TOUT EST DIT

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vendredi 13 août 2010

Sueurs d'été

Une fois de plus, le déplacement de quelques décimales fait perler la sueur au front des marchés. Alertée par une croissance affaiblie, la Fed a plafonné ses taux et annoncé des injections de liquidités. Sur quoi les analystes transpirent, et certains en extrapolent déjà une déflation américaine… Il faut s'armer d'un certain sang-froid pour démêler les tendances probables de la conjoncture, aux Etats-Unis et aussi en Europe.

La publication du taux de croissance américain du deuxième trimestre, 2,4 %, a inspiré la prévision d'une croissance molle. Il est vrai que ce taux est inférieur au seuil de réponse aux seuls besoins de l'accroissement démographique, que le chômage frise les 10 %, et que la consommation peine du fait de la stagnation des revenus et de l'accès au crédit. Mais les trimestres vont et viennent : si l'on fait la moyenne arithmétique des quatre derniers, la croissance américaine vogue sur les 3,5 % - un taux dont l'Europe n'oserait pas rêver.

En Europe, pourtant, les analyses d'hier exsudaient plutôt un relatif optimisme. Parce que les statistiques attendues du deuxième trimestre 2010 annoncent une croissance de 0,6 à 0,7 %, que l'indice de confiance est élevé, les exportations dopées par le cours de l'euro, la consommation résistante. Là-dessus, les bons résultats des banques européennes ont enivré un temps le CAC 40 et jusqu'au Dow Jones. Aveuglés par ces faibles lueurs, certains sont allés jusqu' à prédire un rattrapage des Etats-Unis par l'Europe - prophétie risquée.

Conclusions rustiques de ces analyses raffinées : s'il y a un rattrapage, c'est celui de l'Europe par les Etats-Unis pour le taux de chômage (10 %). Pour le reste, ils continueront de croître deux à trois fois plus vite que nous, mais pâtiront comme nous du ralentissement de la demande des émergents et de l'essoufflement des plans de relance. Et s'il nous faut transpirer, nous, Français, c'est sur les métiers de l'industrie.

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