TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 7 novembre 2013

Le renouvellement, ce n'est pas maintenant !

Charlotte Chaffanjon, journaliste au "Point", estime que la classe politique a bien du mal à se renouveler. La culture du chef est ancrée dans les mentalités.

France Inter : Vous estimez ce matin que la classe politique française a décidément bien du mal à se renouveler...
Charlotte Chaffanjon : Oui. Voyez la journée d'hier. On commence avec le grand come-back de François Bayrou. Le mariage entre sonMoDem et l'UDI de Jean-Louis Borloo, c'était un peu la renaissance de l'UDF. On s'attendait presque à voir Valéry Giscard d'Estaing officier la cérémonie. Et puis, le soir, Direct 8 a diffusé un documentaire sur Nicolas Sarkozy qui nous a plongés au coeur de la campagne de 2012.
Mais Nicolas Sarkozy n'est pas vraiment un revenant...
C'est vrai, il n'a jamais quitté la scène. Pas toujours pour des raisons positives. Je pense à l'affaire Bettencourt ou à l'affaire Tapie. Et puis, ses comptes de campagne mal ficelés ont coûté 11 millions d'euros à l'UMP ! Mais ce n'est pas ça qui stoppe une carrière politique en France. Au contraire : Sarkozy apparaît comme le sauveur d'une droite à la dérive. C'est magique ! Et le plus savoureux, c'est que c'est lui qui était le plus sage au soir de sa défaite. Nicolas Sarkozy avait parlé à Édouard Balladur et à Carla Bruni le 6 mai 2012. Des propos diffusés hier soir sur D8 : "Le recours, je n'y crois pas, ça n'existe pas. Et puis alors, ça vous fout la vie en l'air !" Un an et demi après, oubliées les belles paroles ! Il fera tout pour être candidat en 2017. Imaginez, c'est comme si, aux États-Unis, George Bush s'était présenté face à Barack Obama pour récupérer son siège, et avant comme si Bill Clinton avait tenté de battre George Bush... Tout simplement impensable.
Vous n'exagérez pas un peu ?
Les mentalités évoluent. Il y a fort à parier que Jérôme Cahuzac, ministre du Budget qui avait un compte en Suisse, aura beaucoup de mal à revenir sur le devant de la scène. Mais observons notre classe politique. L'un des rares hommes forts du gouvernement est Laurent Fabius, qui était Premier ministre il y a 29 ans ! Il en a vécu des épreuves, surtout l'affaire du sang contaminé. Et puis celle qui se prend pour le poil à gratter du pouvoir, c'est Ségolène Royal. La même qui promettait le soir de sa défaite en 2007 à ses partisans de les mener "vers d'autres victoires" ! Aussi, à six mois des municipales, dans les Hauts-de-Seine, le combat de Didier Schuller pour la mairie de Clichy-la-Garenne passionne la presse, comme les affres judiciaires de son ancien compère Patrick Balkany, lui en course pour la mairie de Levallois... Bref, si le changement c'est maintenant, le renouvellement ce n'est pas pour tout de suite.
Comment renouveler une classe politique qui n'en a pas envie ?
Par exemple, cet été, des députés du PS ont tenté de faire passer un amendement qui limitait à trois le nombre de mandats consécutifs dans le temps. C'est une idée. Beaucoup déplorent la professionnalisation de la vie politique. Sans métier, une défaite est plus embêtante. Mais on ne peut rien faire contre la culture du chef, presque le culte du chef, tellement ancrée dans nos mentalités. En France, il faut gagner, prendre le pouvoir, être le leader. Si possible en ayant avant été trahi, en ayant souffert, traversé le désert pour prouver son envie. Alors, seulement, on est prêt à guider le peuple. Vous connaissez cet adage : en politique on n'est jamais mort. Il est célèbre. Il est aussi assez vrai

0 commentaires: