Dans ses perspectives semestrielles, l'institution dirigée par Dominique Strauss-Kahn souligne le contraste entre l'Asie, où la croissance est déhà repartie, et l'Europe, qui peine à redémarrer. Et alerte sur
le gonflement de la dette publique dans les pays développés.
Le Fonds monétaire international (FMI) a fait état mercredi d'une reprise économique face à laquelle les pays du monde sont très inégaux, et haussé le ton dans son appel à combattre la dette publique, une tâche à entamer "d'urgence" selon lui.
Dans ses "Perspectives de l'économie mondiale" semestrielles, le FMI a relevé sa prévision de croissance pour la planète, à 4,2% pour 2010 contre 3,9% prévus en janvier.
"L'économie mondiale est en train de repartir, et mieux que nous l'estimions probable auparavant. C'est certainement une nouvelle bienvenue", a déclaré lors d'une conférence de presse à Washington l'économiste en chef du Fonds, Olivier Blanchard.
"Mais des difficultés nouvelles et exceptionnelles se sont présentées", a-t-il immédiatement ajouté, évoquant les déséquilibres dans cette croissance, et le gonflement de la dette publique des pays développés.
Contraste entre l'Europe et l'Asie
Le contraste est surtout évident entre l'Europe, où l'activité ne repart que lentement (1,0% de croissance dans la zone euro, 1,3% au Royaume-Uni), et l'Asie, où elle a déjà fortement accéléré (8,7%, dont 10% pour la Chine). Entre les deux se situent les États-Unis (3,1%), et le large groupe des pays émergents et en développement (6,3%).
Comme conséquence immédiate, les capitaux affluent vers ces zones de croissance, amenant le Fonds à s'inquiéter de déséquilibres des comptes courants qui "augmenteront sensiblement avec la reprise du commerce mondial, l'amélioration des conditions de financement, et la stabilisation du prix des matières premières à des niveaux plus élevés".
En revanche, les taux de change ne bougent pas aussi vite.
"Les monnaies d'un certain nombre d'économies asiatiques restent sous-évaluées, dans des proportions considérables dans le cas du yuan, tandis que le dollar et l'euro restent forts par rapport à leurs fondamentaux de moyen terme", a estimé le FMI.
"L'ajustement majeur dans les taux de change que nous voulons voir dans le monde est un ajustement entre les monnaies des pays développés et celles d'un certain nombre d'économies avancées", a appuyé M. Blanchard.
L'autre ajustement qu'appelle de ses voeux le FMI est la réduction du déficit public des pays les plus riches de la planète.
Inquiétudes sur l'endettement public
"Un grand nombre de ces pays doivent aussi adopter d'urgence des stratégies crédibles à moyen terme pour limiter l'endettement public et ensuite le ramener à des niveaux plus prudents", a-t-il indiqué dans son rapport.
Les termes choisis, et notamment la référence à "l'urgence" de ces mesures, révèlent une inquiétude croissante du FMI.
"Les risques liés à la dette des Etats pourraient déprimer l'activité pour tout un ensemble de raisons", a-t-il relevé. Il évoque une perte de souplesse budgétaire, voire une forte vulnérabilité pour les pays les plus touchés, une hausse des taux d'intérêt généralisée, et in fine une baisse de la croissance.
Après la récession de 2009, "le risque a changé. La perte de recettes fiscales due à la baisse de l'activité à cause de la crise menace de mener, si rien n'est fait, à une explosion de la dette. Et dans la plupart des pays, la consolidation budgétaire est de plus en plus devenue la priorité", a souligné l'économiste en chef du Fonds.
Ces efforts budgétaires devraient impliquer des choix d'autant plus douloureux que, prévient le FMI, le taux de chômage devrait rester élevé en 2010 et 2011, particulièrement dans la zone euro où il se maintiendra aux alentours des 10,5%.
mercredi 21 avril 2010
Le FMI salue la reprise, mais s'inquiète de l'endettement des Etats
Le FMI prévoit une hausse de la croissance mondiale en 2010
La reprise économique mondiale est plus forte que ne le prévoyait le Fonds monétaire international (FMI) qui parle aujourd'hui de "bonnes nouvelles" en provenance de ses statistiques. Selon les chiffres qu'il a publiés, mercredi 21 avril à Washington, la croissance sera, en 2010, de +4 ,2 %, soit une hausse de 0,3 points par rapport à ses prévisions du mois de janvier, et de +4,3 %, en 2011.
L'économie de la planète est littéralement coupée en deux. Les pays dits avancés connaîtront une croissance molle de 2,3 %, en 2010 (+2,4 %, en 2011), les Etats-Unis, en pleine reprise, (+3,1 % et +2,4 %) ne parvenant à tirer de leur relative léthargie ni la zone euro (+1% et 1,5%) ni le Japon (+1,9% et +2%). En France, la croissance serait de 1,5 %, en 2010, et de 1,8 %, en 2011.
Ces médiocres performances des pays riches s'expliquent par la prudence des consommateurs aux Etats-Unis, par le crédit trop rare en zone euro et par le retour de la déflation au Japon. Leur taux de chômage atteindra 8,4 %, cette année, et décroîtra un peu l'an prochain, à 8 %. Le Fonds leur conseille de laisser leurs monnaies se déprécier afin d'augmenter leurs exportations.
ÉNORMES DÉFICITS CUMULÉS
Le FMI s'inquiète des énormes déficits accumulés par ces pays pour soutenir leur consommation et de la dette qui en a résulté. Il estime que désormais, "l'assainissement budgétaire doit être leur priorité".
En revanche, pays émergents et pays en développement ont renoué avec une croissance, selon le FMI, "vigoureuse mais durable" de +6,3 %, en 2010, et de +6,4 %, en 2011. L'Asie en développement fera mieux encore et atteindra les +8,7 % au cours des deux prochaines années. Les risques encourus par ces pays relèvent de la surchauffe, aussi le Fonds leur conseille-t-il de surveiller les afflux de capitaux qui pourraient leur infliger des "bulles" boursières ou immobilières.
Pour les pays les plus dynamiques comme la Chine ou l'Inde, il préconise de réorienter leur économie excessivement tournée vers les exportations et de se recentrer sur leur consommation domestique. Une réévaluation de leurs monnaies aurait deux avantages : ralentir leurs exportations et contenir les pressions inflationnistes qui commencent à se faire sentir chez eux.
Alain Faujas
Les gagnants et les perdants de la grève à la SNCF
Après deux semaines de grève, les cheminots ont repris le travail mercredi dans la quasi-totalité des régions. Direction et syndicats ont renoué le dialogue. L'Expansion.com dresse le bilan de ce mouvement de grève qui laissera des séquelles.
Lancé le 6 avril par la CGT et Sud-Rail, le mouvement de grève à la SNCF aura duré 15 jours. Un record depuis le conflit sur les régimes de retraites en 2007. La direction de l'entreprise publique, qui a reçu mercredi 21 avril
les syndicats dans le cadre de rencontres bilatérales, a annoncé triomphante "une sortie de grève" dès la mi-journée. Si la CGT prône la reprise du travail, Sud-Rail, en revanche, appelle à poursuivre le mouvement. Sans trop y croire pour autant, le mouvement étant plus qu'affaibli. Les derniers bastions régionaux encore en grève (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Ile-de-France et Rhône-Alpes notamment) ont en effet voté la suspension du mouvement mercredi. La crise est donc finie. Mais elle laissera des séquelles. Bilan.
La direction : elle semble le mieux tirer son épingle du jeu. Le principe édicté par Guillaume Pépy a été respecté : il n'y a pas eu officiellement de négociations nationales pendant la grève, comme le réclamait la CGT en début de conflit. La fermeté affichée par le PDG de la SNCF a d'ailleurs été suivie par le gouvernement. C'est rare. Mercredi, Christian Estrosi (ministre de l'Industrie) et Dominique Bussereau (secrétaire d'Etat aux Transports) lui ont réitéré leur soutien. En dépit de sa position inflexible, la direction de la SNCF a quand même fait des concessions. L'entreprise publique, qui a perdu près d'un milliard d'euros en 2009, va par ailleurs devoir accuser le coût de ce long conflit, de l'ordre de 100 millions d'euros selon Guillaume Pepy.
Les grévistes : ils ne sortent pas bredouille du conflit. Sur la question de l'emploi notamment. La CGT a obtenu l'ouverture de négociations et des avancées au niveau local. C'est-à-dire la création d'emplois de conducteurs et de contrôleurs, d'où d'ailleurs la reprise du travail dans beaucoup de régions. Selon Thierry Roy, secrétaire fédéral de la CGT, les recrutements cette année devraient avoisiner les 3.000 postes, contre 2.300 prévus avant le conflit. Les syndicats n'ont cependant obtenu aucune avancée sur les restructurations et l'avenir du fret, les deux autres sujets de revendications à l'origine du conflit. Par ailleurs, comme a tenu à le rappeler Dominique Bussereau, un éventuel paiement des jours de grève est totalement exclu. Quinze jours de grève, cela signifie une moitié de salaire en moins. Soit entre 1.000 et 1.500 euros par salarié. Même étalée sur plusieurs mois, cette perte de pouvoir d'achat n'est pas négligeable.
Les usagers : le trafic sera normal sur la quasi totalité des lignes jeudi 22 avril. Mais ces quinze jours de grève, survenus en plein chassé-croisé des vacances scolaires de printemps, n'ont pas été de tout confort pour les Français. Une gêne à relativiser tout de même. Le service minimum a permis de maintenir à peu près une offre de transport durant le conflit. Par ailleurs, la SNCF s'est engagée à rembourser à 100% les voyageurs victimes de la grève, quel que soit le billet ou le type de train.
Le dialogue social : avant même que ne débute le mouvement de grève, Guillaume Pepy a accusé les syndicats - et notamment le leader cégétiste Didier Le Reste - de rompre le dialogue social qui, selon lui, porte ses fruits avec les autres syndicats (UNSA et CFDT, réformistes), pour préférer la méthode de la "lutte" et de la "confrontation". Pour les syndicats grévistes, c'est au contraire l'absence de négociations qui a conduit à ce conflit : "Certes, la direction multiplie depuis deux ans les réunions avec les partenaires sociaux, explique Alain Cambi, secrétaire fédéral de Sud Rail. Il ne s'agit cependant pour la direction que de nous exposer sa politique d'entreprise, pas de négocier." Selon lui, le seul moyen d'ouvrir les négociations, "c'est le rapport de force". "La direction met toujours en avant le dialogue social, mais quand il y a un désaccord, elle nous oppose une fin de non recevoir. Ce n'est pas de la négociation, déplore Thierry Roy, secrétaire fédéral de la CGT Transports. "Ce conflit va laisser des traces, ajoute-t-il, le dialogue social est rompu."
L'unité syndicale : inexistante au début du mouvement, puisque ni l'UNSA (deuxième syndicat de l'entreprise), ni la CFDT (quatrième syndicat) ne se sont engagés dans la grève, l'unité syndicale au sein de l'entreprise publique s'est transformée profonde division. Une tension alimentée par la direction de la SNCF - Guillaume Pepy a ainsi refusé au départ donner une "prime à la grève" en négociant séparément avec la CGT et Sud. A l'issue de leur entretien séparé avec la direction mercredi, la CFDT et l'Unsa n'ont pas manqué de souligner "l'inutilité" de la grève. Cette fracture syndicale ne sera pas sans conséquences, notamment quand viendra l'heure prochaine de négocier sur les retraites.
Ne tremblez plus à Tremblay-en-France ! Nouvelle étape hier dans la croisade sécuritaire de Nicolas Sarkozy. À l'heure où nous avons tous le nez en l'air pour guetter l'avancée des cendres islandaises, le chef de l'Etat a tenu à nous replonger dans une réalité plus terre-à-terre. Car il n'y a pas que les avions qui ne circulent plus, il y a aussi parfois les bus. Surtout dans le "9-3", ce cratère de violences et d'incivilités toujours plus ou moins en éruption. Le président de la République a visité les dépôts vandalisés, tenté de rassurer les chauffeurs qui travaillent "la peur au ventre" et surtout promis une nouvelle fois "la fermeté absolue". Un peu plus tard, à la mairie de Bobigny, l'ex-adepte du Kärcher a déclaré la guerre aux "gros caïds", "petits dealers" et autres "trafiquants" de tout poil. Avec un objectif : "Nous allons les harceler". On nous aurait presque refait le coup de la peur qui va changer de camp. Et l'école n'est pas oubliée. Les gosses de moins de seize ans qui sèment la zizanie seront accueillis dans des "internats". Tout absentéisme non justifié entraînera la suppression des "allocs". Mais il y a plus nouveau au programme. Dans les 53 établissements répertoriés "particulièrement sensibles" sera proposée l'installation d' "un bureau destiné au policier ou au gendarme référent". Plutôt bizarre cette initiative, non ?
C'est un peu comme si on instaurait une sorte de présence-absence des forces de l'ordre au sein même du corps enseignant.
Un symbole fort, certes, mais qui ne compensera pas la carence de surveillants. Pas sûr, en tout cas, que cette espèce de veille virtuelle, pour autant qu'elle soit adoptée sans malaise, soit vraiment dissuasive. Répétons-le : il y a urgence à passer des perpétuels effets d'annonce à des mesures enfin applicables. Et en Seine-Saint-Denis, c'est comme à Eyjafjallajökull,
on ne dissipera vraiment le nuage que lorsque le feu
sera éteint.
Cendres: Kouchner critique l'Europe
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé aujourd'hui que l'Europe "n'a pas très bien réagi" face à la paralysie "totalement inédite" de son trafic aérien en raison du nuage de cendres venu d'Islande, mais il a défendu le rôle des consulats français.
S'exprimant sur France Info, le ministre a souligné que "le problème est européen". "Et l'Europe n'a pas très bien réagi. Il faudra réajuster ses consignes", a-t-il souligné en conséquence.
Le chaos déclenché depuis vendredi dernier par le nuage de cendres a mis en évidence un manque criant de coordination entre les Etats européens qui se sont vus parfois reprocher d'avoir gaspillé un temps précieux. Ce constat pourrait accélérer la création d'une instance commune de décision pour le ciel européen.
Bernard Kouchner a en revanche rendu hommage au rôle des consulats à travers le monde: "nos postes ont été à la besogne jour et nuit, et je crois que ça s'est pas mal passé" dans l'ensemble. Cela "a été rare", quand "parfois, ça c'est pas très bien passé", a-t-il noté. Il a jugé "formidable qu'il n'y ait pas eu d'accident" parmi tous les Français en attente d'un retour, un retour qu'il estime pouvoir être achevé "dans les 48 à 72 heures".
Bernard Kouchner a expliqué qu'une des aides fournies par les consulats a été de prêter de l'argent à certains touristes en difficulté de paiement, notamment en raison de problèmes de cartes bleues: "nous avons fait un effort financier, au cas par cas. Nous avons encore donné cette consigne hier soir", a-t-il dit.
Dans ses épisodes les plus noirs, l'histoire a souvent montré que les soulagements immédiats ne faisaient que différer les changements inéluctables. Qu'ils anesthésiaient la lucidité sur le long terme, et qu'ils retardaient les adaptations nécessaires aux exigences des temps nouveaux.
C'est cette même aspiration, fort humaine au demeurant, au « retour à la normale » qui habite l'ensemble du continent européen ce matin. Même si elle reste partielle et peut être provisoire, la reprise progressive des vols au dessus de l'Europe nourrit ce sentiment rassurant. Vite, vite, effacer de nos esprits ce gros nuage noir sur l'horizon de notre organisation quotidienne ! On a même entendu le présentateur d'un journal matinal à la radio se réjouir avec candeur du retour dans le ciel bleu des « jolies traînées blanches laissées par le kérosène ». Cinq jours sans avions seraient-ils donc une épreuve aussi insoutenable que cela pour nos sociétés ? Pour le coup, ce constat est presque plus inquiétant que les humeurs du volcan islandais.
Bien sûr, nous compatissons avec les milliers de naufragés du ciel ; qu'ils en finissent avec la galère qu'ils subissent soir après soir en attendant d'être rapatriés. Et nous sommes tous heureux à l'idée qu'ils en terminent rapidement avec une attente qui prend un tour bien plus difficilement supportable quand on la vit que quand on la commente.
Mais cette crise du ciel inattendue ne doit pas être considérée comme un accident qu'il faudrait oublier. C'est un avertissement qui rappelle notre vulnérabilité devant les lois de la Terre au moment même où les voix écolo-sceptiques voudraient faire croire que la volonté des hommes peut s'en affranchir. Et que de toutes façons, elle saura toujours les dominer.
Dans la confusion générale, on confond tout : l'obligation de la sécurité et le principe de précaution. Dans l'impatience d'une sortie de crise tant espérée, les considérations économiques font passer tout l'élan du Grenelle et le souffle de l'avant-Copenhague au second plan. Quand un ministre, Patrick Devedjian, annule, lundi, un déplacement... à Brest au motif qu'il « n'y a pas d'avion », on tremble un peu : non seulement le TGV n'est pas un réflexe pour les déplacements ministériels, mais il n'est même pas envisagé comme une solution alternative simple et économe.
Un seul objectif tend ces journées : surtout, que rien ne change vraiment. Que tout redevienne comme avant... Le volcan a projeté l'humanité dans une situation du futur, grandeur nature et on voudrait fermer les yeux. Il faut, au contraire, s'emparer de ce scénario d'anticipation pour changer nos habitudes, nos façons de voyager, notre rapport au temps et à la vitesse. Pour prendre de l'avance sur demain, afin de l'accueillir avec sérénité.
Un milliard de microbes dans l'océan
Des chercheurs américains ont mis au jour l'immensité et la diversité insoupçonnées de l'univers microbien sous-marin.
« L'équivalent en poids de 240 milliards d'éléphants africains. » Pour visualiser la découverte, les chercheurs ont tenté une comparaison avec un animal terrestre. Pourtant, c'est bien de microbes marins dont il s'agit.
Une étude américaine a profité des dernières avancées de la science, notamment dans le domaine du séquençage de l'ADN, pour calculer la quantité d'espèces de microbes existant dans nos mers. Avec les méthodes traditionnelles, on en comptabilisait 20 000. Aujourd'hui « on est plus proche du milliard », estime John Baross, biologiste de l'université de Washington à Seattle.
Pourquoi recenser les microbes marins ? Parce qu'ils participent de manière essentielle au fonctionnement de l'écosystème planétaire, répondent les chercheurs. Tout d'abord pour leur rôle dans la chaîne alimentaire : on estime à des centaines de millions le nombre d'espèces habitant dans les intestins des animaux marins. Ensuite parce que ces microbes absorbent le CO2 rejeté dans les océans et le transforment en carbone qui se dépose sur les fonds marins. Azote, fer, soufre, manganèse, polluants et nutriments sont digérés, décomposés et recyclés. Au total, les microbes marins comptent pour plus de 95 % de la « respiration des océans ». Sans eux, la Terre ne serait peut-être pas habitable.
Ces travaux, publiés dimanche, vont donc permettre de mieux comprendre le rôle de ces micro-organismes dans l'écosystème. Sur ce projet, lancé en 2000 et qui doit aboutir en octobre, planchent plus de 2 000 scientifiques de 80 pays. Près de 18 millions de séquences d'ADN microbiens ont été accumulés au cours de prélèvements opérés sur plus de 1 200 sites à des profondeurs différentes.
Qui sont-ils, ces nouveaux rebelles dont l'apparition sur la scène politique, l'été passé, a failli tuer la réforme des assurances santé promise par Barack Obama ? Ce serait trop simple d'y voir une réaction raciste à l'élection du premier président noir ; trop facile aussi de les considérer comme les laissés-pour-compte de la crise financière.
Si l'on n'est pas surpris d'y trouver une forte majorité blanche et masculine, âgée de plus de 45 ans, un récent sondage du New York Times indique que plus de 68 % se considèrent comme membres de la classe moyenne et que les revenus de 20 % d'entre eux dépassent les 100 000 $ (environ 75 000 €). Malgré un chômage proche de 10 % de la population, ils sont 70 % à décrire leur situation économique comme « plutôt bonne ». On constate aussi qu'ils sont bien éduqués (37 % de diplômés universitaires contre 25 % du public général).
Il y a, bien sûr, un revers de la médaille en ce qui concerne la question raciale. Il ne s'agit pas de racistes déclarés, mais 52 % affirment que « le gouvernement prête trop d'attention aux problèmes des Noirs ». Si une telle attitude reflète un progrès social ¯ le racisme ouvert n'est plus de mise ¯ le ressentiment est retourné contre un gouvernement qui ne se préoccupe pas « des gens comme nous ». Ils sont même 73 % à dire que « le pays ne nous appartient plus ».
Le nom que s'est donné ce nouveau mouvement reflète cette aliénation politique. La première Tea Party qui eut lieu à Boston en 1773 exprimait le refus des colonies à payer des taxes sur l'importation du thé britannique. Ceux qui se veulent ses héritiers contemporains ajoutent à ces motifs fiscaux une attaque en règle contre les déficits qui menaceraient l'avenir de la République.
Que 90 % des adhérents du Tea Party critiquent la politique d'Obama, c'est une chose ; mais, quand on voit que 92 % expliquent que cette politique vise à instaurer le socialisme, on se demande comment ils voient au juste la politique. Un autre chiffre renforce les doutes. Ils sont 63 % à regarder la chaîne de télévision Fox (chaîne conservatrice, propriété de Murdoch), alors que seulement 23 % du public général y puise ses informations.
Cela annonce des problèmes pour le Parti républicain. En 1992, le mouvement antidéficit créé par le milliardaire Ross Perot avait glané 19 % des voix qui avaient sans doute coûté à George Bush senior sa réélection. Or, le récent sondage donne 18 % à la Tea Party. Mais celle-ci n'a pas de leader présidentiable. Soit elle déborde le Parti républicain, soit elle est récupérée par lui, ce qui accentuerait son caractère antipolitique et son obstination à dire « non » aux réformes.
Une telle droite avait émergé au début des années 1960, alors que J-.F. Kennedy devenait le premier président catholique. Elle utilisa même des réflexions du sociologue Max Weber sur le « statut social » et ce qu'il assure à l'individu. À ce moment-là, la montée d'une droite radicale représentait la réaction angoissée d'une partie de la classe moyenne en train de perdre son statut.
Aujourd'hui, la Tea Party pourrait être une réaction au déclin relatif de la puissance américaine. Toutefois, rien n'assure l'imminence de ce déclin, et la culture américaine reste ouverte à « l'autre ». Les jeux ne sont pas faits.
Principe de précaution ou principe d'anxiété ?
Le volcan islandais Eyjafjöll et son immense nuage de cendres n'ont pas seulement paralysé le ciel de l'Europe depuis cinq jours, désorganisé les transports aériens mondiaux, bloqué sept millions de passagers et coûté des centaines de millions d'euros par jour aux compagnies interdites de trafic. Ils ont aussi relancé la polémique, désormais rituelle, sur le principe de précaution.
Ce fut le cas il y a quelques mois lors de la pandémie de grippe A(H1N1), hier encore après la tempête Xynthia sur les côtes françaises, aujourd'hui à propos du nuage volcanique. A chaque fois, les pouvoirs publics se trouvent placés devant deux injonctions contradictoires. D'un côté, ils sont sommés par les citoyens eux-mêmes de leur assurer une protection maximale, absolue même, contre les risques (naturels, climatiques, sanitaires, etc.) qui peuvent les menacer. De l'autre, ils sont immédiatement accusés de verser dans l'excès de précaution et d'entraver la liberté de chacun, s'il apparaît que le risque n'était pas aussi grave que redouté.
Devant ce dilemme, les Etats appliquent à leur niveau la règle de sagesse que chacun retient volontiers pour sa gouverne personnelle : deux précautions valent mieux qu'une. Le gouvernement français y est même obligé depuis que la Charte de l'environnement a été constitutionnalisée en 2005. Dans son article 5, celle-ci est claire : "Lorsque la réalisation d'un dommage, bien qu'incertaine en l'état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l'environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution, à l'adoption de mesures provisoires et proportionnées afin d'éviter la réalisation du dommage."
Entendu au sens large, c'est ce principe qui a conduit à la fermeture du ciel européen. Et il est un peu facile, après coup, de dénoncer cette décision radicale. Combien de voyageurs auraient accepté, devant le risque annoncé, de le braver ? Combien auraient admis de faire passer leurs obligations ou leur confort, ou plus encore les intérêts des compagnies aériennes, avant leur sécurité ?
Reste à mesurer si les pouvoirs publics, français et européens, ont adopté des "mesures proportionnées" contre le danger supposé. Dans un premier temps, oui, à l'évidence. Dans un second, c'est beaucoup plus douteux. Dans le cas de la grippe A(H1N1) comme dans celui du nuage volcanique, l'on a tout simplement oublié de tenir compte ou même de mesurer la réalité effective du danger.
Les drames sanitaires ou environnementaux qui ont éclaté depuis une vingtaine d'années - Tchernobyl, le sang contaminé, l'amiante, la vache folle... - ont amplement démontré que les obligations de protection des citoyens ne résistent pas toujours à la logique du profit. C'est un euphémisme ! Pour autant, cela ne signifie pas que le principe de précaution doit être précédé ou dominé par un principe de suspicion et d'anxiété. Sauf à admettre une société craintive, affolée par la moindre innovation scientifique, minée par le sentiment de vulnérabilité, obsédée par le risque zéro. Bref, une société régressive.
PRINCIPE DE PRECAUTION – En fait-on réellement trop ?
Un nuage de cendres tout droit venu d'Islande a paralysé le ciel européen pendant plusieurs jours, générant d'énormes pertes financières et bloquant 7 millions de voyageurs. Grippe A, OGM, zones inondables, au nom du principe de précaution, les décisions prises par les autorités semblent parfois disproportionnées et créent la polémique. Gère-t-on les crises avec trop de rigidité ?
La sécurité doit être la priorité absolue. Alors en situation de détresse, le principe de précaution est déclaré, au risque de tomber presque dans l'immobilisme. Ces derniers jours, le trafic aérien était au point mort en Europe, laissant des millions de voyageurs presque livrés à eux-mêmes. Rapidement, les compagnies aériennes ont dénoncé les dégâts économiques d'une telle décision, et ont lancé le début d'une polémique bien connue.
Qu'est-ce que le principe de précaution ?
Il n'existe pas de définition universelle du principe de précaution. Très large, il n'exige pas de preuves et repose donc sur de simples présomptions. Jacques Chirac, en 2005, l'a tout de même fait inscrire dans le préambule de la Constitution française avec la charte de l'environnement. Le principe de précaution pourrait être résumé de la manière suivante : ''Des mesures doivent être prises lorsqu’il existe des raisons suffisantes de croire qu’une activité ou un produit risque de causer des dommages graves et irréversibles à la santé ou à l’environnement.'' Lorsque le nuage de cendres du volcan islandais a commencé à se propager sur le continent, l'expérience voulait que le danger soit connu et trop important pour que les avions continuent de voler. En 1982 en Indonésie et en 1987 au-dessus de l'Alaska, deux avions avaient chuté de plusieurs milliers de mètres en traversant un nuage de cendres. D'après Louis Jobard, président du Syndicat national des pilotes de ligne Air France, ''il était parfaitement normal d'appliquer le principe de précaution les premières 24 heures, voire 48 heures''. Ensuite, les compagnies aériennes dénonçaient une trop grande rigidité.
Les raisons de la polémique
Il était évidemment très difficile pour certains voyageurs d'accepter de rester bloqués plusieurs jours durant dans un hall d'aéroport, alors que la reprise du travail les attendait. Mais il était encore plus difficile pour les compagnies aériennes de voir leurs pertes financières augmenter, alors même que le danger n'avait pu être estimé. Lufthansa et Air Berlin, ont critiqué les autorités pour l’absence de calcul de la concentration de cendres volcaniques dans l’air. Chez Air France, Louis Jobard aussi dénonçait le déficit de données : ''Il faut que la direction générale de l'aviation civile envoie des avions munis de capteurs pour que l'on sache précisément quelle est la concentration de poussière, où et à quelle altitude. Si on n'a pas ces données là, on peut y être encore dans deux mois.'' Alors ce week-end, Lufthansa et Air France effectuaient des vols d'essais, sans passagers, qui se sont déroulés dans des conditions normales. Un porte-parole de la compagnie allemande disait : ''les appareils ont été analysés et ne présentent aucun dommage, pas la moindre égratignure sur le pare-brise du cockpit, le fuselage ou les moteurs''. Depuis, la contestation n'a fait que monter. Une réplique habituelle dès lors que l'on touche au porte-monnaie. Les compagnies ont perdu environ 200 millions de dollars par jour.
Un principe déjà plusieurs fois remis en cause
Alors que la nocivité des cultures OGM n'était pas scientifiquement démontrée, on exigeait déjà leur destruction, en estimant qu'ils étaient plus dangereux que les pesticides. Alors que la crise de la vache folle défrayait la chronique, les farines animales devaient être interdites au commerce. Mais l'histoire que l'on retiendra, c'est Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, qui commandait 94 millions de doses de vaccins aux laboratoires pharmaceutiques en 2009, pour faire vacciner 60 millions de français contre le virus de la grippe H1N1. Seules 10 millions de doses ont été utilisées. Les autorités ont été tout aussi radicales en prononçant la destruction de 1.500 maisons en Vendée et Charente-Maritime, y compris celles qui n'avaient pas été touchées. Des précautions qui, dans ce cas, arrivent un peu tard.
Le FMI va proposer de taxer les banques
Le FMI va proposer de taxer les banques
La chaîne britannique a publié sur son site internet une version "confidentielle" de ce rapport qui doit être officiellement remis cette semaine.
Le FMI y identifie deux taxes qui permettraient que le secteur financier "puisse faire une contribution juste et importante pour payer toute charge associée aux interventions des Etats pour réparer le secteur bancaire".
"Les mesures qui sont examinées actuellement peuvent être regroupées en deux catégories larges", a expliqué le FMI. La première est celle des "taxes sur les institutions financières", qui sont appliquées à celles-ci "pour couvrir le coût budgétaire net du soutien public direct aux institutions financières et contribuer à réduire la prise de risque excessive". Le FMI propose en effet de pondérer le taux de cette taxe en fonction du profil de risque de chaque entreprise, en excluant les actifs les moins risqués.
La seconde mesure est intitulée "autres instruments d'imposition". Leur but est "d'assurer une contribution plus large aux recettes de la part du secteur", par le biais d'une "taxe sur les activités financières". Celle-ci s'appliquerait "à la somme des profits et de la rémunération". Elle "serait à peu près une taxe sur les profits du secteur financier si l'assiette comprenait seulement les niveaux élevés de rémunération, et si la composante des profits était définie adéquatement, pour exclure en pratique une norme de retour sur fonds propres".
Le FMI n'a pas formellement exclu une taxe sur les transactions financières, mais estimé que son poids risquait d'être répercuté sur les clients des banques.
Pour Pierre Lelouche, l'Europe est menacée de "déclassement rapide"
Le secrétaire d'Etat français aux affaires européennes, Pierre Lellouche, s'est inquiété mardi 20 avril du recul de l'influence mondiale de l'Europe, confrontée à "un risque de déclassement rapide".
"Avec la mondialisation, la question c'est : que reste-t-il du modèle européen, de la place de l'Europe dans la gouvernance mondiale ? De ce point de vue, je suis très inquiet", a commenté M. Lellouche au cours d'une rencontre avec des journalistes à Strasbourg, en marge d'une session plénière du Parlement européen. "Nous sommes en train d'être dépassés, on est en risque de déclassement rapide", juge-t-il.
Une Europe unie, basée sur la réconciliation franco-allemande après la deuxième guerre mondiale et servant de base à élargir une zone de paix, "quelque part c'est l'Europe d'hier et cet objectif a déjà été atteint", a-t-il dit. "Même si l'idée reste complètement d'actualité, sa signification politique change". Aujourd'hui, la question phare est "la survie du modèle de société européen face à un monde qui a radicalement changé", explique-t-il.
"UNE MACHINE À PALABRER"
Pour le secrétaire d'Etat français, "on ne cesse d'avoir des reculs de l'influence européenne". Lors des négociations internationales climatiques de Copenhague en décembre, "des décisions se prennent sans que les Européens soient dans la salle, pour la première fois", note-t-il. Cette perte d'influence est aussi apparente dans "l'annulation de la visite du président américain Obama en Espagne" ou son récent dîner à Prague avec des pays d'Europe de l'Est qui a "court-circuité totalement les institutions de l'Union, la France, l'Allemagne et les autres".
"Attention, l'Europe n'est pas en train de se faire respecter!", prévient M. Lellouche. "Il est urgent que nous réagissions. Or nous passons notre temps à palabrer ! Le monde bouge. L'Europe discute. C'est une machine à palabrer, alors que cela devrait être une machine d'action", insiste-t-il. Or "l'Europe dans 30 ans, c'est à peine 6 % de la population mondiale, 12 % de son PIB. L'impératif d'union il est évident. De grâce ne nous contentons pas de fabriquer une usine à palabres, faisons de la politique", ajoute-t-il.
Evoquant la création d'un nouveau service européen d'action extérieure, il a déploré des mois de discussions sans grand intérêt sur "qui contrôle quoi, qui nomme qui". "Ca intéresse 300 personnes ça. Pendant ce temps-là, on ne parle toujours pas de la Russie, toujours pas de sanctions à l'Iran, toujours pas de la Chine. Le monde continue d'avancer".
Les astuces pour supporter les cons au travail
Friand de rumeurs assassines et de mails communs désagréables, certains salariés mènent la vie dure à leurs collègues. Tonvoisin Debureau, auteur du best-seller Travailler avec des cons, décortique les manies de ces employés.
Qui sont les cons dans les entreprises?
On est toujours le con de quelqu'un mais certains font l'unanimité. Dans l'entreprise, il y a ceux qui multiplient les erreurs et font bourdes sur bourdes. Cela n'instaurent pas une mauvaise ambiance dans l'entreprise.
Au contraire, les gens se prennent souvent de pitié pour eux. Les plus dangereux sont ceux qui altèrent notre qualité de vie, nous mettent des bâtons dans les roues pour accéder plus vite au plus haut niveau du pouvoir. Cela reflète une certaine forme de violence dans l'entreprise. Ces salariés malveillants sont généralement très minoritaires au sein d'une équipe mais ont un fort potentiel de nuisance et déséquilibrent, à eux seuls, un groupe. Pour parvenir à leurs fins, ils peuvent, par exemple, envoyer un mail à toute votre hiérarchie lorsque vous avez fait une petite erreur ou usurper votre travail pour se valoriser. Ils peuvent également semer la zizanie dans une équipe en colportant différentes rumeurs diffamatoires.
Qu'est ce que cela leur apporte?
Ces cons sont généralement mus par la jalousie. Ils sont incapables de se réjouir de la réussite des autres et cherchent à avoir ce que les autres ont. Ils ne sont pas au niveau de leurs collègues et ne peuvent donc pas jouir d'une autorité naturelle liée à leurs compétences. Pour y remédier ils usent d'un pouvoir de contrôle. Ces humiliations sont le seul moyen pour eux d'affirmer leur autorité.
Pourquoi la hiérarchie ne les blâme-t-elle pas?
La bêtise humaine se trouve à tous les niveaux de la hiérarchie. Si les managers ont eux-mêmes pris l'habitude d'harceler moralement leurs salariés ou de les humilier publiquement, les employés reproduiront ce comportement. Pourquoi, par exemple, s'empêcher de s'en prendre à un salarié si même sa hiérarchie n'a pas de scrupule à le faire ? On se sent presque encouragé à adopter ce comportement. A l'inverse, si l'entreprise est bien managée et a une ligne de conduite irréprochable, les salariés suivront son exemple.
Quelles sont les conséquences au quotidien?
Les cons ont un fort potentiel de nuisance surtout s'ils sont à des postes importants. Ils créent d'abord une mauvaise ambiance dans un service voire dans l'entreprise entière. Les salariés sont stressés et ne sont donc pas au maximum de leurs capacités. Ce comportement a également une incidence sur la productivité de l'entreprise. Les salariés n'osent plus prendre d'initiatives ou même proposer des améliorations dans le système de production de peur de se faire humilier publiquement même si leur remarque est pertinente. Avec la crise, cette crispation a augmenté: les salariés ne tentent plus rien de peur de perdre leur emploi.
Quels conseils donneriez-vous aux victimes de ces cons?
Il faut savoir prendre du recul car vous ne ferez pas changer la situation. Ces cons sont souvent très prévisibles, leurs mesquineries, leurs méthodes sont toujours les mêmes. Une fois la ou les personnes nuisibles identifiées, il faut se détacher de leurs actions pour ne pas trop en souffrir. Il faut également se rendre compte qu'on n'est généralement pas seul dans cette situation et s'appuyer sur ses collègues.
Mais si la petite mesquinerie se transforme en vrai harcèlement moral, il faut en parler à sa hiérarchie et porter plainte si rien ne change. Evidemment en temps de crise, prendre cette décision est compliqué mais il faut savoir préserver sa santé. Si vous gardez tout pour vous, sans en parler à personne, vous risquez de faire une dépression.
Tonvoisin Debureau publie désormais ses essais sous le pseudonyme Tonvoisin de la Garlée
mardi 20 avril 2010
Les élus de gauche critiquent la "valse des préfets" en Seine-Saint-Denis
Après le déplacement de Nicolas Sarkozy en Seine-Saint-Denis placé sous le signe de la politique sécuritaire, plusieurs élus ont réagi. Sans surprise, on a applaudi dans les rangs de la majorité ; alors que les élus de gauche ont déploré le manque de moyens, la tentation du président de "redorer son blason en banlieue avant les échéances électorales de 2012" et la rotation trop rapide des représentants de l'Etat dans le département.
Le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas, a critiqué l'installation par M. Sarkozy du préfet Lambert en Seine-Saint-Denis et redoute que celui-ci "continue la politique d'abandon et de relégation" menée par le président. "Ce dont la Seine-Saint-Denis a besoin, c'est d'une politique dotée de moyens suffisants, menée avec constance dans le temps en s'appuyant sur les élus locaux qui sont les meilleurs connaisseurs de sa réalité", a écrit le socialiste dans un communiqué, insistant sur le fait que "tous les élus locaux réclament stabilité et constance de la part de leurs interlocuteurs", alors que "Christian Lambert est le septième préfet en seulement dix ans ! Et le troisième depuis 2007".
La députée de Seine-Saint-Denis et secrétaire nationale du Parti communiste français, Marie-Georges Buffet, a jugé "affligeants" et "confus" les propos tenus par le chef de l'Etat. "Face à la montée de l'insécurité et aux protestations d'une population subissant de plein fouet la crise économique, il n'y a rien à attendre des propos présidentiels. Pas de moyens nouveaux, mis à part 800 caméras de vidéosurveillance !" s'exclame la députée de Seine-Saint-Denis dans un communiqué.
Gilbert Roger, maire PS de Bondy, a rendu publique une lettre à Christian Lambert, dans laquelle il regrette "la valse continuelle des préfets" dans son département. "Ce jeu de chaises musicales n'a pas permis, jusqu'à aujourd'hui, d'obtenir les conditions nécessaires pour l'élaboration d'une approche globale de notre territoire". Il souhaite que sa nomination "ne soit pas un coup médiatique de plus" de la part du président en vue de "redorer son blason en banlieue avant les échéances électorales de 2012".
Le syndicat des inspecteurs d'académie (SIA) juge nécessaire de faire "attention aux effets d'annonce" dans une matière nécessitant "beaucoup de doigté", évoquant la suspension des allocations familiales. "Ces annonces, un peu à l'emporte-pièce, veulent frapper l'opinion, mais ensuite on ne peut pas les appliquer, notamment car cela crée de la pauvreté", a réagi Robert Prospérini, secrétaire général du SIA. "Ce n'est pas nouveau : les inspecteurs d'académie, comme garants de l'obligatoire scolaire, sont déjà au cœur du dispositif ; ce sont eux qui doivent convaincre les familles que leurs enfants aillent à l'école", a poursuivi M. Prospérini. "Mais ce sont souvent des familles en difficulté sociale. On essaye de faire intervenir la protection sociale de la jeunesse et les services sociaux ; supprimer les allocations n'est pas toujours la bonne solution. Il faut savoir doser avec beaucoup de doigté. Convaincre les familles est souvent plus efficace", a-t-il ajouté.
Dans les colonnes du Parisien, Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil, souhaite que "les préfets soient entendus quand ils décrivent ce qu'ils voient et qu'on leur donne les moyens qu'ils demandent. La proximité de Christian Lambert avec Nicolas Sarkozy lui permettra peut-être d'être plus cru que ses prédécesseurs".
Bruno Beschizza, ancien secrétaire général du syndicat policier Synergie, conseiller régional UMP, dénonce la réaction de certains élus qui "font rêver nos concitoyens qui n'ont pas les moyens de faire autre chose que prendre ces transports en disant : 'Si nous avions 400 policiers de plus, ça irait mieux.' C'est faux". Selon lui, il faut une "réponse forte de l'Etat, et ça c'est une réponse pénale".
L'économiste en chef du FMI juge venu le temps des ajustements budgétaires
Olivier Blanchard, l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), qui a conçu avec Dominique Strauss-Kahn, son directeur général, une relance budgétaire planétaire pour éviter le pire en 2008-2009, juge qu'il est temps d'infléchir les politiques menées par les pays du G20 qui doivent se concentrer sur l'ajustement budgétaire.
"Au début de la crise, explique-t-il, le risque était d'un effondrement de la demande, et d'une répétition d'un scénario
de “Grande Dépression”, qu'il fallait à tout prix éviter. Dans ce contexte, une relance budgétaire était essentielle. Aujourd'hui, la demande est plus soutenue, mais la perte de revenus et la détérioration budgétaire due à la crise, a changé la nature du risque. Il est du côté de la dette publique et d'un cercle vicieux entre explosion de la dette et augmentation des primes de risque et des taux d'intérêt. C'est pour cela qu'il faut se concentrer sur l'ajustement budgétaire. Avec plus ou moins d'urgence selon les pays."
Mais cette priorité n'interdit pas selon lui de pratiquer une diète intelligente. Plutôt que de tailler n'importe comment dans les budgets, ce qui risque de faire chuter la consommation et de porter atteinte à la croissance, pourquoi ne pas, dans certains pays, augmenter l'âge de la retraite ? On ferait d'une pierre deux coups : outre l'assainissement des finances publiques, cet allongement de la vie professionnelle favorise une moindre épargne et donc soutient la consommation et la croissance.
AVOIR UN TAUX D'INFLATION MOYEN UN PEU PLUS ÉLEVÉ
M. Blanchard ne renie pas les déficits créés par les milliards de dollars injectés dans les économies du G20 pour soutenir leur demande, car, dit-il, "si on n'avait pas pratiqué cette relance, la dépression qui en aurait résulté aurait provoqué des déficits budgétaires encore plus énormes".
Il plaide pour que la communauté internationale améliore son pilotage de l'économie et s'agace des incompréhensions suscitées par ses propositions qui bousculent les idées reçues. "On ne peut pas avoir traversé une crise aussi profonde sans se poser des questions sur la politique macro-économique antérieure !", affirme-t-il.
Parmi les idées reçues, figure la notion qu'une inflation stable est une condition suffisante à la stabilité. "Avant la crise, les Etats-Unis avaient une inflation stable et un PIB à leur niveau d'équilibre. Tout était conforme, mais l'on ne prenait en compte ni le déficit de la balance des paiements, ni l'explosion des prix immobiliers, ni l'effet de levier des produits financiers qui ont provoqué la déflagration que l'on sait."
M. Blanchard pose des questions pour susciter des débats. Ne serait-il pas justifié d'avoir un taux d'inflation moyen un peu plus élevé, si cela diminuait les risques de se retrouver dans une spirale déflationniste, situation que tous les économistes s'accordent à trouver très dangereuse ?
Face à une bulle immobilière, pourquoi monter les taux d'intérêt pour juguler l'inflation, au risque de freiner l'investissement et la consommation, alors qu'en limitant le taux d'endettement immobilier maximal des ménages, l'effet sur les prix est direct, localisé et immédiat ?
STABILISATEURS AUTOMATIQUES SOCIAUX
Même chose pour le contrôle des mouvements de capitaux. "Ces mouvements sont bons, affirme-t-il. Mais il peut être rationnel pour un pays de refuser un argent qui encourage des constructions immobilières inutiles, qui est volatile, qui détraque sa Bourse. Il était admis que tout contrôle était “mauvais”, mais beaucoup de pays émergents le pratiquaient de fait et ce non-dit poussait certains à faire des bêtises. Le FMI a préféré poser le problème et dire à quelles conditions et comment ce contrôle provisoire pouvait être bénéfique."
Pourquoi ne pas inventer de nouveaux outils d'intervention ? M. Blanchard pense à des stabilisateurs automatiques sociaux. Par exemple, si le taux de chômage dépassait un certain niveau, la durée d'indemnisation des chômeurs s'allongerait sans qu'il soit besoin de voter une loi.
L'économiste en chef du FMI rejette les comportements moralisateurs comme dans le cas grec. "Bien sûr, dit-il, la Grèce doit se serrer la ceinture pour se tirer du mauvais pas où elle s'est mise. Mais lui prêter l'argent salvateur à des taux élevés n'a pas de sens, car on rendrait son redressement impossible."
Athènes est suffisamment "puni" par les marchés qui lui ont encore infligé un taux meurtrier de 7,6 %, lundi 19 avril. Son sauvetage implique de l'aider à prendre les bonnes décisions, et à diminuer son risque. Un point. C'est tout.
Alain Faujas
Les PME pilotent à vue face au nuage de cendres
Signatures de contrats reportées, problèmes de trésorerie ou d'approvisionnement, salariés coincés à l'étranger : le blocage du ciel européen commence à compliquer la vie de certaines entreprises françaises. À tel point que Laurence Parisot a demandé à ses équipes la création d'une cellule de crise
au Medef dès dimanche matin, raconte Vincent Leroux, le responsable de sa mise en place au Medef. Son premier travail sera de s'adresser aux adhérents et de "faire l'inventaire des problèmes auxquels ils peuvent être confrontés" afin que "Laurence Parisot les fasse remonter au gouvernement". Si le secteur aérien et le tourisme sont en première ligne, "tout un tas de secteurs" sont touchés, souligne celui qui dirige la section adhérents de l'organisation patronale.
Les grandes entreprises ont les moyens de faire face mais ce n'est pas toujours le cas des PME, déjà fragilisées par la crise économique et financière. Keynectis, société spécialisée dans la sécurité des identités sur Internet, a ainsi dû renoncer à envoyer une équipe au salon de Singapour après avoir engagé les frais pour être présente. Résultat : les rendez-vous organisés avec les clients et les partenaires potentiels ont été annulés. Et ce sont les concurrents américains qui en profitent. Plus grave, raconte Pascal Colin, le directeur général, sa société de 60 salariés est en phase de perdre un appel d'offres lancé par le ministère de l'Intérieur d'un pays du Moyen-Orient. Sélectionnée avec deux autres concurrents pour la dernière ligne droite pour la signature de ce contrat soumis à une clause de confidentialité, la PME française ne pourra être présente lors de l'ultime processus de sélection : "On a essayé de négocier un report, mais le concurrent américain n'est pas d'accord et on va perdre l'affaire", déplore Pascal Colin. "Pour notre PME, c'est dramatique. C'est une affaire sur laquelle on travaille depuis plus de deux ans et qui représente 8 % de notre chiffre d'affaires annuel. On se sent complètement démuni", lâche-t-il.
Même le transport maritime est touché
Cédrick Gallot doit, lui, faire face à un autre type de problème. Ce directeur général d'une entreprise de fruits et légumes, qui utilise pourtant essentiellement le transport maritime, a du mal à livrer sa production. Selon ses estimations, environ 300.000 euros de marchandises (ananas, haricots verts, mangues...) sont bloqués par les services de douane des ports de l'Europe du Nord, faute de certificats originaux délivrés par le pays de production. Ceux-ci sont acheminés par... avion ! Si la marchandise peut supporter quelques jours supplémentaires dans les navires, Cédrick Gallot craint une baisse des prix provoquée par son arrivée massive à Rungis lorsque la situation se débloquera. Seule solution, négocier avec les douanes belges et néerlandaises pour assouplir temporairement les règles imposées sur les certificats. Mais celles-ci semblent moins promptes à coopérer que les douanes françaises sensibilisées par les chambres syndicales interprofessionnelles...
Certains ont trouvé des solutions alternatives d'acheminement. Mais cela ne va pas sans poser problème : "J'ai dû re-router toutes mes livraisons par la route. Mais pendant deux, trois jours, il y a quand même des pièces et des composants qui sont partis de l'entreprise et sont depuis bloqués", on ne sait où, raconte à l'Agence France-Presse le président de la société de composants électroniques Radiall, Pierre Gattaz. La paralysie du trafic bloque aussi les importations de matières premières (pièces de laiton, de cuivre, semi-conducteurs, etc.) pour ses usines européennes, souvent en provenance d'Asie alors qu'"il n'y a plus de stock nulle part" du fait de la crise. Comme beaucoup de chefs d'entreprise, Pierre Gattaz peut encore tenir quelque temps, mais "chaque jour qui va passer sera plus dur à gérer". Un sentiment largement partagé par les entreprises concernées.
Les avions redécollent petit à petit dans le ciel européen
L'activité aérienne en Europe doit reprendre, mardi 20 avril, de manière plus régulière après cinq jours de paralysie totale. La situation reste cependant encore très dépendante de l'évolution du
nuage qui recouvre une grande partie du continent. Trois cratères du volcan islandais en éruption crachaient des cendres mardi matin, mais en volume moins important que les jours précédents, selon la police islandaise, alors qu'un nouveau nuage de cendres devait atteindre l'Europe du Nord. Cependant, un changement de direction du vent va pousser en fin de semaine vers l'Arctique le nuage de cendres lâché dans l'atmosphère par le volcan islandais Eyjafjöll, a annoncé mardi l'Organisation météorologique mondiale (OMM).
Lundi, les autorités européennes ont décidé d'ouvrir le trafic dans les zones où les cendres volcaniques venues d'Islande ne sont pas trop denses. Les ministres des transports de l'Union européenne ont établi lundi une distinction entre des zones d'interdiction totale où persistent des concentrations trop fortes de particules et des zones de précaution, où le trafic doit reprendre dans des corridors spécifiés.
REPRISE PROGRESSIVE EN FRANCE
Le trafic aérien reprend peu à peu dans l'espace aérien français mardi matin, le territoire national étant considéré comme "zone de précaution" après les vols d'essai effectués par Air France-KLM. Cela a permis la mise en place, depuis 8 heures, de corridors aériens entre Paris et les aéroports du sud de la France. Les aéroports au nord d'une ligne Nantes-Nice sont peu à peu rouverts et au sud de cette ligne, Nantes compris, les aéroports demeurent accessibles. L'aéroport de Lyon a rouvert dès lundi à 20 heures.
Les aéroports parisiens de Roissy-Charles de Gaulle et Orly vont assurer, "progressivement", les trois-quarts des vols internationaux, a annoncé sur RTL le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo. "A partir de 8 heures, les plateformes de Roissy et d'Orly vont assurer progressivement dans la journée les trois quarts des vols internationaux", a indiqué le ministre. Il a précisé qu'il s'agissait des vols long-courriers, c'est-à-dire hors de l'UE, assurés par des gros porteurs et dépassant en moyenne 4 ou 5 heures. Ces vols sont "affrétés par les compagnies, qui mixtent en réalité des vols commerciaux et ce qu'on pourrait appeler un 'complément de solidarité'" à l'égard des passagers bloqués, a expliqué M. Borloo, réaffirmant la priorité donnée au rapatriement. Deux cent mille ressortissants français environ sont bloqués à l'étranger.
Le secrétaire d'Etat aux transports Dominique Bussereau, a annoncé sur RMC que 30 % des vols nationaux et internationaux seront assurés mardi au départ des aéroports parisiens de Roissy et d'Orly. Cinq cent soixante-quatre vols partiront de Roissy-Charles de Gaulle, contre 1 500 en temps normal et 272 d'Orly, contre 700 d'ordinaire, sur la base de chiffres communiqués par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Air France prévoit une exploitation normale des vols long-courriers au départ de Paris dans la journée. La DGAC recommande aux autres passagers de contacter directement leur compagnie aérienne. Le premier vol est arrivé à 5 h 30 de Mauritanie. En tout, une dizaine d'avions avaient atterri à 8 h 30, dont un en provenance de Los Angeles. Au départ, trois avions ont décollé à vide pour aller chercher des passagers en Egypte (6 h 41 le premier), et un autre est parti pour l'Algérie (8 heures).
"Rien d'anormal" n'a été détecté à l'issue de deux vols tests lundi en fin d'après-midi d'un avion géant A380 et d'un A340 pour évaluer la dangerosité des cendres volcaniques pour le trafic aérien, a annoncé mardi le constructeur aéronautique Airbus.
La reprise du trafic européen pourrait cependant être de courte durée. L'aviation civile britannique (NATS) a signalé dès lundi soir l'arrivée vers le Royaume-Uni d'un nouveau panache de cendres qui laisse craindre de nouvelles perturbations. L'autorité de l'aviation civile britannique a souligné qu'elle devait faire face à une situation évoluant rapidement en raison du caractère imprévisible de l'éruption du volcan islandais. British Airways a annoncé qu'elle annulait tous ses vols court et moyen-courriers pour mardi.
Cependant, l'intensification lundi de l'éruption du volcan islandais n'enverra pas de nouvelles cendres volcaniques au-dessus de la France, sauf éventuellement l'extrême nord du pays, a estimé mardi le centre d'observation des cendres volcaniques (VAAC) de Toulouse. "Vu les conditions météorologiques, les cendres volcaniques devraient passer sur le sud de la mer du Nord, les îles britanniques, le Danemark et la Scandinavie, et éventuellement l'extrême nord de la France dans 24 heures", a déclaré Didier Rosenblatt, prévisionniste du VAAC et de Météo-France. Dans le monde, des millions de passagers restent en attente d'un vol pour regagner leurs foyers.
La situation pays par pays
Les perturbations du trafic aérien sont toujours très importantes, mardi 20 avril, sur une grande partie du continent européen, à mesure que le nuage de cendres échappé du volcan islandais en éruption Eyjafjöll se déplace.
Voici le point sur la situation dans la plupart des aéroports européens. Sauf indication contraire, tous les horaires mentionnés le sont à l'heure française (GMT + 2).
* France
Le gouvernement a annoncé la mise en place de "corridors aériens" entre Paris et les aéroports du sud du pays à partir de mardi 8 heures, notamment Bordeaux-Paris, Toulouse-Paris, Marseille-Paris et Nice-Paris. Les aéroport situés au nord d'une ligne Nantes-Nice seront partiellement rouverts à partir de 8 heures. Les aéroports du Sud et du Sud-Ouest ont été rouverts dimanche, celui de Lyon a rouvert lundi à 20 heures.
En conséquence, Air France prévoit, à ce stade, mardi :
Vols au départ :
- Pour les vols long-courriers au départ de Paris-Charles de Gaulle et de Paris-Orly, une exploitation normale.
- Pour les vols court et moyen-courriers : au départ de Paris-Orly, seuls les vols La Navette (Bordeaux, Marseille, Nice et Toulouse) et ceux reliant Paris à la Corse seront opérés normalement ; au départ de Paris-Charles de Gaulle : seuls les vols domestiques (France) seront opérés normalement. Les vols vers les destinations européennes ne reprendront qu'à partir de 12 heures.
Vols à l'arrivée : les vols long-courriers partis le 19 avril des principales escales de la compagnie arriveront à Paris-Charles de Gaulle le 20 avril. Les horaires d'arrivée des vols pourront être décalés. Les correspondances à Paris ne seront pas assurées, sauf celles vers le sud de la France.
L'aéroport Nantes-Atlantique était proche de la saturation mardi matin en raison d'un grand nombre de vols destinés à délester les plate-formes parisiennes, selon la direction.
* Allemagne
La fermeture de l'espace aérien allemand a été prolongée jusqu'à mardi 20 heures, tandis que les vols à vue étaient autorisés à titre exceptionnel. La Lufthansa prévoit d'assurer mardi "environ 200 vols", soit moins de 1 5% de son trafic mondial habituel.
* Autriche
L'espace aérien a rouvert lundi à 6 heures du matin. Reprise partielle du trafic dans les aéroports.
* Belgique
Le trafic aérien a repris partiellement mardi matin, seuls les atterrissages étant autorisés depuis 8 heures.
* Biélorussie
Les mouvements d'avions entre 7 000 et 11 000 mètres sont restreints. Plusieurs vols sont annulés ou retardés au départ de Minsk.
* Bosnie
L'espace aérien a été rouvert en partie dimanche à 18 heures.
* Bulgarie
L'espace aérien a été partiellement rouvert pour les vols à destination et en provenance du Sud et du Sud-Est, notamment de Grèce.
* Canada
Neuf vols intérieurs ont été annulés pour la première fois lundi matin à Saint-Jean de Terre-Neuve. Il s'agit des premiers vols intérieurs en Amérique du
Nord annulés à cause du nuage.* Croatie
Presque tous les aéroports de Croatie, dont celui de Zagreb, ont rouvert dimanche. Un seul aéroport, celui d'Osijek (dans l'est du pays) est toujours fermé.
* Danemark
Le Danemark a prolongé la fermeture de ses aéroports jusqu'à mercredi 2 heures au moins, mais maintient ouvert son espace aérien au-dessus de 6 000 mètres d'altitude.
* Espagne
Tous les aéroports étaient ouverts lundi matin. Le gouvernement a proposé ses aéroports comme plates-formes pour permettre aux passagers bloqués d'atterrir sur le continent européen et est prêt à faciliter le transit de 70 000 personnes à destination du Royaume-Uni.
* Finlande
Tous les aéroports ferment à nouveau jusqu'à mardi 17 heures, après avoir rouvert quelques heures lundi.
* Hongrie
Les autorités hongroises ont décidé de rouvrir l'intégralité de leur espace aérien
* Irlande
L'Irlande a repoussé jusqu'à "au moins" 14 heures mardi la réouverture de son espace aérien, en raison de nouvelles inquiétudes sur le nuage de cendres émis par le volcan islandais en éruption.
* Islande
Ironie de la situation, le pays est épargné par le nuage en raison de la direction du vent, les aéroports restent ouverts. Mais la plupart des voyageurs sont bloqués, l'aéroport de leur destination finale étant fermé.
* Italie
L'espace aérien du nord de l'Italie a lentement rouvert mardi matin à 8 heures, notamment à partir des aéroports de Malpensa et Linate de Milan. Un vol à destination de Palerme a marqué la reprise de l'activité de l'aéroport de Malpensa. L'autre aéroport milanais, Linate, a repris son activité avec un vol pour Bari (sud).
* Monténégro
L'espace aérien a été rouvert dimanche à 18 heures.
* Norvège
Après une réouverture partielle dimanche, la Norvège a annoncé mardi matin devoir fermer de nouveau une partie de son espace aérien.
* Pays baltes
L'espace aérien au-dessus de la Lettonie est rouvert depuis 8 heures mardi. L'espace aérien de l'Estonie voisine reste ouvert partiellement mardi. L'aéroport de Tallinn sera ouvert jusqu'à 21 heures. L'espace aérien de la Lituanie a rouvert dimanche.
* Pays-Bas
Trois avions transportant des passagers ont décollé lundi soir de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol pour Shanghai, Dubaï et New York.
* Pologne
Les autorités polonaises ont à nouveau fermé totalement mardi matin l'espace aérien national pour les vols commerciaux, qui précisent que "la partie nord de l'espace aérien est fermée aux vols de transit".
* République tchèque
L'espace aérien a rouvert lundi à midi pour 48 heures et les survols à une altitude supérieure à 7 450 mètres sont autorisés depuis minuit.
* Roumanie
L'espace aérien est totalement rouvert.
* Royaume-Uni
L'espace aérien britannique demeurera fermé dans sa majeure partie jusqu'à 20 heures en-dessous de 6 000 mètres. L'espace aérien sera en revanche ouvert en Ecosse. British Airways a annoncé qu'elle annulait tous ses vols court et moyen-courriers mardi. La compagnie a ajouté qu'elle espérait reprendre ses vols long-courriers après 17 heures, dans l'éventualité d'une réouverture "complète et permanente" de l'espace aérien britannique. La compagnie à bas coûts Easyjet a annulé jusqu'à 18 heures tous ses vols en Europe du Nord, dont le Royaume-Uni, mais les a maintenus dans le sud de l'Europe.
Eurostar est submergée par des demandes de réservations supplémentaires, indique la compagnie exploitant le train à grande vitesse reliant la France et la Belgique à la Grande-Bretagne. La compagnie conseille aux voyageurs sans billet ou réservation de ne pas se présenter en gare. 5 000 places supplémentaires sont néanmoins proposées mardi par la SNCF.
* Russie
L'espace aérien est ouvert.
* Serbie
L'espace aérien a été rouvert dimanche à 18 heures. L'aéroport de
Belgrade reste toutefois fermé au trafic.* Slovaquie
L'espace aérien est rouvert depuis lundi.
* Slovénie
L'espace aérien a rouvert provisoirement lundi à partir de 6 heures.
* Suède
La Suède a rouvert dimanche une grande partie de son espace aérien. L'aéroport Arlanda de Stockholm est ouvert depuis 8 heures pour les vols au nord et à l'ouest de la capitale suédoise. Les vols en provenance ou vers les Etats-Unis sont désormais pris en charge à Arlanda. La compagnie scandinave SAS annule la quasi-totalité de ses vols jusqu'à mardi.
* Suisse
L'espace aérien suisse a rouvert mardi matin comme prévu à 8 heures, la situation se normalisant lentement sur les deux principaux aéroports de la Confédération, Zurich et Genève, l'Office fédéral de l'aviation civile prévoyant "plusieurs jours pour revenir à la normale".
* Turquie
Les dernières restrictions au trafic ont été levées lundi.
* Ukraine
La plupart des aéroports sont ouverts depuis dimanche, y compris celui de Kiev.
Au Japon, Prada est accusé de licencier "les moches"
Une ex-employée de Prada au Japon a engagé une action en justice contre la filiale japonaise de la maison de couture milanaise pour licenciement abusif en raison de sa prétendue "laideur". Rina Bovrisse, 36 ans, a expliqué devant la presse qu'elle voulait plaider l'affaire devant le tribunal, avec deux autres ex-employées de Prada, au nom de toutes les femmes traitées injustement par leur employeur au Japon. Lors du procès,
fixé au 14 mai, la plaignante va demander l'annulation de son licenciement et réclamer des dédommagements, a déclaré son avocat.
Sa décision a été prise après l'échec en mars d'un arrangement amiable entre les deux parties. "J'aime ce pays, je suis fière d'être japonaise. Mais ce que j'ai vu au Japon, c'est que l'environnement au travail n'est pas aussi protégé qu'à l'étranger", a expliqué Mme Bovrisse. "Le problème auquel nous faisons face aujourd'hui devrait être réglé par notre génération."
"ÂGÉES, MOCHES, GROSSES"
Mme Bovrisse, mariée à un Français, accuse la direction de Prada Japon d'avoir poussé à la démission un certain nombre d'employées, en leur reprochant d'être "âgées, moches, grosses, d'avoir une mauvaise denture et de ne pas être mignonnes". Selon elle, un responsable lui a également fait savoir, par l'intermédiaire du directeur des ressources humaines, qu'elle devait changer de coiffure, perdre du poids et s'entretenir physiquement pour être en harmonie avec le style Prada. "Il a dit qu'il avait honte de ma laideur", a-t-elle déclaré en sanglotant.
Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat de Prada au Japon. Mais la direction à Milan avait, le mois dernier, catégoriquement rejeté ces accusations. Prada Japon, qui gère une quarantaine de boutiques de la griffe, emploie quelque cinq cents personnes.
RYTHME SCOLAIRE - Moins de vacances pour plus d'équilibre ?
L'Education nationale pourrait bien faire changer le calendrier des vacances d'été. Luc Chatel s'intéresse à un nouveau débat, celui du rythme des écoliers au quotidien, et planifie, afin d'en discuter, une conférence pour le mois de juin. L'éventuelle réduction ou division en zones des vacances scolaires crée déjà polémique. En attendant. le débat reste ouvert
Luc Chatel se lance dans une nouvelle bataille. Après les états généraux sur la sécurité à l'école, le colloque sur l'école et la nation, le ministre de l'Education appelle à un tout autre débat, celui du rythme scolaire, de ''la répartition des heures de cours tout au long de la journée, de la semaine et de l'année''.
''Quand je pose le débat, je n'y réponds pas à l'avance''
La conférence aura lieu en juin. Elle réunira enseignants, parents, chefs d'établissement, collectivités et associations éducatives de l'enseignement public. Luc Chatel n'exclut pas de ''tout revoir'', mais affirme : ''Je ne pars d'aucun principe, quand je pose le débat, je n'y réponds pas à l'avance.'' Le débat portera sur les rythmes scolaires, pendant la journée, la semaine, l'année, l'organisation en quatre jours ou quatre jours et demi au primaire, l'amplitude de la pause repas, et la charge de travail des élèves. Toute l'organisation scolaire serait donc à revoir. Le ministre de l'Education s'étonne d'un gros déséquilibre : ''Nous sommes parmi les pays développés qui ont le plus d'heures par an mais le moins de jours de classe.'' A l'école primaire, ''il y a 144 jours de classe contre 185 à 190 dans plusieurs pays européens, mais aussi au lycée.'' Le volume de travail serait aussi l'un des plus importants d'Europe. Luc Chatel s'apprête à mettre le doigt dans l'engrenage, et se verrait bien tout chambouler jusqu'aux dates des vacances d'été.
Décomposition des vacances scolaires
Ce qui crée polémique, c'est l'éventualité d'une réduction des vacances d'été. Le ministère de l'Education évoquait même une création de zones, à l'image des vacances de février et de printemps. Les vacances d'été étalées, c'est aussi une manière pour les professionnels du tourisme de prolonger la saison des fréquentations, et de permettre des semaines plus remplies. Au niveau du tourisme, les avantages sont bien clairs, mais dans les familles, cette division du pays par zones pose réellement problème. Car les vacances d'été, c'est aussi l'occasion pour les enfants de revoir leurs cousins et cousines qui habitent loin. Pour les familles décomposées pour qui l'organisation dans l'année est déjà compliquée, l'étalement des vacances d'été ne serait qu'une difficulté supplémentaire à leur droit de garde. Aussi, en cas de modification des dates de vacances, les collectivités locales devront revoir tout leur mode d'organisation, pour les transports, la cantine, et l'utilisation des équipements sportifs.
Se calquer encore une fois sur le modèle européen
Dans son discours, Luc Chatel laisse bien entendre que les autres pays européens sont mieux organisés. L'exemple allemand est le plus cité dans l'entourage du ministre. Les enfants travaillent toute la matinée jusqu'à 13 heures, et font des activités sportives, artistiques ou manuelles l'après-midi, avant de terminer par un cours de langue ou d'informatique. Certains lycées en France ont adopté ce rythme dans quelques classes et d'autres souhaitent étendre l'expérience. Car les journées chargées des élèves français entraîneraient selon certains, fatigue et violence au quotidien.
NI PLUS NI MOINS; UN PEU D'HARMONISATION SERAIT JUDICIEUX ET DE GRÂCE; QUE CE SOIT DÉFINITIF.
Ah ! Le temps scolaire, cette tarte à la crème des ministres de l'Éducation ! Ils se succèdent en se cassant invariablement la notoriété sur le serpent de mer de la durée des vacances et sur les célèbres rythmes de l'enfant. Tout le monde a un avis sur la question, surtout les parents des familles aisées qui ne veulent pas sacrifier les fins de semaine à la campagne ou février à la neige. Et voilà que, comme les autres, Luc Chatel, persuadé sans doute de la réussite de ses états généraux sur la sécurité, veut les renouveler en consacrant cette fois une conférence aux rythmes scolaires. Autour de la table, un aréopage d'esprits forcément brillants évoquera le temps découpé de nos chères têtes blondes en dissertant sur le conflit entre l'éducation, la société et la nature humaine.
L'enfant n'a pas de rythmes, c'est l'école puis le travail qui lui imposent l'apprentissage des contraintes. Quand on dépose les petits à la garderie le matin à 7 h 30 et qu'on les reprend à 18 heures, se demande-t-on si c'est le temps de l'école qui détermine le rythme de l'enfant ou si par hasard on ne confond pas temps des parents, rythmes de l'enfant et garderie ?
Il ne faut pas isoler la question du temps scolaire de celle du rythme de vie de l'enfant et de sa famille, à l'intérieur duquel il y a le temps de l'éducation et de la formation. La surcharge et la fatigue ont bon dos quand on attend les gosses à la sortie de la classe pour les amener à la musique, à la danse, à la piscine, à l'école de foot ou de judo. On sait bien que raccourcir les vacances et les agencer en zones sert à étaler la circulation routière et le tourisme. Or le temps n'est rien d'autre qu'une organisation sociale et le meilleur cycle scolaire est celui qui rend la vie de l'enfant harmonieuse.
La vraie innovation serait de faire faire à tous les élèves leurs devoirs dans la classe. L'école lutterait mieux ainsi contre les inégalités entre ceux qui rentrent faire « quatre heures » à la maison et que l'on aide à faire leurs devoirs et ceux qui attendent les parents au pied des tours. L'idéal est dans l'équilibre et fractionner le débat sur les rythmes scolaires pour ne pas aborder celui de la place de l'enfant dans la société n'est que démagogie.
Daniel RUIZ
En dehors des vacanciers, que transportent les avions qui strient le ciel européen ? Des hommes d'affaires, des agents commerciaux, des experts de toutes sortes, du chirurgien cardiaque à la maintenance de machines, de l'ingénieur informatique au financier de haut vol. En soute, on trouve des médicaments, des pièces de rechange, des échantillons, des vaccins, des objets de valeur, des oeuvres d'art et des produits frais.
Inutile de dresser la liste des services et produits qui choisissent la voie des airs, réputée coûteuse, par nécessité. Certains emprunteront d'autres chemins, mer, route ou rail, au prix de délais considérables d'acheminement. D'autres useront des facilités qu'offrent aujourd'hui les systèmes d'échange de données. Il est aussi possible, souvent mais pas toujours, de substituer une solution locale à une offre lointaine. Toutes ces stratégies de contournement sont mises en oeuvre spontanément par les agents économiques.
Si les responsables logistiques des entreprises se retrouvent à résoudre de réels casse-tête, il faut aussi convenir que c'est leur métier, difficile même en l'absence de circonstances exceptionnelles. Aucune entreprise n'attendra jamais l'expression d'une consigne gouvernementale pour résoudre ce type de problème. C'est le côté « liquide » de l'économie d'entreprise, qui a cette capacité de se transformer pour parvenir à la cible. Le coût des alternatives reste à évaluer. Admettons aussi que le monde numérique, qui repose sur la fragile fourniture d'énergie électrique, ne diminue en rien le besoin d'échanges physiques. Au contraire, il l'augmente.
A l'heure où nous écrivons, la poussière expulsée des entrailles de l'Islande n'est pas supposée avoir de conséquence dommageable sur la santé humaine. C'est ce qui différencie, au moins pour le moment, ce feuilleton aérien haletant de l'épisode pandémique de l'automne dernier. L'autre différence frappante est l'effet de surprise du premier, avec des séquelles potentiellement dramatiques sur l'économie, comparé à la préparation minutieuse du second. Finalement sans graves conséquences.
Le point commun entre les deux histoires, c'est que des éléments infimes de notre environnement peuvent mettre en danger tout notre système d'échanges. C'est un vrai paradoxe dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences : il n'y a pas de plan B ni de principe de précaution qui tienne face au risque naturel majeur. La fermeture quasi totale de l'espace aérien européen n'avait été prévue par personne. A tout un chacun de se débrouiller.






















