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mercredi 21 octobre 2009

Les dessous du lancement du "Quotidien du Foot"

Robert Lafont peut-il réussir là où l'ex-président du PSG Michel Moulin et le groupe Amaury ont échoué? Il la joue à l'ancienne: un prix de vente relativement élevé et pas de site internet.
L'éditeur de presse Robert Lafont - à ne pas confondre avec l'éditeur de livres - lancera le mardi 13 octobre Le Quotidien du Foot, dans lequel il a investi 5 millions d'euros via une filiale de son groupe Entreprendre, tout en envisageant de faire entrer des investisseurs si la formule s'avérait un succès. Son objectif: vendre d'ici un an 50.000 exemplaires par jour au prix de 90 centimes.
Ce lancement était prévu il y a un an. Mais l'apparition de deux quotidiens sportifs low cost l'en avait dissuadé. Le 3 novembre 2008, l'ex-président du PSG Michel Moulin avait lancé Le 10 Sport et le groupe Amaury avait répliqué en lançant le même jour Aujourd'hui Sport afin de défendre son titre phare, L'Equipe. Vendus à 50 centimes - contre 85 pour le journal sportif de référence -, les deux espéraient atteindre 100.000 exemplaires par jour rapidement.
Invoquant une conjoncture défavorable, le groupe Amaury, qui possède aussi Le Parisien - Aujourd'hui en France, a arrêté le 1er juillet la publication d'Aujourd'hui Sport malgré une diffusion à 30 000 exemplaires. Entre temps, faute de ventes suffisantes, Le 10 Sport était devenu hebdomadaire.
Robert Lafont peut-il, lui, réussir le lancement d'un quotidien sportif en pleine crise? L'éditeur de presse compte profiter des leçons de ses concurrents. Il a choisi un prix de vente plus élevé pour atteindre plus vite l'équilibre et une information plus pointue sur un sport spécifique plutôt qu'un généraliste à bas prix.
Autre spécificité: pas question de miser sur la complémentarité entre web et papier. Au contraire. "Nous voulons amener dans les kiosques les passionnés de football, qui cherchent surtout de l'information sur internet", explique Robert Lafont. Pourra-t-il leur donner de quoi assouvir leur curiosité? Robert Lafont affiche une rédaction d'une vingtaine de journalistes qui devrait être pilotée par un rédacteur en chef venu du défunt projet d'Amaury. Il compte aussi sur les deux journalistes de chacun des dix mensuels de football qu'il a lancés depuis 1992 ( Le foot Paris, Le Foot Saint-Etienne, Le Foot Lyon...) pour donner plus d'informations locales et sur la Ligue 2.
Pour le lancement, profil bas là aussi: des affichettes et des affiches dans tous les kisques de l'Hexagone - Robert Lafont espère convaincre les kiosquiers de le mettre en avant - et quelques spots sur RMC et NRJ, lieux de passage obligés des amateurs de foot. Cela suffira-t-il? L'avantage avec les quotidiens, qui dévorent les capitaux à toute vitesse, c'est que le verdict tombe très vite.
par Jean-Baptiste Diebold, journaliste à Challenges, le jeudi 8 octobre 2009.

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