TOUT EST DIT

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mercredi 11 août 2010

Corruption totale

Face aux incendies dantesques qui ravagent la campagne russe au point d'étouffer Moscou, on cherche des explications techniques. On imagine un pays peu expérimenté en ce domaine et donc mal équipé en canadairs et autres engins de combat modernes contre le feu. Mais voici que rencontrant les pompiers sur le terrain, le Premier ministre Poutine s'emporte soudain contre la corruption des responsables politiques et administratifs régionaux. C'est à cause d'eux, clame-t-il, que l'aide n'arrive jamais, que les équipements datent des années 1950. Laissons une part de ce discours à la propagande du pouvoir central. Mais tous les connaisseurs de la société russe s'accordent à dire que la vérité est là. Dans la patrie du communisme, l'idéologie de l'égalité, du partage, du bien commun, s'est effondrée pour laisser la place à une corruption omniprésente, de la base au sommet de l'Etat. Et chacun sait que si Mikhaïl Khodorkovski croupit en prison pour cause de corruption, c'est parce que ses activités pétrolières concurrençaient trop frontalement les intérêts financiers des clans les plus proches du pouvoir.

La transition directe du communisme vers la corruption peut sembler paradoxale. Mais à regarder le monde, on constate qu'aucune idéologie ne résiste à la puissance de l'argent. Le tiers-mondisme, si puissant dans les décennies d'après-guerre, a laissé place à des clans civils ou militaires qui n'agissent, notamment en Afrique, que pour leur propre compte. Les circuits mafieux sont parfois si présents que même l'aide internationale promise après un drame absolu tel que le tremblement de terre en Haïti n'est pas versé de crainte qu'elle soit aussitôt détournée. N'en concluons pas trop vite que ces moeurs n'appartiennent qu'aux zones peu développées. Car tout à côté de chez nous, dans un grand pays jadis dévoué à la démocratie chrétienne, le système berlusconien est lui aussi en train de pourrir de l'intérieur. Il ne doit qu'à la faiblesse de ses adversaires de n'être pas encore tombé. C'est à croire qu'il faut être protestant et scandinave pour échapper à la fatalité.

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