TOUT EST DIT

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mardi 4 décembre 2012

La SNCF durcit le ton contre les incivilités

Quarante-cinq euros pour avoir laissé traîner ses pieds sur la banquette ! Confrontée à une hausse des comportements irrespectueux, la SNCF muscle son arsenal de sanctions.
Parce que « les bornes sont dépassées », Guillaume Pepy, le de la , a lancé hier un vaste dispositif de lutte contre les incivilités. Un plan — dont le coût reste secret — en trois temps qu’il résume ainsi : « prévention, action, répression ».
Le non-respect des règles, des voyageurs, des personnels et du matériel connaît en effet une explosion qui a contraint la compagnie à prendre le problème à bras-le-corps : « + 25 % » pour l’année 2012, avoue la SNCF sans plus de détails. Du crachat aux injures à l’encontre des contrôleurs, en passant par les chaussures sur les sièges, les signaux d’alarme tirés sans raison, les portes de train bloquées pour empêcher le démarrage… les quatre millions de voyageurs transportés chaque jour voient souvent leur quotidien empoisonné sur les lignes. Quant aux salariés de l’entreprise, ils multiplient les arrêts maladie quand ils ne s’effondrent pas en pleurs devant leur DRH, assure la direction de la société.

Créer un « choc de citoyenneté »
Pour enrayer ce phénomène, la SNCF dépense chaque année « 35 M€, rapporte Céline Debove-Postel, directrice déléguée à la des incivilités. Le seul nettoyage des tags sur les trains représente 4 M€ par an. »
Il fallait donc agir. Le « travail de longue haleine » engagé il y a un an sur ce thème, s’est déjà soldé par une aggravation des sanctions encourues. Bientôt, un nouvel arsenal va donc être déployé. Deux mille sept cents cheminots seront spécialement dédiés à verbaliser les comportements abusifs. Le dispositif prévoit un surplus de personnel dans les rames, « notamment en Ile-de-France, Paca, Rhône-Alpes et Pas-de-Calais », confie le président. La SNCF admet par ailleurs qu’elle doit aussi balayer devant sa porte pour ne pas susciter les incivilités : « Apporter aux voyageurs une information claire sur leur implication dans les retards permet aussi d’éviter les désagréments », souligne ainsi Fabrice Michel, porte-parole de la Fédération des usagers des transports. Reste à savoir si le dispositif dévoilé hier sera suffisant pour renverser la vapeur. « Ne rien faire serait pire », insiste-t-on à la SNCF, qui espère créer un vrai « choc de citoyenneté ».

LE MOT CITOYEN ME GÈNE, IL EST À TOUTES LES SAUCES, SOJA, ARABE, AFRICAINE, ET J'EN PASSE, IL FAUT AUTRE CHOSE: 
SIMPLEMENT LE DROIT DE POUVOIR
 CASSER LA GUEULE AU CONTRVENANT.

Copé veut rester à la tête de l'UMP jusqu'en 2014

La crise de l'UMP a rebondi dimanche avec de nouvelles propositions de Jean-François Copé et de François Fillon, encore trop éloignées pour mettre fin à une guerre fratricide allumée par l'élection du premier à la présidence du mouvement.
L'ex-secrétaire général de l'UMP, qui se juge légitimement élu pour trois ans, propose de remettre son mandat en jeu après les élections municipales de 2014.
L'ancien Premier ministre, qui conteste un vote selon lui entaché d'irrégularités, juge cette échéance trop lointaine.
Selon son entourage, il est cependant prêt, comme l'y a invité Jean-François Copé, à rencontrer celui-ci lundi, à la veille d'une échéance décisive pour l'avenir du parti.
Copé ce sombre arriviste
Le groupe UMP à l'Assemblée nationale, qui se réunit mardi comme toutes les semaines, pourrait bien avoir à constater sa scission si les deux rivaux et leurs partisans ne trouvent pas un terrain d'entente d'ici là.
François Fillon a en effet annoncé la semaine passée la création d'un nouveau groupe parlementaire si un nouveau vote des militants n'était pas organisé dans les trois mois.
Or, Jean-François Copé a rejeté dimanche ce calendrier : "Relancer une élection interne avant les élections municipales serait une folie", a-t-il lancé lors d'une réunion publique avec des militants à Nancy, dans l'est de la France.
Selon la presse, mardi est également l'échéance fixée par l'ancien président Nicolas Sarkozy pour que les deux hommes trouvent une issue à la crise, faute de quoi il sortirait de son silence pour distribuer publiquement les blâmes.
CHATEL JOUE L'APAISEMENT
Le principal parti de la droite française, qui se déchire depuis 15 jours au point d'en oublier son rôle d'opposant, avait paru dimanche sur la voie de l'apaisement, après une initiative du lieutenant de Jean-François Copé.
Dans une interview au Journal du Dimanche, Luc Chatel, s'est rallié à l'idée d'un nouveau vote pour trancher ce conflit, qui désespère élus et adhérents de l'UMP.
L'ex-ministre de l'Education a proposé que les équipes de Jean-François Copé et de François Fillon se retrouvent dès lundi matin en groupe de travail pour réfléchir à l'organisation de ce nouveau vote et à une révision préalable des statuts de l'UMP.
Sans révision des statuts, "les mêmes causes produiront les mêmes effets", a-t-il fait valoir sur Radio J. "Ce spectacle non seulement est pathétique mais en plus, s'il va au bout, il nous garantit d'être dans l'opposition pour vingt ans !"
Pour Luc Chatel, il faut "coûte que coûte" empêcher la scission du groupe parlementaire. Sinon, "il y aura deux partis à terme, deux candidats à la présidentielle (de 2017) et (la présidente du Front national) Marine Le Pen au deuxième tour."
En déplacement à Royaumont, dans le Val-d'Oise, François Fillon a saisi cette main tendue. Il a ainsi déclaré que ses collaborateurs étaient prêts à rencontrer dès lundi ceux de son rival pour réfléchir aux modalités d'un nouveau scrutin.
"Dès lors que nous aurons l'assurance que ce vote pourra être organisé et piloté dans des règles d'impartialité indiscutables et dans un délai raisonnable, nous mettrons fin au groupe parlementaire que j'ai créé et aux procédures qui ont été engagées", a ajouté l'ancien Premier ministre.
Il faisait notamment allusion à une plainte en justice pour irrégularités, visant à faire annuler l'élection interne.
LE RÉFÉRENDUM EST DE RETOUR
Mais Jean-François Copé a de nouveau refroidi les espoirs d'issue rapide de la crise en ressuscitant une proposition de référendum interne - solution tentée en vain la semaine passée.
Cette fois, il ne s'agirait pas pour les militants de dire s'ils veulent revoter ou non mais de répondre à deux questions.
La première porterait sur la réforme des statuts du parti pour lui permettre de "fonctionner efficacement, y compris en situation de crise", a expliqué le député-maire de Meaux.
"La deuxième proposition que je veux soumettre à votre jugement par référendum est la suivante", a-t-il poursuivi : "Je vous propose de remettre à la disposition des militants mon mandat au lendemain des élections de 2014."
Outre les municipales, sont prévues cette année-là les sénatoriales et les européennes.
Jean-François Copé a aussi estimé que celui qui présidera l'UMP en 2016 ne devrait pas être candidat à la primaire qui désignera le champion du mouvement pour la présidentielle de 2017. Et il a souhaité qu'il soit mis fin "sans délai (...) à l'aventure mortifère d'un groupe dissident" à l'Assemblée.
Réponse de François Fillon par voie de communiqué : il s'est félicité du "consensus autour du principe d'un nouveau vote" mais a exigé qu'il ait lieu "dans les délais les plus brefs".
Il a demandé la réunion dès lundi du Comité des sages de l'UMP pour en étudier les modalités et lancer la réflexion sur de nouveaux statuts.
L'entourage de Jean-François Copé estimait dimanche soir que ce Comité des sages n'était "pas fait pour ça" et qu'il était en tout état de cause impossible de le réunir aussi vite.
Quant à une réunion des équipes des deux hommes, proposée par Luc Chatel et acceptée par François Fillon, elle ne semblait pas encore décidée dimanche en début de soirée.

COPÉ A DÉGRADER L'UMP IL EN FAIT MAINTENANT  UN INSTRUMENT PERSONNEL.
FILLON; TROP NAÏF, TROP SOUPE AU LAIT, N'A PAS LA TAILLE NI LA MORGUE QUE DOIT AVOIR
UN FUTUR PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. 
CES DEUX SINISTRES PERSONNAGES DOIVENT QUITTER L'UMP !!!

Le temps des bombinettes

Le temps des bombinettes 

« L’arme de dissuasion massive » est un terme à la mode. En matière de défense, la bombe atomique est destinée à faire peur, quitte, surtout, à ne pas servir. Idem, apparemment, sur le terrain politique.
Florange ? Arnaud Montebourg préconisait la nationalisation temporaire du site détenu par Lakshmi Mittal, et annonçait qu’un autre investisseur était disposé à prendre le relais. Cette solide alternative a-t-elle vraiment existé ? Le Premier ministre lui-même semble en douter, ce qui expliquerait, pour une part, l’abandon de la piste étatique. Un tiens (un Indien, en l’occurrence) valant mieux que deux tu l’auras, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont opté pour un compromis, aux flous pourtant innombrables, avec le sidérurgiste. Couleuvre difficile à avaler pour le fiérot Montebourg. Mais puisqu’il est trop facile de tirer sur une ambulance, ne l’accablons pas davantage : au moins à la marge, sa proposition tonitruante a peut-être incité ArcelorMittal à trouver un accord avec le gouvernement.
À l’UMP ? La situation était inextricable. Elle ne l’est guère moins. Jean-François Copé a proposé, hier, un nouveau scrutin, mais il continue de finasser, en proposant un référendum plutôt qu’une réédition quasi identique de la primaire. Le président proclamé veut le rester au moins jusqu’aux municipales de 2014, et ce calendrier est jugé irrecevable par le camp de François Fillon. L’ex-Premier ministre brandit donc toujours la menace de créer son propre groupe de députés. Une option qui équivaudrait, en interne, à une salve nucléaire.
« Nationalisation » pour les uns, spectre de la dissidence pour les autres : à gauche comme à droite, au gouvernement comme à l’UMP, on manie donc l’arme de la grande dissuasion. Ainsi présentée, comme une habileté tactique, l’approche est assez valorisante. Mais un mot, bien plus négatif, peut également résumer les deux épisodes : chantage. S’il devient une manière banalisée de gérer les crises, cela abîmera un peu plus l’image déplorable que véhicule trop souvent la politique. Manier des bombes, qui de surcroît sont plutôt ici des bombinettes, est toujours dangereux. Elles risquent d’exploser à la figure des envoyeurs.


Les coulisses obscures de l'Arche

Les coulisses obscures de l'Arche


Ils avaient voulu embarquer dans un avion 103 orphelins africains originaires du Darfour en guerre pour les faire adopter ou accueillir dans des familles françaises prêtes à payer. Mais ces enfants étaient tchadiens, avaient encore leurs familles, ils étaient couverts de faux pansements et les familles d'accueil ne connaissaient pas la vérité. Le procès de l'Arche de Zoë qui débute à Paris, près de six ans après les faits, devra éclaircir bon nombre de zones d'ombre de ce fiasco "humanitaire". Même la vogue de l'aide au Darfour à l'époque où les cas réguliers de dévoiement des bons sentiments de certains bénévoles n'expliquent pas comment l'affaire a pris une telle ampleur. L'absence du couple à l'origine de l'Arche de Zoë et manifestement en quête de son heure de gloire médiatique ne permettra malheureusement pas d'en savoir plus. Les quatre coaccusés, complices passifs d'une opération qui a mal tourné, servent surtout de lampistes. Reste à déterminer si cette épopée lamentable n'a pas été facilitée, sinon provoquée. Elle s'est déroulée sous les yeux des autorités tchadiennes comme des services français, très présents sur place, et dont les rapports sont notoirement compliqués. Instrumentaliser et piéger un gogo ou un Don Quichotte de passage pour mieux faire pression sur un "ami" n'a rien de nouveau. Surtout lorsque condamnés puis graciés au Tchad, leur renvoi en France s'accompagne d'une exigence de dommages et intérêts. L'humanitaire a bien des vertus mais est souvent instrumentalisé et sert malheureusement parfois à bien d'autres intérêts que ceux des populations en détresse.

lundi 3 décembre 2012

Le "sexe", produit culturel ou donnée naturelle ?

Qu'est-ce que cette "théorie du genre" qui vient de faire irruption dans le débat public à l'occasion des remarques présentées par le Grand Rabbin de France pour dénoncer le "mariage homosexuel" ?

Quelle est la généalogie de cette Théorie du genre qui, via la loi française contre les violences psychologiques contre les femmes, la Convention du Conseil de l’Europe contre les violences économiques et psychologiques faites aux femmes, le mariage gay, l’adoption et l’insémination au bénéfice de couples homosexuels, et jusqu’à nos manuels scolaires, semble sourdre par tous les pores du corps politique européen ?
Si les gender studies lui sont antérieures, la théorie du genre ne se donne un soubassement idéologique cohérent qu’avec Trouble dans le genre, l’ouvrage séminal que publiait, en 1990, l’universitaire américaine Judith Butler (éditions La Découverte, 2005).
Dans ce livre, frappant par l’audace et l’originalité de sa construction, Butler se propose de retracer la généalogie — au sens nietzschéen — des catégories de sexe et de genre. Selon la représentation classique, le sexe est une constante biologique universelle qui structure les genres masculin et féminin, genres dont le contenu varie d’une société et d’une époque à l’autre. Par exemple, ce qui est "féminin" dans l’Occident du XXIe siècle n’a que peu de rapport avec le "féminin" médiéval ou celui des islamistes contemporains. Demeure le même substrat biologique : le sexe.
Pour Judith Butler, tout cela n’est qu’illusion. Le sexe n’est pas une donnée de nature, mais le produit culturel du genre. C’est la culture qui engendre notre concept de sexe. Or, cette culture est dominée par des représentations arbitraires sur le sexe, que sont l’hétérosexualité et le phallogocentrisme (c’est-à-dire la domination masculine), deux choix parmi une infinité d’autres choix possibles.
C’est par le tabou de l’inceste — qui, selon Butler, présuppose le tabou de l’homosexualité — que le pouvoir hétérosexuel et phallogocentique assure sa propre perpétuation :
C’est parce que toutes les cultures cherchent à se reproduire, et que l’identité sociale propre à chaque groupe de parenté doit être préservée, que l’exogamie est instituée, et tel est aussi le cas de l’hétérosexualité exogamique qui en est le présupposé. Par conséquent, le tabou de l’inceste ne fait pas qu’interdire l’union sexuelle entre les membres de la même lignée ; il inclut aussi un tabou de l’homosexualité.
Telle est la généalogie du genre.
Bien sûr, la théorie de Butler se heurte à un mur d’objections, parmi lesquelles la nature du lien entre hétérosexualité et phallogocentrisme, que Butler présente comme allant de soi, alors que l’histoire nous offre maints exemples de communautés qui furent tout à la fois hétérosexuelles et pas du tout phallogocentriques (Mosuo de Chine, Berbères, Touaregs, Minangkabau, premiers Crètois, Hopi, etc.). Aussi, Butler estime que tout est acquis — rien n’est inné ­ — et tout est langage : nous ne pouvons nous libérer de son emprise, or ce langage est profondément empreint de la marque du pouvoir dominant. Raison pour laquelle elle en appelle, contre le pouvoir dominant et pour se soustraire à l’empire de ses catégories langagières, à la mise en œuvre de stratégies fondées sur des pratiques, des pratiques concrètes, notamment sexuelles, pour "défaire le genre". Mais quel est la statut de ces pratiques, dès lors qu’à en croire l’auteur, le langage est notre seul accès à la réalité ? De même, quel crédit accorder à la revendication butlérienne de libre-arbitre, si nous sommes tout entier déterminés par la culture qui nous imbibe de ses catégories ?
Surtout, et bien qu’elle y mette tout son talent, Butler ne parvient qu’incomplètement à s’abstraire du substrat biologique. Son livre prend parfois des tours comiques, par exemple lorsqu’elle se dit stupéfaite que la recherche scientifique fasse encore droit à des critères aussi ridicules que la présence d’un pénis, quand il s’agit de déterminer le sexe d’un individu. À plusieurs reprises, Butler concède en passant que le champ des possibles culturels, dans le domaine du sexe et autres, est circonscrit par la biologie. Ainsi lorsqu’elle mentionne, sans la récuser, la notion d’individu anatomiquement mâle ou femelle. Cette concession en passant n’est pas un détail, elle contredit la théorie du genre. Car de deux choses, l’une : soit le sexe est tout entier engendré par la culture (modèle du genre), soit il est prédéterminé par la biologie (modèle classique).
On invente tous les jours des théories sans envergure ni intérêt. La théorie de Judith Butler ne se range certainement pas dans le même rayon. La question qui se pose plutôt, dans son cas, est de comprendre pourquoi Butler, qui tenait si manifestement une ligne de recherche valable et féconde, a cru devoir en absolutiser l’argument, au point de gagner un créneau qui, intellectuellement, n’est pas tenable.
La réponse, Butler nous la donne elle-même, avec un mélange de naïveté et de franchise (le terme anglais candor ne désigne-t-il pas ces deux qualités, souvent voisines ?), en expliquant que son livre est né de ses recherches universitaires, mais qu’il est surtout le fruit de sa propre vie, celle d’une jeune lesbienne qui fit son coming out à 16 ans, souffrit constamment de sa différence, fut le témoin de l’affliction de proches homosexuels, et vécut toute sa vie en marge de la normalité (au sens statistique et de Butler elle-même : aucun jugement de valeur !). La sympathie qu’inspire l’authenticité de Butler ne doit toutefois pas nous détourner de l’essentiel : la radicalité de la théorie du genre doit moins au souci de la cause des femmes, qu’à celui de la cause des femmes lesbiennes.
Le prix que Butler est prête à faire payer à la société pour ses souffrances personnelles semble sans limite, puisqu’elle en appelle à démâter les tabous de l’homosexualité et de l’inceste pour "défaire le genre". Dans le cadre de sa théorie, l’un ne se conçoit pas sans l’autre, puisque le tabou de l’homosexualité est présupposé, on l’a vu, par celui de l’inceste. On ne peut atteindre le premier, qu’en dissolvant le second. Aucun problème, selon Butler, qui célèbre, avec Michel Foucault, les plaisirs buissonniers de l’échange sexuel intergénérationnel.
Telle est la généalogie de la théorie du genre, et le terme inexorable de son programme.

Florange ou l'évidente panique gouvernementale

La semaine passée, assez agitée sur le plan économique, a été l'occasion de mesurer exactement la compétence et la détermination du gouvernement. La conclusion qu'on peut tirer est sans appel : les curseurs sont diamétralement opposés puisque tout indique que ses membres déploient une détermination sans faille à prouver leur totale incompétence.

Au premier rang de ces intrépides fanfarons qui se lancent ainsi à l'assaut de problèmes qu'ils ne maîtrisent pas, d'autant plus facilement que ce ne sont ni leurs vies, ni leur argent qui sont en jeu, on trouve évidemment le bouillant Arnaud Montebourg d'Arceylör qui a, encore une fois, montré l'étendue de sa suffisante frétillance avec sa gestion des déboires du site industriel de Florange.
Grâce à une série de piques sorties de façon répétée contre le patron indien, Lakshmi Mittal, Montebourg a ainsi durablement réussi à agacer les Indiens vis-à-vis de la France, ce qui était une manœuvre aussi habile qu'indispensable au moment où le pays s'apprête à leur vendre -- enfin ! -- ses Rafales. On appréciera l'ironie mordante de certains journaux étrangers qui notent que pendant que l'Europe en crise fait tout pour attirer les investisseurs étrangers, la France et son ministre au maroquin à rallonge fait tout pour les repousser aux frontières. Peut-être le preux chevalier de l'acier franchouille n'avait-il plus en mémoire que la France a, avec l'Inde, un partenaire et des débouchés commerciaux très importants ; si se mettre à dos un cinquième de la population mondiale n'est pas une mince affaire, c'est en tout cas un défi que le ministre du dressement reproductif semble s'être imposé.
Les consternantes vitupérations du ministre contre le patron indien n'ont d'ailleurs pas constitué le seul affichage des capacités d'Arnaud pour fusiller un dossier puisqu'il a, dans la foulée, proposé une nationalisation du site. Là encore, je le rappelle, ce n'est pas avec son argent qu'il joue et peut donc se permettre une libéralité d'autant plus grande, même si celle-ci est plus que probablement anticonstitutionnelle et/ou en contradiction avec les traités internationaux et européens signés par la France.
Et comme prévu, sa proposition ridicule n'a pas manqué de lui exploser au museau. Son discours ne pouvait être que dynamité par l'animosité évidente qu'il peut déclencher à Bercy (où Moscovici ne peut pas le voir en peinture), couplée avec l'indifférence (au mieux) ou l'agacement de plus en plus visible d'un Ayrault qui n'arrive toujours pas, après plus de six mois aux commandes, à tenir ses ministres. Au début, le premier pouvait faire croire à une discrétion feutrée et un travail de fond. À présent, il passe pour un petit instituteur de campagne dépassé par une classe de cancres qui se jettent boulettes sur boulettes, Montebourg loin d'être le dernier.
On notera la constance assez troublante avec laquelle ce dernier persiste à raconter des bêtises et faire du vent en pure perte puisqu'il aligne, depuis son accession au ministère créé pour lui, une assez belle série de ratés minables et de soufflés voyants mais rapidement dégonflés. Sans les lister tous, on se souviendra des réactions ulcérées déjà déclenchées autour de lui, ici en France et dans le reste du monde, lorsqu'il a décidé de nous gratifier de ses pensées profondes sur les voitures coréennes, la direction de PSA, les performances de Free et j'en passe. Le bon côté de l'affaire, c'est que chacune de ses interventions est l'occasion pour notre diplomatie de développer de nouvelles compétences et de s'agiter en coulisse pour calmer l'un ou l'autre dignitaire étranger qu'il aura insulté sans même s'en rendre compte...
"Sans même s'en rendre compte", parce que tout montre qu'en plus, le personnage est complètement persuadé de faire un travail utile. Il semble qu'aucun feedback ne lui soit jamais fourni, par personne, alors qu'une tripotée de paires de claques s'imposent pourtant. Dès lors, il peut déclarer sans sourciller :

«Si j'avais dû me sentir désavoué, je n'aurais pas été seul car plus de 63% des Français soutenaient cette proposition, qui est une sorte d'arme pour la puissance publique afin de se faire respecter.»
Car oui, en effet, les Français, un peu bernés par les flonflons patriotiques du ministre et n'ayant aucune idée de ce que "nationalisation" veut vraiment dire pour les finances de l’État, approuvent à 59% l'éventualité d'endetter encore un peu plus leur progéniture pour sauver ce qui ne peut manifestement pas l'être. Au passage, ce comportement, qu'on peut largement qualifier d'irresponsable, est aussi partagé par une partie des députés qui ont le bon goût, pour une fois, de bien représenter cette partie naïve du peuple, pas avare des sous des autres :
«Il y a eu des parlementaires de tous les bancs, des anciens ministres sarkozystes, de Jacques Chirac, qui ont soutenu cette proposition. Il y a eu une mobilisation patriotique en faveur du sauvetage de l'acier français.»
Mais oui, Arnaud, il y a eu mobilisation patriotique dans ta tête : le petit chimpanzé qui y faisait du vélo et des cymbales a arrêté de les frapper l'une contre l'autre pour rejoindre le piquet de grève du panda en collants mauves, c'est assez clair.
Montebourg, maître du monde mais pas de sa tête ni de sa langue
La réalité, malheureusement, est moins tranchée : d'une part, la majorité des Français sont mécontents de la politique actuelle du gouvernement. Le fait qu'elle soit illisible joue beaucoup dans ce score, et l'agitation cosmétique des uns et des autres, suivis d'une absence pathétique de résultats, ajoute à l'agacement du peuple, à l'évidence. D'autre part, tout le monde sent confusément l'incompétence des zigotos qui s'agitent dans le poste de télévision.
Comment ne pas comprendre que les dirigeants actuels sont dépassés lorsqu'il y a besoin, pour occuper le terrain médiatique pourtant fort encombré des déhanchements épileptiques de Montebourg, de faire monter au créneau une ministre de l’Écologie incolore, inodore et sans saveur, l'excipient q.s.p. parité du gouvernement ? Pourquoi Delphine Batho s'est-elle exprimée sur un dossier comme celui de Mittal, et surtout pour ajouter un tâcle supplémentaire dans les gencives du patron indien ? Quel était le but recherché ? Comment interpréter autrement qu'en MégaBordel©™® le communiqué de presse de Matignon et l'allocution du Premier qui oublie carrément son ministre ? Qui peut encore porter cette cacophonie au crédit de cette brochette de clowns ?
Peut-être s'agissait-il pour ce gouvernement de camoufler le fait que les petites affaires africaines de l'ancien colonisateur continuent de plus belle, la Françafrique s'étant muée en Pompafrique depuis un petit moment, quand bien même l’État français est maintenant aussi lessivé que ses partenaires de magouilles. On apprend en effet que, pendant que Montebourg enfilait les perles sur Mittal, Moscovici signait assez discrètement à Abidjan avec le gouvernement ivoirien un contrat de "désendettement-développement" de 630 millions d'euros sur la période 2013-2015, pour un total, sur une durée de 15 à 20 ans, de 2,85 milliards d'euros, une somme qui provient, par on ne sait trop quelle tubulure ou quelle imprimante survitaminée, de la récente annulation quasi-totale de la dette ivoirienne à l'égard de Paris.
montebourg et moscovici : je dirais même plus
Là encore, comment ne pas voir que Moscovici va déclencher autant de dégâts que Montebourg (avec certes moins de panache) ? Cela fait maintenant plusieurs décennies qu'on peut mesurer les effets réels de l' "aide" de la France en Afrique ; d'ailleurs, c'est assez bien résumé dans l'excellent ouvrage de Dambisa Moyo, l'Aide Fatale. Bien sûr, on comprend que, derrière ces programmes et le petit crobard officiel de Moscovici au nom d'un état exsangue, se cachent des intérêts économiques et financiers colossaux, dont la partie émergée est cette petite saillie du ministre de l'Economie, concernant la (méchante) concurrence chinoise en Afrique ... Eh oui : malgré les rivières de pognon du contribuable français, les Africains préfèrent le commerce avec les Chinois.
Ici, Moscovici reproduit le même schéma mental que Montebourg, et leurs prédécesseurs, avec les mêmes résultats à la clef, dans quelques années : d'un côté, on subventionne à mort, et de l'autre, on pleurniche bruyamment lorsque les entreprises s'en vont une fois les subventions asséchées, en faisant fi de tout nettoyage des environnements fiscaux et juridiques, pourris par des décennies d'instabilité, d'arbitraire et d'incompétence des décideurs. Pourtant, ils sont la base de la création et du développement sains de l'industrie et du commerce. Mais nos clowns n'en ont cure : ils s'inscrivent dans l'immédiat, réagissent par la panique ou l'obstination idiote là où une prise de recul s'imposerait.
Montebourg, comme Moscovici, comme tous les autres, mènent le pays à sa ruine.

Des mamans se transforment en Pin-up pour un calendrier

Dans la mouvance des calendriers insolites qui fleurissent depuis plusieurs années, une vingtaine de papas, oncles et autres proches avaient les premiers osé prendre la pose, nus, en 2012 avec un calendrier «Dieux de la rade» en référence au célèbre calendrier des «Dieux du stade».
«Comme toutes les associations de parents d’élèves on cherche des idées pour récolter des fonds», a expliqué Catherine Prévost, vice-présidente de l’association des parents d’élèves «Transparents».
Réalisé par le photographe parisien Martin Raphaël Martiq, qui évolue habituellement dans les milieux homosexuels parisiens et a mis son talent bénévolement au service de l’association, le calendrier 2012 a rapporté «au-delà des nos espérances, on a pu organiser pour les élèves des activités en plus qui n’étaient pas prévues au programme», explique Mme Prévost.
«Face au succès il fallait que l’on réédite l’aventure», assure-t-elle. Et cette année ce sont donc les mamans, des «mères de famille et femmes assumées», qui ont relevé le défi, avec un calendrier«Pin-up» très soft dans le style américain des années 1950.
Dans un style glamour, les photos restent légères et humoristiques, une expérience pour laquelle «nous avons pris beaucoup de plaisir», assure la vice-président, miss décembre du calendrier 2013.
Les calendriers seront mis en vente (10 euros) samedi prochain à l’occasion du marché de Noël de Port-Louis (plus de 2.800 habitants), près de Lorient, et sur internet (www.facebook.com/transparents.portlouis).

La démocratie sociale en jeu

La démocratie sociale en jeu


Réformer le marché du travail. Tel est l'enjeu crucial des négociations entamées début octobre entre patronat et syndicats à la demande expresse de l'Élysée. Y a-t-il urgence à agir sur les fondements structurels du modèle français sans se contenter de réformettes ? Oui. Contrairement à la plupart des autres pays européens, la France, grosso modo, n'a pas vraiment changé de ligne depuis vingt ans. Résultat ? Elle n'a offert, au final, ni plus de protection aux salariés ni plus de flexibilité aux employeurs. Conséquence ? Ces rigidités n'ont contribué qu'à mettre à mal sa compétitivité.
C'est dire si les accords sur la sécurisation de l'emploi, expérimentés en France dans l'automobile et en vogue en Allemagne, sont de la plus haute importance. De quoi s'agit-il ? D'offrir davantage de souplesse aux entreprises et de protection aux salariés. S'il n'est pas censé réparer les dégâts accentués par la crise, le défi de la flexibilité vise à ajuster travail et salaires à la conjoncture. Bref, à adapter, collectivement, la France à la mondialisation.
Normal qu'il y ait des tensions autour du volontarisme du patronat sur le sujet tant le cadre des licenciements individuels et collectifs, la taxation des contrats courts restent, aussi, des sujets interdépendants et clivants. Ça ferraille donc dur autour de la table des négociations. Et ça coince sur fond de dogmes savamment partagés.
Pourtant, le dialogue doit aller, plus que jamais, de pair avec le dynamisme économique et le progrès social, au prix d'efforts justes et équilibrés. À l'image de l'esprit très « responsable » des relations qui prédomine outre-Rhin entre syndicats, entreprises et puissance publique. Un esprit qui a manqué dans la gestion du dossier ArcelorMittal.
Un « compromis historique » ?
Contrairement à l'agenda imposé par le président de la République, il semble déjà acquis que la négociation, mal partie, ne débouchera pas avant la fin de l'année. Débordera-t-elle en janvier, février ? Continuer à jouer la montre ou prendre le risque de l'immobilisme serait suicidaire. Pour une simple et autre bonne raison : le cadre de ce rendez-vous, ô combien important pour l'avenir des relations sociales dans le pays, dépasse son contenu. Pour la première fois, patronat et syndicats discutent en amont, là où l'habitude veut que l'État décide seul. C'est dire si cette chance donnée à une nouvelle démocratie sociale ne supporterait pas l'insuccès. Les partenaires sociaux le savent qui jouent, là, rien de moins que leur légitimité.
Reste que la CGT, qui, à sa tête, a perdu beaucoup de forces dans une guerre de succession sans pitié, est au frein. Que, comme elle, FO a prévenu, tout de go, qu'elle rejetterait tout ce qui vise à donner plus de souplesse aux employeurs. Que la CFDT, moins dogmatique, souhaite aller jusqu'au bout de la réflexion, mais pas à n'importe quel prix. Que le front patronal est loin, en réalité, d'être à l'unisson.
Dans ces conditions, trouveront-ils un « compromis historique », appelé de ses voeux par François Hollande ? Pas sûr. C'est pourtant ce qu'il faut souhaiter pour notre pays. Sans céder à la pression des agences de notation et des investisseurs internationaux qui ne doivent pas venir polluer le débat, l'exécutif a prévenu qu'il légiférera. En cas d'échec des négociations, plus contraignante pourrait alors être la loi. Dura lex ? Sed lex.

Pourquoi la gauche italienne va enfin changer?

La gauche italienne désigne dimanche son nouveau leader, devant départager Pier Luigi Bersani et Matteo Renzi.

"Adesso!", "Maintenant!" Le slogan de la campagne de Matteo Renzi restera d'actualité lundi, quel que soit le résultat du second tour organisé dimanche pour désigner le leader de la gauche en Italie, à quatre mois des élections générales d'avril 2013. Dans le combat entre les anciens et les modernes, ce sera lui le vainqueur, même s'il échoue de quelques points à ravir ce titre à son rival Pier Luigi Bersani, le secrétaire actuel du Parti démocrate. Vingt-quatre ans séparent ces deux hommes, autrement dit une génération, ce qui distingue un homme du passé d'un candidat d'avenir. Le jeune maire de Florence a en effet montré qu'il était capable de battre sur son terrain la droite traditionnelle italienne, incarnée par le dernier carré des forces de Berlusconi, tout comme les caciques d'une gauche sociale-démocrate dépassée par les défis de la plus grave crise économique qu'ait connue l'Italie. 

Matteo Renzi, "le Tony Blair italien"

Renzi, 37 ans, propose ni plus ni moins à la gauche italienne que de faire son aggiornamento. De la même façon qu'un Enrico Berlinguer avait su dans les années 1970 rompre avec le stalinisme, Renzi veut pouvoir incarner une gauche moderne. Le jeune élu veut concilier une vision européenne dans la lignée de son ancien mentor Romano Prodi tout en se montrant intraitable sur le respect des grands équilibres économiques et financiers. Quitte à se fâcher avec les syndicats et l'aile gauche de la gauche en la personne du Mélenchon italien, Nichi Vendola, président de la région des Pouilles, dont le prénom est inspiré d'un diminutif de Nikita Khrouchtchev. À mi-chemin entre le réformisme d'un Manuel Valls et le modernisme d'un Barack Obama, dont il se réclame, Matteo Renzi souhaite faire rendre gorge à un État italien trop dépensier, licencier les fonctionnaires inutiles, payer les profs et les proviseurs au mérite, ouvrir des milliers de maternelles pour inciter les femmes à reprendre le travail, numériser l'essentiel des procédures administratives pour en finir avec les journées de travail perdues des actifs et limiter également par ce biais la corruption. 
Selon le politologue Roberto D'Alimonte, si Renzi devenait le chef de la gauche, les chances de cette dernière de diriger le prochain gouvernement seraient augmentées de 10 points par rapport au score qu'enregistrerait Bersani. "Renzi voulait devenir le Tony Blair italien et il y est parvenu", écrivait cette semaine l'éditorialiste Stefano Folli. Malgré tout, le rapport de forces restait en cette fin de semaine en faveur de Pier Luigi Bersani. C'est bien de l'avenir de l'Italie qu'il s'agit. Celle qui vient de vivre, sous le mandat technicien de Mario Monti, l'austérité la plus sévère de son histoire. Le grand mouvement interne à la gauche italienne intéresse de très près François Hollande et les ministres qui l'accompagneront lundi à Lyon pour un sommet franco-italien qui sera peut-être le dernier de Mario Monti.

dimanche 2 décembre 2012

Messieurs les Anglais, ne vous tirez pas les premiers !

Messieurs les Anglais, ne vous tirez pas les premiers ! 

 
Oui, les Britanniques sont pénibles. Ils roulent à gauche. Ils ont coulé une partie de la flotte française pendant la guerre. Leur penchant libre-échangiste malmène le Colbert qui sommeille en chaque Français. Et leur propension à donner des leçons à la terre entière irrite. Surtout en France, où la leçon universelle est une spécialité cultivée avec soin, qui ne souffre pas la concurrence.
Et voici qu'ils deviennent europhobes. Selon un sondage, 56 % des Britanniques voudraient quitter l'Union européenne si un référendum était organisé sur le sujet. Avec un tel climat qui pèse sur sa majorité politique, le Premier ministre britannique, David Cameron, se montre intraitable et a fait capoter un sommet européen, la semaine dernière, sur le budget de l'Union : il voulait des coupes dans les dépenses. Coupes que ses partenaires n'ont pas acceptées.
Eh bien, qu'ils s'en aillent, entend-on désormais à Bruxelles et à Paris. L'Europe sans les Britanniques n'en fonctionnerait que mieux. Ne se sont-ils pas exemptés de la discipline commune en exigeant un opting out pour l'euro, pour les accords de Schengen, pour le traité de stabilité signé au début de l'année ? Dès qu'un nouvel accord européen est signé, c'est la guerre de Cent Ans pour négocier avec l'Angleterre. Quel que soit le sujet, elle veut rester une île et ralentit le rythme de l'intégration.
 
À l'époque de Margaret Thatcher, la construction européenne était un "accord d'arrière-pensée", selon les mots mêmes de la Dame de fer, une sorte d'auberge espagnole politique où chacun apportait ce qu'il voulait manger. Libre-échange pour les uns, intégration pour les autres. Cette ambiguïté a volé en éclats avec la crise, qui exige un saut que les Britanniques ne peuvent et ne veulent pas faire, nous disent les zélateurs du fédéralisme européen. Tirons-en les conséquences. Dehors, Albion !
Étrange procès. L'Europe n'est-elle pas justement l'expérience de la différence, le patient travail de polissage des cultures qui a permis de dépasser le nationalisme et ses travers ? Qu'y aurait-il de plus ennuyeux qu'une Europe d'entre soi, de plus barbant qu'un congrès de sociaux-démocrates continentaux ? Et de plus coûteux, avec des hommes politiques français toujours prompts à lever l'impôt et à créer des postes de fonctionnaires ? Si les Britanniques n'étaient pas entrés en Europe en 1973, la bureaucratie aurait prospéré sans contre-pouvoir. Nous paierions déjà d'innombrables impôts européens au titre d'une prétendue solidarité qui n'est pas autre chose que le manteau de la paresse politique.
La querelle budgétaire illustre bien la plus-value britannique. Est-il normal que le budget européen continue à progresser, alors que les États cherchent partout des économies en ces temps de disette ? Est-il tolérable que l'argent public file sans contrôle à Bruxelles, alors que la Cour des comptes européenne a refusé de certifier le budget pour la dix-huitième année consécutive à cause de manquements dans l'exécution ? Alors que les exemples d'aberrations relevés par le comité d'experts Open Europe se multiplient : une maison close baptisée 7e Ciel qui touche une subvention de 54 000 euros, un Danois qui reçoit 100 000 euros pour construire une piste de ski sur une île plate où il ne neige qu'une fois par an, 411 000 euros attribués à un centre de remise en forme pour les chiens en Hongrie... Réjouissons-nous qu'il y ait encore des hommes politiques pour poser ces questions ingrates, qui n'intéressent pas la classe dirigeante française, tout à sa religion de la redistribution.
De façon plus fondamentale encore, une Europe sans la City de Londres ne serait plus qu'une puissance financière de second rang. Une Europe amputée de l'armée britannique serait moins crédible et écoutée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Pour Paris, Londres est un partenaire militaire autrement plus puissant que Berlin. C'est, en Europe, le seul pays qui possède une industrie d'armement de premier plan, avec lequel la France peut mutualiser certains programmes. Ex-puissance mondiale et ex-empire, le Royaume-Uni est aussi l'un des rares pays qui restent, comme la France, attachés à une forme de souveraineté nationale. Sans cette grande île exotique qui a le nez planté dans l'Atlantique, la France serait plus seule en Europe.

Sarkozy, sabre de bois !

Tandis que d'aucuns rêvent de la mort du bipartisme, Nicolas Sarkozy s'agite. Mais que peut vraiment l'ancien président ? s'interroge Jacques-Alain Miller.

Retour à la IVe République

Nous évoquions la fin du cycle chiraco-sarkozyen qui domine à droite depuis 38 ans. Mme Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde, va plus loin. Elle annonce carrément "la fin du bipartisme". En clair, le décès de la Ve République, telle que nous la connaissons. On imagine. L'éclatement de l'UMP. Le rejet des extrêmes (Front de gauche, FN, UMP-Copé) à la périphérie du système. L'apparition d'un vaste marais médian, allant de Fillon à Hollande, en passant par Bayrou et Borloo. Ce serait en somme une "troisième force", comme on l'a connue sous la IVe République. Il est amusant de relever que son grand homme fut Henri Queuille, dit "le père Queuille". Si le centre de la France est en Gironde, comme Sollers le soutenait ici même, que dire de cette Corrèze d'où nous vient, après Queuille et Chirac, François Hollande ?
 

Passions françaises

Cependant, le cercle qui mène le jeu sur le plan économique n'est pas libre, sur le plan parlementaire, de s'accomplir comme une "troisième force" qui serait l'alliance formelle des partis de gouvernement. Ce qui y fait obstacle, ce sont ces passions françaises dont Theodore Zeldin se fit l'historien. Sur les questions dites régaliennes et sociétales, vives sont nos querelles. Aux États-Unis, on les appelle culture wars, et elles ont joué leur rôle dans les résultats de la dernière élection présidentielle. Les guerres idéologiques ont toujours eu en France une belle vigueur. Elles en ont encore trop pour penser que le temps d'un "bas-les-masques !" général est arrivé. Le spectacle continue. Boum ! Boum !

"Moins de lumière !"

Mais il est vraisemblable que, rue du Faubourg-Saint-Honoré, on rêve, on spécule sur l'émergence, au centre de l'échiquier, d'une troisième force qui serait une mare aux crocodiles sacrés, bien boueuse, telle qu'une chatte, si l'on peut dire, n'y retrouverait pas ses petits. L'éloge de la transparence est aujourd'hui une figure imposée. Pourtant, il y a des opportunités qui n'émergent que de situations peu claires. Et, merveille ! Il y a justement à l'Élysée un spécialiste de la conduite par temps de brouillard. Quand le soleil brille, il reste au garage ; c'est un as quand plus personne n'y voit goutte. La tradition veut que les derniers mots de Goethe aient été "Mehr Licht !", "Plus de lumière !" Tout indique que les souhaits de François Hollande vont à l'opposé. "Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu ? Nous serons mieux", comme dit Paul Géraldy. Il a maîtrisé l'art d'avancer ses affaires à couvert de la confusion et de l'indécision. De plus, a-t-il confessé, il croit à sa bonne étoile. Comment lui donner tort quand la paralysie de l'UMP, la perspective de sa division et, dans tous les cas, son état présent de "foutoir" font faire un pas de géant à l'action qu'il médite ?

Le prisonnier du Palais-Royal

L'évidence qu'à l'UMP on travaille, on se tue au travail pour François Hollande, a tiré Nicolas Sarkozy du royaume des limbes. Guillotiné le mercredi, il est ressuscité le vendredi. Mais il peut peu. On rapporte de lui des interventions, des colères. Il serait "atterré". On le soupçonne de soutenir Copé en sous-main. Il voudrait surtout que Fillon laisse tomber sa proie. A-t-il confiance en ce que Copé lui rendra les clefs de la maison ? Pour frayer les voies de sa médiation, il a commencé par traiter l'un de forcené, l'autre de minable. Et lui-même ? Il est illisible. Voilà le seul sage dont dispose l'UMP. Il l'a laissée incertaine sur son intention de revenir. Aucune évidence chez lui d'un désir décidé. Il a cru pouvoir mettre le parti en mode pause, le temps d'aviser, le temps de se faire un peu d'argent. Mais la politique, comme la nature, a horreur du vide. Comme si cet imbroglio n'était pas suffisant, il est allé se fourrer dans la cage dorée du Conseil constitutionnel. Ce faisant, il s'est mis à la fois un fil à la patte et sur la bouche un bâillon. C'est le gag. Du coup, il ne parle plus que par messagers interposés. Ceux-ci sont souvent anonymes : "une source", "un proche", "l'entourage". Les propos rapportés sont controuvés, ou équivoques, ou contradictoires, en tous les cas sujets à caution. L'idée est peut-être de traiter le mal par le mal, le foutoir par le foutoir ? Risqué. Vous pouvez parfaitement continuer de bénéficier in absentia de la fidélité de vos suivants - voir Nelson Mandela ou encore le général Perón -, encore faut-il qu'ils soient assurés de votre désir d'être auprès d'eux. Dans ces conditions, quel crédit accorder à la menace de disqualifier publiquement et simultanément Pincemi et Pincemoi ? Comme disait le maréchal Staline, qui ne croyait pas aux forces de l'esprit : "Sarkozy, combien de divisions ?"

Aujourd'hui

L'enjeu n'est nullement de savoir, comme le répètent les médias, si Copé et Fillon, l'un ou l'autre ou les deux, céderont avant mardi aux objurgations de Sarkozy. La seule question qui vaille est celle-ci : "Copé le gourdin" trouvera-t-il ou non, grâce à Sarkozy et au choeur des lamentations à l'UMP, la feinte pour faire sauter son arme des mains de Fillon ? On saura alors si ce n'était qu'un fleuret moucheté, une épée en carton-pâte. Le père Queuille avait cette phrase, qui fut reprise et popularisée par Jacques Chirac et Charles Pasqua : "Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent." [Autre version : "qui les croient".] Le sage corrézien s'y connaissait en matière d'intersubjectivité logico-linguistique.
C'est la Saint-Nicolas, c'est la fête à Nancy ! Copé sera là. À 18 h 15, il parlera. Restons connectés...

Les mariés de l'an douze

Les mariés de l'an douze 

 
L'empereur romain Caligula, premier adepte du mariage pour tous : il avait épousé son cheval. Pourquoi s'en tenir, en effet, aux épousailles entre gens du même genre ? J'ai quelques idées pour de futures unions à célébrer dans les mairies :
- Entre un homme et un livre. J'épouserais volontiers les deux plus beaux romans français du XXe siècle : Les communistes d'Aragon et Belle du Seigneur d'Albert Cohen. En grande pompe, c'est-à-dire sur beau papier.
- Entre une femme et un animal. Beaucoup de femmes préfèrent leur chien ou leur chat à leur mari : je ne saurais trop leur conseiller de divorcer de leur conjoint et de se présenter devant le maire afin d'officialiser leur union avec un animal de compagnie.
- Entre un vivant et une actrice morte. Je suis certain que beaucoup de mes amis cinéphiles n'auraient rien contre un mariage avec Françoise Dorléac, trop tôt disparue. Je m'engagerais volontiers avec Pascale Ogier, Catherine Jourdan, voire Dominique Laffin. Ou même Pauline Lafont.
 
- Entre deux frères. Y a-t-il une meilleure entente que celle de deux frères, quand ils s'entendent ? Il n 'y a qu'à voir les merveilles que cela donne au cinéma : les frères Coen, Dardenne, Wachowski.
- Entre deux soeurs. Ma femme préfère partir en vacances avec sa soeur plutôt qu'avec moi, et je la comprends : c'est plus simple de ne pas se fâcher avec quelqu'un de son propre sexe et de son propre sang qu'avec un énergumène dans mon genre.
- Entre un homme et une ville. La passion pour une ville nous anime parfois pendant toute notre vie. Woody Allen épouserait volontiers Paris. Éric Neuhoff passerait avec joie la bague au doigt à New York. Entre Belgrade, Brazzaville et Bangkok, qui choisirais-je pour épouse ? Belgrade, que je m'empresserais de tromper avec les deux autres.
- Entre une femme et un gâteau. Elle épouserait une religieuse si elle était gay et un Bavarois si elle était straight.
- Entre un homme et un alcool. On fêterait à la slivovitsa mes noces avec la slivovitsa. Je me demande si Michel Déon épouserait une vodka russe, polonaise ou suédoise. Frédéric Berthet, aujourd'hui décédé, se marierait illico avec Johnnie Walker. Qu'est-ce qui pourrait bien empêcher un mort d'épouser un homme qui serait une marque de whisky ? La tolérance ne doit pas rester qu'un mot.
- Entre une mère et son fils. On sait, depuis Freud et Proust, que c'est le couple parfait, n'était le petit problème de la différence d'âge. Il est temps que le législateur autorise cette union qui n'a que trop souffert, depuis des siècles, de la clandestinité dans laquelle on l'a obligée à se terrer.
- Entre un père et sa fille. Le couple de rêve. Dans ce sens-là, la différence d'âge est moins gênante. Le père est l'idéal masculin de la fille et vice versa : il est temps que la loi française prenne en compte cette évidence.

Retour au débat d’idées

Retour au débat d’idées


Personnellement, il m’indiffère que le président de l’UMP s’appelle Fillon ou Copé. Je pense du fond du coeur, après ce que nous venons de voir, qu’aucun des deux n’est l’homme providentiel que la France attend en 2017. L’opposition, si elle souhaite l’emporter dans 4 ans et demi, ce qui est loin d’être gagné, doit surmonter ses querelles d’ego et en revenir à l’essentiel: le débat d’idées. C’est ce que disait en permanence le président Sarkozy. Car les grands débats de société des dernières années, sur la sécurité, l’immigration, l’Europe, l’Afrique, la modernisation de l’économie, etc. c’est lui qui les a toujours lancés volontairement. On pouvait être d’accord ou pas, on pouvait  l’accuser de diviser, de  polémiquer… Au moins, on parlait du fond. Depuis son départ, un vide impressionnant à gagné la sphère  des idées. Aujourd’hui, plus personne ne parle plus de rien, en dehors des petites phrases et des querelles de personnes débiles. L’opposition a un boulevard devant elle. Sur l’Europe, comment concilier l’indépendance nationale et la solidarité entre des Etats souverains? C’est un immense sujet laissé en jachère et abandonné au grignotage bureaucratique quotidien de Bruxelles (voir mon précédent billet). Sur l’immigration, comment gérer, canaliser la pression migratoire colossale des pays du Sud tout en préservant la cohésion sociale et l’unité nationale? Sur la sécurité, quelle mesures drastiques faut-il prendre pour combattre le chaos qui ne cesse de se répandre? Comment réindustrialiser le pays pour assurer un emploi à nos enfants? Aura-t-elle l’intelligence de s’en saisir ? 
Tout ce que nous attendons d’une opposition responsable est qu’elle rouvre ces grands chantiers de réflexion et de décision.  
Sinon, nous le ferons sans elle…

Najat Vallaud-Belkacem : Liberté, Égalité, Sororité

Pour l'égalité des sexes, le gouvernement souhaite "agir sur les mentalités". Une revue des moyens de Najat Vallaud-Belkacem.
Quand la société ne répond pas aux objectifs des collectivistes, ils cherchent à "agir sur les mentalités" avec des moyens pourtant très matériels - et, accessoirement, liberticides.
Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, souhaite que les mentalités changent pour qu'hommes et femmes soient, enfin, égaux. Elle détaille l'arsenal de mesures prises pour favoriser cette égalité : gouvernance, éducation, sanctions. Le grand bond en avant du féminisme, c'est maintenant.
Une fois la petite leçon d'esquive donnée en transformant un jugement des Français sur la lenteur de l'action gouvernementale en jugement sur le niveau de leurs attentes, la ministre nous explique que "Tous les projets de loi font l'objet d'une étude d'impact sur l'égalité entre les sexes" - oui, tous les projets de lois, qu'ils concernent l'automobile, l'énergie, la grande consommation ou le travail. D'ailleurs, chaque ministère dispose désormais d'un "haut fonctionnaire à l'égalité", et "Les ministres eux-mêmes ont participé à des séminaires de sensibilisation".

On découvre également des féministes de tous sexes au gouvernement :
Certains ministres sont des féministes convaincus, comme Michel Sapin ou Aurélie Filipetti. Vincent Peillon s'est révélé un très bon partenaire. Il sait que la question de l'égalité entre filles et garçons est centrale dans la réussite scolaire. Le fait que les garçons décrochent en lecture au collège explique en partie la chute de la France dans le classement PISA de l'OCDE.
La chute de la France dans le classement PISA ne s'explique bien sûr pas par un système scolaire qui touche le fond et que l'on veut pousser à creuser encore ; Vincent Peillon est décidément un très bon partenaire, qui fait primer l'égalité entre les sexes sur l'éducation. Ce qu'il faut également comprendre, c'est que l'égalité entre les sexes doit être imposée, parce que laisser les gens décider n'est pas une bonne chose (ils pourraient exprimer autre chose que ce que la ministre souhaite) :
En matière d'égalité professionnelle, nous travaillons à l'émancipation des femmes, mais aussi à ce que les hommes puissent mieux concilier leur vie professionnelle et personnelle. Ils le demandent.
On ira donc sans doute alourdir un peu le code du travail, pour l'agrémenter de moyen d'émanciper les femmes et de permettre aux hommes d'avoir un vie plus équilibrée, qu'ils le veuillent ou non. La faute au sexisme, qui est partout et qu'on porte en soi dès l'enfance :
Tous les pays ont un fond de sexisme. Dès le plus jeune âge, on enferme les sexes dans des rôles préétablis. Ces représentations ont justifié pendant des années qu'on n'accorde pas le droit de vote aux femmes. Aujourd'hui, on continue à réduire le champ des possibles pour les filles. Elles réussissent mieux à l'école que les garçons : pourtant la moitié des femmes actives est concentrée dans 12 familles professionnelles sur 87.
On réduit le champ des possibles pour les filles : avec leurs meilleurs résultats scolaires, elles choisissent les filières qu'elles veulent et apparemment, leurs aspirations sont concentrées sur quelques métiers : horreur ! On enferme les filles dans des rôles préétablis en les forçant à choisir à peu près librement ce qu'elles veulent !
Nous avons connu par le passé deux générations de droits des femmes. Après la seconde guerre mondiale, les discriminations ont été retirées des lois. Dans les années 1970, des droits spécifiques leur ont été accordés, comme la contraception et l'IVG. Nous sommes maintenant à une troisième étape. Pour obtenir l'égalité, il faut agir sur les mentalités.
Étape 1 : fin des discriminations. Étape 2 : reconnaissance de droits spécifiques, liés aux spécificités du beau sexe. L'étape 3, c'est donc de supprimer toute différence entre hommes et femmes dans les faits alors que ces différences ne résultant plus que des comportements et choix individuels. Comment s'y prendre ?
En premier lieu à l'école. Un module de formation à l'égalité et à la déconstruction des stéréotypes sera obligatoire dans les futures écoles supérieures du professorat, et dans la formation des autres personnels de l'éducation. Les enseignants pensent de bonne foi qu'ils se comportent de la même façon avec les deux sexes, mais toutes les études montrent qu'ils créent plus d'interactions avec les garçons, développant chez eux davantage que chez les filles des qualités précieuses dans le monde du travail. Pour les élèves, un apprentissage de l'égalité sera mis en place de la fin de la maternelle à la fin du primaire. Il sera expérimenté dans cinq académies en 2013, puis généralisé en 2014. Enfin, l'éducation à la sexualité deviendra effective : il ne s'agit pas de parler de pratiques, mais d'apprendre l'égale dignité et le respect entre les sexes.
Toues les études montrent que les enseignants interagissent plus avec les garçons et que les filles sont ainsi pénalisées dans le monde du travail, où elles auront sans doute, par désespoir, renoncé à lever la main pour solliciter l'attention de leur supérieur... Il faut donc apprendre aux enseignants à déconstruire les stéréotypes et soumettre aux élèves un apprentissage de l'égalité - et surtout, de la sexualité, pour leur apprendre la dignité et le respect. Mais le pire outrage fait aux femmes, c'est, bien entendu, le recours à la prostitution, c'est-à-dire leur laisser jouir librement de la propriété de leur corps :
Mon propos est abolitionniste. En résumé, la prostitution est une violence faite aux femmes et il faut la faire reculer. Évidemment, elle ne va pas disparaître totalement. [...] Je réaffirme que l'achat de services sexuels systématisé est incompatible avec l'égalité entre les sexes.
Dernier cheval (ou dernière jument, dans un souci de parité) de bataille, les salaires :
Un nouveau décret paraîtra dans les prochains jours afin de faire enfin appliquer la loi. Nous passons d'un contrôle aléatoire des inspecteurs du travail sur place à un contrôle systématique sur pièce. Les entreprises devront envoyer aux directions régionales du travail leur plan pour l'égalité, qui seront examinés systématiquement. Si elles ne se mettent pas en conformité, elles paieront les pénalités, jusqu'à 1% de la masse salariale.
Oui, oui, un plan pour l'égalité, examiné systématiquement à la kommandantur régionale du travail, permettra enfin d'atteindre enfin une égalité des salaires - dont deux tiers s'expliquent "par des différences dans les carrières", mais passons. Ce qui est bien avec Najat Vallaud-Belkacem, c'est qu'à la différence d'autres ministres qui tentent de dissimuler ce qu'il y a de nauséabond dans leurs actions, elle ne dissimule pas ses convictions constructivistes :
Les politiques publiques sont là pour construire un projet de société.
Construire un projet de société, c'est-à-dire imposer une vision de la société, c'est le rôle qu'elle s'est fixé. Espérons que, très rapidement, les filles choisiront de devenir maçon plutôt que coiffeuse, que les enfants auront des relations sexuelles empreintes de dignité et de respect mutuel, qu'hommes et femmes seront payés de la même façon au centime près (quelles que soient leur productivité, leurs contraintes et leurs aspirations personnelles), que femmes et hommes s'émanciperont et que tous les ministres et projets de loi soient féminismo-compatibles ; sinon, de nombreuses lois, comités, agences veilleront toujours plus ardemment sur notre égalité, au prix de notre liberté.

samedi 1 décembre 2012

De la prison pour le " souleveur de jupes " en série

Un Limougeaud de 24 ans condamné pour huit agressions sexuelles. Entre 2006 et 2008, il soulevait les jupes des passantes et leur touchait le sexe.
“Rétines et pupilles, les garçons ont les yeux qui brillent, pour un jeu de dupes, voir sous les jupes des filles”… Il y a la poésie d’Alain Souchon, et il y a la vérité d’un tribunal correctionnel. Et de la poésie, hier dans la salle d’audience de Limoges, pas la moindre trace.
Par contre, Elisa, Caroline, Marie-Thérèse et Corinne étaient bien là. Les mains liées les unes aux autres, même si elles ne se connaissent pas. Elles faisaient face à leur agresseur, celui qui « pour s’amuser » expliquera-t-il, un jour entre 2006 et 2008, a soulevé leur jupe en pleine rue, dans un hall d’immeuble ou dans un ascenseur. Ainsi que celle d’Anouk, Émilie, Angélique et Delphine…
« Un petit jeu parce que j’étais stupide et bête, je ne comprenais pas le mal que je pouvais faire aux autres. Je n’y pensais même pas ». Le jeune homme d’aujourd’hui 24 ans, aux allures de premier de la classe, répétera inlassablement ses excuses.
De quoi mettre certainement un peu de baume sur les blessures encore visiblement saignantes de certaines de ses victimes. Car si les hommes se contentent d’avoir les yeux qui brillent, le prévenu lui, en plus de soulever le vêtement, tentait d’arracher leurs culottes pour leur toucher le sexe. Et il y est parvenu à de nombreuses reprises. « J’avais vu une vidéo où des hommes faisaient cela, j’ai trouvé drôle, j’ai voulu faire pareil ».
" Toutes les victimes ne sont pas dans le dossier "
Des explications intenables pour la substitut du procureur Valérie Sagné : « On n’est pas du tout dans le jeu là?! On est dans la prédation. Il repère sa victime, la suit, attend qu’elle soit seule, pour lui sauter dessus. D’ailleurs il avait avoué 29 agressions puis s’est rétracté mais vous ne m’enlèverez pas de la tête que toutes les victimes ne sont pas dans le dossier ».
Lui, continue sa thérapie, qui lui a permis d’avouer ses actes, de présenter des excuses et de prendre conscience de la souffrance d’autrui. Il est épaulé par sa petite amie avec laquelle il a acheté un appartement. « Ce qu’il attend c’est ce jugement pour pouvoir se reconstruire », argumentera son avocat, Me Romand.
Les victimes elles, comme l’ont fait remarquer Me Dudognon et la procureure se sont présentées en pantalon, les genoux bien serrés. Seule la plus âgée d’entre elle est venue en jupe et a regardé son agresseur dans les yeux pour lui dire « Ne recommencez jamais ».
Coralie ZARB

DSK ? 
Qui ça ? 


DSK a vraiment tout perdu. L’annonce d’un accord supposé entre l’ancien patron du FMI et la femme de chambre du Sofitel n’a pas été accompagnée d’une tempête médiatique. Voici quelques mois encore, ses turpitudes, avérées ou pas, monopolisaient les télévisions. C’est quasiment avec sobriété que l’on a annoncé hier qu’il pourrait éviter un procès civil à New York en acceptant de payer une énorme somme à Nafissatou Dialo.
C’est bien le signe que le flamboyant DSK est redevenu un homme, presque, comme les autres. En dix-huit mois, le « surdoué » de la politique française a perdu son poste au FMI, ses ambitions politiques et sa femme. Il lui reste encore à franchir l’obstacle de l’affaire lilloise du Carlton pour savoir s’il en aura bientôt fini avec la justice. Et après ? Quoi qu’il advienne, Il est menacé du pire des châtiments pour les puissants : l’anonymat.
Au sommet de sa gloire, il passionnait. Son affaire, hors normes, ne pouvait qu’être traitée de manière outrancière. L’homme qui faillit être président, ou la star déchue qui risquait des dizaines d’années de prison, n’est plus qu’un économiste un peu connu, qui donne encore quelques conférences. Autrement dit, il n’appartient plus à la galerie des puissants, si l’on se réfère à ce que fut sa vie d’avant.
Les Romains avaient coutume de rappeler à leurs concitoyens menacés de prendre « la grosse tête », qu’ils risquaient de passer très vite de la gloire à la déchéance. Ils n’étaient pas si fous, ces Romains. Dominique Strauss-Kahn a été victime d’une énorme indigestion de célébrité. Ses appétits sexuels et sa fringale de pouvoir ont provoqué sa chute. Même ceux qui souriaient à l’énoncé de ses « exploits » au lit, ne font plus assaut de blagues salaces. C’est tout dire.
Ses amis comme ses adversaires politiques ont-ils seulement une pensée pour celui qui leur a laissé, bien involontairement, le champ libre ? S’il a envie d’écrire un jour ses mémoires, Dominique Strauss-Kahn pourra les titrer « Suicide mode d’emploi ». Et il n’est même pas sûr que ce livre soit un best-seller.

«Roulette russe à l'UMP»

Barjot-Escada : même combat !?

Barjot-Escada : même combat !?


Des divergences notables sont apparues dans la conduite des manifestations et l’argumentation à tenir contre la dénaturation du mariage. Divergences inévitables en matière prudentielle et donc plus ou moins discutables et légitimes, jusqu’à un certain point…
Quoiqu’on pense du style Frigide Barjot et de ses propos qu’il ne faut sans doute pas toujours prendre au premier degré, il faut reconnaître qu’elle a réussi son coup, en excellant notamment dans l’argumentation dite ad hominem. Sa logique spécifique s’adresse surtout en effet à l’homme adverse (« ad hominem ») en se plaçant sur son propre terrain médiatico-politique, selon ses habitudes. Elle raisonne avec ses principes, non forcément pour les admettre mais pour mettre cet adversaire dans l’embarras, en contradiction avec lui-même, casser son système.
Prendre par exemple comme alliée l’association « Plus gay sans mariage » du jeune Xavier Bongibault, pour démontrer que tous les homosexuels ne sont pas pour le « mariage » des paires, relève de ce genre d’argument. Si vous êtes logique avec vous-mêmes, lance-t-elle en somme aux partisans de ce « mariage », commencez par ne pas être « homophobes » entre vous les homosexuels ! Car c’est bien une forme de discrimination, de terrorisme intellectuel et même d’homophobie que de considérer que tous les homosexuels doivent penser de la même façon. Bongibault a d’ailleurs lui-même été agressé par les militants d’Act-Up. Et Frigide Barjot de s’afficher elle-même réellement anti-homophobe, avec les ambiguïtés que comporte néanmoins cette revendication, comme l’a déjà très bien souligné Jeanne Smits, sans qu’il soit besoin ici d’y revenir.
Limites de l’argument ad hominem
Pour séduisant et licite, utile et très fort, que puisse être cette forme de raisonnement par l’absurde qui souligne la contradiction interne de l’adversaire, il n’en recèle pas moins, en effet, des risques certains lorsqu’on en use sans modération ni discernement (1). Il y a toujours un danger à mettre un pied, même petit et malin, chez l’adversaire libéral ou relativiste, parce que, disait en substance saint Pie X, l’ennemi peut l’interpréter comme une preuve de notre faiblesse, « un signe et une marque de complicité ». Au reste, à y revenir trop souvent, sans précautions, on peut se laisser prendre à son propre jeu et finir par croire ou laisser croire qu’on approuve des choses qu’on ne devrait pas, jusqu’à prétendre faire applaudir un dérangeant « kiss-in »
La tolérance indue qu’on concède ainsi libéralement comme un droit moral peut d’ailleurs ne servir à rien, car nos adversaires n’en sont généralement pas dupes. Et ils possèdent eux aussi un argument massue, ad hominem, à nous opposer : – Pas de tolérance aux ennemis de la tolérance ! Pas de liberté aux ennemis de la licence ! C’était bien le sens ultime de l’agression des « Femen » et de leur suppôts, qui pourrait tout aussi bien se retourner demain contre « la manif pour tous », en dépit de ses efforts d’ouverture.
On le saisit bien : du point de vue des serviteurs et coopérateurs de la vérité, l’argument ad hominem ne doit pas dépasser les limites de sa fonction stratégique de logique formelle, purement rhétorique, mais comme hors-sujet par rapport au vrai contenu de la vérité. Il peut ouvrir pédagogiquement une brèche dans le monde clos du mensonge où s’est réfugié plus ou moins (in)consciemment l’adversaire, faisant éclater sa supercherie, son faux ordre sexuellement correct. Mais il ne peut se suffire à lui-même. Il doit être aussitôt et simultanément dépassé par une argumentation logique plus matérielle : non seulement avec de bons principes mais en adéquation avec la réalité (morale et politique). Selon la vérité : « adaequatio rei et intellectus ». Une argumentation anthropologique cohérente et consistante aussi bien en matière scientifique, philosophique et théologique, chacune de ces matières étant évidemment autonome et souveraine dans son ordre, l’ordre supérieur assumant l’inférieur.
Conclusion : dans l’éternel débat sur le fond et la forme, encore une fois on doit se garder de dialectiser. Il faut distinguer pour unir ! – A trop user de l’argument d’autorité, confessionnel, vous allez rebuter l’adversaire et vous isoler dans un communautarisme identitaire et religieux de mauvais aloi, objectent les uns contre les militants de Civitas. – A trop user de l’argument ad hominem, vous allez lâcher la proie pour l’ombre, vous enfouir et vous effacer dans un relativisme même modéré, adopter vous-même un mariage au rabais (agréant d’ailleurs pour beaucoup déjà le funeste pacs qui détruit déjà le mariage  par homéopathie), répliquent les autres contre ce parti de bisounours (2).
La vérité est que l’un n’empêche pas l’autre à certaines conditions : dans une coopération distincte mais unie, dans l’ordre de la raison et celui de la foi, sans exclusive mais avec un discernement stratégique et une hiérarchie certaine. Car l’intelligence (avec ses principes propres qui, eux, ne sont pas erronés) est là précisément pour faire la cohérence et le lien entre ces armes complémentaires et différentes du combat. Il nous faut être réunis notamment par une amitié au service du vrai et du bien commun, qui implique que les fils de lumière soient « prudents comme les serpents et simples comme les colombes »... Oui, en toutes choses il faut considérer la fin. Tous ensemble donc pour la manifestation du 13 janvier prochain, unis contre le « mariage » gay : Barjot-Escada, même combat !?
(1) Dans le même ordre d’idée, voir aussi la question du référendum dans Présent du 7 novembre ou  notre objection à l’objection de conscience dans Sous le signe d’Antigone, p. 173.
(2) On se souvient notamment comment l’usage trop exclusif de cet argument ad hominem a pu altérer le combat pour la liberté de l’enseignement en 1984. « Je n’ai pas demandé la liberté aux libéraux, parce que c’est leur principe ; je l’ai demandée et je la demande parce que c’est mon droit. Et, ce droit, je ne le tiens pas d’eux, mais de mon baptême, qui m’a fait digne et capable de la liberté. En renonçant à Satan, à ses pompes et à ses œuvres, c’est par là, non autrement, que je suis devenu libre », résumait Louis Veuillot.

La rhétorique du vol

Quand le gouvernement veut remettre en question le droit de propriété – excusez du peu – il soigne son langage.
Arnaud Montebourg veut nationaliser l'intégralité des activités de Florange, qu'ArcelorMittal ne veut pas céder, le temps de vendre à un autre industriel. Pour alléger un peu le poids du geste – une expropriation, un vol, appelez-le comme vous voulez – il ne manque pas de préciser que le repreneur potentiel est un industriel, et surtout pas un financier :

Nous avons un repreneur, qui est un aciériste, un industriel, qui n’est pas un financier, qui par ailleurs souhaite investir son argent personnel et, excusez du peu, est disposé à investir jusqu'à près de 400 millions d’euros dans cette installation pour la rénover», a expliqué Arnaud Montebourg devant les députés.
Comme si le fait que le repreneur-receleur soit un industriel rendait le vol moins grave. De même, Cécile Duflot annonce des réquisitions, mais uniquement auprès de personnes morales :
"Trois lettres" sont sur le point d'être envoyées aux préfets des régions les plus tendues en matière de logements – Ile-de-France, Rhône-Alpes et PACA – "pour se mettre en situation de procéder à des réquisitions d'ici la fin de l'année", a expliqué la ministre, en précisant que ces réquisitions concerneraient des bâtiments appartenant uniquement à des personnes morales. Fin octobre, Cécile Duflot avait dit sa volonté de mettre en œuvre ce dispositif rarement appliqué par un gouvernement pour accueillir sans-abri et mal-logés.
Cette fois, c'est l'identité de celui qu'on vole qui importe : une personne morale, c'est moins grave qu'une personne physique. On peut voler une entité juridique, mais on ne spoliera pas d'individus directement.
Le choix des mots compte beaucoup. On imagine aisément un méchant financier, cigare au lèvres et haut-de-forme, acheter Florange dans une "pure logique spéculative", mais un industriel prêt à investir, c'est très différent : il veut également gagner de l'argent, maximiser son profit au prix de son effort, de son intelligence et est prêt pour cela à mettre la main à la poche, mais on l'imagine proche de ses salariés – un industriel, voyons – et sympathique. Il en va de même de la personne morale : elle est, en dernier ressort, la propriété de personnes physiques, mais quand on évoque une personne morale, on fait référence à une entité juridique impersonnelle ; réquisitionner un bien dont on a du mal à attribuer la propriété intuitivement n'est pas perçu comme priver quelqu'un de son bien.
Il n'en reste pas moins que ces deux augustes ministres proposent, purement et simplement, de remettre en question le droit de propriété, socle des droits de l'homme. Ce sacrifice qu'on tente d'imposer à certains au profit des autres, renoncer à la propriété privée pour tenter de sauver quelques emplois ou loger quelques SDF, revient à détruire ce qui fonde notre société et que l’État est censé garantir. Plutôt que remettre en question les droits naturels et imprescriptibles de l'homme, il serait peut-être temps de songer à remettre en question les "droits à", qui requièrent le sacrifice de quelques-uns au profit des autres.
Tant que l’État s'arrogera le droit de remettre en question la propriété, tant que la démocratie sera une tyrannie de la majorité sans garde-fou, tant que les quelques principes garantissant sa liberté à l'homme ne seront pas respectés, nous en serons loin. Mais gardons espoir, l'éthique et la morale ne sont pas définitivement enterrés sous les déchets du pragmatisme et de l'altruisme. Elles renaîtront de leurs cendres lorsque les créateurs et producteurs  ne parviendront plus – ou ne voudront plus – alimenter les lubies des collectivistes. À l'heure où la liberté doit être revendiquée à force d'être piétinée, le champ de la pensée et des idées ne doit pas être laissé aux mystiques de l'esprit et de la force, ceux qui croient en la conscience sans l'existence et ceux qui croient en l'existence sans conscience.