TOUT EST DIT

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jeudi 9 décembre 2010

La « nouvelle flamme » vacille

Netanyahu 1 – Obama 0. Le Premier ministre israélien n’a pas tardé à cueillir les fruits de la défaite enregistrée par le président américain lors des élections du début novembre. Au Proche-Orient, le locataire de la Maison Blanche avait (timidement) rompu avec le langage cent pour cent pro-israélien de George W. Bush, en réclamant notamment, de la part de Jérusalem, le respect de la légalité internationale pour faire redémarrer le processus de paix. Le gouvernement Netanyahu, le plus à droite de l’histoire d’Israël, a résisté pied à pied à l’administration américaine la plus à gauche depuis Kennedy, misant ouvertement sur la victoire républicaine aux élections US de mi-mandat. Son calcul était le bon. Un mois après avoir perdu la majorité à la Chambre des représentants, Obama met les pouces et s’aligne sur la politique traditionnelle de Washington au Proche-Orient : priorité à l’allié israélien.

Ce recul ménage la paix intérieure aux États-Unis, en détendant l’atmosphère entre républicains et démocrates. Mais il éloigne, une fois de plus, une perspective d’un règlement du conflit israélo-palestinien. Comment envisager des pourparlers de paix sérieux si l’un des protagonistes peut continuer, à sa guise, à miter le territoire de l’autre ? Les implantations israéliennes au cœur de la Cisjordanie occupée parasitent le tracé des frontières et privent les Palestiniens de leurs meilleures terres, empêchant la création d’un État viable. Plus que tout autre paramètre, c’est la colonisation qui a annihilé, depuis 1967, tous les efforts, et parfois les modestes succès, vers un règlement du conflit au Proche-Orient.

Obama en est conscient quand il réaffirme, à l’unisson avec l’Onu et l’Union européenne, son opposition (de principe) à cette politique expansionniste. Il n’a malheureusement plus la force de ses ambitions. Il pourrait rejoindre très vite Bill Clinton et Jimmy Carter au musée de ceux qui auront vainement essayé de jouer les arbitres au Proche-Orient. Sa rentrée dans le moule de l’establishment américain sur ce dossier explosif fait suite à une reculade sur le plan intérieur, lundi : les cadeaux fiscaux de George Bush aux riches seront maintenus après le 31 décembre, contrairement aux promesses. Obama cède… Il ne sera pas l’homme fort de la cohabitation qui s’annonce avec le Parti républicain. Après deux ans de mandat, la « nouvelle flamme » vacille.

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