TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 29 septembre 2010

Les entreprises et la Bourse face au terrorisme

L'enlèvement récent de collaborateurs de Vinci, Areva ou Bourbon a rappelé aux entreprises que le terrorisme ne frappe pas seulement les Etats, armées et populations civiles. Les sociétés sont aussi visées, en tant que telles pour des motifs crapuleux (extorsion, chantage…) ou en tant que symboles d'un pays ou d'une politique nationale que les terroristes essayent d'infléchir. De grands groupes américains emblématiques comme McDonald's ou Coca-Cola ont ainsi été frappés par des attentats qui essayaient d'atteindre, à travers eux, les Etats-Unis. Ce pays est le plus ciblé, suivi par les Pays-Bas, le Canada et le Royaume-Uni. C'est aussi vrai de l'industrie pétrolière (Royal Dutch Shell, BP…), en tête des secteurs les plus attaqués, suivie par l'alimentation, une industrie souvent dans le collimateur des activistes de la cause animale. Les groupes terroristes les plus actifs sont les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le Sentier lumineux, Al-Qaida, les Tigres tamouls ou le Front de libération des animaux…

Dans une étude (1), deux universitaires ont tâché de mesurer les conséquences de la menace terroriste pour les sociétés cotées. Il en ressort qu'en moyenne, le titre d'une entreprise victime d'acte terroriste chute de 0,8 % le jour où elle est attaquée. Un recul qui peut s'expliquer de plusieurs façons : la société va devoir acquitter des coûts supplémentaires à l'avenir, notamment pour financer sa sécurité. Elle peut décider de renoncer à investir plus dans un pays dans lequel elle a été frappée voire s'en retirer progressivement. Dans certains cas, cette attaque peut être la première d'une longue série, l'entreprise étant ainsi désignée comme une cible de choix et bouc émissaire par un groupe terroriste. Toutefois, on observe que la réaction du marché semble s'at-ténuer dans le cas d'une société victime de tels actes de manière répétée. C'est ainsi davantage « l'attaque surprise » qui le contrarie et l'inquiète le plus.

Le recul du cours de la société est plus prononcé (- 1,12 %) lorsque c'est son « capital humain » qui est visé, comme lors de kidnappings de cadres ou de dirigeants, à l'issue longue et incertaine, ce que redoute par-dessus tout le marché. Mais l'impact est moindre quand il s'agit de la seule destruction du « capital physique », comme les bâtiments ou les infrastructures. Peu d'entreprises bénéficient des malheurs de leurs homologues ciblées par des attaques. Ce peut-être le cas de groupes spécialisés dans la sécurité, les investisseurs anticipant une hausse de leur carnet de commandes. Parfois, c'est le secteur pétrolier, car les tensions géopolitiques consécutives à un attentat peuvent faire grimper le cours de l'or noir. Les terroristes cherchent à donner un fort retentissement à leurs actions afin de faire monter les enchères dans les futures négociations. La baisse du titre est ainsi plus prononcée lorsque l'attentat a lieu dans un pays riche et démocratique, ce qui est moins courant, de l'ordre du quart des « attaques » recensées. La couverture médiatique d'un tel événement est plus importante et les opinions publiques y sont sans doute plus sensibles. Ce n'est toutefois pas pour autant que les investisseurs de pays en proie à un terrorisme endémique et récurrent développent une forme d'insensibilité au cours du temps. Exemple, Israël. Des chercheurs (2) ont étudié la réaction des marchés boursiers et des changes israéliens aux nombreux attentats qui ont frappé le pays. Leurs conclusions ? Ce sont les attaques suicide qui ont l'impact le plus durable sur ces marchés. Ces derniers n'ont pas développé une forme d'indifférence ou de détachement à l'égard de ces attentats, malgré leur recrudescence.

La « facture terroriste » a fortement augmenté dans le monde depuis 2004. Avec des conséquences financières pour les entreprises. Leurs coûts, directs (prime d'assurance, dépenses de sécurité…) et indirects (la hausse du pétrole accompagnant généralement un regain de tensions géopolitiques au Moyen-Orient…), liés au terrorisme ont augmenté de 1,6 % à 2,8 % des revenus des groupes américains entre 2001 et 2006, selon une étude de la Duke University. D'ailleurs, la présence de ces derniers dans les zones à risque a notablement progressé. Pour chaque entreprise du Standard & Poor's 500 peut être calculée son exposition à la « terreur », bâtie en fonction de la présence de ses activités et filiales dans des pays qui ont été victimes d'attaques terroristes. Globalement, cet indice a fortement augmenté : il a été multiplié par 10 entre 1995 et 2005. Les sociétés qui affichent les scores les plus élevés sont généralement des groupes de taille plus importante que les autres, présents à l'international et orientés sur la croissance. Exemples : des sociétés opérant dans les services aux entreprises comme Deluxe Corporation ou Cendant, ou dans les télécommunications (Qualcomm) affichent des indices élevés. Or, un portefeuille composé des sociétés les plus exposées au terrorisme a une performance semblable à celle d'un portefeuille incluant des entreprises peu exposées. Le signe que les investisseurs ne sont aujourd'hui pas vraiment rémunérés, ou guère suffisamment, pour détenir des titres ayant un risque terroriste associé. Ce dernier est encore ignoré par le marché, qui a bien du mal à l'appréhender et à le mesurer. La raison ? Il est très difficile de lui assigner une probabilité fiable. En effet, les investisseurs peuvent au mieux essayer de bâtir un baromètre des tensions internationales et géopolitiques, un peu comme une sorte de plan Vigipirate, avec des degrés de danger croissant. L'imagination débridée des financiers étant ce qu'elle est, on ne peut toutefois pas exclure qu'il se crée des « Terror-Bonds », comme il existe déjà des « Cat-Bonds » (obligations catastrophe) pour se prémunir contre les accidents de la nature (tornade, typhon…). Les premiers offriraient une forme d'assurance contre la folie humaine et la terreur.

Dette sociale, recette introuvable

attention, un trou peut en cacher un autre. Dans le projet de budget de la Sécurité sociale présenté hier par le gouvernement, le déficit record prévu pour 2011 fait presque écran à une dette douze fois plus importante. D'un côté 21 milliards, de l'autre 265 milliards d'euros. Un endettement vertigineux puisqu'il équivaut à une petite année de recettes fiscales pour l'Etat. Héritée des déficits passés, la moitié de cette dette était déjà logée dans une structure d'amortissement, la Cades, laquelle emprunte auprès d'investisseurs qu'elle rémunère avec le produit de la CRDS et d'une infime fraction de la CSG.

L'autre moitié de cette dette est constituée, désormais, des déficits présents et futurs de l'assurancemaladie et du régime des retraites. Avec le budget de la Sécurité sociale pour 2011, ce sont ainsi 130 milliards d'euros qui vont rejoindre le compte débiteur de la Cades. Incitation au vice de la dépense, ce nouvel escamotage de dette publique est peu glorieux. Bien sûr, l'exécutif peut faire valoir qu'il lui affecte des recettes nouvelles. Mais la taxation « au fil de l'eau » des compartiments en euros de l'assurance-vie multisupport fait figure de mesure de trésorerie, dont les effets s'estomperont vite.

Surtout, l'exécutif revient sur l'engagement solennel, pris en 2005, de ne pas prolonger au-delà de 2021 la durée de vie de cette Cades devenue la drogue douce de notre modèle social. On ne devait plus y toucher, elle en reprend pour quatre ans. Certes, les excellentes raisons ne manquent pas. La première est que cette réouverture, circonscrite à la seule dette sociale de crise, soit 35 milliards d'euros, est légitimée par son caractère exceptionnel. L'opération est limitée, oui, mais un tabou est tombé.

La deuxième justification est qu'une hausse de CRDS aurait affaibli la fragile reprise économique, le remède devenant alors pire que le mal. Et il est vrai que, depuis trente ans, les comptes de la Sécurité sociale n'ont jamais été équilibrés qu'en période de croissance. Mais si ce n'est jamais le bon moment d'augmenter les impôts, il est toujours temps de payer ses propres dettes.

La troisième bonne raison est que la CRDS n'ayant été, depuis 1996, d'aucune pédagogie sur notre avidité pour le social, mieux vaut agir directement sur les dépenses. Ce gouvernement y est parvenu mieux qu'aucun de ses prédécesseurs. Depuis 2007, les dépenses d'assurance-maladie progressent bien moins vite en France qu'en Allemagne. Cependant, l'état bien plus dégradé de nos comptes sociaux imposait un plan d'économies autrement moins inconsistant que celui présenté hier.

Retraites : la « négaffirmation »

Pour ou contre ? Difficile à savoir. Chaque jour, tel sondage montre que les Français jugent indispensable la réforme des retraites, tel autre qu'ils y sont opposés. Là, ils jugent injuste le projet du gouvernement, ici, ils ne croient pas réalisable celui de l'opposition. Chaque fois, une écrasante majorité se prononce. Rarement confusion parut si complète, cacophonie si intense. Il y a certes une façon très simple d'esquiver le problème : soutenir que chaque camp - partisan ou adversaire de la réforme -tire les sondages dans le sens qui lui convient et oriente tout - chiffres, questions, interprétations -conformément à son choix.

Une telle perspective est trop simple. Elle fausse la complexité d'un processus où sont dites, en même temps, plusieurs choses qui semblent contradictoires, mais ne le sont pas forcément. Car la singularité de la situation réside dans une combinaison curieuse, à plusieurs étages, de refus et d'acceptation, qu'on devrait appeler « négaffirmation ». Car on dit non tout en approuvant, et oui tout en renâclant. En fait, tous les sondages disent vrai : à titre individuel comme à titre collectif, les mêmes Français veulent et ne veulent pas de cette réforme. D'un seul geste, ils acquiescent et regimbent…

Cette « négaffirmation » paraît d'abord traverser les individus. Chacun peut dire en effet : « Je reconnais que la réforme est nécessaire, mais en même temps je la récuse, car elle implique pour moi un temps de travail plus long, situation injuste par rapport aux générations antérieures. » Cette attitude à deux faces évoque le conflit classique entre raison et appétits. Platon déjà soulignait comment mon désir me fait oublier ce que la logique me fait discerner. J'affirme que le médecin a raison, que la diététique est utile, mais je le nie aussitôt en préférant, comme un enfant, les séductions du cuisinier. Je finis par me raconter que ce qui est bon pour mes papilles l'est aussi pour ma santé, bien que je sache, dans le fond, que c'est faux.

Pour les Anciens, le travail de la raison - philosophique, scientifique, politique -pouvait instaurer une conversion. Même si le processus était lent et pénible, il devait finir par dissoudre la fausse croyance, faire discerner la réalité du vrai. Au besoin, on imposera au peuple-enfant les bonnes lois du philosophe-médecin. Jusqu'à Descartes inclus, une immense postérité a partagé avec Platon et ses successeurs cette conviction : la connaissance raisonnable doit finir par vaincre l'illusion. Les Modernes, au contraire, de Spinoza jusqu'à Freud, ont découvert combien les illusions persistent, résistent, et cohabitent de mille façons avec la lucidité rationnelle.

Ce dispositif de coexistence a été bien expliqué, en 1969, par le psychanalyste Octave Mannoni (1899-1989) au moyen d'une expression familière : « Je sais bien, mais quand même… » Par exemple : « Je sais bien » que notre système des retraites ne peut pas tenir tel qu'il est, qu'il est indispensable d'allonger le temps de cotisation, que le plan du gouvernement est globalement raisonnable, « mais quand même » je rêve encore qu'on se débrouille autrement et je n'en démords pas, car je me suis convaincu qu'il doit bien exister, quelque part, une solution-miracle.

Il serait encore trop court, malgré tout, d'imaginer que cette « négaffirmation » se borne à combiner lucidité rationnelle et dénégation imaginaire. On y trouve aussi une surenchère délibérée - en vue de négocier au mieux -, un souci de justice - pour meilleure répartition des efforts demandés -, une combinaison de préoccupation de soi-même et de souci des générations futures. Entre autres… Car c'est évidemment, dans un processus à ce point collectif et multiforme, la complexité qui règne. S'en tenir à « pour ou contre » ne permet pas de saisir grand-chose. Au contraire, entrevoir l'enchevêtrement de la réalité fait au moins comprendre que ce parcours débute, qu'il est multifactoriel et polysémique. Donc incertain.

Air France ou la tentation du low cost

Il est rare qu'une entreprise de plus de 70.000 personnes, leader dans son secteur, en vienne à s'interroger collectivement sur son modèle économique. C'est ce qui est en train de se passer chez Air France. Depuis plusieurs mois, un débat interne agite en effet la compagnie aérienne autour d'une question centrale : doit-elle se doter d'une filiale à bas coûts pour riposter aux compagnies low cost ?

Officiellement, la question ne se pose pas. La direction d'Air France-KLM l'a encore réaffirmé récemment dans un communiqué interne : « La création d'une compagnie low cost n'est pas d'actualité et la direction continue de privilégier la recherche de solutions en interne. » Toutefois, une réflexion est en cours « pour trouver les voies et moyens d'une croissance rentable », qui passerait par une réorganisation du réseau domestique d'Air France autour de bases régionales, avec des personnels dédiés et une utilisation plus intensive des avions (« Les Echos » du 3 septembre). Cette réflexion est déjà bien avancée puisqu'un premier projet sera présenté aux partenaires sociaux « dans le courant du mois d'octobre ».

Chez les salariés, inquiets face à l'attrition constante du réseau moyen-courrier, l'attente est forte. Au cours des dernières années, Air France a enchaîné les plans d'économies, sans jamais parvenir à enrayer l'érosion de sa part de marché sur le trafic intra-européen, passée de 8 % en 2005 à 5,5 % en 2010, quand Ryanair progressait de 8 % à 14,5 % et Easyjet, de 8 % à 11 %. Et sur les dix dernières années, le réseau intra-européen d'Air France a connu seulement deux années bénéficiaires, en 2005 et 2006. La crise n'a fait qu'amplifier la tendance.

La première réponse de la direction a consisté à tailler dans les coûts, en lançant en mars dernier sa nouvelle offre européenne (NEO) : un service remanié, censé mieux répondre aux attentes de la clientèle, mais qui reste avant tout un plan d'économies. Il devrait améliorer le résultat d'exploitation de 350 millions d'euros sur l'exercice 2010-2011 et de 560 millions sur 2011-2012. De quoi ramener le moyen-courrier à l'équilibre, mais pas de quoi reprendre le terrain perdu, ni combler l'écart de productivité avec les low cost. Dans le meilleur des cas, NEO se traduirait par un gain de productivité de 20 %. Mais Easyjet a des coûts 50 % moins élevés que ceux d'Air France. Un écart tel que même si les équipages de la compagnie franco-néerlandaise volaient demain gratuitement, cela ne suffirait pas à la ramener au niveau de coût de sa concurrente britannique !

D'où la tentation de repartir de zéro, en créant une nouvelle structure low cost. Après tout, Air France l'a déjà fait, en créant de toutes pièces en 2007, Transavia France, pour revenir sur le marché charter. Trois ans plus tard, Transavia France est proche de l'équilibre, et est la seule filiale dont le chiffre d'affaires a augmenté l'an dernier. Les pilotes y sont aussi bien payés qu'à Air France, même s'ils volent davantage : 800 heures par an environ contre 560 heures en moyenne sous pavillon Air France. Mais surtout, Transavia ne supporte pas les mêmes coûts d'escale, de catering et de distribution. Ainsi à Marseille, Transavia n'a pas hésité à s'installer dans l'aérogare MP3 dévolu au low cost, plutôt que de faire appel aux agents d'escale Air France.

Dès lors, pourquoi ne pas étendre l'expérience aux lignes intérieures et européennes ? Pas si simple. Si le modèle low cost permet une productivité optimale sur les vols courts et sans correspondance, il est totalement inadapté à l'alimentation des « hubs » de Roissy-Charles-de-Gaulle et Amsterdam-Schiphol, principale raison d'être du réseau moyen courrier d'Air France, qui exige de caler les horaires sur les cinq plages de correspondance et toute une série de choses coûteuses, comme un système de réservation sophistiqué, des agences de voyages, du personnel d'escale nombreux, un service différencié…

L'activité purement « point à point » d'Air France, comme les vols au départ d'Orly et les lignes interrégionales non reliées au « hub », serait, en revanche, bien adaptée au modèle low cost. Mais sauf à vouloir déclencher un conflit so-cial majeur, un transfert d'activité d'Air France vers une structure low cost ne pourrait s'envisager que sur la base du volontariat. Ce qui suppose des conditions au moins aussi attractives que celle de la maison mère, au risque d'y importer une partie des surcoûts. Et que faire de ceux qui ne voudraient pas être transférés ? La seule possibilité serait de les recaser sur le réseau traditionnel d'Air France au départ de Roissy-CDG, au risque d'aggraver encore la perte de productivité liée aux transferts d'activité. A moins d'envisager un nouveau plan social, de type « départs volontaires », dont le coût financier risquerait d'obérer pour longtemps les bénéfices attendus de la création d'une filiale low cost.

Quant à limiter le champ d'action de cette dernière aux lignes abandonnées ou non desservies par Air France, cela reviendrait à l'obliger à boxer avec une main dans le dos, en lui interdisant l'accès aux axes les plus rentables. Et surtout, cela ne résoudrait en rien le manque de productivité d'Air France sur les lignes les plus rentables, les plus susceptibles d'être attaquées par les compagnies à bas coûts.

Autant d'obstacles à la création d'une filiale low cost, qui semblent donner raison à la formule consacrée, selon laquelle « on naît low cost, on ne le devient pas ». British Airways en avait fait la douloureuse expérience avec sa filiale GO, revendue en 2002 à Easyjet. Même les grandes compagnies américaines, qui ont presque réussi à ramener leurs coûts au niveau des low cost, au prix de dizaine de milliers de licenciements et d'un endettement colossal, ne sont pas parvenues à reconquérir une once du terrain perdu. Restent les solutions alternatives, jamais mises en oeuvre , comme une alliance stratégique avec une low cost ou le rachat pur et simple de l'une d'entre elles. L'idée n'est pas absurde, mais elle est peut-être déjà hors de portée d'Air France-KLM, dont la capitalisation est désormais inférieure à celle de Ryanair.

Goût de l'argent et plaisir érotique stimulent des zones différentes du cerveau

Plaisir érotique et goût de l'argent stimulent des zones différentes du cerveau : les images érotiques activent une zone plus ancienne sur l'échelle de l'évolution, les gains d'argent une qui est apparue plus récemment, selon une étude publiée mercredi.

Ces résultats, qui démontrent "pour la première fois" une dissociation entre deux types de récompenses au niveau cérébral, pourraient permettre de mieux comprendre par exemple l'addiction aux jeux d'argent.

Une équipe de chercheurs, dirigée par Jean-Claude Dreher, du Centre de neuroscience cognitive de Lyon (CNRS/Université Claude Bernard), a proposé à 18 volontaires -tous des hommes, âgés en moyenne de 23 ans- de se prêter à un jeu permettant de gagner de l'argent ou de voir des images érotiques.

L'activité cérébrale des 18 hommes cobayes était enregistrée dans un scanner d'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. Pendant trois quarts d'heure, des stimulis leur étaient projetés, "près de 200 fois de suite", explique Guillaume Sescousse, un des chercheurs participants à l'étude : soit un coffre-fort, soit des images érotiques, avec des sommes plus ou moins importantes et des images plus ou moins érotiques.

Les chercheurs ont constaté que des zones différentes du cortex orbitofrontal (situé à l'avant du cerveau) étaient activées par ces différentes récompenses.

Ainsi les images érotiques activaient la partie postérieure de cette zone, plus ancienne sur l'échelle de l'évolution. Les gains d'argent activaient la partie antérieure du même cortex, apparue plus récemment chez l'homme.

"Plus les récompenses sont abstraites et complexes, plus leur représentation sollicite des régions antérieures du cortex orbitofrontal", soulignent les chercheurs.

Ils ont noté aussi que des régions du cerveau partiellement communes étaient stimulées quand le cobaye découvrait la valeur des récompenses, qu'il s'agisse d'argent ou d'érotisme, avec un plaisir variable et noté sur une échelle de 1 à 10.

Les récompenses sous forme d'argent n'étaient pas seulement virtuelles, car les cobayes ont été rémunérés "proportionnellement à ce qu'ils ont gagné" lors du jeu, a précisé M. Sescousse.

Des récompenses différentes activant des zones différentes du cerveau, cela pourrait "expliquer la spécificité de certaines addictions par un dysfonctionnement de telle ou telle zone du cerveau", explique Guillaume Sescousse.

Ils pourraient aussi expliquer les réseaux de neurones impliqués dans la motivation et l'apprentissage, stimulés par les récompenses.

Cette étude est publiée dans The Journal of Neuroscience, revue de la société américaine de neuroscience.

Le FMI renforce son rôle dans la surveillance financière

L'examen de la solidité des systèmes financiers par l'institution multilatérale est désormais obligatoire pour 25 pays. Ceux-ci représentent 90 % de la finance mondiale et 80 % de l'activité économique internationale.
Ce sera désormais obligatoire. Le conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, lundi soir, l'obligation pour vingt-cinq de ses pays membres de se soumettre à l'examen de la solidité de leur système financier. Cette évaluation, créée dans le sillage de la crise asiatique de 1997-1998, était jusqu'à maintenant effectuée à la demande des pays sur une base volontaire et non contraignante. Plus communément appelé « programme d'évaluation du secteur financier », cette revue, qui sera réalisée au moins tous les cinq ans, fera désormais partie du rapport effectué régulièrement par le Fonds sur la politique économique de ses membres, le fameux « article IV ».

Les vingt-cinq pays concernés par cette nouvelle approche représentent, selon l'institution, près de 90 % du système financier global et environ 80 % de l'activité économique internationale. Parmi eux, quinze pays sont membres du G20. L'ensemble des membres du G7 auxquels se rajoutent douze pays d'Europe de l'Ouest et l'Australie, les économies asiatiques nouvellement développées comme la Corée du Sud ou Singapour et d'autres économies émergentes à l'instar du Brésil, de la Chine et de l'Inde devront donc passer régulièrement sous les fourches Caudines des experts du FMI.

Sur le plan pratique, les experts mandatés par l'institution étudieront, entre autres, le mode de gestion des crises des pays, effectueront leurs propres « stress tests » des établissements financiers, analyseront les facilités pour les banques d'accéder aux liquidités fournies par la banque centrale tout en évaluant les modalités nationales de mise en faillite des établissements financiers. Les liens existant au niveau transfrontalier entre établissements financiers, les flux de capitaux entrant et sortant d'un pays et l'impact d'une éventuelle crise locale sur les autres pays seront également abordés.

C'est donc une véritable mise à nu d'un système financier qui sera mise en oeuvre afin d'éviter, autant que faire se peut, la répétition d'une crise comparable à celle qui sévit depuis plus de trois ans. Ce renforcement du rôle de surveillance du FMI s'inscrit en droite ligne des engagements des leaders du G20 de ne plus permettre un tel séisme et de mieux réguler l'activité du monde financier. La nouvelle approche de l'institution internationale est d'autant plus significative qu'avant la crise économique et financière actuelle les Etats-Unis s'étaient toujours opposés à ce que leur système financier soit évalué par le Fonds. Comme l'a révélé le FMI, plus des trois quarts des pays membres avaient pourtant demandé une telle évaluation de leur système financier avant la crise. Sans préjuger des résultats, les experts du FMI auraient peut-être pu détecter la dangerosité du développement du marché des « subprimes » et appeler à une réorganisation du marché aux Etats-Unis. Crise aidant, des programmes d'évaluation sont actuellement menés en Indonésie, en Chine et aux Etats-Unis. Reste à savoir quel sera l'accueil de l'avis donné par le FMI sur le système financier d'un pays. En 2009, lorsque l'institution avait donné sa propre évaluation des pertes potentielles des banques européennes au regard de leurs portefeuilles de créances, bon nombre de leaders politiques et économiques avaient contesté la méthode utilisée. S'inspirant des standards américains, celle-ci avait été fortement mise en cause puisqu'elle ne tenait pas compte des spécificités européennes. Verra-t-on les mêmes reproches adressés aux évaluations des systèmes financiers ?

Le taux de prélèvements obligatoires à 42,9% de PIB en 2011

Il s'agit d'un contrecoup logique de la reprise et du rebond des recettes fiscales et sociales.

Le projet de loi de programmation des finances publiques présenté mercredi en Conseil des ministres prévoira une nette remontée du taux de prélèvements obligatoires l'année prochaine. Celui-ci était tombé à 41,6% de produit intérieur brut (PIB) en 2009 (après un pic à 43,9% en 2006), en raison de l'effondrement des rentrées d'impôts pendant la récession.

Contrecoup logique de la reprise, et du rebond des recettes fiscales et sociales que Bercy constate actuellement, il devrait remonter à 41,9% de PIB cette année et à 42,9% de PIB en 2011. Les 10 milliards d'euros de recettes supplémentaires attendus avec le plan de réduction des niches fiscales et sociales vont aussi contribuer à ce mouvement l'année prochaine. En 2012, le taux de « PO » atteindrait 43,2% de PIB, selon le gouvernement, soit exactement le niveau de 2007.

Ce n'est pas un hasard : les mesures décidées sur les recettes ce mois-ci visaient tout à la fois à conforter le respect des engagements sur le déficit public sans que ne soit dépassé, en fin de législature, le niveau de pression fiscale constaté au moment de l'élection de Nicolas Sarkozy. Celui-ci s'était alors engagé à réduire le taux de prélèvements obligatoires de 4 points en dix ans. C'était avant le déclenchement de la crise et l'envolée du déficit public.

mardi 28 septembre 2010

Justice: le grand n'importe quoi



Malek Boutih charge Martine Aubry



Malek Boutih : Les immigrés ont faim de réussite sociale d
envoyé par rtl-fr. - L'info internationale vidéo.

Le mail qu'Hadopi envoie aux pirates

La Haute autorité pour la diffusion et la protection des droits sur Internet vient de rendre public son courrier d'avertissement. Découvrez-le ici.
Voilà ce que les internautes pourront recevoir en cas de téléchargement illégal: [cliquer ici]. Ce texte sera envoyé par l'Hadopi à tous ceux dont la connection Internet "a été utilisée pour mettre à disposition, reproduire ou accéder à des oeuvres culturelles protégées par un droit d'auteur". Cet avertissement prévient que le propriétaire de la connexion a manqué "à son obligation de surveillance" concernant sa ligne Internet.

Ce texte d'exemple est rendu public pour éviter aux internautes d'être victime d'arnaque ou d'abus de la part de personnes malveillantes se faisant passer pour l'Hadopi. L'e-mail prévient donc: "La recommandation ne contient aucun lien cliquable, aucune proposition d'achat d'un quelque logiciel ou autre service informatique, aucune demande de payer une quelque somme d'argent, aucune proposition de se connecter à un espace personnalisé sur le site Internet".

Ce lundi 27 septembre, Eric Walter, le secrétaire général de l'Hadopi,a annoncé sur Sudradio que les premiers mails d'avertissement seront envoyés dans 48 heures - soit deux jours après la publication de ce texte d'exemple. [Ecouter dès la 71 minute]

Cependant, le label de spécification des logiciels de protection, censé aider les internautes à sécuriser leur ligne pour ne pas être piraté, n'est pas encore défini. Et le site officiel de la haute autorité n'est toujours pas en ligne.

CE N'EST PAS À CAUSE DE CETTE LOI QUE L'INTERNAUTE ACHÈTERA PLUS, AU CONTRAIRE, IL TÉLÉCHARGE CE QU'IL ESTIME NE PAS VALOIR GRAND CHOSE, OU NE VALANT PAS UN ACHAT.
LE PIRATAGE PEUT POUSSER UN INTERNAUTE À ACHETER, SI CE QU'IL A TÉLÉCHARGÉ MÉRITE SON INTÉRÊT.

Jeff "bon" Beck

Jimmy Page, Eric Clapton et Jeff Beck forment à jamais la Sainte Trinité des "guitar heroes" du rock britannique. Le premier est en retraite de Led Zeppelin, le second enregistre des albums de blues et le troisième suit un parcours erratique (peu de disques, peu de concerts) qui déconcerte ses fans. Son dernier album Emotion & commotion réunit des standards populaires (Over the rainbow), du R&B (I put a spell on you) et s'offre des détours réellement bizarres du côté du classique avec Nessun Dorma de Puccini. "Je sais que je vais perdre des fans", dit Beck, qui ne se fait pas d'illusions sur la carrière commerciale de cet étrange album. En concert, il reste fidèle au blues-rock âpre et expérimental qu'il a toujours exploré. Et, pour terminer, une bonne nouvelle qu'il nous annonça au début de l'été : l'année prochaine, il reformera le légendaire Jeff Beck Group avec Rod Stewart.

Einstein l'avait prévu : les nains vieillissent plus lentement

La science est trop sérieuse pour ne pas être prise avec le sourire. La chronique de Frédéric Lewino, journaliste au Point.

Enfin, j'ai ma réponse ! Enfin, je comprends pourquoi Mimie Mathy fait un poil plus jeune que ses 53 ans. C'est parce qu'elle est petite ! En effet, comme nous, elle est soumise à la relativité restreinte définie par Einstein ! Ainsi, des chercheurs du NIST (National Institute of Standards and Technology) viennent d'apporter la preuve que cette théorie s'applique à notre échelle, et pas seulement à celle des étoiles comme l'avait démontré Einstein. Bref, comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, nous subissons chaque jour les effets de la relativité restreinte.

Dans la revue américaine Science, le chercheur James Chin-Wen Cho du NIST explique qu'en utilisant deux horloges atomiques calées sur la vibration d'un atome d'aluminium vibrant un million de milliards de fois par seconde, il parvient à mesurer des écarts de temps pour des différences d'altitude de quelques dizaines de centimètres. Il a, ainsi, placé deux horloges l'une au-dessus de l'autre, séparées par un écart vertical de 33 centimètres. Elles ont affiché un décalage qui, si l'expérience avait duré 79 ans, se monterait à 90 milliardièmes de seconde. Félicitations Mimie, quand tu souffleras tes 80 bougies, tu auras donc gagné 90 milliardièmes de seconde. Ce n'est pas à dédaigner...

Des territoires à explorer

Les chercheurs du NIST ne se sont pas bornés à vérifier les effets de la relativité restreinte aux faibles altitudes. Leurs horloges magiques leur ont également montré qu'un décalage se créait pour un objet en mouvement. Einstein avait expliqué qu'un jumeau qui retournerait sur Terre après une petite balade en fusée à une vitesse proche de celle de la lumière retrouverait son double bien plus vieux que lui. Eh bien, Chin-Wen Cho prouve que le même phénomène existe à très faible vitesse. Ainsi, rien qu'en battant le record du monde du cent mètres, le Jamaïcain Hussein Bolt rajeunit... de quelques milliardièmes de seconde. Mais ne croyez cependant pas pouvoir remplacer une injection de Botox par un Paris-New-York. La relativité reste tout de même... restreinte.

Quant à James Chin-Wen Cho, comme on l'imagine, ce n'est pas le rajeunissement qui l'intéresse, mais le fait de posséder des horloges si précises qu'elles permettront d'explorer de nouveaux territoires. Notamment en géodésie, science qui traite de la forme de la Terre. En améliorant encore la précision de son horloge d'un facteur dix, il pense pouvoir mesurer les déformations de la surface terrestre au centimètre près. C'est Mimie Mathy qui appréciera...

Ouverture du procès en appel du site The Pirate Bay

Le procès en appel de quatre responsables du site detéléchargement The Pirate Bay, condamnés à un an de prison ferme en première instance, s'est ouvert mardi matin à Stockholm. La condamnation, prononcée le 17 avril à l'encontre des fondateurs de Pirate Bay, Fredrik Neij, 32 ans, Gottfrid Svartholm, 25 ans, et Peter Sunde, 32 ans, ainsi que d'un sulfureux millionnaire décrit comme le financier du site, Carl Lundström, 50 ans, constituait une victoire symbolique importante pour l'industrie du disque, du cinéma et du jeu vidéo.

Les prévenus vivent désormais à l'étranger, selon l'agence suédoise TT : M. Lundström en Suisse, M. Neij en Thaïlande, M. Sunde en Allemagne et M. Svartholm au Cambodge. Fondé à la fin 2003, The Pirate Bay est l'un des plus grands catalogues de fichiers Torrent au monde, utilisés pour télécharger sur les réseaux P2P (pair à pair). Mais le site n'héberge pas directement les vidéos ou les jeux sur ses serveurs. Malgré plusieurs procédures séparées à l'encontre de son hébergeur ces derniers mois, le site reste aujourd'hui accessible.

Le fabricant du BlackBerry se lance dans la bataille des tablettes numériques

Tous les grands de l'informatique et des télécommunications veulent leur tablette tactile, leur "clone" de l'iPad d'Apple diront les mauvaises langues. Après Asus, Dell, Toshiba, Samsung, Sharp, Cisco et même France Télécom, c'était au tour de RIM (Research in Motion), le fabricant canadien du BlackBerry, d'annoncer, lundi 27 septembre, son propre terminal, le PlayBook. Pour cet industriel hyperspécialisé dans la téléphonie (il ne vend que des "smartphones", des terminaux connectés en permanence à Internet), c'est une rupture, un premier pas dans l'univers informatique.
Un peu plus petit et léger que l'iPad (un écran de 7 pouces, 400 grammes au total), le PlayBook est tout aussi noir et élégant. Il dispose de fonctionnalités qui font défaut à l'engin d'Apple, comme des caméras pour faire de la visioconférence, mais il ne pourra se connecter à l'Internet que via le wifi. Pour la compatibilité avec les réseaux de téléphonie 3G, il faudra attendre les versions ultérieures. Le PlayBook devrait sortir aux Etats-Unis début 2011, un peu plus tard dans le reste du monde. Son prix n'a pas été précisé.

Quelles sont ses chances de succès ? Personne ne croyait au marché des tablettes avant qu'Apple y fasse une entrée tonitruante au printemps. Désormais, les analystes assurent qu'il est prometteur. En 2010, les ventes de tablettes pourraient osciller entre 6 millions, selon le cabinet Gartner et 10 millions selon iSuppli. Mais, s'il n'y a pour l'heure que trois ou quatre marques de tablettes disponibles (Apple, Dell, la PME française Archos), c'est une vraie déferlante qui va arriver entre la fin de cette année et début 2011. Début octobre, le géant coréen Samsung lancera sa Galaxy Tab. La folio 100 du japonais Toshiba suivra de peu. Puis les terminaux du taïwanais Asus, de l'américain Cisco, etc.

CONVERGENCES

Pour RIM, sortir du lot sera compliqué. D'autant que parmi les machines concurrentes, beaucoup ont adopté le système d'exploitation de Google, Android, doté d'un magasin d'applications d'au moins 80 000 programmes informatiques (jeux, informations en ligne…), contre seulement 11 000 disponibles sur le BlackBerry de RIM. "Vu les forces en présence, leurs chances de réussite sont limitées", avance Tina Teng, analyste pour iSuppli. "Si j'avais un conseil à leur donner, ce serait de se concentrer sur leurs compétences, plutôt que de vouloir absolument concurrencer l'iPad", ajoute Carolina Milanesi, du Gartner.

C'est l'une des cartes que semble vouloir jouer RIM. Lundi, son PDG et fondateur, Marc Lazaridis, a assuré que la PlayBook était "la première tablette professionnelle au monde". De fait, même si les BlackBerries font un carton auprès du grand public, notamment des jeunes qui plébiscitent son service de messagerie instantanée "BBM", la légitimité du groupe reste forte dans les entreprises. RIM ne se contente pas d'y écouler des téléphones, il y installe aussi des serveurs, pour assurer l'envoi et la réception rapide et sécurisée des courriels sur les mobiles. Les messages sont compressés, cryptés lors de leur transport.

Cela vaut d'ailleurs à RIM ces derniers mois de vives tensions avec certains gouvernements (dont l'Inde) qui exigent d'avoir accès, au nom de la lutte contre le terrorisme, aux clés de cryptage des messages. Au milieu des années 1990, quand les premiers BlackBerries sont apparus (ils ne s'appelaient pas comme cela à l'époque), RIM, fondée en 1984, était une des rares sociétés au monde à proposer ce type de services. Le succès fut rapide et massif.

Le problème pour RIM, c'est qu'il n'est pas le seul à faire le pari des tablettes professionnelles. C'est aussi celui de Cisco, premier vendeur au monde de routeurs Internet. Et chez Apple, on encourage la mise à disposition sur l'iPad d'applications professionnelles.

Mais le Canadien peut-il faire l'impasse sur les tablettes, à l'heure où la convergence entre téléphones et ordinateurs s'accélère ? D'autant que l'originalité de ses BlackBerries s'émousse. Tous les "smartphones" proposent aujourd'hui l'envoi et la réception de courriels. Certains constructeurs, comme Nokia, avec le modèle E5, sortent des terminaux très ressemblants.
Au niveau mondial, sur le créneau des "smartphones", les écarts de parts de marché avec l'iPhone et les téléphones dotés d'Android, se comblent : ces derniers n'étaient plus qu'à un point de RIM au deuxième trimestre, selon le Gartner. "Dans les pays en développement, il y a encore des marges de croissance mais en Amérique du Nord, il y a trop de concurrence", selon Tina Teng, de iSuppli.
Cécile Ducourtieux

Rachida Dati s'explique sur son lapsus




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BARBIER DONNE LA PAROLE À UN CRÉTIN.



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Une arnaque clandestine

A combien de lois sur l'immigration en sommes-nous ?
Le sujet est légitime, évidemment, mais il est submergé par la peur. Envahi par les fantasmes. Colonisé par la mauvaise foi des uns, les hypocrisies des autres. Ce n'est plus une réflexion consensuelle mais un affrontement nourrit d'ignorances et de faux-semblants. Comment légiférer positivement dans ces conditions ?
En pleine polémique sur les Roms, le texte d'Éric Besson arrive au plus mauvais moment à l'Assemblée nationale. Pour ses concepteurs, peu importe : il n'a pas l'ambition de construire mais de rassurer. Sa logique, que le gouvernement assume, est exclusivement défensive. Il ne s'agit pas, cette fois, d'exalter la diversité ou de donner un cadre à la France d'après, forcément métissée. Non, décidément, ce n'est pas dans l'air du temps et la France black-blanc-beur qu'on célébrait pendant l'été 1998 après la victoire des Bleus en coupe du monde s'est définitivement évanouie dans le vacarme de la crise, les vapeurs d'électoralisme et les brouillards trompeurs des populismes.
Cette fois, le projet affiche une tonalité si répressive que pour deux Français sur trois (66%, dans un sondage BVA) les positions gouvernementales s'approchent de celles du Front national. Cette assimilation inavouable dérange bon nombre d'élus de la majorité, y compris à l'UMP, mais elle ne gêne pas l'Élysée. Et pour cause : le but de la manœuvre, en effet, c'est de rattraper par la manche une partie de l'électorat d'extrême droite qui avait voté Sarkozy en 2007... et s'en détourne en 2010.
On sort donc l'artillerie lourde : la déchéance de la nationalité pour certains criminels naturalisés depuis moins de dix ans. Populaire et spectaculaire, elle est si difficile à mettre en œuvre qu'elle ne servira à rien. Même la transposition de règles européennes n'apparaît guère plus applicable tant elle suppose une augmentation de moyens humains (plus de policiers, plus de juges) qui n'est pas vraiment à l'ordre du jour des restrictions budgétaires.
Tout ce semblant de fermeté tape-à-l'œil se résume à une arnaque politique. Si elle était votée, la loi ne renforcerait en rien, concrètement, le juste contrôle des flux migratoires. En revanche, elle contribuerait à faire grandir la méfiance envers les immigrés, soupçonnés, en bloc, d'être des clandestins récidivistes. Qui sait que plus de 40% d'entre eux sont déjà des Français à part entière ?
L'instrumentalisation d'une politique agressive, qui remet en question l'égalité entre citoyens dits « de souche » et ceux d'origine étrangère, prend le risque d'aggraver l'atomisation de la société française quand il faudrait lui apprendre à reconnaître, et à aimer, son nouveau visage.


Un juge pour Éric Woerth

Cette fois, Éric Woerth ne pourra plus parler de “lapidation médiatique”. Il vient, certes, de découvrir une nouvelle pierre dans son jardin. Mais c’est le procureur général près de la cour de cassation qui l’a lancée !

Jean-Louis Nadal, hier, recommandait une “accélération de l’enquête” visant le ministre du Travail. Le cas implique, à ses yeux, la désignation d’un “juge d’instruction”. Soit un magistrat indépendant du pouvoir politique.

Le statut de Philippe Courroye, jusqu’alors maître des opérations, n’offre pas une telle garantie. En tant que membre du Parquet, il dépend directement de la Chancellerie. Sans parler de ses “liens d’amitié”, volontiers reconnus, avec Nicolas Sarkozy.

M. Woerth, depuis le début de l’affaire, se plaint de “harcèlement”. Il n’a pourtant subi qu’une seule audition par la police… au sein douillet de son propre bureau.

Désormais, le ton judiciaire risque de changer. On le questionnera plus intensément sur ses liens avec Liliane Bettencourt, qu’il prétendait à peine connaître. Sauf que la “maison l’Oréal”, employant son épouse, soutenait aussi financièrement l’UMP - lui étant trésorier du parti. En échange d’une légion d’honneur, et surtout d’une large bienveillance fiscale ?

Nul ne saurait l’affirmer aujourd’hui. Mais les conditions semblent enfin réunies pour que la vérité sorte.

Vingt ans d'unité allemande en Europe

Le 2 octobre 1990, dans la grande salle de l'ancien Reichstag, femmes et hommes politiques allemands fêtent la réunification accomplie. Parmi eux, un étranger, Jacques Delors, que le président de la République, Richard von Weizsäcker, remercie, dans son discours, d'avoir favorisé l'unification de l'Allemagne depuis Bruxelles, où il présidait la Commission européenne. Cette réunification n'était-elle pas le premier élargissement vers l'Est de l'Europe de la Liberté ?

Il faudra attendre 2004 pour que soient admis d'autres pays échappés au joug communiste, conformément au voeu de Robert Schuman, dès 1963 : « Nous devons faire l'Europe, non seulement dans l'intérêt des peuples libres, mais aussi pour pouvoir y accueillir les peuples de l'Est. »

Le 20 décembre 1990, se tient la première séance du Bundestag, de l'Assemblée nationale unifiée. Le doyen d'âge, l'ancien chancelier Willy Brandt, affirme dans son discours que, sans la Communauté européenne, la réunification n'aurait pas pu se faire aussi facilement. Et il ajoute : « En ce sens, des hommes comme Jean Monnet ont été des pères de l'unité allemande ! ».

Avant le 2 octobre, un traité important a été signé entre la République fédérale et un État est-allemand en voie de disparition. Son article 10 stipule que les nouveaux Länder (Régions-États) ont l'obligation d'intégrer, dans leur législation et leurs réglementations internes, tous les règlements et directives communautaires. Pour tenir compte de l'unification, on modifie légèrement la Constitution. On abolit l'article 23 qui permettait aux nouveaux arrivants d'entrer dans la République fédérale. On le remplace par un article portant le même numéro, et permettant de nouvelles délégations de souveraineté à l'Europe communautaire.

Certes, le Traité dit 2+4 (les deux États allemands et les quatre anciens vainqueurs, dont la France), signé le 12 septembre, proclamait que « l'Allemagne disposait d'une pleine souveraineté sur ses affaires intérieures et extérieures ». Mais c'était simplement pour dire que les Quatre renonçaient désormais à tous leurs droits et responsabilités, pris en main en 1945.

L'Allemagne unifiée était, et est, autant ou aussi peu souveraine que les autres membres de l'Union européenne, dont la France. Depuis lors, l'Allemagne a même renoncé à sa monnaie, le deutsche mark tant aimé. Et, pour tous ses membres, l'Union européenne dispose de bien des pouvoirs, que ce soit au Parlement, à la Commission ou à la Cour de Justice.

Tout a donc été fait pour que le 2 octobre 1990, dont on fête le vingtième anniversaire, marque l'entrée complète et définitive de l'Allemagne élargie dans les structures et l'esprit de l'Union européenne, si souvent décriée.



(*) Auteur de L'Allemagne de Berlin. Différente et semblable (Alvik).
Alfred Grosser


Justices

Vous y comprenez encore quelque chose, à l'affaire Woerth ? La clarté devrait venir de la justice. Pour l'instant, elle prend la forme de trois enquêtes, pas moins, du juge Courroye. Et d'une enquête du juge Prévost-Desprez, du même tribunal, mais en guéguerre contre son collègue. Hier, il a aussi été décidé qu'un juge d'instruction pourrait enquêter - mais c'est juste une possibilité. Et que la Cour de justice de la République n'interviendrait pas - enfin, pas maintenant... Qui peut croire que la vérité sortira un jour de cet embrouillamini ? C'est comme l'affaire Chirac : l'ancien Président devrait bientôt être jugé pour des faits datant de vingt ans. Mais on sait depuis hier que, dans la salle du tribunal, il n'y aura ni victime, la Ville de Paris ayant retiré sa plainte, ni accusation. A se demander si la justice, en plus d'être aveugle, n'est parfois pas volontairement obscure.

Le commentaire politique de Christophe Barbier




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Comment taxer nos amis les riches

Voilà un crime presque parfait ! Alors que le bouclier fiscal est mort, les hommes politiques de gauche et aussi de droite continuent d'en débattre comme s'il était encore vivant, efficace, repoussant les flèches du percepteur. Certes, il existe toujours officiellement un dispositif plafonnant le prélèvement des impôts directs (impôt sur le revenu et sur la fortune, taxes foncières et d'habitation) à 50 % du revenu d'un foyer. Mais ce dispositif est ébréché par la loi sur les retraites, et il va l'être à nouveau par le budget 2011. Ceux qui continuent d'y croire raisonnent en technocrates obsédés par l'impact du troisième chiffre après la virgule. S'ils faisaient l'effort de se mettre dans la tête d'un citoyen fortuné, ils comprendraient aussitôt que le bouclier a disparu. Il faudrait être fou pour renoncer à s'expatrier vers des cieux fiscalement plus cléments au nom d'un bouclier encore neuf et déjà troué ! Le seul effet du dispositif pour les contribuables qui en profitent est désormais un effet d'aubaine.

On hésite toutefois à le dénoncer haut et fort. Car au pays du bricolage fiscal, quelques têtes bien-pensantes pourraient aussitôt imaginer des pansements pour boucher les trous d'un bouclier lui-même déjà conçu comme une compensation du stupide impôt de solidarité sur la fortune (ISF). A moins de dix-huit mois de l'élection présidentielle, il est hélas peu vraisemblable que l'on s'oriente vers la solution de bon sens qui consiste à supprimer le bouclier et l'ISF en relevant le taux marginal supérieur de l'impôt sur le revenu et éventuellement la taxation des successions. La solution est pourtant envisagée par des hommes politiques de droite et aussi de gauche. Qui savent bien qu'il resterait de quoi s'étriper sur les bancs de l'Assemblée à propos du relèvement du taux marginal à 50 %, de la création d'une supertranche surtaxée de revenus au-delà de 200.000 euros ou d'un accroissement des prélèvements sur les héritages pour s'aligner sur les normes anglo-saxonnes.

Avec la crise, la taxation des foyers aisés est redevenue un sujet brûlant. Aux Etats-Unis, Barack Obama veut supprimer les allégements d'impôts pour les Américains gagnant plus de 200.000 dollars par an. Au Royaume-Uni, le tory David Cameron a maintenu le relèvement de 40 % à 50 % du taux marginal de l'impôt sur le revenu décidé l'an dernier par le travailliste Gordon Brown. Il n'y a aucune raison que la France échappe au débat. Et il n'y a aucune raison que les riches français soient moins taxés que les riches britanniques. Au contraire : la France étant championne du monde de la dépense publique parmi les grands pays, elle doit aussi être championne du monde de l'impôt. Sauf à devenir championne du monde du déficit, titre périlleux en ces temps de marchés défiants.

Pour continuer à financer des mégadéficits, il y aurait bien une piste révolutionnaire, explorée par la France il y a un peu plus de deux siècles : l'emprunt forcé. Si l'Etat n'arrivait plus à lever des fonds sur les marchés internationaux, les contribuables seraient forcés de lui prêter de l'argent, dans une proportion augmentant en fonction de leurs revenus. En 1793, alors que les caisses publiques étaient vides, la Convention avait voté un emprunt progressif sur les revenus. « Tu es riche […], je veux que tu prêtes ta fortune à la République », avait lancé lors des débats le pourtant modéré négociant en toile Pierre-Joseph Cambon, financier réputé, celui-là même qui a donné son nom à la rue parisienne où est aujourd'hui installée la Cour des comptes. A l'époque, l'emprunt n'avait finalement pas pu être levé, comme le racontait à la fin du XIX e siècle le théoricien anarchiste Pierre Kropotkine : « Comment le prélever sur les riches qui ne voulaient pas payer ? La saisie ? La vente ? Mais cela demandait tout un mécanisme, et il y avait déjà tant de biens nationaux mis en vente ! » Aujourd'hui, il y a beaucoup plus d'argent qui circule. Il serait par exemple plus facile de créer une conduite forcée sur les tuyaux par lesquels les Français épargnent 200 milliards d'euros par an. L'emprunt forcé, une idée baroque ? C'est pourtant exactement ce que sont en train de faire les Etats avec les nouvelles règles de prudence imposées aux banquiers et aux assureurs, qui vont de facto les contraindre à acheter davantage d'obligations notées AAA -c'est-à-dire émises en très grande majorité par… les Etats.

Mission impossible

Le comité chargé de réfléchir à l'opportunité de créer un fichier positif en France va se réunir aujourd'hui pour la première fois. Ses travaux s'étaleront jusqu'à la fin juin 2011. On souhaite bien du plaisir à ses 16 membres, tant le sujet est loin de faire l'unanimité. Qu'il s'agisse de la Banque de France, des banquiers, de la CNIL ou encore - ce qui est plus surprenant -des associations de consommateurs, chacun des protagonistes met en garde contre les limites du dispositif et pousse sa propre solution.

A se demander si cela vaut le coup de créer ce que certains appellent déjà une usine à gaz regroupant entre 15 et 20 millions d'emprunteurs pour mieux pister quelques milliers d'acheteurs compulsifs. D'autant que les résultats espérés ne sont pas toujours au rendez-vous. En Belgique, par exemple, le nombre des surendettés a progressé de 70 % entre 2003 et 2008, malgré la création de cet outil. Et, que l'on sache, l'existence d'une véritable notation de crédit pour les ménages aux Etats-Unis n'y a pas empêché la crise des « subprimes ». Difficile, dans ces conditions, de nier que le fichier positif n'est pas la panacée. Qu'il ne résoudra pas à lui seul la question du surendettement, lié aussi, on le sait, à ce qu'on appelle pudiquement les accidents de la vie (chômage, maladie, divorce…).

Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faut y renoncer. D'abord, parce que la progression constante du nombre de surendettés justifie d'élargir la palette des moyens d'y remédier. En 2009, le nombre de dossiers de surendettement a encore bondi de 15 %, pour dépasser la barre des 200.000 nouveaux cas. Ensuite, parce qu'il est le prolongement logique de la loi Lagarde. Voté au printemps, ce texte visait non seulement à mieux protéger les emprunteurs (encadrement de la publicité, du crédit renouvelable…), mais aussi à davantage responsabiliser les prêteurs. Dès lors, imposer à ces derniers de vérifier a priori la solvabilité des emprunteurs serait la moindre des choses. Après tout, pourquoi le moindre retrait à un distributeur de billet ferait-il l'objet d'une vérification préalable et pas l'obtention d'un crédit conso. Cela éviterait sans doute des déboires aux ménages les plus fragiles économiquement et psychologiquement.

Reste maintenant aux membres du comité à définir les contours d'un registre à la fois fiable, pratique et respectueux des libertés individuelles. Le défi est de taille.