TOUT EST DIT

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lundi 30 janvier 2012

Comment la BCE soulage les États

Depuis le début de l'année, il règne comme un parfum de sortie de crise sur les marchés alors que l'ambiance était au catastrophisme en décembre.

Mario Draghi peut s'autocongratuler. «Les progrès sont spectaculaires. Si vous comparez aujourd'hui avec les cinq derniers mois, la zone euro est un autre monde», s'est félicité vendredi à Davos le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE). De fait, depuis le début de l'année, il règne comme un parfum de sortie de crise sur les marchés alors que l'ambiance était au catastrophisme en décembre.
Dans l'intervalle, le cas grec n'a pourtant pas été réglé, la mise en place des pare-feu de la zone euro -FESF et MES- n'a pas progressé. Un seul événement permet donc s'expliquer ce changement d'humeur soudain. Le fait d'arme de Mario Draghi: un prêt massif de 489 milliards d'euros consenti le 21 décembre pour trois ans aux banques européennes.

La portée de cette mesure avait été sous-estimée lors de son annonce le 8 décembre. Car les marchés comme nombre de gouvernements européens n'attendaient qu'une chose de Mario Draghi: que la BCE se résolve enfin à faire ce que ses dirigeants et l'Allemagne ont toujours refusé, c'est-à-dire prêter enfin, directement, aux États comme le font la Fed aux États-Unis ou la Banque d'Angleterre.
Mario Draghi, tout juste installé à Francfort, a choisi une arme dans son arsenal de crise. Celle-ci s'est avérée être un bazooka. La BCE a proposé aux banques de lui emprunter en quantité illimitée et à bas prix (1% de taux d'intérêt). En temps normal, la banque centrale ne prête aux établissements que sur des périodes courtes, jusqu'à trois mois. La crise avait déjà justifié des prêts à un an. Cette fois, l'argent a été mis à disposition pour trois ans. «La BCE a donné un temps précieux aux décideurs européens pour boucler leurs propositions de solution à la crise», souligne Guy Mandy, stratégiste chez Nomura.
•Bouée de sauvetage pour les banque fragiles
Si cette mesure inédite de la BCE à l'égard des banques a eu un tel effet, c'est que la zone euro était bel et bien menacée fin 2011 par une crise bancaire. Une sortie de route, à l'image de celle de Dexia en octobre, était la hantise des marchés. Car les banques les plus fragiles de la zone euro ne parvenaient plus à trouver le moindre euro de liquidités en dehors de ceux que la BCE voulait bien leur prêter, à court terme. «Nous n'avons plus de lignes pour prêter aux banques grecques, portugaises ou aux petits établissements espagnols.» À l'instar de ce trésorier d'un établissement parisien, les institutions financières du monde entier ont établi une ligne de démarcation. Or, comme les États, les banques ont besoin d'aller régulièrement chercher de l'argent sur les marchés pour financer leur activité. Quand les robinets se ferment, la crise de liquidité qui en résulte peut emporter un établissement en quelques jours.
Grâce à la BCE, les banques du sud de l'Europe ont pu amasser assez de noisettes pour cet hiver, et au-delà. «La probabilité qu'une banque européenne fasse défaut a chuté de façon très importante», soulignent les analystes de la Société générale. D'autant que le 29 février prochain, la BCE proposera une nouvelle opération à «guichets ouverts». Et les banques auront d'autant plus de facilité à y participer que la BCE aura d'ici là considérablement élargi la palette des actifs (les «collatéraux») qu'elle accepte en garantie de ses prêts. Cette seconde opération pourrait attirer une demande de 250 à 350 milliards d'euros, selon Barclays.
• Les grandes banques se prêtent entre elles
Pour les grandes banques, l'effet a également été très bénéfique. La plupart ont pris à bord de quoi couvrir une partie de leurs programmes d'émissions de dette pour toute l'année 2012. C'est typiquement le cas des banques françaises qui ont puisé 43 milliards d'euros à la BCE et pourront compléter ce matelas en février. Face à l'incertitude que représentent des marchés susceptibles de se fermer à tout moment, cette sécurité retrouvée a détendu tout le monde. Conséquence immédiate, depuis un mois, le marché interbancaire s'est rouvert pour les grandes signatures, de BNP Paribas à Deutsche Bank. Les banques se prêtent à nouveau entre elles, sur des durées allant jusqu'à un mois. «On peut emprunter au jour le jour moins cher que le 1% de taux d'intérêt demandé par la BCE», relève un opérateur de marché.
Même les fonds monétaires américains, qui avaient coupé en 2011 les lignes des banques européennes et en particulier françaises, reviennent avec prudence. Mieux, quelques banques sont parvenues à lever des emprunts sur un marché qui s'était totalement fermé au second semestre 2011.
• Détente sur la dette des États
Le «bazooka» de la BCE n'a pas seulement agi sur la crise bancaire. Il a aussi permis de soulager considérablement les tensions sur les dettes souveraines. Avec ce nouvel afflux de liquidités, les taux d'intérêt sur les pays de la zone euro se sont fortement détendus. L'Italie, par exemple, a émis vendredi des bons à six mois assortis d'un rendement inférieur à 2%, soit 3 fois moins qu'en novembre pour une adjudication équivalente! Cette détente n'est pas seulement le résultat d'un meilleur moral sur les marchés. Elle révèle qu'avec l'argent qu'elles ont emprunté à 1% à la BCE, les banques achètent des obligations d'État, surtout quand elles rapportent beaucoup, comme en Espagne et en Italie.
«Les banques espagnoles et dans une moindre mesure italiennes reconstituent leurs marges en utilisant l'argent tiré à la BCE pour acheter de la dette de leur pays», relate un banquier. C'est ce qu'on appelle le «Sarko trade», car le président français avait publiquement souhaité que les fonds libérés par la BCE viennent, par l'intermédiaire des banques, se placer sur les dettes d'État. Ont-elles subi des pressions amicales de leur Trésor national? Vraisemblablement, rétorquent les spécialistes, mais c'est aussi l'intérêt bien compris du secteur bancaire de ne pas laisser son pays faire faillite…
Paradoxalement, même si le nom de Nicolas Sarkozy a été donné à ces opérations, on assure à la fois du côté de Bercy et des banques que ces types d'achats n'ont eu lieu qu'à la marge en France. Ce qui n'a pas empêché les obligations tricolores, par contagion, de bénéficier elles aussi d'une détente sur ses taux, malgré la perte du AAA.

dimanche 22 janvier 2012

La riposte de l'UMP contre celui "qui n'a de Mitterrand que le prénom"

Comme l'indiquait samedi Le Monde, la "cellule riposte" de l'UMP, animée par l'ancien ministre de l'intérieur Brice Hortefeux, était réunie ce dimanche 22 janvier au siège de l'UMP, à Paris, pour dégainer ses arguments contre le candidat socialiste au moment même où il prononçait son discours.

Ce fut fait au moment où François Hollande s'exprimait, avec la publication, sur le site www.lechangementcestmaintenant.fr d'un faux "discours du Bourget" de "François... euh Hollande", reprenant l'essentiel de l'argumentaire de l'UMP contre le candidat socialiste depuis son investiture.
Sur le site Internet de l'UMP, trois heures après la fin du discours de François Hollande, six communiqués avaient été publiés, pour attaquer le candidat socialiste tant sur ses propositions que sur sa personne.
>> Lire : Le récapitulatif des propositions de François Hollande
  • La laïcité, "déjà dans la constitution"
Après le discours, le ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a critiqué la proposition d'inscrire la loi de 1905 sur la laïcité dans la constitution.
"La Constitution dispose déjà que la France est une République laïque", a affirmé M. Guéant à l'AFP. De plus, selon lui, "l'ensemble des textes qui existent sur la laïcité – et il en est bien d'autres que la loi de 1905, nous avons récemment fait un recueil que nous allons baptiser 'code de la laïcité et de la liberté religieuse' – suffisent à faire vivre la laïcité".
Enfin, il a estimé que "la portée du propos de M. Hollande serait forte si lui et ses amis avaient voté un texte aussi laïc que celui interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public". Lors du vote de la loi interdisant le port du voile intégral dans l'espace public, le PS n'avait pas pris part au vote.
Sur Twitter, le secrétaire d'Etat au logement, Benoist Apparu, a également posé la question de l'Alsace et la Moselle, sous concordat : "Loi de 1905 dans la constitution ? Quid de l'Alsace et Moselle ou cette loi ne s'applique pas ?"
  • Les attaques contre la finance, "idiotes"
Invité de l'émission "Le Grand Jury" RTL/Le Figaro/LCI, le ministre de l'économie, François Baroin, a critiqué les attaques de François Hollande contre la finance, désignée par le candidat socialiste comme son "véritable adversaire" : "C'est aussi idiot que dire je suis contre la pluie", a réagi M. Baroin.
  • Le blocage des loyers, "vraiment démago"
Toujours concernant les propositions du candidat socialiste, Benoist Apparu, a réagi sur Twitter quand M. Hollande a abordé les question de logement. Il a jugé l'idée d'un blocage des loyers dans les zones où ils sont excessifs "vraiment demago !" et s'est demandé "depuis quand augmenter le plafond du livret A cela permet de construire plus de logements !".
Il s'est en revanche déclaré "d'accord" avec la proposition de renforcer les sanctions contre les communes ne respectant pas la loi SRU, qui impose d'avoir 20 % de logements sociaux.
"IL N'A DE MITTERRAND QUE LE PRÉNOM"
D'autres critiques ont visé plus directement le candidat socialiste, lui reprochant une nouvelle fois ses "incohérences", son "flou".
Sur Twitter, Guillaume Peltier, membre de la "cellule riposte" de l'UMP, secrétaire national chargé des sondages, a estimé : "On attendait un souffle d'avenir, on a eu le vent du passé ; on attendait le rêve de 2012, on a eu le songe de mai 68 et 81."
Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP a estimé que "dans ce discours fondateur, François Hollande n'a pas fendu l'armure et aura surtout fait la démonstration qu'il n'avait de Mitterrand que le prénom." Dans un communiqué, il reproche au discours de n'avoir apporté "aucun élément nouveau, beaucoup d'annonces non financées, numéro de théâtre autour du thème de l'égalité, beaucoup de formules creuses".
Philippe Juvin, secrétaire national de l'UMP, a de son côté jugé dans un communiqué que "l'incantation, même faite avec réel talent, ne remplace pas un projet de société. François Hollande a d'abord beaucoup parlé de lui. Puis, comme à son habitude, il a beaucoup promis mais en ne disant jamais comment il y parviendrait. La montagne a accouché d'une souris. En une phrase : tout ça pour ça."
HOLLANDE "ESSAYE DE FAIRE SON DISCOURS DU 14 JANVIER"
Dimanche matin, la porte-parole du gouvernement, Valérie Pécresse, avait estimé sur Radio J que François Hollande,"obsédé" par Nicolas Sarkozy, était "en train d'essayer de faire son discours du 14 janvier" 2007.
Le 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait prononcé à la porte de Versailles un discours considéré comme celui qui lui a permis de prendre l'ascendant, auprès de l'électorat, sur sa principale concurrente, Ségolène Royal. Après ce discours, le rapport de force dans les sondages s'était définitivement établi en faveur du candidat de l'UMP.
"On a l'impression qu'on a un candidat socialiste qui veut parler de lui, mais je crois que ça n'intéresse pas les Français", a encore affirmé la ministre du Budget sur le sujet.
Lors de son discours du 14 janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait pourtant beaucoup parlé de lui. C'est à cette occasion qu'il avait lancé son fameux "j'ai changé", répété à dix reprises.

samedi 14 janvier 2012

La décision de S&P renforce l'avis américain sur l'euro

L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé vendredi l'abaissement des notes de neuf pays européens dont la France. De quoi confirmer le pessimisme américain à l'égard de l'euro, et de la Grèce.

Les Américains ont trois jours pour digérer les dégradations décidées par Standard & Poor's. En anticipant la nouvelle, les marchés d'actions aux États-Unis n'ont cédé que 0,5% vendredi. L'euro a lui continué de fléchir. Sur les marchés américains la devise européenne a perdu finalement vendredi 1,2%, à un 1,2675 dollar, après une chute dans la journée de plus de 1,3%. Les cotations ne reprendront que mardi à Wall Street, car lundi 16 janvier est un jour férié.
Le pessimisme à propos du cours de l'euro domine. Marc Chandler, analyste du marché des changes de Brown Brothers Harriman, particulièrement écouté, anticipe une chute de l'euro à 1,20 dollar d'ici au milieu de l'année 2012. Un analyste technique de Bank of America Merrill Lynch table sur un test à 1,12 et 1,08 dollar au cours des prochains mois.

Les investisseurs américains attendent la réaction de la BCE

Les investisseurs américains s'attendent à de nouvelles baisses de taux directeurs par la BCE.
«En introduisant un obstacle au coeur de la zone euro pour séparer la France de l'Allemagne, la dégradation va avoir un impact sur les instruments paneuropéennes» explique Mohamed El Erian, cogérant de Pimco, le plus grand fonds obligataire du monde. «Cela comprend le FESF que les pays de l'Union européenne utilisent pour sauver les pays de la zone et à l'avenir les banques. Il est vrai qu'à court terme il y a quelque incertitude sur ces véhicules, pour autant la portée de leurs interventions et donc leur efficacité pour contrer la crise de la dette dans la région sera affectée. Cela a aussi des implications sur la volonté de la BCE de continuer de contaminer son propre bilan» en rachetant de la dette de pays dégradés, conclut cet investisseur respecté.

Le dossier grec inquiète

Mais tout autant que les dégradations de piliers de la zone euro, à l'exception de l'Allemagne et des Pays-Bas, les analystes américains s'alarment de la suspension des négociations entre la Grèce et ses bailleurs de fonds privés. Les tractations doivent reprendre le 18 janvier.
Sur cette question, Marc Chandler est plus optimiste: il pense qu'à la dernière minute un accord sera trouvé pour préserver la fiction d'une «acceptation volontaire» d'une décote de 50% des obligations grecques par rapport à leur valeur faciale. La négociation est compliquée par le fait qu'une forte proportion de la dette grecque est dans les mains de fonds spéculatifs qui n'ont pas l'intention de financer à moyen et long terme la Grèce. Leur intérêt immédiat est au contraire le défaut, car ils ont souscrit des contrats d'assurance contre une telle éventualité. Dés que le caractère «volontaire» des sacrifices disparaît, ces garanties de la part de banques sont supposées intervenir.
Le 20 mars la Grèce doit assurer une échéance de 14, 5 milliards d'euros. Sans accord avec ses banquiers privés, puis l'Union européenne et le FMI, elle tombera en défaut. «Pourquoi attendre aussi longtemps?», nous confie un financier sous couvert de l'anonymat. «La Gréce va faire défaut. Tout le monde le sait. Le plus tôt sera le mieux, qu'on y voit clair. Cette situation surréaliste dure depuis trop longtemps».

jeudi 8 décembre 2011

«Le PS agite l'épouvantail du droit de vote des étrangers»

Claude Guéant, ministre de l'Intérieur, estime indispensable qu'un étranger souhaitant s'impliquer dans la vie de la cité demande sa naturalisation.

- La gauche sénatoriale a remis sur la table le droit de vote des étrangers non communautaires. Qu'est-ce que cela vous inspire ?
Claude GUÉANT. - Le droit de vote est un acte fondamental de notre citoyenneté et, depuis des siècles, la citoyenneté va avec la nationalité. Il est fort regrettable que certains s'en servent à des seules fins politiciennes. Le PS agite cette carte comme un épouvantail avant chaque élection. On peut s'interroger sur les motivations réelles des socialistes. Espèrent-ils que cela fera monter le vote du Front national et affaiblira la droite républicaine ?
Je vous rappelle que ce projet avait été lancé en 1981, puis François Mitterrand l'avait enterré. En 2000, une proposition de loi avait été votée à l'Assemblée nationale, mais pas au Sénat. Mais ce texte est aussi le symbole du programme de la gauche en matière d'immigration, qui prévoit une régularisation massive des étrangers en situation irrégulière. Derrière tout cela, se cache la véritable stratégie électoraliste de la gauche, qu'on peut lire dans les écrits du think-tank Terra Nova : tourner le dos aux ouvriers et aux classes populaires, au profit des immigrés à qui on donnerait le droit de vote parce que ces derniers voteraient très majoritairement pour le PS. Quel cynisme !
Pourtant, Nicolas Sarkozy s'était montré ouvert sur le sujet en 2005…
En 2005, Nicolas Sarkozy avait effectivement évoqué, à titre personnel, cette possibilité. Mais ne comparons pas l'incomparable ! Le président de la République avait précisé qu'une telle réforme ne pouvait se faire que sous des conditions très strictes, notamment sous réserve d'un principe de réciprocité avec les pays d'origine et d'une longue durée de résidence. Nicolas Sarkozy est aujourd'hui à la tête de l'État. Il a en charge l'avenir de notre pays. Il a raison de rejeter tout ce qui pousse à la division, alors que dans la période difficile que nous connaissons, il y a tellement d'autres sujets qui réclament le rassemblement de nos concitoyens. À commencer par la règle d'or de retour à l'équilibre des finances publiques.
Jean-Pierre Raffarin redoute que la droite ne fasse des immigrés des «adversaires globaux». Qu'en pensez-vous ?
En ce qui me concerne, je souscris sans réserve à ce qu'il a dit. Il n'est pas question de stigmatiser les étrangers. Mon action au ministère de l'Intérieur vise d'ailleurs à renforcer l'intégration des immigrés et, ainsi, à veiller à ce que les relations entre la société française et les personnes étrangères soient apaisées. Ce qui n'est pas, admettons-le, toujours le cas.
Les Humanistes de l'UMP sont favorables à un grand débat sur cette question comme sur l'homoparentalité et le mariage homosexuel…
L'UMP est diverse et le débat est toujours souhaitable dans la société. Il est inutile, en ce moment, d'être provocateur. Ce n'est pas la meilleure façon de rassembler notre famille politique à la veille de ces échéances essentielles que sont la présidentielle et les législatives.
Quels risques y aurait-il à accorder le droit de vote aux étrangers ?
Je sais bien que cette proposition sénatoriale ne permet pas à des étrangers de devenir maire. Toutefois, elle leur ouvre les portes des conseils municipaux. On est en droit de s'interroger sur les conséquences possibles d'une telle réforme. Il faut prendre garde au risque de communautarisme et à l'atteinte aux valeurs républicaines, notamment la laïcité. Je vous rappelle, en effet, qu'un conseil municipal organise les services publics locaux, comme la cantine ou les piscines. Le droit de vote ne doit pas devenir un moyen de revendiquer un droit à la différence ou d'imposer des pratiques contraires à nos principes républicains. Autre incohérence majeure, la proposition de loi de la gauche donne aux étrangers qui ne sont pas citoyens de l'Union européenne des droits supérieurs à ceux que nous accordons à nos concitoyens européens. Je rappelle que ces derniers votent dans notre pays uniquement parce que les Français participent aussi à la vie politique locale des autres pays européens.
Si une personne étrangère souhaite voter et s'impliquer dans la vie de la cité, elle peut demander sa naturalisation. On ne peut découper la citoyenneté en tranches. Notre pays n'a jamais refusé l'acquisition de la nationalité française pour peu que les critères, que j'ai rendus plus exigeants sans être insurmontables, soient respectés: maîtrise de la langue et adhésion à nos valeurs, comme la laïcité et le respect de l'égalité entre l'homme et la femme.
Les Français semblent pourtant favorables au droit de vote des étrangers…
Les sondages sont contradictoires. Et ce ne sont pas les sondages qui gouvernent.
Les derniers sondages voient remonter les intentions de vote en faveur du chef de l'État. La confiance est-elle de retour à droite ?
J'ai toujours eu confiance. Nicolas Sarkozy est le plus apte à inspirer confiance aux Français.

mercredi 7 décembre 2011

CE de la RATP: pourquoi tout le monde a fermé les yeux

Après celui d'EDF ou d'Air France, c'est au tour du comité d'entreprise de la RATP d'être épinglé par la Cour des comptes. Une enquête pénale a même été ouverte. Reste à savoir si elle pourra mettre un terme à des pratiques régulièrement dénoncées mais jamais encadrées.

Et un de plus. Ce mardi, c'est le comité d'entreprise de la RATP, qui, après celui d'EDF, d'Air France ou encore de France Télécom, s'est fait épinglé par la Cour des comptes. Il est accusé par les magistrats de la rue Cambon de malversations, de mauvaise gestion et de détournements de fonds. "Les constats sont accablants et les dysfonctionnements généralisés", dénonce le rapport. Selon le Parisien qui a révélé l'information, des millions d'euros auraient disparu des caisses du CE, l'un des plus riches de France.
Dans le détail, tout a été passé au crible, de la gestion de la restauration collective (surfacturation des services, problèmes d'hygiène), à la gestion de l'activité vacances (anomalies dans la conduite des travaux, absence d'appels d'offres), en passant par les autres activités sociales et culturelle (dépenses exorbitantes pour certains évènements, disparition d'encaisses). La conclusion de la Cour est sans appel : "le caractère systématique des pratiques constatées, quel que soit le secteur d'activité analysé, conduit à penser qu'ils ne sont la conséquence ni de hasards malheureux, ni de défaillances humaines", estime ainsi le rapport.
Un système connu de la direction Côté direction, on se défausse de toute responsabilité. "La RATP ne dispose d'aucun instrument légal pour exercer un éventuel contrôle a priori", indique la direction, en déplorant que les comités centraux d'entreprise n'aient "pas l'obligation de faire certifier leurs comptes". Difficile pourtant de croire en l'ignorance affichée de la direction.
Selon les informations de L'Expansion.com, en février 2010, le PDG de l'entreprise aurait commandé un rapport d'audit à l'Inspection générale de la RATP sur la gestion du comité d'entreprise. On y retrouve les mêmes chiffres que ceux révélés par la Cour des comptes : le CE de la RATP est l'un des mieux doté de France (5,17 millions d'euros) après celui de la Poste, et d'EDF (270 millions d'euros) avec 113 euros en moyenne par salarié, soit 0,3% de la masse salariale. En y ajoutant les activités sociales et culturelles également gérées par le CE, la subvention totale s'élève à 53,7 millions d'euros, soit 3,11% de la masse salariale brute.
Mais ce n'est pas tout. Selon cet audit, la direction aurait tout fait pour "acheter " la paix sociale. Subventions indues, trafic de chèques syndicaux... l'audit interne, qui n'a jamais été rendu public, révèle que 37 millions d'euros auraient été versés en 2009 aux instances représentatives du personnel, dont 18 millions environ au terme de pratiques "opaques" et largement dérogatoires par rapport au droit commun. Pour ainsi dire illégales.
En réalité, à la RATP, comme dans d'autres grandes entreprises publiques, on préfère fermer les yeux sur ces dysfonctionnements. Régulièrement la Cour des Comptes épingle des entreprises comme EDF, la SNCF ou encore Air France en raison de la gestion douteuse de leur comité d'entreprise. Et depuis des années maintenant qu'elle fait le même constat, rien ou presque n'a bougé. En guise de justification, on invoque la paix sociale, plus importante apparemment que quelques milliers, voire millions d'euros égarés par ci par là. "Un système de fuite des fonds" que dénonce d'ailleurs la Cour des comptes, sans toutefois en désigner les destinataires. "Tant qu'on ne limitera pas le montant des subventions versées aux CE, et qu'on ne fera pas auditer leurs comptes, il n'y a aucune raison que les choses changent ", s'indigne Agnès Verdier-Molinié, vice-présidente de l'Ifrap, un think-thank libéral sur l'efficacité de l'action publique.
La justice prendra-t-elle le relais? Or c'est bien là tout le problème. L'Etat ne semble pas prêt à remettre en cause le fonctionnement de ces comités d'entreprises, éminemment puissants. Malgré les déclarations officielles, il privilégie un statu quo dont on se demande quelles sont les contreparties. Récemment, le député centriste Nicolas Perruchot, a rendu un rapport de la commission d'enquête parlementaire sur le financement des organisations patronales et syndicales. Il y détaille le système de financement des syndicats (les cotisations syndicales ne représentent que 3 à 4% des budgets des grandes organisations syndicales ouvrières), qui selon lui n'est pas tellement propice au changement. Or première en France, le rapport n'a même pas eu la chance d'être publié, une majorité des députés, UMP compris, ayant voté contre. "C'est très grave. En France, dès qu'on évoque l'argent des syndicats tout le monde ferme les yeux", témoigne à L'Expansion.com Nicolas Perruchot.
Alors, les choses finiront-elles un jour par changer? Aujourd'hui, le seul espoir réside du côté de l'institution judiciaire. Chose rarissime, la Cour des Comptes a en effet réclamé ce mardi que la justice pénale soit saisie dans l'affaire de la RATP. Quelques heures plus tard, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour "abus de confiance, mise en danger de la vie d'autrui, délit d'entrave et faux"..

Vote des étrangers: l'Elysée cogne

Nicolas Sarkozy devrait s'exprimer rapidement sur le texte que le Sénat doit voter le 8 décembre. Persuadé que les Français sont opposés au droit de vote aux municipales pour les étrangers hors UE, il veut en profiter pour adresser un signal à l'électorat frontiste. 
Nicolas Sarkozy observe attentivement l'examen, le 8 décembre au Sénat, de la proposition de loi constitutionnelle accordant le droit de vote aux municipales aux étrangers (hors Union européenne) résidant en France.  
Si le texte voté avait été identique à celui adopté par l'Assemblée en 2000, le président aurait envisagé de demander une nouvelle délibération aux députés, pour bloquer l'adoption de la proposition. Certains proches du chef de l'Etat réfléchissaient même à un référendum sur le sujet. Lors de l'examen en commission, le 29 novembre, un amendement de forme a dû être ajouté.  
Mais l'Elysée, qui ne croit pas fiables les sondages montrant une adhésion majoritaire des Français à cette réforme, veut une "mise en scène" sur ce sujet sensible, selon l'expression d'un ténor de l'UMP. Nicolas Sarkozy devrait très rapidement s'exprimer. Objectif: envoyer un signal clair à l'électorat du FN. D'après les estimations de vote actuelles, les reports de voix des partisans de Marine Le Pen en faveur de Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle seraient très mauvais: de l'ordre de 30 %, contre 70 % en 2007.  

dimanche 4 décembre 2011

Russie : des sites indépendants paralysés

Les Russes ont commencé à voter dimanche à des législatives vouées à maintenir la domination du parti Russie Unie de Vladimir Poutine sur le pays, mais entachées par des accusations de pressions, à l'image de cyber-attaques visant des sites indépendants.
Plusieurs sites étaient inaccessibles dimanche matin, dont ceux de médias et d'une ONG qui recense les fraudes électorales, dans le collimateur du pouvoir depuis une semaine.

lundi 28 novembre 2011

Bachelot : «Hollande est un homme sous influence»

Pour la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, le PS a privilegié «l'intérêt électoraliste à l'intérêt du pays».

- Les sondages sont meilleurs pour le président de la République. Croyez-vous en sa réélection ?
Roselyne BACHELOT. - J'ai toujours été dans le camp de l'espoir. Les sondages récents éclairent un mouvement que j'observe depuis un moment. Des personnes, qui ne font pas partie des cercles de militants et sympathisants UMP, me disent à propos de Nicolas Sarkozy: «Heureusement qu'on l'a !» Ce mouvement n'a pas encore porté tous ses fruits.
À quoi ressemblera la campagne de Nicolas Sarkozy ?
Elle ressemblera à Nicolas Sarkozy ! Une campagne électorale, c'est d'abord celle d'un homme devant les Français. Nous serons à ses côtés pour mener cette campagne présidentielle. Avec quelques ministres, autour de Bru­no Le Maire, je m'implique déjà beaucoup dans le projet de l'UMP. Ce travail intellectuel est essentiel.
Comment mener une campagne électorale quand on ne peut rien promettre faute d'argent ?
C'est une erreur de penser qu'une bonne politique se fait uniquement avec de l'argent. Moi qui suis en responsabilité, je peux vous dire qu'on peut faire des économies. Dieu merci, nous avons des marges de manœuvre importantes !
Le mariage homosexuel pourrait-il figurer dans le programme présidentiel ?
Il y a vingt ans, j'étais un peu seule sur ce sujet. Maintenant, nous sommes plus nombreux. Il est important que s'expriment des musiques différentes.
Les clubs qui incarnent ces différentes sensibilités se multiplient à l'UMP. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?
L'époque des «godillots» est terminée. On ne peut pas empêcher trois personnes de se mettre dans une salle et de fonder un club. J'ai un think-tank depuis dix ans. Mais je n'en fais pas une boutique électorale. À partir du moment où on fait de son club une machine de promotion personnelle, on ne réfléchit plus et ça n'a plus aucun intérêt.
Jean-François Copé tient-il bien la «boutique» UMP ?
Oui. Il n'y a jamais eu au­tant de conventions et de débats. Ce n'est pas évident de faire tourner un parti quand on est au pouvoir.
Que vous inspire le mot «assistanat»?
Je ne l'aime pas. Je préfère le terme de solidarité et celui d'assistance. L'assistanat est un système dévalorisant, qui ne reflète pas la réalité.
Que pensez-vous des difficultés entre Eva Joly et François Hollande ?
Les écologistes français prennent leurs racines à l'extrême gauche. Ils ne veulent gouverner que dans une logique de rapport de forces, et parfois même de destruction. En leur concédant ces soixante circonscriptions, le PS commet une faute d'analyse politique extrêmement grave: mettre au cœur de la représentation nationale un parti qui est contre nos institutions. Les socialistes ont privilégié l'intérêt électoraliste à l'intérêt du pays.
Quel jugement portez-vous sur le candidat socialiste ?
C'est un homme plein d'humour. Cela n'en ferait pas pour autant un bon président de la République, loin de là. Je crois que ses conseillers sont en train de le corseter. Dans les débats de la primaire, on sentait déjà qu'il était aux aguets, pour ne pas dire aux abois. Il me donne l'impression d'un homme sous influence. Et ses conseillers sont en train de tuer ce qui le rendait sympathique. Ils sont en train de tuer François Hollande.
Que pensez-vous de la guerre entre François Fillon et Rachida Dati à Paris  ?
J'ai toujours défendu Rachida face aux attaques dont elle a été l'objet. Tout ceci est triste. Il n'est pas illégitime qu'elle soit candidate à la candidature. La commission d'investiture tranchera et je ne doute pas qu'elle tranchera en faveur de François Fillon. Mais Rachida a tort de tirer contre son camp et d'utiliser des termes inacceptables pour parler du premier ministre. J'ai du mal à comprendre cette violence qui, d'ailleurs, détourne d'elle des gens qui étaient bien disposés à son égard. Elle n'est pas maltraitée, tout de même ! Ce n'est pas l'insulter que de dire qu'on lui a fait cadeau de la mairie du VIIe arrondissement. Rachida a eu beaucoup de chance en politique
François Fillon a-t-il le bon profil pour être ensuite maire de Paris ?
Oui ! Mais il est candidat aux législatives à Paris et les deux choses ne sont absolument pas liées.
Et l'avenir du premier ministre après 2012 ?
Je ne lis pas dans le marc de café. Ce que je peux dire, c'est mon indéfectible amitié pour François Fillon. Les choix politiques, contrairement à ce qu'on dit, sont d'abord des choix personnels.
A-t-il eu tort de ne pas organiser son propre courant ?
Il a un club, France.9, mais il est le premier ministre. Il ne peut pas être l'homme d'un clan.
Serez-vous candidate aux élections législatives dans le Maine-et-Loire ?
Je suis candidate à la candidature.

vendredi 25 novembre 2011

"Les Etats-Unis inspirent davantage confiance que l'Allemagne"

L'Allemagne semble avoir perdu son statut de valeur refuge. Elle subit à son tour la défiance des investisseurs. Pour s'endetter, elle doit désormais offrir un taux d'intérêt supérieur à celui des Etats-Unis.

Décidemment, les marchés ne respectent plus rien en Europe. Après le massacre de la Grèce, le carnage de l'Irlande, les agressions contre l'Espagne, les doutes sur la France, voilà l'Allemagne - le meilleur élève de la classe euro - dans le viseur des spéculateurs. Mercredi 23 novembre, Berlin n'a réussi à placer que 3,6 milliards d'euros contre une offre de départ de 6 milliards d'euros, soit 60% seulement du montant espéré. Ce jeudi, ses emprunts à 10 ans, les fameux Bunds, trouvent preneurs sur les marchés à 2,21%, contre 1,72% au début du mois. D'accord, ce taux ferait rêver la France, contrainte de payer 3,53% à ses créanciers. Et, bien entendu, Berlin ne va pas perdre son triple A demain matin. Mais, cette défiance marque une changement d'état d'esprit selon un opérateur de marché d'une grande banque française.
" Les Etats-Unis inspirent désormais davantage confiance que l'Allemagne. Aujourd'hui, les Américains s'endettent à 1,88%, contre 2,21% pour les partenaires d'Outre-Rhin. Au début du mois, c'était l'inverse ". Les écarts de taux - spreads comme disent les hommes de l'art - ne sont pas encore très importants, mais la symbolique financière a son importance en période d'incertitude et d'agitation. Une autre mutation bien plus inquiétante se dessine : le " sell-off " selon ledit expert : " Depuis peu, les investisseurs passent vendeurs sur tous les titres libéllés en euros. Jusqu'alors, les cessions d'obligations émises par les banques italiennes, françaises et espagnoles s'accompagnaient d'achats équivalent en emprunt allemands. Cette fois, ils cèdent tout sans discernement ". Après le " fly to quality and Germany ", le back to USA ?

mercredi 2 novembre 2011

La crise grecque s'invite brutalement au G20

Le sommet des 20 pays les plus riches de la planète, qui débutera ce mercredi à Cannes, s'ouvrira par une réunion extraordinaire consacrée à Athènes

La présidence française du G20 avait tout prévu pour faire du sommet de Cannes, qui s'ouvre ce mercredi jusqu'à vendredi, un moment fort de la gouvernance mondiale. Six thèmes de travail parfaitement balisés par une succession de G20 ministériels qui se sont tenus en France en cours d'année ; invitation du monde associatif et syndical pour donner à cette réunion une dimension résolument sociale ; préouverture du sommet, ce matin, par un B20 (Business 20) qui réunira jusqu'à demain les principaux chefs d'entreprise des 20 pays les plus riches de la planète. Tout était donc prévu pour ancrer, à Cannes, le sommet des pays les plus riches de la planète comme l'incontournable lieu de décision annuel des grands dirigeants politiques et économiques mondiaux.

Las ! La mécanique parfaitement huilée par les sherpas de l'Elysée a été grippée par l'aggravation de la crise de la dette souveraine européenne, durant l'été, mais surtout par la décision surprise, lundi, du Premier Ministre grec George Papandreou d'organiser un referendum sur l'accord conclu la semaine dernière entre les 17 pays membres de l'euro.

A ses partenaires - chinois et américains en tête - inquiets de la tournure prise par la crise de la dette de la zone euro au cours des dernières semaines, l'Europe avait promis d'arriver unie au G20. C'était tout le sens de l'accord obtenu à l'arraché la semaine dernière à Bruxelles. Cet accord global devait régler à la fois la crise grecque et garantir la reprise de l'activité à moyen long terme. Mais la volte- face de George Papandreou menace désormais la survie de ce plan et replace dramatiquement la crise de l'euro au centre du G20.

Pour preuve, alors que le sommet devait débuter par un diner de travail ce soir entre le président français, Nicolas Sarkozy, et son homologue chinois, Hu Jintao, le véritable lever de rideau consistera en un sommet dans le sommet - improvisé - qui réunira en milieu d'après midi sur la croisette Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, ainsi que des représentants de l'Union européenne et du FMI. Cette rencontre sera suivie d'une réunion avec George Papandreou, convoqué en urgence à Cannes pour venir s'expliquer devant ses partenaires européens. Autant dire qu'au cours des trois prochains jours, le G20 vivra en permanence sous le regard inquiet des marchés financiers concernant l'avenir de la zone euro.

«Coup de Trafalgar» d'Athènes

Rassurer les marchés, c'était pourtant le principal objectif de l'Elysée, avant le coup de Trafalgar d'Athènes. «Nous devons montrer aux investisseurs que les grandes économies ont une vision à long terme de la gouvernance mondiale - à travers la régulation de la finance ou la transformation du système monétaire international - tout en ayant la volonté de résoudre la crise à court terme en affichant une solidarité sans faille», explique-ton dans l'entourage de Nicolas Sarkozy. Faute de chiffres spectaculaires à afficher pour relancer une activité en net ralentissement dans de nombreux pays - crise budgétaire oblige -, les pays du G20 feront donc assaut d'unité pour rassurer.

Concrètement, chacun s'engagera à prendre les mesures adéquates, à son niveau, pour participer à la relance globale. «Le G20 doit montrer que chaque pays a intérêt, pour sa pro pre croissance, à ce que son voisin aille bien», explique-t-on à l'Elysée. Une volonté de coopération qui devrait conduire les 20 plus grands dirigeants de la planète à conclure un certain nombre d'accords techniques, en matière d'aide au développement, de régulation des marchés agricoles ou encore des flux de capitaux, sans laisser espérer d'avancées majeures dans la réforme du FMI. Quand au principal sujet de tension entre grandes nations - les monnaies - il sera soigneusement contourné. Depuis quelques semaines, américains et chinois se déchirent sur cette question, après le dépôt d'une proposition de loi au Congrès à Washington visant à surtaxer certains produits importés de Chine en cas de sous évaluation manifeste du yuan. Mais les japonais ont achevé de doucher tout espoir d'accord sur les devises en intervenant massivement en début de semaine, pour réduire la valeur du yen. La coopération trouvera là ses premières limites.

mercredi 19 octobre 2011

Étudiants à Paris, les jeunes Grecs ne veulent pas rentrer

DIAPORAMA SONORE - Ils s'appellent Panagiotis, Georgia ou Sofia. Résidents à la cité universitaire de Paris, ils espèrent trouver du travail en France ou à l'étranger, déprimés par la crise qui frappe leur pays.
Dans le hall de la Fondation hellénique de la cité universitaire de Paris, la voix de Georgios, 27 ans et en charge de l'accueil des étudiants, résonne à toute vitesse. «Maintenant, on a pas le choix: on va faire faillite. Une fois que toutes les infrastructures grecques auront été vendues aux Allemands, aux Français, et au reste de la zone euro, là, on sera enfin calme, tranquille, et on pourra passer au prochain stade de développement.» Et que pense-t-il d'une éventuelle sortie de la Grèce de l'euro pour revenir à la drachme? «Oui, c'est ce qu'on veut!, ironise-t-il, pince sans rire. Mais jamais les Allemands ne nous laisseront faire! Parce que si du coup l'euro monte à deux dollars, ils ne vont plus pouvoir
exporter!» Face à lui, quelques étudiants grecs de la Fondation sourient placidement. Derrière cette expression de façade, tous apparaissent un peu désabusé par ces spéculations moroses sur l'avenir de leur pays, dont le taux chômage s'élève dorénavant à plus de 16%. Une certitude toutefois: aucun d'entre-eux ne comptent rentrer au pays une fois leur diplôme en poche. Ils envisagent d'abord leur avenir en France ou à l'étranger, en attendant que la situation économique s'améliore à Athènes.

dimanche 16 octobre 2011

France-Soir, un quotidien qui a écrit l'histoire de la presse

Peu de journaux ont une histoire aussi brillante et désespérante que France-Soir. Une naissance héroïque, avec le génial Pierre Lazareff qui transforme, au sortir de la guerre, un journal de résistants né dans la clandestinité, Défense de la France, en grand journal populaire. Des débuts fracassants, avec des tirages qui atteignent rapidement plus d'un million d'exemplaires. Une suite illuminée par des plumes prestigieuses. Une chute lente mais inexorable, émaillée de nombreux changements de propriétaires.

France-Soir s'est imposé comme le premier quotidien français dès la Libération. Racheté par Hachette en 1949, le journal vit son âge d'or dans les années 1950 et 1960. Il franchit la barre du million d'exemplaires en 1953-1954, alors que la France s'enlise dans les guerres de décolonisation, en Indochine d'abord, puis en Algérie. Les Français partent au front et France-Soir tire à plus de 1,5 million d'exemplaires. Un bandeau à la une proclame : «Le seul quotidien vendant plus d'un million d'exemplaires».
À coups de scoops, de manchettes percutantes et de photos grand format, France-Soir devient une référence. «Ramasser le monde en un jour et le jeter aux hommes chaque matin», le journal fait sienne cette définition du journalisme de Joseph Kessel, qui a couvert les procès de Pétain et Nuremberg. Les morceaux d'anthologie de Lucien Bodard, Françoise Giroud, Jean Ferniot ou Philippe Labro côtoient les fielleux «Potins de la commère» de Carmen Tessier, le feuilleton à la rose Angélique, marquise des anges et les «faits div» sordides comme l'affaire Dominici. Le cocktail est parfait.
Au sommet de sa gloire, France-Soir fait travailler 400 journalistes et sort jusqu'à huit éditions par jour. Les ventes dépassent deux millions d'exemplaires en novembre 1963, après la mort de John F. Kennedy et en novembre 1970 après celle du général de Gaulle.
Le vent tourne dans les années 1970. Quand Lazareff meurt, en 1972, la presse quotidienne commence à être bousculée par les radios et la télévision. La ligne éditoriale du journal est de moins en moins claire. Comme ses concurrents, France-Soir balance entre le tabloïd à l'anglo-saxonne et le journal généraliste. Les fréquents changements d'actionnaires à partir de cette époque n'arrangent pas les choses. Le «papivore» Robert Hersant, qui possède alors Le Figaro, prend le contrôle de France-Soir en 1976. Première hémorragie à la rédaction qui perd 80 journalistes sur 200… Mais en 1983, la diffusion s'inscrit encore à 400.000 exemplaires.
La suite est une succession de plans de relance et de restructurations. Entre 1982 et 2004, onze directeurs de la rédaction vont se succéder au chevet du malade. En 1998, Yves de Chaisemartin, à qui Robert Hersant a confié les clés de la Socpresse, passe le journal au format tabloïd en baissant fortement le prix de vente. Mais le titre est gravement déficitaire. Il change de mains en 1999, en 2000 et en 2002. Philippe Bouvard, qui a déjà officié dans le journal entre 1973 et 1989, revient alors aux manettes. France-Soir +, recentré sur la télévision et le sport, ne renoue pas avec son passé glorieux.
Exsangue, sans cap, France-Soir est placé en redressement judiciaire fin 2005. L'année suivante, le journal est racheté par le promoteur immobilier Jean-Pierre Brunois. Les journalistes en grève brandissent des tracts : «Bal tragique au tribunal : 80 morts» . L'inspiration vient toujours des tabloïds anglais. Mais le quotidien a perdu la recette du succès. Les deux plans de relance d'Alexander Pugachev, qui a acquis le journal en 2009, n'ont pas permis de renverser la vapeur.

samedi 15 octobre 2011

Dette grecque: défaut de 50% selon Minc

Alain Minc, économiste proche de Nicolas Sarkozy, affirme s'attendre à une restructuration de la moitié de la dette grecque, estimant que cela est "à la portée du système bancaire européen", dans un entretien qui sera diffusé dimanche par Radio J.

"On est allé vers un compromis qui est lequel? La Grèce restera dans la zone euro, on organisera ce qu'on appelle un défaut, c'est à dire qu'en effet les gens qui ont prêté abusivement à la Grèce perdront une partie de leurs créances", déclare M. Minc, invité du "Forum" Radio J.

Comme on lui demande le niveau que ce défaut partiel pourrait atteindre, il répond que "tout le monde a en tête autour de 50%". "Que ça soit 50 ou 60 (pour cent), ce n'est pas une grande différence. Je pense qu'on finira vers 50. C'est à la portée du système bancaire européen, et sinon il se recapitalisera auprès de ses actionnaires", ajoute ce conseiller officieux du chef de l'Etat.

Il s'agit, selon l'économiste, d'un "soutien qu'on donne à la Grèce pour l'aider à sortir de cette impasse", mais "il faut qu'elle fasse des efforts". "Le problème de la Grèce (...) c'est que les Grecs ne savent pas recouvrer des impôts, dit-il. Il faut aider les Grecs à faire deux choses: avoir une administration fiscale qui collecte l'impôt", et "les aider à privatiser des actifs importants qu'ils doivent vendre de façon transparente et organisée".

Longtemps réticente, la France semble s'être résolue à une restructuration encore plus musclée de la dette publique grecque, synonyme de renoncement des banques européennes à une part importante de leurs créances sur la Grèce.

Concernant l'euro, dire que cette monnaie est menacée relève de la "boutade", selon Alain Minc. "Je ne sais pas ce que c'est que la crise d'une monnaie surévaluée. Or cet euro que l'on daube aux quatre coins du monde est surévalué de 20% par rapport au dollar, dit-il sur Radio J.

M. Minc se félicite en outre de ce que "l'attachement à la défense de la zone euro (soit) absolument unanime". "On est en train d'aller vers une nouvelle gouvernance de la zone euro, on est en train de créer (...) une union plus étroite des +pays coeur+ de l'Europe, qui sont ceux de la zone euro", souligne-t-il.

"Cette Europe noyau est en train de se mettre en place (...) sous le poids de la crise et de la contrainte", note Alain Minc, selon qui "la disparition des bouffonneries de (Silvio) Berlusconi au profit de (Mario) Monti (ancien commissaire européen) ou d'un homme politique responsable ramènera l'Italie à sa place, au coeur de la construction européenne". "En France, que ce soit Martine Aubry ou François Hollande, ils sont profondément européens, comme l'est Nicolas Sarkozy", ajoute-t-il.