TOUT EST DIT

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jeudi 7 novembre 2013

Tournée générale

Tournée générale


Après qu'il eut quitté la présidence de la République française, le général de Gaulle, quand on lui demandait à quoi il occuperait désormais ses journées, répondait : "Je vais donner des conférences dans le monde entier, comme Eisenhower et Churchill. Ils m'ont toujours dit que c'était bien payé. Il y a une chose que je n'ai jamais eu le temps de faire quand j'étais président, contrairement à mes petits camarades du privé, c'est de l'argent. Maintenant que je suis délivré de mes obligations, c'est à cela que je vais consacrer mon temps et mes capacités : faire de l'argent. Du cash."
La première conférence eut lieu à Cuba, devant les cadres de l'administration fiscale de M. Castro. Le Lider maximo s'était offert à prix d'or - on parle de 50 000 pesos cubains, l'équivalent de 50 000 dollars américains, soit 246 500 francs, ou 24,65 millions d'anciens francs (1) - l'opinion de M. de Gaulle sur les impôts directs et indirects ainsi que les diverses taxes locales. Dès qu'il eut terminé son speech d'une demi-heure ("Communisme et fiscalité"), le Général monta dans le Boeing 320-B d'Air France, son siège en firstétant évidemment à la charge de l'État cubain, et se rendit en Iran où le chah et la chabanou assistèrent à la conférence qu'il donna pour les patrons de l'industrie pétrochimique perse : "Économie et énergie". Il toucha, pour une intervention de quarante-cinq minutes, soit un peu plus longue que celle de Cuba, 1 million de rials, l'équivalent de 690 000 francs ou 69 millions d'anciens francs. Les finances de l'Iran étaient, est-il besoin de le préciser, en meilleur état que celles de Cuba. Néanmoins, remarqua le Général dans une interview parue dans le JDD peu après son retour en France, les Cubains mirent moins de temps à le régler que les Iraniens, ce qui confirmait, ajouta-t-il avec cette aimable malice qui le caractérisait dès qu'on abordait les questions financières, que les pauvres sont moins avares que les riches, ce qui explique du reste pourquoi ils sont pauvres.
Quittant Téhéran, le Général se rendit successivement à Istanbul ("Islam et progrès technique", 100 000 livres turques, soit 549 000 francs, ou 54,90 millions d'anciens francs), à Tokyo ("Riz et combat contre le cholestérol", 10 millions de yens, soit 136 000 francs, ou 13,60 millions d'anciens francs), à Athènes ("Fascisme et récession", 1 million de drachmes, soit 170 000 francs, ou 17 millions d'anciens francs). Rentré en France, il se retira à Colombey-les-Deux-Églises, non sans avoir eu auparavant un entretien avec ses trois agents de change, qui lui conseillèrent deux investissements en apparence contradictoires : l'immobilier et l'or. C'est ainsi que le Général, avec son million 695 000 francs, ou 169,50 millions d'anciens francs, se porta acquéreur d'un immeuble 1930 au centre de Clichy-sous-Bois. Avec ce qui lui restait de liquidités, il fit l'achat de plusieurs lingots d'or qu'il entreposa dans son coffre blindé, au sous-sol de la Boisserie.
Les EAU (Émirats arabes unis) se composent de sept émirats : Abu Dhabi, Dubai, Chardja, Fudjayra, Adjman, Umm al-Qaywayn et Ras al-Khayma. La conférence que le Général se proposait de faire à Port-Rachid, le plus grand port du monde ("Entente à sept", Bahreïn et le Qatar venant de prendre leur indépendance), n'eut malheureusement pas lieu suite au décès du conférencier, ce qui fit perdre une petite fortune à ses héritiers.

1. Le cours des monnaies est celui de la fin des années 60 (NdA).

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