TOUT EST DIT

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mercredi 23 octobre 2013

Pourquoi la France va droit dans le «mur» de la dette...

En 2013, la France va atteindre une dette publique record à 95% de sa richesse nationale, soit environ 2'000 milliards d'euros. Le pays confirme ainsi année après année son incapacité à juguler sa fuite en avant budgétaire. Derrière cette somme abstraite il y a des réalités pratiques que les dirigeants politiques feignent d'ignorer.

En effet, si le pays donne encore l'impression de maîtriser son destin c'est avant tout grâce à des conditions exceptionnelles et indépendantes de la France. Ces conditions ne dureront pas éternellement et si rien n'est fait pour remédier à ce phénomène c'est la souveraineté même de la France qui pourrait être remise en question. 

Des implications pratiques

Le montant de la dette publique française renvoie à une réalité implacable. En effet, un taux d'endettement à 95% du PIB, soit 2'000 milliards d'euros, implique que la France doit trouver quotidiennement 800 millions d'euros par jour à emprunter pour répondre aux impératifs de financement (salaire des fonctionnaires, allocations chômage, pensions de retraites...). Sur ces 800 millions d'euros, 200 millions proviennent de prêteurs français mais les 600 millions restants proviennent de prêteurs étrangers. Dès lors, la dépendance de la France aux marchés financiers est évidente car sans le soutien de ces derniers le pays ne pourrait pas faire face à ses engagements financiers et elle ne pourrait pas continuer à vivre au-dessus de ses moyens comme elle le fait depuis maintenant environ 35 ans.
La réalité des enjeux financiers quotidiens est incontournable. De façon très pratique, si la France n'arrive pas un jour à trouver les 800 millions d'euros dont elle a quotidiennement besoin, cela implique le fait que le lendemain son besoin sera de 1'600 millions d'euros (800 millions d'euros multiplié par deux) et ainsi de suite. Un des problèmes de ce phénomène est que plus le montant à trouver est élevé, plus il devient cher de se financer. Dès lors, la somme que la France devra rembourser suite à cet emprunt sera plus élevée car le taux d'intérêt demandé sera lui aussi plus élevé, soutenant ainsi un phénomène de cercle vicieux.
La charge du remboursement de la dette pèse sur les finances publiques. En effet, la France emprunte en moyenne à 2,3% sur l'année 2013. Autrement dit, la France affecte 2,3% de son PIB (richesse nationale produite) aux frais financiers. Or, avec une croissance économique nominale (prise en compte de l'inflation) proche de 1% en 2013, le différentiel fait que le montant de la dette augmente mécaniquement. En d'autres termes, la dette publique ne peut qu'augmenter car la charge de la dette (2,3%) est plus élevée que le rythme d'accumulation des richesses (1%).

L'importance majeure du niveau du taux d'emprunt de la France

Le taux d'emprunt de la France renvoie à deux notions :
  • Tout d'abord, les OAT à 10 ans (Obligations Assimilables au Trésor) renvoient au taux de référence en ce qui concerne les emprunts d'Etat de la France. Le pays peut s'endetter à plus ou moins longues échéances, mais c'est le taux à 10 ans qui sert généralement de référentiel car la majeure partie de la dette est émise à cette échéance temporelle.
  • Ensuite, l'Agence France Trésor (AFT) est l'organisme public chargé de gérer les émissions de dette de la France au mieux des intérêts du pays. Elle le fait d'ailleurs remarquablement bien et les personnes en charge de cette mission sont unanimement reconnues pour leur compétence et leur habileté à placer la dette française auprès des investisseurs français et internationaux.
Le taux d'emprunt de la France est la clef de voute de l'édifice financier français. En effet, bien que ce taux soit rarement mis en avant, il constitue pourtant, avec celui de la croissance économique, l'indicateur clef à partir duquel il convient d'analyser la viabilité du budget de la France et la soutenabilité de sa dette. Si le taux est faible, alors les intérêts que la France devra à ses créditeurs seront faibles. Inversement, si le taux est élevé, alors les intérêts dont la France devra s'acquitter seront élevés.
Les projections de taux d'emprunts prennent une importance capitale. En effet, le seul remboursement de la dette (appelée "service de la dette"), autrement dit le remboursement du capital emprunté plus le paiement des intérêts, représente à lui seul le premier poste du budget de l'Etat (hors dépenses de sécurité sociale), devant l'éducation nationale, les retraites et la défense nationale, qui sont les trois postes de dépenses les plus coûteux après les engagements financiers de l'Etat. Dans ce cadre, une hausse des taux viendrait compromettre l'équilibre financier de la France. En effet, une hausse de seulement 100 points de base (pbs), autrement dit une hausse de seulement +1% du taux d'emprunt de la France, se traduirait immédiatement par la nécessité de trouver au minimum 5 milliards d'euros supplémentaires rien qu'au titre des intérêts. Depuis le mois de mai, cette dynamique est déjà entamée avec une hausse de 70 pbs (+0,7%).

Situation exceptionnellement favorable mais intenable

La France bénéficie de conditions de financements très favorables. En effet, alors que le taux d'emprunt de la France sur le long terme se situe aux alentours de 5%, la France emprunte en moyenne sur l'année 2013 à 2,3%, alors même que les projections initiales pour l'année 2013 étaient plus pessimistes et s'élevaient à 2,9%. Grâce à cette "performance" meilleure que prévue, la France a engagé des frais financiers moindres qu'initialement anticipés. Toutefois, ce résultat exceptionnel ne reflète pas une situation favorable de l'économie française, mais il renvoie à un contexte international particulièrement favorable.
Le gouvernement français se félicite des conditions favorables de financement du pays. Il lie le fait que les taux actuels sont historiquement bas à ses décisions de politique économique alors même qu'avant son arrivée au pouvoir il accusait les marchés financiers d'être en partie à l'origine des problèmes de la France. Si ces déclarations sont le lot habituel du jeu politique il n'en demeure pas moins que la réalité économique est différente.
Les conditions favorables de financement sont largement indépendantes de la France. En effet, au regard des fondamentaux économiques français et des politiques mises en œuvre, le taux normal de financement devrait être de l'ordre de 4%, et pas de 2,3% comme c'est le cas actuellement. Les raison qui expliquent de tels niveaux sont le résultat d'une combinaison d'évènements favorables à la France :
  • La politique monétaire menée par les grandes banques centrales (FED aux Etats-UnisBoJ au Japon et BCE en Europe) ont conduit à injecter d'énormes quantités de liquidités dans le système financier. Dès lors, il fallait un réceptacle à toutes ces liquidités pour qu'elles puissent se placer.
  • Dans le même temps, en Zone Euro, et à l'exception de l'Allemagne, les deux seules autres grandes dettes ayant la capacité d'absorber ces quantités de liquidités étaient les dettes espagnoles et italiennes. Or, il se trouve que les craintes concernant la capacité de ces pays à honorer leurs engagements financiers limitaient l'appétence des investisseurs internationaux.
  • Dès lors, dans ces conditions particulières, la dette française a pu se révélé intéressante. En effet, la dette française présente plusieurs caractéristiques spécifiques : (1) elle est "liquide", c'est-à-dire qu'elle s'échange très facilement, (2) la France à une capacité avérée à lever l'impôt si nécessaire pour honorer sa dette, (3) sauf à revenir très loin dans l'histoire (révolution française) les prêts ont toujours été remboursés, (5) l'épargne des français est très élevée et l'Etat pourrait le cas échéant être tenté de "piocher" dedans, et enfin (5) les besoins de financement de la France sont tels qu'elle a la capacité d'absorber de grandes quantités de capitaux qui cherchent à se placer dans un pays relativement peu risqué au regard des autres pays présentant des caractéristiques similaires.
Les conditions de financement sont appelées à se dégrader. En effet, le choix des marchés de placer leurs capitaux en France plutôt que dans d'autres pays s'apparente plus à un pis-aller qu'à un choix par conviction. La dette française se distingue des autres uniquement grâce à des conditions bien particulières et pas du fait de performances économiques exceptionnelles. De plus, le fait que le taux soit historiquement bas induit nécessairement qu'il ne peut qu'augmenter. D'ailleurs, les récentes prévisions de taux d'intérêt pour 2014 de l'Agence France Trésor indiquent un taux moyen de 3,3% en 2014 contre 2,3% en moyenne pour 2013. A ce titre, il convient d'indiquer qu'avec la fin programmée des politiques monétaires accommodantes et la reprise économique qui se dessine progressivement en zone euro, d'une part, les liquidités qui chercheront à se placer seront moindres et seront plus regardantes et, d'autre part, la meilleure "santé" relative des pays du Sud de l'Europe fera que la dette émanant de ces pays sera plus attractif pour les investisseurs.
La dégradation des conditions de marché sera d'autant plus forte que la France n'a pas réalisé les réformes nécessaires. En effet, les seules réformes qualifiables de structurelles qui sont potentiellement susceptibles d'améliorer la croissance française, et donc qui réduirait mécaniquement le poids de la dette, sont l'ANI et le CICE. La première porte sur la flexibilisation du marché du travail et la seconde sur une aide fiscale aux entreprises. Or, il se trouve que ces deux mesures sont encore trop timorées et qu'elles multiplient les incohérences et les effets pervers. Parallèlement, la "réforme" des retraites est pour le moins incapable de faire face aux enjeux réels sous-tendus par le problème du déficit de la branche vieillesse de la sécurité sociale, et rien n'a été entrepris dans les champs pourtant fondamentaux de la fiscalité, de l'organisation de l'Etat, du "millefeuille" administratif, des dépenses sociales et celles des collectivités locales.
Dans ce cadre, la crédibilité de la France à tenir ses engagements budgétaires et ses objectifs de croissance semble fortement hypothéquée à court, moyen et long terme :
  • Les investisseurs étrangers pourront ainsi avoir l'impression que la France est dans l'incapacité de maîtriser sa dette, ce qui les amènera à s'en détourner.
  • Pour se financer, la France devra alors accepter des taux d'intérêts plus élevés qui viendront encore diminuer la soutenabilité de sa dette jusqu'à ce qu'un jour celle-ci soit réellement impossible à financer et que le pays soit obligé de renoncer à des dépenses de manière brutale.

Rapports compliqués de la France avec la dette

La France s'est longtemps accommodée d'une dette élevée. En effet, pour se délester du problème de la dette, largement engendrée par des dépenses publiques excessives, la tentation historique naturelle de la France a toujours été de créer de l'inflation qui diminue mécaniquement et artificiellement le montant de la dette. Or, depuis la création de l'euro et de la Banque Centrale Européenne, la France n'a plus la possibilité de créer de l'inflation unilatéralement par la création monétaire (monétisation de la dette en faisant "marcher la planche à billet").
Les seules solutions pour diminuer la dette sont la hausse des recettes ou la baisse des dépenses. Augmenter les recettes renvoie indifféremment à la hausse de la croissance économique (qui accroît mécaniquement les rentrées fiscales liées à la hausse de l'activité) et à la hausse de la fiscalité en générale. Du côté des dépenses, il existe trois types de dépenses qu'il est possible de diminuer : les dépenses d'Etat (ministères, nombre et salaire des fonctionnaires..), les dépenses sociales (chômage, maladie...) et les dépenses des collectivités locales (conseils généraux, collectivités de communes...).
Au-delà des aspects fiscaux et de croissance, il convient de s'interroger sur les dépenses publiques. Les dépenses dans l'enseignement sont un exemple patent d'inefficacité de la dépense publique. En effet, alors que les dépenses d'enseignement représentent un poste majeur de la dépense publique en France et qu'il augmente continuellement, la France connaît néanmoins une situation de chômage de masse depuis plusieurs décennies (environ 5 millions de français actifs qui sont actuellement au chômage), et les résultats des écoliers français dans les classements internationaux ne cessent de diminuer malgré des dépenses par élèves parmi les plus élevées du monde. Dès lors, ce simple constat pose la question de l'efficacité des dépenses du secteur public.
L'ensemble des dépenses publiques sont concernées par ce phénomène. En effet, au-delà des dépenses publiques liées à l'éducation, ce sont plusieurs autres secteurs publics qui sont concernés par des dépenses en constante augmentation et parmi les plus élevées du monde, mais avec des résultats décevant au regard des sommes engagées.
La dette publique ne correspond pas à des investissements productifs mais essentiellement à des dépenses sociales utiles mais improductives. En effet, sur ces dépenses sociales, 1/3 renvoient à des dépenses liée à la maladie et 1/3 au financement des retraites. Dans ce cadre, et malgré l'utilité évidente de ces dépenses dans l'absolu, la dette sert avant tout à payer les dépenses courantes mais pas à investir dans la croissance. La dette contractée dans cette optique n'est absolument pas créatrice de richesses, mais entraîne des destructions de richesses. En effet, au lieu d'être employée à financer des projets créateurs de croissance future (qui pourrait alors justifier l'endettement) et qui pourraient ainsi financer ces dépenses sociales grâce à la création de richesses, le creusement de la dette actuelle renvoie en réalité au souci de garantir un niveau de vie supérieur aux moyens réel du pays. De plus, la garantie de ce niveau de vie se réalise au prix d'un financement qui pèse sur les générations futures qui n'auront pas les moyens d'y faire face.
Pour aller plus loin
Sylvain Fontan, “La "réforme" des retraites en France : arbitrage politique et non économique”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 03/10/2013.
Sylvain Fontan, “De la croissance à l'emploi en France”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 01/10/2013.
Sylvain Fontan, “La réalité économique du budget 2014 de la France”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 10/10/2013.
Sylvain Fontan, “La relative amélioration de la situation économique en zone euro”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 15/10/2013.
Sylvain Fontan, “Reprise en France : entre déclarations politiques et réalités économiques”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 03/09/2013.
Sylvain Fontan, “Sortie du QE : vers une évolution de la politique monétaire aux Etats-Unis”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 07/08/2013.
Sylvain Fontan, “Abenomics : les trois flèches de la stratégie économique du Japon”, décryptage publié sur «leconomiste.eu» le 18/06/2013.
Citation
Sylvain Fontan, “L'inertie de la France face au "mur" de la dette qui s'approche”, décryptage publié sur «leconomiste.eu»

Une France au bord de l'exaspération

Quoi de plus imprévisible et redoutable qu'une foule "exaspérée" ? Or c'est bien l'état dans lequel se trouvent les Français selon une note confidentielle.


Tranquillement installée devant mon petit écran, je sens depuis quelque temps monter d'un cran une certaine agressivité sur les plateaux télé. Chez Field, Calvi, Ferrari ou Elkrief on entend de moins en moins les arguments des intervenants couverts par le brouhaha, l'invective et parfois même les insultes. Seuls les discours bien "populistes" des "représentants de la société civile" parvenaient encore à déclencher les applaudissements d'un public livré aux "chauffeurs de salle". En toute candeur, j'ai déduit de ces manifestations de mauvaise humeur que la France est peut-être parcourue par des vents tourbillonnants de colère et peut-être même de révolte, soufflant en tout sens de façon sporadique et désordonnée comme une manif de lycéens improvisée surFacebook. J'y ai vu une sorte de ras-le-bol-tous-azimuts contre l'insécurité, la pauvreté, la précarité, le choc fiscal, l'immigration clandestine, les fermetures d'entreprise, l'impuissance de l'État, le chômage, la cacophonie gouvernementale, une Europe qui se retourne contre les intérêts des Français, l'impression que tout le monde s'en sort sauf nous, le sentiment qu'il n'y a plus de pilote dans l'avion, des partis politiques dépassés par les événements, un Front national en pleine forme...
Samedi, je postais donc sagement mon petit billet en ce sens, pas vraiment convaincue de l'imminence d'un chambardement majeur, lorsque, hier, dimanche 20 octobre, je découvrais, sur le même site du Point.fr un papier, beaucoup plus sérieux que le mien, intituléColère des Français : attention danger ! Il reprenait les conclusions d'un rapport confidentiel des préfets alertant le gouvernement devant l'exaspération grandissante des Français (impôts, délinquance, sentiment d'abandon...). Faut-il craindre le pire dans les mois à venir, s'interrogent les hauts fonctionnaires. Leur expérience du "terrain" les protège des conclusions hâtives. 
Quelle n'est pas ma surprise lorsque je découvre que le mot-clef qui ressort de cette note confidentielle du ministère de l'Intérieur est celui d'"exaspération". Mazette ! Cette notion, qui relève habituellement de la psychologie individuelle, peut devenir inquiétante lorsqu'on l'applique à des impulsions collectives. Quoi de plus imprévisible et redoutable qu'une foule "exaspérée", prête à tous les lynchages ? Ainsi, est-il précisé, les élus "considèrent que les limites du consentement à l'impôt sont atteintes" que "le matraquage fiscal" est un véritable "choc psychologique" pour "les foyers jusque-là non imposables". Les préfets vont jusqu'à évoquer une menace de "désobéissance fiscale" ! Rien que ça ! 
Mais ce n'est pas tout. Pour la sécurité, c'est un peu du même tonneau : les préfets pensent "que la population est désormais prête (doux euphémisme) à s'impliquer davantage dans la lutte contre la délinquance à travers des opérations comme Voisins-vigilants ou Alertes-commerce !" Charmant ! Parlons-nous toujours de la France ou du Far West ? Heureusement, l'"exaspération" reste dans le périmètre de ce que les psys considèrent comme des "états d'âme" protégés par une belle couche d'inconscient salvateur qui, tel un édredon, amortit tous les chocs. Il suffit, pour se rassurer, de repenser au journal de Louis XVI écrivant à la date du 14 juillet 1789 : "Aujourd'hui. Rien", ou, encore plus freudien, de relire l'article, d'un onirisme prémonitoire, de Pierre Vianson-Ponté daté du 15 mars 1968, sur la France qui s'ennuie. On ne sait pas du tout ce qui nous attend, mais, pour le moment, en France, ce n'est pas l'ennui qui nous "exaspère" le plus.

Le pouvoir actuel est-il légitime ? Sinon, qu’il s’en aille !

La France ne se gère pas comme le parti socialiste. On n’ose même plus dire « dirige » ou « gouverne », tant les demi-mesures et les non-choix relèvent d’un amateurisme qui fait honte à notre pays et à son État. Qu’on aime ou non le Général, lorsqu’il a écrit que « la France ne peut être la France sans la grandeur », il a rappelé un idéal qui est au cœur de notre identité, qui anime tous les Français qui portent l’espérance et l’avenir de notre pays. Or, jamais sans doute ne s’est retrouvé au sommet de l’État quelqu’un qui soit à ce point éloigné de cette idée et manifestement incapable d’en ressentir la nécessité. L’entremetteur des courants, le fabricant de petites blagues faisait illusion dans les rédactions. Comme les chats gris la nuit, la médiocrité ne se voit plus tant elle fait partie du paysage. On a de la peine à imaginer que celui qui représente notre pays aux yeux du monde puisse parfois s’interroger sur sa responsabilité de successeur de tant d’hommes exceptionnels qui ont conduit la France . Certes, c’est plus facile lorsqu’on fait commencer la France en 1789… Mais, ne trichons pas, la France c’est le Philippe-Auguste de Bouvines, le Saint-Louis de la Renaissance capétienne, le Louis XIV du triomphe de l’âge classique et de Denain. C’est aussi une série d’hommes d’État qui n’ont pas été les chefs de cet État mais ont incarné admirablement le service du pays, de Richelieu à Clémenceau en passant par Colbert, et aussi par ceux dont les idées n’ont malheureusement pas su s’imposer à la désastreuse lecture idéologique de notre histoire, comme Turgot ou Guizot. La comparaison avec l’occupant provisoire de l’Élysée fait naître la curieuse impression d’un siège vide, d’une « absurde anomalie », comme écrivait encore de Gaulle.
Lorsque Bertrand de Jouvenel s’interroge sur les raisons de l’obéissance au pouvoir, il en évoque plusieurs. La plus importante qui conditionne toutes les autres est le sentiment de la participation, plus efficace que la crainte, l’idée que nous sommes dans le même bateau et que nous participons à l’effort commun parce que nous le voulons. C’est pourquoi le but que poursuivent le pouvoir et celui qui le détient est une seconde raison de lui obéir. Or, personne ne peut actuellement préciser l’objectif du Chef de l’Etat, qui n’est pas formulé clairement par l’intéressé lui-même, mais est contesté dans son gouvernement, sa majorité législative et son parti lui-même. L’idée d’inverser la courbe du chômage à coups d’emplois artificiels financés par des déficits qu’on prétend par ailleurs réduire est un minimum insuffisant, lorsque sur des questions comme l’économie, la fiscalité, l’environnement, la sécurité et l’immigration, on entend tout et son contraire. Jouvenel se réfère aussi à la « majestas », ce prestige dont le Général considérait qu’il était inséparable de l’autorité et n’allait pas sans une certaine distance. Ces derniers jours, le roi est tombé de son trône, car il s’est mêlé d’une affaire qui n’était pas de son niveau et s’est fait donner la leçon par une gamine mal élevée. Qui plus est, il a montré qu’il était incapable de faire des choix clairs. Bref, il a involontairement révélé  qu’il n’avait rien compris à la charge qui est la sienne et n’en situait pas la hauteur. Il a abaissé la fonction présidentielle en avouant du même coup qu’il ne possédait pas les qualités requises pour l’exercer.
Dans la situation diminuée de la souveraineté à l’heure présente, le Président de la République sait que la politique étrangère est la partie la plus résistante de la peau de chagrin. Suivre aveuglément les États-Unis dans le monde et se soumettre à la suprématie allemande en Europe ne sont pas les meilleurs moyens pour la sauvegarder. Aucun de ses prédécesseurs n’a été aussi inexistant sur ce terrain, à l’exception d’une intervention au Mali qui n’était, certes pas, prévue au programme. À l’intérieur, le paradoxe est éclatant : n’osant rompre avec aucun des pouvoirs, des syndicats, des groupes de pression qui sclérosent la démocratie française, le Président a remis en cause une donnée anthropologique fondamentale pour « faire mode » et satisfaire un lobby tout-puissant. Casser un peu plus une institution fondamentale comme la famille pour faire plaisir à une minorité remuante est une curieuse conception du pouvoir et de ses devoirs. Il ne s’agit pas d’un accident, mais d’une ligne : c’est aussi pour caresser dans le sens du poil les lycéens mobilisés par la courroie de transmission du PS auprès d’eux que le Président a commis la double faute de proposer une solution illégale à une personne qu’il devait ignorer.
Il ne reste donc qu’une seule cause au pouvoir du Président : son origine. Il a été élu. Est-ce suffisant ? J’observe que le député M. Boutih disait récemment qu’il ne reconnaîtrait en aucun cas la victoire démocratique du Front national. Cette étrange conception de la République doit nous interpeller. Si les partisans du Chef de l’État refusent de reconnaître la légitimité qui suit immédiatement une élection, pourquoi ne pas défendre l’idée qu’un pouvoir qui reçoit aujourd’hui le soutien de moins d’un Français sur quatre, et voit monter la marée déferlante des mécontentements, doit se poser la question de sa légitimité non plus légale, mais réelle et interroger celui qui est le vrai Souverain : le Peuple. C’est ce qu’a fait le Général de Gaulle, parfois à son détriment, mais lui savait ce qu’était le Pouvoir, l’Autorité et la véritable légitimité.

Verts daltoniens

Verts daltoniens


François Hollande n’en a pas fini avec l’affaire Leonarda ! Alors que son Premier ministre a tenté de remettre de l’ordre au sein du PS, avec une célérité qui aurait rempli d’envie le carabinier le plus lent, ce sont les Verts qui viennent semer un peu plus le trouble au sein de la majorité.
Les écologistes, adeptes des méthodes douces dans le domaine agricole, sont plus radicaux quand il s’agit d’imposer à la société française leur point de vue en matière d’immigration clandestine. Jean-Vincent Placé a carrément appelé les lycéens à se mobiliser dès la rentrée pour obtenir le retour en France de la famille expulsée. Étrange attitude que celle d’un élu de la République qui vole au secours de gens qui n’ont pas franchement montré leur envie de s’intégrer.
À moins, évidemment, que le sénateur Placé ne rêve d’autre chose. Dans la même interview, il a émis un diagnostic sans appel : « On est arrivé quelque part à la fin de la Ve République ». Les Verts rêveraient-ils d’euthanasier la malheureuse Marianne en se lançant dans un Mai 2014 ? Quelle que soit la raison profonde de cet appel aux jeunes, le leader écologiste prend un sacré risque. On ne lance pas inopinément des adolescents dans la rue. Les dérapages sont toujours possibles et jouer la rue contre l’État demeure un exercice périlleux. À moins évidemment que l’on ne souhaite la mort de cet État pour imposer un régime merveilleux, où les moutons bêleront l’Internationale et le coq gaulois sera garanti bio.
Jean-Vincent Placé serait certainement plus à l’aise avec l’extrême gauche qu’avec le PS. Si une telle alliance existait, ce jeune homme ne serait pas confortablement installé au Sénat. À moins que, face à un avenir électoral incertain, certains écologistes ne jouent la carte du pire. Les Verts devenus rouges, c’est bien plus qu’un cauchemar de daltonien, c’est la garantie que derrière la pacifique carotte certains préféreraient brandir un bâton bien solide.
Le printemps 2014 s’annonce décidément de plus en plus menaçant. Cela n’a, hélas, rien d’étonnant. Les périodes de crise voient proliférer les extrêmes qui misent sur le désespoir pour s’imposer. La recette n’est hélas que trop connue.

Hollande nous l'a mis profond sur les retraites.

Hollande nous l'a mis profond sur les retraites.


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mardi 22 octobre 2013

Les délires de Christiane Taubira…


On croyait vraiment en avoir fini avec les décisions présidentielles incohérentes, dangereuses et démagogiques. Je crains que François Hollande, dont on espérait qu’il nous ferait au moins échapper à cela, vienne de perdre, avec son absurde synthèse sur la famille Dibrani et Leonarda, ses derniers soutiens de la droite non sarkozyste et centristes.
Heureusement qu’il y a toujours un imbécile, quelque part, au sein de l’opposition pour distraire de l’essentiel et concentrer l’indignation sur soi !
Anne-Sophie Leclere, tête de liste FN aux municipales à Rethel dans les Ardennes, a posté sur son mur Facebook une caricature comparant Christiane Taubira à un singe.
Cet odieux outrage animalier prétendait lui dénier sa légitimité et sa qualité de ministre de la Justice.
Cette offense d’une infinie vulgarité détournait précisément le débat de ce constat fondamental : malheureusement Christiane Taubira est garde des Sceaux, soutenue par un Président et un Premier ministre malgré le rejet de son projet par les Français – un projet à la fois nuisible et redondant par rapport au sursis probatoire.
Anne-Sophie Leclere a été immédiatement suspendue par le FN. Il y a des partis qui ont laissé émerger en leur sein des propos choquants sans prendre des décisions aussi rigoureuses.
Le Premier ministre a apporté son soutien à sa ministre qui elle-même a réagi d’une manière en même temps inadaptée et délirante.
Dénonçant « la pensée mortifère et meurtrière du FN », elle n’a rien trouvé de mieux que de parler « d’un contenu, les Noirs dans les branches des arbres, les Arabes à la mer, les homosexuels à la Seine, les juifs au four et ainsi de suite ».
Le FN va engager évidemment une procédure judiciaire contre elle à cause de l’énormité et de la surenchère haineuse de cette charge contredisant le souci d’un pouvoir moins éructant, plus lucide face au danger politique à venir pour les municipales et les européennes.
Comment Christiane Taubira, provoquée si stupidement et sur un mode aussi indécent, a-t-elle pu répondre sur un tel registre que le bon sens, la mesure et l’intelligence avaient abandonné ?
Puisqu’elle était niée en tant que ministre, elle aurait mieux fait, au lieu de se laisser aller à sa volupté de l’extrémisme verbal, de tenter de justifier sa politique et de sortir par le haut de cette ignominie imbécile.
Elle a dû percevoir qu’il était plus facile et plus confortable, pour elle, de délirer que de convaincre.
Paru sous le titre « L’imbécile du FN, le délire de la ministre ! »

Espionnage : Obama parle à Hollande


Lors d'une conversation téléphonique entre Barack Obama et François Hollande dans le cadre de l'affaire d'espionnage par la NSA, Hollande a exprimé sa "profonde réprobation". Le président américain a assuré que les pratiques de la NSA étaient passées en revue.

Le président américain Barack Obama s'est entretenu lundi 21 octobre au téléphone avec son homologue François Hollande, en pleine controverse née de révélations sur les activités d'espionnage des Etats-Unis en France, dont certaines ont été "déformées" selon la Maison Blanche.

Certaines activités "déformées"

 Lors de cet appel, Obama et Hollande "ont parlé des récentes révélations dans la presse, dont certaines ont déformé nos activités et d'autres soulèvent des questions légitimes pour nos amis et alliés sur la façon dont ces capacités (de surveillance) sont employées", a précisé la présidence américaine dans un communiqué.

"Le président (Obama) a dit clairement que les Etats-Unis avaient commencé à passer en revue la façon dont nous récupérons des données du renseignement, pour que nous puissions parvenir à un équilibre entre les préoccupations de sécurité légitimes de nos concitoyens et alliés, et la protection de la vie privée qui inquiète tout le monde", selon la même source.

"Les deux présidents sont d'accord sur le fait que nous devrions continuer à discuter de ces questions via les canaux diplomatiques à l'avenir", a ajouté la présidence américaine, en affirmant que "les Etats-Unis et la France sont des alliés et des amis, et entretiennent une relation de travail étroite sur de nombreuses questions, dont la sécurité et le renseignement".

François Hollande a exprimé à Barack Obama sa "profonde réprobation"

Plus tôt lundi, la Maison Blanche a minimisé cette nouvelle controverse  sur les opérations de renseignement américaines à l'étranger, assurant que Washington y récupérait des données de même nature que "tous les pays".

Selon le journal français Le Monde, l'agence de sécurité nationale américaine (NSA) a effectué 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques de Français entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013. Le site internet du Monde cite des documents de l'ancien consultant de l'agence américaine Edward Snowden, à l'origine de révélations en juin.

Lors d'une conversation téléphonique, le président français "a demandé que toutes les explications soient fournies, ainsi que l'ensemble des informations dont pourrait disposer l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden", selon un communiqué de la présidence française. François Hollande "a fait part de sa profonde réprobation à l'égard de ces pratiques, inacceptables entre alliés et amis, car portant atteinte à la vie privée des citoyens français".

"Travailler ensemble pour établir les faits"

Obama et Hollande "sont convenus de travailler ensemble pour établir les faits et la portée exacte des activités de surveillance révélées par Le Monde", souligne le communiqué. "Ils ont souligné que les opérations de collecte de renseignement devaient être encadrées, notamment dans uncadre bilatéral, pour servir efficacement la seule lutte qui vaille, c'est-à-dire la lutte contre le terrorisme", a précisé la présidence française.

Dans la foulée, Paris a demandé à l'ambassadeur américain, convoqué au ministère des Affaires étrangères, de lui donner des assurances que l'interception de communications n'avaient "plus cours". Le sujet devait être évoqué mardi 22 octobre par le chef de la diplomatie Laurent Fabius avec son homologue américain John Kerry, lors d'un entretien prévu au Quai d'Orsay, avant une réunion des Amis de la Syrie à Londres.

John Kerry a confirmé lundi que le dossier serait abordé. "La France est l'un de nos plus vieux alliés dans le monde et j'ai une très étroite relation de travail avec Laurent Fabius", a indiqué Kerry lors d'une conférence de presse à Paris. "Nous aurons des discussions bilatérales, y compris avec nos partenaires français, pour régler ces questions", a ajouté le responsable américain.

    Désespoir

    Désespoir


    En 1968, les Français « s’ennuyaient ». En 2013, ils ont peur et la colère monte. Il est évidemment trop tôt pour imaginer une révolte printanière, mais cette angoisse est inquiétante. Impôts trop lourds, délinquance mal contenue et autres incertitudes, plus ou moins diffuses, pèsent sur le quotidien d’un pays en panne.
    Cette fois, le pouvoir ne pourra pas accuser les sondages anxiogènes. Ce sont les préfets qui tirent la sonnette d’alarme. Généralement prudents, ils ont dû réfléchir à deux fois avant de prévenir leur hiérarchie de la sinistrose ambiante. Message reçu cinq sur cinq, puisque les principaux dirigeants de la majorité en ont été destinataires. Il leur faut désormais digérer cette potion amère qui contredit la vision positive du président de la République.
    Les concitoyens de François Hollande ne partagent pas son optimisme économique. Leur feuille d’impôt est bien plus réelle que l’hypothétique inversion du chômage. Même si, ici ou là, quelques signes encourageants se font sentir, ils ne viennent pas soulager les petites ou grandes misères quotidiennes. Ces données sont bonnes pour les analystes et pour tous ceux qui ont perdu la confiance d’une majorité de Français. Ces derniers se sentent au mieux incompris, au pire délaissés.
    Cette sensation d’abandon va en s’accentuant. Non seulement, l’État ne peut protéger les salariés du chômage, mais il se montre tout aussi incapable de lutter contre les incivilités (terme qui permet de dissimuler une petite criminalité de plus en plus pesante). De ce point de vue, l’affaire Leonarda est catastrophique. François Hollande a donné l’impression que le cas d’une famille en situation irrégulière le préoccupait davantage que le sort des agriculteurs. Ce n’est évidemment pas le cas, mais, dans un tel climat, chaque faux pas élargit le fossé entre la « France profonde » et ceux qui sont en charge de son destin.
    Les autres relais institutionnels ne fonctionnent guère mieux. Les prochaines élections risquent d’être dévastatrices. Le vote protestataire ou l’abstention ne régleront rien. Une fois les élections passées, les Français risquent d’être encore plus seuls avec leur colère. C’est là que tout sera à craindre.

    Beaucoup de bruit

    Beaucoup de bruit
    La France ressemble, un peu, à la pyramide de Kheops. Elle demeure le témoin d’une formidable épopée, même si le sablier du temps l’a ensevelie. Ce déclin n’a rien de récent. Il date d’un siècle, quand l’Europe s’est lancée dans la boucherie de 14-18, suivie en à peine une génération d’un nouveau conflit.
    Aujourd’hui, les héritiers vivent sur les fruits de plus en plus chiches d’un héritage millénaire. Les centres de décision se sont déplacés de l’autre côté des océans et quelques colonies d’antan font figure de puissances de demain.
    Les instruments qui permettent encore au « coucou » tricolore de voler datent du gaullisme. Une place de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies et la possession de l’arme nucléaire permettent aux Français d’avoir voix au chapitre. On parle également de la francophonie. Là, on frise l’escroquerie : 77 États et gouvernements font partie du « club », dont le Qatar, la Moldavie ou l’Uruguay. Le français a de meilleurs défenseurs.
    En matière économique, les chiffres ne sont pas fameux. Pourtant, c’est là que se situe la vraie puissance aujourd’hui. Nos exportations souffrent, malgré le TGV ou Airbus (avion européen). Nos entreprises se battent le dos au mur et nos futures élites abandonnent le navire. C’est une dure réalité. La jeunesse a besoin de dynamisme, de succès et de rêve. La France ne fait plus rêver que ceux qui envient son système social ou, pour les moins infortunés, son climat ou le souvenir de sa splendeur.
    Les touristes nous placent régulièrement sur le podium mondial. Merci François Ier , Eiffel ou les moines du mont Saint-Michel. Disneyland est l’un des seuls attraits touristiques contemporains de notre pays. C’est tout dire.
    La présence de quelques prix Nobel, des chercheurs qui trouvent plus souvent qu’on ne le pense, offre des éléments d’espoir. Mais tout cela risque d’être insuffisant si un véritable élan n’est pas donné. On en est loin. Évidemment, si l’on se réfère aux seuls discours et autres messages assénés au monde, la voix de la France se fait entendre. Pardon de citer un Anglais, mais Shakespeare a résumé cela d’une formule : « Beaucoup de bruit pour rien. »

    Lâché par son actionnaire russe, Hédiard dépose le bilan


    L'épicerie fine fondée en 1854 place de la Madeleine, à Paris, avait été rachetée en octobre 2007 par l'oligarque russe Sergueï Pougatchev. Hédiard a perdu 8 millions d'euros sur son exercice clos fin mars, pour un chiffre d'affaires de 18,3 millions d'euros.
    Mauvaise passe pour l'un des fleurons de l'art de vivre à la française. L'épicerie fine fondée en 1854 place de la Madeleine, à Paris, par Ferdinand Hédiard s'est déclarée lundi en cessation de paiement, comme l'a révélé lefigaro.fr. Jeudi, une audience au tribunal de commerce de Paris devrait prononcer son placement en redressement judiciaire, assorti d'une poursuite de l'activité.
    Hédiard, qui compte neuf boutiques (cinq en propre à Paris, les autres en franchise à Singapour, Monaco, Moscou et Lisbonne) et vend ses produits dans 170 corners dans le monde, avait été racheté en octobre 2007 par l'oligarque russe Sergueï Pougatchev, alors proche de Poutine. Malgré la déroute de son empire (le tribunal arbitral de Moscou a prononcé la faillite de Mejprombank fin 2010), Pougatchev avait conservé Hédiard et en comblait les pertes abyssales. L'épicier de luxe a perdu 8 millions d'euros sur son exercice clos fin mars, pour un chiffre d'affaires de 18,3 millions d'euros.

    Éponger les pertes structurelles

    Le restaurant La Table d'Hédiard, au premier étage du magasin de la Madeleine, a fermé ses portes cet été, ramenant les effectifs de 190 à 160. Mais pour l'exercice en cours, la direction prévoit un chiffre d'affaires de 17,5 millions d'euros et 6 millions de pertes. C'était trop pour le propriétaire, qui a refusé récemment de signer un chèque de plus de 2 millions d'euros pour renflouer les caisses.
    Jean-Paul Barat, PDG d'Hédiard depuis octobre 2011, n'avait d'autre choix que de déposer le bilan. Sixième patron de l'ère Pougatchev, il n'aura pas eu le temps de «réveiller une belle endormie» et de «remettre Hédiard au top du luxe de l'épicerie fine».
    Néanmoins, l'enseigne mythique pourrait intéresser un repreneur. Un généreux mécène ou un groupe de luxe capable d'investir au minimum 10 millions d'euros pour transformer le vaisseau amiral de la place de la Madeleine et éponger les pertes structurelles le temps de trouver des franchisés décidés à dupliquer le modèle Hédiard partout dans le monde. Avec les royalties et les achats de produits effectués par ces partenaires, la société Hédiard pourrait redevenir rentable sous deux ans, promet un proche de la direction.

    Hollande : la honte

    Hollande : la honte


    La France est ridiculisée. En proie au chantage d’une famille de roms kosovare qui négocie par la menace avec le président de la République. La pire des solutions existait. C’est Hollande qui l’a trouvée. Il a été d’une pitoyable lâcheté politique. Ne voulant mécontenter personne, il a exaspéré tout le monde. Avec une décision totalement arbitraire, illégale, à la fois sentimentaliste et inhumaine, d’une cruauté toute socialiste.
    Aujourd’hui le couple Hollande n’a plus qu’une solution : qu’ils accueillent Leonarda chez eux pour le reste de sa scolarité. Et sa famille en séjour. On est en plein psychodrame de télé-réalité alors pourquoi pas ?
    Leonarda Dibrani, l’adolescente rom expulsée au Kosovo avec sa famille, a accueilli avec colère l’offre faite par François Hollande de la faire revenir « seule » en France pour poursuivre sa scolarité : « Je n’irai pas seule en France, je n’abandonnerai pas ma famille. »
    Evidemment ! Quant à son charmant papa, il a carrément menacé : « Si le retour n’est pas possible gentiment, alors il se fera de force, par tous les moyens. Le problème, c’est de rejoindre la Croatie et après, la voie est ouverte. Il faut aussi que je me procure 20 000 euros pour payer les passeurs. »
    Comment en est-on arrivé là ? A ce « naufrage », ce « fiasco », cette « séquence dévastatrice », cette « démonstration d’amateurisme » pour le président et sa majorité ainsi que l’écrivent de nombreux éditorialistes. Quel puissant message envoyé par notre chef de l’Etat à tous les Dibrani de la planète : si le cas Leonarda fait jurisprudence, un enfant clandestin scolarisé en France est donc intouchable. Ce qui ne risque pas du tout d’encourager l’immigration clandestine et de compliquer les expulsions…
    L’intervention télé de trop
    Hollande avait deux solutions. Rester ferme dans cette expulsion ou céder en rapatriant la famille. Le retour du père, compte tenu des éléments mis au jour par l’enquête, était exclu pour Valls, qui en aurait fait un casus belli. Vendredi soir, Matignon excluait pourtant l’idée choquante d’une séparation de Leonarda et de sa famille. La cacophonie bat son plein au plus haut sommet de l’Etat. Hollande, contre l’opinion française, n’a finalement pu se résoudre à mécontenter sa majorité de ministres et de parlementaires, Harlem désir en tête, ces grandes consciences morales, anti-racistes de gauche ainsi que la terrifiante poignée de lycéens dans les rues. Ni à contrarier sa si gracieuse compagne, qui – on ne se refait pas – s’était beaucoup avancée dans ce dossier.
    Resat, le père de Léonarda, était totalement indéfendable. Et en plus il passe en boucle à la télé, ce qui n’arrange rien. Un cas emblématique bon à mettre le FN à 45 % aux prochaines municipales. Le rapport accablant de l’inspection générale de l’administration est revenu avec précision sur les raisons qui ont poussé le préfet du Doubs à refuser la demande d’admission exceptionnelle au séjour de la famille Dibrani alors que dans le même temps deux autres familles sans-papier y ont eu droit.
    Les Dibrani sont un cadeau
    Resat Dibrani les a accumulés : refus de rencontrer l’interprète mis à sa disposition, mensonges en série pour expliquer son impossibilité à fournir une pièce d’identité. Il « n’a jamais donné suite aux propositions d’embauche qui lui étaient faites » et « n’a jamais caché attendre le versement des prestations familiales qui suivraient sa régularisation pour assurer un revenu à sa famille ». Il a insulté et menacé plusieurs fonctionnaires des services sociaux et l’ancien maire de sa commune. Dibrani a également « été placé en garde à vue pour un cambriolage par la communauté de brigade de Saint-Vit le 14 octobre 2010 » et « mis en cause comme auteur dans un vol commis dans une déchetterie. » La famille Dibrani a également laissé totalement se dégrader le logement qui leur avait été prêté et des travaux importants pour le remettre en état vont être nécessaires.
    Concernant Leonarda, si elle avait fait des progrès à l’école, elle a aussi beaucoup manqué les cours. Le rapport mentionne que depuis le début de cette année scolaire, elle a manqué 21 jours et demi et 66 jours en sixième (essayez d’en faire autant dans votre lycée si vous ne vous appelez pas Leonarda) et qu’elle découchait fréquemment de chez elle. Elle et sa sœur ont été prises en charge par les services sociaux après avoir subi des violences de leur père, elles se sont ensuite rétractées.
    Le maire de Fano, ville italienne où vivait auparavant la famille, a révélé que les services sociaux avaient menacé de retirer la garde des enfants au père (raison pour laquelle les Dibrani auraient quitté l’Italie) : « Les enfants ne fréquentaient que très peu l’école, même s’il les avait inscrits. Il les envoyait mendier. Ils vivaient dans la rue. »
    On apprend également dans le rapport de l’IGA que la famille a reçu à deux reprises une proposition financière de la part de l’Etat (d’abord 8 500 euros puis 10 000 euros) pour quitter le territoire national, ce qui méritera aussi pour le moins des explications…
    Dernier rebondissement en date du feuilleton, l’agression des Dibrani dans la rue dimanche à Mitrovica. Aussitôt les médias déballent les violons : ils sont dans un pays hostile et barbare, chez eux c’est la France ! Assez vite on apprenait que l’incident n’avait aucun rapport avec l’expulsion et qu’il s’agissait encore d’un problème propre à la famille Dibrani. L’agresseur serait en effet l’ex-compagnon de la mère de Leonarda. Un autre rom kosovar, un certain Bislimi, qui en voudrait violemment à Xhemaili Dibrani. Les pauvres Bislimi avaient été eux-mêmes rapatriés de Suisse il y a quatre mois. Et si on faisait revenir toute la tribu ? Ce serait sympa.

    France : le bateau ivre

    Marc Crapez

    En embuscade depuis l’élection de François Hollande, le lobby immigrationiste est passé à l’action.
    Lampedusa, « roms », « Leonarda », ces trois épisodes ont marqué l’essor, le déchaînement et le triomphe médiatique de la propagande « sans-papieriste » (selon la formule du politologue Pierre-André Taguieff). Elle ôte à l’opinion publique la possibilité de réfléchir.
    Dans le sillage de Manuel Valls, on envisage les « roms » sous l’angle de leur volonté d’intégration, sans même songer à inverser la perspective en s’interrogeant sur la capacité d’accueil de la France. La balle est dans le camp de l’immigré, et non plus du citoyen français. Ce dernier se trouve dépossédé de son droit de regard. On ne lui demande plus son avis.
    « Le sans-papier bafoue la loi, nargue la France et rembarre son président de la République »
    Avec l’épisode de mademoiselle Dibrani, le sans-papier bafoue la loi, nargue la France et rembarre son président de la République. Elle doit pouvoir regagner la France avec sa famille, prévient-elle. C’est comme ça et « point barre ! », ajoute-t-elle. Il faut vraiment être aussi idéologue que Cécile Duflot pour discerner chez cette adolescente un charmant « accent franc-comtois » ! Moralité : oignez vilain, il vous poindra.
    S’impose un vocabulaire euphémisant, emprunté à l’extrême-gauche, pour désigner les « migrants » de Lampedusa (au lieu des immigrés) ou les « roms » (au lieu des romanichels ou bohémiens). Et pour comble, ce vocabulaire n’est pas facultatif mais obligatoire car la liberté de parole se rétrécit, comme le montrent les poursuites judiciaires, ou menaces de poursuites, contre Guéant, Hortefeux, Zemmour, Copé, Valls…
    Se trouve méprisé le principe républicain selon lequel la loi est la même pour tous. Et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La majorité silencieuse passe sous les fourches caudines des lobbys sans-papieristes. La décision du peuple n’est plus souveraine. Car celui-ci a élu un socialiste en principe modéré. Et le compagnon de Valérie Trierweiler vient de trancher en faveur de sa gauche. En s’abaissant à intervenir sur un fait divers. En essayant d’apaiser le courroux d’une famille ayant toujours vécu de mensonges et d’aides sociales (selon le rapport de l’Inspection générale de l’administration).
    C’est la victoire médiatique d’une coalition regroupant associations, partis politiques d’extrême-gauche, ex-trotskistes écartés du gouvernement mais influents dans l’appareil du PS (Harlem Désir, David Assouline) et membres du gouvernement fortement influencés par la culture d’extrême-gauche (Filippetti, Montebourg, Peillon, Taubira). Cette gauche extrême forme une minorité de blocage qu’elle n’avait pas, sous le gouvernement Jospin, contre le ministre de l’Intérieur de l’époque Jean-Pierre Chevènement.
    « Revenons-en aux fondamentaux. Une entité politique doit garantir la concorde intérieure et la sûreté extérieure »
    Aux prochaines élections municipales, l’UMP pourrait s’engager à assécher les subventions publiques aux associations qui combattent la politique du ministère de l’Intérieur. Pour cesser d’alimenter ce que Maurice Druon avait appelé la « subversion subventionnée ». Il faut réguler les flux migratoires qui pèsent sur la collectivité nationale pour retrouver la maîtrise de son destin. L’actuelle Union européenne, qui prône un nouvel élargissement à l’Albanie et à la Macédoine, et vient de faire condamner la France pour l’expulsion d’un campement de gens du voyage, est un poids mort à réformer.
    Revenons-en aux fondamentaux. Une entité politique doit garantir la concorde intérieure et la sûreté extérieure. Un pays se doit de prospérer et de perdurer. Il doit être gouverné par un capitaine capable de tenir la barre. Ses habitants doivent avoir conscience d’où ils viennent et où ils peuvent aller. Ils doivent consentir à participer à l’effort national dans un cadre de prospérité adossé à un socle commun.

    Espionnage : Hollande fait part à Obama de sa "profonde réprobation"

    François Hollande a exprimé lundi à Barack Obama sa "profonde réprobation" concernant l'espionnage par la NSA de dizaines de millions de données téléphoniques de Français, des "pratiques inacceptables" entre alliés et amis. Lors d'une conversation téléphonique, le président français "a demandé que toutes les explications soient fournies", selon un communiqué de la présidence française qui précise que les deux hommes ont "souligné que les opérations de collecte de renseignement devaient être encadrées, notamment dans un cadre bilatéral".
    Un peu plus tôt, la Maison Blanche avait fait savoir que le président américain s'était entretenu lundi au téléphone avec son homologue français. Lors de cet appel, Obama et Hollande "ont parlé des récentes révélations dans la presse, dont certaines ont déformé nos activités et d'autres soulèvent des questions légitimes pour nos amis et alliés sur la façon dont ces capacités (de surveillance) sont employées", avait précisé la présidence américaine dans un communiqué.


    "Le président (Obama) a dit clairement que les Etats-Unis avaient commencé à passer en revue la façon dont nous récupérons des données du renseignement, pour que nous puissions parvenir à un équilibre entre les préoccupations de sécurité légitimes de nos concitoyens et alliés, et la protection de la vie privée qui inquiète tout le monde", selon la même source.

    "Les deux présidents sont d'accord sur le fait que nous devrions continuer à discuter de ces questions via les canaux diplomatiques à l'avenir", a ajouté la présidence américaine, en affirmant que "les Etats-Unis et la France sont des alliés et des amis, et entretiennent une relation de travail étroite sur de nombreuses questions, dont la sécurité et le renseignement".

    Dans la journée de lundi, la Maison Blanche avait minimisé cette nouvelle controverse sur les opérations de renseignement américaines à l'étranger, assurant que Washington y récupérait des données de même nature que "tous les pays".