Un test de l'haleine, aussi bon marché qu'un alcootest, pourrait permettre de détecter un cancer du poumon, du sein, des intestins ou de la prostate, selon une étude publiée mercredi 11 août par la revue britannique The British Journal of Cancer.
Des essais menés auprès de cent soixante-dix-sept volontaires, atteints de différents cancers ou non, ont montré qu'un test de l'haleine pouvait réagir à des composants chimiques qu'émettent les cellules cancéreuses et dire, quels que soient l'âge et le sexe des patients, de quel type de cancer il s'agit.
Des chercheurs de l'Institut technologique Technion d'Israël avaient déjà annoncé il y a un an qu'un test de l'haleine pouvait permettre de détecter un cancer, mais seuls des essais très préliminaires avaient alors été effectués et seule avait été confirmée la détection du cancer du poumon.
"NEZ ÉLECTRONIQUE"
Les essais publiés ce mercredi confirment la détection possible de cancers en l'élargissant aux cancers du sein, des intestins et de la prostate. "Cette étude montre qu'un 'nez électronique' peut distinguer une haleine saine d'une haleine maligne et également les différentes haleines en fonction des types de cancer", a souligné le professeur Abraham Kuten, de l'institut situé à Haïfa, dans le nord d'Israël.
"Si nous pouvons confirmer ces résultats préliminaires par des études plus approfondies, cette nouvelle technologie pourrait devenir un outil simple pour un diagnostic précoce", a-t-il ajouté.
mercredi 11 août 2010
Bientôt un test de l'haleine pour détecter le cancer
Thomas Cook revoit ses ambitions à la baisse
Le tour-opérateur britannique Thomas Cook Group n'avait, pas plus que son concurrent TUI, pressenti la baisse des réservations enregistrée au Royaume-Uni cet été. Une mauvaise nouvelle supplémentaire qui a conduit ses dirigeants à lancer mercredi un avertissement sur résultats.
Alors que son rival
TUI Travel annonçait mardi qu'il visait le bas de la fourchette de ses prévisions pour son exercice annuel, c'est au tour de Thomas Cook Group d'annoncer des mauvais résultats. Pour son troisième trimestre, achevé en juin, le voyagiste a subi une perte imposable de 116,6 millions de livres (141,1 millions d'euros) alors qu'il enregistrait un an plus tôt à la même période un bénéfice de 2,9 millions de livres. La perte avant impôt pour les neuf premiers mois de son exercice atteint 360,8 millions de livres.
Une perte expliquée par les dirigeants du groupe comme le résultat de l'impact du nuage de cendres volcaniques qui a bloqué au printemps dernier une bonne partie de la circulation aérienne en Europe. Ils ont d'ailleurs rehaussé le coût total estimé de cet évènement à 81,9 millions de livres contre une évaluation précédente entre 60 et 80 millions.
Le résultat opérationnel du groupe passe également dans le rouge au troisième trimestre : Thomas Cook enregistre une perte opérationnelle de 64,3 millions de livres, alors qu'il faisait l'an dernier un bénéfice de 20,2 millions. Logiquement le chiffre d'affaires est en recul, il baisse de 9% à 2.156,4 milliards de livres.
Le groupe britannique tient toutefois à préciser qu'il estime à 10% la croissance, pour le troisième trimestre, de son bénéfice sous jacent qui exclut l'impact du volcan islandais.
Comme son rival TUI, Thomas Cook a lancé un avertissement sur ses résultats pour l'exercice en cours, même pour le bénéfice sous jacent. Il annonce lui aussi faire face à la dégradation du marché britannique et à des effets de change défavorables. "L'activité au Royaume-Uni est plus faible qu'attendu
et, au taux de change actuel, l'affaiblissement de l'euro aura un impact négatif sur la conversion de nos revenus perçus en euros. Par conséquent, nous anticipons désormais un bénéfice opérationnel sous-jacent pour l'exercice entier (hors impact du nuage de cendres volcaniques) dans le bas des attentes du marché", a expliqué Manny Fontenla-Novoa, directeur général du groupe.
Même report des réservations au Royaume Uni
Thomas Cook fait la même analyse de marché que son concurrent : les incertitudes liées à la cure d'austérité du gouvernement conservateur, le beau temps en Grande-Bretagne, et aussi la Coupe du monde sont invoqués pour expliquer la baisse de l'activité cet été. En effet, les réservations cumulées pour la saison estivale 2010 ont reculé de 10% au Royaume-Uni par rapport à l'an dernier.
Après la décision de la Fed, faut-il craindre une récession en "W" pour l'économie mondiale ?
La question de la croissance mondiale est relancée par la décision de la Fed de reprendre son soutien à une économie américaine qui peine à rebondir. Mais même si les pays émergents, comme l'Inde ou la Chine, anticipent un ralentissement de leurs économies, la plupart des analystes et des investisseurs restent confiants quant à la solidité de leur croissance et leur capacité à amortir les difficultés rencontrées par les Etats-Unis.
année mais Les premières économies de la planète devraient, à l'image des Etats-Unis, ralentir sur le reste de l'année mais la probabilité d'un retour de la récession est très faible, selon une enquête Reuters menée auprès de 250 économistes.
Réalisée après l'annonce vendredi dernier d'un nombre de destructions d'emplois supérieur aux créations de postes en juillet aux Etats-Unis, cette enquête reste étonnamment optimiste. La question de la croissance mondiale est tout de même relancée par la décision, mardi soir, de la Fed de reprendre son soutien à une économie américaine qui peine à rebondir.
Mais même si les pays émergents, comme l'Inde ou la Chine, anticipent un ralentissement de leurs économies, la plupart des analystes et des investisseurs restent confiants quant à la
solidité de leur croissance et leur capacité à amortir les difficultés rencontrées par les Etats-Unis.
SOULAGEMENT SUR LA DETTE EN ZONE EURO
A cela s'ajoute également un certain soulagement à l'égard de la situation de la dette souveraine de la zone euro, un temps menacée par la situation budgétaire de la Grèce.
Cette crise semble ne pas avoir été aussi sévère que certains le redoutaient et ce d'autant moins que d'autres pays périphériques de la zone euro n'ont pas reproduit le scénario grec.
Selon l'enquête Reuters, les chances d'une récession en "W" aux Etats-Unis restent au même niveau qu'au mois dernier, à 15%, et ce bien que deux tiers des analystes aient abaissé leur prévision de croissance pour la première économie mondiale pour le second semestre de cette année.
L'EMPLOI AU COEUR DES PREOCCUPATIONS
Pour 2010, la prévision moyenne de la croissance américaine a ainsi été réduite à 2,9%, contre 3,0% auparavant. En 2011, le produit intérieur brut (PIB) américain devrait croître de 2,7%, alors que le marché anticipait précédemment 2,8%.
"Le risque d'une récession en 'W' est réel mais finalement l'issue la plus probable est que l'on réussira à l'éviter", assure Jan Hatzius, chef économiste chez Goldman Sachs.
S'agissant de la zone euro, le risque d'une rechute en récession s'amoindrit, mais le rythme de la reprise devrait être très faible. On connaîtra vendredi les chiffres d'activité pour le deuxième trimestre en France, en Allemagne et dans l'ensemble de la zone euro.
Les économistes anticipent ainsi un ralentissement de la croissance à 0,4% à partir du troisième trimestre et jusqu'à la fin 2011, du fait des disparités existant entre les 16 membres de la zone euro et de mesures d'austérité budgétaire qui commenceront à produire leurs effets.
L'EVOLUTION DES TAUX TRES SURVEILLEE
La probabilité médiane d'une récession en Grande-Bretagne est stable quoique plus élevée, à 20%, en raison de la sévérité de la cure d'austérité entamée par le pays.
L'économie japonaise devrait elle aussi connaître un certain essoufflement en affichant un rythme de croissance faible l'an prochain.
Les perspectives d'un relèvement rapide des taux d'intérêt sont peu élevées. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ) devraient ainsi maintenir leurs taux jusqu'à l'année prochaine.
INFLATION MODEREE
L'inflation devrait rester modérée dans la zone euro et aux Etats-Unis et inciter leurs autorités monétaires à maintenir le niveau exceptionnellement bas de leurs taux d'intérêts, alors que la déflation devrait se poursuivre au Japon.
Seule exception en la matière, le Royaume-Uni, où l'inflation se situe bien au-dessus de l'objectif de 2,0% de la BoE et ne devrait pas repasser sous ce niveau avant longtemps.
Mais la principale préoccupation de ces économies porte sur le maintien à un niveau élevé du taux de chômage et la bataille pour l'emploi apparaît comme le défi économique majeur des mois à venir.
La situation de l'emploi pèse en effet sur la consommation des ménages, l'un des principaux moteurs de la croissance, en particulier aux Etats-Unis.
Le sport est souvent un miroir pour un pays. La Bérézina de l'équipe de France de football a illustré les dégâts de l'illusion de se bercer trop longtemps des succès passés en se masquant les dures réalités du présent. Image d'une France qui ne sait pas marier l'énergie de la jeunesse à la sagesse de l'expérience : les jeunes et les seniors sont ceux qui paient le plus lourd tribut à la crise économique.
Après le Mondial, le sport nous a heureusement montré d'autres images. Avant les nageurs, qui ont offert un doublé hier à la France, aux championnats d'Europe, les cyclistes étaient partis avec panache à l'assaut des victoires d'étapes dans le Tour de France. Notre cyclisme était au fond du trou les années précédentes. Il a touché les dividendes d'un long travail de fond... Puis les « Bleuets », discrètement, ont remporté le championnat d'Europe de football des moins de 19 ans.
Enfin, l'équipe de France d'athlétisme avait connu, elle aussi, de retentissants échecs. Cette fédération a osé mettre les problèmes sur la table, repenser son fonctionnement et placer à la direction technique nationale Ghani Yalouz, un ancien... lutteur, d'abord choisi pour sa capacité à insuffler un véritable esprit d'équipe.
Dernier exemple, à confirmer certes, celui du PSG. Décidé à en finir avec des supporters qui ternissent depuis des années l'image du club, le président, Robin Leproux, a décidé qu'il fallait doter le PSG d'un nouveau public, quitte à passer par une cure d'austérité.
Du coup, il n'y a plus d'abonnement pour les tristement célèbres « kop » de Boulogne et d'Auteuil. Le club parie sur l'exemplarité des comportements « normaux ». Cela ne veut pas dire que l'on oublie les sanctions contre les éventuels délinquants, mais on ne compte plus seulement sur elles : les années précédentes ont montré leur insuffisance. Clin d'oeil des dieux du stade, le PSG a gagné largement devant un public moins nombreux que d'habitude, mais plus sage...
De quoi méditer pour le pays lui-même. Sans doute, une action résolue contre les caïds est-elle nécessaire, mais rien ne sera gagné si nous ne retissons pas les liens de solidarité, et si nous ne mettons pas fin à la ghettoïsation des populations en situation de fragilité. Rien ne sera gagné si nous ne renouons pas le dialogue entre les générations, si nous n'encourageons pas le travail... Il y a plus à faire que de la réhabilitation de quartier. Sans doute faut-il mettre en oeuvre une véritable mixité sociale.
Le drame de l'immigration n'est pas d'avoir importé des populations non intégrables ou potentiellement délinquantes ou asociales, mais de n'avoir pas su les placer dans un cadre apte à les insérer. Cela passe par une politique de l'habitat et de l'emploi beaucoup plus imaginative, mais aussi par une responsabilisation des Français : l'individualisme forcené et l'indifférence qui prévalent dans nos villes sont des obstacles à l'intégration.
Pour que de nouveaux venus et leurs enfants puissent partager les « valeurs de la France », il faut leur donner l'occasion d'en expérimenter les bienfaits. Jamais la peur du gendarme n'aura autant d'efficacité que le désir d'imiter les comportements « gagnants » de l'environnement social. Le mimétisme est, comme l'a montré René Girard, un des ressorts les plus puissants de l'être humain. Il est temps d'offrir de « bons exemples », y compris dans les médias de masse. Rien n'est plus efficace.
Les hommes clefs du président
Certains pourraient passer la main à l'automne mais tous sont, encore aujourd'hui, des rouages importants du dispositif élyséen.
· Claude Guéant : la pièce maîtresse
A soixante-cinq ans, le secrétaire général de l'Elysée a pris en janvier sa retraite… d'ancien préfet. Pas question, en revanche, d'abandonner la politique. Au contraire, son nom circule pour entrer au gouvernement. Ce haut fonctionnaire travailleur et discipliné, fin connaisseur des questions de sécurité (il fut directeur général de la police nationale), est l'homme de confiance de Nicolas Sarkozy, qu'il suit depuis 2002. Il fut son directeur de campagne en 2007 et est aujourd'hui incontournable au « château », au point d'être parfois surnommé « le Premier ministre bis ». Car Claude Guéant n'agit pas que dans l'ombre : aucun secrétaire général ne s'est autant affiché dans les médias pour relayer la parole du président.
· Henri Guaino : la « plume »
Comme Claude Guéant, il travaille au même étage que Nicolas Sarkozy, qu'il a rejoint pendant la campagne en 2006. Conseiller spécial et « plume » du président, ce gaulliste social de cinquante-trois ans, né d'une mère femme de ménage et d'un père inconnu, est, à l'Elysée, un personnage atypique, au caractère bien trempé. Passé par les cabinets de Philippe Séguin puis de Charles Pasqua, Henri Guaino fit campagne pour le « non » au traité de Maastricht avant de devenir, en 1995, l'un des artisans du discours sur la « fracture sociale » de Jacques Chirac. Nommé commissaire général au Plan, débarqué par Lionel Jospin en 1998, cet économiste, grand pourfendeur de la pensée unique, se frotta une fois au suffrage universel. Tête de liste séguiniste dans le 5 e arrondissement de Paris aux municipales de 2001, il n'obtint que 9,6 % des voix, loin derrière Jean Tiberi.
· Raymond Soubie : le social
Plus discret que Claude Guéant et Henri Guaino, le conseiller social du chef de l'Etat est, lui aussi, une pièce maîtresse du dispositif élyséen. Son influence a pu se mesurer lors du limogeage de Xavier Darcos, avec lequel il entretenait des relations très difficiles. Expert reconnu des questions sociales, cet énarque de soixante-neuf ans, fondateur du cabinet de conseil en ressources humaines Altedia, peut se targuer d'avoir noué des relations de confiance avec les syndicats comme avec le patronat. Il a fait ses premières armes au cabinet de Joseph Fontanet, ministre du Travail en 1969, avant de rejoindre Matignon, en 1974, comme conseiller de Jacques Chirac puis de Raymond Barre - qui lui proposa même, en vain, le ministère du Travail. Raymond Soubie a préparé en amont la dernière réforme des retraites, comme il avait piloté, fin 2007, celle des régimes spéciaux. Il a laissé entendre que la réforme serait sa dernière oeuvre à l'Elysée.
· Xavier Musca : le financier
Bon connaisseur de la finance et des marchés internationaux, proche de Nicolas Sarkozy qu'il connaît depuis trente ans, ce pur produit de la méritocratie républicaine est, depuis 2009, secrétaire général adjoint de la présidence, attaché aux affaires économiques. Discret et peu connu du grand public, ce fils de postier, formé à l'ENA, a passé une grande partie de sa carrière au Trésor. Ancien conseiller d'Edouard Balladur à Matignon, directeur de cabinet de Francis Mer à Bercy, le Corse Xavier Musca (cinquante ans) pourrait prendre du galon. Il a notamment oeuvré en coulisses, lors de la crise grecque, pour obtenir une solution acceptable par l'Allemagne.
· Franck Louvrier : la communication
Il est l'un des plus anciens conseillers de Nicolas Sarkozy, dont il gère la communication depuis 1997. Très efficace, ce Nantais de quarante-deux ans, arrière-petit-fils d'un des plus proches collaborateurs d'Aristide Briand, a été l'un des hommes clefs de la conquête de l'Elysée. Marginalisé par Cécilia Sarkozy en 2007 (au profit de David Martinon), revenu en grâce après le divorce du chef de l'Etat, Frank Louvrier a fait son baptême du feu électoral aux dernières régionales, sur la liste UMP en Loire-Atlantique. Elu conseiller régional, il rêve désormais de croiser le fer avec Jean-Marc Ayrault, à Nantes, aux municipales de 2014.
PIERRE-ALAIN FURBURY
Opération majeure dans une industrie mondiale de l'énergie en perpétuelle transformation, le rachat d'International Power par GDF Suez couronne d'abord le succès du rapprochement de GDF et de Suez, deux groupes qui, lors de l'annonce de leur projet de fusion début 2006, n'étaient pour l'un qu'un gazier moyen dans un monde de géants, pour l'autre un conglomérat menacé de démantèlement par un groupe public italien.
On se souvient du chemin semé d'embûches qui finit par aboutir, il y a deux ans, à la fusion. Entre une droite peu pressée de « privatiser » GDF avant la présidentielle de 2007 - « il n'y a pas de majorité pour cela », craignait le président de l'UMP de l'époque… Nicolas Sarkozy -et une gauche qui avait inscrit dans son programme la constitution d'un improbable « pôle public de l'énergie » réunissant GDF et EDF, et qui déposait 137.000 amendements à l'Assemblée, entre des syndicats hostiles, galvanisés par l'échec du CPE et des actionnaires de Suez inquiets pour la valorisation de leur patrimoine, le projet faillit mourir plusieurs fois.
Pendant des mois, les pires bêtises économiques furent ainsi évitées de justesse, grâce notamment à la persévérance du PDG de Suez, Gérard Mestrallet, et au soutien de son actionnaire historique, Albert Frère. Les Français manifestant parfois un curieux talent pour dilapider leurs atouts, souvenons-nous, au moment où l'on réfléchit à l'avenir de la filière nucléaire, que ces erreurs auraient débouché sur la marginalisation peut-être définitive de deux importants groupes français… au nom d'une politique industrielle privilégiant les dividendes électoraux.
Aujourd'hui, GDF Suez est non seulement devenu un « champion » de l'énergie, remplissant la promesse de la fusion face à la cohorte des sceptiques de l'époque, mais il franchit, avec International Power, un nouveau seuil sur la scène internationale. Sa capacité de production électrique dépassera les 100.000 mégawatts, avoisinant celle du leader mondial EDF en France, et il disposera du deuxième portefeuille gazier privé. Grâce aux actifs du groupe britannique, il va enfin accroître sa présence dans les marchés émergents, là où la demande d'énergie connaît la plus forte croissance.
Si l'attelage de Colbert et d'Albert Frère au sein du capital de GDF Suez peut sembler insolite, preuve est faite que les intérêts patrimoniaux de l'Etat-actionnaire peuvent converger pour le meilleur avec ceux du capitaliste. Tant mieux ! Et tant mieux si, deux ans après, les péripéties politiques qui avaient entouré la fusion n'en paraissent que plus dérisoires.
C'est la deuxième religion de notre pays, et la mosquée de Paris, la plus ancienne sur notre territoire, a érigé son minaret de 33 mètres au cœur du quartier latin dès... 1922. Mais pour beaucoup de Français, elle continue d'être regardée comme une étrangère. Une intruse suspecte, marquée du sceau d'un doute majeur. L'islam et ses valeurs sont-ils compatibles avec la République, et au-delà, avec l'idée qu'on se fait de la France éternelle ? Certains répondent non sans hésitation.
Si tous les musulmans de France avaient le même profil que Lies Hebbadj, « le boucher halal » de Nantes, polygame, mis en examen pour viol aggravé sur une de ses compagnes, fraudeur aux allocations familiales, et partisan du niqab pour toutes les femmes, on pourrait comprendre une certaine réserve à leur égard. Mais l'immense majorité des cinq à six millions de musulmans de France n'a rien à voir avec Liess Hebadj. L'immense majorité de ces cinq à six millions de musulmans est composée de Français comme les autres, et fiers de l'être, pratiquant leur religion discrètement et faisant le ramadan dans le respect absolu de nos lois.
Le fondamentalisme et le terrorisme islamique ont noyé leur image dans les confusions et les amalgames. Ils peinent encore à trouver leur place, pourtant légitime, dans la maison de la « fille aînée de l'Église ». Ministre de l'Intérieur en charge des cultes, Nicolas Sarkozy avait œuvré avec beaucoup de clairvoyance et d'intelligence à leur reconnaissance au sein de notre état laïc en orchestrant la création du Conseil français du culte du musulman (CFCM). Ce fut un pas très prometteur qui donnait à notre pays une dimension à la fois moderne, lucide et ouverte sur une civilisation qui compte, dans le monde, plus d'un milliard et demi de croyants.
Le président de la République, qui a souvent déclaré, avec sincérité, que l'islam représentait un apport très positif pour la France semble avoir renoncé, depuis, à promouvoir cette idée juste. Le plus souvent originaires du Maghreb ou d'Afrique, les musulmans français peuvent légitimement se sentir stigmatisés, aujourd'hui, par le concept de « Français d'origine étrangère » manipulé dangereusement par les amis du chef de l'État. En distillant une méfiance généralisée clairement tournée contre les Français d'origine immigrée, le gouvernement prend ainsi le risque de les rejeter dans ce repli identitaire et religieux que, précisément, il prétend combattre.
Face aux incendies dantesques qui ravagent la campagne russe au point d'étouffer Moscou, on cherche des explications techniques. On imagine un pays peu expérimenté en ce domaine et donc mal équipé en canadairs et autres engins de combat modernes contre le feu. Mais voici que rencontrant les pompiers sur le terrain, le Premier ministre Poutine s'emporte soudain contre la corruption des responsables politiques et administratifs régionaux. C'est à cause d'eux, clame-t-il, que l'aide n'arrive jamais, que les équipements datent des années 1950. Laissons une part de ce discours à la propagande du pouvoir central. Mais tous les connaisseurs de la société russe s'accordent à dire que la vérité est là. Dans la patrie du communisme, l'idéologie de l'égalité, du partage, du bien commun, s'est effondrée pour laisser la place à une corruption omniprésente, de la base au sommet de l'Etat. Et chacun sait que si Mikhaïl Khodorkovski croupit en prison pour cause de corruption, c'est parce que ses activités pétrolières concurrençaient trop frontalement les intérêts financiers des clans les plus proches du pouvoir.
La transition directe du communisme vers la corruption peut sembler paradoxale. Mais à regarder le monde, on constate qu'aucune idéologie ne résiste à la puissance de l'argent. Le tiers-mondisme, si puissant dans les décennies d'après-guerre, a laissé place à des clans civils ou militaires qui n'agissent, notamment en Afrique, que pour leur propre compte. Les circuits mafieux sont parfois si présents que même l'aide internationale promise après un drame absolu tel que le tremblement de terre en Haïti n'est pas versé de crainte qu'elle soit aussitôt détournée. N'en concluons pas trop vite que ces moeurs n'appartiennent qu'aux zones peu développées. Car tout à côté de chez nous, dans un grand pays jadis dévoué à la démocratie chrétienne, le système berlusconien est lui aussi en train de pourrir de l'intérieur. Il ne doit qu'à la faiblesse de ses adversaires de n'être pas encore tombé. C'est à croire qu'il faut être protestant et scandinave pour échapper à la fatalité.
En 1812, l’armée tsariste incendiait Moscou pour priver Napoléon de sa conquête. L’Empereur en eut le souffle coupé : “Cela dépasse tout, c’est une tactique horrible, sans précédent dans l’histoire de la civilisation. Brûler ses propres villes !”
Aucune invasion, aujourd’hui, ne menace la capitale russe. Mais la méfiance vis-à-vis des étrangers demeure, alors qu’un gigantesque sinistre submerge le pays et révèle son incurie. Le Kremlin, front patriotique, rechigne à accepter l’aide internationale.
Poutine joue des biscoteaux. Permettre à l’occident de venir fourrer son nez dans ce tas de cendres serait une faute. Et puis, à quoi sert de s’unir contre la fatalité ? Côté officiel, on évoque “une anomalie du fonctionnement du soleil.” Sans rire.
Il s’agit de taire la gestion catastrophique des forêts, les secours défaillants. Le manque de bombardiers d’eau ou de pompiers ne doit pas être mentionné. Ni la corruption du système, ni l’incompétence gouvernementale.
“Ce n’est pas nous qui décidons, c’est en haut !” a dit le président Medvedev, doigt pointé vers le ciel.
Du coup, sur la place Rouge, des cortèges de pèlerins s’ébranlent parmi les touristes. Ils demandent à Dieu de faire tomber la pluie. À leur tête, barbes éternelles, des moines orthodoxes sortis de chez Dostoïevski…
Le discours sécuritaire booste les adhésions à l'UMP
"Il y a quelques temps, les passants dans la rue nous parlaient du social et du chômage. Désormais, c'est des gens du voyage et de la sécurité", commente le parti.
L'UMP a affirmé mardi 10 août que les récentes annonces sécuritaires de Nicolas Sarkozy ont provoqué une forte vague d'adhésion. Le parti aurait gagné plus de 15.000 adhérents en quelques jours, entre le 23 juillet et le 9 août. C'est du moins ce que prétend Damien Meslot, secrétaire national de l'UMP aux fédérations et aux nouveaux adhérents.
"Depuis le discours de Nicolas Sarkozy sur la sécurité à Grenoble [le 30 juillet, ndlr], le nombre d'adhésions à l'UMP explose", affirme le député du Territoire de Belfort. "C'est d'autant plus spectaculaire que le mois d'août est traditionnellement un mois très calme, déclare-t-il à Nouvelobs.com, mais "cette année, ça flambe." Le député UMP estime que "cette forte hausse traduit le fort soutien populaire au discours du président de la République en matière de sécurité".
"Que la gauche continue à nous taper dessus !"
Toujours selon Damien Meslot, le parti comptait 194.905 adhérents à jour de cotisations, le 23 juillet dernier - contre 200.936 en juillet 2009. Et l'UMP compterait 210.465 adhérents "au pointage du 9 août", "contre 207.073 un an auparavant". "Je souhaite que Martine Aubry, Marianne et Michel Rocard continuent à nous taper dessus : ça fait monter nos adhésions !", plaisante-t-il.
"Il y a quelques temps, les passants dans la rue nous parlaient du social et du chômage. Désormais, c'est des gens du voyage et de la sécurité. Et je n'ai pas trouvé un électeur pour critiquer Nicolas Sarkozy ! Même les électeurs de gauche souhaite qu'on serre la vis", poursuit Damien Meslot.
Le député souhaite que le président et son ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, continuent à prendre des initiatives sur ce thème porteur, car "la sécurité intéresse beaucoup les Français". A ce rythme, l'UMP peut espérer une progression du nombre de ses adhérents en fin d'année, qui pourrait atteindre "270 à 280.000".
Redresser la pente
Il faut dire que des nouvelles adhésions, l'UMP en a bien besoin : le parti connaît une véritable hémorragie depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. En janvier 2007, l'UMP revendiquait "370.000 militants". Ce chiffre tombe à 270.000 en janvier 2009, au moment où Xavier Bertrand est nommé secrétaire général. Un an plus tard, en janvier 2010, le même Xavier Bertrand annonce une "opération transparence" : 253.645, à l'unité près.
Année après année, l'UMP perd donc des militants. Au point que l'objectif de "500.000 adhérents" en 2012 pourrait relever de la mission impossible. Damien Meslot estime pourtant que ce chiffre reste réaliste: "nous pouvons l'atteindre dans une année présidentielle, si nous continuons sur cet élan". La dynamique se résume donc à quatre syllabes : sé-cu-ri-té. L'UMP peut compter sur Nicolas Sarkozy pour les prononcer aussi souvent que nécessaire.
AU CRÉTIN QUI TROUVE QUE SARKOZY FAIT DU LE PEN LIGHT, OSERA-T-IL DONNER UN EXEMPLE DE POLITIQUE GAUCHISTE DE L'IMMIGRATION ?
L'économie mondiale devrait éviter la récession en "W"
Les premières économies de la planète devraient, sous la conduite des Etats-Unis, ralentir sur le reste de l'année, mais la probabilité d'un retour de la récession est très faible, selon une enquête Reuters menée auprès de 250 économistes.
Réalisée après l'annonce vendredi dernier d'un nombre de destructions d'emplois supérieur aux créations de postes en juillet aux Etats-Unis, cette enquête reste étonnamment optimiste.
Même si les pays émergents, comme l'Inde ou la Chine, anticipent un ralentissement de leurs économies, la plupart des analystes et des investisseurs restent confiants quant à la solidité de leur croissance et leur capacité à amortir les difficultés rencontrées par les Etats-Unis.
A cela s'ajoute également un certain soulagement à l'égard de la situation de la dette souveraine de la zone euro, un temps menacée par la situation budgétaire de la Grèce.
Cette crise semble ne pas avoir été aussi sévère que certains le redoutaient et ce d'autant moins que d'autres pays périphériques de la zone euro n'ont pas reproduit le scénario grec.
Selon l'enquête Reuters, les chances d'une récession en "W" aux Etats-Unis restent au même niveau qu'au mois dernier, à 15%, et ce bien que deux tiers des analystes aient abaissé leur prévision de croissance pour la première économie mondiale pour le second semestre de cette année.
L'EMPLOI AU COEUR DES PREOCCUPATIONS
Pour 2010, la prévision moyenne de la croissance américaine a ainsi été réduite à 2,9%, contre 3,0% auparavant. En 2011, le produit intérieur brut (PIB) américain devrait croître de 2,7%, alors que le marché anticipait précédemment 2,8%.
"Le risque d'une récession en 'W' est réel mais finalement l'issue la plus probable est que l'on réussira à l'éviter", assure Jan Hatzius, chef économiste chez Goldman Sachs.
S'agissant de la zone euro, le risque d'une rechute en récession s'amoindrit, mais le rythme de la reprise devrait être très faible.
Les économistes anticipent ainsi un ralentissement de la croissance à 0,4% à partir du troisième trimestre et jusqu'à la fin 2011, du fait des disparités existant entre les 16 membres de la zone euro et de mesures d'austérité budgétaire qui commenceront à produire leurs effets.
La probabilité médiane d'une récession en Grande-Bretagne est stable quoique plus élevée, à 20%, en raison de la sévérité de la cure d'austérité entamée par le pays.
L'économie japonaise devrait elle aussi connaître un certain essoufflement en affichant un rythme de croissance faible l'an prochain.
Les perspectives d'un relèvement rapide des taux d'intérêt sont peu élevées. La Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne (BCE), la Banque d'Angleterre (BoE) et la Banque du Japon (BoJ) devraient ainsi maintenir leurs taux jusqu'à l'année prochaine.
L'inflation devrait rester modérée dans la zone euro et aux Etats-Unis et inciter leurs autorités monétaires à maintenir le niveau exceptionnellement bas de leurs taux d'intérêts, alors que la déflation devrait se poursuivre au Japon.
Seule exception en la matière, le Royaume-Uni, où l'inflation se situe bien au-dessus de l'objectif de 2,0% de la BoE et ne devrait pas repasser sous ce niveau avant longtemps.
Mais la principale préoccupation de ces économies porte sur le maintien à un niveau élevé du taux de chômage et la bataille pour l'emploi apparaît comme le défi économique majeur des mois à venir.
La situation de l'emploi pèse en effet sur la consommation des ménages, l'un des principaux moteurs de la croissance, en particulier aux Etats-Unis.
avec le Bureau de Bangalore, Chris Reese à New York, Kaori Kaneko à Tokyo, Jonathan Cable et Andy Bruce à Londres, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français, édité par Nicolas Delame
mardi 10 août 2010
La Belgique pour un impôt européen, "plus juste" que le système actuel
Le secrétaire d'Etat belge au Budget Melchior Wathelet s'est dit mardi favorable un impôt européen tel que suggéré par la Commission européenne, mais auquel sont opposés la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni.
Le commissaire européen au Budget Janusz Lewandowski avait indiqué lundi, dans une interview au Financial Times Deutschland, qu'il envisageait la création d'un impôt dont les recettes alimenteraient directement les caisses européennes.
M. Wathelet a expliqué avoir "toujours été un grand défenseur du principe des ressources propres".
Le financement actuel de l'Union européenne, fondé sur des contribution des Etats membres, dont certains ont obtenu des rabais, "n'est pas sain", a estimé le secrétaire d'Etat belge, cité par l'agence Belga.
"Avec un mécanisme de ressources propres, il serait plus juste", a-t-il assuré, en soulignant qu'il serait en outre "plus responsabilisant pour l'Union européenne en tant que telle".
La Belgique prend ainsi notamment le contre-pied du secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche, qui a qualifié mardi de "parfaitement inopportune" l'idée du commissaire Lewandowski.
"Tout impôt supplémentaire aujourd'hui n'est pas le bienvenu et l'heure est bien davantage, parmi les Etats membres, mais aussi pour les institutions européennes, aux économies", a déclaré le ministre français à l'AFP.
Londres et Berlin ont également rejeté la suggestion de M. Lewandowski. Le gouvernement britannique a réaffirmé que la fiscalité devait être déterminée au niveau national.
Nicolas Sarkozy et l'immigration : changement de ton
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La Russie décrète l'état d'urgence autour d'un centre de retraitement nucléaire
Les autorités russes ont décrété l'état d'urgence autour du centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, dans l'Oural, en raison de la propagation des incendies dans cette zone, a annoncé lundi l'administration locale.
"Le chef de l'administration a décrété le 6 août l'état d'urgence dans les forêts et les parcs de la ville d'Ozersk (où se trouve le complexe nucléaire, ndlr) en raison de la propagation des incendies", selon un communiqué publié lundi. Le chef de l'administration, Viktor Trofimtchouk, "présidera le 10 août
une réunion d'urgence pour coordonner les efforts des services concernés", selon ce communiqué.
Le centre de retraitement se trouve dans la région de Tcheliabinsk, dans l'Oural, à 2.000 km à l'est de Moscou. Il avait été en 1957 le lieu d'une des principales catastrophes nucléaires en Union soviétique, lors d'un rejet accidentel de déchets nucléaires liquides qui avait touché 260.000 personnes et nécessité l'évacuation de plusieurs localités dans la région. L'usine Maïak est capable de retraiter 400 tonnes de combustibles par an.
Zones à risques
Plusieurs autres installations nucléaires russes sont dans des zones à risques. Le ministre russe des Situations d'urgence Sergueï Choïgou a ainsi demandé dimanche à ses services de travailler 24 heures sur 24 pour éteindre un incendie sur sept hectares autour d'un centre nucléaire à Snejinsk (Oural, 1.500 km à l'est de Moscou). "Les conditions météo sont favorables, avec l'absence du vent. Si cela continue aujourd'hui, l'incendie sera éteint" à l'incendie, a déclaré lundi Guéorgui Rykovanov, directeur du centre nucléaire de Snejinsk qui élabore des armes nucléaires.
Quant au centre nucléaire de Sarov (région de Nijni-Novgorod, 500 km à l'est de Moscou), également chargé de l'élaboration d'armes nucléaires, "la surveillance se poursuit sur quatre zones où la possibilité d'incendies subsiste", a indiqué Sergueï Novikov, porte-parole de l'agence de l'Energie atomique Rosatom. "Actuellement, dans la zone protégée (du centre), l'incendie a été liquidé. L'équipement et les matériaux explosifs ont été remis dans les installations qui étaient menacées par l'incendie. L'institut travaille normalement", a-t-il poursuivi. Les autorités, après avoir affirmé plusieurs fois qu'il n'y avait aucun risque à Sarov, avaient indiqué en définitive que tous les matériaux radioactifs avaient été évacués du centre la semaine dernière.
Ce que les incendies russes font craindre
Les incendies qui dévorent la Russie suscitent diverses craintes sécuritaires et sanitaires: sites nucléaires menacés par les flammes, air irrespirable, craintes d'épidémies...
Air chargé en particules
La fumée âcre chargée de micro-particules nocives qui a envahi Moscou depuis près d'une semaine présente des risques importants pour la santé, mettent
en garde des médecins.
L'observatoire de la qualité de l'air à Moscou, Mosecomonitoring, a annoncé sur son site que la concentration de monoxyde de carbone était de 2,1 fois supérieure à la norme maximale lundi, contre 6,6 fois samedi. L'air pollué contient aussi des hydrocarbures spécifiques, des concentrations importantes d'ozone, d'oxyde d'azote, d'ammoniaque et de l'hydrogène sulfuré. A contrario, le taux d'oxygène dans l'air est en baisse.
Pour le docteur Pavel Loguinov, du Centre médical européen dans la capitale russe, la liste des problèmes de santé susceptibles d'être provoqués par la fumée est longue: bronchites, asthme, allergies, infections pulmonaires et oculaires. Par ailleurs, le manque d'oxygène dans l'air peut être à l'origine de problèmes cardio-vasculaires. Et pour se protéger efficacement, les moyens sont rares. Selon lui, "la seule chose qui aide vraiment, c'est de partir de Moscou".
Mortalité en hausse
A Moscou, la canicule et la fumée âcre et toxique, nourrie par les feux de forêts et de tourbières dans la région, ont entraîné un doublement de la mortalité. Alors que 360 à 380 décès sont enregistrés habituellement, chaque jour dans la capitale russe, cette moyenne est passée à 700 par jour depuis la semaine dernière.
Les fumées n'atteignent pas Saint-Pétersbourg, ancienne capitale impériale bien plus au nord. Mais la mortalité y augmente aussi, surtout à cause de la "canicule anormale" dont souffre le pays. "En juillet 6638 habitants sont morts contre 5137 pour la même période de l'année dernière", selon le site du service d'état civil, soit une augmentation de 30%.
Craintes d'épidémies
Les autorités russes craignent une poussée d'épidémies en raison de la canicule sans précédent qui frappe le pays, a déclaré lundi le chef des services sanitaires Guennadi Onichtchenko. Le choléra en particulier: "Nous craignons l'importation du choléra en provenance de l'Asie du sud-est, du Pakistan, où la situation n'est pas bonne", notamment en raison de très graves inondations qui ont affecté près de 15 millions de personnes.
Cette inquiétude est nourrie par des signes comme la multiplication des cas de gastro-entérite aiguë et la détérioration de la qualité de l'eau dans 52 des 83 régions russes. "Nous prenons des mesures pour organiser le contrôle de la nourriture, et exigeons la livraison d'eau potable là où se sont taries les sources d'alimentation", a-t-il précisé.
Des sites à risque
Le gouvernement a annoncé le 5 août avoir transféré "vers un endroit sûr" des munitions d'artillerie et des missiles d'un dépôt situé sur le territoire de la garnison d'Alabinsk, dans le district de Naro-Fominsk (70 km au sud-ouest de Moscou). Les autorités ont aussi reconnu que deux bases de l'armée russe avaient brûlé le 29 juillet dans la région de Moscou, ravagées par les flammes.
Par ailleurs, plusieurs sites nucléaires considérés comme sensibles sont menacés par la propagation des incendies qui font rage depuis la fin juillet en Russie.
Le Centre de retraitement et de stockage de déchets nucléaires de Maïak, où l'état d'urgence a été décrété le 6 août et annoncé ce lundi, est situé dans la ville d'Ozersk (région de Tcheliabinsk, Oural, à 2000 km à l'est de Moscou). Ce gigantesque complexe, lieu d'une
catastrophe nucléaire en 1957, qui est capable de retraiter 400 tonnes de combustible nucléaire usagé par an, est aussi le lieu de stockage de très grandes quantités de déchets nucléaires.
Le centre de Snejinsk, qui élabore des armes nucléaires, se trouve dans l'Oural, à 1500 km à l'est de Moscou. Le 8 août, le ministre russe des Situations d'urgence a demandé à ses services de travailler 24 heures sur 24 pour éteindre un incendie sur sept hectares autour du centre.
Plus de 800 hommes continuent de lutter contre le feu qui fait rage à proximité du centre de Sarov, dans la région de Nijni-Novgorod, 500 km à l'est de Moscou. Il accueille depuis la période soviétique un important centre de recherche nucléaire où sont notamment fabriquées des armes atomiques russes. Les autorités avaient affirmé le 4 août avoir évacué toutes les matières fissiles et explosives du centre. Selon l'agence de l'Energie atomique Rosatom, cet équipement y a été replacé depuis.
Pour éviter l'extinction de l'homme, Hawking prône la colonisation de l'espace
Le constat de l'astrophysicien britannique Stephen Hawking est simple : si l'homme ne colonise pas l'espace dans les 200 prochaines années, la race humaine risquerait bien de disparaître. "Je pense que l'avenir à long terme de la race humaine se trouve dans
l'espace. Il sera déjà difficile d'éviter une catastrophe sur la planète Terre dans les 100 prochaines années, sans parler du prochain millier ou million d'années", a expliqué M. Hawking au site Internet Big Think.
Connu et reconnu pour ses travaux sur l'univers et la gravité, le scientifique se prononce résolument "en faveur des vols habités dans l'espace". "Si nous sommes les seuls êtres intelligents de la galaxie, nous devons assurer notre survie", a plaidé le scientifique, estimant que l'augmentation de la population mondiale et les ressources limitées de la Terre vont menacer de plus en plus l'espèce humaine.
M. Hawking estime qu'à mesure que les crises politiques et les catastrophes naturelles se multiplient, l'homme devra "faire preuve de prudence et de jugement pour les gérer avec succès". "J'entrevois de grands dangers pour la race humaine. A de nombreuses reprises par le passé, sa survie a été dans une situation délicate", estime-t-il. Mais le scientifique, qui se dit tout de même "optimiste" quant à la survie de la race humaine, pense que "si nous pouvons éviter une catastrophe au cours des deux prochains siècles, notre espèce devrait être sauve si nous nous déployons dans l'espace". "La race humaine ne devrait pas mettre tous ses œufs dans le même panier, ou sur la même planète", a conclu le scientifique.
S’il en était besoin, les commémorations de Nagasaki, hier 9 août, après celles de Hiroshima le 6 août, rappellent, d’année en année depuis soixante-cinq ans, la virulence de la bombe atomique et donnent de la force à tous ceux qui militent pour bâtir un monde sans armes nucléaires.
Le nucléaire civil, quant à lui, après une période de vives remises en cause, s’est trouvé en quelque sorte « réhabilité » par les conséquences désastreuses du réchauffement climatique, provoqué par les émissions de gaz à effet de serre : il est du coup apparu comme une énergie peu polluante, par rapport au charbon ou au pétrole. La question des déchets, certes épineuse, se posant essentiellement à long terme, plusieurs pays qui s’étaient engagés à réduire leur parc nucléaire ont été amenés à revenir sur leur décision. Par conviction ou par défaut.
Les tensions diplomatiques avec l’Iran rappellent néanmoins régulièrement que, du nucléaire civil au nucléaire militaire, le pas n’est pas infranchissable, et elles soulèvent la question du droit des États à disposer de cette technologie, à plus forte raison quand leurs gouvernants ne s’embarrassent pas de démocratie. Mais les incertitudes politiques ne sont pas seules à inviter à la prudence. Les autorités russes ont dû décréter l’état d’urgence autour du centre de retraitement et de stockage des déchets nucléaires de Maïak. À Sarov, les matières radioactives ont été évacuées la semaine dernière. Les incendies, de même que les très fortes températures enregistrées, interrogent sur la sûreté des installations russes, leur respect des normes, les capacités des responsables à gérer une grave crise…
Les experts jugent faible le risque encouru, sur place et pour les pays environnants. Mais ces événements sonnent comme un avertissement, ils soulignent la nécessité pour les pays équipés de centrales nucléaires de veiller à une maintenance irréprochable, d’être attentifs aux phénomènes géologiques et météorologiques (tremblements de terre, glissements de terrain, inondations, canicule, etc.). Rappel à l’ordre d’une évidente actualité.
Cela s'est passé le 4 août. On ignore si la nuit du 4 août 1789 - l'abolition des privilèges -a joué un rôle symbolique dans le choix de cette date où 40 superriches américains ont promis de donner à des oeuvres caritatives la moitié de leur fortune. Ce qui, selon Warren Buffet, promoteur avec Bill Gates de cette initiative, permet d'espérer une récolte de 600 milliards de dollars, si d'autres milliardaires se joignent au mouvement. L'affaire est si énorme, si insolite vue d'Europe, qu'on aurait tendance à n'y voir qu'une manifestation du folklore américain, dans la veine des films de Frank Capra. Cédons donc d'abord à la manie, bien française, du dénigrement en variant le ton. Sceptique : « Cette promesse de donner, de leur vivant ou après leur mort, la tiendront-ils ? Après le 4 août, il y a eu la Restauration… ». Désabusé : « A ce niveau de richesse, ils peuvent bien lâcher quelques milliards : ils ne s'en apercevront même pas ! » Finaud : « Aux Etats-Unis, les plus riches ont été les seuls à s'enrichir depuis vingt ans, même pendant la crise : ils veulent se faire pardonner… »
Gardons-nous cependant de ne voir la société américaine qu'à travers nos propres lunettes. Elle fait de l'argent, dit-on, sa valeur suprême. En fait, elle valorise surtout la réussite individuelle, dont l'argent n'est qu'un témoignage. Une fois acquis, il devient un moyen d'action plutôt que de conservation de la richesse, comme le montre la mobilité du capital outre-Atlantique, et le fait que les Américains sont bien moins attachés que les Européens à la transmission du patrimoine : combien de milliardaires français accepteraient de déshériter leurs enfants de la moitié de leur fortune ? Enfin l'enrichissement, qui n'aurait pu être réalisé sans le support de la collectivité, appelle une réciprocité : c'est ce qui fonde la tradition caritative bien ancrée aux Etats-Unis. Reste une question : comment concilier avec les institutions démocratiques un système de redistribution, d'assistance et même d'aide au développement qui passe de plus en plus aux mains de décideurs privés ?
Il y a un an, le législateur a décidé d'autoriser plus largement le travail le dimanche. Il reprenait ainsi à la lettre la proposition n° 137 de la commission Attali pour la libération de la croissance française. Mais il faut prendre une loupe pour détecter les effets de la loi - et un microscope pour en discerner l‘impact sur la croissance. Le comité parlementaire qui devait produire pour ce mois d'août une évaluation sur le respect du repos dominical a d'ailleurs choisi de respecter son propre repos.
Tout se passe comme si, au-delà des débats enflammés, la loi n'avait finalement ajouté qu'une nouvelle strate d'exceptions dans l'épaisse couche de lois et règlements corsetant l'ouverture des commerces le dimanche. Il y avait déjà des dérogations pour les boulangeries, les marchés, les animaleries, les commerces de biens culturels, les zones touristiques. Des zones touristiques elles aussi soumises à des exceptions étranges, puisque le découpage parisien y intègre la rue d'Arcole mais non le boulevard Haussmann. Avec la loi du 10 août 2010, il y a désormais les Puces (périmètres d'usage de consommation exceptionnel), à ne pas confondre avec les Puces de Saint-Ouen, elles aussi ouvertes le dimanche. Des Puces qui constituent en fait la reconnaissance de centres commerciaux qui ouvraient leurs portes le septième jour depuis déjà des années, comme celui de Plan de Campagne. Comme les zones touristiques, elles ont des contours surprenants puisqu'elles sont réservées aux villes de plus de 1 million d'habitants tout en excluant Lyon…
Une telle accumulation de lois et d'exceptions indique à coup sûr le poids des innombrables lobbys intervenant sur la question - élus locaux, grands et petits commerçants, syndicats, associations religieuses, etc. Il y a des entassements comparables dans d'autres domaines où les luttes d'influence sont féroces, comme la fiscalité ou le droit du travail. Au-delà, c'est sans doute la marque du génie national, que l'on retrouve dans une langue française percluse de règles et d'exceptions. Mais cette complexité finit par déboucher sur la paralysie. Il est absurde de vouloir sanctuariser le dimanche dans un pays où 8 millions d'actifs travaillent occasionnellement ou régulièrement le dimanche. Il est aberrant de bloquer le commerce dominical quand les boutiques sont ouvertes 24 heures sur 24. Il est suicidaire de fermer les grands magasins le dimanche dans une capitale mondiale du tourisme. Le Parlement devra revenir sur la question en adoptant des textes simples, clairs et modernes. Ce qui n'empêche pas de préserver l'équilibre entre employeurs et employés, petits et grands magasins, producteurs et consommateurs.
Pourquoi les riches Français sont moins philanthropes que les Américains
40 milliardaires américains se sont publiquement engagés à verser au moins la moitié de leur argent à de bonnes oeuvres. Et les grandes fortunes françaises ? Elles sont moins généreuses, et surtout plus discrètes.
L'engagement public de quarante
milliardaires américains de verser la moitié de leur fortune à des organisations caritatives a fait sensation la semaine dernière. Peut-on s'attendre à ce que leurs pairs français, moins nombreux certes, fassent preuve d'une telle générosité ? C'est peu probable.
La philanthropie américaine plonge ses racines dans la fin du 19e siècle aux Etats-Unis avec les Rockefeller, Carnegie, Ford et Getty... Alors que les inégalités se creusaient au sein du pays de l'égalité des chances, ces richissimes capitaines d'industrie ont compris que s'ils voulaient éviter l'insurrection, "ils avaient intérêt à mettre la main au portefeuille, explique Antoine Vaccaro, président du Centre d'étude et de recherche sur la Philanthropie. Or les inégalités de revenus se sont à nouveau creusées ces dernières années. La richesse des 400 milliardaires américains correspond au PIB de l'Inde. Il n'est pas étonnant que la philanthropie revienne en force".
En France en revanche, le terme lui-même était tombé en désuétude depuis la fin de l'ancien régime. "Il évoquait l'église et les dames patronnesses.Ce n'est qu'avec la création de la fondation Bill Gates en 2000 que le mot a commencé à réapparaître", précise Antoine Vaccaro.
En France, plus de philanthropes morts que vivants
Il n'est pas possible d'affirmer que Liliane Bettencourt et Bernard Arnault, les deux prmeières fortunes de France, sont moins charitables que Bill Gates et Warren Buffett. Ce qui est certain, c'est qu'ils ont tendance à être plus discrets sur leur richesse, et donc sur leurs dons. "Dans le système éthico-religieux protestant américain, il n'y a pas de honte à faire fortune, alors que dans la mentalité française, plus influencée par le catholicisme, l'enrichissement est suspect, rappelle Antoine Vaccaro. Si on étale trop sa fortune, on a peur de se faire haïr ou d'avoir droit à un contrôle fiscal". C'est pourquoi de nombreux philanthropes ont préféré légué leur fortune aux bonnes oeuvres après leur mort.
Et c'est justement à cause de cette discrétion qu'il est impossible de faire des comparaisons chiffrées précises. Pour autant, Antoine Vaccaro estime que Liliane Bettencourt, Bernard Arnault et François Pinault consacrent entre un dixième et un quinzième de leur patrimoine à la philanthropie. On n'est donc loin d'être dans les mêmes proportions que Buffett et Gates, qui ont promis de léguer respectivement 80% et 95% de leur fortune et qui demandent à leurs amis de s'engager sur au moins la moitié de la leur. Les Français ne manqueront pas de souligner que les Américains étant moins lourdement taxés, il leur reste plus d'argent à consacrer à la charité. Quant aux riches Français, ils peuvent estimer qu'ils expriment déjà leur généreuse solidarité à travers l'impôt.
Pas question de mourir riche
C'est d'ailleurs la relative faiblesse de l'impôt et donc de l'Etat qui explique que les philanthropes américains soient très présents dans le social, l'éducation et la santé, des secteurs financés en France par l'Etat. "Les grandes fortunes françaises ont donc eu tendance à se tournées vers l'art, la culture et le patrimoine", affirme Antoine Vaccaro, via le mécénat.
Mais les différents niveaux d'imposition ne suffisent pas à expliquer l'écart de dons. Les raisons sont avant tout culturelles. Car si la richesse n'est pas taboue aux Etats-Unis, elle ne vient pas sans contrepartie. "On considère que celui qui a eu la chance de s'enrichir doit rendre une partie à la collectivité", poursuit Antoine Vaccaro. Pas question, en somme, de vivre radin et de mourir riche. "Cette fortune, je ne peux ni la dépenser entièrement ni l'emporter dans la tombe", écrit souvent Michael Blomberg, un des milliardaires à avoir signé la liste du Giving Pledge . "Le linceul n'a pas de poche", disait déjà le roi de l'acier Andrew Carnegie.
Et transmettre sa fortune à ses enfants, qui risquent de la dilapider, ne correspond pas non plus à la mentalité du self-made man américain, pour qui l'héritage n'est qu'un frein à l'innovation et à la création de nouvelles richesses. Tout l'inverse de la France, où le droit de succession interdit de déshériter ses enfants et où les Pinault, Lagardère, Arnault et autres grands entrepreneurs aiment transmettre leurs empires à leur progéniture.
Jennifer Aniston : « Pas besoin des hommes pour être de bonnes mères»
A l’occasion de la promotion de sa nouvelle comédie « Une famille très moderne » qui sortira le 25 août en France, Jennifer Aniston a défendu les méthodes de procréation
non traditionnelles. Se mettant à la place de son personnage, une femme qui décide d’avoir un enfant à l’aide d’un donneur de sperme, Jennifer Aniston estime que les femmes peuvent très bien devenir de bonnes mères tout en étant célibataires.
« Les temps ont changé, et c’est extraordinaire d’avoir autant d’options comparé à l’époque de nos parents où on ne pouvait plus avoir d’enfants quand on avait trop attendu », a-t-elle déclaré dimanche dernier lors d’une conférence de presse à Beverly Hills.
Ce rôle de mère atypique lui a aussi donné l’occasion d’évoquer les nouvelles normes familiales : « Le schéma traditionnel de la mère, du père, avec deux enfants et un chien, n’est pas nécessaire. L’amour et la famille, c’est ce qui nous entoure, ce qui fait partie de notre sphère immédiate »
L'insémination ne fait pas partie de ces plans
Questionnée sur les répercussions de l’éducation d’un enfant sans père, Jennifer Aniston a répondu que tous les types de famille étaient capables d’élever sainement un enfant. « C’est ce que j’aime dans ce film. Il nous montre que la famille n’est pas forcément le stéréotype qui nous a été inculqué. »
Kassie, la protagoniste du film, n’est pas le premier rôle de mère célibataire que Jennifer Aniston a campé. Déjà Rachel, son personnage phare de la série Friends, après être tombée enceinte d’un ami par accident, avait choisi de garder le bébé.
L’ex star de Friends, 41 ans et célibataire, a affirmé vouloir des enfants, ajoutant que l’insémination artificielle ne faisait pas partie de ses plans.
Les politiques ne devraient pas gaspiller tant de temps à travailler leur communication et leur image. C'est un outil dérisoire dont ils peuvent se passer : l'époque les condamne à l'impopularité. Alors, qu'ils fassent avec ! Comment idéaliser le pouvoir quand la réalité de l'économie et des comptes dégradés de la nation ne lui abandonnent qu'un rôle de levier de plus en plus subalterne ?
La prévision d'une croissance molle pour 2011 que l'Insee dévoilera en fin de semaine va compliquer un peu plus encore la tâche du gouvernement et réduire la marge d'imagination de ses opposants. Piégée par un optimisme façon Coué, l'équipe Fillon doit déjà réviser les projections de printemps sur la base desquelles elle avait bâti toute sa politique budgétaire pour l'année prochaine. 2,5 %, on le savait, c'était virtuel, c'était audacieux, c'était gonflé dans tous les sens du terme, mais cette inconnue X faisait bien dans le tableau.
Avec une donnée finale bien moins fringante, Christine Lagarde et François Baroin devront refaire leur équation. Les 10 milliards de manque à gagner s'ajoutent aux 100 milliards que le Premier ministre s'est engagé à économiser avant 2013. Comment continuer à jurer, dans ces conditions, qu'on n'augmentera pas les impôts ? Entre un bouclier fiscal fissuré et une hausse de la TVA qui pourrait être la seule planche de salut disponible, le ministre du Budget, fan de pêche, a de quoi alimenter ses méditations au bord des rivières de la Creuse.
Si seulement ces mésaventures rituelles pouvaient inviter le milieu politique à plus d'humilité... A sortir des postures ringardes et des promesses fumeuses dont l'opinion est de moins en moins dupe en période de crise. Mais non. A l'approche de la présidentielle, quand tout est à repenser, quand un discours neuf serait si précieux, nous voilà repartis dans le petit jeu stérile de la surenchère des uns et des engagements irréalistes des autres.
Absentes du hit parade des 50 personnalités préférées des Français publié ce week-end par le Journal du Dimanche, les personnages politiques, au masculin ou au féminin, confirment qu'ils sont incapables de susciter des passions positives. Leur parole ne parvient décidément plus à faire rêver, ni même à être crédible. Seul Jacques Chirac sauve l'honneur... à une 41e place plus emblématique d'une sympathie que d'un enthousiasme actif. La France continue désespérément de regarder vers hier.
Mieux vaut avoir une tête qui lui revient. Celle de Fabius, “pas très catholique”, le rebute énormément. Il préfère les doux visages de Lénine et Mao Tsé-Toung. Les deux “héros” révolutionnaires orneront bientôt le centre-ville de Montpellier. Leurs statues, culminant à quatre mètres, vont occuper “la place des Grands Hommes” voulue par Georges Frêche.
Voici la dernière provocation d’un élu qui les accumule sans compter. Il se délecte, à l’avance, de la polémique annoncée. Pourquoi mettre ainsi à l’honneur des dictateurs sanguinaires ? “L’Histoire n’a rien à voir avec la morale”, rétorque déjà le pape du Languedoc-Roussillon. D’ailleurs, s’il a renoncé in extremis à statufier Staline, c’est uniquement parce que “les familles des victimes du goulag” auraient pu mal le prendre. Ce détail mis à part, à ses yeux, le Géorgien reste “un type brillant, extraordinaire.” Pour organiser famines, purges et massacres, en effet, le “Petit père des peuples” s’y entendait comme personne.
Un tyran, taille patron.
Faute d’accéder à pareil rang, M. Frêche se contente d’un rayonnement régional. Qu’entreprendre, encore, pour agrandir son champ médiatique ? Peut-être un mausolée à la gloire d’Hitler et Mussolini. L’un et l’autre, après tout, ont construit d’admirables autoroutes…













