner, puis stopper, les suppressions de postes. Ou du moins parvenir à une situation où le nombre d’emplois créés est nettement supérieur à celui de ceux qui sont détruits. Le projet de budget 2013 est donc attendu. Pour mesurer l’exacte volonté d’un pouvoir qui s’est fait élire en proclamant : « Le changement, c’est maintenant. »

lundi 24 septembre 2012

Trou d'air


Tout est de plus en plus compliqué pour François Hollande ! Alors que le président de la République se rend aujourd'hui à New York pour l'assemblée générale de l'ONU qui se tient dans un climat international secoué par de multiples tensions régionales, il emporte dans son cartable d'épais dossiers de mauvaises nouvelles.
Sévèrement malmené dans les sondages, voici que le conseil fédéral d'Europe-Ecologie-Les Verts, l'une des composantes de sa majorité s'oppose à la ratification du traité budgétaire européen. Bref, ça tangue à gauche et même si les députés et les sénateurs écologistes ne sont pas tenus de voter comme leur mouvement le recommande, le chef de l'État est agacé. Il mesure le risque d'être fragilisé devant ses partenaires parce que sa majorité n'est pas unanime sur un dossier essentiel à la préservation de l'euro et à la relance de l'Union européenne.
Même si Daniel Cohn-Bendit fustige les psychorigides de sa famille d'idées dont par prudence il se met en retrait, le Président mesure les dégâts que la gauche de la gauche provoque à force de parasiter ou de tacler ses choix et ses postures. Si pour le philosophe Michel Serres, « la véritable autorité est celle qui grandit l'autre », ce ne sont pas les caprices d'écolos gâtés et de bobos gauchisants qui vont faire d'aboyeurs prétentieux des sages acteurs responsables de la transition écologiste.
François Hollande qui veut être jugé sur ses résultats plutôt que sur des sondages et les ruades de Verts complexés par le rose dominant, se doit à la fois de maintenir le cap et de faire diversion. Il a engagé la parole de la France devant les partenaires européens mais il peut dans le même temps envoyer ses lieutenants au front pour répéter à qui veut bien l'entendre, qu'on ne peut pas réparer en quelques mois ce que la droite a mis dix ans à détruire.
À force de dire que le pays a perdu dix ans parce que les Français n'ont alors pas fait confiance à la gauche par les urnes est commode mais n'est pas un moyen de défense durable. Parce que la gauche a désormais tous les pouvoirs et que les citoyens attendent des signes authentiques d'une volonté de redressement qui restent difficilement perceptibles. La crise et l'ampleur de ses conséquences sociales concentrent toute l'attention. L'alternance n'a en rien calmé sa puissance de nuisances et ses conséquences sur le moral des ménages. Créer la confiance avec un tel scénario sociétal est un défi que le Président a l'impératif devoir de relever.

jeudi 20 septembre 2012

Duel au sabre


Fillon-Copé, le duel tant annoncé pour la présidence de l'UMP aura bien lieu ! Pour celui qui en sortira vainqueur, il y a aura du travail pour infuser de la modernité, de la démocratie et de la parité dans un mouvement prisonnier de statuts qui ont mal vieilli. Avec cette course effrénée aux parrainages pour obtenir le nombre magique de 7 924 en provenance d'au moins dix fédérations, on a assisté à des négociations de marchands de tapis plutôt qu'à un vrai débat démocratique portant en germe un projet alternatif pour une France engluée dans la crise. Ceux qui n'ont pas franchi le cap, soit parce qu'ils n'ont pas convaincu ou qu'ils sont partis trop tard dans l'aventure ont des épithètes choisies pour dire leur déception. Encore ne fallait-il pas se tromper de scrutin. Etre déjà en orbite pour 2017, alors que 2012 et ses problèmes accumulés suffisent à la peine de chacun, est-il opportun.
Les deux finalistes s'affichent déjà comme des réformistes et des modernistes. Ils redoublent de précautions en élèves très appliqués pour exprimer leurs convictions sincères que l'UMP doit assouplir ses règles de fonctionnement et confier des responsabilités fonctionnelles à des hommes et des femmes représentatifs de toutes les générations. Bref, l'UMP doit être une photographie de la société. Elle en sera alors d'autant plus représentative. Même lorsqu'on est en campagne auprès des militants, les promesses s'ajoutent aux promesses mais elles ne cimentent pas un projet de contrat social, pour rendre l'espoir à une droite, un rien désabusée par cette course au pouvoir alors que tous les clignotants sont au rouge vif et que la confiance dans la nouvelle majorité apparaît des plus fragiles.
Si l'UMP ne donne pas une place à toutes les sensibilités qui la composent, elle ratera sa rénovation. Elle doit démontrer que sa diversité constitue le socle de sa cohérence et que c'est bien par la complémentarité des idées que naîtra un projet politique réformiste cohérent et de rassemblement. Le temps n'est plus à la guerre des ego même si la majorité en rêve pour s'inscrire dans la durée, celle de deux quinquennats de François Hollande puis d'un Élysée de gauche durable.
Jusqu'au congrès de novembre, il y aura bien des peaux de bananes et sans doute quelques saynètes de la guéguerre des chefs qui ne se tiendront pas à huis clos. Le gaullisme social peut-il retrouver une place de choix sur l'échiquier politique où doit-il faire place nette à une droite si décomplexée qu'elle en est rude et abrupte ? Les militants vont choisir mais ils ne peuvent pas ignorer les préférences des Français. Parce qu'un parti ne vit pas que pour lui-même.

vendredi 6 juillet 2012

La craie et le tableau


Le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour lancer la concertation sur l'École ! Le gouvernement n'a pas lésiné sur l'endroit pour donner le caractère le plus solennel qui soit à cette refondation de l'École de la République annoncée comme un chantier prioritaire par le chef de l'État. Alors que sont proclamés aujourd'hui les résultats du bac, il fallait donner une dimension à un parcours qui, de la maternelle à l'université, réserve pour beaucoup plus d'obstacles que de sprints parfaits.
C'est la réflexion des experts et de tous les acteurs du système éducatif qui doit être le terreau capable de nourrir le projet de loi d'orientation et de programmation promis par le nouveau gouvernement. S'il est utile de faire un diagnostic, il est indispensable de le dépasser pour proposer des solutions alternatives à même de corriger les faiblesses identifiées et les insuffisances constatées.
Un simple discours syndical ne peut y suffire. S'il n'y a pas d'audace, il n'y aura pas le sel et le poivre capables de pimenter les échanges, donc de faire bouger les lignes. La réussite pour tous ne doit pas être un slogan commode. Placer les élèves au cœur de la refondation ne peut pas être une posture clientéliste. En outre, on ne peut pas décréter un système éducatif juste. Il doit apporter la preuve qu'il l'est par les résultats que les élèves obtiennent. Enfin, la formation des personnels et leur place dans la vie de la cité ne se règlent pas par deux ou trois formules bien léchées. On mesurera vite si cette démarche de concertation n'est pas conduite dans la précipitation et si elle n'est pas une machine mise en route pour se donner bonne conscience.
Il est patent que l'effort doit porter sur l'école primaire. Le socle commun des connaissances et la manière de maîtriser les savoirs indispensables pour mener une scolarité fructueuse sont deux sujets qui ne peuvent pas être biaisés. Ce qui oblige à se poser la question des outils à utiliser dans un monde conquis par le numérique, où la place de l'image dégrade souvent l'écrit dont on finit par sous-estimer le rôle irremplaçable pour donner de la cohérence aux apprentissages. Espérons que ce temps d'échanges et de réflexions sera un authentique bouillonnement intellectuel. Le plus dangereux serait de rafistoler ce qui est déjà bien usé.

samedi 30 juin 2012

Tandem de raison


Faut-il considérer que le Conseil européen a été miraculeux ? Il a rassuré et il suffit d'observer les tendances des marchés et le comportement de l'euro face au dollar pour s'en convaincre. Les mesures techniques qui ont été adoptées et la confirmation de la mobilisation de 1 % du PIB pour relancer la croissance donnent une bouffée d'oxygène à une Union anxieuse, atteinte d'une mauvaise toux. Ces dispositions ne remettent pas en cause l'essentiel, à savoir l'exigence d'une gestion désormais exemplaire des finances publiques de chaque État membre. Si des assouplissements ont été fléchés et que le mécanisme européen de stabilité a été vanté puis consolidé, la réduction de la dette demeure une priorité. Il ne faut pas croire que les cabinets d'expertise, les agences de notation, les investisseurs, les acteurs majeurs du puzzle économique vont soudainement regarder ailleurs.

L'Espagne et l'Italie doivent modérer leur enthousiasme alors que Paris a le succès modeste et que les concessions limitées d'Angela Merkel lui causeront plus de soucis en Allemagne que parmi les Vingt-sept. La première économie européenne dont les performances à l'exportation sont enviées est aussi le premier contributeur aux mécanismes de solidarité. On comprend qu'elle stimule ceux qui n'ont pas entamé les réformes structurelles indispensables à leur rétablissement dans la zone euro. Il est très facile de montrer Berlin du doigt, d'identifier la paille dans l'œil de notre partenaire en oubliant la poutre qui nous aveugle. Il faut cesser d'ausculter sans cesse le couple franco-allemand et de lui prendre la tension pour mieux identifier les temps de crispation. Ils font partie du scénario de la négociation même s'ils exaltent les europhobes et les euro-attentistes. En redisant qu'avec le président de la République, les choses se passent normalement, la chancelière n'idéalise pas la relation actuelle en raison d'appréciations et d'analyses différentes sur la manière de s'extraire du marasme mais, elle atteste que le tandem est bien sur ses roues et que l'un des équipiers ne pédale pas contre l'autre.

lundi 25 juin 2012

Soirée à Rome


Le président de la République n'arrête plus de voyager ! Du Mexique au Brésil et après un court passage à Paris pour cause de nouveau gouvernement, il s'est rendu à Rome pour un sommet informel à quatre destiné à préparer le prochain Conseil européen. Des palabres, toujours des palabres, et si par le passé, ces réunions de réglages et de conciliations avaient été si déterminantes, elles auraient pris le dessus sur toutes les autres formes de diplomatie parallèle destinées à rendre présentables des décisions collectives qui n'ont rien de spontané. Qui s'intéresse encore aux décisions du Conseil européen ? De moins en moins de monde et même si c'est dramatique pour l'idée européenne, les dirigeants ne peuvent mettre leur mouchoir dessus. Ils doivent être pédagogues et démontrer la pertinence de l'institution. Il y a urgence. Si Mario Monti, Mariano Rajoy, Angela Merkel et François Hollande sont capables de rapprocher ainsi leurs points de vue, de lisser les aspérités nées de leurs divergences sur les moyens d'enrayer la crise de la dette, de relancer la croissance sans aggraver la dépense publique, peut-être alors que l'Europe donnera l'impression d'être un peu moins un bateau ivre.


La fébrilité qui perdure dans la zone euro témoigne de la fragilité persistance des économies. Si l'Allemagne est en meilleure santé et surtout dispose d'un outil industriel performant, elle n'est pas à l'abri du ralentissement des échanges même si ses exportations pluricontinentales l'exposent moins que les pays aux périmètres commerciaux plus étroits. Conscient des relations plus compliquées qu'hier entre Paris et Berlin, Mario Monti s'imagine désormais en médiateur. S'il vante le moteur franco-allemand dont le couple doit être bien réglé, il tient à avoir les meilleures relations avec le Président et la chancelière pour que son réformisme éclairé soit encouragé par ses deux voisins et reconnu par les banques. La solidarité est au sein de l'Union intéressée et ce n'est pas nouveau. Encore faut-il éviter de verser de l'huile sur le feu. À Rome, les quatre n'ont pas pris le risque d'aggraver les choses.

Des dièses et des bémols


On ne change pas une équipe qui gagne dans les urnes ! Parce que tous les ministres qui étaient candidats ont été élus députés et ont rempli le contrat fixé par Jean-Marc Ayrault pour être reconduits dans son deuxième gouvernement. Ce ne pouvait donc être qu'un copié-collé amélioré du précédent, mais il aura fallu être patient à l'heure de la fête de la musique pour en entendre la proclamation ! Si la liste était inachevée, il ne servait à rien de l'annoncer comme imminente pour gérer ensuite son report d'heure à heure. Cela a fait désordre. Comme si l'impréparation avait gâché un exercice simple pour peu que les susceptibilités soient gérées et que les sensibilités soient respectées et équitablement représentées.
Hormis quelques modifications des périmètres de compétence et quatre ajouts, ce gouvernement est celui de la continuité assumée. Politiquement, on constate que les proches de Ségolène Royal ont été choyés. Delphine Batho dont la mésentente avec Christiane Taubira n'était un secret pour personne, obtient le portefeuille de l'Ecologie, du développement durable et de l'énergie. Elle n'était que ministre déléguée. Elle est désormais ministre de rang. La conciliante Nicole Bricq a accepté le commerce extérieur érigé en ministère de plein exercice pour céder son poste tandis que la garde des Sceaux sera seule place Vendôme. Guillaume Garot obtient un ministère délégué à l'agroalimentaire. Cette double nomination atteste un signe fort de l'Elysée et de Matignon en direction de la présidente du Poitou, humiliée dimanche dernier à La Rochelle. Sylvia Pinel est également ministre à part entière, ce qui satisfait les radicaux de gauche dont elle est la figure montante, tandis que la formation professionnelle et l'apprentissage obtiennent un portefeuille et que la bouillante Yamina Benguigui est recadrée avec une affectation à la francophonie, les Français de l'étranger étant confiés à une autre femme. Bref, ce gouvernement réajusté est convoqué aujourd'hui à 10 heures à l'Elysée. On est sûr qu'il ne se fera pas attendre.

mardi 19 juin 2012

À bâbord toute !


L'État PS est de fait et de droit ! Les Français ont choisi de rosir l'Assemblée nationale au-delà des espérances de François Hollande.
Le président de la République a rejoint le sommet du G20 avec la force tranquille de celui qui contrôle tout par la force des urnes. Il suffit à Jean-Marc Ayrault, reconduit dès hier matin dans ses fonctions de Premier ministre de corriger à la marge la composition de son équipe et le tour est joué.
Hyperdominante, la gauche triomphante a toutes les clés pour appliquer une politique riche des soixante promesses au cours des cinq ans qui viennent.
La défaite enregistrée par l'UMP est lourde et ses divisions internes n'en font pas pour l'heure une force d'opposition structurée, incisive et pertinente. La nouvelle majorité doit mettre les mains dans le cambouis et se mettre en ordre de bataille pour que le changement ne soit plus d'affichage mais par des votes clairs et nets de la représentation nationale.
Avec ces rendez-vous électoraux successifs, on semble avoir oublié la crise et la densité des maux économiques qui minent l'activité industrielle, assèchent les rentrées dans les caisses de l'État et attestent un avenir incertain. Si la France est à gauche toute, elle n'est pas sauvée de ses fragilités structurelles et de son impréparation aux conséquences de la mondialisation galopante des échanges.
A-t-elle les moyens de ses ambitions sociales regardées ailleurs en Europe comme des boulets à même de l'entraîner dans un déclin irréversible ? Le plus compliqué commence pour le chef de l'État et son gouvernement. Ils ne pourront pas indéfiniment invoquer l'héritage pour justifier les difficultés à agir pour la nécessaire transformation sociétale alors qu'ils sont déjà épiés par les jumelles des marchés.
François Hollande va devoir prendre des risques et pour cela dépasser son appétence de la synthèse lorsque l'urgence commande de trancher vite et juste.

mercredi 13 juin 2012

Cuisine de second tour


Alors que le PS veut « Hollandiser » sa campagne du second tour pour obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale et pouvoir tenir, en respect, si besoin, ses alliés verts et rouges, l'UMP trop occupée à sauver ce qui peut encore l'être pour constituer un puissant groupe d'opposition, regarde ailleurs.
Lorsqu'il s'agit de se positionner dans les duels entre un candidat de gauche et celui du Front national, la droite parlementaire a choisi de ne pas choisir ! Quelles sont les raisons qui ont poussé le bureau politique à opter pour cette stratégie ? À l'évidence, il s'agit de ne pas braquer cette fraction de l'électorat frontiste qui ne se retrouve pas autour des valeurs de la gauche et qui, en dernier ressort, peut préférer l'UMP.
En ne diabolisant pas le FN mais en ne signant pas d'accord avec lui, la droite républicaine signifie aussi qu'elle ne s'adresse pas à l'appareil mariniste mais aux électeurs bleu marine. Tout est dans la posture.
De la même manière que Bayrou doit payer « cash » son ralliement à Hollande, l'UMP ne veut pas qu'on dise qu'elle a aidé à l'élection de députés de gauche face au FN. Elle se différencie du PS qui officialise un front républicain dans un duel entre la droite parlementaire et un candidat frontiste.
L'UMP qui a conscience que l'addition sera lourde au soir du second tour tient à exister autrement alors que la gauche va disposer, et cela pour la première fois de tous les leviers politiques. L'Élysée, l'Assemblée nationale, le Sénat, les régions, une majorité de départements, de communautés d'agglomération et de grandes villes seront gérés par des élus de gauche. Se profile déjà un ordre de marche contre l'État PS. D'autant que la gauche va devoir assumer. Elle ne pourra pas faire porter les échecs à venir à d'autres.
Face une bipolarisation renforcée on comprend l'impatience de l'Élysée d'avoir les mains libres. Parce que l'opposition n'envisage pas de faire de la figuration.

dimanche 10 juin 2012

Devant le Palais Bourbon

Les législatives peuvent-elles réserver des surprises ? Un mois après la présidentielle, on imagine mal un changement brutal d'inclinaison de l'électorat. En revanche, l'incertitude demeure sur la volonté des électeurs de donner au seul parti socialiste une majorité absolue à l'Assemblée nationale ou de l'obliger à composer avec chaque formation de gauche ayant appelé à voter François Hollande le 6 mai. Il n'est pas exclu que les citoyens souhaitent aussi une opposition forte pour faire entendre la voix de ceux qui, en particulier, s'inquiètent des conséquences économiques des choix sociaux affichés par le nouveau pouvoir. Aucun sujet de fond n'a vraiment été abordé au cours de cette campagne. Le PS a tout misé sur l'effet Hollande appuyé par des décisions symboliques concernant les retraites, la prime de rentrée et la confirmation de réformes à venir plutôt à l'horizon 2013.
L'UMP secouée par l'échec de Nicolas Sarkozy a tout fait pour limiter les dégâts et éviter d'être laminée. Entre la conquête d'une majorité et la recherche d'une position de choix pour conduire une opposition dynamique, les sujets qui fâchent et les différends entre responsables ont été minorés. Dès le 18 juin, le scénario sera autre et des décisions sur le fond vont devoir être prises. Tenter de satisfaire tout le monde avec des mesurettes séduisantes à l'effet limité n'a qu'un temps. Aussi le rapport des forces à l'intérieur de la nouvelle majorité comptera beaucoup pour orienter et donner de la densité au changement. Le président de la République et le Premier ministre auront-ils les mains totalement libres pour agir ou devront-ils composer en permanence pour assurer le vote des lois ? Là est la clé, d'autant que l'utilisation limitée de l'article 49-3 ne permet plus de s'affranchir des humeurs parlementaires en cascades. 
Le chef de l'État a peut-être déjà mangé son pain blanc.


mardi 29 mai 2012

Bayrou de secours

  Il faut sauver le soldat Bayrou ! C'est le message pathétique que le Béarnais diffuse sur les antennes alors que les législatives pourraient le débarquer de l'Assemblée nationale. Le verdict du suffrage universel reste le seul juge de paix. Le sage des Pyrénées-Atlantiques, dont le rêve parisien s'éloigne chaque jour un peu plus, cherche à exister alors qu'il est plus que jamais malmené, tant à gauche qu'à droite. On se méfie du rallié du second tour de la présidentielle comme on veut faire payer cash au traître qui s'est mis en congé d'une certaine tradition centriste pour mieux en tirer des fruits exclusifs.
Il doit désormais payer l'addition, aussi, pour survivre, il cherche à se rendre indispensable. Il distribue mises en garde, bons points et brevets de bon sens. Comme s'il était le guide suprême de notre République, à même de cibler le danger d'un glissement sectaire des socialistes et de faire de François Fillon le président de l'UMP !
Bayrou, si amoureux de son terroir, a toutes les chances de bientôt se consoler en montant sur son tracteur et en s'occupant de ses chevaux. N'a-t-il pas conscience qu'il reste, pour une partie de l'opinion, comme le fossoyeur de la famille centriste ? Ignore-t-il qu'il incarne pour beaucoup une voie sans issue dont les faibles troupes s'allient, ici avec la gauche, ailleurs avec la droite, pour que le sigle du MoDem soit associé à la gestion des métropoles, des Départements et des Régions ?
Est-ce qu'un arrangement d'appareil de dernière minute peut lui permettre de sauver son siège en remerciement de son basculement dans les bras de François Hollande ? À trop apparaître comme un opportuniste qui saisit au dernier instant le bon sens du vent pour se raccrocher au convoi de la victoire, François Bayrou peut lancer des SOS, il n'est pas sûr que les électeurs cocufiés par sa posture oublient de lui rappeler que l'on ne les y prendra plus.

dimanche 27 mai 2012

Fièvre au Vatican


Et s'il s'agissait tout simplement d'une manifestation de l'Esprit saint ? Alors que les catholiques fêtent ce dimanche la Pentecôte, les décisions assumées par Benoît XVI et destinées à remettre de l'ordre dans les institutions du périmètre financier du Vatican attestent sa volonté de transparence et de rigueur.
Cela fait des mois que le pape est inflexible sur l'exigence de probité et d'honnêteté que tout chrétien doit avoir au cœur. Est-ce la raison pour laquelle des fuites ont été orchestrées dans le but d'affaiblir le souverain pontife ? Cela accrédite la thèse d'un complot dont il était la cible désignée. Rien ne permet de l'affirmer, mais il est patent qu'il y a eu une envie de lui nuire et de susciter une crise dans l'Église en cette année du cinquantième anniversaire de l'ouverture du concile Vatican II.
Ce n'est pas un scénario de roman. Ce sont des successions de faits qui ont forcé bien des questions. Si des malversations ont eu lieu et si la banque du Vatican a été utilisée pour blanchir de l'argent, la vérité doit être dite. Si certains ont voulu s'en prendre à Benoît XVI, toute la lumière doit être faite.
L'Église de par le monde n'est pas riche. Elle n'est pas un ring de combats pour le pouvoir. Elle est, au commencement, un berceau de foi et d'espérance. Beaucoup de diocèses bouclent péniblement leur budget et, sans la générosité des fidèles et l'engagement de beaucoup dans la gratuité, bien des actions menées ne pourraient pas avoir lieu. Aussi est-il dangereux de laisser croire que quelques-uns agissent en toute impunité en contradiction avec la Parole chrétienne et en dénaturent, par leurs incivilités et leurs infractions pénales, les missions premières. On ne démet pas le président d'une banque pour une broutille. On n'interpelle pas une personne dans l'enceinte du Vatican sans des motivations sérieuses. Mieux vaut que les choses soient dites telles qu'elles sont.

dimanche 20 mai 2012

Le cercle des grands
Cherchez le clown !!!


Quels vont être les premiers marqueurs de la nouvelle diplomatie française ? Avec un week-end partagé entre le sommet du G8 à Camp-David et celui de l'Otan à Chicago, le président de la République qui fait la connaissance de ses homologues n'a pas le droit à une séance d'apprentissage. Il doit entrer dans le vif du sujet aussi, pour effacer son inexpérience de la diplomatie et de ces rassemblements essentiels pour les orientations économiques et de défense, il est accompagné de quelques experts rompus aux réunions des plus grands de ce monde.


Inconnu, François Hollande doit se présenter et profiter de l'opportunité de la présidentielle américaine pour s'inscrire dans le sillage d'un Barack Obama favorable comme lui à une politique de croissance. Or, le Premier ministre britannique David Cameron a prévenu : il n'y a pas de croissance sans rigueur budgétaire ! L'État des finances publiques de la zone euro mais aussi la menace d'une nouvelle récession sont au cœur des discussions. Tous les dirigeants savent qu'un chômage très élevé persistant et une économie durablement moribonde sur le Vieux continent auront des conséquences lourdes sur le commerce mondial.
À cette insécurité économique s'ajoute l'instabilité qui résulte des guerres régionales et d'une menace terroriste moins visible mais toujours très présente. François Hollande qui est en désaccord avec la Maison Blanche sur la date de retrait des troupes d'Afghanistan, sur le projet de bouclier antimissiles et dubitatif sur l'approche de la question iranienne doit faire valoir son point de vue.
Il lui faut redire ce qu'il n'a cessé de décliner pendant sa campagne en France sinon il apparaîtra en retrait. Ce serait d'entrée un aveu de faiblesse devant ses homologues. Le président de la République doit s'imposer sans indisposer. L'homme des synthèses au Parti socialiste saura-t-il se montrer aussi subtil avec les chefs d'État et les généraux ? À lui de faire ses preuves.