TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

mercredi 29 août 2012

Liberté, égalité, censure !


La France, on l’a dit, file un mauvais coton, du point de vue des libertés de penser et d’expression.
La République est en train de perdre en cela le premier des éléments de son triptyque.
Le débat politique, plus que jamais, pousse à la pensée unique. Celle qui définit, ce que l’on doit penser et ce que l’on peut dire.
Certes, c’est la gauche qui, dès les années soixante, a inventé cette philosophie. Mais la droite y a aussi succombé. Les lois dites mémorielles ne sont rien d’autre que l’expression politique de cette volonté d’imposer la manière de voir et de penser le passé. Or la vérité historique a besoin pour s’imposer, d’historiens. C’est-à-dire d’une remise en cause permanente des vérités établies.
La charge de Monsieur LETCHIMY, mardi dernier à l’Assemblée Nationale, contre la personne de Claude GUEANT, n’est pas seulement tapageuse. Elle est indécente et outrancière. Elle correspond d’abord à la volonté de museler la parole d’un adversaire politique. Mais tant les arguments présentés, les références à l’esclavage faites par l’orateur, que les justifications avancées par les responsables socialistes laissent à penser que le choix même de Monsieur LETCHIMY (homme de couleur) n’est pas fortuit. Il est clair en effet, que de tels propos tenus par Monsieur Jean-Marc AYRAULT Président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, n’eussent pas eu le même impact. En cela, il s’agit, ni plus ni moins d’une manipulation qui n’honore pas leurs auteurs, (ni le manipulé…)
Avant d’aller plus loin, rappelons d’abord la définition du mot civilisation donnée par « Le Larousse » :
  • État de développement économique, social, politique, culturel auquel sont parvenues certaines sociétés et qui est considéré comme un idéal à atteindre par les autres.
  • Ensemble des caractères propres à la vie intellectuelle, artistique, morale, sociale et matérielle d’un pays ou d’une société : La civilisation des Incas.
Sur cette base, la simple lecture des propos incriminés, tenus par Claude GUEANT, montre qu’il s’agit bel et bien d’un procès d’intention.
 » Or, il y a des comportements, qui n’ont pas leur place dans notre pays, non pas parce qu’ils sont étrangers, mais parce que nous ne les jugeons pas conformes à notre vision du monde, à celle, en particulier de la dignité de la femme et de l’homme. Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethnique.
En tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation. »
En toute bonne foi, on ne peut juger un homme que sur ce qu’il a dit. Pas sur ce que l’on croit qu’il voulait dire.
Or, il faut être d’une particulière mauvaise foi, pour trouver là-dedans des faits de racisme ou de xénophobie. Mieux encore, en tenant de tels propos, qui correspondent à la réalité du terrain, le « Ministre de l’Intérieur, de l’Outre-mer, des collectivités territoriale et de l’immigration » est parfaitement dans son rôle.
Aux bonnes âmes gauchisantes, toujours prêtes à fustiger tout ce qui n’est pas leur vérité, je voudrais offrir deux citations.
La première émane d’André MALRAUX (que personne n’a jamais accusé de racisme) . Elle est extraite du discours qu’il prononça le 20 juin 1968 au Parc des Expositions :
« Les historiens des civilisations ont découvert que celles-ci se développent comme des plantes. Que l’histoire de l’humanité est une suite de naissances, de jeunesses, de vieillesses et de morts. Que notre civilisation s’élabore comme la civilisation antique ou la civilisation chinoise, et que toutes finissent avec les grandes cités cosmopolites, New York après Byzance et Byzance après Alexandrie ; finissent avec un empire qui couvre le monde connu, en lutte avec ses barbares et son prolétariat. Pour les historiens, nous sommes à la fin de la civilisation occidentale.
Mais ils n’ont pas encore eu le temps de voir – toutes les histoires de la civilisation ont été conçues avant la bombe atomique – qu’entre notre civilisation et celles qui l’ont précédée, il y a trois différences capitales : notre civilisation est la première qui se veuille héritière de toutes les autres : elle est la première qui ne se fonde pas sur une religion ; enfin, elle a inventé les machines. Nous ne sommes pas les Romains plus les machines, nous sommes des Romains transformés par les machines que nous avons inventées, et que les hommes n’avaient jamais inventées avant nous. Construire les pyramides ou les cathédrales, ce n’est ni construire les gratte-ciel ni gouverner l’atome. César se fût entretenu sans peine avec Napoléon, non avec le président Johnson. »
La seconde citation que je soumets à votre réflexion, est tirée d’un livre intitulé «  Vocation de l’Islam ». Il fut écrit par Malek Bennabi, penseur algérien, spécialiste des civilisations du monde musulman, né en 1905 et mort en 1973 :
« La plus grave parmi les paralysies, celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres (sociale et intellectuelle), c’est la paralysie morale. Son origine est connue : « L’islam est une religion parfaite. Voilà une vérité dont personne ne discute. Malheureusement il en découle dans la conscience post-almohadienne une autre proposition : « Nous sommes musulmans donc nous sommes parfaits ». Syllogisme funeste qui sape toute perfectibilité dans l’individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement. Jadis Omar ibn al-Khattab faisait régulièrement son examen de conscience et pleurait souvent sur ses « fautes ». Mais il y a longtemps que le monde musulman a cessé de s’inquiéter de possibles cas de conscience. On ne voit plus qui que ce soit s’émouvoir d’une erreur, d’une faute. Parmi les classes dirigeantes règne la plus grande quiétude morale. On ne voit aucun dirigeant faire son mea culpa. C’est ainsi que l’idéal islamique; idéal de vie et de mouvement a sombré dans l’orgueil et particulièrement dans la suffisance du dévot qui croit réaliser la perfection en faisant ses cinq prières quotidiennes sans essayer de s’amender ou de s’améliorer : il est irrémédiablement parfait, Parfait comme la mort et comme le néant. Tout le mécanisme psychologique du progrès de l’individu et de la société se trouve faussé par cette morne de satisfaction de soi. Des êtres immobiles dans leur médiocrité et dans leur perfectible imperfection deviennent ainsi l’élite d’une société morale d’une société où la vérité n’a enfanté qu’un nihilisme.»

0 commentaires: