TOUT EST DIT

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samedi 10 août 2013

Mon ennemi [ce n'est plus] la finance... Pendant que Hollande se félicite des résultats de la bourse, l'économie française reste l'arme au pied


La bourse de Paris était à l'équilibre ce vendredi matin (+0,03%), après avoir atteint à l'ouverture un niveau record depuis le début de l'année en séance (4.074,64 points).
C’est la bonne surprise de l’été : après quatre saisons médiocres, la bourse de Paris a effectué un bond spectaculaire en s’affichant le 8 août à son plus haut niveau de l’année. Une performance qui n’avait pas été enregistrée depuis quinze mois et qui, si elle se confirme, pourrait mettre entre parenthèses les années de la crise vécue depuis 2008. Le coup d’envoi de cette embellie a été donné par l’annonce des résultats des grandes entreprises publiés au cours des dernières semaines et qui dépassent dans les deux tiers des cas les prévisions des analystes. Certes, quelques-uns des grands groupes du CAC 40, comme Total, la BNP, Gdf Suez ou Orange ont vu diminuer leurs profits, mais pour le reste, les performances ont été remarquables, la plupart trouvant dans les opérations internationales l’essentiel de leurs gains.
Assez étrangement, François Hollande a vu dans cette santé retrouvée de la Bourse un signe positif pour l’économie française, lui qui avait vilipendé si fortement tout ce qui touchait à la finance au cours de sa campagne pour l’élection présidentielle. C’est peut-être là aussi une évolution de son comportement sous l’effet des réalités. Mais, en l’occurrence, il opèreune erreur de diagnostic s’il y voit un signe avant-coureur de reprise de l’économie française.
Car la hausse des actions résulte d’une série de facteurs dont l’essentiel provient de l’importance des liquidités disponibles dans le monde. Les grandes banques centrales fonctionnent à guichet ouvert pour relancer la machine économique et déversent chaque jour des milliards dans les circuits financiers. Ainsi a pu être orchestrée la reprise aux Etats-Unis, qui s’est communiquée à la plupart des grands pays. Et rien ne permet de prévoir un changement de politique, tant l’activité continue à avoir besoin de soutiens. D’où les taux très bas maintenus pour favoriser les investissements, ce qui a l’inconvénient de rendre les obligations peu attractives. Les actions apparaissent ainsi aujourd’hui comme le vecteur essentiel pour enregistrer des plus values. Il y a donc une hausse quasi générale de ce compartiment de la Bourse, qui va sans doute se poursuivre, avec une prime en faveur des pays qui ont accompli les principaux efforts de redressement tels que l’Espagne et l’Italie.Comme toujours, la France se situe seulement dans la moyenne, sans exercer un rôle leader puisqu’on attend toujours de sa part les réformes structurelles réclamées par les autorités de Bruxelles.
Le marché parisien devrait connaître un début d’animation avec la reprise des grandes manœuvres dans le secteur privé. Il faut dire que depuis 2007, il s’était assoupi avec l’arrivée de la crise et qu’aucune opération de levée de fonds d’envergure n’avait été enregistrée : la dernière en date en février 2010 n’avait pas dépassé la somme de cent millions d’euros. Aujourd’hui, les experts sont confiants : les augmentations de capital et les introductions en Bourse vont se multiplier. Mais pour qu’elles se révèlent  pleinement efficaces, il faudrait que l’Etat bouge à son tour et ne soit pas toujours un facteur de freinage tourné vers le passé. Il doit commencer à vivre avec son temps, en organisant sa propre mutation. Car les prévisions des experts sont unanimes : partout en Europe, les signes encourageants se multiplient, sauf en France, où c’est le règne du statu quo dans la sphère publique. Conséquence : le pouvoir d’achat stagne, voire diminue sous le poids des impôts. La Bourse n’a pas à elle seule le pouvoir de transformer l’activité. Elle poursuivra son mouvement à condition que l’intendance suive. Sinon son regain d’optimisme ne sera qu’un feu de paille.

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