TOUT EST DIT

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mardi 20 avril 2010

Plan D, comme débrouille

En dehors des vacanciers, que transportent les avions qui strient le ciel européen ? Des hommes d'affaires, des agents commerciaux, des experts de toutes sortes, du chirurgien cardiaque à la maintenance de machines, de l'ingénieur informatique au financier de haut vol. En soute, on trouve des médicaments, des pièces de rechange, des échantillons, des vaccins, des objets de valeur, des oeuvres d'art et des produits frais.
Inutile de dresser la liste des services et produits qui choisissent la voie des airs, réputée coûteuse, par nécessité. Certains emprunteront d'autres chemins, mer, route ou rail, au prix de délais considérables d'acheminement. D'autres useront des facilités qu'offrent aujourd'hui les systèmes d'échange de données. Il est aussi possible, souvent mais pas toujours, de substituer une solution locale à une offre lointaine. Toutes ces stratégies de contournement sont mises en oeuvre spontanément par les agents économiques.
Si les responsables logistiques des entreprises se retrouvent à résoudre de réels casse-tête, il faut aussi convenir que c'est leur métier, difficile même en l'absence de circonstances exceptionnelles. Aucune entreprise n'attendra jamais l'expression d'une consigne gouvernementale pour résoudre ce type de problème. C'est le côté « liquide » de l'économie d'entreprise, qui a cette capacité de se transformer pour parvenir à la cible. Le coût des alternatives reste à évaluer. Admettons aussi que le monde numérique, qui repose sur la fragile fourniture d'énergie électrique, ne diminue en rien le besoin d'échanges physiques. Au contraire, il l'augmente.
A l'heure où nous écrivons, la poussière expulsée des entrailles de l'Islande n'est pas supposée avoir de conséquence dommageable sur la santé humaine. C'est ce qui différencie, au moins pour le moment, ce feuilleton aérien haletant de l'épisode pandémique de l'automne dernier. L'autre différence frappante est l'effet de surprise du premier, avec des séquelles potentiellement dramatiques sur l'économie, comparé à la préparation minutieuse du second. Finalement sans graves conséquences.
Le point commun entre les deux histoires, c'est que des éléments infimes de notre environnement peuvent mettre en danger tout notre système d'échanges. C'est un vrai paradoxe dont on n'a pas fini de mesurer les conséquences : il n'y a pas de plan B ni de principe de précaution qui tienne face au risque naturel majeur. La fermeture quasi totale de l'espace aérien européen n'avait été prévue par personne. A tout un chacun de se débrouiller.

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